Une mission qui ne tombera pas à l'eau

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Sigvald Lingwë
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Lun 26 Juin 2017 - 21:36


Esgaroth, j'y serais bientôt...

J'avais beaucoup entendu parler de cette ville sur l'eau.  Le talent de de la guilde des ménestrels d'Esgaroth et son renom m'étaient parvenus jusqu'aux oreilles un soir banal dans une taverne banale, mais les louanges sur leur art avaient toujours éveillé ma curiosité. Sans oublier le talent certain de leurs peintres, dont on dit qu'il n'y a pas mieux en Arda pour capturer et représenter l'essence même de la nature dont nous fîmes cadeau jadis les dieux. Même si pour moi la partie sur les "dieux" n'est qu'une excuse pour s'agenouiller et déclarer publiquement notre faiblesse à une chose que l'on considère supérieur.

Avant de prendre congé, Angrod demanda à Delaynna si elle souhaitait que Achas l'accompagne...nous accompagne. Elle hésita, me jeta un regard furtif, elle lut mon approbation qui dû la conforter dans la sienne et elle accepta. La sentinelle Achas faisait partie du voyage, même si au début son air hautain et le fait qu'il ne pouvait dominer ses rancœurs à mon égard et qu'il avait tous les atouts pour être quelqu'un de détestable ; au fur et à mesure j'avais fini par le trouver attachant. Rien que le fait de lui lancer des petits pics de tant à autres me comblait de joie. Je ne voyais que trois hypothèses quant à ce que Angrod lui intimes subtilement de le prendre avec nous, d'un pour nous surveiller moi et Delaynna, de deux me tuer en quand de "dérapage" ou manquement de la parole que j'avais donné et trois nous apporter un soutien à distance grâce à son arc.

L'entrevue avec mes parents terminée, l'on m'envoya aux armureries où l'on me répara rapidement ma cotte de mailles d'argent. Angrod avait tenu sa parole et m'autorisa à prendre une armure, ni celle d'un garde ni celle d'un soldat, mais d'ancienne armure qui se trouvait dans un sous-sol sec et poussiéreux. Des armures vestiges d'un autre âge, à l'instar des Noldor, nous les Nandor n'étions pas de très bon forgeron jadis, c'est l'arrivée des Sindar qui fit basculer la tendance. L'ensemble d'armures- un plastron favorisant la protection des organes vitaux, un jeu d'épaulières, ceinture et gants usés fait d'entrelacs d'un cuir sombre. Le métal composant ce nouvel équipement est d'un mélange d'acier et d'argent d'un léger reflet vert un peu patiné. Bien que les elfes armés de Vertbois portent aujourd'hui des armures plus lourdes et de meilleure qualité, celle-ci me suffisait amplement, une liberté de mouvement plus qu'acceptable et un minimum de protection. Je passerais sûrement pour un elfe sylvain qui ait loupé de nombreux siècles quant à la façon de s'équiper pour un combat, mais l'avis des autres ne m'importait aucunement. Je m'équipais alors rapidement, ceinturant avec joie cette nouvelle lame "Elenrùth", cadeau et prêt du Seigneur Angrod.


* ~ ~ *~* ~ ~ *


L'on m'avait confié une mission, je demandai à mes compagnons de se préparer et de nous retrouver plus tard devant le pont du Palais avant de partir en direction de la cité du royaume de Dale. La Dame de l'Eau était arrivée la première, je ne savais pas où elle était allé, surement se promener dans les environs du palais près de la rivière. Quand Achas arriva nous partîmes, il me semble qu'il était avec sa famille... Le soleil montrait des signes de faiblesse à travers l'épais feuillage des arbres, nous perdîmes de vue le palais rapidement et quelques instants plus tard le soleil se couchait.

Nous fîmes une pause afin de nous reposer et ce juste avant de quitter le bois. Achas pris le tour de garde, jouant son rôle de sentinelle, mais il ne put s'empêcher de s'appuyer contre un arbre et fermer les yeux. La seule réelle menace ici, c'était nous et il le savait. Quand l'aurore vint nous reprîmes la route, et tout en marchant sous les râlements étouffés de Achas, Delaynna et moi faisions quelques passes d'armes histoire de réveiller les rouages du combat pour la mission à venir. Sa façon de combattre était un peu trop formelle à mon goût, la mienne était tout l'inverse, posture, façon d'attaquer, coup bas...

Puis, enfin le grand pont et les tumultes d'une ville humaine, Esgaroth !

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Delaynna
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Mar 27 Juin 2017 - 16:18
Désirant laisser son ami seul avec sa famille, Delaynna quitta à son tour les lieux du procès. Elle disparut telle la brume matinale qui se dissipait sous les puissants rayons du soleil. Esgaroth, voilà un long voyage qui les attendait.
Voilà un endroit qu’elle n’avait pas eu la chance de visiter. Selon les cartes et les dires qu’elle avait entendus par les blessés qu’elle avait soignés, Delaynna avait entendu dire qu’elle se situait en plein milieu du long lac.

Le seigneur des grands bois lui demanda si elle désirait la compagnie d’Achas durant ce long trajet. En ne voulant point opposé le seigneur, elle accepta l’offre qu’il lui fit. Elle sentait que Sigvald serait en désaccord, mais pour le bien de la cause, Delaynna ne refusa point celle-ci.

On lui offrit la possibilité de prendre de nouveaux vêtements pour ce nouveau périple. Delaynna déclina l’offre en décidant qu’elle garderait l’uniforme des Dames de l’eau et qu’il nécessitait quelques réparations. On accepta sa demande sans mauvaise foi.

Sigvald demanda à Delaynna ainsi qu’à Achas de se retrouver quelques heures plus tard afin de partir devant le pont du palais. Avant l’heure fatidique, Delaynna s’éclipsa dans la cité. Elle découvrit de nouveau les odeurs, les couleurs ainsi que les occupants de la ville de Vertbois. Passant sa lourde cape par-dessus sa robe bleue, qui identifiait parfaitement son rang, connu par tous les elfes en Terre du Milieu. Sans la surveillance des gardes qu’Angrod avait mis à sa disposition, Delaynna se sentie beaucoup mieux. L’idée d’être constamment épié du regard pour tous les faits et gestes qu’elle fait la rendait terriblement mal à l’aise. Passant dans les rues en croisant les passants qui parfois lui décrochaient un sourire.

Retournant au palais, on lui annonça que son costume était fin prêt. Une couturière lui apportait ses habits de voyage. Elle la remercia d’un sourire et alla se préparer. Elle s’éloigna en se dirigeant vers une source d’eau pour s’y ressourcer pour une dernière fois avant le long voyage. Se débarrassant des voiles qui concevaient sa robe, elle s’enfonça sous l’eau pour y gagner toute son énergie.

Lorsqu’elle retrouva la surface, Del prit une bonne bouffé d’air. Son corps était régénéré de toute son énergie vitale. En se rhabillant, elle enfila ses accoutrement de voyage pour ensuite se rendre jusqu’au lieu de rendez-vous. Elle arriva la première au pont, et fut suivie de Sigvald et par la suite, Achas. En levant les yeux vers le palais une dernière fois, elle aperçut une chevelure d’ébène disparaître dans l’ombre d’une alcôve.

Les compagnons se mirent en route en s’enfonçant dans la forêt. Ils ne prirent qu’une pause à la nuit tombée avant de reprendre la route à la fin des bois. L’ambiance entre les individus était plutôt nuancée. L’amertume qu’éprouvait Achas envers Sigvald et réciproquement se sentait entre eux. Elle et lui était les fous de l’histoire. Afin de rendre l’atmosphère plus détendue, Sigvald invita la Dame de l’eau dans un duel amical. Étant entraînée pour les combats, la jeune Dame avait son propre style formel, signé des Galadhrims. Pourtant, cela ne semblait point convaincre Achas. En entendant ses râlements, Delaynna se retourna gracieusement face à lui et pointa son épée face à lui.

-Vous semblez vous ennuyé Achas, peut-être voudriez-vous m’apprendre votre propre style de combat, je crois être un peu rouillée.

Avec un sourire en coin, elle attendit qu’il accepte l’invitation lancée. Ce n'était point une provocation de sa part, mais plutôt une simple invitation à l'apprentissage.
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Hadhod
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Sam 1 Juil 2017 - 20:33
Le soleil de la fin d'après-midi illuminait de ses rayons obliques la surface du Long Lac, faisant miroiter sa lumière sur les milliers de petites vaguelettes qui ridaient l'étendue d'eau la plus célèbre du monde septentrional, tout au moins de ce côté-ci des Monts Brumeux. Il y avait bien, loin dans les terres de l'Ouest, un autre grand lac qui bordait la capitale du royaume d'Arnor mais, bien que celui d'Esgaroth fût moins large que son homologue d'au-delà des montagnes, il restait un symbole d'une puissance que l'autre n'atteindrait jamais. Car là où l'un avait une histoire aussi terrible que mouvementée, avec ses légendes, ses batailles, son folklore véhiculé par les bateliers et les pêcheurs, l'autre n'était qu'une curiosité du paysage, un ornement pour le seul plaisir des yeux. Dans l'un, il se racontait que les ossements et une partie du trésor du grand dragon de jadis s'y trouvaient, reposant sur le fond vaseux que nulle lumière n'éclairait jamais. Dans l'autre, on ne trouvait rien de plus exceptionnel que des tanches et des ombles. C'est en tout cas ce que disaient les gens d'ici, et en particulier ceux qui regrettaient que la princesse Dinael de Dale se soit exilée au pays de Tar-Aldarion ; on l'appelait à présent Reine des Deux Lacs, mais en réalité elle était toujours celle d'un seul lac, seulement ce n'était plus du même dont il s'agissait. Et puis, on parlait toujours d'Annúminas et du lac qui s'étendait à son pied, tandis qu'ici on parlait du Long Lac et de la ville qui était construite sur ses eaux ; et cela voulait tout dire.

Bien qu'on eût passé depuis longtemps les heures les plus torrides de cette journée d'été, les trois elfes pâtirent de la chaleur et de la pénible lourdeur de l'air. Ils avaient voyagé jusqu'alors sous le couvert rafraîchissant de la canopée et ce brusque changement d'atmosphère fit suer leurs corps comme un morceau de glace qui se transforme en eau sous l'assaut du rayonnement de l'astre du jour. Peut-être était-ce pour cette raison que Sigvald et Delaynna s'adonnèrent à quelques passes d'armes, afin de profiter quelques instants de plus de l'ombre des derniers arbres de la lisière orientale...

- Disons que vous avez d'autres pouvoirs que ceux des armes, chacun ses forces et ses faiblesses. Mais quand on a à défendre sa forêt un jour après l'autre et qu'on n'a pas la chance de faire sortir les ruisseaux de leurs lits, eh bien on se tourne vers des arts plus terre-à-terre, les arts de la lame et de la flèche.

Achas n'arrivait toujours pas à déterminer si la Dame de l'Eau lui avait fait sa remarque pour lui reprocher son attitude un peu bougonne et taciturne, ou bien si elle souhaitait sincèrement apprendre à mieux se battre en duel, à se dérouiller, comme elle l'aurait dit. C'est vrai, il n'était pas d'une joie exceptionnelle depuis qu'ils avaient quitté le palais d'Angrod, et il montrait rapidement des signes d'agacement ou de mauvaise humeur pour des petits aléas sans importance. En vérité, il était sous pression. La mission que son seigneur lui avait assignée, il trouvait bien difficile d'en appréhender la subtilité : comme si accompagner le duo dans une mission périlleuse ne suffisait pas, il s'était vu chargé des tâches paradoxales de les aider tout en surveillant Sigvald. Or il n'avait pas totalement confiance dans le repentir de ce dernier. Ainsi, chaque manœuvre un peu insolite lui apparaissait comme un subterfuge pour le tromper et lui fausser compagnie, et même une banale passe d'armes pouvait prendre des allures de haute trahison dans son esprit aux aguets. D'où son comportement.

- Pour ma part, continua-t-il, atteindre mes ennemis à distance ne me pose pas de problème de conscience, car il s'agit du meilleur moyen de protéger notre belle et grande forêt. Mais je manie fort bien la dague longue au besoin. Vous combattez, Madame, comme un chevalier armuré, mais sans armure lourde je trouve c'est une technique inappropriée. Plus de mouvements ! Plus de souplesse !

Achas fit sortir sa dague de sa ceinture et prit la place de Sigvald en face de la galadhrime. Après quelques secondes où ils se regardèrent l'un l'autre en silence, ils firent tous deux un pas en avant et les premiers tintements de l'acier se firent entendre. Comme à son habitude, les gestes de la sentinelle étaient vifs et précis, compensant la différence des longueurs de leurs lames par une rapidité d'exécution et une vélocité qui firent reculer Delaynna. Il ne parait pas les coups frontalement, mais les déviait plutôt pour envoyer la lame de la dame sur le côté et la déséquilibrer ; souvent même il chercha à esquiver les estocades adverses pour s'en mettre à l'abri sans trop s'épuiser, gardant toute son énergie pour sa propre attaque, qui visait les parties vitales, ou les aurait visées si le combat n'avait pas été factice. Ils s'exercèrent ainsi pendant un moment, et plus le temps passait, plus son adversaire retrouvait du réflexe et reprenait du poil de la bête, rendant la partie de plus en plus intéressante.

Et puis enfin le trio reprit sa route et descendit les pentes herbeuses en direction d'Esgaroth, qu'ils comptaient atteindre avant la tombée de la nuit. Le soleil venait de sombrer derrière Vertbois-le-Grand quand ils posèrent le pied sur la première solive du grand ponton qui reliait la bourgade lacustre à la terre ferme. Tandis que leurs pas résonnaient sinistrement sur le bois mouillé, Achas observait de droite et de gauche les eaux sombres du lac qui se couvraient comme d'une brume rampante dans l'obscurité grandissante. L'onde venait presque lécher le dessous des planches, ce qui ne manqua pas de le surprendre... comment des hommes rompus à l'art de la construction pouvaient avoir conçu le ponton de cette manière, au ras de l'eau, sans craindre un pourrissement prématuré du bois ?

Mais ses réflexions techniques furent interrompues tout net par un grand « plouf ». Il eut juste le temps de lever la tête pour apercevoir, à une centaine de mètres devant eux, une silouhette indistincte assise sur le bord du plancher, se laisser glisser dans l'eau à une vitesse surprenante, comme si une force l'avait tiré tout soudain vers les profondeurs du lac.


♦  ♦  ♦


- Pardon ? Pouvez-vous répéter capitaine Syla, je ne suis pas sûr d'avoir bien entendu ?

Le chef des miliciens sentit une chappe de plomb s'abattre sur lui, comme si toute la toiture du donjon du castel venait de lui tomber soudainement sur la tête. Assis en face de lui, Dauert Saule avait les sourcils froncés, et sa main caressant machinalement le col de son pourpoint distingué ne faisait que trahir un peu plus sa contrariété.

- Je n'ai pas pu faire autrement que de renvoyer cette femme, monsieur le Comte, elle aurait nui à l'enquête. C'était une drôle d’hurluberlue... Elle avait commencé par parler d'intuition féminine, et puis petit à petit elle a dit avoir des prémonitions, des visions. Elle a parlé de... de causes surnaturelles. Elle a été jusqu'à prétendre que les naufrages...

- Peu m'importe que ce soit une excentrique ou une mystique, vous avez chassé la seule équipe qui se soit portée volontaire pour enquêter sur ces drames ! Vous savez que les natifs d'Esgaroth ont trop peur du lac pour s'y aventurer de nuit. Vous savez que les habitants se méfient de ma garde et de la milice : ceux qui n'ont pas pu payer l'impôt cette année pensent qu'on viennent le leur réclamer de force. C'est pour ça que nous avons besoin de volontaires étrangers. Une poignée vous tombent sous la main, et vous, vous les éconduisez...

Syla aurait voulu répliquer, argumenter, faire comprendre au Comte d'Esgaroth que tout homme né ici se méfiait de tout ce qui sortait de l'ordinaire, que les superstitions étaient profondément ancrées dans l'inconscient collectif et que cette femme ressemblait trop à une sorcière pour qu'il puisse tolérer sa collaboration, et même sa présence. Saule n'était pas né sur le Lac. Il était né à Dale, il ne pouvait pas comprendre...

- Cela fait un bout de temps que vous n'êtes plus dans votre assiette, Syla. Cette erreur était la dernière : vous serez déchu du grade de capitaine dès que je trouverai quelqu'un de plus compétent.

La descente des marches fut plus difficile encore que la montée. Le capitaine Syla – puisqu'il l'était encore pour un temps compté – ne parvenait pas à réaliser la dureté de ce qui venait de lui arriver. Après tous ces efforts, tous ces sacrifices pour acquérir une place respectable, voilà qu'on lui faisait dégringoler l'échelle pour incompétence. Et, pire que tout, les reproches qui venaient de lui être adressés par le Comte le transperçaient, rien que d'y repenser, comme s'il lui avait décoché des flèches en plein poitrail. Il venait de décevoir celui dont la considération était la motivation même de sa vie de soldat. À quoi rimait l’existence maintenant qu'il était déshonoré ? Il n'avait pas la force de supporter cette opprobre. Tout semblait s'écrouler autour de lui tandis qu'il errait, hagard et sonné, dans les travées du castel. Le choc avait été si terrible que rien, pas même la pensée de sa fille, ne put le sortir cette fois-ci de l'abîme de noirceur et de l'humeur morbide dans lesquels il était plongé.

Arrivé à l'extérieur de l'édifice, il aperçut une pierre qui s'était déchaussée des contreforts des murs et la ramassa de ses deux mains. Cette fois-ci, il le ferait.

Elle lui sembla peser un quintal tandis qu'il la portait péniblement, clopinant tel un spectre sur le ponton qui reliait le château aux autres quartiers. Rien n'était facile, décidément. Il continua son chemin dans l'obscurité grandissante sans rencontrer âme qui vive, et poursuivit dans le prolongement, sur le ponton qui quittait la ville et aboutissait à la rive occidentale du lac. À mi-chemin, il s'arrêta net et posa son bout de roc, avant de se diriger vers une portion du ponton qui s'était écroulée récemment. Là, il se pencha pour atteindre le pilotis fautif, qui penchait, inutile et désolidarisé du reste de la structure, et réussit à dénouer la corde qui avait autrefois maintenu tout cela en place. Après quoi il retourna vers sa pierre, en fit plusieurs fois le tour avec la corde qu'il noua solidement, et attacha l'autre extrémité à sa cheville droite. Et, le regard vide et l'âme à l'agonie, il fit glisser le lourd morceau de schiste dans les flots noirs. À peine entendit-il le « plouf » caractéristique qu'il se sentit happé par la gravité, plongeant à son tour dans le lac. Dans une dernière vision floue et mouvante, il crut discerner trois silhouettes sombres, là-bas, à quelque distance sur le ponton, qui couraient dans sa direction.

Et puis la froidure de l'eau l’oppressa de toutes parts.




The Half Cop
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Sigvald Lingwë
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Mer 12 Juil 2017 - 21:17

Tous trois en marche sur le ponton je discutais des célèbres Ménestrels de la cité et du but de notre mission. A vrai dire, même si je faisais confiance aux bâtisseurs humains je n'étais pas le plus à l'aise sur ces épaisses planches de bois qui semblaient poser sur l'eau. Lors d'une mission comme à mon habitude dans ma profession, j'étais toujours joyeux, humeur qui se muait rapidement en sérieux dans le vif du sujet. J'esquissais un léger sourire en imaginait ce que j'aurais à faire qui me faire rire... Avec pour conclusion finale, le visage de Achas mêlé d'amusement et de désapprobation.

- Delaynna ? Je me suis toujours demandé si les Dame de l'eau... et donc vous, pouviez marchez sur l'eau ?

J'attendais quel commence à parler avant de la pousser dans l'eau, mais soudainement un "PLOUF" sourd puis j’aperçus plus loin une forme humaine disparaître à grand vitesse dans le lac. Raté ! Une prochaine fois... Je réalisai brusquement que j'avais déjà perçu ce son et vécu approximativement la même situation. Lors du règne de terreur à Djafa, quand j'accompagnais les "prêtres" et leurs gardes en ville afin d'enlever la souillure qu'étaient les mendiants et les nécessiteux de ce monde ; il arrivait souvent que les gens se suicident du haut des ponts en se jetant dans le lac, les pieds lié à une lourde pierre pour ne pas subir le courroux de "Sauron". Je pris un air détaché sur le coup. Cette fois j'agirais.

- Sérieusement... Je suppose que l'on a tous vu la même chose ? MAIS QUEL IDIOT !!!


Je tirai avec geste précis et rapide l'épée de la ceinture que je jetai dans les bras de notre chère sentinelle avec un grand sourire, puis dans la foulée toute comme Delaynna nous nous mîmes à sprinter vers les bulles qui remontaient encore à la surface. Tout en courant je fis tomber le plastron de mon torse et plongeai dans l'eau suivie dans la seconde par la dame de l'Eau. Je m'enfonçais dans la noirceur du lac guidé par les bulles et rapidement attirer vers le fond par le poids de ma cotte de mailles je réussis à crocher le col de l'homme. Je pesais mon poids, lui aussi, j'aurais mis trop de temps à remonter à la surface sans que l'humain y passe. Mais Delaynna surgit du haut, de la lumière, et fit basculer la situation vers la meilleure des fins possible. Je ne serais dire si son lien avec l'eau lui procurait plus de force une fois immerger dans celle-ci ou si justement elle puisait dans sa magie pour s'aider à tirer tout ce poids, mais nous remontions bien plus vite que je ne l'aurais cru.

Je pris une grande bouffée d'air frais une fois à la surface.

Achas tira hors de l'eau l'imbécile et je me sentis d'un coup bête à mon tour en voyant la pierre encore liée à son pied. J'y avais pensé, mais une fois dans l'action j'avais complètement mis de côté cet élément. Même Delaynna me regarda d'un air amusé voir un brin moqueur comme si elle me disait "Parle pour toi".

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Ven 14 Juil 2017 - 4:31
« - Pour ma part, atteindre mes ennemis à distance ne me pose pas de problème de conscience, car il s'agit du meilleur moyen de protéger notre belle et grande forêt. Mais je manie fort bien la dague longue au besoin. Vous combattez, Madame, comme un chevalier armuré, mais sans armure lourde je trouve c'est une technique inappropriée. Plus de mouvements ! Plus de souplesse ! »

Évidemment, Delaynna avait appris à maîtriser l’art de l’épée, mais pas aussi bien que ses compagnons. Bien sûr, en tant que Dame de l’eau, elle avait appris principalement l’art de la guérison, de la bonté mais plus encore… le contrôle de cet élément naturel. En évoquant Achas en duel, elle avait éveillé en lui, son désir de se battre, de mettre en premier plan, ses compétences de combattant devant la galadhrime. Cet entraînement avec l’archer permit à la jeune femme d’analyser le style de combat de son adversaire et d’en apprendre un peu plus sur sa façon de livrer bataille.

Alors qu’ils quittaient les terres sylvestres, le trio se dirigeait vers le territoire du Rhovanion. Esgaroth les attendait par-delà ses pentes herbeuses qu’ils franchissaient. La noirceur arrachait toute trace de lumière dans le ciel cette nuit-là. Grâce à leur vision développée, le trio remarqua cette immense étendue d’eau que seule l’elfe pouvait entendre murmurer à travers les vaguelettes. Une barque les attendait afin qu’ils puissent traverser ce grand lac. Écoutant ce que Sigvald racontait, elle reconnut un soupçon de nervosité dans ses paroles. Tout comme Achas, les deux elfs éprouvaient une certaine insécurité face à la structure de bois humaine. Contrairement à eux, Delaynna n’avait point peur, étant donné que l’eau la protégerait.

«Delaynna ? Je me suis toujours demandé si les Dame de l'eau... et donc vous, pouviez marchez sur l'eau ? »

Tout comme eux, elle entendit le «plouf» retentirent sur le lac. Ils distinguèrent l’individu qui s’était jeté à l’eau. Sigvald s’exclama et se jeta sans hésiter à l’eau pour tenter de le sauver. Cependant, ce dernier n’avait pas calculer au poids de sa cote de maille qui allait le faire couler, tout comme l’homme qui s’était volontairement jeté à l’eau, attaché à une lourde pierre.
Sigvald et l’inconnu avaient vite coulé dans la noirceur du lac. Contrairement à eux, l’elfe pouvait respirer dans l’élément qui était le sien. Son corps fût vite illuminé, telle la lune qui éclairait les navires dans la noirceur de la nuit. Glissant doucement dans les profondeurs pour les rejoindre, elle aperçut Sigvald et l’humain dont le regard semblait se fermer pour l’éternité. Il croisa son regard, comme s’il avait la vision d’une déesse. Delaynna afficha un sourire rassurant à l’individu et lui prit la main.

À elle seule, elle avait le contrôle de l’immense lac. Grâce à un puissant courant qui les firent remonter à la surface, Delaynna les accompagna et fit propulser l’elfe et l’humain dans la barque.
Alors que les deux individus étaient en sécurité sur la barque, la dame de l’eau se propulsa hors de l’eau à l’aide d’un immense jet. Avec une grande agilité, elle se hissa sur la barque et se dirigea vers le blessé. En se mettant à genou à côté de l’humain, Delaynna saisit son visage entre ses mains délicates. C’est dans un chant mélodieux que la Dame de l’eau récita l’incantation qui allait sauvé l’humain du sort qu’il s’était délibérément jeter.

Perdue dans les ténèbres, espérant un signe
Mais il n'y a que le silence
Peux-tu entendre mes cris ?
Jamais arrêter d'espérer,
J'ai besoin de savoir où tu es.
Mais une chose est sûre
Tu es toujours dans mon coeur.

Je te trouverai quelque part
Je continuerai d'essayer jusqu'à mon dernier jour.
J'ai juste besoin de savoir ce qui est arrivé,
La Vérité libérera ton âme.


Les vagues que son chant avait créés animèrent le lac endormis. L’humain recracha l’eau qu’il avait avalée et roula sur le côté en toussant très fort. Aussitôt qu’il avait repris conscience, le lac diminua son activité, jusqu’à redevenir aussi calme qu’à leur arrivé. L'humain dévisagea, apeuré les trois elfs qui l'avait sauvé de la mort, qu'il avait voulu s'infliger. En reconnaissant le visage qu'il avait vu sous l'eau, comme si celui-ci était l'apparition d'une personne mythique.
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Hadhod
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Dim 23 Juil 2017 - 14:52


Au prix d'horribles toux rauques, Syla recracha l'eau que ses poumons avaient été contraints d'absorber. Tout tanguait autour de lui, mais il mit un certain temps à comprendre que cette sensation ne provenait pas seulement de son chamboulement physique et mental, mais également de l'endroit où il se trouvait : ce n'était pas le bois stable et immobile des pontons qu'il sentait sous lui, mais la coque chancelante d'une barque dont il n'avait pas même remarqué la présence quelques minutes plus tôt, alors qu'il cheminait, hagard, à la recherche d'une corde. Tandis qu'il essayait de remettre ses idées en place et de comprendre pourquoi il ne se trouvait pas aux côtés de feu son épouse, mais toujours dans ce monde de souffrance et de désespoir, une voix claire et douce parvint à ses oreilles. Pas de doute possible, il savait qui lui entonnait cet air. Tout son corps se raidit. Oui, cela allait de soi, c'était sa tendre femme qui l'appelait depuis les profondeurs du lac où elle reposait depuis sa noyade. Cela ferait bientôt quatre ans et son absence lui pesait plus que toutes les pierres de schiste, de granite ou de tout autre minéral qu'il aurait pu s'attacher aux chevilles. Ses mots étaient à la fois beaux et tristes.. elle lui faisait savoir, dans une mélopée semblable au murmure des plus charmants ruisseaux qui confluaient vers le lac, qu'elle était toujours là, au fond des flots noirs. Elle lui intimait de ne pas l'oublier, de lui donner de ses nouvelles, de se manifester d'une manière ou d'une autre. Elle venait de le voir un bref instant plonger dans les eaux et cela avait suffi à raviver son amour...

Mais était-ce bien elle qu'il entendait ?

À vrai dire, plus il revenait à la réalité et recouvrait ses esprits, et plus il en doutait, à son grand regret. La voix de Nertha telle qu'il s'en souvenait était moins cristalline, moins parfaite... plus humaine pour ainsi dire. Et comment lui, le capitaine de la Milice, la cartésien, lui qui ne voulait pas entendre parler de mystères, lui que toute mention du surnaturel horripilait, comment pouvait-il croire à une émanation de l'esprit de sa défunte épouse ? Sa dépouille était remontée à la surface comme tous ceux qui étaient un jour morts sur le lac, et elle avait été repêchée. On lui avait enlevé la vase et les salissures, on l'avait revêtu d'habits décents et on l'avait placée sur une barque emplie de bûches et d'une paille imbibée de poix qu'on avait laissée dériver sur les courants du lac. Ses cendres étaient dissoutes depuis longtemps dans les eaux mais, objectivement, Syla savait au fond de lui que les cendres ne pouvaient parler, quelle qu'ait été la beauté de l'esprit qu'elles avaient un jour contenu. Plus sa raison lui revenait et plus il voyait la chose impossible.

Et il semblait qu'il eût raison, car en tournant la tête il s'aperçut que les derniers vers du poème étaient entonnés par une personne bien vivante qui se tenait à côté de lui dans la modeste embarcation. Elle était charmante, possédait beaucoup de grâce, mais ce n'était point sa regrettée Nertha. Le capitaine comprit bientôt pourquoi sa voix était si enchanteresse : la finesse de ses oreilles et la façon de son accoutrement ne laissaient guère de place au doute, elle appartenait au peuple elfique. Tentant de retrouver ses repaires entre deux quintes de toux, le pauvre homme vit qu'ils partageaient le modeste espace qu'offrait la barque avec un autre elfe, un elfe aux cheveux blonds trempé lui aussi de la tête aux pieds, et qu'un troisième elfe l'observait attentivement depuis le bord du ponton tout proche. Visiblement, ils l'avaient arrachés à la mort...

- Vous venez... parvint-il à articuler en reprenant son souffle. Vous venez de prolonger... encore un peu... mon existence.

On n'aurait su dire s'il était finalement soulagé d'avoir échappé de justesse à la mort atroce qu'il avait voulu se donner dans son élan suicidaire ou s'il leur en voulait de l'avoir obligé à rester dans le monde cruel et injuste qu'il s'était mis en tête de fuir à jamais. Sans doute y avait-il un peu des deux, mais dans quelles proportions ? Lui seul le savait pour l'instant. Les prochaines minutes ou les prochaines heures le diraient certainement. Le regard du miraculé se porta sur sa cheville que le frottement cruel de la corde avait teintée d'un collier rouge et sanguinolent, puis sur la cotte de mailles de l'elfe mâle qui était le plus près de lui. Incrédule, il se tourna enfin vers la femme-elfe, qui était de toute évidence la seule qui avait été complètement libre de ses mouvements dans toute cette manœuvre. Oh certes, celui qui se tenait sur le ponton semblait également ne pas être harnaché d'un équipement trop lourd, mais à en croire ses habits secs il n'avait pas eu le temps ou l'envie de plonger dans l'eau froide.

- Comment avec-vous... fait ? demanda-t-il à Delaynna. Un capitaine... minable et incapable... n'aurait pas été une grosse perte. Esgaroth s'en porterait bien mieux... croyez-moi... si je reposais au fond du lac... avec les débris et les trésors de ces bateaux coulés. Toute cette affaire... a causé... ma déchéance. Qu'ils en coulent encore mille... si ça les chante... qu'ils envoient par le fond... tous les bateliers de la ville... mais qu'on cesse de me tarabuster avec ça !

Mais comme il tendait la main pour essayer d'agripper le bord du ponton et de quitter cette coquille de noix, il se rendit compte qu'il n'en avait tout bonnement pas la force pour l'instant, et une nouvelle quinte de toux le plia en deux, déchirant le silence vespéral et emplissant de pitié les étoiles au-dessus de leur tête.




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Sigvald Lingwë
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Mar 1 Aoû 2017 - 21:02


Une fois sur la barque, je distinguais mieux l'homme que nous venions de sauver. Son visage trahissait une tristesse et une maigreur nouvelle, ces joues étaient creusés comme je l'avais déjà vu jadis sur les prisonniers à Djafa. Mais je pouvais sans aucun doute imaginer l'homme charpenté qui avait peu à peu abandonné sa joie de vivre. On ne se suicide pas sans raison. Moi-même j'y ai beaucoup songer, ôter ma vie purement et simplement, ne plus faire partie de ce monde qui me semblait plat et sans goût ; mais au fond de moi je gardais une parcelle d'espoir et c'est ce qui ma retenu de sauter le pas, contrairement à lui. Je me mettais aisément à sa place.

Alors que je me tenais à côté du miraculé Delaynna entama son "chant" de guérison, peu à peu il émergea de son inconscience et ouvrit calmement ses paupières comme s'il sortait d'un rêve. Je levais ma tête vers Achas qui nous attendaient sur le ponton, mon épée et mon plastron à ces pieds.

L'homme marmonna et se lamenta à son réveil, visiblement peu content qu'on l'ait sauvé. Et de surcroît un capitaine qui se suicide, un meneur exemplaire qui ferait l'honneur de ses hommes... Et cela piqua ma curiosité, pour quelle raison un homme respecté et important mettrait de lui-même fin à sa vie ?

Alors qu'il était à demi-allonger contre le bord de la barque, je passais mon bras par-dessus sa tête et la posa sur son épaule de façon amicale, comme s'il était un vieux camarade. Je m'exprima d'un ton ton enjoué et un brin moqueur.

- Vous savez Capitaine-Plongueur, vous avez choisi une bien curieuse façon d'en finir, mais vu que l'on est à Esgaroth, cela doit être une sorte de tradition. Personnellement, j'y ai songer aussi jadis, mais je me voyais sauter d'une haute falaise et sentir le vent une dernière fois sur mon visage... Bref. Vous m'avez l'air bien décidé, donc avant qu'on vous laisse à votre petit passe-temps. Capitaine-Plongueur vous nous indiquerez notre chemin, mais je pense que la charmante elfe à vos côtés voudrait que vous vous portiez mieux et que vous soyez sec. Après quoi si vous êtes toujours décidé de quitter cette charmante ville, vous aurez toujours la possibilité de replonger dans votre magnifique Lac.

Le "parler elfique", cette façon noble et belle de magner les mots et d'en faire des phrases douces à l'oreille et nimber de sagesse ; personnellement avec le temps et la vie que j'ai vécu je m'exprime plus comme un mercenaire humain que comme un noble et honorable elfe. Je n'ai ni le sérieux et le tact de mes camarades. Ma façon de voir, de penser ou de gérer une situation à elle aussi changer, je n'ai plus vraiment la retenue et le bon sens moral des miens.

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Lun 14 Aoû 2017 - 6:20
Une puissante toux saisit l’humain que Delaynna et Sigvald venaient de sauver. Il clignait des yeux plusieurs fois et dévisageait l’elfe. Au départ, il la regardait avec un regard remplis d’admiration. On aurait dit qu’il la prenait pour quelqu’un d’autre, un personnage qui appartenait au passé. Ce n’est qu’après quelques secondes qu’il réalisait que Delaynna n’était pas la personne qu’il croyait.

«Vous venez... parvint-il à articuler en reprenant son souffle. Vous venez de prolonger... encore un peu... mon existence. »
On ne pouvait soupçonner le désespoir dans sa voix. Cependant, il regarda la dame de l’eau une nouvelle fois et elle put lire dans son regard l’état de crise dans lequel il était plongé.

«Comment avez-vous... fait ?  Un capitaine... minable et incapable... n'aurait pas été une grosse perte. Esgaroth s'en porterait bien mieux... croyez-moi... si je reposais au fond du lac... avec les débris et les trésors de ces bateaux coulés. Toute cette affaire... a causé... ma déchéance. Qu'ils en coulent encore mille... si ça les chante... qu'ils envoient par le fond... tous les bateliers de la ville... mais qu'on cesse de me tarabuster avec ça !»

Alors qu’il tentait de se donner un élan pour agripper le bord de la barque, il fût pris par une seconde violente toux qui irritait ses poumons encore sensibles à l’eau qu’il avait volontairement avalée afin de mettre fin à ses jours. Sigvald vint saisir la tête de l’humain et la passa par-dessus son bras. L’elfe mâle s’adressa à ce dernier avec le tact d’un enfant.

« Vous savez Capitaine-Plongueur, vous avez choisi une bien curieuse façon d'en finir, mais vu que l'on est à Esgaroth, cela doit être une sorte de tradition. Personnellement, j'y ai songé aussi jadis, mais je me voyais sauter d'une haute falaise et sentir le vent une dernière fois sur mon visage... Bref. Vous m'avez l'air bien décidé, donc avant qu'on vous laisse à votre petit passe-temps. Capitaine-Plongueur vous nous indiquerez notre chemin, mais je pense que la charmante elfe à vos côtés voudrait que vous vous portiez mieux et que vous soyez sec. Après quoi si vous êtes toujours décidé de quitter cette charmante ville, vous aurez toujours la possibilité de replonger dans votre magnifique Lac. »

Le toisant du regard, Delaynna fit signe à Sigvald de se taire. Bien que le suicide fût quelque chose de très tabou, autant auprès des humains que des elfes, la Dame de l’eau ne voyait aucunement l’utilité d’utiliser l’humour après avoir sauvé cet homme de l’eau de la mort. Mais lorsqu’elle jeta un regard dans la direction de son compagnon, Delaynna aperçut une image se créer sur la surface noire du lac.  C’était la vision d’une belle femme, humaine. Mais la vision fut vite déchirer par les hurlements de douleur qui rendit le destin de celle-ci, l’épouse de cet humain qu’elle avait sauvé, plus tragique en se jetant elle aussi dans les profondeurs de ce lac maudit.

Demeurant figée pendant l’instant de quelques secondes, la Dame de l’eau retourna son attention vers le rescapé, ignorant Sigvald. Du bout des doigts, elle effleurait délicatement le visage de celui-ci, avec l’ombre d’un sourire rassurant.

-Votre heure n’est pas encore arrivée. Il semble bien que vous ayez encore un rôle à jouer capitaine, notre rencontre semble être les premières lignes d’un nouveau chapitre à chacune de nos histoires qui sont encore incomplètes à ce jour…

Elle saisit sa cape, qu’elle avait retiré avant de se glisser à l’eau pour sauver l’humain, et la déposait sur ce dernier afin qu’il puisse garder une certaine chaleur dans cette nuit fraîche. L’épuisement se faisait ressentir de la part de l’humain. L’enveloppant de sa cape, Delaynna retira le bras de Sigvald afin qu’il se retrouve dans les siens. Elle l’enveloppa de ses bras tel une mère qui couvrait son enfant d’une marque d’affection.

-Vous avez fait preuve d’un investissement surhumain de votre énergie Capitaine, tâchez de prendre un peu de repos… Vous êtes en sécurité avec nous, fit-elle en glissant son autre main dans l’eau pour saisir un peu de liquide froid et de le déposer sur son front tout en commençant une nouvelle mélodie afin que ses paupières deviennent lourdes et accompagné d’un sommeil réparateur. Avec sa voix douce, elle entama un nouveau chant dans sa langue maternelle.


Qui peut faire de la voile sans vent?
Qui peut ramer sans rame?
Et qui peut quitter son ami
Sans verser une larme?
Je peux faire de la voile sans vent.
Je peux ramer sans rame.
Mais je n’peux quitter mon ami
Sans verser une larme.

Qui peut voir se coucher le soleil
Sans que la nuit ne tombe?
Et qui peut retrouver le sommeil
Lorsque son coeur s'effondre?
Je peux voir se coucher le soleil
Sans que la nuit ne tombe.
Mais je n’peux retrouver le sommeil
Lorsque mon coeur s'effondre.

Qui peut croire un instant à l'amour
Quand tant d'hommes se battent?
Et qui peut oublier pour un jour
Le monde et ses massacres?
Je peux croire un instant à l'amour
Quand tant d'hommes se battent.
Mais je n'peux oublier pour un jour
Le monde et ses massacres.

Où est la maison, où est la rue?
Où est le petit gars que j'ai connu?
Voici la maison, voici la rue,
Voici le petit gars que j'ai connu.

Qui peut faire de la voile sans vent
Qui peut ramer sans rame
Et qui peut quitter son ami
Sans verser une larme.
Je peux faire de la voile sans vent
Je peux ramer sans rame
Mais je ne peux quitter mon ami
Sans verser une larme.


Alors que les paupières de l’humain se refermèrent lourdement dans un sommeil sans rêve, Delaynna écoutait attentivement la respiration soutenue de ce dernier. C’est dans un long moment de silence, que la jeune femme décida de le briser en dévisageant chacun de ses compagnons.

-Il s'est endormis, pauvre homme... Comment revenir après un tel choc suite à la perte de quelqu'un...

Elle marqua une pause et reprit;

Angrod avait raison lorsqu’il mentionnait qu’en acceptant cette mission, nous courrions à notre perte. Quel lourd destin de mettre fin à sa propre vie ainsi… déclara-t-elle dans un ton qui était encore doux. Quant à toi, j’espère que tu n’inciterais plus notre nouveau compagnon à se jeter dans le lac à nouveau, il tient des informations qui nous serons précieuses, à moins que toi aussi tu veuilles finir au fond du lac, fit-elle à l’adresse de Sigvald encore sur le même ton doux. Delaynna songea à la vision qu’elle avait eue précédemment.  Elle sentait que l'image de la femme qui s'était noyée avait un lien avec l'humain et la mission qui les attendait.
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Hadhod
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Sam 23 Sep 2017 - 18:03
[Je m'excuse bien bas pour cet énorme retard les amis, vraiment désolé... J'espère que vous n'aurez pas trop perdu le fil du RP par ma faute, ni l'envie d'y participer. Confused]




Syla leva ouvrit les yeux et ne vit des centaines de petits points lumineux scintiller faiblement dans le cosmos noir et infini au-dessus de sa tête, telles des petites bougies à l'éclat froid et vacillant apparaissant et disparaissant au gré des nappes de brouillard qui passaient en silence autour d'eux, léchant ponton et barque. D'ailleurs, il s'aperçut qu'il se trouvait toujours dans la même frêle embarcation que tout à l'heure, couché sur le dos tandis que la femme-elfe se tenait encore assise à ses côtés. Le capitaine imagina qu'elle avait dû continuer, peut-être, de lui chanter de douces paroles et de lui faire couler des gouttes d'eau sur le front et dans les cheveux pour le maintenir dans le sommeil.

Il prit peur.

Combien de temps était-il resté à la merci de cette personne, qui manifestement était capable de choses que d'aucuns dans cette ville qualifieraient de surnaturelles ? Assez de temps en tout cas pour que la nuit noire ait pu les envelopper de son étreinte, bien que la nuit ne fût pas encore très vieille. Oui, il connaissait bien sa ville et son lac, et tous les événements récents ne l'empêchaient pas de sentir l'atmosphère et les odeurs de la nuit... et ses sens lui disaient qu'ils étaient encore plus proches du crépuscule que de l'aube. Il releva le buste plus brusquement qu'il ne l'aurait voulu, manquant cogner la tête de sa sauveuse avec la sienne. Là à côté, sur le ponton, deux silhouettes sombres indiquaient certainement que les camarades de la dame n'étaient pas allés bien loin. Comme il retrouvait ses esprits, il raisonna sa peur, conscient que si ces drôles d'Elfes avaient voulu lui faire quelque mal ils auraient eu tout le loisir de le faire pendant son sommeil... et de toute façon ils ne l'avaient pas sauvé de la noyade pour prendre sa vie juste après.
Et puis il se sentait mieux que tout à l'heure, comme s'il avait traversé plusieurs nuits de sommeils réparateurs en un seul coup. Mais tout de même, il n'était guère à l'aise avec une sorcière à côté de lui, qu'elle habille ses pouvoirs dans de douces mélopées cristallines ou qu'elle fasse mijoter des bouillies d'yeux de corbeau dans ses chaudrons. Qu'importe, il faudrait faire avec, il n'avait pas vraiment le choix. Après tout, puisque le lac n'avait pas voulu de lui, ses trois individus constituaient le départ de la seconde vie qui lui était accordée, si morne qu'elle puisse paraître.

- Pouvons-nous rentrer à l'intérieur, j'ai si froid...

Ce n'était pas que l'air était particulièrement vif, loin de là. Mais même en plein milieu de l'été il ne fait pas bon être mouillé de pied en cape quand le soleil n'est pas là ; et il n'avait pas seulement froid au corps, mais aussi intérieurement. Devant le silence des trois étrangers, il se rendit compte que ses paroles n'avaient pas grand-sens...

- Je veux dire... nous serons mieux chez moi qu'à caboter dans cette coquille de noix...

Il s'arrêta tout net. Non, ce n'était peut-être pas la meilleure solution que d'inviter les trois elfes après ce qui s'était passé, dans sa demeure où sa belle-sœur gardait sa fille, la fille de Syla lorsque celui-ci devait passer la journée ou la nuit à la caserne ou dans les ruelles dans le cadre de son poste. Dire qu'il était tombé malencontreusement dans l'eau et prier pour que le trio s'aligne sur ses dires ? La vérité ne manquerait pas de sortir du puits, et révéler qu'il avait tenté de mettre fin à ses jours, devant sa fille, il n'aurait pu le supporter. Quel image de père montrerait-il alors ? La caserne n'était pas une bien meilleure idée, avec les miliciens d'astreinte qui y étaient cantonnés.

- Non... non... allons plutôt voir à l'auberge s'il reste des chambres pour la nuit, ça sera mieux, fit-il sans même avoir réussi à trouver un prétexte pour ce soudain changement d'idée.

Comme souvent le sort n'est pas dénué d'humour, mais pour le coup d'un humour noir qui paraissait se rire du pauvre capitaine : l'établissement où il les mena, le plus réputé de la bourgade bien que situé dans une petite ruelle assez éloignée du centre, affichait sur sa façade une pancarte où il était écrit, avec une peinture dorée que les torches placées dessous faisait briller...

♦ ♦ Auberge du Repos Éternel ♦ ♦

Puisqu'il n'était pas encore minuit, et sans doute aussi parce qu'il avait reconnu l'officier, le tenancier grassouillet les fit monter à l'étage dans une chambre spacieuse et feutrée à quatre lits, et s'empressa de mettre à leur disposition tout le confort possible, en premier lieu en allant chercher des vêtements secs à ceux qui en avaient besoin et en allant étendre leurs habits trempés. Le tout sans s'offusquer du peu d'empressement que Syla mettait à répondre à sa curiosité.

Quand ils furent secs et rassasiés, ce qui prit une bonne heure, ils s'enfermèrent dans la chambre. Syla regarda chacun de ses sauveurs tour à tour, sachant que des explications allaient lui être demandées, tout capitaine qu'il fût, et tout étrangers qu'ils fussent. La femme aux pouvoirs mystérieux, l'homme aux cheveux blonds, et l'autre avec son air froid et son accoutrement de chasseur des bois... tous avaient les yeux rivés sur lui, c'en était embarrassant. Mais il n'avait rien demandé, que diable, c'étaient eux qui étaient venus le chercher contre son gré !

- Qu'est-ce que vous faites dans cette ville... vous qui semblez venir du Vert Bois ? demanda-t-il à brûle-pourpoint.

Ce n'était sans doute pas ce à quoi ils s'attendaient. Le ton mi-abattu mi-méfiant trahissait encore une certaine déprime qui avait été la cause de son geste malheureux, mais qui semblait maintenant se mêler avec son devoir de capitaine de la milice. Car oui, telle était toujours sa profession... à cause d'eux. Et pour quelques jours encore.

- Nous commerçons avec vous, c'est vrai... Mais les envoyés d'Angrod arrivent de jour en principe, pas à la dérobée... Et rarement les mains vides. À moins que vous ayez fait tomber les tonneaux de marchandise dans l'eau du lac ? Si c'est le cas, c'est eux que vous auriez dû repêcher.

Il se laissa tomber sur le matelas de plume, faisant grincer les lattes de bois et rebondissant comme un poids mort.

- Mais je ne pense pas que ce soit la cas, si ? Alors qu'est-ce que vous trafiquiez sur les pontons à cette heure ? Il se passe de drôles de choses à la nuit tombée, sur le lac. De drôle de choses... Oui, des choses tragiques... des choses macabres, plus macabre qu'un désespéré qui s'accroche une pierre au pied. Vous auriez pu en être les victimes...

Il se releva lentement, les yeux tout à coup écarquillés.

- ... ou bien, les instigateurs...




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Sigvald Lingwë
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Sam 7 Oct 2017 - 20:53
Quand l'homme sembla s'assoupir, épuiser d'avoir échappé à la mort et réconforter par le chant de Delaynna, je la regardais avec attention . Même si je montrais une certaine désinvolture face à cet évènement, je n'en étais pas moi conscient qu'un tel acte était animé par un amoncellement d'échec répétitif et de repli sur soi. Je me découvris une empathie puissante, j'imaginais aisément la vie du capitaine avant jusqu'à aujourd'hui.

- L'inciter à se jeter à nouveau dans le lac... Au contraire je pense dès maintenant que dans ses rêves actuels ou à son réveil il prendra pleinement conscience de ce qu'il était en train de faire, de ce qu'il aurait perdu en agissant ainsi et ce que ses proches ici ou dans l'au-delà penseraient de lui. Nous l'avons sauvé une fois et s'il garde encore foi en la vie, je doute qu'il recommence encore. Mais il est vrai qu'en rire était déplacé...


* ~ ~ *~* ~ ~ *


Achas et moi sur le ponton nous attendîmes. Delaynna préféra resta sur l'embarcation aux côtés du capitaine. Capitaine de quoi justement ? Capitaine de bateau ? de garde ? de milice avec de la chance ? Nous tombâmes d'accord sur le fait de rester auprès de celui-ci jusqu'à ce que nous soyons sûrs qu'il va bien, mais aussi qu'il nous en apprennent plus sur la situation en ville et les renseignements sur le sujet épineux qui nous faisaient venir ici. Tout capitaine de quoiqu'il ait, cet homme avait l'air du genre sérieux. À son réveil, il était visiblement encore déboussolé, mais il souhaitait se réchauffer et sûrement se reposer, un bon signe.

- Non... non... allons plutôt voir à l'auberge s'il reste des chambres pour la nuit, ça sera mieux

Il nous invita à l'auberge, quel meilleur lieu pour glaner toutes les rumeurs sur ce lac. J'aurais mis mon bras à couper pour une grande chambre, histoire de ne pas être incommodé par mes compagnons et beaucoup de silence. Le couvert des arbres me manquait déjà. Chacun put lire l'approbation sur le visage de l'autre et nous suivîmes l'homme. Il n'était pas très bavard sur le chemin jusqu'à l'auberge du Repos Eternel, le nom de l'établissement résumait si bien ma récompense en cas d'échec de la mission. À l'intérieur le tenancier parut aussi surpris que joyeux de nous recevoir. Visiblement le suicidaire était bel et bien capitaine, vu le ton solennel que prit l'aubergiste pour l'accueillir, Syla ! J'en étais presque sûr...

- Pas de vêtement sec pour moi, je vous en remercie. Notre chambre était spacieuse et un bout de la pièce faisant office de "salle d'eau" était séparé par de grands panneaux, je sais que je n'aurais pu troquer mes vêtements encore humides pour des secs aux manches courtes. Le simple fait d'imaginer leurs regards de pitié et de curiosité sur mes bras nus me mettait mal à l'aise ; ils connaissaient tous deux mon passé et pour l'humain s'il avait un regard curieux il ne maquerait pas de s'interroger sur le bandage et les quelques marques qui zébraient le reste de ma peau.

Tandis que les autres se changeaient et se restauraient, échangeant quelques mots de politesse par-ci par-là, je m'en éloignais las de la journée. J'ouvris en grand la fenêtre sur la ville qui  dormait, pas un bruit, seuls les clapotements d'eau étouffés me parvenait. Les étoiles illuminaient le ciel, je m'allongeais au-dessous de la fenêtre, mains derrière la tête et jambes croiser. Un dernier regard en dehors, j'écoutais une dernière fois les échos de l'activité autour de moi et mes yeux se fermèrent. Ma respiration diminua, je me repliais intérieurement sur moi-même faisant fi de ce qui m'entourait. Je chassais de mes pensées Delaynna, Achas, le capitaine et le monde entier, me focalisant sur l'image du ciel étoilé un sentiment d'apaisement m'envahit. Un court repos, mais bien mériter.

Soudainement je me sentis happé dans le vide et l'obscurité, le cauchemar prenait forme. Le stress, l'incompréhension et la peur s'emparèrent de moi. L'angoisse me paralysait, mais progressivement les ténèbres se dispersaient pour laisser place à la lumière. Dans l'accalmie j'étais devenu la puissance du vent et les tourbillons de l'eau, la chaleur du soleil et la vie que propageait la terre, je me sentais écrasé de l'intérieur s'en était trop pour moi et alors je m'éloignais de tout ceci. Cette sensation d'écrasement me laissa vide de toute énergie, je n'aspirais qu'à une seule chose quitter ce "rêve".

Tout était confus et à la fois très clair. Les vagues se brisaient et déferlaient sur la grève de sables fins, dans la plaine l'herbe grasse ondulait sous le vent, au loin des chevaux galopaient, je distinguais une sombre forêt qui contrastait avec le soleil d'été, ce paysage me rassurait étrangement et je m'y abandonnais. J'étais au milieu de tout ça, les branches feuillues de l'arbre sous lequel nous étions. Nous...

Il m'était impossible de distinguer le visage de la femme et pourtant elle était juste au-dessus de moi. Elle était assise et adossée contre l'arbre, en travers de ses jambes ma tête reposait délicatement sur ses cuisses. Je sentais ses longs cheveux me balayer le visage par intermittence, ils étaient d'une couleur indéfinissable. Je sentais sa main passer dans mes cheveux, cela était réconfortant, mais c'était clairement un signe d'affection. D'une certaine façon, j'étais là où je devais être. Elle prit la main que je tendais vers elle et l'accola à sa joue, sa peau était douce et agréablement fraîche. Un lien me reliait à elle, quelque chose de puissant et à la fois méconnu de ma personne. Je me laissais envahir par cette sensation de bien-être inégalé. Ici et maintenant, je la connaissais par cœur et pourtant elle m'était inconnue.

À la fois douce et envoûtante, sa voix se mêlait au chant du vent.
- Nos amis arrivent, je distingue les voiles au loin.
Je ne ressentais aucun danger vis-à-vis de ces étrangers, je savais mes armes dans la demeure, mais rien de m'incitais à les chercher. Au contraire une joie m'envahit sans altérer l'instant présent et ce que je ressentais pour "Elle". Je pivotais doucement la tête pour distinguer la côte et le navire à l'horizon, j'avais hâte de les voir.

- Il est toujours aussi borné et prudent. Les côtes sont sûres.
Je la sentis s'agiter. Attends, restons encore un peu. Elle m'embrassa le front et je...

J'ouvris les yeux sur la fenêtre désormais fermer, ce rêve m'avait semblé si réelle. Je sentais encore le fantôme de sa main dans mes cheveux et ses lèvres sur la peau de mon front. Son parfum délicat de groseille et de lilas, tout ce qui était elle et tout ce qu'elle représentait ne me quittait pas, ce lieu me manquait terriblement. J'avais cette sensation singulière d'avoir fini un magnifique récit dont l'histoire reste en mémoire, me laissant reprendre brutalement conscience de la réalité. J'étais dans une sorte de béatitude, c'était pourtant moi dans ce rêve, tout ceci c'était moi, ma vie. Même si la mélancolie et la nostalgie de cette vision s'étaient emparées de moi j'avais la conviction d'avoir entrevu mon destin. Mes incertitudes et mes doutes avaient été balayés, je ne saurais mieux l'interpréter. Le passé tortueux qui était devenu l'épicentre de mon existence m'apparaissait désormais comme un simple mauvais souvenir, une étape parmi tant d'autres. Un simple rêve me disais-je... et pourtant j'en sortais étrangement grandi.


* ~ ~ *~* ~ ~ *


Revenant doucement à moi-même, je pris une pomme sur la table et tout en mangeant je me repassais ce rêve en boucle, j'esseyais d'en mémoriser chaque moment. Quand Syla rompis le silence et m'arracha à mes rêveries J'eus soudainement envers lui une immense colère... mais vite balayer par je ne sais quoi. Encore un peu étourdis les mots sortaient bizarrement de ma bouche, mes pensées se tournaient sans cesse vers ce "rêve" et j'avais du mal à accorder mes idées.
- Le destin, de ma volonté ou celle des Valars... Je crois que c'est le destin qui nous à mener ici. Je me surpris moi-même à utiliser ce mot "Valar", ce n'était un rêve et rien qu'un rêve! Réveil-toi ! Réveil-toi ! Je sentais des regards ahuris posés sur moi, mais je n'avais étrangement pas la force de regarder ailleurs que vers l'humain. Capitaine Syla ? Il répondis par l'affirmatif. J'avais vu juste, nous n'étions pas là par hasard. Je pris une grande inspiration et me reconcentrais.

- Nous sommes envoyés par le Seigneur Angrod de Verbois afin de vous aider à régler le problème qui agite votre ville. Pour faire des présentations plus officielles ; je suis Sigvald fils d'Eärodan et voici Achas, protecteur de nos bois et voici Delaynna, Dame de l'Eau de Lorien. Plus qu'à moi, vous lui devez ce cadeau qu'est la vie. Nous avons la nuit je suppose, faites-nous un récit détaillé Capitaine.
Et je m'assis lourdement au sol reposant ma tête contre le bois du lit, la tête encore ailleurs je tentais désespérément de garder les dernières sensations que j'avais d'Elle.
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Delaynna
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Ven 13 Oct 2017 - 5:29
Observant l’homme s’endormir dans ses bras, Delaynna vint le déposer doucement confortablement dans l’embarcation alors que ses deux compagnons étaient sur le ponton. La situation qu’ils venaient de vivre, ne faisait aucun doute qu’il se passait quelque chose auprès de la population de la ville sur le lac. Il semblait que le lac en lui-même avait semait ce trouble… qui attirait les humains de cette région à vouloir succomber aux baisers mortels de ce dernier.

Ce dernier se réveilla brusquement passant près de cogner sa tête contre la sienne. Il la dévisagea avec un regard apeuré. Elle lisait bien ce que ce disait cet humain dans le plus profond de son regard. Monstre, sorcière, ses qualitatifs que beaucoup d’humains ont eu en tête lorsqu’ils ont vu l’ampleur de ses pouvoirs elfiques. Alors qu’il se mit à grelotter, l’humain suggéra d’entrer à l’intérieur afin d’y être plus à l’aise. Il les amena à l’auberge le Repos Éternel, en jetant un regard en direction de la façade où il y était inscrit le nom de l’établissement, Delaynna ne put s’empêcher de jeter un regard en direction d’Achas et d’approuver l’ironie du nom de celui-ci.

Des regards curieux se dirigèrent vers eux lorsque les occupants de l’endroit aperçurent trois elfes. La plupart connaissait très bien le nouveau compagnon. Celui-ci semblait embarrassé par les nombreuses questions et les regards indiscrets rivés sur eux. On offrit des vêtements secs à Delaynna et Sigvald afin d’étendre leurs vêtements trempés. La jeune femme accepta et alla faire un brin de toilette ainsi que de revêtir les vêtements qu’on lui avait offert. Elle enfila la chemise blanche trop grande pour elle ainsi qu’un pantalon beaucoup trop grand pour sa taille. En troussant les bas de ses pantalons ainsi ses manches, Del avait l’impression de porter un costume inconfortable. Étant habituée aux tissus fins elfiques, ils n’étaient pas comparables aux tissus humains. S’habituant à l’effet du tissu sur sa peau, Del retourna rejoindre ses compagnons dans l’immense pièce qui faisait office de chambre. Installant sa robe de voyage près du feu afin qu’elle sèche, Delaynna aperçut Sigvald qui était allongé sur l’un des lits et qui dormait paisiblement. Le petit sourire qu’il tirait dans son sommeil lui prouva qu’il rêvait à de belles choses.

L’humain s’allongea à son tour, tout comme Achas. Delaynna demeura la dernière éveillée. Achas alla rejoindre les autres peu de temps après.

-Bonne nuit, repose-toi bien, fit-elle alors qu’il se dirigeait vers le lit qu’il désignait comme étant le sien. Elle demeura encore un peu près de la chaleur des flammes pour à son tour aller s’étendre. Le seul lit restant était celui qui était le plus près de l’âtre. Avant de s’endormir, Delaynna s’approcha de la fenêtre ouverte qui laissa entrée une brise fraîche dans la pièce. Elle la referma pour ensuite aller rejoindre son lit.

À son tour, elle sombra dans un sommeil remplis de rêves. Son corps lui paraissait si froid qu’elle avait l’impression d’être sous une eau glaciale. En ouvrant les yeux, elle s’aperçut qu’elle se retrouvait en Lorien. Entre les immenses arbres dorés et les rayons du soleil qui perçaient ceux-ci et offrit un peu de chaleur sur le visage de la jeune femme. Le sentiment d’être de retour chez elle lui fit sourire. Elle s’avança à travers les bois sachant très bien le chemin du retour. Mais plus elle avançait, plus le ciel s’assombrissait. La noirceur venait tapisser la splendeur des arbres en emportant avec elle, les feuilles dorées qui se déposèrent au sol.

-Delaynna…

Prise par un sursaut, Delaynna se retourna pour apercevoir nul autre que son frère triplé. Mathias se tenait devait elle, pâle et en armure. Le temps s’était soudainement arrêter. La dame de l’eau se dirigea vers son frère, mais celui-ci tomba à genoux, en touchant sa poitrine qui se mit à saigner, comme si une lame venait de le transpercer.

-Mathias ! Je t’en prie, non ! Pardonne-moi…

L’aîné des triplés regarda dans la direction de sa sœur cadette mais il ne semblait pas la voir… Il regardait le ciel s’assombrir et soutient ce regard pour la dernière fois en laissant un dernier soupir. Des larmes ruisselaient sur les joues de la Dame de l’eau, impuissante devant cette scène qu’elle a tenté de changer.

-Tu as son sang sur les mains, fit une voix plus féminine cette fois-ci. Lorsqu’elle se retourna, elle aperçut sa sœur, Élianne qui
se tenait bien droite devant elle. Et tu devras vivre ton immortalité avec ce regret qui détruit petit à petit ton âme…

Delaynna écarquilla les yeux. Élianne baissa la tête et caressa son petit ventre arrondie. En retenant ses larmes, Del ferma les yeux et évita le regard de sa sœur.
-Nous l’avons su cette nuit-là… nous sommes liés. Si tu sombres dans le regret, tu nous emmèneras avec toi… Mais si je succombe à la douleur, alors nous t’emmènerons avec nous…

Lors de cette fameuse nuit où Mathias était décédé, Delaynna et Élianne avaient découverts le lien qui les unissait. Si l’une éprouvait de la douleur, l’autre la ressentirait à son tour. Mathias, Élianne et Delaynna avaient toujours été liés, mais il semblerait que la disparition d’un des triplés a renforcie le lien encore plus, jusqu’à les maudire.

C’est dans un sursaut que la dame de l’eau se réveilla. Elle redressa le buste et tenta de se rappeler où elle se trouvait. Son cœur battait très vite. La jeune femme aperçut que Sigvald et Achas étaient réveillés, il ne manquait plus que le capitaine qui se reposait tranquillement encore dans son lit, après l’énorme choc qu’il avait vécu la veille. Tout en essuyant, d’un geste vite, les quelques larmes qui avaient coulés le long de ses joues durant son sommeil, Del se leva pour reprendre ses vêtements et alla manger. Lorsqu’elle termina de remettre sa robe, maintenant chaude dû au fait qu’elle ait passé toute la nuit près du feu, Delaynna sortie de la petite pièce, installé comme office de salle d’eau, et aperçut Syla qui venait de se réveiller.

-Bonjour, vous avez bien dormi ?

Bien qu’elle fût coupée par Sigvald, ce dernier s’installa près du lit de ce dernier pour ensuite écouter le récit de l’humain.

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Hadhod
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Sam 6 Jan 2018 - 17:34
[Une fois encore, toutes mes excuses pour ma longue absence ! Embarassed]




Le sommeil de Syla n'avait ni été calme, ni été profond, et encore moins réparateur. Toute la nuit s'était écoulée entre des rêves agités, des périodes de somnolence où il entendait le clapotis des vaguelettes sur les pilotis, et des moments de veille inquiète. Dans ses rêves, il voyait une vague énorme déferler à la lueur de la lune sur le lac, engloutir tout ce qui s'y trouvait et approcher de plus en plus de la cité lacustre. Alors il se réveillait en sursaut pour se rappeler que la réalité n'était guère plus joyeuse que ses cauchemars, à ceci près que dans les épisodes oniriques il pouvait goûter à la douce promesse de l'oubli, de la submersion totale, alors que dans ce monde il devait s’accommoder du chagrin, du déshonneur, de la honte. Puis il retombait dans une sorte de demi-sommeil, où il était incapable de dire si les bruits qu'il entendait étaient les prémices d'un nouveau rêve dans lequel il était en train de sombrer ou le murmure bien réel du lac qui se rappelait à lui, avec toutes les horreurs qui s'étaient déroulées sur sa surface sombre.

C'est donc avec un visage défait et des yeux soulignés de cernes profondes qu'il se leva. Ses cheveux en désordre complétaient le tableau.

- Oui merci, mentit-il à la femme-elfe qui lui demandait s'il avait bien dormi.

Il n'avait nullement envie d'entrer dans des discussions sur sa qualité de sommeil avec elle, et ce même s'il lui devait la vie. Au juste, il ignorait si sa remarque malheureuse d'hier au soir, par laquelle il les accusait – ou tout au moins les soupçonnaient – de pouvoir être les instigateurs des événements morbides survenus au cours des derniers mois avait réellement outragé les trois elfes. À entendre le ton enjoué sur lequel elle s'était adressée à lui, il semblait que non. Sans doute, se dit Syla, ce peuple est-il habitué aux regards méfiants des Humains. Il considéra cette attitude comme une marque de condescendance, comme si finalement, de toute leur hauteur, les divagations d'un homme égratignaient même pas la surface de leur ego.

Ce fut finalement celui qui n'avait pas voulu se changer devant eux qui donna davantage de renseignements au capitaine... Sigvald, Achas, Delaynna, tels étaient leurs noms, des noms très elfiques effectivement. Un individu à la profession inconnue, un... protecteur des bois, et une Dame de l'Eau... tiens donc, une Dame de l'Eau ! Durant sa vie il n'avait entendu que des rumeurs à leur sujet, ce nom était tantôt murmuré avec crainte, tantôt aboyé avec incrédulité... Combien de fois, lorsqu'un gros poisson avait ferré l'hameçon puis l'avait relâché, avait-il entendu vociférer un pêcheur à un autre entre deux éclats de rire moqueurs : « Ahah c'est une Dame de l'Eau qui est venue te le décrocher ! » Et parfois l'autre de répondre à mi-voix : « Rigole pas avec ces choses-là... »

La mention de la Dame de l'Eau avait presque fait passer Syla à côté de l'élément essentiel, à savoir que le trio était envoyé par Angrod pour les aider à résoudre le mystère du lac !

- Eh bien si vous y parvenez je pense qu'il neigera, lâcha-t-il de manière sarcastique. J'ignorais même qu'Angrod fût au courant de ces événements, encore que les rumeurs se propagent vite. Je vois que les frontière entre les peuples, et même l'orée des forêts ne les arrêtent pas, à moins que nos dirigeants respectifs entretiennent des relations qui vont au-delà des traités commerciaux...

Il voyait mal le Roi Gudmund de Rhovanion quémander l'aide des Elfes, mais peut-être l'urgence et le désespoir avaient-elles poussé le Comte Saule passer outre la hiérarchie. D'ailleurs, maintenant qu'il y pensait, Gudmund guerroyait au loin, là-bas dans l'Ouest...

- Très bien, fit-il en expirant longuement. Je vais vous faire la liste des événement de manière aussi froide et objective que je le peux. Depuis plusieurs mois... À vrai dire, cela a commencé lorsque ce printemps particulièrement chaud à soudainement pris le pas sur le rude hiver que nous avons connu, plusieurs navires ont disparu corps et biens sur le lac, toujours après la nuit tombée. Je me souviens bien de l'époque à laquelle a coulé le premier d'entre eux, oui, car cela coïncidait presque avec l'implantation du nouveau comptoir commercial des Orientaux, vous savez, un peu à l'Est d'ici. Après le premier naufrage, cinq autre bâtiments ont suivi, leurs équipages cruellement massacrés, leurs structures mises en pièces, leurs précieuses marchandises volatilisées. Et puis il y en a eu un autre, un septième, plus récemment. Celui-là, on dit qu'il transportait quelque chose de très précieux, mais on ignore au juste quoi... car on n'a rien retrouvé de valable. Et aucun survivant, jamais, n'est là pour nous dire ce qui s'est passé. Nous n'avons jusqu'à présent repêché que des planches de bois, des débris de voile déchirés, des cordages et des cadavres... L'appât du gain semble valoir qu'on envoie des hommes par le fond dans les eaux du lac. Plus personne n'ose naviguer à présent, et les activités qui assuraient la prospérité d'Esgaroth sont au point mort. La ville elle-même mourra bientôt, si rien n'est fait.

Syla marqua une pause, se leva et marcha jusqu'à la fenêtre. Par-dessus les toits des maisons il contempla la partie de la cité qui s'offrait à sa vue. Et au-delà, les eaux qui avaient l'air si innocemment miroitantes au clair soleil du matin.

- Le problème, c'est que rien ne vaut le fait de voir de ses propres yeux pour résoudre un mystère. Or aucun pêcheur, aucun batelier ne voudra s'aventurer sur le lac après la tombée de la nuit. Il faudrait être bien fou en effet. Ou alors disposer de quelque don qui puisse nous protéger des eaux du lac, maintenant qu'elles semblent devenues néfastes...





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Sigvald Lingwë
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Mar 16 Jan 2018 - 13:45
Sigvald écoutait avec une une curiosité non feinte et une attention toute particulière le récit de Syla. Dans son imagination fertile, il voyait les bateaux quitter le port et se faire attaquer de multiples façons, abordage, pris dans un combat près des berges, des hommes payés pour faire croire à un naufrage et partir avec les marchandises, des complots politiques typiques des hommes, des mercenaires en mission, les soldats de Rhûn cherchant à provoquer une guerre dont-ils seraient les "victimes", de riches bourgeois cherchant à faire fleurir leur commerce à travers cette crise, d'anciens membres de l'OCF, tant de possibilités... Esgaroth est l'une des cités clés menant à l'Ouest, autant pour la conquête militaire, politique que commercial.

Tellement de possibilités, aucunes réelles pistes ni preuves. De son expérience, dans ce genre de situation tout le monde est suspect. À qui profiterait une Esgaroth dont le commerce est mourant ? Et encore s'il s'agit de la bonne question à se poser. Sigvald serra les poings instinctivement, le fait de ne pas savoir l'énervait au plus au point. Le mieux restait encore de foncer dans le tas, se déguiser en marchand et braver les eaux dangereuses des attaques.

Sigvald se racla la gorge avec véhémence. Et dans un discours des plus sérieux et à la fois ironiques sur le départ, il livra ces conclusions.

- Très bien... on sait déjà que Smaug n'est pas le coupable, les attaques sont trop minutieuses. Je pense que l'on peut aussi écarter le fait qu'une bande d'orques est agi. Ce n'est que des suppositions bien sûr rien de concret. Mais capitaine Syla à qui profiterait un commerce décliant à Esgaroth ? Des soupçons chez vos citoyens qui chercheraient à acquérir une meilleure place au sein de votre socitété et à qui gagnerait une telle situation ? Sinon, des bandits plus organiser que d'autres ? Il y aussi le comptoir du Rhûn qui chercherait à provoquer un conflit, un conflit qu'Esgaroth déclencherait en les accusant d'actes de guerre ? Si c'est ça et que nous agissions, ça pourrait très mal finir pour tout le monde. Sans oublier l'hypothèse d'anciens membres de L'OCF qui continueraient dans leur coin à influencer le cours de l'histoire en cherchant à ruiner ce qu'ils peuvent. Même si j'en doute, pourquoi pas des esclavagistes ? Le "semblant" de paix ou de calme comme vous voulez à dû freiner leurs commerces et quoi de mieux que des bateaux isolés et peu armer, pour eux les hommes de l'Ouest ont beaucoup plus de valeur que ceux de l'Est. Arf...On nage à l'aveugle là !

Notre elfe marqua une pause parce qu'il prenait conscience que cette mission pourrait être une affaire banale comme le piège le plus terrible.

- Mais comme vous l'avez si bien dit, je pense que nous aurions enfin les réponses une fois sur place. La conclusion de tout cela pourrait être une simple affaire d'attaque sans but autre que le gain, tout comme il pourrait s'agir de quelques choses de bien plus gros. Sigvald fit un rapide coup d'oeil aux autres. On ne peut se fier à personne... Qu'est-ce que vous en pensez ? J'ai peut-être un plan, mais je veux vos points de vue.

Sigvald voyait cette mission comme n'importe quel mercenaire, il avait un ordre, le reste c'était à lui et ses coéquipiers de l'exécuter de la façon qui leur paraissait le mieux. Un plan sans conséquence sur le long terme et qui fonctionnerait le mieux possible quoique qu'ils affrontent. En tant que mercenaire, il était doué pour déjouer ou mettre en place une embuscade quand il savait ce qu'il avait à affronter, mais là c'était l'inconnu le plus total.
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Delaynna
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Lun 5 Mar 2018 - 18:41
Se levant de son petit lit de fortune, Delaynna alla voir l’état de ses vêtements avant de pouvoir les remettre afin de se libérer du tissu qui la rendait inconfortable. Constatent qu’ils avaient réussis à sécher durant une bonne partie de la nuit, la jeune femme sourit allant se débarrasser de ceux-ci derrière le paravent qui faisait office de salle d’eau la veille. Elle réajusta sa robe et apprécia le tissu elfique sur sa peau.

Retournant s’asseoir près du feu qu’Achas avait pris l’initiative d’allumer. Ils attendirent que l’humain raconte les événements qui avaient poussé Angrod à les faire venir ici.

« À vrai dire, cela a commencé lorsque ce printemps particulièrement chaud à soudainement pris le pas sur le rude hiver que nous avons connu, plusieurs navires ont disparu corps et biens sur le lac, toujours après la nuit tombée. Je me souviens bien de l'époque à laquelle a coulé le premier d'entre eux, oui, car cela coïncidait presque avec l'implantation du nouveau comptoir commercial des Orientaux, vous savez, un peu à l'Est d'ici. Après le premier naufrage, cinq autre bâtiments ont suivi, leurs équipages cruellement massacrés, leurs structures mises en pièces, leurs précieuses marchandises volatilisées. Et puis il y en a eu un autre, un septième, plus récemment. Celui-là, on dit qu'il transportait quelque chose de très précieux, mais on ignore au juste quoi... car on n'a rien retrouvé de valable. Et aucun survivant, jamais, n'est là pour nous dire ce qui s'est passé. Nous n'avons jusqu'à présent repêché que des planches de bois, des débris de voile déchirés, des cordages et des cadavres... L'appât du gain semble valoir qu'on envoie des hommes par le fond dans les eaux du lac. Plus personne n'ose naviguer à présent, et les activités qui assuraient la prospérité d'Esgaroth sont au point mort. La ville elle-même mourra bientôt, si rien n'est fait. »
Le récit de Syla l’intriguait beaucoup. La peur que le lac produit à chacun des habitants relevait de chose bien au-delà de ce qu’ils croyaient. Sigvald apportait des hypothèses qui semblaient bien trop banales pour cette situation qui résolvait du mystère.

« Il faudrait être bien fou en effet. Ou alors disposer de quelque don qui puisse nous protéger des eaux du lac, maintenant qu'elles semblent devenues néfastes... »

Delaynna leva les yeux vers lui, sans rien dire de plus. L’elfe se tourna vers eux pour connaître leur avis. Cependant, Del ne croyait pas à cette hypothèse. En repensant à ce lourd cauchemar qu’elle avait eu la nuit dernière, cela ne présent aucun bon présage, à son avis.

-Si, c’est le cas, je ne crois pas que le Seigneur Angrod nous a envoyé dans une mission aussi facile pour un mercenaire comme toi Sig… je n’y crois pas… Il y a quelque chose…

Oui, ce quelque chose qu’elle avait vu… Lorsqu’elle avait sauvé Syla avec Sig, elle avaist eu une vision, une vision de femme qui avait aussi succombé à la noyade…

-Autre les nombreuses disparitions de bateaux, y-a-t-il eu d’autres événements un peu semblable ? Comme par hasard, des rapports de personnes qui se sont aventurer dans l’eau pour ne plus jamais y revenir ?

Elle savait qu’en prononçant cette question, de mauvais souvenirs allaient ressurgir dans la mémoire de l’humain. Pourtant, quelque chose en lien avec cet événement semblait de plus en plus l’intriguer….

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Ryad Assad
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Sam 7 Avr 2018 - 20:25
HRP : Désolé du retard les gens, je prends la suite de notre ami Had en attendant qu'il revienne. Il est pas mal occupé avec les cours et tout, donc je me charge de faire avancer le scénar Wink.




Syla n'aimait guère les questions que lui posaient les Elfes. Non pas qu'il n'appréciât pas d'être interrogé en règle générale, puisque son travail consistait souvent à répondre aux craintes de la population, mais il y avait au sujet de cette affaire de disparitions de navires sur le lac quelque chose qui le mettait mal à l'aise. Il n'aimait pas en parler, point final. Une menace qu'il n'arrivait pas à identifier planait sur sa ville, et il était chargé de trouver une solution. Lui. Pourquoi lui ? Pourquoi fallait-il que ce se soit toujours lui ? En plus, maintenant qu'il était sur le point d'être déchu de son rang de capitaine, et d'être dépossédé du peu d'honneur qu'il avait encore à sauvegarder, que pouvait-il espérer de la vie ? A moins que ses sauveurs providentiels ne fussent la réponse à son problème… Il n'était pas malheureux de voir ces trois immortels venir lui prêter main-forte, à dire vrai, mais il aurait préféré les voir s'égayer vers d'autres horizons plutôt que de l'associer à l'enquête. Il ne voulait rien avoir à faire avec cette histoire. Il n'avait rien vu. Rien entendu.

Son devoir lui commandait tout de même de tenir son rang, et même s'il n'était pas un des serviteurs zélés du comte Saule, il estimait que l'uniforme qu'il portait avec une signification, et qu'il ne pouvait pas échapper à la charge qui pesait sur ses épaules. Il était bien content d'avoir un salaire, et il estimait être suffisamment honnête pour ne pas se défiler quand le travail l'appelait. Pourvu que le travail fût réalisable par un humain, évidemment. En l'occurrence, répondre à des questions était à sa portée, surtout qu'il avait bien conscience que les intrigues au sein de la cité d'Esgaroth devaient paraître bien lointaines à ces Elfes, qui ne s'intéressaient aux affaires humaines que dans la mesure où cela servait leurs propres objectifs. Que savaient-ils des récents troubles dans la cité lacustre ? Que connaissaient-ils des déboires de l'ancien comte Skaline, et des dissensions politiques créées par son départ ? Rien, assurément. Le mépris de Syla s'atténua lorsqu'il se rendit compte que lui-même ne connaissait rien aux difficultés des autres royaumes, et qu'il demandait à ces inconnus d'être meilleurs qu'il ne le serait jamais… ce qu'ils étaient peut-être déjà. Son sentiment se mua en une légère contrariété qui l'amena à répondre assez sèchement à ce Sigvald :

- Je ne connais pas tout ce qui se passe ici. Esgaroth est une ville importante, vous savez.

Sa provocation tomba à l'eau, et il reprit sur un ton plus mesuré :

- Cependant, pour répondre à votre question, j'ai du mal à croire que ce ne soient que des bandits… Il faudrait être particulièrement monstrueux pour s'en prendre ainsi à des innocents. Personne à Esgaroth ne pourrait être capable de faire une chose pareille…

Il hocha la tête, à peu près convaincu de ce qu'il avançait. Bien entendu, les paroles de l'Elfe avaient un fond de vérité. Il pouvait effectivement s'agir de manigances entre nobles, mais il ne connaissait pas assez les grandes familles de la ville pour savoir dans quelles affaires elles trempaient. Il ne souhaitait pas non plus accuser trop rapidement quiconque, car le coupable risquait de passer par la potence pour ses crimes. Il valait mieux ne pas pointer du doigt quelqu'un sans avoir de certitudes, au risque de condamner un innocent à mort. Syla en était là de ses réflexions lorsque l'autre Elfe, la femme, prit la parole. Cette Dame de l'Eau l'intriguait, et il ne savait trop quoi penser d'elle. La magie n'était pas son fort, comme pour la plupart des gens ici à Esgaroth, et il espérait qu'elle n'en ferait pas usage. Les Hommes pouvaient avoir des réactions très différentes face au surnaturel : la peur pouvait guider leur âme vers la violence en un rien de temps, et Syla lui-même se demandait dans quelle mesure la présence de cette jeune femme – du moins apparaissait-elle jeune, même si en réalité elle devait être bien plus âgée que lui – était bénéfique pour sa cité. Des disparitions étranges n'étaient-elles pas suffisantes ? Avaient-il en plus besoin d'un trio détonant pour venir semer la zizanie ?

Son opinion bascula subitement lorsqu'elle l'interrogea en détail, cherchant à savoir ce qu'il en était d'événements « similaires ». Il plissa les yeux pour s'assurer qu'il avait bien compris où elle voulait en venir, avant de se renfrogner subitement. Cette femme, dans son esprit, en savait bien davantage qu'il y paraissait, et elle ne posait pas cette question de manière anodine. Hésitant, mal à l'aise devant la question, l'officier déglutit péniblement en observant tour à tour les trois immortels qui attendaient sa réponse. Il ne savait comment leur dire… Il choisit la voie de la simplicité, et se fendit d'un :

- Je ne sais rien, désolé…

Cela sonnait étrangement faux dans sa bouche, mais il était difficile d'interroger l'homme plus avant. Il était épuisé, encore secoué par ce qu'il venait de traverser, et il n'était pas délicat de le soumettre à un interrogatoire en règle. Pas dans l'immédiat. Celui-ci n'était d'ailleurs pas disposé à parler davantage, car il posa la main sur son front en se plaignant d'un douloureux mal de tête qui venait soudainement de le saisir :

- Je crois que j'ai besoin de dormir… chez moi… Je… Merci… Désolé…

Ses paroles n'avaient aucune cohérence, mais de toute évidence l'homme avait à faire. Il ne pouvait pas rester là, et tout dans son attitude exprimait le désir de fuir le plus loin possible. Les trois Elfes venaient d'arriver en ville, et ils n'avaient pas l'autorité suffisante pour retenir un officier d'Esgaroth contre son gré. Malgré toutes leurs interrogations, ils n'avaient d'autre choix que de le laisser partir. Syla, conscient que sa sortie était quelque peu brutale, essaya de se faire pardonner en leur donnant quelques indications :

- Si vous voulez aider la ville, et explorer le lac, je vous recommande de vous adresser aux bateliers, à vous d'essayer de les convaincre. Mais l'or ne vous servira à rien, ils ont trop peur pour continuer à s'aventurer là-bas la nuit. Si vous voulez creuser vos autres pistes, notamment en ce qui concerne d'éventuels responsables au sein de la ville, eh bien… je vous recommande de faire preuve de prudence. Personne n'aime que l'on fouille dans ses affaires sans raison.

Sur cet avertissement énigmatique, Syla récupéra ses affaires, et se laissa raccompagner jusqu'à la porte, non sans leur adresser des encouragements qui apparaissaient sincères. Il ne voulait plus rien avoir affaire avec eux désormais, et il laissa les trois Elfes dans leur chambre, au beau milieu de la nuit, tout à leurs réflexions et à leurs interrogations. Il y avait des choses étonnantes dans l'attitude du militaire, mais il n'était pas facile de savoir s'il s'agissait du nœud du problème qu'ils devaient résoudre, ou d'une de ses conséquences.

Sitôt que l'homme eût quitté la pièce, et que le bruit de ses pas indiqua qu'il s'éloignait de leur chambre, Achas prit la parole avec la mesure qui paraissait le caractériser :

- J'ai l'impression que beaucoup de choses se trament ici. Esgaroth est une cité bien étrange… Cependant, si nous voulons avoir une chance d'accomplir notre tâche, nous devons nous concentrer sur l'essentiel. Sigvald, Delaynna, par où souhaiteriez-vous commencer ? Quelles sont vos idées ? Pour ma part, je préférerais ne pas m'aventurer sur le lac sans avoir récolté quelques informations au préalable.

Il parut hésiter un instant :

- Ce n'est pas par crainte, bien entendu. Seulement… si quelqu'un coule ces navires, il serait imprudent de se jeter dans un piège sans avoir pris la mesure de notre adversaire. Qu'en pensez-vous ?


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"Il n'y a pas pire tyrannie que celle qui se cache sous l'étendard de la Justice"

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Sigvald Lingwë
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Dim 15 Avr 2018 - 21:22


Cette mission était la sienne au départ, non celle de Delaynna et Achas. Seul il n'avait aucun doute ni peur, mais avec des personnes à ses côtés qu'il considérait sous sa « responsabilités » il laissait toujours un sillage de morts et de sang. Et c'est ce qu'il craignait, que l'un d'eux meurt par sa faute pour des choix qu'il aurait faits. Le massacre au Harad par sa faute lui pesait toujours autant sur la conscience, plus d'une cinquantaine d'âmes arrachées par sa seule décision.

Cette mission n'était pas des plus simples, trop peu d'éléments, d'informations, qui était l'ennemi ? Tandis que chacun réfléchissait plus ou moins sur la manière d'agir, notre elfe élaborait une stratégie, en changeait quand il y avait trop de risques pour finir sur une qui lui semblait logique et qui ne causerait pas trop de problèmes.

Sigvald se releva et se plaça à la fenêtre, il vit Syla disparaître au coin de rue tout en écoutant les conclusions d'Achas, puis il en tira les siennes et leur exposa sa vision de la suite. Au moins ce soir le capitaine rentrera chez lui et prendra la pleine conscience de son erreur quant à son petit saut.

- Je vous propose quelques choses, à vous de voir. Nous ne connaissons quasiment rien, juste que des bateaux disparaissent avec leurs équipages et qu'ils n'en restent que des débris pour ceux qui ont été retrouvés. J'irais voir les bateliers. Achas vous irez voir leur patrons s'ils en ont, c'est peut-être une histoire de rivalité entre bateliers. Delaynna comme vous savez trouver les mots je pensais qu'un tour aux familles des victimes serait pas mal. On récupère le plus d'informations possible, du concret en passant par les rumeurs et on se retrouve ici même au soleil couchant. Garder à l'esprit que l'identité de la menace nous restes inconnus, soyez sur vos gardes, d'un œil discret voyez si vous êtes suivis et évitez autant que vous le pouvez les ruelles. Avant de se lancer nous irons voir Syla, lui dire ce que nous allons faire et ce que lui va faire s'il l'accepte.


Notre elfe prit une grande inspiration, parce que de ces prochains mots se jouait la vie de plusieurs personnes. Enfin seulement si son plan convainquait ses deux compagnons et surtout Syla.

- Dans l'éventualité où nous n'avons pas de nouvelles pistes et où rien qui nous servent à identifier notre ennemie, nous devrons foncer aux devants du problème et se laisser piéger. Syla et ses hommes en qui il a le plus confiance devront participer. Achas avec discrétion vous dirigerez des archers sur la berge, moi, Delaynna, Syla et quelques hommes nous nous cacherons sur le navire en espérant tomber dans le piège sans trop nous éloigner des berges. C'est risquer, mais ça peut fonctionner dans l'éventualité où nous affrontons un ennemi normal. Si l'on a affaire à une créature même si j'y crois moyennement, il nous faudra des lances à bord. Mais et c'est là où je nous n'avons pas le choix... un batelier devra jouer le jeu même s'il ne devrait pas avoir à faire ça. Je sais qu'il y a beaucoup de point noir dans cette mission, c'est risqué et l'on peut échouer si nous ne découvrons rien avant, mais je ne vois pas d'autres alternatives quand au dernier recours...

Sigvald ferma les yeux en espérant de tout son cœur que ses compagnons remettent en cause son plan et trouvent une meilleure façon d'agir. Tout en serrant les poings il se remémora les visages de ceux qui étaient morts par sa faute en espérant qu'une telle chose ne se reproduise plus.

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Delaynna
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Lun 16 Avr 2018 - 5:58
-Autre les nombreuses disparitions de bateaux, y-a-t-il eu d’autres événements un peu semblable ? Comme par hasard, des rapports de personnes qui se sont aventurer dans l’eau pour ne plus jamais y revenir ?
Syla avait figé en entendant la question de la Dame de l’eau. Sa peur s’intensifia dans son regard. Elle pouvait le voir tout comme lui, savait que la jeune femme avait visé un sujet très lourd, qui portait son lot de conséquence et de douleur. En cet instant, alors que Sigvald s’élançait dans une hypothèse tout à fait militaire, Delaynna avait trouvé un point tout à fait qu’elle et ses deux compagnons avaient oubliés, le contexte familial, le sentiment d’appartenance pour leur ville.

« Je crois que j'ai besoin de dormir… chez moi… Je… Merci… Désolé… »

L’homme se leva et prit son manteau avant de quitter la chambre. Delaynna le regarda jusqu’à ce qu’il referme la porte derrière lui. La jeune femme soupira de déception. Elle avait par elle-même ouvert la porte en guise d’échappatoire à l’humain. Sigvald et Achas s’élancèrent dans le développement de nouvelles stratégies afin d’établir un plan concret. Cependant, Delaynna cloua son regard sur Sigvald lorsqu’il vint proposer la solution suivante :

« Dans l'éventualité où nous n'avons pas de nouvelles pistes et où rien qui nous servent à identifier notre ennemie, nous devrons foncer aux devants du problème et se laisser piéger. Syla et ses hommes en qui il a le plus confiance devront participer. Achas avec discrétion vous dirigerez des archers sur la berge, moi, Delaynna, Syla et quelques hommes nous nous cacherons sur le navire en espérant tomber dans le piège sans trop nous éloigner des berges. C'est risquer, mais ça peut fonctionner dans l'éventualité où nous affrontons un ennemi normal. Si l'on a affaire à une créature même si j'y crois moyennement, il nous faudra des lances à bord. Mais et c'est là où je nous n'avons pas le choix... un batelier devra jouer le jeu même s'il ne devrait pas avoir à faire ça. Je sais qu'il y a beaucoup de point noir dans cette mission, c'est risqué et l'on peut échouer si nous ne découvrons rien avant, mais je ne vois pas d'autres alternatives quant au dernier recours... »

Le silence régna entre les trois elfes. Tout comme Achas, Delaynna fusilla Sigvald du regard. Del se releva de son siège et s’avança vers ses compagnons.

-Je reconnais l’ampleur de cette mission Sig, mais je ne crois pas qu’il suffit de la rendre plus suicidaire qu’elle ne l’est présentement. Elle marqua une pause avant de rajouter ; L’hypothèse que cela soit un conflit politique demeure… mais il y a autre chose. Tu as bien vu ce qui s’est passé… Notre présence n’est pas passé inaperçue. À l’aube, la nouvelle de notre venue sera sur toutes les lèvres des habitants de cette ville.

Delaynna s’éloigna de la fenêtre pour s’approcher de la cheminée et y ajouta une autre buche qui accentua le crépitement.

-Je suis de ton avis qu’il faut commencer par chercher de l’information concernant ces événements auprès des bateliers. Nous atteindrons l’aube d’ici quelques heures, prenons le temps de bien préparer les questions que nous poserons aux marins. Ils ne verront sans doute pas de bon augure trois elfes débarqués dans leur citée et les interrogés sur ses disparitions.

Son idée était faite. Elle voulait avoir des réponses à ce qui avait poussé Syla à agir ainsi. Mais surtout, le lien qu'il avait avec la femme qu'elle avait vu en songe. Cette femme était certainement liée à lui. Chaque Scylla trouvait son Charybde. Il suffisait de trouver le lien.

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Ryad Assad
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Lun 16 Avr 2018 - 14:21
Achas avait écouté les avis de ses deux compagnons sans les interrompre. Il savait qu'ils étaient peut-être mieux placés que lui pour établir une stratégie efficace, notamment du fait de leur expérience en-dehors des bois d'Eryn Lasgalen. Le plan proposé par Sigvald était audacieux, peut-être trop d'ailleurs. Ils ignoraient tout à fait quel genre d'ennemi ils pouvaient affronter, et à trois ils pouvaient rapidement succomber face au nombre. S'il s'agissait réellement des gens de l'Est comme le pensaient certains ici, ils n'auraient aucune chance de leur échapper. On disait d'eux qu'ils descendaient en hordes innombrables pour ravager la terre, comme une nuée de criquets. La proposition de Sigvald comportait un grand nombre de risques, et une grande part d'inconnu. Le danger qu'ils devraient certainement affronter était réel, et pour l'heure ils ne pouvaient pas compter sur le soutien que le parjure espérait récolter.

Delaynna essaya de tempérer les ardeurs du guerrier, en soulignant le potentiel suicidaire de son plan. Achas hocha pesamment la tête pour appuyer la réponse de la Dame de l'Eau, qui soulignait bien les écueils potentiels d'une telle initiative. La sentinelle essaya de concilier les deux visions qui venaient d'être exprimées :

- Je rejoins Delaynna, nous ne pouvons pas précipiter les choses… et encore moins mettre en danger la vie d'un innocent sur la foi d'une simple supposition. La vie des Edain est plus fragile que la nôtre, et nous ne pouvons exiger d'eux un sacrifice que nous sommes prêts à consentir.

Achas n'avait jamais été particulièrement enclin à protéger les Hommes, et on pouvait même considérer qu'il avait une forme de doux mépris pour des créatures mortelles, effrayées et parfois pathétiques. Toutefois, il avait le cœur noble, et il savait qu'un batelier qui essayait de gagner sa vie n'était pas fait pour affronter les tourments du monde. Si combat il devait y avoir, il serait le premier à tomber, alors que les trois Elfes pouvaient toujours espérer s'en sortir. Pour autant, le guerrier n'était pas totalement opposé à l'idée d'affronter le danger de front, et il savait que dans leur situation, ils ne pouvaient pas tout simplement écarter la perspective d'une lutte inégale contre un adversaire qui les attendrait probablement. Nul ne pouvait causer un tel chaos sans s'être préparé à une réponse.

- Cependant, Delaynna, nous devons avoir conscience de nos forces autant que nos faiblesses. Là où les mortels ont échoué, nous pouvons réussir. Nous ne sommes que trois, certes, mais nous combinons des qualités que des hommes comme Syla n'auront jamais. Nous ne devons pas écarter l'option agressive, car si quelqu'un est déterminé à s'en prendre à des pêcheurs, à massacrer des innocents, nous devrons l'arrêter par la force. C'est le sens de la mission qui nous a été confiée.

Il y avait une forme de sagesse dans les paroles d'Achas, qui espérait que ses deux compagnons s'entendraient sur la forme, puisqu'il était bien évident qu'ils souhaitaient tous mettre un terme à ces attaques maléfiques. Pour l'heure, cependant, ils devaient prendre un peu de repos, et ils se rangèrent tous à l'idée de reprendre des forces pour aborder du mieux possible la journée du lendemain. Ce soir-là, lorsqu'ils s'allongèrent enfin pour délasser leurs muscles fatigués, ils ne purent réellement éloigner leurs pensées des questions que soulevait leur mission. Chacun d'entre eux avait son interprétation, ses théories, et commençait à réfléchir à une solution… Mais y avait-il un fond de vérité dans leurs suppositions ? N'étaient-ils pas en train de tomber dans le piège qu'ils cherchaient justement à éviter ?

Achas accordait du crédit à l'idée de la menace venue de l'Est – lui qui se souvenait douloureusement des exactions commises par les Rhûnedain lorsqu'ils avaient déferlé sur les Peuples Libres –, et il se préparait mentalement à rencontrer certains de leurs soldats. On disait qu'ils rôdaient dans les parages, et qu'ils poussaient leur avantage toujours plus loin vers l'Ouest. Qui pouvait dire quel était leur plan, et celui de leur reine belliqueuse ? Il le découvrirait bien assez tôt…


~ ~ ~ ~


Lorsque le soleil se leva sur Esgaroth, jetant ses rayons chaleureux sur le lac comme un millier de lances de lumière jaillies du ciel, la ville s'éveilla d'un sommeil anxieux. Les bateliers s'étaient rassemblés sur les berges, scrutant l'horizon, espérant ne pas découvrir un nouveau cadavre ou les restes d'un navire coulé. Mais il semblait ne pas y avoir eu d'attaque la nuit passée, ce qui les soulagea légèrement. Il y avait là quelques pêcheurs, plutôt courageux, qui s'étaient armés de harpons et qui envisageaient de partir travailler au cours de la journée. Ce n'était pas la meilleure solution, car le poisson mordait mieux le soir ou dans la nuit, mais ils n'avaient pas d'autre choix. Quelques hommes se moquèrent d'eux gentiment :

- C'est l'soir que les disparitions ont eu lieu, soyez pas peureux comm' ça !

- Si tu veux aller su'l' lac sans d'quoi t'défend', c'est toi qui voit. Moi j'ai pas envie d'me faire couler sans m'battre.

Quelques insultes fusèrent, mais ce n'était rien d'inhabituel chez les marins, qui se séparèrent avec des éclats de rire inquiets, et des encouragements qui ressemblaient presque à des adieux. Un premier navire partit avec à son bord une demi-douzaine de marins. C'était pratiquement cinq hommes de trop, qui prenaient l'espace du poisson. Ils ramèneraient peut-être un tonneau, mais guère davantage. Les autres bateliers se regardèrent, cherchant qui serait assez courageux pour prendre la suite et aller s'attaquer au fleuve. Personne ne bougea, et bientôt certains commencèrent à rentrer chez eux, constatant que le lac n'était toujours pas sûr. D'autres, à l'inverse, restèrent là. Certains avaient glissé des cordes sous leurs navires pour les hisser hors de l'eau, et en nettoyer la coque. Des coquillages s'y étaient collés, et le bois était endommagé par endroit. Ils travaillaient dur, à l'aide d'outils pas toujours efficaces, pour entretenir leur outil de travail, désormais inutile.

En arrivant, les trois Elfes virent qu'ils avaient l'embarras du choix quant au batelier à qui ils souhaitaient parler. Ils pouvaient choisir de se séparer, comme l'avait proposé Sigvald, afin de couvrir plus de terrain et de récolter davantage d'informations. Toutefois, s'ils restaient tous ensemble, ils pouvaient se compléter et chacun d'entre eux pourrait poser des questions auxquelles les autres n'auraient pas pensé. Aucune solution n'était véritablement à exclure, ils devaient simplement prendre une décision. Achas, qui essayait de repérer un marin susceptible de leur apporter des informations, glissa à ses compagnons :

- Sigvald, vous qui connaissez les Hommes… Lequel vous semble le plus enclin à nous parler ?

La question était naïve, mais elle trahissait le manque d'expérience de Achas. Il était une sentinelle, il n'était pas de ceux qui parlaient et qui savaient lire les émotions des gens. Son travail était simple, et ne nécessitait pas de faire preuve de subtilité. Il manquait peut-être de la finesse de Delaynna et de l'adaptabilité du parjure. Il se tourna ensuite vers la Dame de l'Eau, à laquelle il dit :

- Je ne sais pas si je serais capable de récolter beaucoup d'informations par moi-même. Je ne suis guère à l'aise avec les Edain, et je risque de les inquiéter. Si vous préférez aller interroger quelqu'un d'autre, je vous suivrai. Sigvald est un guerrier accompli, et je m'inquiète moins de le savoir seul au milieu de cette ville que vous.

Il haussa les épaules devant sa propre impuissance. Son seigneur l'avait chargé d'une mission d'escorte, et il n'avait jamais imaginé qu'il serait empêtré dans une telle enquête. Ses compétences à l'arc et à la dague seraient sans doute mise à contribution très bientôt, et il pourrait démontrer ses talents. Pour l'heure, il se sentait parfaitement inutile, et préférait se placer en retrait pour laisser ses compagnons prendre l'initiative sans les gêner.


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Sigvald Lingwë
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Jeu 19 Avr 2018 - 23:11


Sigvald était d'un tempérament protecteur, il mettait un point d'honneur à réussir ses missions, les défaites pour lui étaient vécues comme un échec personnel qui se muait parfois en soif de vengeance. S'il avait appris quelques choses en tant que mercenaire c'était bien que chaque victoire est accompagné de son lot de morts et qu'il fallait souvent faire des sacrifices pour la survie du plus grand nombre.

Notre elfe n'appréciait pas spécialement quand son amie lui lançait ce regard qui semblait dire plein de reproche « NON », alors qu'il ne faisait qu'émettre l'hypothèse d'un dernier recours. Il lui répondit d'un ton las et qui se voulait sec.

- Les Quendi ne passent jamais inaperçus de toute manière...C'est vrai que si nous ne trouvons rien, quittes à ne mettre personne en danger nous pourrions y aller tous les trois ou juste moi-même, dis comme ça cela me semble relativement moins suicidaire vous avez raison.

Sur ces belles paroles Sigvald sortit l’Étoile du célèbre hobbit Samsagace et joua avec en faisant refléter la lumière du feu sur ces pointes encore intact, histoire de se vider la tête. La vision pragmatique de la situation vue par Achas était la bienvenue. Lui aussi condamnait un futur combat, mais l'envisageait tout de même. Demain tout se jouait, il fallait identifier le type d'ennemi et cela passait par une quête d'informations auprès des bateliers... Un nouveau silence s'installait moitié-réflexion moitié-fatigue du voyage, Sigvald décida de les laisser un peu et de sortir avec une petite idée derrière la tête.

- Je reviens. Je vais prendre l'air. Vous inquiétez pas Achas je ne serais pas loin.


Notre elfe alla voir l'aubergiste et lui commanda pour le lendemain une outre de son meilleur vin, il paya et partit sur les quais regarder les étoiles avant de rejoindre ses deux compagnons.


* ~ ~ *~* ~ ~ *



Aux premières lueurs du jour, la petite troupe se préparait à partir. Lorsqu'ils quittèrent l'auberge, notre elfe récupéra sa précieuse commande et ils partirent ensemble. Sur la route les regards interrogateurs de Delaynna et Achas quant à ce nouveau « bagages » pendant sur les épaules de leur compagnon qui clapotait à mesure de ces pas, obligea tout de même Sigvald à répondre à leur muette question tout en esquissant un air enjouer et amuser.

- Vu le soleil, j'ai pensé que ça ne pouvait faire que du bien.

Là-bas, de nombreux bateaux étaient à quai voir sur les berges, seuls quelques-uns qui se comptaient sur les doigts de la main étaient partis braver les dangers du lac. Les courageux et les inconscients étaient partis, restaient les autres, tant mieux. À leur arrivée, bien que discrète, des coups-d'oeil curieux se posèrent sur eux. Un homme à l'écart scrutait le lac en ramandant frénétiquement son filet, il semblait presque apeurer, tandis qu'un groupe s'était réunie non loin pour discuter et nettoyer leurs filets, alors que d'autres entretenaient leur bateau. Loin des oreilles indiscrètes Sigvald tenta de conseiller la sentinelle sur ses doutes.

- La personne avec la tunique grise me semble tout indiquer, elle ne quitte les eaux du regard et semble inquiète. Je vous laisse décider, je vais voir juste à côté.

Sigvald quant à lui se dirigea d'un pas enjoué vers la petite troupe. Il retrouva rapidement ses marques hériter de ses siècles passés auprès des Edain. Il remonta ses manches et vérifia par deux fois si ses bandages étaient bien serrés avant d'entamer la discussion.

- Messieurs. Vous avez besoin d'aide pour les laver ? Et suivant le geste à la parole, ne laissant pas aux hommes le temps de répondre il commença à travailler sur le filet. Stupéfait et décontenancer, la plupart de dire rien durant un petit moment tout en s'interrogeant sur la venue intrigante de l'elfe. L'instant d'après quand l'un des hommes eut le courage de lui demander ce qu'il faisait là, Sigvald lui répondit d'un air détacher trop concentrer sur sa tâche, mais d'un ton tout à fait amical. Non sur le ton hautain que prennent les Noldor.

- On est là pour régler le problème qu'il y a sur le lac. Il marqua une pause, prit l'outre et bu. L'aubergiste n'avait pas menti en me disant que c'était le meilleur vin de la cité ! AH il est bon !  Il tendit l'outre à qui voulait une bonne rasade autour de lui. Vous savez ce qu'il se passe sur lac, ces histoires de bateau coulé et d'équipages disparus ?...

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Delaynna
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Hier à 6:58
Entre les deux hypothèses, Achas se faisait l’avocat du diable face aux deux autres. Certes, l’hypothèse qu’un potentiel combat, était des plus possibles. Mais Delaynna tentait de trouver la raison de ses deux compagnons de voyage afin qu’ils réalisent le côté humain de la situation à laquelle ils étaient confrontés. C’est-à-dire, le côté mortel, les gens d’Esagroth n’avaient point leur capacité et leur métabolisme et surtout, la même structure émotionnelle qu’eux.

«Nous ne sommes que trois, certes, mais nous combinons des qualités que des hommes comme Syla n'auront jamais. Nous ne devons pas écarter l'option agressive, car si quelqu'un est déterminé à s'en prendre à des pêcheurs, à massacrer des innocents, nous devrons l'arrêter par la force. C'est le sens de la mission qui nous a été confiée.»

Suite aux paroles de l’archer, la jeune femme n’en rajouta point. Elle se contenta de croiser ses bras contre sa poitrine. Soudain, Sig décida de se lever et brisa le silence en annonçant qu’il quittait la chambre pour aller prendre l’air. La Dame de l’Eau n’adressa point de commentaire suite à la sortie précipitée de son compagnon. Cependant, Achas et elle se lancèrent un regard interrogateur. Ce dernier suggéra le repos pour la journée qui les attendait. Del eut un léger sourire en coin suite à sa suggestion.

-Oui, tâchons de dormir.

Alors que son compagnon s’enveloppa sous les couvertures et que sa respiration devint profonde, Del comprit qu’il s’était vite endormir. Cependant ce ne fut pas le cas de la jeune femme. Laynna se releva de son lit et s’approcha de la fenêtre qui donnait accès au lac. Effrayée de retomber dans un sommeil rêveur, Del posa son regard sur la noirceur du lac, pourtant qui l’appelait. Elle se sentait attirer par celui-ci. Son cauchemar qu’elle avait fait lorsqu’elle s’était endormie quelques instants avant, l’effrayait encore plus, tout comme l’image qu’elle avait eu en sauvant Syla. C’était un détail qui lui semblait si important, d’où le pourquoi il avait trouvé cet échappatoire lorsqu’elle avait posé cette question, quelques instants plutôt.

Sig revient quelques instants plus tard, Del l’entendit entrer dans la chambre, mais ne lui adressa point la parole. Se contentant de se bercer par l’effet de l’eau qui tentait de l’appeler pour qu’elle s’y joigne.

***

Aux premières lueurs, le trio quittèrent l’auberge et se rendirent aux quais afin de discuter auprès des matelots qui s’y trouvaient. Il y avait un nombre assez suffisant pour obtenir des détails concernant les enlèvements. Sigvald se sentait très à l’aise, initia le premier contact auprès d’eux en offrant son aide. Achas et la jeune femme demeurèrent en retrait et observèrent leur compagnon. Remarquant que Del n'était que la seule femme présente sur les quais, le protecteur des bois s’approcha d’elle pour lui murmurer :

« Je ne sais pas si je serais capable de récolter beaucoup d'informations par moi-même. Je ne suis guère à l'aise avec les Edain, et je risque de les inquiéter. Si vous préférez aller interroger quelqu'un d'autre, je vous suivrai. Sigvald est un guerrier accompli, et je m'inquiète moins de le savoir seul au milieu de cette ville que vous. »

C’est en fronçant légèrement les sourcils que Delaynna se retourna vers son compagnon avec un léger sourire en coin, bienveillant. Il y avait quelques semaines encore, Achas avait tenté de l’intimider et essayer qu’elle se jette à l’eau de la Rivière Enchantée en croyant qu’elle n’était pas une. C’est dans un léger rire joyeux, Delaynna observa son compagnon, avec un visage légèrement moquer et ajouta;

-C’est très aimable de votre part Achas, il me semble que l’époque où vous avez essayé de m’intimider pour que je puisse me glisser dans la Rivière Enchantée remonte à très loin…

Elle marqua une pause et reprit son sérieux.

-Par contre, il doit bien y avoir des registres où chaque entrées et sorties sont notés. Il serait fortement intéressant d’aller consulter ses registres, mais je ne crois pas qu’ils nous laisseront y avoir accès. Et puis, il doit y avoir la milice de la ville qui a déjà dû commencer des recherches sur ses étranges disparitions et avoir laisser des traces… Je peux croire que cela peut demeurer tabou auprès de la population de la ville, mais ils ont dû laisser certaines traces, comme lorsque les événements ont commencé…

Et puis, Syla vint à son esprit. Lui aussi connaissait des choses, bien plus qu’il ne semblait paraître. Elle jeta un regard en direction de Sig ainsi qu’à Achas.

-Et puis…

Elle regarda autour d’elle afin de voir s’ils n’étaient pas épiés par les passants. L'un des marins osa examiner la jeune femme

-Notre compagnon que nous avons sauvé cette nuit ne nous a pas tout dit, je le sais parce que je l’ai vu. Celui-ci est impliqué émotionnellement par ce qui s’est produit sur ce lac. Nous devons essayer de le retrouver, je dois essayer de savoir ce qui s’est passé
, fit-elle en saisissant le bras d’Achas afin qu’ils s’éloignent des quais.

Delaynna initia la marche alors que son compagnon l'accompagna. Ils quittèrent les quais afin de se rendre vers la place publique. Elle sera en mesure de rencontrer des gens qui connaissent le soldat qu'elle avait sauver de la noyade avec Sig la veille. Ils attirèrent les regards des passants curieux. Beaucoup d'enfants circulaient entre eux, travaillaient ou jouaient pour le bon plaisir, ignorant peut-être les grands tracas de cette ville encore...

Des soldats attirèrent l'attention de la jeune femme. En s'approchant d'eux, Delaynna fut prise par surprise en voyant certaines femmes revenir avec des lanternes fraîchement éteintes. Des femmes dont leur visage étaient mouillés par les larmes qu'elles avaient versés au courant de la nuit, espérant le retour de leur époux, de le frère ou de leur père.

-C'est les veuves du Lac, indiqua une vieille voix derrière eux. Ils firent chacun volte face et découvrir la vieille dame dont le visage recouvert de rides trahissaient son âge ainsi que l'expérience qu'elle avait dans cette simple vie de mortelle.

-Je vous demande pardon ?

La vieille dame se pencha vers eux et présenta sa bouche édentée.

-Elles vont sul'quai pour allumer ces lanternes, y disent qu'elles font dla magie, vous croyez ça vous autre ? Pour effrayer les Dames de l'eau, ces foutus sirènes qui volent leur maris.

En jetant un regard dans sa direction, Achas émit un petit sourire que Del perçut du coin de l’œil.

-Oh ! Ma petite dame, venez vous installez icitte pour que je vous lise votre avenir ! Vous m'avez l'air d'une bonne porteuse, votre mari va en avoir de besoin ! fit la vieille dame en pointant du doigt Achas.

Le malaise s'installa entre les deux individus.

-C'est bien gentil de votre part, mais je crois que nous allons y aller... dit la jeune femme en faisant signe à son compagnon pour s'éloigner et aller parler à l'une des femmes portant des lanternes.

-Vous essayez ça fonctionne pas! J'ai des remèdes pour vous !!! Sont super efficaces ! Après mon 7ième, j'en ai pu eu de besoin ! cria la vieille dame à leur adresse.

Les deux individus s'approchèrent de l'une d'entre elles qui s'était arrêté près d'un commerce. Delaynna se glissa près d'elle et observa les marchandises que le vendeur vendait. La demoiselle qu'elle regardait acheta un pain et s'éloigna pour ensuite échapper la lanterne par terre. Par chance, celle-ci ne se brisa point. La Dame de l'eau fut plus rapide et la rattrapa. Le regard de la jeune femme en disait beaucoup sur la gratitude qu'elle avait face à la jeune femme.

-C'est une lanterne très robuste, ma foi.
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Ryad Assad
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Hier à 18:25
Achas était perplexe.

Il avait observé attentivement Delaynna et Sigvald, et il ne pouvait toujours pas comprendre comment ces deux-là avaient pu s'associer dans ce qui lui paraissait une coopération contre nature. Une Dame de l'Eau pacifique, déterminée à utiliser son intellect avant ses muscles, qui cherchait constamment à retenir les élans guerriers d'un renégat asservi aux pouvoirs de Morgoth, davantage tête brûlée que cerveau réfléchi. Les dissensions entre eux étaient permanentes, tant leurs personnalités s'opposaient. Ils n'avaient ni la même façon d'approcher les problèmes, ni la même façon de les résoudre. La première était prudente, le second affreusement téméraire. Leurs visions du monde différaient, et les conflits entre eux étaient parfaitement inévitables. Surtout que Delaynna se comportait de manière très maternelle avec un Sigvald farouchement indépendant. Leur relation risquait de faire des étincelles, et Achas espérait sincèrement que cela ne compromettrait pas leur mission. Il se méfiait encore beaucoup du parjure, et il ignorait si les provocations de la Dame de l'Eau pouvaient réveiller ses sentiments les plus violents. Un individu capable de se vendre aux puissances maléfiques pouvait-il réellement revenir d'un tel voyage ? Angrod semblait le penser, mais la sentinelle préférait faire preuve de prudence et faire confiance à ce qu'il voyait.

Les mots n'avaient aucune valeur aux yeux de l'archer. Seuls les actes permettaient de juger du cœur d'un Elfe.

La journée du lendemain apporta une brève accalmie entre les deux compagnons de route légèrement froissés l'un par l'autre. Achas, entre eux deux, s'efforçait de ne pencher dans aucun camp. Il n'était pas là pour défendre les intérêts de Delaynna ou du renégat, et il se contentait de les regarder s'opposer, ce qui confortait ses idées pré-conçues les concernant. Il y avait chez lui une pointe de satisfaction à les voir incapables de travailler ensemble, qu'il balaya bien rapidement devant les impératifs de leur mission. Angrod ne l'avait pas envoyé ici pour s'amuser des échecs qu'ils pouvaient rencontrer, mais pour s'assurer qu'ils parviendraient à aider Esgaroth. La ville avait besoin d'eux pour affronter cette menace encore inconnue, et il devait se focaliser sur cet élément avant tout.

Sigvald semblait avoir une idée assez précise de la façon dont il allait aborder leurs interrogatoires, et il paraissait parfaitement détendu. Il y avait chez lui quelque chose de dérangeant, et Achas finit par mettre le doigt dessus. Cet Elfe avait passé tant de temps chez les humains qu'il s'était laissé influencer par leur insouciance permanente. Il n'avait aucune notion de retenue, de distance, et de cette hauteur que les Premiers Nés prenaient habituellement pour faire face au monde. Au contraire, il était direct, s'armait d'une franchise parfois déstabilisante, et il rompait toutes les barrières entre lui et son interlocuteur. Pour Achas, c'était là l'attitude d'un enfant des rues n'ayant jamais appris les bonnes manières, d'un esprit irrévérencieux et indomptable… un esprit dangereux. Il n'aimait pas cette attitude désinvolte, mais il fut bien contraint de constater que cette approche était susceptible de leur donner quelques résultats.

En s'approchant des pêcheurs, Sigvald avait réussi à s'introduire dans leur cercle sans se faire prier, étonnant tout le monde par la simplicité de son comportement. Il y eut d'abord un long silence, et des regards échangés parmi les hommes. Un Elfe ? A Esgaroth ? Travaillant auprès des simples pêcheurs qu'ils étaient ? C'était là une vision à nulle autre pareille ! Les immortels qui venaient dans la cité lacustre se rendaient habituellement au castel du comte, ou bien s'entretenaient avec les Ménestrels. Ils ne s'attardaient jamais auprès du petit peuple, qui en retour se méfiait beaucoup de ces créatures mystérieuses. On disait que les gens de Vertbois étaient des ensorceleurs dont les intentions n'étaient pas claires, et si on appréciait la présence de ces voisins qui payaient cher le bon vin venu de l'Est lointain, on se méfiait de leur arrivée en ville. Cela n'annonçait jamais rien de bon. Mais Sigvald ne ressemblait pas à ces Elfes éthérés et intouchables qui circulaient comme des spectres au milieu des rues. Il leur parlait à eux, hommes simples, et il sut trouver à les faire parler en leur offrant une outre de bon vin. Un des pêcheurs les plus âgés s'empara de l'outre, comme s'il voulait vérifier par lui-même que ses compagnons les plus jeunes pouvaient y goûter.

- Le meilleur vin d'la cité ? Ha, il est bon, mais vous z'avez pas encore goûté celui d'mon cousin Petrus. Un tout bon c'ui là !

Il eut un rire sec qui agita ses épaules maigres, et fit passer l'outre aux plus jeunes. De toute évidence, il était d'humeur loquace, et il était désireux de partager ce qu'il savait avec une personne qui disait vouloir aider.

- Alors comme ça vous êtes là à cause du lac, hein ? Bon sang de bois, c'est qu'y a de drôles de choses qui s'passent. Des bateaux qui s'font attaquer, des gens qui r'viennent jamais. Voyez, nous on a que l'lac pour vivre. On n'a pas…

Il fit un geste évasif de la main en direction d'un couple qui passait là. Ils étaient richement habillés, et appartenaient sans doute à la bonne société d'Esgaroth. Des gens qui avaient les ressources pour se retourner, et qui ne seraient pas les premiers à souffrir de la situation. Leurs assiettes seraient toujours bien garnies. Le vieil homme reprit :

- On n'est pas ces gens là, voyez… Si j'pouvais, j'irais voir l'comte moi-même. J'irais lui tirer les oreilles, et lui dire… lui dire… J'lui dirais « m'sieur le comte, avec tout l'respect que j'vous dois, vous êtes un gros imbécile ! Le lac s'fait attaquer par des magiciens de j'sais pas quoi, et vous… vous voulez pas envoyer vos gens d'armes ». J'lui dirais ça, ouais.

Son rire résonna de nouveau. Quelques hommes autour eurent des sourires narquois. De toute évidence, ils partageaient le même désamour pour le pouvoir du comte, qui ne faisait rien pour les aider véritablement. Un des pêcheurs, qui n'était pas tout à fait d'accord avec le premier, intervint dans la conversation :

- Bah, des magiciens… comme si ça existait ! Nan m'sieur l'Elfe, c'est pas des magiciens qui font tout ça. C'sont les gens de l'Est, faut pas chercher plus loin. J'connais un type qu'habite à Dale. I' paraîtrait que le Roi a envoyé un paquet de soldats pour pas qu'les Orientaux attaquent sa ville. Vous croyez qu'le comte a les moyens d'faire la même chose ? Sûr que non ! Alors i' nous attaquent nous. Bah oui ! J'sais pas comment qu'i' font, mais j'sais pourquoi. I' veulent nous envahir. M'sieur l'Elfe, voyez vous-même. Esgaroth c't'une belle ville, y a du travail et de belles choses. Les Orientaux i' z'ont pas tout ça, alors i' sont jaloux.

Il donna une claque sonore sur sa cuisse :

- Mais c'est que j'vais pas les laisser faire, moi ! J'suis pt'êt' que pêcheur, mais j'sais botter des culs, et j'en botterai tant qu'i' faudra jusqu'à c'qu'i s'rentrent chez eux. Qu'i' viennent donc ! On sait r'cevoir ici !

Sa tirade enflammée rencontra l'approbation d'une partie substantielle des hommes qui s'étaient rassemblés, attirés par la discussion. La fierté des gens du lac était grande, et ils savaient que leur cité avait connu plusieurs tourments au cours de l'histoire. Récemment, des bandits avaient ravagé le commerce à Esgaroth, et chacun avait pris conscience que devant l'absence des pouvoirs publics – le comte Skaline, à l'époque – il était nécessaire de s'armer, et de savoir se défendre. Les nobles protégeaient avant tout leurs intérêts, et après la menace terrible de l'Ordre de la Couronne de Fer, le Rude Hiver et les tourments qu'il avait apportés, le peuple d'Esgaroth craignait qu'une nouvelle plaie ne vînt s'abattre sur leur ville en la personne des redoutés Orientaux. Le vieux pêcheur n'était pas convaincu, toutefois, et il haussa les épaules :

- Bah, et comment t'expliques c'te drôle de brume alors ? C'est pas de la magie, ça ?


~ ~ ~ ~


Pendant que Sigvald prenait contact avec les pêcheurs d'Esgaroth, attirant autour de lui un groupe de plus en plus important qui venait tendre l'oreille et écouter, les deux autres Elfes s'éloignèrent légèrement, prenant le parti d'aller mener leur enquête ailleurs pour multiplier leurs chances d'apprendre quelque chose d'intéressant. Les bateliers étaient loquaces, mais rien ne pouvait garantir que leurs racontars avaient un fond de vérité. Ces gens étaient superstitieux, craintifs et, du point de vue d'Achas, pas particulièrement fiables. Le guerrier plissa les yeux en entendant la remarque moqueuse de Delaynna, et répondit sèchement, comme si sa fierté avait été atteinte :

- Je ne suis peut-être qu'un simple Elfe, je ne parle pas aux eaux des lacs et des rivières, mais j'aime mon royaume. Chacun d'entre nous protège ce en quoi il croit avec ses armes.

Il leva le menton, sans cacher qu'il était légèrement offusqué. Il n'était pas fier de cet épisode. Il avait essayé de jouer un mauvais tour à Delaynna, en la poussant face à un danger mortel, et il s'était fait moucher en découvrant par la même occasion les facultés incroyables de la Dame de l'Eau. Depuis lors, il n'avait pas été capable de se défaire d'un sentiment douloureux, cuisant, désagréable. Il était un Elfe, il était un des Premiers Nés, et le reste d'Arda le contemplait avec admiration et respect. Il marchait sur cette terre avec la conscience aiguë d'avoir un rôle à y jouer : celui de témoin des événements du monde, gardien de la mémoire de la Terre du Milieu face à ces races mortelles qui croissaient et déclinaient comme le blé dans les champs. Delaynna l'avait curieusement renvoyé à une forme d'infériorité, et il se sentait parfaitement impuissant face à elle. Naturellement, les Dames de l'Eau n'étaient pas des sorcières comme les humains les concevaient, et si elles pouvaient invoquer les eaux à leur secours, guérir et protéger, elles n'étaient pas des combattantes et ne pouvaient pas être qualifiées d'invincibles. Il le savait. Mais il savait aussi que face à cette femme qui respirait la confiance, son arc était une arme bien dérisoire. Il avait confiance dans la force de son bras, mais si elle avait menti à son seigneur Angrod… si elle était en réalité de mèche avec ce parjure… que pourrait-il faire pour l'arrêter ?

Delaynna lui avait rappelé malicieusement qu'en dépit de sa nature elfique, Achas n'était qu'un « petit », un Elfe insignifiant. Un de ces innombrables anonymes dont était faite l'histoire. Cette blessure le tiraillait bien plus qu'il voulait l'admettre, et il détourna le regard pour ne pas laisser à la Dame de l'Eau la possibilité de voir dans ses yeux la profondeur de son désarroi. Il fut tout heureux de la voir reprendre le chemin du sérieux et de l'efficacité. Il rebondit sans attendre sur sa proposition d'étudier les registres à l'entrée de la ville :

- Nous-mêmes n'avons pas signé de registre en arrivant à Esgaroth, mais il est probable qu'ils répertorient les navires. J'ignore si la consultation de ces registres est publique ou non, mais avec l'aide de Syla, nous pourrions peut-être obtenir ces informations. J'ignore ce que nous pourrions y trouver, mais en l'absence de piste probante pour le moment, nous ne perdrions rien à nous y intéresser.

La femme semblait particulièrement intéressée par le cas de Syla, et elle suivit les pensées de Achas qui doutait également de la sincérité du militaire. Il y avait quelque chose qu'il se refusait à leur dire, mais il n'était pas certain que cela avait un rapport avec leur affaire.

- Je suis d'accord, fit-il. Syla nous dissimule des choses. Mais qu'espérez-vous obtenir de lui en l'interrogeant davantage ? Vous pensez qu'il a quelque chose à voir avec les disparitions de navires ? Ou qu'il connaît la personne qui en est responsable ?

Achas avait du mal à y croire. Son intuition n'était peut-être pas particulièrement affûtée, mais il n'imaginait pas l'homme qu'ils avaient repêché capable de tuer quelqu'un de sang-froid. Il avait le regard perdu, comme celui d'un guerrier hanté par la première vie qu'il avait fauchée. Il ne correspondait pas au profil… Syla ne paraissait pas capable de s'en prendre à un navire rempli d'innocents, de les massacrer et de les faire disparaître simplement pour l'appât du gain. L'archer n'était pourtant pas tout à fait sûr de lui. Il ne connaissait pas bien les Hommes, et il se fiait uniquement à son instinct. Il espérait sincèrement ne pas se tromper…

Ce fut alors qu'ils firent une drôle de rencontre. Une vieille femme un peu étrange, qui prit sur elle de leur expliquer la nature du cortège funèbre qu'ils venaient de voir. Des veuves, des orphelines, des sœurs endeuillées qui transportaient des lanternes. Cela ne ressemblait pas à une coutume locale fortement ancrée dans la cité, à en juger par les regards étonnés de certains autres passants, mais plutôt à une forme de réponse à la menace du lac. La menace des « Dames de l'Eau ». Achas ne put retenir un sourire amusé, qui trahissait aussi en partie son inquiétude. Ils devraient se révéler beaucoup plus prudents concernant leur identité et leurs talents cachés, s'ils ne voulaient pas s'aliéner la population d'Esgaroth. Ils comprirent rapidement que la femme cherchait à leur extorquer quelques pièces pour des remèdes dont ils n'avaient nullement besoin. Achas haussa un sourcil devant ses insinuations. Lui et elle ? Mariés ? L'idée lui parut tellement ridicule qu'il haussa les épaules. Une femme telle que Delaynna n'était pas du même rang, et elle n'avait aucune affaire à entretenir avec une simple sentinelle. Cela aurait été aussi incongru que de voir une princesse s'abaisser à épouser un vulgaire soldat.

Achas sut gré à Delaynna de ne pas revenir sur la conversation et de ne pas accentuer le malaise que la vieille femme avait instauré entre eux. Au lieu de quoi, elle s'éloigna vers une des veuves en espérant pouvoir l'interroger. Ce n'était peut-être pas le meilleur moment, mais une femme parlant à une autre femme pouvait peut-être obtenir des résultats, et le deuil était un moment où les gens s'ouvraient plus facilement. L'éplorée était encore secouée par la disparition de son époux, et elle laissa tomber la lanterne qu'elle tenait contre elle dans un moment de fébrilité. Son regard s'illumina quand elle vit que la silhouette gracieuse qui venait de l'aider à la récupérer était en réalité une Elfe.

- Ciel… Souffla-t-elle.

Elle fut prise d'une grande honte tout à coup. Son visage blême et les sillons creusés par les larmes le long de ses joues lui donnaient envie de cacher son visage. Elle se sentait écrasée par la beauté éthérée de ces deux immortels qui la regardaient, et qui penchaient sur son existence misérable un regard plein de bonté et de compassion. Pourquoi elle ? La question posée par la femme elfe la laissa totalement pantoise, et elle ne put que répondre maladroitement :

- Ou-oui… Robuste…

Elle bafouillait comme une enfant émerveillée. Pendant un temps elle oublia son deuil, subjuguée par cette vision surgie de ses rêves les plus fous.

- C'est pour le lac, fit-elle. Pour chasser les sirènes.

De toute évidence, elle se contentait de répéter ce qu'elle avait entendu dire. Elle ignorait tout bonnement ce qui avait tué son mari, et elle se raccrochait à ce que l'on pouvait raconter ici ou là, en espérant que cela changerait quelque chose.

- Vous croyez que cela va aider ? Demanda-t-elle au bord des larmes. Vous pensez que cela va nous protéger ?


Membre des Orange Brothers aka The Bad Cop

"Il n'y a pas pire tyrannie que celle qui se cache sous l'étendard de la Justice"

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