Le Grand Fleuve

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Nathanael
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Mer 28 Fév 2018 - 22:11
Il se curait les dents avec son couteau lorsqu’un cavalier avait surgi par la grande porte du Hall des Eorlingas. Il s’en souvenait bien, car, surpris, il avait failli se déchausser une molaire avec la pointe de sa lame. L’homme avait le teint tellement hâlé qu’on aurait dit un vieux morceau de cuir avec des yeux et une bouche. Ses cheveux étaient emmêlés, ses vêtements sales et son armure laissait à désirer. Horn avait d’abord cru qu’il était ivre. Sa démarche était chaloupée et il s’était retenu au chambranle de la porte pour ne pas tomber.

— Lieutenant Horn.

Il l’avait reconnu au timbre de sa voix. Sigeric semblait gronder comme un ours. Il avait la mine lasse et il s’était avachi sur un banc sans demander son reste. Horn avait ordonné qu’on apporte de la bière et un repas mais Sigeric avait refusé d’un geste de la main. La poussière des prairies lui maculait les paupières et le front, des auréoles de sueurs marquaient sa tunique aux aisselles et ses lèvres étaient gercées, éclatées par le soleil et la déshydratation. Horn avait alors compris que quelque chose n’allait pas.

***


Le soleil se leva au son des cors de la garnison. Horn n’avait pas fermé l’oeil de la nuit. Les propos de Sigeric l’avaient pourchassé jusque dans son sommeil. Le lieutenant Horn avait ordonné à une dizaine de cavaliers de partir au petit matin pour une mission de reconnaissance. « Ce n’étaient pas des orcs » avait dit Sigeric. « Ce n’est rien que je connaisse. Les morts. Si tu pouvais voir les morts… ».
Il quitta l’étroite chambre aux murs sombres qu’il occupait la nuit et rejoignit les écuries où se préparaient les cavaliers d’Aldburg. Les chevaux hennissaient, impatients, tandis que des palefreniers distribuaient le foin. Malgré les soins quotidiens apportés aux bêtes, la succession du rude hiver et de l’été précoce laissait ses traces sur les montures. Certaines d’entre elles avaient les côtes saillantes. Même leurs chevaux rustiques souffraient des sautes d’humeurs du temps. Il manquait plusieurs kilos à son propre cheval, Eorl savait pourtant combien il faisait attention à l’alimentation des bêtes. Et pourtant, que pouvaient-ils faire de plus que rationner tout le monde quand le fourrage venait à manquer ? Et pour l’instant, ce sont les bêtes que l’on rationne. Bientôt viendra le tour des hommes.

— Cavaliers !

Horn avait sorti son cheval du boxe jusque dans la cour devant les portes d’Aldburg. Onze cavaliers se tenaient devant lui, le pieds à l’étrier, d’autres déjà en selle.

— Les nouvelles vont vite, je le sais, aussi bien les bonnes que les mauvaises et je suppose que vous avez déjà tous entendu parler des corps retrouvés le long de l’Entalluve par Sigeric et ses hommes. Deux bergers ont été retrouvés morts. Un père et son fils, lâchement tués alors qu’ils gardaient leurs bêtes à la lisière des bois.

« Les morts. Si tu pouvais voir les morts… » Sigeric lui avait décrit ce qu’il avait vu. Mais Horn avait encore du mal à se l’imaginer.

— Quatre autres cadavres ont été retrouvés dans le même secteur à peine plus au nord de la frontière entre le Gondor et notre royaume. Et deux hommes sont portés disparus.

Horn essaya de se convaincre qu’ils ne trouveraient rien d’autre que des orcs. De petits groupes épars avaient traversé le Rohan au début du printemps. Il était fort possible qu’une créature ayant échappé à un raid de cavaliers se soit vengé. Ces monstres sont capables de tout. Et pourtant Sigeric avait été formel. « Ce n’étaient pas des orcs ». Ces mots lui battaient les tempes au point de lui faire mal au crâne.

— Nous nous déploierons le long du fleuve en petits groupes et chercheront des traces de ceux qui ont pu commettre ces crimes. Nous avons pour ordre d’abattre toute menace potentielle. Même s’il s’avère que le criminel est l’un des nôtres.

Depuis l’avènement du jeune roi Fendor les choses ne s’étaient guère améliorées au Rohan. Les plaies étaient trop profondes pour guérir et, pire encore, certains s’acharnaient à vouloir les laisser béantes. Combien de fois n’avait-il pas dû lui même séparer deux cavaliers dans le Hall ? Un souvenir, un peu d’alcool, une journée épuisante. Il n’en fallait pas plus pour raviver les vieilles rancoeurs. Un jour frère, le lendemain ennemi. Les hommes semblaient aimer d’avantage le goût amer des remords et des regrets plutôt que celui, plus doux, de la paix et de l’amitié. Mais, comme un bon vin, il fallait plus de patience et de temps pour une cuvée d’harmonie. Trop de temps, peut être, pour satisfaire tout le monde. Car il est des hommes qui ont une soif insatiable et qui l’étanchent plus aisément au goulot de la haine et de la violence.

Parmi les hommes qu’il avait choisi pour l’accompagner il y avait de loyaux serviteurs du roi Fendor, d’autres qui savaient tenir leur langue, mais qui auraient préféré voir Orwen sur le trône. Et il y avait Fram. Un cavalier issu d’une vieille famille de la vallée de la Snowbourn qui avait vu en Hogorwen la promesse d’un avenir meilleur. Il avait fini plusieurs fois dans une cellule pour avoir déclenché des bagarres. Le supérieur de Horn ne pouvait plus le souffrir et le lui avait imposé comme compagnon de voyage.

— En route !

Talonnant son cheval, son regard se posa sur le visage de Moridred. Un cavalier comme il aurait aimé en voir plus souvent. Loyal au trône, loyal au Rohan. Un cavalier à tenir aussi loin que possible de Farm.

— Moridred, avec moi ! Nous alternerons les chevaux de tête pour ne pas les épuiser.


On leur ouvrit les portes alors que le soleil franchissait les hauteurs des montagnes à l’est.


Dernière édition par Nathanael le Mer 7 Mar 2018 - 12:53, édité 1 fois
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Jeu 1 Mar 2018 - 17:23
Les yeux de Moridred s’ouvrirent sur le plafond de bois. Il n’aurait plus su dormir. Ce n’est pas qu’il avait dormi suffisamment, on était en plein milieu de la nuit. Mais une certaine anxiété était montée en lui et provoquait cette insomnie. Il ne cherchait pas à s’endormir de nouveau, il savait qu’il n’y arriverait pas. Le baraquement était très silencieux, excepté les quelques soldats qui laissaient échapper de puissants ronflements. Moridred resta allongé immobile pendant de longues minutes, réfléchissant sur les nouvelles qui lui étaient arrivées la veille au soir.

A ce moment, Moridred à table avec plusieurs compagnons. Ils parlaient des nouvelles du Rohan et des contrées avoisinantes. La porte de pièce s’ouvrit et Winfrid entra :

- Moridred, tu partiras avec nous en mission à l’aube, dit-il sur un ton grave.
- Où va-t-on ? Ca a à avoir avec le retour de Sigeric ? Il était tout blanc et avait l’air très choqué.
- Le lieutenant Horn expliquera tout cela demain. Je ne peux rien dire pour le moment et d’ailleurs je n’en sais pas beaucoup plus.
- J’ai entendu dire qu’ils avaient découvert des corps le long du fleuve et quelque chose de pas très naturel se cache là en-dessous, répondit  Silfried, un garçon très costaud qui était arrivé il y a quelques semaines d’Edoras.
- Moi j’ai entendu que c’était des orcs, dit encore un autre.
- Arrêtez de vous poser tant de questions. Le lieutenant aura peut-être plus d’informations à nous communiquer après, essaya de conclure Sigeric.

La discussion se prolongea encore pendant une bonne heure. Les avis étaient divergents. Certains parlaient même de simples criminels. Une certain tension s’installaient parmi les désignés pour partir le lendemain matin. Au final, personne ne sut de quoi il s’agissait vraiment mais tout le monde eu difficile à s’endormir, tendant de s’imaginer ce qu’il pourrait se passer le lendemain.

« Autant occuper mon temps à quelque chose d’utile. » Moridred se leva, s’habilla et se rendit à l’armurerie. Il fallait apprêter tout son matériel avant l’aube et autant prendre un peu d’avance sur le programme chargé des dernières heures de la nuit. Il frotta énergiquement sa cotte de maille et son heaume pour les rendre bien brillants, il aiguisa son épée et sa lance. Il alla aussi à la recherche d’herbes fraîches dans les environs. Le fourrage pour les chevaux était rationné mais si Moridred pouvait trouver quelque supplément pour son cheval, il n’y manquait pas.
Quand les autres se levèrent, il était déjà prêt. Il profitait des derniers instants avant l’aube pour respirer l’air frais et humide du matin. La journée s’annonçait chaude.

Quelques instants plus tard, ils étaient tous prêts dans la cour en face des portes de la cité. La discussion de la veille repris :

- A-t-on plus de nouvelles depuis hier soir ?
- Non, personne n’en sait plus, peut-être va-t-on le savoir de suite. Voilà le Lieutenant qui arrive.


Moridred était déjà en selle. Le lieutenant avec son cheval et leur dit quelques mots sur la mission. Ils s’attendaient à une explication comme celle-là. Basique, sans trop de détail. Leur curiosité n’était toujours pas comblée. « Nous verrons bien lorsque nous serons sur place dans quelques heures … »

La petite troupe s’élança aux premières lueurs du soleil. Ils passèrent les murs et prirent directement la direction de l’est pour se rendre la plus vite possible vers le lieu des méfaits. Moridred commença en tête de la colonne à côté du lieutenant. L’anxiété le quitta dès les premiers mètres, le fait de prendre la route à cheval lui procurait une telle sensation de bonheur … Il pourrait chevaucher des journées entières juste pour le plaisir.
Derrière lui chevauchait Fram. Moridred ne savait pas supporter sa présence sauf lorsqu’il était en service. Sa loyauté retenait son dédain. Comment pouvait-on en tant que Rohirrim soutenir Hogorwen ? Le sang royal devait rester au pouvoir.
Les deux hommes s’étaient déjà affrontés lors de débat sur la politique du royaume. Ils en étaient déjà même venus aux mains. Des clans se dessinaient parmi les Rohirrims et cela n’aidait pas vraiment la mise en place d’un renouveau.

La progression ne fut pas très rapide. Il fallait économiser les chevaux qui n’avaient toutes leurs rations de fourrage. Ils firent plusieurs petites pauses tout au long de la journée et ils n’atteignirent l’Entalluve qui vers la fin de la matinée. Le soleil était déjà sorti derrière les hauteurs de l’est et la chaleur accablait déjà les hommes et les bêtes.

Lorsque le jour arriva vers sa fin, et que les ombres commencèrent à s’étendre sur le pays, ils décidèrent de s’arrêter pour la nuit près d’un petit point d’eau où il y avait aussi un petit peu de végétation pour les chevaux. Ils allumèrent un feu et firent cuire quelques aliments qu’ils avaient apportés avec eux pour le long voyage. Une fois encore, une discussion débuta autour du feu mais le Lieutenant resta à l’écart du groupe, pensif. Ils n’eurent toujours pas les explications qu’ils attendaient tous.

Dès les premières lueurs du deuxième jour, le petit groupe repris la route mais toujours à un petit rythme. Le soleil rayonnait avec plus de force et l’air était étouffant. Les haltes ne furent pas plus nombreuses mais plus longues, il fallait laisser les bêtes se rafraîchir le plus souvent possible. Le cheval de Moridred avait souvent la bouche plein d’écume. Il lui donnait régulièrement un peu d’eau de son outre. Comme tout bon Rohirrim, il aimait son cheval et en prenait le plus grand soin.

La nuit qui suivit cette journée fut très chaude. L’air était suffocant et Moridred eu beaucoup de mal à trouver le sommeil. De plus, ils arriveraient sur les lieux et lendemain et l’anxiété revenait progressivement. Il avait toujours les mêmes questions qui lui tournaient dans la tête, sans cesse.

Le jour suivant ressembla beaucoup à celui de la veille. Les paysages défilaient au fur et à mesure que le détachement progressait et petit à petit, ils commencèrent à longer des bois et à apercevoir la ligne sombre de la rivière dans la vallée…
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Mar 6 Mar 2018 - 12:19
Les deux longues journées du trajet s’étaient passées sans encombre. Autour du feu les hommes avaient su tenir leur langue, même si Horn devinait leur inquiétude et leurs questions silencieuses. Fram s’était comporté convenablement. Pas un mot de travers. Pas un mot tout court d’ailleurs. Le cavalier semblait avoir avalé sa langue. Le calme avant la tempête. Horn n’était pas tranquille. Fram était comme une flèche en suspens au-dessus de leur tête. La main invisible qui retenait l’empêne pouvait lâcher son trait à tout moment. Pourvu que l’archer vise mal.

Ils avaient remis les chevaux au pas en s’approchant des premiers arbres. Les animaux écumaient et soufflaient fort sous le zénith. Les hommes plissaient les yeux et mettaient une main en visière pour regarder au-devant d’eux. Le soleil avait brûlé les prairies ici comme ailleurs. Seule une étroite lisière vert clair ourlait les pieds des arbres non loin de l'Entaluve. L’ombre et l’eau offraient un petit écrin de verdure au milieu des collines jaunes et des pierres grises. Horn leva la main pour imposer une halte. Sigeric lui avait transmis des informations claires sur le lieu du massacre. Il était pourtant peu probable de retrouver le ou les meurtriers sur place.

— Laissons aux chevaux quelques minutes de repos. Les heures à venir seront pénibles pour nous tous. Nous nous séparerons en trois groupes. Vous quatre !

Il désigna trois cavaliers ainsi que Fram.

— Vous longerez les berges et les bois qui sont les plus proches de l’Entaluve en direction de la Glanhir au sud. Vous quatre !


Il fit un signe de main en direction de Moridred et de trois autres hommes.

— Vous irez au cœur des bois. Je longerai moi-même la lisière et les prairies avec Eodred et Helm.

Le lieutenant Horn marqua une pause, laissant les rênes à son cheval pour qu’il puisse brouter. Il lui sembla qu’il sentait son épée peser plus lourdement le long de sa hanche. Autrefois il avait aimé cette sensation. L’annonce des combats, la promesse de longues chevauchées à la poursuite de leurs ennemis. Depuis la Guerre des Trois Rois, il était de plus en plus réticent à se servir de son arme. Il avait trempé lui-même sa lame dans le cœur de Rohirrims. Il s’était battu contre des gens de son propre peuple. Et ses souvenirs lui laissaient un goût amer. À dire vrai, cette mission l’angoissait, car il craignait de devoir faire face à des hommes du Riddermark.

— Nous sommes ici pour chercher toutes traces des disparus et de ceux qui ont pu commettre les meurtres rapportés par Sigeric. Je ne vais pas vous mentir. Je ne sais pas ce que nous poursuivons. Il peut s’agir d’un seul homme, d’un orc, ou d’autre chose.

Sa voix s’était transformée en un croassement étrange sur ses derniers mots. Autre chose, ce pouvait être n’importe quoi. Et les Rohirrims n’aimaient guère avoir affaire à n’importe quoi. La magie, les elfes, Horn en avait horreur. Contre la magie les épées ne pouvaient rien. Et les elfes… Il ne savait quoi en penser. Il y avait tant d’histoires à leur propos. Une seule certitude demeurait pourtant. Ils étaient à craindre. D’après la mère de Horn, tout ce qui n’était pas Rohirrim était à craindre. Et il était bien d’accord avec elle.

— Les corps ont été retrouvés plus au sud, mais nous mènerons une battue en ligne de ce point jusqu’au Glanhir. Les deux rivières forment des barrières naturelles infranchissables à pied ou à cheval. Ceux que nous poursuivons devront donc forcément se rabattre vers les prairies pour s’enfuir. De là nous aurons l’avantage sur eux.

Tant qu’ils ne sont pas plus nombreux que nous. Sigeric avait parlé de traces profondes dans la glaise et de branches piétinées par « de nombreux pas ». Horn préférait ne pas en parler pour l’instant. Les traces et les meurtres n’étaient pas forcément liés. Les renégats, les voleurs et les petites gens arpentaient les bois pour survivre.

— Dans chaque groupe, un des hommes est équipé d’un cor. Vous sonnerez une fois pour nous signaler une piste, une trace, n’importe quel indice que vous aurez trouvé et qui pourrait nous être utile. Y compris s’il s’agit d’un nouveau corps. Vous sonnerez deux fois si vous prenez quelqu’un en chasse et qu’il s’agit d’un humain. Ne tuez que pour vous défendre. S’il nous est possible d’avoir davantage d’informations, les vivants parlent toujours mieux que les morts.

Il se tut quelques secondes, attendant un signe de tête de ses hommes. Il voulait être certain qu’ils l’aient bien compris.

— Trois sonneries si ce que vous poursuivez appartient à une autre race. Nain, elfe, orc, peu importe. Si nous ne trouvons rien d’ici ce soir, retrouvons-nous à la lisière au coucher du soleil.

Horn préférait avoir pour toit les cieux clairs et les étoiles plutôt que l’étouffant entrelacs de branches de la ripisylve. Les arbres étaient vieux et il lui semblait toujours qu’ils murmuraient des choses entre eux. On était loin de Fangorn ici et pourtant Horn restait méfiant. Pouvait-on être sûr qu’un tronc couvert de mousse n’était pas un Ent barbu assoupi depuis des siècles ? Il aurait pu être de ceux qui avaient accompagné Fendor en Isengard, mais il avait refusé. Au pied de la tour noire, les hommes-arbres vivaient toujours. Et rien que d’y penser cela lui faisait courir des frissons le long de l’échine.

— Redoublez de prudence. Nous vous rejoindrons au plus vite pour vous soutenir si besoin. À vos postes maintenant.

Horn tira sur les rênes pour relever la tête de son cheval et le talonna pour lui faire prendre le pas, Eodred et Helm à ses côtés, à quelques mètres de distance.
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Mer 7 Mar 2018 - 11:03
Le ton était donné. Le Lieutenant n’avait pas donné de nouvelles qu’ils n’avaient su deviner mais ils avaient senti une certaine anxiété dans sa voix qui n’allait pas faire diminuer la leur. Mais quels détails avait-il eu pour pouvoir le mettre dans un tel état ? Pourquoi sa voix avait-elle tremblé sur le « autre chose » ? D’autres hommes auraient pu tressaillir dans un tel moment, Moridred en aurait ri, mais ici il s’agissait du Lieutenant Horn, un excellent commandant expérimenté … Quelque chose de grave et d’étrange se cachait là-dessous. Mais, malgré toutes ces pensées qui traversaient sa tête, Moridred se ressaisit et se prépara à aller parcourir les bois.

Dans son groupe, se trouvait également Silfried, son ami avec qui il traînait toujours à Aldburg. Cela faisait des années qu’ils se connaissaient, depuis qu’ils avaient rejoint l’armée du Rohan. C’était aussi un homme loyal et d’une mentalité très carrée. Très grand et bâti comme un bucheron, il était un peu rustre mais on pouvait toujours compter sur lui.
Avec eux partait aussi Thorn. Un brave garçon et un excellent archer. Il pouvait abattre un lapin en pleine course à quelques dizaines de mètres. Il n’était pas très bavard et se promenait souvent seul dans les rues de la cité. Mais il était quand même apprécié car c’était quelqu’un de très gentil et il ramenait souvent de très bonne prise de la chasse.
Le dernier membre était Olfem. Il venait d’arriver dans la garnison il y avait à peine une dizaine de jours. Personne ne le connaissait encore vraiment et cette expédition allait peut-être leur permettre de mieux l’intégrer.

Chaque groupe commença à partir dans la direction qui était assignée par le Lieutenant. L’après-midi était déjà commencée et le groupe petit groupe de Moridred commença à se diriger vers les bois.

- Restons sur nos gardes. Les bois ne sont pas le meilleur endroit où progresser pour des cavaliers. Soyons attentif à tout indice, lança Moridred à l’adresse de ses compagnons.

Ils passèrent la lisière et commencèrent à s’enfoncer parmi les arbres qui dans un premier temps étaient quand même espacés. Les chevaux progressaient à l’allure du pas. Il ne fallait certainement pas aller trop vite pour ne manquer aucune trace. Les yeux de Rohirrim parcouraient chaque centimètre de terrain avec grande attention. Le sol très sec du au temps chaud n’allait pas vraiment les aider dans la recherche, il leur fallait donc être d’autant plus attentif. Et en effet, la première heure de recherche ne leur permis pas de trouver quoique ce soit.
Ils arrivèrent près d’un tout petit cours d’eau qui passait entre les arbres. A peine plus large qu’une grande enjambée, il permit au petit groupe de faire une petite halte pour que les chevaux puissent se désaltérer à l’ombre et aux hommes de remplir leurs gourdes. Ils en profitèrent pour manger un petit morceau sur place.

- Tu penses qu’on trouvera quelque chose sur ce sol complément sec ? dit Silfried.
- Je n’en sais rien, répondit Moridred. Mais vu ce que j’ai senti dans la voix du Lieutenant, je ne sais pas si ce serait positif pour nous de trouver quelque chose …
- Il faudrait quand même débarrasser la région de ces meurtriers.
- Oui, mais imagine qu’on tombe sur un groupe de je ne sais quoi … Une charge en forêt n’a jamais été la meilleure stratégie à suivre …


Ils restèrent pensifs ensuite et au bout de quelques minutes, ils remontèrent en selle et reprirent leur recherche. Mais bientôt les bois devinrent plus denses et plus sombres. Ils ne purent rester à dos de cheval et mirent pied à terre. Il leur faudrait continuer à pied, tenant les brides des chevaux en main. Se dirigeant vers le sud, le terrain montait en pente légère mais constante. Leur progression était très lente car la densité de la forêt les empêchait de voir loin et ils devaient donc prendre le temps d’explorer chaque zone dans le détail.

- Venez voir ça, lança soudain Thorn qui s’était éloigné de quelques mètres sur la droite du groupe.

Ils approchèrent tous de l’endroit désigné et ils virent des traces de pas sur le sol. De nombreuses traces de pas qui, sûrement à force de passages, formaient un petit sentier qui s’enfonçait dans la forêt vers le sud.

- Impossible de déterminer un nombre, dit Thorn le meilleur pisteur du groupe. Il y a des traces anciennes, d’autres plus récentes et elles s’entremêlent. En tout cas, elles semblent toutes suivre cette direction. En tout cas, cela ne ressemble pas trop à des empreintes d’orcs, on dirait plutôt des empreintes d’hommes.

Ils suivirent le sentier de quelques pas sur le côté pour ne pas abîmer les traces. Ils avancèrent ainsi sur plusieurs centaines de mètres et là ils furent étonnés de ce qu’ils virent.
Un arbre avait été sculpté en forme étrange. Il ne savait pas trop à quoi cela devait ressembler, il ne formait rien de ce qu’ils connaissaient. Et les profondes entailles étaient de couleur rouge … Ils s’approchèrent de l’arbre pour l’observer de plus près.

- Qu’est-ce que ceci ? demanda Olfem.
- Je n’en ai aucune idée, répondit Moridred. Je n’ai jamais vu quelque chose comme ça.

Il toucha le tronc pour tenter de comprendre avec quoi il avait été sculpté mais impossible de savoir.

- Par contre, les entailles ont été colorées avec de sang on dirait …

Personne ne dit plus rien. Ils restèrent à contempler l’œuvre pendant de longue minute pour tenter d’en comprendre le sens et la nervosité les gagna petit à petit. Soudain, des buissons se mirent à remuer sur leur gauche. Ils sursautèrent tous. Thorn banda son arc et pointa sa flèche dans la direction du bruit. Les autres prirent leur bouclier et leur lance pour se préparer à toute éventualité. Ils étaient tous très tendu, tout ça ne sentait pas très bon …

- Qui va là ? lança Silfried.

Aucune réponse ne vint. Ils se mirent à avancer pas par pas. Qu’allaient-ils trouver la dedans ? Le buisson bougea encore une nouvelle fois. Ils étaient tous sous tension, près au combat … Ils n’étaient plus qu’à quelques mètres quand une biche s’élança soudain hors des fourrés et se mit à courir à travers les arbres. Les quatre hommes baissèrent leurs armes et soufflèrent un grand coup.

- Pourquoi n’as-tu pas tiré ? dit Silfried à Thorn.
- Le Lieutenant a dit de ne tuer que pour se défendre …
- Je pense que le Lieutenant aurait été content qu’on ramène ce cadavre là … Cela aurait fait un excellent plat pour le souper
, lança ironiquement Moridred.

Il leva les yeux pour tenter d’apercevoir le ciel mais il ne pouvait apercevoir que les branches et des feuilles. Toutefois, ils commencèrent à remarquer que la luminosité commençait à baisser. Le crépuscule se rapprochait.

- Je propose qu’on arrête nos recherches pour aujourd’hui. Je ne voudrais pas passer la nuit dans cette forêt. Allons retrouver les autres pour voir s’ils ont aussi trouvé quelque chose, préconisa-t-il aux autres.

Tout le monde trouva que cette idée était bonne et ils rebroussèrent chemin d’un pas rapide pour retourner à la lisière de la forêt. Il fallait sortir de là avant que l’obscurité totale n’arrive.
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Nathanael
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Dim 11 Mar 2018 - 11:04
Il étouffait dans son armure. Horn avait le sentiment de s’alourdir chaque heure, comme si quelques forces invisibles lui appuyaient sur les épaules et la tête. Helm avait ôté son casque et Eodred n’arrêtait pas de tirer sur les lacets de son plastron en cuir pour y laisser passer un peu d’air. L’après-midi semblait s’étendre à l’infini et le soleil, plus lent que jamais à se mouvoir dans le ciel pour achever sa course. Horn redoutait autant qu’il espérait la tombée de la nuit. Aucun de ses hommes du côté du fleuve n’avait sonné du cor. Helm, Eodred et lui-même n’avaient rien trouvé de probant. Ils avaient vu les traces du petit feu réalisé, sans doute, par le père et son fils, les premiers à être trouvés morts. Un cercle d’herbes brûlées, noires, au milieu desquelles se trouvaient encore quelques morceaux de charbon et, ici et là, des traces de sang séché. Autour se distinguait encore la présence des brebis ; de petits tas de crottes modifiaient le relief de la terre.

— C’est par là qu’ils se sont fait tuer ? avait demandé Eodred.

Horn s’était contenté de hocher la tête en mettant pied à terre. L’évidence de la réponse soulignait l’angoisse contenue dans la question. Eodred avait atteint la fleur de l’âge depuis belle lurette. Il devait avoir une trentaine d’années derrière lui, mais il n’était pas cavalier dans l’armée depuis très longtemps. Il avait mené une vie de labeur auprès de ses bêtes jusqu’à la guerre civile. Non loin d’Aldburg il avait assisté au combat puis s’y était retrouvé mêlé bien malgré lui. Horn n’avait jamais su vraiment de quel côté il s’était battu, et peut être qu’Eodred lui-même n’en savait rien. Il avait fini par acquérir un cheval et on avait fini par lui proposer d’entrer dans l’armée. Il se battait bien au besoin, mais tout en lui transpirait encore le berger, y compris ses questions ingénues.

— Vous savez comment ça s’est passé ? continua Eodred.

Helm, qui était descendu de cheval pour chercher d’autres indices s’était soudainement arrêté pour écouter la réponse. Horn n’avait pas vu les cadavres, mais Sigeric ne lui avait épargné aucun détail. « Si tu pouvais voir les corps… » Il se représenta l’éleveur et son fils et la vision qu’il eut lui noua les entrailles. Des années de service l’avaient endurci face à la mort. Mais rien, rien ne vous protège de la mort d’un enfant. Il pensa à son fils et à sa petite fille. Quelques années à peine. Comment pouvait-on oser s’en prendre à des enfants ?

— Non. Pas comment ça s’est passé. Juste, comment ils ont été retrouvés.

Eodred garda les yeux rivés sur son lieutenant, mais Horn n’en dit pas plus. Ce que lui avait dit Sigeric l’avait empêché de dormir. À quoi lui servirait que tous ses hommes ne puissent plus fermer l’œil ? Il avait décidé de garder le silence le temps de cette mission de reconnaissance pour ne pas embuer l’esprit des cavaliers qui l’accompagnaient.

— On n’en apprendra pas davantage ici, dit Horn. On remonte et on continue jusqu’à la tombée du jour, comme prévu.

***

L’Entalluve s’était enfoncée dans son lit comme pour échapper à la morsure du soleil. Les berges formaient par endroit de véritables marches et les racines des arbres les plus proches béaient dans le vide, langues pendantes de corps mort de soif. Les spécimens les plus chétifs avaient les feuilles roussies, même les ronces crevaient, leurs feuilles flétries. Seules leurs épines restaient vivaces et s’accrochaient aux pieds des chevaux. L’un d’eux s’était blessé de façon superficielle le devant d’un antérieur en cherchant à s’extraire du piège épineux. Depuis ils étaient descendus et marchaient devant leur monture en les tenant par la bride. Fram n’aimait pas ça. Marcher n’était pas son fort. Ça lui rappelait trop la condition miséreuse qu’il avait quittée avant de rejoindre Aldburg. Au Rohan comme ailleurs, il n’y avait que ceux qui ne pouvaient pas se payer un cheval qui allaient à pied. Les pauvres, les petits, les moins que rien. Ceux à qui l’on pouvait se permettre d’appuyer sur la tête pour les mépriser, pour les dominer, pour les manipuler. Ceux sur qui marchaient les rois du Rohan depuis des siècles.

— Fram ! Psit. Là.

Un vieux cavalier grisonnant lui fit un signe de tête derrière un arbre. Les autres s’obstinaient à ne lui parler que le plus brièvement possible. Fram n’aimait pas ça non plus. Le vieux lui montra une sente profondément marquée dans le sol en provenance du sud.

— Regarde, ça fait une seule trace depuis le début qu’on la suit. Puis là…

Comme les traces d’une meute de loups, la sente éclatait en une douzaine de chemins différents qui s’éparpillaient au milieu de la ripisylve.

— Sigeric avait vu juste. Pas un meurtrier. Mais plusieurs. Au moins autant que nous, si ce n’est plus. C’est pas bon.
— Et alors ?
dit Fram. T’as pas juré de mourir pour le Rohan ?

Fram cracha par terre et ramena son cheval le long du fleuve, à la place qu’on lui avait assignée. Le vieux lui avait jeté un regard bizarre, mais n’avait rien rajouté. Il s’était contenté de serrer les dents. Un vieux prudent. Sans doute pour ça qu’il est vieux d’ailleurs. Fram avait le sentiment que le capitaine à Aldburg l’avait assigné à cette mission uniquement dans l’espoir de ne pas le voir revenir. Ç’avait été comme ça pour plusieurs hommes. On envoyait d’anciens combattants d’Hogorwen avec des groupes de cavaliers loyaux et fidèles au petit roitelet gondorien. Et étrangement, certains ne revenaient pas de leurs missions de reconnaissance. Fram était né dans le trou du cul de la Snowbourn, comme se permettait de dire d’autres Rohirrims. Et d’un trou du cul ne sortait que de la merde, tout le monde le savait. Et à force de croire que le manque de soleil et la pauvreté vous abrutissaient un homme, ils étaient tous persuadés que Fram était un demeuré. Ils le traitaient comme tel. Et il se conduisait comme tel.

Ils continuèrent d’avancer jusqu’à ce que le soleil touche les plus hauts sommets des Montagnes Blanches. Les multiples traces continuaient à descendre vers le sud, mais ils ne purent rien trouver d’autre. Il leur resterait encore plusieurs kilomètres à parcourir le lendemain. Fram, comme les autres, commençait à penser que des maraudeurs s’étaient glissés par ici, avaient commis leur méfait et s’en était retourné Eorl savait où. Comme des ombres. Le vieux cavalier siffla.

— C’est temps de retourner à la lisière. Le soir tombera bientôt.


Fram allait faire tourner bride à sa monture quand une vague de chaleur fut soufflée par le vent en provenance du sud. Les chevaux se mirent à renâcler, l’un d’entre eux refusa d’avancer et un autre ronfla en secouant l’encolure. Fram oublia un moment les querelles qui l’opposaient à ses compagnons d’armes.

— Vous avez senti ça ?

Une odeur de cadavre en putréfaction leur était parvenue, portée par le vent.

***

Horn et ses hommes avaient commencé à récolter du bois pour préparer plusieurs feux pour la nuit. La chaleur, ils en avaient déjà eu leur content pendant la journée, mais les flammes tiendraient éloignées la plupart des bêtes du coin et, peut-être, d’autres créatures plus redoutables. Un homme averti en vaut deux. Ils disposèrent plusieurs foyers en un large demi-cercle, se gardant une ouverture en cas de retraite subite et forcée. Ils avaient gardé leurs chevaux sellés. Horn préférait s’assurer que tous soient revenus avant de déclarer qu’il était temps de se reposer. Il jeta un morceau de bois sur un des tas quand retentit un premier son de cor.

— Ha, les gars ont trouvé quelque chose le long du fleuve on dirait ! dit Helm.

Horn hocha la tête, jeta sa brassée de branches au sol et se dirigea vers son cheval pour rejoindre ceux qui les appelaient. Une piste, enfin ! Après tout ce temps, il avait fini par croire qu’ils ne trouveraient rien. Il n’avait pas encore rejoint son cheval quand il entendit retentir une seconde sonnerie.

— Merde, ils ont quelqu’un en vue, commenta encore Helm.
— Dépêchez-vous ! Helm, Eodred, vite, en selle !

Ils rejoignirent leurs chevaux en courant et sautèrent sur leur monture. Horn glissait ses pieds dans les étriers quand retentit le troisième coup de trompe. Helm ne dit rien, mais le regard qu’il jeta à son lieutenant en disait plus long que n’importe quel discours.
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Moridred
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Mer 14 Mar 2018 - 13:54
- Pressons le pas. Le soleil tombera vite derrière les montagnes et on n’y verra plus rien , lança Moridred à l’attention de ses compagnons.

Même si leur progression était beaucoup plus rapide qu’à l’aller, ils avaient été assez loin dans la forêt et ce qu’ils y avaient découvert les rendaient un peu nerveux. Quel genre de culte pouvait faire ça à un arbre ? Moridred n’avait jamais rien vu de tel mais peut-être le Lieutenant en saurait en peu plus. Il bénéficiait d’une grande expérience et d’une très longue carrière.

Les Rohirrims étaient repassés dans la partie où les arbres étaient un peu plus clairsemés et où ils traversaient régulièrement des petites clairières roussies par le soleil lors de son midi. Ils purent remonter à cheval pour parcourir la dernière distance avant un peu repos et surtout peut-être un bon repas. Ils rêvaient secrètement qu’un autre groupe ait eu la chance de pouvoir chasser un beau gibier et qu’ils pourraient le rôtir au-dessus d’un bon feu.

Tout à coup, ils entendirent venir du nord une sonnerie de cor.

- C’est un des nôtres. Ils ont trouvés quelque chose , lança Silfried. Ça vient de la zone de Fram.
- Ils ont peut-être trouvé un nouveau roi , ironisa Thorn.

Une deuxième sonnerie retentit, toujours venant de la même direction. Leur sang ne fit qu’un tour.

- Ils sont tombés sur quelqu’un. Allons les rejoindre en coupant à travers les bois, nous gagnerons beaucoup de temps. Nous ne sommes pas si éloignés que ça de la bordure Nord et on peut galoper un peu entre les arbres , dit Moridred.

Les Rohirrims s’élancèrent avec leurs chevaux vers le nord. Le plein galop n’était pas possible mais ils pouvaient quand même aller plus vite que le trot et voulaient arriver sur les lieux le plus rapidement possible. Et là, ils entendirent la troisième sonnerie du cor. Ils se jetèrent des regards et ne dirent rien. Qu’avaient-ils trouvé ? Il fallait se dépêcher d’y aller pour enfin savoir.

Bien qu’ils allassent assez vite, le trajet leur paru extrêmement long. Il fallait avancer le plus vite possible tout en faisant attention au terrain et aux arbres. Des arbres, toujours des arbres, … Il leur semblait que cela faisait déjà longtemps qu’ils avançaient vers le Nord et la forêt ne semblait pas se finir et l’obscurité ne cessait de s’accroître.  Bientôt, on n’y verrait plus rien et il faudrait ralentir pour ne pas aller heurter un obstacle.
Mais rapidement, les arbres s’espacèrent. Ils arrivaient en lisière nord de la forêt, dans la direction d’où venait le son du cor. Ils ralentirent pour tenter d’entendre s’ils entendaient quelque chose qui préciserait la direction vers laquelle aller. Ils écoutaient le moindre bruit … Ces minutes à ne savoir où aller leur parurent interminable et tout à coup, un son de métal qui s’entrechoquait leur parvint du nord-est.
Les cavaliers s’élancèrent à toute allure prenant leur lance en main et s’apprêtant au combat. Ils ne se posaient plus de question, la seule chose qu’ils avaient en tête était d’aller aider leurs équipiers. L’enquête touchait à sa fin, il fallait maintenant passer à l’action et découvrir … ils ne savaient quoi.

En arrivant sur place, ils virent un spectacle auquel ils ne s’attendaient pas. Un groupe d’homme semblait-il tentait d’encercler les cavaliers qui étaient pris au piège. Les ombres du soir s’étendaient et on ne pouvait pas distinguer grand-chose de loin mais Moridred ne distinguait que deux Rohirrims à pied qui se défendaient comme ils pouvaient avec glaive et bouclier contre plusieurs dizaines d’hommes.


- Attaquons-les tant qu’ils ne s’attendent pas à nous voir venir. On pourra bénéficier de l’effet de surprise , dit Moridred.

Le petit groupe chargea les hommes. Aucun d’eux ne les entendit arriver, trop occuper à malmener les soldats à pied, avant qu’ils ne soient qu’à quelques mètres sur leurs talons. La surprise fut totale. La lance de Moridred se planta dans le dos d’un ennemi qui s’effondra à terre, mort. Une flèche bien ajustée de Thorn perça la gorge d’un autre qui alla souiller la terre de son sang. Silfried embrocha un homme robuste qui alla rouler sur les berges de la rivière.
Bien qu’en large supériorité numérique, les hommes furent tellement saisis par cette attaque surprise qu’ils s’enfuirent vers la forêt, laissant leurs morts sur le terrain.

- Il était temps que vous arriviez , dit Fram tout essoufflé et transpirant. Quelques minutes de plus et il n’y aurait plus eu personne à sauver.
- Où sont les deux autres de ton groupe ?
demanda Moridred.
- Ils ont eu le vieux dans la clairière là-bas. C’est qu’ils nous sont tombés dessus. On a senti une telle odeur qui en provenait… Windred est étendu là plus loin. Je ne pense pas qu’il soit mort mais il a reçu un projectile en pleine tête.
- Il vaudrait mieux ne pas rester ici. Ils risquent de reprendre leurs esprits et de se rendre compte qu’ils peuvent facilement nous avoir.


Le regarde de Moridred fut attiré par l’homme qu’il avait tué avec sa lance. Il n’en avait jamais vu de tel. Il semblait avoir la peau noire et toute une série de peinture ou de tatouage sur lui. Il n’avait jamais entendu parler de quelque chose comme ça … D’où peuvent-ils bien venir et que font-ils de cette partie du Rohan ?

Il alla également vite voir Windred qui gisait inconscient à quelques mètres. Il avait dû recevoir une pierre en pleine tête. Le Heaume était déformé et le visage du Rohirrim était en sang. Toutefois, sa respiration était stable. Ils le mirent rapidement sur un cheval pour pouvoir le transporter.

Par contre, Aldric, le vieux rohirrim, n’avait pas eu la même chance. Il avait dû être assaillit par surprise et une lame l’avait atteint à la gorge. Il avait dû mourir très rapidement. Tant mieux pour lui, il vaut mieux ça que souffrir des journées.

Un bruit de sabot vint de l’ouest, le long de la rivière. Les hommes furent en position de combat en un instant, prêt à recevoir la nouvelle attaque.

- C’est le Lieutenant avec son groupe , lança soulagé Thorn qui avait reconnu le bruit des chevaux du Rohan.
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Nathanael
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Mar 27 Mar 2018 - 15:47
Au milieu des bois, les branches leur avaient fouetté le visage et c’est couvert d’égratignures qu’ils arrivèrent sur le lieu du combat. La nuit étendait ses longs doigts sombres au-dessus d’eux et ne tarderait pas à se saisir du monde. Horn n’aimait pas ça. Son cheval n’avait pas cessé de virevolter entre les troncs pour éviter les obstacles, évitant bon gré mal gré les racines saillantes. Helm avait poussé un juron quand il s’était cogné le genou contre un chêne et, voulant anticiper la bataille, Eodred avait dégainé son arme, manquant de la perdre lorsqu’elle avait percuté la fourche d’un vieux saule. Toute la forêt n’était que branches traîtresses et pièges sournois. La pénombre devenait de plus en plus épaisse et lorsque Horn arriva sur les lieux, il ne distingua d’abord que des formes plus ou moins noires. Plus ou moins noires. Horn serra les dents pour ne pas laisser échapper sa surprise et sa colère. Il devina le corps d’Aldric plus qu’il ne le vit vraiment, le reconnaissant au cor qui pendait encore à sa ceinture. Aux pieds des cavaliers reposaient d’autres cadavres au faciès étranger et inconnu de lui. Il posa ses yeux sur Windred.

— Mort, lui aussi ?

Horn n’avait pas réussi à formuler de phrase plus complète. La scène qui se déroulait sous ses yeux échappait à son entendement. Un des cavaliers répondit par la négative.

— Non, assommé seulement.

La tête de Windred ballottait sur les flancs de son cheval. Un homme mort et un blessé, plus ou moins grave. Et trois cadavres de la même couleur que la nuit à leurs pieds. Horn n’y comprenait rien. Des Orientaux ? Si loin à l’ouest et de ce côté de l’Entalluve ? Ça n’avait aucun sens. Il mit pied à terre, donnant les rênes de son cheval à Eodred.

— Ils n’étaient que trois ?

Question de circonstance. Horn devait avoir un aperçu des forces à combattre, mais il n’était pas stupide. Trois hommes armés de couteaux et d’une fronde n’auraient pas pu effrayer autant de cavaliers Rohirrims. Car c’était bien de la peur qu’il avait lu dans les yeux de ses hommes. Une inquiétude savamment dissimulée sous leur masque de guerriers. Guerriers, mais guerriers des plaines. Aucun d’eux n’aime se trouver ici, sous les arbres. Pieds à terre, il s’approcha d’un des cadavres. Il découvrit les dessins sur son corps, faits en partie de tatouages, de cicatrices et de peintures. L’un d’eux portait une tunique tressée dans des feuilles d’une plante qu’il ne connaissait pas. L’enchevêtrement de tiges sèches était bien inutile face à une épée. Il retourna le corps pour voir le visage du mort, mais les traits crispés de douleur ne lui en apprirent pas plus. Horn inspecta les deux autres cadavres avec plus ou moins de minutie, ne distinguant bientôt plus grand-chose au milieu de la nuit. Au-dessus de leurs têtes, les premières étoiles mouchetaient les cieux de leur lueur tremblotante.

— Ceux-là ne nous apprendront rien de plus ce soir. Nous devons partir sur les traces des fuyards.
— Au beau milieu de la nuit et dans les bois ?
laissa échapper l’un de ses hommes. Ils peuvent être partis n’importe où.
— N’importe où, oui. Vers n’importe quel camp de bergers, vers n’importe quelle chaumière, vers n’importe quelle famille où se trouvent des enfants. Tous ceux qui ont été tués sont morts pendant la nuit. Quels qu’ils soient, ils agissent tant qu’il fait noir.
— Noir comme leur peau. On pourrait aussi bien leur passer à côté sans même les voir,
dit Eodred. C’est quoi, d’après vous, des Orientaux ?
— Ou ce qui s’en rapproche le plus.


À vrai dire, Horn n’en avait aucune idée. Ç’aurait aussi bien pu être de ces hommes du sud, qui vivent au milieu de dunes brûlantes et jaunes. Horn n’avait jamais combattu qu’au Rohan et à ses frontières, jamais plus loin. Il ne connaissait rien du vaste monde au-delà des Montagnes Blanches et de l’Entalluve. Tout ce qu’il avait appris des autres peuples et royaumes relevait de l’enseignement maternel, puis des rumeurs et des histoires que l’on pouvait entendre en ville.

— Avaient-ils seulement des armes ? demanda Horn. Des épées ? Des lances ? Ces trois-là n’étaient pas des guerriers. Pas de ceux qui sont prêts à combattre en tout cas. Ils ne portent que des tuniques et des lames de mauvaise qualité. C’est à n’y rien comprendre.

Horn se passa la main sur le visage, sentant sous ses doigts les boursouflures conséquentes aux ronces qu’il avait prises dans la figure.

— Que fait-on lieutenant ? demanda Eodred. Vous voulez vraiment qu’on…

Eodred n’eut pas le temps de finir sa phrase. Un caillou gros comme un poing rebondit sur son casque, lui arrachant presque son heaume. Surpris, son cheval rua et celui du lieutenant fit un écart. Eodred manqua de peu d’être désarçonné et se rattrapa au pommeau de sa selle tant bien que mal. Horn, au sol, tira l’épée et se mit à l’abri derrière un arbre. Les autres cavaliers firent de même, prêts à affronter de nouveau des ombres. Mais on n’entendait aucun bruit. Même le vent semblait s’être tu. Le pouls du lieutenant s’était accéléré et il sentait battre son cœur jusqu’au bout de ses doigts, serrés sur son arme.

— Un peu plus et il m’avait, ce salaud !

Horn ne voyait pas Eodred, mais le son de sa voix lui indiqua qu’il était quelque part sur sa droite. Les chevaux s’inquiétaient, certains d’entre eux piaffaient ou tiraient sur leurs rênes, mâchant et remâchant leur mors. Le bruit des cottes de mailles semblait être un cri strident de métal au milieu du silence. On n’y voyait rien et le moindre son se percevait de loin. Une branche craqua, près de la rivière. Il y eut des bruits de pas, comme la course effrénée d’un sanglier au milieu des buissons, un bruit sourd. Deux corps qui se percutent. Un cheval prit le galop et parvint à s’enfuir, faisant trembler le sol de la ripisylve sous ses fers. Il y eut un cri, un cri aigu puis rauque. Un cri qui mourut progressivement sur les lèvres de celui qu’on venait d’occire.

— Ils sont là ! cria un cavalier. Vers le fleuve, ils vont vers le fleuve.

Horn crut reconnaître la voix de Fram.

— En avant, maintenant ! gueula le lieutenant.

Comme un seul homme, tous les cavaliers partirent dans la direction du bruit, certains à cheval, d’autres à pied. Aussitôt ils furent accueillis par des pierres, chacune atteignant son but.

— Vos boucliers ! Gardez vos boucliers levés !


Le lieutenant dressa le sien au-dessus de lui, se protégeant la tête et les épaules. Une pierre rebondit dans un bruit sonore contre le métal, lui faisant vibrer tout l’avant-bras sous le choc. Avançant aussi vite qu’il le pouvait, il vit soudain un cheval se cabrer et jeter son cavalier dans les branches au-dessus d’eux avant de s’effondrer brutalement. Horn aida le Rohirrim à se relever.

— Ils lui ont éclaté le crâne.

Horn entendit les membres du cheval battre l’air dans un spasme, la tête de l’animal raclait le sol et s’agitait frénétiquement au milieu des feuilles. Il poussa le Rohirrim à reprendre l’assaut et ils continuèrent de pair vers les berges du fleuve. Une lance siffla et percuta sa cible. Un corps sombra dans l’eau devant eux. Les étoiles et la lune se reflétaient sur la surface de l’Entalluve. L’eau semblait d’argent et sur sa surface polie se découpait les ombres de plusieurs personnes et d’une grande barque longiligne. Deux étrangers semblaient avoir déjà embarqué, une longue tige en bois en main. Ils parlaient dans une langue indéchiffrable et inconnue du lieutenant Horn. Les hommes noirs prenaient la fuite, mi nageant mi courant jusqu’à l’embarcation, projetant autour d’eux des gerbes d’eau et de lumière.

— Attrapez-les !
rugit Horn. Ils s’enfuient. Ils s’enfuient.

Le lieutenant s’était jeté dans l’eau, l’épée à la main. Il sentit le froid lui saisir les mollets puis les cuisses à mesure qu’il s’enfonçait dans le fleuve. Le courant le poussait vers l’aval et il se rendit compte rapidement qu’ils ne pourraient pas pourchasser bien loin leurs proies. Les chevaux se débattaient pour faire face aux remous de l’Entalluve et lui-même ne pouvait avancer plus, risquant d’être emporté par le poids de sa cotte de mailles. Même un bon nageur aurait été rapidement entraîné au fond du fleuve. Horn ne pouvait rien faire de plus, piégé sur la berge, tandis que les formes noires sautaient dans la barque et tiraient sur les rames pour s’éloigner le plus possible des berges occidentales. Une étoile filante de ténèbres perça les cieux, mais manqua de peu sa cible. La lance disparut dans les remous du fleuve et la barque se dissipa dans la nuit.

— Merde !


Le lieutenant Horn frappa la surface du fleuve de son épée. Rien. Ils n’avaient rien pu faire. Il scruta l’obscurité, mais la barque n’était plus là. Ils s’étaient enfuis, envolés. Et avec eux les réponses dont ils avaient besoin pour résoudre les meurtres perpétrés sur leurs terres. Horn regagna la rive tant bien que mal, aidé par Helm.

— Impossible de les poursuivre. Avec le courant ils iront plus vite que nous, dit Helm. Et au-delà, ce n’est plus notre royaume.

Horn grogna. Le cavalier avait raison et il n’avait rien à rajouter à un constat aussi flagrant.

— Occupons-nous de nos morts et de nos blessés, dit Horn. Nous n’apprendrons rien de plus cette nuit. Nous observerons les cadavres des Dwimmen demain puis nous rentrerons rendre compte.

Il lui répugnait de retourner voir les corps noirs au milieu de la nuit. Un mauvais pressentiment lui intimait de rester sur ses gardes.
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Moridred
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Mar 3 Avr 2018 - 16:55
Moridred soignait tant bien que mal Windred, épongeant le sang sur son visage lorsqu’une nouvelle pluie de pierres s’était abattue sur la petite troupe. Sur ordre du Lieutenant, il avait vite décroché son bouclier de son cheval pour se protéger, lui et le blessé. L’obscurité était totale, il était impossible de comprendre d’où provenaient les jets de fronde. Un silence de plomb tomba lorsque tout le monde s’immobilisa, prêt au combat. Moridred sentait son rythme cardiaque monter en flèche. Ses mains étaient moites. Dans quelle situation s’étaient-ils mis ?

Un cri terrible rompit le silence, un cri de mort. Ensuite, la voix de Fram retentit et Moridred s’élança vers le fleuve, épée et bouclier en main. Son anxiété se transforma en rage lors de sa progression mais il ne voyait toujours pas de cible. Il faisait vraiment beaucoup trop noir pour pouvoir se battre, il courrait à l’aveuglette dans la direction du bruit de l’eau.
Le bouclier de Moridred reçu directement quelques chocs de pierres projetées. Un cheval hennit de douleur un peu sur sa gauche mais il n’avait pas le temps de s’en préoccuper et de toute façon il n’y voyait absolument rien. Il fallait continuer à progresser.

- Baisse-toi Moridred, lança Silfried.

Moridred eu juste le temps de baisser sa tête légèrement que la lance du solide Rohirrim passa juste au-dessus de son heaume et alla percuter une ombre à quelques mètres en avant. La forme s’écroula dans le fleuve dans une grosse éclaboussure. Les autres étaient déjà hors d’atteinte, s’éloignant dans une barque sur la rivière et s’enfonçant dans l’obscurité. Il n’y avait plus rien à faire.

Moridred retourna sur ses pas pour revenir vers Windred qui n’avait toujours pas repris connaissance. La blessure ne saignait plus autant mais l’ouverture dans son crâne était quand même profonde et cela l’inquiétait beaucoup.

- Ils ont eu Olfem, lança Silfried.

Le corps du jeune Rohirrim gisait sur le sol, la gorge ouverture, une mare de sang l’entourant. Il n’avait pas dû les voir arriver dans l’obscurité. Les hommes noirs ne lui avaient laissés aucune chance. Les Rohirrims restèrent un moment silencieux. La mort d’un si jeu homme était toujours quelque chose de difficile à avaler. Ils le connaissaient très peu mais l’émotion était quand même grande.

- Ils nous le paieront cher, grogna Silfried.

Ils soulevèrent son corps et allèrent l’allonger à côté de celui d’Aldric, près de l’endroit désigné pour être le campement pour la nuit. On n’y voyait toujours rien.

- Nous allons établir un campement défensif. Allumez trois feux au pourtour du camp pour que nous puissions voir les approches mais assez loin pour que nous ne soyons pas trop visible au milieu. Nous allons établir un tour de garde par paire. Il faudra patrouiller autour du campement dans l’obscurité de la forêt pour avoir une vue sur tout ce qui arriverait. Que les patrouilleurs bougent leur cotte de maille pour être le plus silencieux possible dans l’obscurité, ordonna le Lieutenant Horn. Devenons chasseur au lieu de proie.

Les Rohirrims se mirent directement à l’œuvre. Il fallait aller chercher du bois sec ce qui ne fut pas une tâche simple dans un premier temps car il semblait que l’obscurité ne faisait que s’accroitre. Il fallait donc tâtonner le sol avec les mains pour trouver les branches nécessaires pour les feux. Dès que le premier feu fut allumé, il fut plus facile de trouver le combustible pour les deux autres. La lueur des flammes leur permettant de voir le sol sous les premières rangées d’arbres.
Dès que le campement fut terminé, la petite troupe installa les chevaux et les paquetages au centre dans l’espace d’ombre entre les feux.

- Fram et Eodred, vous prenez le premier tour de garde. Bougez vos armures et allez patrouiller parmi les arbres.

Les Rohirrims exécutèrent l’ordre de leur commandant et partirent se fondre dans les ombres des arbres, observant l’entièreté de la zone illuminée par les feux. Personne ne pourrait s’approcher des Rohirrims sans être vu pendant leur sommeil.

Moridred s’étendit sur le dos, la tête posée sur son paquetage comme sur un bon oreiller. Il regardait les étoiles et tentait de se relaxer pour arriver à sombrer dans le sommeil. La journée avait été rude que ce soit en énergie ou en émotion. Ce n’est qu’après de très longues minutes qu’il parvint enfin à trouver le sommeil. Ce fut un sommeil agité mais cela lui permit de reprendre des forces en vue des journées à venir.
Au milieu de la nuit, il fut réveillé en sursaut par une main qui le secouait.

- Debout fainéant, c’est à ton tour d’aller surveiller le camp.

Les Rohirrims de garde avaient fini leur tour. Moridred enleva le plus rapidement possible sa cotte de maille et tout ce qui pouvait faire du bruit. Il fut prêt en quelques instants. Et il rejoignit l’obscurité de la forêt avec Silfried. Il ne portait que son épée et son bouclier. Ils s’enfoncèrent de quelques dizaines de mètres dans les arbres pour devenir des ombres dans la nuit. En jetant un regard vers le camp, il vit que toute la zone entre les arbres et la rivière était illuminée par les feux. Dans une zone d’ombre au croisement de ceux-ci, il pouvait apercevoir difficilement la silhouette des chevaux qui dormaient. Il savait que ses compagnons étaient en train de dormir à côté des bêtes mais il ne pouvait les voir.

Les deux gardes s’assirent à l’abri des buissons pour ne pas être vu eux-mêmes et ils commencèrent leur surveillance. Plus d’une heure était passée sans que quoique ce soit ne bouge.
Toute à coup, ils entendirent des bruits de pas derrière eux. Ils étaient à peine audible mais c’était assez net : un groupe arrivait dans leur dos. Ils se recroquevillèrent encore plus au milieu des buissons pour ne pas être vu. Leurs mains s’approchèrent de leur épée et de leur bouclier.
Des voix commencèrent à se faire entendre. Ce n’était que de faibles chuchotements dans une langue inconnue. Des ombres passèrent à côté des buissons en direction du camp … Les deux Rohirrims retinrent leur souffle.

Le petit groupe de Dwimmers approchait des derniers arbres et se trouvait maintenant à quelques mètres devant les deux cavaliers. Ils n’étaient que trois. Était-ce des membres retardataires de la troupe partie par la rivière ou des membres d’un autre groupe qui avait aussi suivi les appels de cor ? Il était impossible de la savoir en ce moment. A leur façon de scruter les feux et de se parler, Moridred et Silfried comprirent qu’ils observaient le camp. Allaient-ils attaquer ? Ça aurait été du suicide vu leur petit nombre.

Les vivants parlent toujours mieux que les morts.

Moridred se souvenait des paroles du Lieutenant et c’est avec cet objectif en tête qu’il sortit du buisson accompagné de Silfried et qu’ils chargèrent les Dwimmers, épée et bouclier en main. Son épée s’abattit sur le premier homme sombre. Elle lui fendit le dos et l’homme s’écroula au sol dans un râle. Un des deux restants se retourna et sortit sa lame courbe et chargea à son tour Moridred. La vitesse d’exécution de l’homme dans ses mouvements le surpris. Il avait à peine le temps de parer un coup qu’un deuxième arrivait. Moridred devait maintenant tenter de défendre sa vie et la situation était mal embarquée. Mais d’un coup, le Dwimmer s’écroula assommé par un coup de bouclier de Silfried.

- Où est le troisième ? demande Moridred essoufflé par le combat
- Il s’est enfuit lorsque tu as tué le premier, répondit Silfried.

Le bruit généré par le petit combat avait réveillé les Rohirrims endormis qui accouraient armes à la main.

- C’est fini, lança Moridred. Il y en a un qui s’est enfui. Il nous reste celui-là.
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Nathanael
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Mar 10 Avr 2018 - 12:21
Les ordres donnés, Horn avait pris le premier tour de garde avec un de ses hommes. Il se sentait nu sans sa maille, mais l’épée dans sa main était une amie fidèle. Deux hommes. Il avait perdu deux hommes. Et Windred ne s’était toujours pas réveillé. Ils avaient pansé ses plaies du mieux qu’ils le pouvaient, mais aucun d’eux n’était guérisseur. La blessure ne saignait plus, mais il semblait à Horn que la bosse sur son crâne n’avait cessé de gonfler depuis lors. Mauvais signe. Malgré la nervosité qui l’habitait, il avait failli piquer du nez à plus d’une reprise au milieu des buissons. Mais chaque bruit, chaque son l’arrachait à la somnolence dans un sursaut. Lorsque la lune avait franchi son premier quart, il était allé réveiller les suivants puis s’était couché sur sa cape de voyage, éreinté. Il avait espéré trouver le sommeil rapidement, mais celui-ci le fuyait. Et la faim s’était mise à le tarauder. Il avait été hors de question de prélever de la viande sur le cheval mort. Si certains Rohirrims se rabaissaient à manger leurs chevaux, Horn avait eu une tout autre éducation et ses hommes avaient partagé ses principes, Farm le premier. La ration de fromage sec et de pain de seigle ne l’avait pas rassasié, bien au contraire.

Le lieutenant Horn avait fini par s’endormir. Un sommeil sans rêves qui s’était brutalement interrompu lorsqu’il avait senti trembler le sol sous son dos. Il lui avait fallu un court moment pour se ressaisir, se rappeler le lieu où ils se trouvaient et ce qu’il s’était passé la veille au soir. Sa main avait trouvé sans tâtonner la garde de son épée et il avait accouru aussi vite que possible vers les bruits de branches et de feuilles piétinées. Moridred tenait devant lui un corps noir luisant de sueur, au regard plein de haine et de rancœur. À la lueur des flammes, on ne distinguait que le blanc de ses yeux. Tout son corps, tout son corps est noir. Ils menèrent leur prisonnier jusqu’au campement où ils tisonnèrent chaque brasier pour relancer les feux. La lueur grandissant leur permit de mieux distinguer celui qu’ils avaient capturé.

— Ce n’est pas un homme !
s’écria Fram.

La jeune femme n’était pas très grande, mais Horn distingua clairement la silhouette de ses seins sous la tunique qu’elle portait.

— Emmenez-la par-là, dit Horn.

Il désigna de la main le centre de leur campement où se dessinait encore l’empreinte de leur corps dans l’humus. Moridred fit avancer la femme noire, pas assez vite sans doute au goût de Fram, qui la bouscula et la força à marcher plus vite, lui arrachant un gémissement de douleur.

— On t’a dit là, sale garce ! dit Farm. Bouge pas !

Horn fronça les sourcils, mais ne dit rien. Pouvait-il reprocher au cavalier d’en vouloir à cette femme ? Il éprouvait lui-même une aversion à peine contenue à l’encontre de l’étrangère. Seules la méfiance et la prudence l’obligeaient à rester calme. Eorl seul savait de quoi était capable une créature pareille. Noire comme la nuit, ce n’est pas naturel. Les seules créatures noires qu’il eût jamais connues étaient les orcs. Est-ce qu’il pouvait s’agir d’une sorte d’orc ? D’une femelle orc ? Non, idiot. Elle avait le visage trop humain, même si ses traits n’avaient rien à voir avec les leurs. À chaque respiration qu’elle prenait, les ailes de son nez se soulevaient et se pinçaient. Elle n’avait guère l’air d’apprécier leur compagnie. Pourtant elle ne se débattit pas et ne chercha pas à s’enfuir. Elle semblait seulement jeter des flèches avec ses yeux.

— Qui es-tu ? demanda Horn. Et d’où viens-tu ? Es-tu une Orientale ? Tu viens de l’est ? D’au-delà du fleuve ?

Il accompagna chacune de ses questions avec des gestes, mais la femme noire demeura muette. Elle ne comprend rien à ce que je raconte, ou elle joue très bien la comédie.

— Cette race-là peut-être qu’il n’y que l’épée pour la faire parler lieutenant !


Ce n’était pas de Fram que venait la remarque, mais d’Eodred. Le trentenaire gardait son épée pointée en direction de l’étrangère, la main serrée plus que nécessaire sur la garde.

— Doucement, dit Horn. Eodred. Nous la tuons et ensuite ?
— Nous serons vengés, dit le cavalier. Pour Aldric et Olfem. On doit le faire. C’était la mission, pas vrai ? Retrouver ceux qu’avaient massacrés les hommes et le gosse et leur passer sur le corps. On a pas eu les autres, mais on l’a… elle.

Fram semblait approuver les propos d’Eodred. Helm et deux autres hommes gardaient leur distance et ne disaient rien, mais Horn connaissait suffisamment bien ses hommes pour savoir ce qui leur traversait l’esprit.

— Nous devions retrouver quelques hommes. Pas une quinzaine de Dwimmen qui combat avec des femmes. Peux-tu être sûr Eodred, qu’il ne s’agit pas d’autre chose ?
— D’autre chose ?


L’idée ne semblait pas lui avoir traversé l’esprit plus tôt, mais Horn y avait songé dès lors qu’il avait vu leur nombre. Noirs ou pas, ces hommes étaient venus ici pour une raison bien précise. Laquelle, Horn n’en savait rien lui-même. Mais demeurait ce mauvais pressentiment.

— Pourquoi ils seraient venus là ceux-là ?
reprit Eodred.
— Les orcs au printemps, qui traversent le pays, et là, des hommes noirs qui remontent le nord. J’aime pas ça, lâcha Fram. J’ai jamais vu les orcs quitter leurs trous pour le plaisir de se dégourdir les pattes. Moi je dis que les orcs, il savent qui sont ces hommes noirs. Et pour qu’un orc se mette à courir… J’aime pas ça, répéta Fram.

Derrière ses airs de rustre du fin fond de la Snowbourn, Fram avait un peu plus de suite dans les idées que la plupart des cavaliers qui battaient la campagne Rohirrime. Et c’est peut-être pour ça qu’il a soutenu Hogorwen.

— Personne n’aime ça. Et il est hors de question de rester ici plus longtemps,
dit le lieutenant Horn. Nous brûlerons nos morts, cette nuit. Ramassez vos affaires. Que quelqu’un jette un œil à Windred et s’occupe de mettre de l’eau sur sa plaie. Attachez cette sauvageonne. Je veux trois hommes qui la surveillent. Deux qui restent aux abords du camp et gardent un œil alentour. Vous tournerez pour alimenter le feu des bûchers funéraires. Que quelqu’un surveille également les chevaux et leurs attaches. Je ne tiens pas à les voir s’enfuir.

Horn continua de distribuer des ordres ici et là. Tant bien que mal, ils réunirent assez de branches de tailles diverses pour former un tas plus ou moins équilibré sur lequel ils posèrent les corps de leurs compagnons d’armes. Attachée, la femme ne bougeait pas. Elle ne disait rien, mais tout dans son attitude puait la haine. On a la même odeur, pensa Horn. L’odeur. Quand les branches sèches prirent feu et que les flammes s’emparèrent du bûcher, tout l’air se mit à sentir la fumée, puis, petit à petit, la viande brûlée. Dans la petite clairière où ils avaient édifié le brasier, la lumière repoussait la nuit au-delà de la couronne d’arbres qui les entourait. Des chevaux renâclèrent à l’attache quand le vent porta la fumée jusqu’à eux. Et l’étrangère se mit à crier.

— Faites-la taire ! ordonna Horn.

Fram s’approcha et lui décocha une gifle brutale.

— Ta gueule on a dit !

On n’entendit plus que le crépitement des flammes et le bruit des branches qui éclate sous la chaleur, le chuintement du bois et des feuilles trop verts qui s’embrasent. Horn jeta un coup d’œil en direction de leur prisonnière. Elle ne disait plus rien, mais ses lèvres bougeaient comme si elle répétait quelques prières muettes. La terreur avait remplacé la haine dans son regard. C’était à n’y rien comprendre. Ils arrachaient le cœur des hommes et des enfants, leur ouvraient la poitrine, tuaient sans merci, scarifiaient des arbres en des rituels morbides et pourtant… on dirait qu'elle fait face au Nécromancien.

Il fallut une bonne partie de la nuit pour que les corps brûlent. L’aube n’était plus très loin quand ils remontèrent à cheval. Les mains attachées dans le dos, la femme avait été jetée sur le cheval d’Aldric. Il avait fallu deux hommes pour la forcer à monter sur le dos de l’animal et une tentative supplémentaire pour l’obliger à y rester. Fram l’avait convaincue de se tenir à carreau en lui enfonçant la pointe de sa lance dans les côtes. Les hommes noirs ne montaient apparemment pas les chevaux. L’étrangère se tenait sur sa selle comme un enfant recroquevillé. Elle serrait beaucoup trop les genoux et les mollets et se tenait trop en avant. Si Helm ne tenait pas la bride du cheval, ce dernier serait parti au galop tant sa cavalière était crispée.

Ils prirent une sente le long du fleuve qui remontait droit au nord. Celle qu’ont suivie les Dwimmen. Les uns derrière les autres, les cavaliers ne cessaient de jeter des coups d’œil au milieu de la ripisylve. Horn avait décidé d’emprunter ce chemin étroit afin d’éviter de traverser les bois une nouvelle fois. Selon Fram la sente longeait l’Entalluve un long moment avant de disparaître et de former un taillis plus clair qui permettrait de regagner les prairies. Si nous forçons l’allure, nous serons dans deux jours à Aldburg. Seul, Horn ne parvenait pas à démêler toutes les hypothèses qu’il s’était faites. Ses supérieures en sauraient sans doute davantage et si cela ne suffisait pas, il faudrait informer Edoras. Et le Vice-Roi. Eorl seul savait ce que pourrait alors décider Gallen Mortensen. L’homme n’était pas réputé pour sa grande magnanimité.

— Dwimmen ! Dwimmen !

Horn se retourna brusquement en selle pour voir qui gueulait de la sorte. C’était le dernier de la file, Silfried, à en croire le son de sa voix. Horn n’y voyait rien sous les branchages. Les hommes se retournèrent un à un en direction du fleuve qui se devinait ici et là derrière des bouquets de saules et d’aulnes. Un grand bouleau étendait ses branches devant Horn, mais derrière les feuilles tremblotantes, il vit ce qui avait fait réagir Silfried. Au milieu du courant, le clapotis des rames lui parvint petit à petit. Il n’y avait pas une barque, mais plusieurs, longues et fines comme celles qu’avaient emprunté les fuyards. Il était impossible de les atteindre de la berge. Même une lance envoyée par le meilleur d’entre eux n’aurait fait qu’un remous de plus dans l’eau.

Alors, ils l’entendirent.

Sur son cheval, la femme noire s’était mise à crier. Crier n’était pas le bon terme. Pas le plus approprié. On aurait dit le cri d’une chouette hulotte, décuplé, un cri long et puissant. Dans les barques, certains hommes cessèrent de ramer et tournèrent la tête vers eux. Il y eut une voix, grave et profonde. Horn ne comprenait strictement rien à ce qu’il disait. La femme continuait de crier. A moins qu’elle…

— Faites-la taire ! Fram ! Elle ne crie pas, elle leur transmet des informations !


Il y eut le bruit d’un morceau de bois qui se brise, un cri, un vrai cette fois.

— Cette putain m’a mordue !

Un nouveau coup au milieu des branches, puis on n’entendit plus rien. Quelle que soit la manière employée, Horn supposa que Fram avait réussi sa manœuvre.

— Au trot ! Mettez les chevaux au trot.


L’ordre fut transmis et, tant bien que mal, ils chevauchèrent jusqu’à la lisière des bois. Le soleil s’était levé depuis lors, mais ils n’avaient plus vu trace des barques Dwimmen. Ils quittèrent le couvert des bois et retrouvèrent les pairies. La vue des collines fut un soulagement pour tous. Sous le soleil et le ciel, tout semblait moins pesant, moins oppressant. Il sembla à Horn qu’un poids l’avait quitté.

— Lieutenant ! On ne peut pas garder le rythme comme ça, dit Helm.

Derrière lui la femme noire tenait difficilement en selle.

— Elle arrête pas de gémir lieutenant. La selle a dû lui brûler le cul ou autre chose. Au trot elle a failli tomber plusieurs fois. Elle va esquinter le cheval aussi, le pauvre en a déjà sa claque et rue pour se débarrasser de sa charge. On mettra plus de temps qu’à l’aller pour rentrer. Si on la garde en tout cas…

Horn comprit où il voulait en venir.

— C’est une prisonnière. Et plus importante que tu ne le penses. Les barques ne sont qu’un avant-goût de quelque chose de plus gros qui va nous tomber sur le nez. Elle seule sait ce qui se trame. Nous la ramenons à Aldburg.
— Si c’est si grave, pourquoi Aldburg mon lieutenant ?
dit Eodred. On aurait pas mieux fait de l’emmener tout droit à Edoras ?
— Et pourquoi pas tout droit en Isengard pendant que tu y es ?
rajouta Fram. J’aimerais bien voir si notre roi est capable de prendre une décision !

Les cavaliers s’étaient tendus sur leurs chevaux. Les vieilles rancœurs revenaient à la charge. Chassez le naturel… Le lieutenant avait la mâchoire crispée. Il n’avait pas besoin qu’une querelle survienne entre ces hommes. Pas maintenant.

— Suffit ! cria-t-il. Nous rentrons à Aldburg. Le capitaine Thedras prendra les décisions qu’il convient.

Fram cracha par terre. L’affaire est réglée. Tout le monde le savait, le capitaine Thedras était un proche de Gallen Mortensen. La femme serait envoyée à Edoras aussi vite que possible pour que le Vice-Roi soit mis au courant. Mortensen édicterait ses ordres et prendrait une décision. Et Fendor… Le roi ne sera peut-être jamais au courant. Le roi se souvient-il seulement qu’il a un royaume ?
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Moridred
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Mar 17 Avr 2018 - 11:53
Moridred était resté à l’écart lorsque les cavaliers avaient emmené la captive dans le camp pour l’interroger. Il était immédiatement reparti avec Silfried dans les bois pour sécuriser le périmètre : il pourrait y avoir d’autres Dwimmens dans les environs. Il tentait aussi de se calmer. La montée d’adrénaline suite au combat avait été très forte, ses mains en tremblaient encore légèrement. Il repassait sans cesse dans sa tête les images de ce qu’il s’était passé et il était toujours surpris du fait que le captif était en fait une captive. Des femmes combattantes ? Qu’était-ce donc ce peuple qui faisait combattre ces femmes ? Et pourquoi pas des enfants alors ?
Quand il vit les flammes du bûcher s’élever dans le ciel et l’odeur des cadavres en train de se consumer, une forte émotion parcouru son corps. Il se souvenait du jeune Olfem qui ne rentrerait plus jamais chez lui. Il n’avait pas eu le temps de connaître grand-chose du monde.

Après encore une bonne heure de garde, lui et Silfried retournèrent dans le camp pour réveiller la relève mais personne ne dormait et les deux nouveaux gardes partirent immédiatement faire leur ronde. Moridred se coucha près des chevaux. La présence de ces animaux l’apaisait et les dernières tensions disparurent de son esprit. Toutefois, il ne put s’endormir : un flot de pensée ne cessait de retourner son esprit dans tous les sens et il fut bientôt l’heure de préparer le départ sans que ces yeux ne se soient fermés une seule fois.

- Debout tout le monde, lança le Lieutenant. L’aube arrive et nous partirons dès nous pourrons y voir assez.

Moridred se remit immédiatement debout et alla remettre son paquetage sur son cheval. Lorsque les premières lueurs de soleil apparurent et vinrent faire disparaitre les étoiles, la petite troupe se mit en route. Il était difficile de progresser parmi les arbres mais personne ne se plaint, ils étaient trop impatient de quitter les arbres pour retrouver les prairies dans lesquelles ils se sentiraient tous beaucoup plus en sécurité.
Quand le cri de Silfried retentit, Moridred qui chevauchait juste devant lui jeta immédiatement un regard sur la rivière et ce qu’il y vit ne le réconforta pas. Plusieurs barques remplies de Dwimmens étaient sur la rivière. Au total, ils devaient être une bonne cinquantaine. Il fallait quitter les lieux le plus vite possible surtout que la femme commença à crier.
Bien que le fait qu’elle mordit Fram l’aurait en général fait sourire, il fut soulager qu’elle se taise. Que pouvait-elle crier à l’attention de ses compagnons ? Peu en importait, il fallait progresser plus vite dans les arbres. Et après un certain temps, ils quittèrent les arbres et retrouvèrent les prairies. Quel bonheur et quel soulagement était-ce pour eux. Un sentiment de sécurité parvint à Moridred et son cœur s’allégea.

Ils tentèrent de garder le rythme pendant encore une bonne heure et la forêt s’éloignaient de plus en plus dans leur dos de sorte qu’elle ne paraissait à plus être aussi terrible que lorsqu’ils la parcouraient, mais les souvenirs de ce qu’il s’y était passé ne les quittaient pas. Ils obliquèrent aussi légèrement au sud pour s’éloigner de la rivière. Même si les Dwimmens avanceraient beaucoup moins vite qu’eux en barques et qu’en plus ils seraient à contre-courant, ils ne voulaient prendre aucun risque. Ces hommes noirs étaient tellement mystérieux pour eux qu’ils ne savaient plus à quoi s’attendre.
Ils continuèrent au trot encore un bon moment mais le soleil étant remonté dans le ciel, ils commençaient à nouveau à réchauffer énormément l’atmosphère. Les hommes se mirent à transpirer fortement et les chevaux tirèrent la langue. Moridred remonta la petite colonne et vint aux côtés du lieutenant.

- Lieutenant, il faudra penser à faire une pause. Les bêtes souffrent sous ce soleil de plomb, dit-il.

Moridred savait très bien que le Lieutenant savait déjà tout ça mais il semblait tellement taciturne qu’il espérait lui arracher une réaction. Il reçut seulement un petit « Mouais » mais il sembla sortir un peu de ses pensées. Il les guida vers un point d’eau qu’apparemment il connaissait assez bien vu qu’il n’avait pas semblé chercher beaucoup. Ils s’y reposèrent quelques instants, le temps pour les chevaux de boire et de manger un peu et aux hommes de se reposer.
La prisonnière, bien qu’elle semblait exténuée, gardait son caractère farouche. Elle se débattait dès qu’ils la touchaient que ce soit pour la descendre du cheval ou la traîner au milieu du groupe. Elle ne voulait ni boire ni manger et elle n’avait plus poussé un son depuis qu’ils avaient quittés le couvert des bois.

- Elle va nous retarder, relança Fram. Elle ne saura jamais rester tout ce temps sur la selle.
- Faites ce que vous voulez. Attachez la comme un sac mais nous ne ralentirons pas, repris sèchement Horn.

Après quelques instants de repos, ils l’attachèrent comme un sac, liée à la selle du cheval. Il n’était pas encore le midi lorsqu’ils repartirent. Ils tentaient de garder une allure assez élevée et la Dwimmen finit par s’évanouir de fatigue. Les cavaliers étaient beaucoup plus silencieux qu’à l’aller. Presque personne ne parla de la journée. Ils s’arrêtèrent assez régulièrement pour faire boire les chevaux mais chaque fois, les haltes étaient très brèves.
Ils chevauchèrent jusque tard dans la soirée. Le lieutenant n’accepta de s’arrêter que lorsqu’ils se trouvèrent presque dans une obscurité totale. Moridred trouva facilement le sommeil cette nuit-là. Pas qu’il n’avait pas en tête les événements passés mais parce qu’il était exténué après une nuit blanche et une journée entière de cheval. Hormis les hommes de garde, le camp fut extrêmement calme et sans mouvement sur l’ensemble de la nuit.

La journée suivante ressembla fort à la première, une progression rapide et des haltes assez fréquentes. Le soleil chauffait toujours comme dans un four et les hommes et les chevaux souffrirent énormément de ce voyage. La prisonnière ne voulait toujours rien avaler et restait toujours aussi silencieuse.
La journée touchait à sa fin lorsqu’enfin, ils aperçurent au loin les remparts de la cité.

- Un dernier effort, soldats, nous y serons vite, lança d’une voix forte Horn.

La dernière distance fut vite parcourue et la petite troupe entra dans la ville sous le regard des gardes de la porte qui observèrent avec des yeux ébahis la Dwimmen.
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