Prisonniers dans les Entrailles de la Terre

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Forlong
Tribun Militaire d'Arnor
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Ven 14 Juil 2017 - 0:24
Il n’était pas mort. Chaque centimètre de son corps criait douleur, et seule la vie pouvait être autant douloureuse. Sa gorge était sèche malgré le froid humide qui régnait dans cet endroit sombre, et ses bras étaient tordus dans une position peu naturelle, les poignets reliés par des chaînes. Lorsqu’il tourna la tête pour essayer de mieux distinguer son entourage, il fut aveuglé un moment par une migraine terrible qui lui déchira les tempes. Les souvenirs vagues du combat lui revenaient doucement, l’atroce coup de hampe qu’il reçut dans la tête, suivi par des coups de pieds, des griffures et des coups de poing jusqu’à perte de conscience. Ils avaient donc décidé de le laisser en vie…il n’était pas si certain qu’il s’agissait d’une bonne nouvelle.
Il finit par discerner une autre silhouette recroquevillée à sa gauche. Dans la pénombre, il n’était pas facile de reconnaître quoi que ce soit, mais la grande cicatrice sur la joue droite était trop caractéristique pour être confondue avec une autre. Forlong dit faiblement :

-Ele..th..ril..

Il fut surpris par le son ridicule de sa propre voix, sa gorge sèche et ses lèvres recouvertes de sang séché le rendant incapable d’articuler un simple nom. Il se racla la gorge, et retenta :

-Elenduril…

Cette fois-ci, il y arriva. Le Tribun fut soulagé de voir son compagnon ouvrir ses yeux bleus-pâle en entendant son nom ; il était bel et bien en vie, même si mourir sur le champ de bataille aurait peut-être été un sort plus clément.

Ils entendirent soudainement le bruit de pas au loin. Forlong jura intérieurement. Les gobelins lui avaient bien évidemment enlevé Lunerïll, et l’avaient attentivement fouillé à la recherche de tout autre arme. Son couteau de chasse et ses couteaux de lancer avaient été dérobés, et sa fiole d’Huile d’Evanouissement achetée il y a bien longtemps dans une boutique du Bas de la Cité Blanche avait également disparu de sa poche. Il ne lui restait même plus sa médaille de vétéran de la Grande Bataille du Nord qu’il gardait toujours autour de son cou. Forlong serra les poings, impuissant, et sentit soudainement un objet métallique s’enfoncer dans ses phalanges. Les assaillants n’avaient pas pris la peine d’enlever ses gantelets avant de l’enchainer, et n’avaient donc pas découvert la précieuse chevalière en mithril, qui lui avait été offerte par Aleth Enon en personne. Hormis sa valeur matérielle, l’anneau symbolisait son rang de Tribun du royaume d’Arnor. Il ne fallait pas que les peaux vertes découvrent qui il était vraiment, sinon ils en profiteraient pour lui retirer des renseignements importants ou l’utiliseraient comme otage…
Malgré tout, le fait d’avoir cette chevalière au doigt, bien qu’il ne puisse s’en servir comme arme ni outil d’évasion, le rassura. Il se souvint des dernières paroles que l’Intendant prononça lors de leur rencontre : ‘bonne chance, Tribun Neldoreth. Puissiez-vous retrouver ces hommes, et revenir en vie du grand Nord. N'oubliez jamais que l'Arnor compte sur vous’.

Lorsque la grille qui menait vers leur prison s’ouvrit en grinçant, l’homme aux cheveux blancs leva le regard avec une volonté de survie renouvelée.

Le visage de la créature qui ouvrit la porte de la cellule était terrible dans la lueur de sa torche. Bien plus grand que ses congénères, ses yeux globuleux et ses crocs proéminents montrait clairement ses origines gobelines, mais l’anatomie de son corps ressemblait plutôt à celle d’un humain. Forlong avait entendu parler de cette race au sang-mêlé, mais n’en avait encore jamais vu. L’homme-gobelin était accompagné de deux gobelins plus petits, armés de gourdins servant à supprimer toute tentative de résistance potentielle de la part des prisonniers.

-Debout les pucelles !

La créature semblait maîtriser la Langue Commune plutôt bien, bien que ses mots étaient déformés par son accent guttural et ses crocs proéminents. Les deux assistants gobelins tirèrent les prisonniers vers le haut. Forlong lança un regard à Elenduril, l’implorant silencieusement de ne rien tenter. Avec les mains reliées aux pieds par des chaines de fer rouillé, ils n’avaient aucune chance face à leurs geôliers.

On les mena brutalement à travers les couloirs sombres, qu’ils durent parcourir pliés en deux tant qu’ils étaient bas. Les constructions des gobelins n’avaient rien à voir avec les majestueuses galeries naines.
Ils finirent par se retrouver dans une grande galerie débordant d’activité telle une fourmilière. Ils purent y distinguer des patrouilles de guerriers gobelins, des ouvriers, des marchands, ainsi que d’autres malheureux prisonniers. Les dunedain s’imaginaient souvent les orques et leurs semblables comme des pillards vivant entièrement de la guerre et du vol, mais cet endroit montrait qu’il s’agissait d’une véritable société complexe, avec sa propre économie, hiérarchie et culture, bien que vulgaire et cruelle.

Les deux hommes d’Arnor furent alignés aux côtés d’autres prisonniers à coups de gourdin. L’homme gobelin semblait servir d’expert en matière d’humains, de par son sang mixte et sa connaissance de la Langue Commune. Il inspecta un premier prisonnier, et lui demanda sa profession. Il hocha de la tête satisfait en entendant la réponse, et dicta à un de ses compagnons gobelins :

-Un forgeron ! Une marchandise qui plaira aux snagas de Gobelinville, il ira avec la prochaine caravane.

Le prochain prisonnier ne suscita pas autant d’enthousiasme auprès de l’homme-gobelin.

-Un vieillard, frêle comme une arête de poisson ! Pourquoi ces abrutis l’ont-ils laissé vivant ? Mettez-le avec les creuseurs de tunnel, je suis sûr qu’il ne tiendra pas plus de de deux jours.

Il finit par s’approcher d’Elenduril ; il inspecta sa silhouette, ses blessures, et même ses dents de manière humiliante, avant de lui demander :

-Et toi ? Qu’est-ce que tu sais faire ? Où est ce qu’on va t’envoyer ?

Le jeune rôdeur devait faire attention, s’il voulait éviter de finir comme le précédent prisonnier, condamné à une mort certaine dans les tunnels obscurs, à casser de la roche jusqu’à la fin imminente de ses jours…



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Elendüril
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Mer 2 Aoû 2017 - 21:59
Elendüril fut emmené dans les cavernes des gobelins. Il se réveilla à l'appel de d'un humain à son coté. Son esprit était embrumé comme rarement il le fût dans sa courte vie, d'ailleurs vivrait-il encore longtemps, personne ne saurai dire en cet endroit sombre. La première sensation était d'avoir mal partout mais sa tête était l'endroit où le mal fût le plus important. Il ne se rappelait pas ce qu'il lui arriva. Les yeux voyait ce qui lui semblait être un vieil homme qui le connaissait à première vue. Mais sa vue brouillé ne permettait pas de voir autre chose qu'une silhouette grande au cheveux de couleur très claire.

Il essaya de se remémorer ce qu'il venait de vivre mais il se souvint uniquement de bribes et il comprit que lui et son capitaine était tombé face au nombre. Il sentit bien qu'il n'avait plus ses armes . Alors vint un moment où il se laissa emparé par la fatalité avant de se ressaisir un tant soit peu en se disant qu'il pouvait encore s'en sortir si son compagnon était bien le tribun et que les peaux-vertes ne découvrit pas sa véritable identité. Il fouilla toutes ses poches et ses caches. Le soulagement fut de mise quand il trouva un petit paquet avec des feuilles sèches provenant de la veuve Mirceline. Mais en consommer ne facilitera pas pour autant leur fuite.

Rapidement il entendit des bruit de pas. Une créature hideuse vint leur ouvrir la porte en les exhortant de sortir : « Debout les pucelles ». lorsqu'Elen vit la créature il fut horrifié. Ce n'était pas un orc ni un terrible Uruk-Haï. Mais plutôt pas une créature hybride entre un humain et un orc. Maudit soit-il pensa Elen. Elen ne connaissait pas ce genre de créature ni en avait entendu parlé dans les vieilles légendes que son père connaissait bien. Mais il se doutait au plus profond de lui même qu 'il ne valait pas mieux qu'eux, s'il désirait être accepter dans la horde.

Ils voyagèrent à travers un dédale de galerie faites à hauteur de la Vermine ce qui fît qu'ils durent voyager en étant pliés en deux usant de leur mains pour ne point chuter. Elen découvrit que les gobelin avait une véritable économie en dehors de la guerre et des mise à sac. Mais cela ne l'atteignit pas plus que ça, il redoutait de ce qu'on allait faire d'eux.

L'homme-gobelin fit aligner les quelques prisonniers avec l'aide d'une volée de coup de gourdin. Le premier homme était un forgeron qui partirait pour les forge de gobelinville, le second était un vieillard il fût envoyé parmi les mineurs de fonds, paix à son âme ! Puis vint le tour fatidique d'Elendüril.

Le semi-homme dévisagea t inspecta le jeune rôdeur, et lui questionna :

« Et toi ? Qu’est-ce que tu sais faire ? Où est ce qu’on va t’envoyer ?»

Le jeune homme hésita à lui répondre que son métier consister entre autres à couper les têtes de ses congénères. Mais il savait que dès qu'il aurait finit la sienne quitterait ses épaules pour rouler sur le sol de cette funeste cité.

Elen se lança, la gorge serrée :
« Je suis un aventurier je voyage à travers le monde. » 
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Jeu 7 Sep 2017 - 1:12
L’homme gobelin dévoila ses crocs dans un rictus qui ne présageait rien de bon. Il était plus petit qu’Elendüril ce qu’il compensait par son attitude dominante et sa brutalité. Le malheureux rôdeur, quant à lui, n’était pas particulièrement intimidant dans son état actuel. Les mains reliées aux pieds par des chaines de fer rouillé, ses cheveux collés par le sang coagulé et la saleté, il n’était qu’une ombre du fier combattant qui avait quitté Annuminas pour une mission de la plus haute importance. Elendüril avait-il suffisamment de force mentale et de détermination pour endurer la captivité, avec toutes les humiliations et atrocités subies aux mains des geôliers gobelins ?

Le sang-mêlé leva son gourdin, et en enfonça douloureusement le bout dans le menton d’Elendüril, le forçant à lever la tête et reculer d’un pas.

-Un aventurier, ha ? Fini les voyages à la surface, les petites escapades, les trésors, les femmes, la gloire. A partir de maintenant, tout ce que tu verras c’est le bout de ton propre nez et tes mains sur la pioche, pendant que tu creuseras des tunnels dans l’obscurité. Ce sera ta dernière aventure !

L’homme-gobelin était particulièrement loquace, et semblait loin d’être stupide. Il était doté d’une intelligence malicieuse, et utilisait l’intégralité de ses compétences cérébrales dans le but unique de s’acharner sur ses victimes. Il lécha ses lèvres, en réfléchissant au sort qui attendait le jeune rôdeur, mais avant qu’il ne puisse déclarer son verdict final, il fut interrompu par le vacarme provenant de l’autre coin de la galerie.

Les prisonniers purent voir un groupe de gobelins s’approcher à vive allure, leurs pas rythmiques faisant davantage penser aux soldats disciplinés d’un des grands royaumes humains qu’aux hordes gobelines que les Dunedain du Nord avaient l’habitude d’affronter. Ils portaient des cottes de maille noires, et étaient armés de sabres recourbés. Un Maître-Fouet dirigeait le petit groupe, son visage déformé par une terrible balafre.
L’homme-gobelin, clairement mal-à-l’aise, hissa :

-Que faites-vous ci ?!

-Silence, vermine ! Nous sommes venus récolter le tribut que votre misérable colonie doit au roi Baltog de Gundabad, votre unique roi et protecteur ! Vous ne fabriquez rien d’utile ni de précieux ici, alors vous paierez le tribut en chair et en os, vos meilleurs esclaves feront l’affaire.

Le sang-mêlé était clairement furieux, mais n’osait pas contredire le Maître-Fouet. Certes, les collecteurs du roi Baltog disparaissaient souvent dans les colonies, tués par des gobelins qui souhaitaient garder un degré d’autonomie élevé, mais le bastion gobelin où se trouvaient Elendüril et Forlong était trop proche de Gundabad pour échapper au contrôle de la capitale, surtout que le roi Baltog avait pour réputation de punir très sévèrement ceux qui osaient défier son autorité. Les seuls tribus gobelines qui pouvaient se vanter de pouvoir le faire étaient celles qui habitaient dans les autres grandes villes, Mont Gram et Gobelinville, même si même ces dernières reconnaissaient, tant bien que mal, la supériorité militaire de la capitale.
Ce fut un des soldats vêtus de noir qui indiqua le Tribun du doigt et dit à son supérieur :

-Regarde Zatôgh, regarde la couleur de ses cheveux…

Le Maître-Fouet tourna son regard vers Forlong et ouvrit en grand ses yeux globuleux. Il s’en approcha, et prit une mèche des longs cheveux blancs du Dunadan entre ses doigts, avec un sourire mauvais aux lèvres.

-Oui…Baltog sera content d’une telle proie…Emmenez-le !

L’homme-gobelin semblait aussi confus que les prisonniers. Quelle valeur les cheveux blancs de ce prisonnier pouvaient-ils avoir pour les collecteurs, ou même pour le roi Baltog ? Les gobelins de Mont Gundabad étaient décidemment fort étranges…

-Lui aussi
– ordonna Zatôgh en pointant du doigt vers Elendüril – il a les épaules larges, et devrait survivre le voyage jusqu’à Gundabad. Il servira au front, à pousser les machines de guerre face à ces maudits Khozdai…

Ils furent embarqués par les soldats de Gundabad, qui les guidèrent à travers les couloirs sombres de la colonie gobeline. Les prisonniers ne gardèrent qu’un souvenir très flou de ce périple douloureux. Ils marchèrent pendant des heures dans les tunnels, recroquevillés en deux, sous les coups de fouet. Certaines nuits, ils voyageaient à la surface sous la lumière froide de la lune, reconnaissants pour le souffle d’air frais, mais tremblants de froid et d’épuisement. Les repas auxquels ils avaient droit étaient ignobles mais suffisamment nutritifs pour leur permettre de survivre. Zatôgh le Maître-Fouet et ses collecteurs tenaient à ramener le plus de prisonniers vivants possible à Mont Gundabad, afin de ne pas revenir les mains vides auprès de leur Roi.

***

Il était difficile de dire combien de journées s’étaient écoulées et combien de lieues ils avaient parcourus lorsqu’une opportunité se présenta au jeune rôdeur. Ils voyageaient à la surface dans une zone boisée aux pieds des montagnes, et les rafales de vent avaient transformé l’averse de neige en véritable blizzard. Clairement inquiet, le Maître-Fouet distribuait des coups aussi bien aux prisonniers qu’aux gobelins, les forçant à accélérer la cadence et atteindre un refuge avant de se retrouver piégés par la neige et le froid.

Elendüril vit le garde le plus proche s’écrouler dans la neige. Etait-il tombé d’épuisement, ou bien avait-il glissé sur la glace ? Cela n’avait aucune importance. Le gobelin gisait sur le sol, apparemment inconscient, tandis qu’au loin Zatôgh ordonnait au groupe d’avancer sans s’arrêter. Le jeune rôdeur se retrouvait face à un choix. Devait-il tenter la fuite ? L’opportunité semblait unique, et il n’était pas sûr que les gobelins se lancent à sa poursuite dans le blizzard. Il risquerait cependant la mort dans la tempête de neige sur ces terres inconnues, ou d’être rattrapé par les traqueurs gobelins. Qui plus est, une fuite potentielle signifiait qu’il devait abandonner Forlong et les autres prisonniers à leur sort. Devait-il accepter son rôle de prisonnier et attendre une meilleure chance de s’échapper avec son compagnon des armes ? Le choix lui appartenait, bien qu’il n’avait que quelques instants pour prendre sa décision….





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