Une mission qui ne tombera pas à l'eau

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Sigvald Lingwë
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Lun 26 Juin 2017 - 21:36


Esgaroth, j'y serais bientôt...

J'avais beaucoup entendu parler de cette ville sur l'eau.  Le talent de de la guilde des ménestrels d'Esgaroth et son renom m'étaient parvenus jusqu'aux oreilles un soir banal dans une taverne banale, mais les louanges sur leur art avaient toujours éveillé ma curiosité. Sans oublier le talent certain de leurs peintres, dont on dit qu'il n'y a pas mieux en Arda pour capturer et représenter l'essence même de la nature dont nous fîmes cadeau jadis les dieux. Même si pour moi la partie sur les "dieux" n'est qu'une excuse pour s'agenouiller et déclarer publiquement notre faiblesse à une chose que l'on considère supérieur.

Avant de prendre congé, Angrod demanda à Delaynna si elle souhaitait que Achas l'accompagne...nous accompagne. Elle hésita, me jeta un regard furtif, elle lut mon approbation qui dû la conforter dans la sienne et elle accepta. La sentinelle Achas faisait partie du voyage, même si au début son air hautain et le fait qu'il ne pouvait dominer ses rancœurs à mon égard et qu'il avait tous les atouts pour être quelqu'un de détestable ; au fur et à mesure j'avais fini par le trouver attachant. Rien que le fait de lui lancer des petits pics de tant à autres me comblait de joie. Je ne voyais que trois hypothèses quant à ce que Angrod lui intimes subtilement de le prendre avec nous, d'un pour nous surveiller moi et Delaynna, de deux me tuer en quand de "dérapage" ou manquement de la parole que j'avais donné et trois nous apporter un soutien à distance grâce à son arc.

L'entrevue avec mes parents terminée, l'on m'envoya aux armureries où l'on me répara rapidement ma cotte de mailles d'argent. Angrod avait tenu sa parole et m'autorisa à prendre une armure, ni celle d'un garde ni celle d'un soldat, mais d'ancienne armure qui se trouvait dans un sous-sol sec et poussiéreux. Des armures vestiges d'un autre âge, à l'instar des Noldor, nous les Nandor n'étions pas de très bon forgeron jadis, c'est l'arrivée des Sindar qui fit basculer la tendance. L'ensemble d'armures- un plastron favorisant la protection des organes vitaux, un jeu d'épaulières, ceinture et gants usés fait d'entrelacs d'un cuir sombre. Le métal composant ce nouvel équipement est d'un mélange d'acier et d'argent d'un léger reflet vert un peu patiné. Bien que les elfes armés de Vertbois portent aujourd'hui des armures plus lourdes et de meilleure qualité, celle-ci me suffisait amplement, une liberté de mouvement plus qu'acceptable et un minimum de protection. Je passerais sûrement pour un elfe sylvain qui ait loupé de nombreux siècles quant à la façon de s'équiper pour un combat, mais l'avis des autres ne m'importait aucunement. Je m'équipais alors rapidement, ceinturant avec joie cette nouvelle lame "Elenrùth", cadeau et prêt du Seigneur Angrod.


* ~ ~ *~* ~ ~ *


L'on m'avait confié une mission, je demandai à mes compagnons de se préparer et de nous retrouver plus tard devant le pont du Palais avant de partir en direction de la cité du royaume de Dale. La Dame de l'Eau était arrivée la première, je ne savais pas où elle était allé, surement se promener dans les environs du palais près de la rivière. Quand Achas arriva nous partîmes, il me semble qu'il était avec sa famille... Le soleil montrait des signes de faiblesse à travers l'épais feuillage des arbres, nous perdîmes de vue le palais rapidement et quelques instants plus tard le soleil se couchait.

Nous fîmes une pause afin de nous reposer et ce juste avant de quitter le bois. Achas pris le tour de garde, jouant son rôle de sentinelle, mais il ne put s'empêcher de s'appuyer contre un arbre et fermer les yeux. La seule réelle menace ici, c'était nous et il le savait. Quand l'aurore vint nous reprîmes la route, et tout en marchant sous les râlements étouffés de Achas, Delaynna et moi faisions quelques passes d'armes histoire de réveiller les rouages du combat pour la mission à venir. Sa façon de combattre était un peu trop formelle à mon goût, la mienne était tout l'inverse, posture, façon d'attaquer, coup bas...

Puis, enfin le grand pont et les tumultes d'une ville humaine, Esgaroth !

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Delaynna
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Mar 27 Juin 2017 - 16:18
Désirant laisser son ami seul avec sa famille, Delaynna quitta à son tour les lieux du procès. Elle disparut telle la brume matinale qui se dissipait sous les puissants rayons du soleil. Esgaroth, voilà un long voyage qui les attendait.
Voilà un endroit qu’elle n’avait pas eu la chance de visiter. Selon les cartes et les dires qu’elle avait entendus par les blessés qu’elle avait soignés, Delaynna avait entendu dire qu’elle se situait en plein milieu du long lac.

Le seigneur des grands bois lui demanda si elle désirait la compagnie d’Achas durant ce long trajet. En ne voulant point opposé le seigneur, elle accepta l’offre qu’il lui fit. Elle sentait que Sigvald serait en désaccord, mais pour le bien de la cause, Delaynna ne refusa point celle-ci.

On lui offrit la possibilité de prendre de nouveaux vêtements pour ce nouveau périple. Delaynna déclina l’offre en décidant qu’elle garderait l’uniforme des Dames de l’eau et qu’il nécessitait quelques réparations. On accepta sa demande sans mauvaise foi.

Sigvald demanda à Delaynna ainsi qu’à Achas de se retrouver quelques heures plus tard afin de partir devant le pont du palais. Avant l’heure fatidique, Delaynna s’éclipsa dans la cité. Elle découvrit de nouveau les odeurs, les couleurs ainsi que les occupants de la ville de Vertbois. Passant sa lourde cape par-dessus sa robe bleue, qui identifiait parfaitement son rang, connu par tous les elfes en Terre du Milieu. Sans la surveillance des gardes qu’Angrod avait mis à sa disposition, Delaynna se sentie beaucoup mieux. L’idée d’être constamment épié du regard pour tous les faits et gestes qu’elle fait la rendait terriblement mal à l’aise. Passant dans les rues en croisant les passants qui parfois lui décrochaient un sourire.

Retournant au palais, on lui annonça que son costume était fin prêt. Une couturière lui apportait ses habits de voyage. Elle la remercia d’un sourire et alla se préparer. Elle s’éloigna en se dirigeant vers une source d’eau pour s’y ressourcer pour une dernière fois avant le long voyage. Se débarrassant des voiles qui concevaient sa robe, elle s’enfonça sous l’eau pour y gagner toute son énergie.

Lorsqu’elle retrouva la surface, Del prit une bonne bouffé d’air. Son corps était régénéré de toute son énergie vitale. En se rhabillant, elle enfila ses accoutrement de voyage pour ensuite se rendre jusqu’au lieu de rendez-vous. Elle arriva la première au pont, et fut suivie de Sigvald et par la suite, Achas. En levant les yeux vers le palais une dernière fois, elle aperçut une chevelure d’ébène disparaître dans l’ombre d’une alcôve.

Les compagnons se mirent en route en s’enfonçant dans la forêt. Ils ne prirent qu’une pause à la nuit tombée avant de reprendre la route à la fin des bois. L’ambiance entre les individus était plutôt nuancée. L’amertume qu’éprouvait Achas envers Sigvald et réciproquement se sentait entre eux. Elle et lui était les fous de l’histoire. Afin de rendre l’atmosphère plus détendue, Sigvald invita la Dame de l’eau dans un duel amical. Étant entraînée pour les combats, la jeune Dame avait son propre style formel, signé des Galadhrims. Pourtant, cela ne semblait point convaincre Achas. En entendant ses râlements, Delaynna se retourna gracieusement face à lui et pointa son épée face à lui.

-Vous semblez vous ennuyé Achas, peut-être voudriez-vous m’apprendre votre propre style de combat, je crois être un peu rouillée.

Avec un sourire en coin, elle attendit qu’il accepte l’invitation lancée. Ce n'était point une provocation de sa part, mais plutôt une simple invitation à l'apprentissage.
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Hadhod Croix-de-Fer
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Sam 1 Juil 2017 - 20:33
Le soleil de la fin d'après-midi illuminait de ses rayons obliques la surface du Long Lac, faisant miroiter sa lumière sur les milliers de petites vaguelettes qui ridaient l'étendue d'eau la plus célèbre du monde septentrional, tout au moins de ce côté-ci des Monts Brumeux. Il y avait bien, loin dans les terres de l'Ouest, un autre grand lac qui bordait la capitale du royaume d'Arnor mais, bien que celui d'Esgaroth fût moins large que son homologue d'au-delà des montagnes, il restait un symbole d'une puissance que l'autre n'atteindrait jamais. Car là où l'un avait une histoire aussi terrible que mouvementée, avec ses légendes, ses batailles, son folklore véhiculé par les bateliers et les pêcheurs, l'autre n'était qu'une curiosité du paysage, un ornement pour le seul plaisir des yeux. Dans l'un, il se racontait que les ossements et une partie du trésor du grand dragon de jadis s'y trouvaient, reposant sur le fond vaseux que nulle lumière n'éclairait jamais. Dans l'autre, on ne trouvait rien de plus exceptionnel que des tanches et des ombles. C'est en tout cas ce que disaient les gens d'ici, et en particulier ceux qui regrettaient que la princesse Dinael de Dale se soit exilée au pays de Tar-Aldarion ; on l'appelait à présent Reine des Deux Lacs, mais en réalité elle était toujours celle d'un seul lac, seulement ce n'était plus du même dont il s'agissait. Et puis, on parlait toujours d'Annúminas et du lac qui s'étendait à son pied, tandis qu'ici on parlait du Long Lac et de la ville qui était construite sur ses eaux ; et cela voulait tout dire.

Bien qu'on eût passé depuis longtemps les heures les plus torrides de cette journée d'été, les trois elfes pâtirent de la chaleur et de la pénible lourdeur de l'air. Ils avaient voyagé jusqu'alors sous le couvert rafraîchissant de la canopée et ce brusque changement d'atmosphère fit suer leurs corps comme un morceau de glace qui se transforme en eau sous l'assaut du rayonnement de l'astre du jour. Peut-être était-ce pour cette raison que Sigvald et Delaynna s'adonnèrent à quelques passes d'armes, afin de profiter quelques instants de plus de l'ombre des derniers arbres de la lisière orientale...

- Disons que vous avez d'autres pouvoirs que ceux des armes, chacun ses forces et ses faiblesses. Mais quand on a à défendre sa forêt un jour après l'autre et qu'on n'a pas la chance de faire sortir les ruisseaux de leurs lits, eh bien on se tourne vers des arts plus terre-à-terre, les arts de la lame et de la flèche.

Achas n'arrivait toujours pas à déterminer si la Dame de l'Eau lui avait fait sa remarque pour lui reprocher son attitude un peu bougonne et taciturne, ou bien si elle souhaitait sincèrement apprendre à mieux se battre en duel, à se dérouiller, comme elle l'aurait dit. C'est vrai, il n'était pas d'une joie exceptionnelle depuis qu'ils avaient quitté le palais d'Angrod, et il montrait rapidement des signes d'agacement ou de mauvaise humeur pour des petits aléas sans importance. En vérité, il était sous pression. La mission que son seigneur lui avait assignée, il trouvait bien difficile d'en appréhender la subtilité : comme si accompagner le duo dans une mission périlleuse ne suffisait pas, il s'était vu chargé des tâches paradoxales de les aider tout en surveillant Sigvald. Or il n'avait pas totalement confiance dans le repentir de ce dernier. Ainsi, chaque manœuvre un peu insolite lui apparaissait comme un subterfuge pour le tromper et lui fausser compagnie, et même une banale passe d'armes pouvait prendre des allures de haute trahison dans son esprit aux aguets. D'où son comportement.

- Pour ma part, continua-t-il, atteindre mes ennemis à distance ne me pose pas de problème de conscience, car il s'agit du meilleur moyen de protéger notre belle et grande forêt. Mais je manie fort bien la dague longue au besoin. Vous combattez, Madame, comme un chevalier armuré, mais sans armure lourde je trouve c'est une technique inappropriée. Plus de mouvements ! Plus de souplesse !

Achas fit sortir sa dague de sa ceinture et prit la place de Sigvald en face de la galadhrime. Après quelques secondes où ils se regardèrent l'un l'autre en silence, ils firent tous deux un pas en avant et les premiers tintements de l'acier se firent entendre. Comme à son habitude, les gestes de la sentinelle étaient vifs et précis, compensant la différence des longueurs de leurs lames par une rapidité d'exécution et une vélocité qui firent reculer Delaynna. Il ne parait pas les coups frontalement, mais les déviait plutôt pour envoyer la lame de la dame sur le côté et la déséquilibrer ; souvent même il chercha à esquiver les estocades adverses pour s'en mettre à l'abri sans trop s'épuiser, gardant toute son énergie pour sa propre attaque, qui visait les parties vitales, ou les aurait visées si le combat n'avait pas été factice. Ils s'exercèrent ainsi pendant un moment, et plus le temps passait, plus son adversaire retrouvait du réflexe et reprenait du poil de la bête, rendant la partie de plus en plus intéressante.

Et puis enfin le trio reprit sa route et descendit les pentes herbeuses en direction d'Esgaroth, qu'ils comptaient atteindre avant la tombée de la nuit. Le soleil venait de sombrer derrière Vertbois-le-Grand quand ils posèrent le pied sur la première solive du grand ponton qui reliait la bourgade lacustre à la terre ferme. Tandis que leurs pas résonnaient sinistrement sur le bois mouillé, Achas observait de droite et de gauche les eaux sombres du lac qui se couvraient comme d'une brume rampante dans l'obscurité grandissante. L'onde venait presque lécher le dessous des planches, ce qui ne manqua pas de le surprendre... comment des hommes rompus à l'art de la construction pouvaient avoir conçu le ponton de cette manière, au ras de l'eau, sans craindre un pourrissement prématuré du bois ?

Mais ses réflexions techniques furent interrompues tout net par un grand « plouf ». Il eut juste le temps de lever la tête pour apercevoir, à une centaine de mètres devant eux, une silouhette indistincte assise sur le bord du plancher, se laisser glisser dans l'eau à une vitesse surprenante, comme si une force l'avait tiré tout soudain vers les profondeurs du lac.


♦  ♦  ♦


- Pardon ? Pouvez-vous répéter capitaine Syla, je ne suis pas sûr d'avoir bien entendu ?

Le chef des miliciens sentit une chappe de plomb s'abattre sur lui, comme si toute la toiture du donjon du castel venait de lui tomber soudainement sur la tête. Assis en face de lui, Dauert Saule avait les sourcils froncés, et sa main caressant machinalement le col de son pourpoint distingué ne faisait que trahir un peu plus sa contrariété.

- Je n'ai pas pu faire autrement que de renvoyer cette femme, monsieur le Comte, elle aurait nui à l'enquête. C'était une drôle d’hurluberlue... Elle avait commencé par parler d'intuition féminine, et puis petit à petit elle a dit avoir des prémonitions, des visions. Elle a parlé de... de causes surnaturelles. Elle a été jusqu'à prétendre que les naufrages...

- Peu m'importe que ce soit une excentrique ou une mystique, vous avez chassé la seule équipe qui se soit portée volontaire pour enquêter sur ces drames ! Vous savez que les natifs d'Esgaroth ont trop peur du lac pour s'y aventurer de nuit. Vous savez que les habitants se méfient de ma garde et de la milice : ceux qui n'ont pas pu payer l'impôt cette année pensent qu'on viennent le leur réclamer de force. C'est pour ça que nous avons besoin de volontaires étrangers. Une poignée vous tombent sous la main, et vous, vous les éconduisez...

Syla aurait voulu répliquer, argumenter, faire comprendre au Comte d'Esgaroth que tout homme né ici se méfiait de tout ce qui sortait de l'ordinaire, que les superstitions étaient profondément ancrées dans l'inconscient collectif et que cette femme ressemblait trop à une sorcière pour qu'il puisse tolérer sa collaboration, et même sa présence. Saule n'était pas né sur le Lac. Il était né à Dale, il ne pouvait pas comprendre...

- Cela fait un bout de temps que vous n'êtes plus dans votre assiette, Syla. Cette erreur était la dernière : vous serez déchu du grade de capitaine dès que je trouverai quelqu'un de plus compétent.

La descente des marches fut plus difficile encore que la montée. Le capitaine Syla – puisqu'il l'était encore pour un temps compté – ne parvenait pas à réaliser la dureté de ce qui venait de lui arriver. Après tous ces efforts, tous ces sacrifices pour acquérir une place respectable, voilà qu'on lui faisait dégringoler l'échelle pour incompétence. Et, pire que tout, les reproches qui venaient de lui être adressés par le Comte le transperçaient, rien que d'y repenser, comme s'il lui avait décoché des flèches en plein poitrail. Il venait de décevoir celui dont la considération était la motivation même de sa vie de soldat. À quoi rimait l’existence maintenant qu'il était déshonoré ? Il n'avait pas la force de supporter cette opprobre. Tout semblait s'écrouler autour de lui tandis qu'il errait, hagard et sonné, dans les travées du castel. Le choc avait été si terrible que rien, pas même la pensée de sa fille, ne put le sortir cette fois-ci de l'abîme de noirceur et de l'humeur morbide dans lesquels il était plongé.

Arrivé à l'extérieur de l'édifice, il aperçut une pierre qui s'était déchaussée des contreforts des murs et la ramassa de ses deux mains. Cette fois-ci, il le ferait.

Elle lui sembla peser un quintal tandis qu'il la portait péniblement, clopinant tel un spectre sur le ponton qui reliait le château aux autres quartiers. Rien n'était facile, décidément. Il continua son chemin dans l'obscurité grandissante sans rencontrer âme qui vive, et poursuivit dans le prolongement, sur le ponton qui quittait la ville et aboutissait à la rive occidentale du lac. À mi-chemin, il s'arrêta net et posa son bout de roc, avant de se diriger vers une portion du ponton qui s'était écroulée récemment. Là, il se pencha pour atteindre le pilotis fautif, qui penchait, inutile et désolidarisé du reste de la structure, et réussit à dénouer la corde qui avait autrefois maintenu tout cela en place. Après quoi il retourna vers sa pierre, en fit plusieurs fois le tour avec la corde qu'il noua solidement, et attacha l'autre extrémité à sa cheville droite. Et, le regard vide et l'âme à l'agonie, il fit glisser le lourd morceau de schiste dans les flots noirs. À peine entendit-il le « plouf » caractéristique qu'il se sentit happé par la gravité, plongeant à son tour dans le lac. Dans une dernière vision floue et mouvante, il crut discerner trois silhouettes sombres, là-bas, à quelque distance sur le ponton, qui couraient dans sa direction.

Et puis la froidure de l'eau l’oppressa de toutes parts.




The Half Cop
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Sigvald Lingwë
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Mer 12 Juil 2017 - 21:17

Tous trois en marche sur le ponton je discutais des célèbres Ménestrels de la cité et du but de notre mission. A vrai dire, même si je faisais confiance aux bâtisseurs humains je n'étais pas le plus à l'aise sur ces épaisses planches de bois qui semblaient poser sur l'eau. Lors d'une mission comme à mon habitude dans ma profession, j'étais toujours joyeux, humeur qui se muait rapidement en sérieux dans le vif du sujet. J'esquissais un léger sourire en imaginait ce que j'aurais à faire qui me faire rire... Avec pour conclusion finale, le visage de Achas mêlé d'amusement et de désapprobation.

- Delaynna ? Je me suis toujours demandé si les Dame de l'eau... et donc vous, pouviez marchez sur l'eau ?

J'attendais quel commence à parler avant de la pousser dans l'eau, mais soudainement un "PLOUF" sourd puis j’aperçus plus loin une forme humaine disparaître à grand vitesse dans le lac. Raté ! Une prochaine fois... Je réalisai brusquement que j'avais déjà perçu ce son et vécu approximativement la même situation. Lors du règne de terreur à Djafa, quand j'accompagnais les "prêtres" et leurs gardes en ville afin d'enlever la souillure qu'étaient les mendiants et les nécessiteux de ce monde ; il arrivait souvent que les gens se suicident du haut des ponts en se jetant dans le lac, les pieds lié à une lourde pierre pour ne pas subir le courroux de "Sauron". Je pris un air détaché sur le coup. Cette fois j'agirais.

- Sérieusement... Je suppose que l'on a tous vu la même chose ? MAIS QUEL IDIOT !!!


Je tirai avec geste précis et rapide l'épée de la ceinture que je jetai dans les bras de notre chère sentinelle avec un grand sourire, puis dans la foulée toute comme Delaynna nous nous mîmes à sprinter vers les bulles qui remontaient encore à la surface. Tout en courant je fis tomber le plastron de mon torse et plongeai dans l'eau suivie dans la seconde par la dame de l'Eau. Je m'enfonçais dans la noirceur du lac guidé par les bulles et rapidement attirer vers le fond par le poids de ma cotte de mailles je réussis à crocher le col de l'homme. Je pesais mon poids, lui aussi, j'aurais mis trop de temps à remonter à la surface sans que l'humain y passe. Mais Delaynna surgit du haut, de la lumière, et fit basculer la situation vers la meilleure des fins possible. Je ne serais dire si son lien avec l'eau lui procurait plus de force une fois immerger dans celle-ci ou si justement elle puisait dans sa magie pour s'aider à tirer tout ce poids, mais nous remontions bien plus vite que je ne l'aurais cru.

Je pris une grande bouffée d'air frais une fois à la surface.

Achas tira hors de l'eau l'imbécile et je me sentis d'un coup bête à mon tour en voyant la pierre encore liée à son pied. J'y avais pensé, mais une fois dans l'action j'avais complètement mis de côté cet élément. Même Delaynna me regarda d'un air amusé voir un brin moqueur comme si elle me disait "Parle pour toi".

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Ven 14 Juil 2017 - 4:31
« - Pour ma part, atteindre mes ennemis à distance ne me pose pas de problème de conscience, car il s'agit du meilleur moyen de protéger notre belle et grande forêt. Mais je manie fort bien la dague longue au besoin. Vous combattez, Madame, comme un chevalier armuré, mais sans armure lourde je trouve c'est une technique inappropriée. Plus de mouvements ! Plus de souplesse ! »

Évidemment, Delaynna avait appris à maîtriser l’art de l’épée, mais pas aussi bien que ses compagnons. Bien sûr, en tant que Dame de l’eau, elle avait appris principalement l’art de la guérison, de la bonté mais plus encore… le contrôle de cet élément naturel. En évoquant Achas en duel, elle avait éveillé en lui, son désir de se battre, de mettre en premier plan, ses compétences de combattant devant la galadhrime. Cet entraînement avec l’archer permit à la jeune femme d’analyser le style de combat de son adversaire et d’en apprendre un peu plus sur sa façon de livrer bataille.

Alors qu’ils quittaient les terres sylvestres, le trio se dirigeait vers le territoire du Rhovanion. Esgaroth les attendait par-delà ses pentes herbeuses qu’ils franchissaient. La noirceur arrachait toute trace de lumière dans le ciel cette nuit-là. Grâce à leur vision développée, le trio remarqua cette immense étendue d’eau que seule l’elfe pouvait entendre murmurer à travers les vaguelettes. Une barque les attendait afin qu’ils puissent traverser ce grand lac. Écoutant ce que Sigvald racontait, elle reconnut un soupçon de nervosité dans ses paroles. Tout comme Achas, les deux elfs éprouvaient une certaine insécurité face à la structure de bois humaine. Contrairement à eux, Delaynna n’avait point peur, étant donné que l’eau la protégerait.

«Delaynna ? Je me suis toujours demandé si les Dame de l'eau... et donc vous, pouviez marchez sur l'eau ? »

Tout comme eux, elle entendit le «plouf» retentirent sur le lac. Ils distinguèrent l’individu qui s’était jeté à l’eau. Sigvald s’exclama et se jeta sans hésiter à l’eau pour tenter de le sauver. Cependant, ce dernier n’avait pas calculer au poids de sa cote de maille qui allait le faire couler, tout comme l’homme qui s’était volontairement jeté à l’eau, attaché à une lourde pierre.
Sigvald et l’inconnu avaient vite coulé dans la noirceur du lac. Contrairement à eux, l’elfe pouvait respirer dans l’élément qui était le sien. Son corps fût vite illuminé, telle la lune qui éclairait les navires dans la noirceur de la nuit. Glissant doucement dans les profondeurs pour les rejoindre, elle aperçut Sigvald et l’humain dont le regard semblait se fermer pour l’éternité. Il croisa son regard, comme s’il avait la vision d’une déesse. Delaynna afficha un sourire rassurant à l’individu et lui prit la main.

À elle seule, elle avait le contrôle de l’immense lac. Grâce à un puissant courant qui les firent remonter à la surface, Delaynna les accompagna et fit propulser l’elfe et l’humain dans la barque.
Alors que les deux individus étaient en sécurité sur la barque, la dame de l’eau se propulsa hors de l’eau à l’aide d’un immense jet. Avec une grande agilité, elle se hissa sur la barque et se dirigea vers le blessé. En se mettant à genou à côté de l’humain, Delaynna saisit son visage entre ses mains délicates. C’est dans un chant mélodieux que la Dame de l’eau récita l’incantation qui allait sauvé l’humain du sort qu’il s’était délibérément jeter.

Perdue dans les ténèbres, espérant un signe
Mais il n'y a que le silence
Peux-tu entendre mes cris ?
Jamais arrêter d'espérer,
J'ai besoin de savoir où tu es.
Mais une chose est sûre
Tu es toujours dans mon coeur.

Je te trouverai quelque part
Je continuerai d'essayer jusqu'à mon dernier jour.
J'ai juste besoin de savoir ce qui est arrivé,
La Vérité libérera ton âme.


Les vagues que son chant avait créés animèrent le lac endormis. L’humain recracha l’eau qu’il avait avalée et roula sur le côté en toussant très fort. Aussitôt qu’il avait repris conscience, le lac diminua son activité, jusqu’à redevenir aussi calme qu’à leur arrivé. L'humain dévisagea, apeuré les trois elfs qui l'avait sauvé de la mort, qu'il avait voulu s'infliger. En reconnaissant le visage qu'il avait vu sous l'eau, comme si celui-ci était l'apparition d'une personne mythique.
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Hadhod Croix-de-Fer
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Dim 23 Juil 2017 - 14:52


Au prix d'horribles toux rauques, Syla recracha l'eau que ses poumons avaient été contraints d'absorber. Tout tanguait autour de lui, mais il mit un certain temps à comprendre que cette sensation ne provenait pas seulement de son chamboulement physique et mental, mais également de l'endroit où il se trouvait : ce n'était pas le bois stable et immobile des pontons qu'il sentait sous lui, mais la coque chancelante d'une barque dont il n'avait pas même remarqué la présence quelques minutes plus tôt, alors qu'il cheminait, hagard, à la recherche d'une corde. Tandis qu'il essayait de remettre ses idées en place et de comprendre pourquoi il ne se trouvait pas aux côtés de feu son épouse, mais toujours dans ce monde de souffrance et de désespoir, une voix claire et douce parvint à ses oreilles. Pas de doute possible, il savait qui lui entonnait cet air. Tout son corps se raidit. Oui, cela allait de soi, c'était sa tendre femme qui l'appelait depuis les profondeurs du lac où elle reposait depuis sa noyade. Cela ferait bientôt quatre ans et son absence lui pesait plus que toutes les pierres de schiste, de granite ou de tout autre minéral qu'il aurait pu s'attacher aux chevilles. Ses mots étaient à la fois beaux et tristes.. elle lui faisait savoir, dans une mélopée semblable au murmure des plus charmants ruisseaux qui confluaient vers le lac, qu'elle était toujours là, au fond des flots noirs. Elle lui intimait de ne pas l'oublier, de lui donner de ses nouvelles, de se manifester d'une manière ou d'une autre. Elle venait de le voir un bref instant plonger dans les eaux et cela avait suffi à raviver son amour...

Mais était-ce bien elle qu'il entendait ?

À vrai dire, plus il revenait à la réalité et recouvrait ses esprits, et plus il en doutait, à son grand regret. La voix de Nertha telle qu'il s'en souvenait était moins cristalline, moins parfaite... plus humaine pour ainsi dire. Et comment lui, le capitaine de la Milice, la cartésien, lui qui ne voulait pas entendre parler de mystères, lui que toute mention du surnaturel horripilait, comment pouvait-il croire à une émanation de l'esprit de sa défunte épouse ? Sa dépouille était remontée à la surface comme tous ceux qui étaient un jour morts sur le lac, et elle avait été repêchée. On lui avait enlevé la vase et les salissures, on l'avait revêtu d'habits décents et on l'avait placée sur une barque emplie de bûches et d'une paille imbibée de poix qu'on avait laissée dériver sur les courants du lac. Ses cendres étaient dissoutes depuis longtemps dans les eaux mais, objectivement, Syla savait au fond de lui que les cendres ne pouvaient parler, quelle qu'ait été la beauté de l'esprit qu'elles avaient un jour contenu. Plus sa raison lui revenait et plus il voyait la chose impossible.

Et il semblait qu'il eût raison, car en tournant la tête il s'aperçut que les derniers vers du poème étaient entonnés par une personne bien vivante qui se tenait à côté de lui dans la modeste embarcation. Elle était charmante, possédait beaucoup de grâce, mais ce n'était point sa regrettée Nertha. Le capitaine comprit bientôt pourquoi sa voix était si enchanteresse : la finesse de ses oreilles et la façon de son accoutrement ne laissaient guère de place au doute, elle appartenait au peuple elfique. Tentant de retrouver ses repaires entre deux quintes de toux, le pauvre homme vit qu'ils partageaient le modeste espace qu'offrait la barque avec un autre elfe, un elfe aux cheveux blonds trempé lui aussi de la tête aux pieds, et qu'un troisième elfe l'observait attentivement depuis le bord du ponton tout proche. Visiblement, ils l'avaient arrachés à la mort...

- Vous venez... parvint-il à articuler en reprenant son souffle. Vous venez de prolonger... encore un peu... mon existence.

On n'aurait su dire s'il était finalement soulagé d'avoir échappé de justesse à la mort atroce qu'il avait voulu se donner dans son élan suicidaire ou s'il leur en voulait de l'avoir obligé à rester dans le monde cruel et injuste qu'il s'était mis en tête de fuir à jamais. Sans doute y avait-il un peu des deux, mais dans quelles proportions ? Lui seul le savait pour l'instant. Les prochaines minutes ou les prochaines heures le diraient certainement. Le regard du miraculé se porta sur sa cheville que le frottement cruel de la corde avait teintée d'un collier rouge et sanguinolent, puis sur la cotte de mailles de l'elfe mâle qui était le plus près de lui. Incrédule, il se tourna enfin vers la femme-elfe, qui était de toute évidence la seule qui avait été complètement libre de ses mouvements dans toute cette manœuvre. Oh certes, celui qui se tenait sur le ponton semblait également ne pas être harnaché d'un équipement trop lourd, mais à en croire ses habits secs il n'avait pas eu le temps ou l'envie de plonger dans l'eau froide.

- Comment avec-vous... fait ? demanda-t-il à Delaynna. Un capitaine... minable et incapable... n'aurait pas été une grosse perte. Esgaroth s'en porterait bien mieux... croyez-moi... si je reposais au fond du lac... avec les débris et les trésors de ces bateaux coulés. Toute cette affaire... a causé... ma déchéance. Qu'ils en coulent encore mille... si ça les chante... qu'ils envoient par le fond... tous les bateliers de la ville... mais qu'on cesse de me tarabuster avec ça !

Mais comme il tendait la main pour essayer d'agripper le bord du ponton et de quitter cette coquille de noix, il se rendit compte qu'il n'en avait tout bonnement pas la force pour l'instant, et une nouvelle quinte de toux le plia en deux, déchirant le silence vespéral et emplissant de pitié les étoiles au-dessus de leur tête.




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Sigvald Lingwë
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Mar 1 Aoû 2017 - 21:02


Une fois sur la barque, je distinguais mieux l'homme que nous venions de sauver. Son visage trahissait une tristesse et une maigreur nouvelle, ces joues étaient creusés comme je l'avais déjà vu jadis sur les prisonniers à Djafa. Mais je pouvais sans aucun doute imaginer l'homme charpenté qui avait peu à peu abandonné sa joie de vivre. On ne se suicide pas sans raison. Moi-même j'y ai beaucoup songer, ôter ma vie purement et simplement, ne plus faire partie de ce monde qui me semblait plat et sans goût ; mais au fond de moi je gardais une parcelle d'espoir et c'est ce qui ma retenu de sauter le pas, contrairement à lui. Je me mettais aisément à sa place.

Alors que je me tenais à côté du miraculé Delaynna entama son "chant" de guérison, peu à peu il émergea de son inconscience et ouvrit calmement ses paupières comme s'il sortait d'un rêve. Je levais ma tête vers Achas qui nous attendaient sur le ponton, mon épée et mon plastron à ces pieds.

L'homme marmonna et se lamenta à son réveil, visiblement peu content qu'on l'ait sauvé. Et de surcroît un capitaine qui se suicide, un meneur exemplaire qui ferait l'honneur de ses hommes... Et cela piqua ma curiosité, pour quelle raison un homme respecté et important mettrait de lui-même fin à sa vie ?

Alors qu'il était à demi-allonger contre le bord de la barque, je passais mon bras par-dessus sa tête et la posa sur son épaule de façon amicale, comme s'il était un vieux camarade. Je m'exprima d'un ton ton enjoué et un brin moqueur.

- Vous savez Capitaine-Plongueur, vous avez choisi une bien curieuse façon d'en finir, mais vu que l'on est à Esgaroth, cela doit être une sorte de tradition. Personnellement, j'y ai songer aussi jadis, mais je me voyais sauter d'une haute falaise et sentir le vent une dernière fois sur mon visage... Bref. Vous m'avez l'air bien décidé, donc avant qu'on vous laisse à votre petit passe-temps. Capitaine-Plongueur vous nous indiquerez notre chemin, mais je pense que la charmante elfe à vos côtés voudrait que vous vous portiez mieux et que vous soyez sec. Après quoi si vous êtes toujours décidé de quitter cette charmante ville, vous aurez toujours la possibilité de replonger dans votre magnifique Lac.

Le "parler elfique", cette façon noble et belle de magner les mots et d'en faire des phrases douces à l'oreille et nimber de sagesse ; personnellement avec le temps et la vie que j'ai vécu je m'exprime plus comme un mercenaire humain que comme un noble et honorable elfe. Je n'ai ni le sérieux et le tact de mes camarades. Ma façon de voir, de penser ou de gérer une situation à elle aussi changer, je n'ai plus vraiment la retenue et le bon sens moral des miens.

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Lun 14 Aoû 2017 - 6:20
Une puissante toux saisit l’humain que Delaynna et Sigvald venaient de sauver. Il clignait des yeux plusieurs fois et dévisageait l’elfe. Au départ, il la regardait avec un regard remplis d’admiration. On aurait dit qu’il la prenait pour quelqu’un d’autre, un personnage qui appartenait au passé. Ce n’est qu’après quelques secondes qu’il réalisait que Delaynna n’était pas la personne qu’il croyait.

«Vous venez... parvint-il à articuler en reprenant son souffle. Vous venez de prolonger... encore un peu... mon existence. »
On ne pouvait soupçonner le désespoir dans sa voix. Cependant, il regarda la dame de l’eau une nouvelle fois et elle put lire dans son regard l’état de crise dans lequel il était plongé.

«Comment avez-vous... fait ?  Un capitaine... minable et incapable... n'aurait pas été une grosse perte. Esgaroth s'en porterait bien mieux... croyez-moi... si je reposais au fond du lac... avec les débris et les trésors de ces bateaux coulés. Toute cette affaire... a causé... ma déchéance. Qu'ils en coulent encore mille... si ça les chante... qu'ils envoient par le fond... tous les bateliers de la ville... mais qu'on cesse de me tarabuster avec ça !»

Alors qu’il tentait de se donner un élan pour agripper le bord de la barque, il fût pris par une seconde violente toux qui irritait ses poumons encore sensibles à l’eau qu’il avait volontairement avalée afin de mettre fin à ses jours. Sigvald vint saisir la tête de l’humain et la passa par-dessus son bras. L’elfe mâle s’adressa à ce dernier avec le tact d’un enfant.

« Vous savez Capitaine-Plongueur, vous avez choisi une bien curieuse façon d'en finir, mais vu que l'on est à Esgaroth, cela doit être une sorte de tradition. Personnellement, j'y ai songé aussi jadis, mais je me voyais sauter d'une haute falaise et sentir le vent une dernière fois sur mon visage... Bref. Vous m'avez l'air bien décidé, donc avant qu'on vous laisse à votre petit passe-temps. Capitaine-Plongueur vous nous indiquerez notre chemin, mais je pense que la charmante elfe à vos côtés voudrait que vous vous portiez mieux et que vous soyez sec. Après quoi si vous êtes toujours décidé de quitter cette charmante ville, vous aurez toujours la possibilité de replonger dans votre magnifique Lac. »

Le toisant du regard, Delaynna fit signe à Sigvald de se taire. Bien que le suicide fût quelque chose de très tabou, autant auprès des humains que des elfes, la Dame de l’eau ne voyait aucunement l’utilité d’utiliser l’humour après avoir sauvé cet homme de l’eau de la mort. Mais lorsqu’elle jeta un regard dans la direction de son compagnon, Delaynna aperçut une image se créer sur la surface noire du lac.  C’était la vision d’une belle femme, humaine. Mais la vision fut vite déchirer par les hurlements de douleur qui rendit le destin de celle-ci, l’épouse de cet humain qu’elle avait sauvé, plus tragique en se jetant elle aussi dans les profondeurs de ce lac maudit.

Demeurant figée pendant l’instant de quelques secondes, la Dame de l’eau retourna son attention vers le rescapé, ignorant Sigvald. Du bout des doigts, elle effleurait délicatement le visage de celui-ci, avec l’ombre d’un sourire rassurant.

-Votre heure n’est pas encore arrivée. Il semble bien que vous ayez encore un rôle à jouer capitaine, notre rencontre semble être les premières lignes d’un nouveau chapitre à chacune de nos histoires qui sont encore incomplètes à ce jour…

Elle saisit sa cape, qu’elle avait retiré avant de se glisser à l’eau pour sauver l’humain, et la déposait sur ce dernier afin qu’il puisse garder une certaine chaleur dans cette nuit fraîche. L’épuisement se faisait ressentir de la part de l’humain. L’enveloppant de sa cape, Delaynna retira le bras de Sigvald afin qu’il se retrouve dans les siens. Elle l’enveloppa de ses bras tel une mère qui couvrait son enfant d’une marque d’affection.

-Vous avez fait preuve d’un investissement surhumain de votre énergie Capitaine, tâchez de prendre un peu de repos… Vous êtes en sécurité avec nous, fit-elle en glissant son autre main dans l’eau pour saisir un peu de liquide froid et de le déposer sur son front tout en commençant une nouvelle mélodie afin que ses paupières deviennent lourdes et accompagné d’un sommeil réparateur. Avec sa voix douce, elle entama un nouveau chant dans sa langue maternelle.


Qui peut faire de la voile sans vent?
Qui peut ramer sans rame?
Et qui peut quitter son ami
Sans verser une larme?
Je peux faire de la voile sans vent.
Je peux ramer sans rame.
Mais je n’peux quitter mon ami
Sans verser une larme.

Qui peut voir se coucher le soleil
Sans que la nuit ne tombe?
Et qui peut retrouver le sommeil
Lorsque son coeur s'effondre?
Je peux voir se coucher le soleil
Sans que la nuit ne tombe.
Mais je n’peux retrouver le sommeil
Lorsque mon coeur s'effondre.

Qui peut croire un instant à l'amour
Quand tant d'hommes se battent?
Et qui peut oublier pour un jour
Le monde et ses massacres?
Je peux croire un instant à l'amour
Quand tant d'hommes se battent.
Mais je n'peux oublier pour un jour
Le monde et ses massacres.

Où est la maison, où est la rue?
Où est le petit gars que j'ai connu?
Voici la maison, voici la rue,
Voici le petit gars que j'ai connu.

Qui peut faire de la voile sans vent
Qui peut ramer sans rame
Et qui peut quitter son ami
Sans verser une larme.
Je peux faire de la voile sans vent
Je peux ramer sans rame
Mais je ne peux quitter mon ami
Sans verser une larme.


Alors que les paupières de l’humain se refermèrent lourdement dans un sommeil sans rêve, Delaynna écoutait attentivement la respiration soutenue de ce dernier. C’est dans un long moment de silence, que la jeune femme décida de le briser en dévisageant chacun de ses compagnons.

-Il s'est endormis, pauvre homme... Comment revenir après un tel choc suite à la perte de quelqu'un...

Elle marqua une pause et reprit;

Angrod avait raison lorsqu’il mentionnait qu’en acceptant cette mission, nous courrions à notre perte. Quel lourd destin de mettre fin à sa propre vie ainsi… déclara-t-elle dans un ton qui était encore doux. Quant à toi, j’espère que tu n’inciterais plus notre nouveau compagnon à se jeter dans le lac à nouveau, il tient des informations qui nous serons précieuses, à moins que toi aussi tu veuilles finir au fond du lac, fit-elle à l’adresse de Sigvald encore sur le même ton doux. Delaynna songea à la vision qu’elle avait eue précédemment.  Elle sentait que l'image de la femme qui s'était noyée avait un lien avec l'humain et la mission qui les attendait.
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Hadhod Croix-de-Fer
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Sam 23 Sep 2017 - 18:03
[Je m'excuse bien bas pour cet énorme retard les amis, vraiment désolé... J'espère que vous n'aurez pas trop perdu le fil du RP par ma faute, ni l'envie d'y participer. Confused]




Syla leva ouvrit les yeux et ne vit des centaines de petits points lumineux scintiller faiblement dans le cosmos noir et infini au-dessus de sa tête, telles des petites bougies à l'éclat froid et vacillant apparaissant et disparaissant au gré des nappes de brouillard qui passaient en silence autour d'eux, léchant ponton et barque. D'ailleurs, il s'aperçut qu'il se trouvait toujours dans la même frêle embarcation que tout à l'heure, couché sur le dos tandis que la femme-elfe se tenait encore assise à ses côtés. Le capitaine imagina qu'elle avait dû continuer, peut-être, de lui chanter de douces paroles et de lui faire couler des gouttes d'eau sur le front et dans les cheveux pour le maintenir dans le sommeil.

Il prit peur.

Combien de temps était-il resté à la merci de cette personne, qui manifestement était capable de choses que d'aucuns dans cette ville qualifieraient de surnaturelles ? Assez de temps en tout cas pour que la nuit noire ait pu les envelopper de son étreinte, bien que la nuit ne fût pas encore très vieille. Oui, il connaissait bien sa ville et son lac, et tous les événements récents ne l'empêchaient pas de sentir l'atmosphère et les odeurs de la nuit... et ses sens lui disaient qu'ils étaient encore plus proches du crépuscule que de l'aube. Il releva le buste plus brusquement qu'il ne l'aurait voulu, manquant cogner la tête de sa sauveuse avec la sienne. Là à côté, sur le ponton, deux silhouettes sombres indiquaient certainement que les camarades de la dame n'étaient pas allés bien loin. Comme il retrouvait ses esprits, il raisonna sa peur, conscient que si ces drôles d'Elfes avaient voulu lui faire quelque mal ils auraient eu tout le loisir de le faire pendant son sommeil... et de toute façon ils ne l'avaient pas sauvé de la noyade pour prendre sa vie juste après.
Et puis il se sentait mieux que tout à l'heure, comme s'il avait traversé plusieurs nuits de sommeils réparateurs en un seul coup. Mais tout de même, il n'était guère à l'aise avec une sorcière à côté de lui, qu'elle habille ses pouvoirs dans de douces mélopées cristallines ou qu'elle fasse mijoter des bouillies d'yeux de corbeau dans ses chaudrons. Qu'importe, il faudrait faire avec, il n'avait pas vraiment le choix. Après tout, puisque le lac n'avait pas voulu de lui, ses trois individus constituaient le départ de la seconde vie qui lui était accordée, si morne qu'elle puisse paraître.

- Pouvons-nous rentrer à l'intérieur, j'ai si froid...

Ce n'était pas que l'air était particulièrement vif, loin de là. Mais même en plein milieu de l'été il ne fait pas bon être mouillé de pied en cape quand le soleil n'est pas là ; et il n'avait pas seulement froid au corps, mais aussi intérieurement. Devant le silence des trois étrangers, il se rendit compte que ses paroles n'avaient pas grand-sens...

- Je veux dire... nous serons mieux chez moi qu'à caboter dans cette coquille de noix...

Il s'arrêta tout net. Non, ce n'était peut-être pas la meilleure solution que d'inviter les trois elfes après ce qui s'était passé, dans sa demeure où sa belle-sœur gardait sa fille, la fille de Syla lorsque celui-ci devait passer la journée ou la nuit à la caserne ou dans les ruelles dans le cadre de son poste. Dire qu'il était tombé malencontreusement dans l'eau et prier pour que le trio s'aligne sur ses dires ? La vérité ne manquerait pas de sortir du puits, et révéler qu'il avait tenté de mettre fin à ses jours, devant sa fille, il n'aurait pu le supporter. Quel image de père montrerait-il alors ? La caserne n'était pas une bien meilleure idée, avec les miliciens d'astreinte qui y étaient cantonnés.

- Non... non... allons plutôt voir à l'auberge s'il reste des chambres pour la nuit, ça sera mieux, fit-il sans même avoir réussi à trouver un prétexte pour ce soudain changement d'idée.

Comme souvent le sort n'est pas dénué d'humour, mais pour le coup d'un humour noir qui paraissait se rire du pauvre capitaine : l'établissement où il les mena, le plus réputé de la bourgade bien que situé dans une petite ruelle assez éloignée du centre, affichait sur sa façade une pancarte où il était écrit, avec une peinture dorée que les torches placées dessous faisait briller...

♦ ♦ Auberge du Repos Éternel ♦ ♦

Puisqu'il n'était pas encore minuit, et sans doute aussi parce qu'il avait reconnu l'officier, le tenancier grassouillet les fit monter à l'étage dans une chambre spacieuse et feutrée à quatre lits, et s'empressa de mettre à leur disposition tout le confort possible, en premier lieu en allant chercher des vêtements secs à ceux qui en avaient besoin et en allant étendre leurs habits trempés. Le tout sans s'offusquer du peu d'empressement que Syla mettait à répondre à sa curiosité.

Quand ils furent secs et rassasiés, ce qui prit une bonne heure, ils s'enfermèrent dans la chambre. Syla regarda chacun de ses sauveurs tour à tour, sachant que des explications allaient lui être demandées, tout capitaine qu'il fût, et tout étrangers qu'ils fussent. La femme aux pouvoirs mystérieux, l'homme aux cheveux blonds, et l'autre avec son air froid et son accoutrement de chasseur des bois... tous avaient les yeux rivés sur lui, c'en était embarrassant. Mais il n'avait rien demandé, que diable, c'étaient eux qui étaient venus le chercher contre son gré !

- Qu'est-ce que vous faites dans cette ville... vous qui semblez venir du Vert Bois ? demanda-t-il à brûle-pourpoint.

Ce n'était sans doute pas ce à quoi ils s'attendaient. Le ton mi-abattu mi-méfiant trahissait encore une certaine déprime qui avait été la cause de son geste malheureux, mais qui semblait maintenant se mêler avec son devoir de capitaine de la milice. Car oui, telle était toujours sa profession... à cause d'eux. Et pour quelques jours encore.

- Nous commerçons avec vous, c'est vrai... Mais les envoyés d'Angrod arrivent de jour en principe, pas à la dérobée... Et rarement les mains vides. À moins que vous ayez fait tomber les tonneaux de marchandise dans l'eau du lac ? Si c'est le cas, c'est eux que vous auriez dû repêcher.

Il se laissa tomber sur le matelas de plume, faisant grincer les lattes de bois et rebondissant comme un poids mort.

- Mais je ne pense pas que ce soit la cas, si ? Alors qu'est-ce que vous trafiquiez sur les pontons à cette heure ? Il se passe de drôles de choses à la nuit tombée, sur le lac. De drôle de choses... Oui, des choses tragiques... des choses macabres, plus macabre qu'un désespéré qui s'accroche une pierre au pied. Vous auriez pu en être les victimes...

Il se releva lentement, les yeux tout à coup écarquillés.

- ... ou bien, les instigateurs...




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Sigvald Lingwë
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Sam 7 Oct 2017 - 20:53
Quand l'homme sembla s'assoupir, épuiser d'avoir échappé à la mort et réconforter par le chant de Delaynna, je la regardais avec attention . Même si je montrais une certaine désinvolture face à cet évènement, je n'en étais pas moi conscient qu'un tel acte était animé par un amoncellement d'échec répétitif et de repli sur soi. Je me découvris une empathie puissante, j'imaginais aisément la vie du capitaine avant jusqu'à aujourd'hui.

- L'inciter à se jeter à nouveau dans le lac... Au contraire je pense dès maintenant que dans ses rêves actuels ou à son réveil il prendra pleinement conscience de ce qu'il était en train de faire, de ce qu'il aurait perdu en agissant ainsi et ce que ses proches ici ou dans l'au-delà penseraient de lui. Nous l'avons sauvé une fois et s'il garde encore foi en la vie, je doute qu'il recommence encore. Mais il est vrai qu'en rire était déplacé...


* ~ ~ *~* ~ ~ *


Achas et moi sur le ponton nous attendîmes. Delaynna préféra resta sur l'embarcation aux côtés du capitaine. Capitaine de quoi justement ? Capitaine de bateau ? de garde ? de milice avec de la chance ? Nous tombâmes d'accord sur le fait de rester auprès de celui-ci jusqu'à ce que nous soyons sûrs qu'il va bien, mais aussi qu'il nous en apprennent plus sur la situation en ville et les renseignements sur le sujet épineux qui nous faisaient venir ici. Tout capitaine de quoiqu'il ait, cet homme avait l'air du genre sérieux. À son réveil, il était visiblement encore déboussolé, mais il souhaitait se réchauffer et sûrement se reposer, un bon signe.

- Non... non... allons plutôt voir à l'auberge s'il reste des chambres pour la nuit, ça sera mieux

Il nous invita à l'auberge, quel meilleur lieu pour glaner toutes les rumeurs sur ce lac. J'aurais mis mon bras à couper pour une grande chambre, histoire de ne pas être incommodé par mes compagnons et beaucoup de silence. Le couvert des arbres me manquait déjà. Chacun put lire l'approbation sur le visage de l'autre et nous suivîmes l'homme. Il n'était pas très bavard sur le chemin jusqu'à l'auberge du Repos Eternel, le nom de l'établissement résumait si bien ma récompense en cas d'échec de la mission. À l'intérieur le tenancier parut aussi surpris que joyeux de nous recevoir. Visiblement le suicidaire était bel et bien capitaine, vu le ton solennel que prit l'aubergiste pour l'accueillir, Syla ! J'en étais presque sûr...

- Pas de vêtement sec pour moi, je vous en remercie. Notre chambre était spacieuse et un bout de la pièce faisant office de "salle d'eau" était séparé par de grands panneaux, je sais que je n'aurais pu troquer mes vêtements encore humides pour des secs aux manches courtes. Le simple fait d'imaginer leurs regards de pitié et de curiosité sur mes bras nus me mettait mal à l'aise ; ils connaissaient tous deux mon passé et pour l'humain s'il avait un regard curieux il ne maquerait pas de s'interroger sur le bandage et les quelques marques qui zébraient le reste de ma peau.

Tandis que les autres se changeaient et se restauraient, échangeant quelques mots de politesse par-ci par-là, je m'en éloignais las de la journée. J'ouvris en grand la fenêtre sur la ville qui  dormait, pas un bruit, seuls les clapotements d'eau étouffés me parvenait. Les étoiles illuminaient le ciel, je m'allongeais au-dessous de la fenêtre, mains derrière la tête et jambes croiser. Un dernier regard en dehors, j'écoutais une dernière fois les échos de l'activité autour de moi et mes yeux se fermèrent. Ma respiration diminua, je me repliais intérieurement sur moi-même faisant fi de ce qui m'entourait. Je chassais de mes pensées Delaynna, Achas, le capitaine et le monde entier, me focalisant sur l'image du ciel étoilé un sentiment d'apaisement m'envahit. Un court repos, mais bien mériter.

Soudainement je me sentis happé dans le vide et l'obscurité, le cauchemar prenait forme. Le stress, l'incompréhension et la peur s'emparèrent de moi. L'angoisse me paralysait, mais progressivement les ténèbres se dispersaient pour laisser place à la lumière. Dans l'accalmie j'étais devenu la puissance du vent et les tourbillons de l'eau, la chaleur du soleil et la vie que propageait la terre, je me sentais écrasé de l'intérieur s'en était trop pour moi et alors je m'éloignais de tout ceci. Cette sensation d'écrasement me laissa vide de toute énergie, je n'aspirais qu'à une seule chose quitter ce "rêve".

Tout était confus et à la fois très clair. Les vagues se brisaient et déferlaient sur la grève de sables fins, dans la plaine l'herbe grasse ondulait sous le vent, au loin des chevaux galopaient, je distinguais une sombre forêt qui contrastait avec le soleil d'été, ce paysage me rassurait étrangement et je m'y abandonnais. J'étais au milieu de tout ça, les branches feuillues de l'arbre sous lequel nous étions. Nous...

Il m'était impossible de distinguer le visage de la femme et pourtant elle était juste au-dessus de moi. Elle était assise et adossée contre l'arbre, en travers de ses jambes ma tête reposait délicatement sur ses cuisses. Je sentais ses longs cheveux me balayer le visage par intermittence, ils étaient d'une couleur indéfinissable. Je sentais sa main passer dans mes cheveux, cela était réconfortant, mais c'était clairement un signe d'affection. D'une certaine façon, j'étais là où je devais être. Elle prit la main que je tendais vers elle et l'accola à sa joue, sa peau était douce et agréablement fraîche. Un lien me reliait à elle, quelque chose de puissant et à la fois méconnu de ma personne. Je me laissais envahir par cette sensation de bien-être inégalé. Ici et maintenant, je la connaissais par cœur et pourtant elle m'était inconnue.

À la fois douce et envoûtante, sa voix se mêlait au chant du vent.
- Nos amis arrivent, je distingue les voiles au loin.
Je ne ressentais aucun danger vis-à-vis de ces étrangers, je savais mes armes dans la demeure, mais rien de m'incitais à les chercher. Au contraire une joie m'envahit sans altérer l'instant présent et ce que je ressentais pour "Elle". Je pivotais doucement la tête pour distinguer la côte et le navire à l'horizon, j'avais hâte de les voir.

- Il est toujours aussi borné et prudent. Les côtes sont sûres.
Je la sentis s'agiter. Attends, restons encore un peu. Elle m'embrassa le front et je...

J'ouvris les yeux sur la fenêtre désormais fermer, ce rêve m'avait semblé si réelle. Je sentais encore le fantôme de sa main dans mes cheveux et ses lèvres sur la peau de mon front. Son parfum délicat de groseille et de lilas, tout ce qui était elle et tout ce qu'elle représentait ne me quittait pas, ce lieu me manquait terriblement. J'avais cette sensation singulière d'avoir fini un magnifique récit dont l'histoire reste en mémoire, me laissant reprendre brutalement conscience de la réalité. J'étais dans une sorte de béatitude, c'était pourtant moi dans ce rêve, tout ceci c'était moi, ma vie. Même si la mélancolie et la nostalgie de cette vision s'étaient emparées de moi j'avais la conviction d'avoir entrevu mon destin. Mes incertitudes et mes doutes avaient été balayés, je ne saurais mieux l'interpréter. Le passé tortueux qui était devenu l'épicentre de mon existence m'apparaissait désormais comme un simple mauvais souvenir, une étape parmi tant d'autres. Un simple rêve me disais-je... et pourtant j'en sortais étrangement grandi.


* ~ ~ *~* ~ ~ *


Revenant doucement à moi-même, je pris une pomme sur la table et tout en mangeant je me repassais ce rêve en boucle, j'esseyais d'en mémoriser chaque moment. Quand Syla rompis le silence et m'arracha à mes rêveries J'eus soudainement envers lui une immense colère... mais vite balayer par je ne sais quoi. Encore un peu étourdis les mots sortaient bizarrement de ma bouche, mes pensées se tournaient sans cesse vers ce "rêve" et j'avais du mal à accorder mes idées.
- Le destin, de ma volonté ou celle des Valars... Je crois que c'est le destin qui nous à mener ici. Je me surpris moi-même à utiliser ce mot "Valar", ce n'était un rêve et rien qu'un rêve! Réveil-toi ! Réveil-toi ! Je sentais des regards ahuris posés sur moi, mais je n'avais étrangement pas la force de regarder ailleurs que vers l'humain. Capitaine Syla ? Il répondis par l'affirmatif. J'avais vu juste, nous n'étions pas là par hasard. Je pris une grande inspiration et me reconcentrais.

- Nous sommes envoyés par le Seigneur Angrod de Verbois afin de vous aider à régler le problème qui agite votre ville. Pour faire des présentations plus officielles ; je suis Sigvald fils d'Eärodan et voici Achas, protecteur de nos bois et voici Delaynna, Dame de l'Eau de Lorien. Plus qu'à moi, vous lui devez ce cadeau qu'est la vie. Nous avons la nuit je suppose, faites-nous un récit détaillé Capitaine.
Et je m'assis lourdement au sol reposant ma tête contre le bois du lit, la tête encore ailleurs je tentais désespérément de garder les dernières sensations que j'avais d'Elle.
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Delaynna
Dame de l'Eau
Dame de l'Eau
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Nombre de messages : 77
Age : 23
Localisation : Là où l'eau m'emporte.
Rôle : Dame de l'eau

~ GRIMOIRE ~
- -: Elfe
- -: 500 ans
- -:

Ven 13 Oct 2017 - 5:29
Observant l’homme s’endormir dans ses bras, Delaynna vint le déposer doucement confortablement dans l’embarcation alors que ses deux compagnons étaient sur le ponton. La situation qu’ils venaient de vivre, ne faisait aucun doute qu’il se passait quelque chose auprès de la population de la ville sur le lac. Il semblait que le lac en lui-même avait semait ce trouble… qui attirait les humains de cette région à vouloir succomber aux baisers mortels de ce dernier.

Ce dernier se réveilla brusquement passant près de cogner sa tête contre la sienne. Il la dévisagea avec un regard apeuré. Elle lisait bien ce que ce disait cet humain dans le plus profond de son regard. Monstre, sorcière, ses qualitatifs que beaucoup d’humains ont eu en tête lorsqu’ils ont vu l’ampleur de ses pouvoirs elfiques. Alors qu’il se mit à grelotter, l’humain suggéra d’entrer à l’intérieur afin d’y être plus à l’aise. Il les amena à l’auberge le Repos Éternel, en jetant un regard en direction de la façade où il y était inscrit le nom de l’établissement, Delaynna ne put s’empêcher de jeter un regard en direction d’Achas et d’approuver l’ironie du nom de celui-ci.

Des regards curieux se dirigèrent vers eux lorsque les occupants de l’endroit aperçurent trois elfes. La plupart connaissait très bien le nouveau compagnon. Celui-ci semblait embarrassé par les nombreuses questions et les regards indiscrets rivés sur eux. On offrit des vêtements secs à Delaynna et Sigvald afin d’étendre leurs vêtements trempés. La jeune femme accepta et alla faire un brin de toilette ainsi que de revêtir les vêtements qu’on lui avait offert. Elle enfila la chemise blanche trop grande pour elle ainsi qu’un pantalon beaucoup trop grand pour sa taille. En troussant les bas de ses pantalons ainsi ses manches, Del avait l’impression de porter un costume inconfortable. Étant habituée aux tissus fins elfiques, ils n’étaient pas comparables aux tissus humains. S’habituant à l’effet du tissu sur sa peau, Del retourna rejoindre ses compagnons dans l’immense pièce qui faisait office de chambre. Installant sa robe de voyage près du feu afin qu’elle sèche, Delaynna aperçut Sigvald qui était allongé sur l’un des lits et qui dormait paisiblement. Le petit sourire qu’il tirait dans son sommeil lui prouva qu’il rêvait à de belles choses.

L’humain s’allongea à son tour, tout comme Achas. Delaynna demeura la dernière éveillée. Achas alla rejoindre les autres peu de temps après.

-Bonne nuit, repose-toi bien, fit-elle alors qu’il se dirigeait vers le lit qu’il désignait comme étant le sien. Elle demeura encore un peu près de la chaleur des flammes pour à son tour aller s’étendre. Le seul lit restant était celui qui était le plus près de l’âtre. Avant de s’endormir, Delaynna s’approcha de la fenêtre ouverte qui laissa entrée une brise fraîche dans la pièce. Elle la referma pour ensuite aller rejoindre son lit.

À son tour, elle sombra dans un sommeil remplis de rêves. Son corps lui paraissait si froid qu’elle avait l’impression d’être sous une eau glaciale. En ouvrant les yeux, elle s’aperçut qu’elle se retrouvait en Lorien. Entre les immenses arbres dorés et les rayons du soleil qui perçaient ceux-ci et offrit un peu de chaleur sur le visage de la jeune femme. Le sentiment d’être de retour chez elle lui fit sourire. Elle s’avança à travers les bois sachant très bien le chemin du retour. Mais plus elle avançait, plus le ciel s’assombrissait. La noirceur venait tapisser la splendeur des arbres en emportant avec elle, les feuilles dorées qui se déposèrent au sol.

-Delaynna…

Prise par un sursaut, Delaynna se retourna pour apercevoir nul autre que son frère triplé. Mathias se tenait devait elle, pâle et en armure. Le temps s’était soudainement arrêter. La dame de l’eau se dirigea vers son frère, mais celui-ci tomba à genoux, en touchant sa poitrine qui se mit à saigner, comme si une lame venait de le transpercer.

-Mathias ! Je t’en prie, non ! Pardonne-moi…

L’aîné des triplés regarda dans la direction de sa sœur cadette mais il ne semblait pas la voir… Il regardait le ciel s’assombrir et soutient ce regard pour la dernière fois en laissant un dernier soupir. Des larmes ruisselaient sur les joues de la Dame de l’eau, impuissante devant cette scène qu’elle a tenté de changer.

-Tu as son sang sur les mains, fit une voix plus féminine cette fois-ci. Lorsqu’elle se retourna, elle aperçut sa sœur, Élianne qui
se tenait bien droite devant elle. Et tu devras vivre ton immortalité avec ce regret qui détruit petit à petit ton âme…

Delaynna écarquilla les yeux. Élianne baissa la tête et caressa son petit ventre arrondie. En retenant ses larmes, Del ferma les yeux et évita le regard de sa sœur.
-Nous l’avons su cette nuit-là… nous sommes liés. Si tu sombres dans le regret, tu nous emmèneras avec toi… Mais si je succombe à la douleur, alors nous t’emmènerons avec nous…

Lors de cette fameuse nuit où Mathias était décédé, Delaynna et Élianne avaient découverts le lien qui les unissait. Si l’une éprouvait de la douleur, l’autre la ressentirait à son tour. Mathias, Élianne et Delaynna avaient toujours été liés, mais il semblerait que la disparition d’un des triplés a renforcie le lien encore plus, jusqu’à les maudire.

C’est dans un sursaut que la dame de l’eau se réveilla. Elle redressa le buste et tenta de se rappeler où elle se trouvait. Son cœur battait très vite. La jeune femme aperçut que Sigvald et Achas étaient réveillés, il ne manquait plus que le capitaine qui se reposait tranquillement encore dans son lit, après l’énorme choc qu’il avait vécu la veille. Tout en essuyant, d’un geste vite, les quelques larmes qui avaient coulés le long de ses joues durant son sommeil, Del se leva pour reprendre ses vêtements et alla manger. Lorsqu’elle termina de remettre sa robe, maintenant chaude dû au fait qu’elle ait passé toute la nuit près du feu, Delaynna sortie de la petite pièce, installé comme office de salle d’eau, et aperçut Syla qui venait de se réveiller.

-Bonjour, vous avez bien dormi ?

Bien qu’elle fût coupée par Sigvald, ce dernier s’installa près du lit de ce dernier pour ensuite écouter le récit de l’humain.

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