Prisonniers dans les Entrailles de la Terre

Aller en bas 
Forlong
Tribun Militaire d'Arnor
Tribun Militaire d'Arnor
avatar

Nombre de messages : 2977
Age : 25
Localisation : Rhûdaur
Rôle : Vieux loup au service du Royaume du Nord

~ GRIMOIRE ~
- -: Dunadan d'Arnor
- -: Quarante Ans
- -:

Ven 14 Juil 2017 - 0:24
Il n’était pas mort. Chaque centimètre de son corps criait douleur, et seule la vie pouvait être autant douloureuse. Sa gorge était sèche malgré le froid humide qui régnait dans cet endroit sombre, et ses bras étaient tordus dans une position peu naturelle, les poignets reliés par des chaînes. Lorsqu’il tourna la tête pour essayer de mieux distinguer son entourage, il fut aveuglé un moment par une migraine terrible qui lui déchira les tempes. Les souvenirs vagues du combat lui revenaient doucement, l’atroce coup de hampe qu’il reçut dans la tête, suivi par des coups de pieds, des griffures et des coups de poing jusqu’à perte de conscience. Ils avaient donc décidé de le laisser en vie…il n’était pas si certain qu’il s’agissait d’une bonne nouvelle.
Il finit par discerner une autre silhouette recroquevillée à sa gauche. Dans la pénombre, il n’était pas facile de reconnaître quoi que ce soit, mais la grande cicatrice sur la joue droite était trop caractéristique pour être confondue avec une autre. Forlong dit faiblement :

-Ele..th..ril..

Il fut surpris par le son ridicule de sa propre voix, sa gorge sèche et ses lèvres recouvertes de sang séché le rendant incapable d’articuler un simple nom. Il se racla la gorge, et retenta :

-Elenduril…

Cette fois-ci, il y arriva. Le Tribun fut soulagé de voir son compagnon ouvrir ses yeux bleus-pâle en entendant son nom ; il était bel et bien en vie, même si mourir sur le champ de bataille aurait peut-être été un sort plus clément.

Ils entendirent soudainement le bruit de pas au loin. Forlong jura intérieurement. Les gobelins lui avaient bien évidemment enlevé Lunerïll, et l’avaient attentivement fouillé à la recherche de tout autre arme. Son couteau de chasse et ses couteaux de lancer avaient été dérobés, et sa fiole d’Huile d’Evanouissement achetée il y a bien longtemps dans une boutique du Bas de la Cité Blanche avait également disparu de sa poche. Il ne lui restait même plus sa médaille de vétéran de la Grande Bataille du Nord qu’il gardait toujours autour de son cou. Forlong serra les poings, impuissant, et sentit soudainement un objet métallique s’enfoncer dans ses phalanges. Les assaillants n’avaient pas pris la peine d’enlever ses gantelets avant de l’enchainer, et n’avaient donc pas découvert la précieuse chevalière en mithril, qui lui avait été offerte par Aleth Enon en personne. Hormis sa valeur matérielle, l’anneau symbolisait son rang de Tribun du royaume d’Arnor. Il ne fallait pas que les peaux vertes découvrent qui il était vraiment, sinon ils en profiteraient pour lui retirer des renseignements importants ou l’utiliseraient comme otage…
Malgré tout, le fait d’avoir cette chevalière au doigt, bien qu’il ne puisse s’en servir comme arme ni outil d’évasion, le rassura. Il se souvint des dernières paroles que l’Intendant prononça lors de leur rencontre : ‘bonne chance, Tribun Neldoreth. Puissiez-vous retrouver ces hommes, et revenir en vie du grand Nord. N'oubliez jamais que l'Arnor compte sur vous’.

Lorsque la grille qui menait vers leur prison s’ouvrit en grinçant, l’homme aux cheveux blancs leva le regard avec une volonté de survie renouvelée.

Le visage de la créature qui ouvrit la porte de la cellule était terrible dans la lueur de sa torche. Bien plus grand que ses congénères, ses yeux globuleux et ses crocs proéminents montrait clairement ses origines gobelines, mais l’anatomie de son corps ressemblait plutôt à celle d’un humain. Forlong avait entendu parler de cette race au sang-mêlé, mais n’en avait encore jamais vu. L’homme-gobelin était accompagné de deux gobelins plus petits, armés de gourdins servant à supprimer toute tentative de résistance potentielle de la part des prisonniers.

-Debout les pucelles !

La créature semblait maîtriser la Langue Commune plutôt bien, bien que ses mots étaient déformés par son accent guttural et ses crocs proéminents. Les deux assistants gobelins tirèrent les prisonniers vers le haut. Forlong lança un regard à Elenduril, l’implorant silencieusement de ne rien tenter. Avec les mains reliées aux pieds par des chaines de fer rouillé, ils n’avaient aucune chance face à leurs geôliers.

On les mena brutalement à travers les couloirs sombres, qu’ils durent parcourir pliés en deux tant qu’ils étaient bas. Les constructions des gobelins n’avaient rien à voir avec les majestueuses galeries naines.
Ils finirent par se retrouver dans une grande galerie débordant d’activité telle une fourmilière. Ils purent y distinguer des patrouilles de guerriers gobelins, des ouvriers, des marchands, ainsi que d’autres malheureux prisonniers. Les dunedain s’imaginaient souvent les orques et leurs semblables comme des pillards vivant entièrement de la guerre et du vol, mais cet endroit montrait qu’il s’agissait d’une véritable société complexe, avec sa propre économie, hiérarchie et culture, bien que vulgaire et cruelle.

Les deux hommes d’Arnor furent alignés aux côtés d’autres prisonniers à coups de gourdin. L’homme gobelin semblait servir d’expert en matière d’humains, de par son sang mixte et sa connaissance de la Langue Commune. Il inspecta un premier prisonnier, et lui demanda sa profession. Il hocha de la tête satisfait en entendant la réponse, et dicta à un de ses compagnons gobelins :

-Un forgeron ! Une marchandise qui plaira aux snagas de Gobelinville, il ira avec la prochaine caravane.

Le prochain prisonnier ne suscita pas autant d’enthousiasme auprès de l’homme-gobelin.

-Un vieillard, frêle comme une arête de poisson ! Pourquoi ces abrutis l’ont-ils laissé vivant ? Mettez-le avec les creuseurs de tunnel, je suis sûr qu’il ne tiendra pas plus de de deux jours.

Il finit par s’approcher d’Elenduril ; il inspecta sa silhouette, ses blessures, et même ses dents de manière humiliante, avant de lui demander :

-Et toi ? Qu’est-ce que tu sais faire ? Où est ce qu’on va t’envoyer ?

Le jeune rôdeur devait faire attention, s’il voulait éviter de finir comme le précédent prisonnier, condamné à une mort certaine dans les tunnels obscurs, à casser de la roche jusqu’à la fin imminente de ses jours…



Membre des Orange Brothers aka The Good Cop
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Entrainement dans les entrailles de la terre [Oniri & Milly]
» Dans les entrailles de la terre (interdit au - de 18 ans)
» Dans les entrailles d'Esquisse [Maximilian, Ambros, Andrea, Jude, Cléa, Dementia]
» [ROSA] Une nouvelle façon d'avoir le passe Eon !
» C'est en marchant dans les entrailles Que les barbares vont a l'assaut!

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Bienvenue à Minas Tirith ! :: - Les Terres du Milieu - :: Territoires Gobelins-
Sauter vers: