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 Des jours avec et des jours sans...

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Aelyn
Compagne du Vice-Roi du Rohan
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Aelyn

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Rôle : Fiancée du Vice-Roi du Riddermark - Guérisseuse

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Des jours avec et des jours sans... EmptySam 10 Jan 2015 - 20:26
[ Ei, je sais que t'avais dit que tu préférais les rp court mais je me suis un peu emballée, si tu veux tu peux zapper directement au paragraphe où elle arrive aux Maisons de Guérison Wink ]

Aelyn s'éveilla ce matin-là dès que Gallen se glissa hors de leur lit. Elle se sentit immédiatement fatiguée et nauséeuse. Son ventre la faisait souffrir et sa tête tambourinait violement. Elle resta les yeux fermés alors que le vice-roi s'en allait à son rendez-vous officiel avec le Haut-Roi du Royaume Réunifié. Elle sentit les doigts de son compagnon effleurer son dos et la cicatrice qui l'ornait, et ses lèvres sur les siennes. Elle laissa échapper un léger soupire de contentement, les yeux toujours clos. Puis elle attendit d'entendre son pas s'éloigner et quitter le logement qui leur avait été attribué. Sitôt la porte claquée, elle laissa échapper un long gémissement de douleur étouffé dans son oreiller.
Il y avait eu la chaleur de la veille, le stress de ne pas être à la hauteur, la nourriture au banquet, la fête du soir... et cette foutu bière naine qui n'avait améliorée son état. Son malaise était suffisamment puissant pour qu'elle maudisse Gallen entre ses dents. Mais quelle idée... !
La jeune femme prit une grande inspiration et tenta de se lever d'un coup, mais à peine assise, une brusque bouffée de chaleur et le sifflement caractéristique  de ses oreilles lui signalèrent que ce n'était sans doute pas la meilleure façon de s'y prendre dans son état actuel. La jeune femme enfouit son visage dans ses mains en attendant que ça passe. Elle avait beau chercher dans ses souvenirs, elle n'avait pas souvenir d'avoir été aussi mal la dernière fois... Finalement, après longues inspirations, elle parvint à se lever, les jambes un peu faibles.

L'ancienne guérisseuse de métier passa un long moment dans la baignoire à tenter de chasser le malaise avant de se décider d'en sortir, ne sentant aucune amélioration. Elle s'habilla et se coiffa rapidement et sortit finalement prévenir son escorte, deux jeunes soldats alertes et fiables, de leur départ. Ceux-ci commençaient d'ailleurs à s'inquiéter de ne pas la voir arriver, elle qui leur avait pourtant fait part de son souhait de partir tôt pour visiter le plus de lieux possible, mais aucun d'eux n'avait osé ne serait-ce que frapper à sa porte pour s'assurer que tout allait bien.
Comme à son habitude, elle les salua chaleureusement et les remercia de leur présence avant d'exposer son changement de programme. Elle était un peu pâle et l'un d'eux s'en inquiéta immédiatement et fit un pas vers elle.

« - Tout va bien Ma Dame ? Vous semblez souffrante. Voulez-vous que j'aille chercher un guérisseur ? »

Son collègue lui donna un coup de coude au flanc. Evidement, demander à une guérisseuse de lui faire mander un collègue pour une petite faiblesse, ce n'était guère diplomate. Certains l'aurait peut-être même prit pour une injure... Mais Aelyn était trop mal pour ça et était presque tentée d'accepter l'offre. Elle se contenta pourtant de sourire et secoua négativement la tête dans un geste lent.

« - Non, ça ira merci. En revanche, je crains, messieurs, que notre visite touristique ne se fera pas aujourd'hui. Mais il est vrai que je me sens... un peu faible. Si vous pouviez m'escorter jusqu'aux Maisons de Guérison, ce sera amplement suffisant. Je ne suis pas infirme, je peux me déplacer en personne. »

Les deux hommes hochèrent fébrilement la tête.

« - Bien sûr Ma Dame. »

Elle avait bien prévu de se rendre aux Maisons de Guérison de toute façon mais elle avait espéré y aller en temps que collègue, par simple curiosité professionnelle, et certainement pas en tant que patiente, mal et affaiblie. Déjà elle sentait que le peu de distance qui les séparaient des guérisseurs allait lui sembler une éternité de marche...

« - Oh et... S'il vous plait messieurs, pas un mot au Vice-Roi, je ne tiens pas à ce qu'il s'inquiète pour si peu. Il a tant de choses à faire bien plus importantes... mais il serait bien capable de tout lâcher rien que pour s'assurer par lui-même que tout va bien. »

Chaque fois qu'elle tombait malade, même si c'était rare, elle faisait de son mieux pour le dissimuler à Gallen. Les souvenirs de Farma étaient encore bien trop frais dans son esprit et elle ne voulait pas qu'il s'alarme au moindre rhume.

Le chemin vers les Maisons de Guérison fut, comme elle l'avait pressenti, long et pénible. Sa tête lui tournait moins et l'étau qui lui enserrait le crâne depuis le réveil avait un peu relâché son étreinte, mais la fatigue, les crampes et les nausées, elles persistaient. Les gardes, prévenants malgré leur état d'alerte, prenaient soin de simuler quelques arrêts de vérification inutiles pour lui laisser le temps de souffler sans avoir besoin de le réclamer. Elle leur en fut gré de ménager sa fierté.
Finalement ils arrivèrent devant ces bâtiments mythiques de la Cité Blanche, nommés maintes fois dans les histoires et les chansons du Riddermark, là où la vierge guerrière qui avait vaincu le chef des Nazgûl avait laissé l'épée pour devenir guérisseuse. La jeune rohirrim resta un moment à admirer l'architecture de ces pierres immaculées et emplir ses poumons des odeurs qui lui étaient, il n'y avait pas si longtemps encore, familières.

« - Inutile de m'accompagner plus avant messieurs, ici je ne risque rien. » annonça-t-elle aux gardes.

« - Impossible ma Dame, le Vice-Roi a été formel, on ne vous lâche pas d'une semelle. Il nous ferait trancher la gorge si nous vous laissions ne serait-ce que quelques minutes à la merci de n'importe quel criminel ! Et je n'ose imaginer ce qui nous arriverait si nous avions permis qu'il vous arrive malheur ! Vous êtes sa compagne, vous ne pouvez rester sans protection ! » argua celui-là même qui s'était inquiété pour sa santé un peu plus tôt.

Son collègue, plus rigide, lui offrit de nouveau un coup de coude pour son manque de déférence mais abonda en son sens.

« - Je crains ma Dame que cet imbécile n'en ait pas moins raison sur le fait qu'il est de notre devoir de vous suivre partout où vous allez. Les Maisons de Guérison n'en sont pas moins un lieu ouvert à tous et propice aux attaques. »

Aelyn soupira.

« - Soit... Mais faites-vous discrets, je ne suis pas là pour une visite officielle. »

Sur cette mise au point, elle rentra et demanda un remède contre les maux de tête et de ventre. La personne qui l'accueillit sembla la reconnaitre aussitôt et s'exécuta au pas de course après s'être profondément incliné. On la fit patienter dans une petite pièce à l'écart, qui pouvait se fermer d'un rideau, sans doute là où l'on examinait les patients.
Les Maisons grouillaient d'activités. Les guérisseurs et guérisseuses faisaient des allers et retours, leurs aides et leurs apprentis courraient ça et là chercher ce que leurs maîtres leur réclamaient et revenaient les bras chargés. Les patients arrivaient la mine basse et repartaient souvent le visage plus léger. Les servantes, quant à elles, vaquaient à leurs tâches au mieux en esquivant avec adresse toutes ces personnes.

Enfin, un vieux guérisseur arriva d'un pas claudiquant, dans ses mains un bol fumant de ce qui devait être le remède demandé. Personne ne l'avait examiné, sans doute savaient-ils déjà ce qu'elle avait été ?

« - Dame Aelyn, c'est un honneur de vous avoir entre nos murs. Le Gardien des Maisons de Guérison est au beau milieu d'une opération pour l'instant et n'a pas pu venir à vous saluer personnellement. Je suis Ylas, l'un des maîtres guérisseurs, pour vous servir. Voici le remède que vous avez demandé. Mais peut-être conviendrez-vous qu'il serait plus sage de vous faire examiner par un confrè...  »

Tout en parlant, l'homme avait offert le bol à Aelyn. Celle-ci inspira profondément au dessus du récipient.

« - Mais... c'est de la sauge ! » s'insurgea-t-elle.

D'un geste instinctif, elle rejeta violemment le bol devant elle comme s'il l'avait brûlée. Il s'écrasa par terre dans un brut sourd, répandant son contenu sur les dalles blanche. Le bois se fendit dans un craquement. Les gardes devant la porte bondir à l'intérieur, alertés. Un long silence figea la scène. Ylas regardait la jeune femme avec des yeux écarquillés de stupeur. Et Aelyn, pauvre Aelyn, était rouge de honte et de gêne.

« - Oh non ! Je suis désolée ! Je... C'est... Je suis vraiment navrée !!! »

Oubliant son rang, elle tomba à genoux pour essayer d'éponger les dégâts. Soudain, le vieux guérisseur éclata de rire et se hâta aussitôt de relever la jeune femme mortifiée.

« - Je vous en pris, Dame Aelyn... Ce n'est rien. Je crois que je comprends parfaitement... Veuillez me pardonner, j'aurais dû m'en douter. Ne vous occupez pas de ça, ce n'est rien. Je vais vous faire préparer un autre remède et une servante va venir s'occuper de ça. »

Il lui adressa un sourire compréhensif mais, tétanisée par son geste, Aelyn se contenta de hocher la tête sans même ouvrir la bouche. Les deux gardes se regardèrent, indécis quant à ce qu'il fallait faire puis finir par hausser les épaules et se remettre en poste.

Une cavalcade se fit entendre dans le couloir et un apprenti échevelé apparu dans l'embrasure de la porte.

« - Maître Ylas ! Maître Ylas ! Votre patient vient de se réveiller ! Il hurle pour qu'on le laisse sortir ! Il a manqué d'étrangler Annie quand elle lui a demandé de se recoucher ! »

« - Merin, par l'Arbre Blanc, un peu de tenue devant notre patiente de marque ! J'arrive. » puis il se tourna vers Aelyn en s'inclinant « Veuillez excuser mon apprenti, Dame Aelyn, il est encore jeune. Je vais vous envoyer quelqu'un pour vous examiner si vous le permettez, en attendant, mettez-vous à l'aise. »

Et il fit immédiatement volte-face. En chemin, la jeune femme l'entendit héler une servant :

« - Eirien, mon petit, pourriez-vous passer un coup de serpillère dans cette pièce s'il vous plait. Et ré-arranger votre robe... et aucune impertinence, cette dame est la compagne du vice-roi du Rohan. »

Et c'est donc avec un sourire désolé qu'Aelyn accueillit la jeune servante.

#Aelyn #Ylas
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Eirien
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Des jours avec et des jours sans... EmptyDim 11 Jan 2015 - 12:54
À croire que tout Minas Tirith s'était donné rendez-vous dans les Maisons. Ces lieux habituellement silencieux, paisibles et sereins, bourdonnaient aujourd'hui des mille et une plaintes des malades, des ordres des guérisseurs et des jérémiades des apprentis.

Active auprès des malades depuis les premières lueurs de l'aube - et debout depuis plus longtemps encore pour le déjeuner des apprentis et des servantes, on m'avait confié la tâche d'orchestrer le changement de la literie. Cette semaine, les lavandières auraient largement de quoi subvenir aux besoins de toute leur famille : les tas de linges souillés grandissaient à une vitesse effarante.

Il allait nous falloir deux charrettes à bras supplémentaires avant la mi-journée. Depuis plus de dix ans je vivais dans la Cité, et je connaissais nombre des garnements qui étaient chargés de porter les messages en échange de quelques piécettes. Il y en avait toujours un ou deux à trainer sur le perron des Maisons, et je pouvais parier que ce matin, ils seraient plus de cinq à attendre qu'on leur confie une mission.

Je trouvais effectivement dans la rue toute une bande de jeunes garçons qui jouaient bruyamment. À mon approche, ils se rangèrent comme des petits soldats, hilares mais volontaires. Je chargeais Jador et Jariv, deux frères dont l'aîné devait avoir 13 ans, d'aller chercher les charrettes deux Cercles plus bas. Les autres retournèrent à leurs jeux, dépités.

- La journée n'est pas finie, et elle s'annonce vraiment longue !

Ce n'était malheureusement que trop certain, mais eux s'en réjouirent.

J'en étais à l'inventaire des draps propres quand maître Ylas m'appela.

- Eirien, mon petit, pourriez-vous passer un coup de serpillère dans cette pièce s'il vous plait. Et ré-arrangez votre robe... et aucune impertinence, cette dame est la compagne du vice-roi du Rohan.

Je soupirais. Pour lui, je serai probablement toujours une fillette d'une dizaine d'années. Je resserrais le galon de laine qui me servait de ceinture et remis de l'ordre dans les plis de ma cotte de laine bleu gris. J'arrangeais aussi ma coiffe pour qu'aucun cheveu fou n'en dépasse.
Je sortis les bras des manches dépassées, et nouais celles-ci dans mon dos.

"aucune impertinence"
Quoi ! Tout ça parce qu'hier, j'avais copieusement incendié un noble personnage qui refusait que des femmes lui fissent sa toilette. Ah c'est sûr que ce n'était pas beau à voir, cette éruption purulente, cette furonculose honteuse pour quelqu'un de son rang.
Ou bien était-ce à cause du bourgeois de la semaine dernière, celui qui revient presque tout les mois pour la même maladie. J'avais pourtant raison quand je disais qu'il faudrait aussi soigner les filles d'une certaine ruelle si on ne voulait plus le revoir !
Ou encore...
Bon d'accord, aucune impertinence.

Le sol de cette salle avait besoin d'être nettoyé dans la journée, autant en profiter pour le faire dès à présent. Je me hâtais de remplir un baquet d'eau chaude et saisis deux épais linges blancs.

Je saluais la dame du Rohan sans mot dire, cela valait mieux.
Elle avait laissé tombé une infusion de sauge. Une odeur saine et fraiche montait de la flaque fumante. Le bol était irrécupérable. Je le mis néanmoins de côté, le bois nous servirait bien à quelque chose.

- Madame, il vaudrait mieux vous reposer en attendant son retour.

Je désignais la méridienne derrière elle et lui tendis mon bras pour l'aider à s'allonger.
Fermer mon clapet, fermer mon clapet. J'avais failli rajouter qu'avec elle plantée en plein milieu de la pièce, ça n'allait pas être facile de tout nettoyer.


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Nathanael
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Des jours avec et des jours sans... EmptyLun 12 Jan 2015 - 19:52
Des jours avec et des jours sans... Azaell10

La vieille chouette dodelinait de la tête dans son fauteuil alors que les premières lueurs de l’aurore ourlaient à peine les remparts de la Cité Blanche. La prodigalité de Minas Tirith avait atteint un nouveau seuil, si bien que la soirée de la veille s’était mue en une véritable orgie qui resterait longtemps dans les mémoires. Si tant est qu’un seul noble sût garder ses esprits pour s'en souvenir. En attendant, un certain nombre d’entre eux avaient du mal à garder quoi que ce soit et les salles des Maisons de Guérison avaient pris des airs de camps de pestiférés. Les allées et venues ne s’étaient guère calmées durant la nuit et elle avait fini par s’endormir après une garde trop longue à son goût. Ce n’était plus de son âge. Elle avait passé le relais à Ylas dans le courant de la nuit pour fuir toute cette agitation maladive. Ce vieux décrépi passait plus de temps à user ses semelles en faisant des allers retours inutiles qu’à soigner les malades mais sa grande anxiété passait auprès des patients pour un signe d’attention particulier.

Elle se réveilla, gênée par un reflet de lumière qui l’aveuglait. Par delà la fenêtre de vils garnements agitaient de droite et de gauche un morceau de miroir, ou d’elle ne savait quoi, et s’amusaient ainsi à la sortir de ses rêves. Elle fit mine de dormir encore un moment puis surgit sans prévenir de son siège en vociférant par Melkor qu’elle ferait de leur séant un agréable pied de lit. Les enfants s’éparpillèrent dans la cour comme une volée de moineaux et elle ne fut plus dérangée tandis qu’elle s’efforçait de s’arracher des derniers songes qui lui embrumaient l’esprit. Dans la pièce d’à côté des tintements, des raclements, des frottements et tapotements divers lui indiquèrent que toute la fourmilière s’agitait pour lutter contre les petits maux des grands seigneurs. Les plantes broyées, les tisanes et les décoctions diffusaient dans l’air une agréable odeur âcre qui l’avait accompagnée toute sa vie.

Elle quitta sa petite pièce particulière pour retrouver le tumulte exceptionnel qui suivait toute débauche royale. Elle entama sa tournée afin de prendre des nouvelles de chacun de ses patients et de s’assurer que ses remèdes avaient fonctionné.  Non pas qu’elle doutât encore de ses capacités mais certains nobles étaient de nature fragile et se plaignaient quelques fois d’effets secondaires non désirables. La furonculose aiguë qui avait affecté un grand seigneur la veille était apparue après une décoction contre une fièvre matinale. Etrange … Après tout les souverains avaient toutes les astuces pour attirer l’attention, il ne fallait plus s’étonner de rien.

Elle s’approcha de la couche d’une femme au visage encadré par de longs cheveux blonds. La petite servante qui l’accompagnait pendant son service s’empressa de lui murmurer qu’il s’agissait de la Nouvelle Dame du Rohan. Les goûts rohirrims étaient bien proches de ceux des gondoriens … les hauts dignitaires ne s’entichaient jamais de vilaines souillons. Elle eut un regard appuyé sur la soubrette chargée du nettoyage en ayant cette pensée. Elle ne prit néanmoins pas de pincettes avec cette noble patiente.

- On refuse sa potion, ma Dame ? Pourquoi Ylas voulait-il vous donner de la sauge ? Quel idiot ! On utilise la sauge pour agrémenter un plat de veau, de l’aubergine ou des pommes de terre ! Vous n’avez pourtant pas encore l’air d’être un légume …  De la sauge ?

Et elle prit une mine profondément songeuse, un tantinet exagérée diraient les mauvaises langues. Elle s’approcha d’Aleyn et commença à l’ausculter sans ménagement. Elle lui posa la main sur le front, lui tâta les ganglions, le cou, prit son pouls, lui regarda l’intérieur des mains, les ongles, puis les yeux, lui tira négligemment une oreille puis poussa un profond soupir.

- Enfin, ce n’est rien mon petit ! Ylas voit le mal partout et vous ferez prendre des vessies pour des lanternes si vous l’écoutiez. Il vous faut du repos, beaucoup de repos … aussi longtemps que nécessaire. Le mal finira bien par sortir, si vous voyez ce que je veux dire. De la sauge ! Mais quelle idée !

Et elle repartir aussi vite qu’elle était venue, pestant contre les idées saugrenues de son comparse, aussi gentil qu’il était incompétent.
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Gallen Mortensen
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Des jours avec et des jours sans... EmptyVen 16 Jan 2015 - 14:47
La maison de la Guérison, noble bâtisse de la cité Blanche était en ce jour l'objet de bien des convoitises. Un homme aux larges épaules retranché sous une alcôve, mangeait à pleine dents une pomme rouge vermillon. Cet homme lui aussi noble scrutait se don regard d'ébène la porte par laquelle la compagne du Vice roi était rentré: Erco Skaline vigilant scrutait avec attention les allers et venues, les renseignements donnés par Le phénix l'inquiétait , il avait pensé prévenir Aelyn mais si il le faisait, Gallen renforcerait la protection et les ennemis se retrancheraient dans l'ombre mais restaienta ctifs, Erco devait les prendre la main dans le sac. Il doit bien avouer que depuis sa lutte contre l'OCF il devenait plus retors et il doit bien l'admettre cela lui permettait d'être éloigné même un bref instant de son épouse détestée...

Mais le comte est et demeure un guerrier, un soldat, il n'est pas un espion ou un assassin expérimenté et d'autres paires d'yeux s'intéressaient à lui et aux allers venues dans la maison de guérison, des regards professionnels dans lesquels aucune pitié ne transpirait : des assassins déterminés à tuer.

#Erco #Gallen


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Aelyn
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Des jours avec et des jours sans... EmptyVen 16 Jan 2015 - 17:44
Aelyn se laissa mener par la jeune servante jusqu'à la méridienne mais refusa de s'allonger, préférant rester assise. Ses épaules étaient encore un peu basse et la douleur était toujours là mais, distraite de ses maux, elle se sentait un peu mieux.

« - Je suis vraiment désolée que ma bêtise vous donne du tracas supplémentaire, Mademoiselle. Vous devez avoir tant de travail à faire après tout le faste d'hier. Tant à boire et tant à manger ne laisse pas les gens indemnes. Les fêtes amènent souvent mille personnes auprès des guérisseurs le lendemain... et beaucoup de geignards aussi... »

Sa voix était parfaitement sincère, elle semblait véritablement désolée du trouble qu'elle avait causée et contrairement à beaucoup de dames de la noblesse, elle comprenait parfaitement la charge des gens de service. Cela ne la rendait que plus honteuse encore de son geste.

Cependant, elle n'eut le temps de rien ajouter. Une vieille femme venait de faire irruption dans la pièce. Elle était vieille mais la compagne du vice-roi peinait à mettre un âge sur ce visage excessivement sérieux, ces lèvres pincées et ce... froncement de sourcils ? Elle n'était même pas sûre que ce soit un froncement de sourcils! Qui était-ce ? Une gouvernante ? Une guérisseuse ? Une patiente un peu sénile peut-être ?
Une guérisseuse malheureusement, qui s'empressa de la traiter comme un enfant et la rabrouer pour son geste. Voilà qu'elle passait pour une gamine capricieuse maintenant. Comment ne pas mourir de honte ? Mais la fierté d'Aelyn luttait et elle répondit par un regard agacé à cette remarque déplacée.
Cela n'émut pas le moins du monde la vieille chouette qui commença un monologue sans fin dans lequel elle remettait en cause les compétences de son collègue, lui faisait remarquer qu'elle n'était pas un légume, qu'il ne fallait pas confondre cuisine et médecine, et que savait-elle d'autre... Puis, sans autorisation ni demander permission, elle s'attela à examiner la jeune rohirrim, inspectant, tâtant, palpant, étirant... le front, le cou, les bras, les mains, la langue, les yeux et les oreilles. Et tout cela sans ménagement. Si Aelyn n'était pas assez rapide à lui tendre le bras, elle se saisissait elle-même entre ses doigts secs sans aucune douceur.
Et la jeune femme n'osait trop rien dire. Etait-ce les méthodes habituelles pour les Maisons de Guérison ? Ou cette femme était-elle simplement folle à la manipuler comme une simple poupée de chiffon ? Mais voilà, la moindre tentative de révolte de sa part, simplement retirer son bras un peu brusquement de son emprise, suffirait à envoyer à terre cette petite vieille. Autant ne pas y songer, elle avait fait assez de dégâts comme ça pour la journée !

Enfin... Enfin ! L'auscultation prit fin. Aelyn en aurait soupiré de soulagement. Et la mine mi-sérieuse, mi agacée, la vieille dame lui livra son diagnostique.

- Enfin, ce n’est rien mon petit ! Ylas voit le mal partout et vous ferait prendre des vessies pour des lanternes si vous l’écoutiez. Il vous faut du repos, beaucoup de repos … aussi longtemps que nécessaire. Le mal finira bien par sortir, si vous voyez ce que je veux dire. De la sauge ! Mais quelle idée !

Aelyn battit plusieurs fois des paupières, sans voix. Comment... Mais la vieille ne lui lassa aucun temps pour parler et s'en repartit comme elle était venue, en maugréant contre l'incompétence crasse de son malheureux collègue.

Il y eut un moment de blanc dans la pièce durant lequel on n'entendait plus que le frottement du tissu sur la pierre qu'Eirien s'efforçait d'éponger. Puis la jeune femme partit d'un incompréhensible fou-rire. Pas de ces rires guindés des femmes nobles, non, mais un de ses rires francs des gens du peuple, un rire qui sonnait comme une averse sur un champs de clochettes en cristal fin. Elle riait et riait... jusqu'à ce que les larmes lui montent aux yeux. Quand enfin elle arriva à se calmer, elle saisit du coin de l'œil que la servante la regardait. Elle lui adressa de nouveau un sourire.

« - Excusez-moi Mademoiselle, mais qui est cette femme qui m'a examinée ? A vrai dire je n'arrive pas à savoir... Est-elle... sénile ? ou exceptionnellement clairvoyante ? »

Des jours avec et des jours sans... Ylas_g10   Des jours avec et des jours sans... Merin_10

Dans le couloir on pouvait entendre le pas claudiquant d'Ylas. Le vieux guérisseur croisa sa collègue et s'arrêta net.

« - Vous ! ... Qu'êtes-vous allée faire dans cette salle ? Ne me dites pas que vous avez joué votre petit numéro de mégère à Dame Aelyn ? » il y avait comme de l'effroi dans la voix du vieux guérisseur et de la colère. « Et ne m'ignorez pas quand je vous parle, espèce de vieille chouette rabougrie !... Revenez ici ! »

Il y un moment de silence suivi d'une suite de bougonneries inaudibles, puis de nouveau la voix du guérisseur.

« - Merin, allez porter son remède à la Dame, il faut que je sache ce qu'elle lui a dit ! Par tous les Rois, cette vieille pie sénile va me rendre fou ! »

C'est donc sur ces entre-faits qu'entra Merin, l'apprenti ébouriffé qui était venu leur arracher Ylas en catastrophe quelques temps plus tôt. C'était un jeune homme d'environ 17 ans, peut-être même 16, le teint pâlichon, des cheveux blonds indisciplinés et des yeux bleus si clairs qu'ils semblaient perpétuellement fixé sur le lointain. Il adressa un sourire timide à la Dame et un, plus franc, à Eirien. Et comme Aelyn semblait franchement amusée par ce qui se passait, il continua sur un trait d'humour en désignant l'extérieur d'un coup de tête.

« - Plus de 40 ans qu'ils travaillent ensemble et toujours incapables de se parler cordialement. Maître Ylas est la gentillesse incarné mais dès qu'elle est dans les parages, ça vire à la pugilat verbale, et elle le lui rend bien. Annie répète à qui veut l'entendre que ces deux là auraient mieux fait de s'épouser quand il était encore temps, que ça aurait épargné nos oreilles. Elle écoute trop les bardes ! A force de colporter des histoires pareilles c'est plus les chaudrons qu'ils vont lui faire récurer, mais les latrines... Pas vrai, Eirien ? »

Annie était, comme Eirien, une servante. Issue des taudis d'une petite ville, elle avait elle aussi voyagé pour trouver une place.  Elle était arrivée en début d'année mais étant aussi pipelette qu'elle était efficace dans son travail, elle s'attirait toujours des ennuis... Mais avec le sourire ! comme elle disait avec cette philosophie qu'on avait qu'à 16 ans.

« - Voilà votre nouveau remède, Dame Aelyn. Maître Ylas s'est assuré que les dosages convenaient pour vous. »


Dernière édition par Aelyn le Dim 5 Avr 2020 - 23:30, édité 1 fois
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Eirien
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Des jours avec et des jours sans... EmptySam 17 Jan 2015 - 0:04
Que la vieille chouette en soit remerciée (pour une fois), elle me sauvait du laïus mièvre et l' autoflagellation de la rohir. Se croyait-elle différente de cette foule qui avait pris d'assaut notre havre de paix ? Et bien, au moins, les manières râpeuses de la doyenne qui débarquait allait lui faire plus d'effets qu'une infusion de semences de fenouil.

Aelyn du Rohan se laissa faire comme un pantin, et la vieille en profita pour en rajouter. La guérisseuse avait beau commencer à donner quelques signes de sénilité (il fallait parfois intervertir ses ordonnances pour rendre aux malades les bons remèdes), elle ne perdait rien de sa perspicacité quant aux maux touchant les femmes.

Les linges que j'utilisais pour nettoyer le sol s'avéraient très absorbants. Peut-être pourrait-on garder le reste du lot de toiles pour en faire des langes destinés à nos patients énurétiques...

L'aïeule nous quitta sur un bon mot, enfin, un bon mot à sa manière, et, après être restée un bon moment interloquée, la dame émergea et se mit à rire. Ah ! Je l'avais bien dit qu'elle n'avait besoin que de se faire un peu secouer !

« - Excusez-moi Mademoiselle, mais qui est cette femme qui m'a examinée ? A vrai dire je n'arrive pas à savoir... Est-elle... sénile ? ou exceptionnellement clairvoyante ? »

Mademoiselle ? Mais d'où sortait cette femme ? Était-elle née noble pour coller du "Mademoiselle" à une simple servante ?
Prenant mon temps pour répondre, le meilleur moyen de ne pas dire d'âneries, je finis d'essorer les linges au-dessus du baquet, les pliais et les posais sur le rebord. Je me relevais, et tandis qu'on entendait maître Ylas se mettre à fulminer dans le couloir, je regardais la dame dans les yeux.

- Simplement sage de l'expérience de toute une vie.

Merin le blondinet apporta seul le remède à Dame Aelyn, tandis que les deux vieux s'adonnaient à leur passe-temps favori, la dispute de jouvenceaux sur la place publique.

« - Plus de 40 ans qu'ils travaillent ensemble et toujours incapables de se parler cordialement. Maître Ylas est la gentillesse incarné mais dès qu'elle est dans les parages, ça vire à la pugilat verbale, et elle le lui rend bien. Annie répète à qui veut l'entendre que ces deux là auraient mieux fait de s'épouser quand il était encore temps, que ça aurait épargné nos oreilles. Elle écoute trop les bardes ! A force de colporter des histoires pareilles c'est plus les chaudrons qu'ils vont lui faire récurer, mais les latrines... Pas vrai, Eirien ? »

Comme si j'allais répondre à ça... Ils faisaient bien la paire aussi, ces deux-là, Merin et Annie. Aussi bavards et inconscients l'un que l'autre. Ylas et son alter-ego pourraient mourir tranquilles, la relève était là !

Un délicieux parfum anisé montait du bol que tendit Merin à Dame Aelyn. Fenouil, origan, estragon et verveine.

J'étouffais un rire moqueur. Il s'agissait de la tisane que nous avions préparée au déjeuner pour nous donner du coeur à l'ouvrage. Il y en avait plusieurs pichets, en prévision des cas qui ne demanderaient qu'une boisson chaude et saine après toutes ces festivités...

Une question se posait cependant. Qui de Merin ou de moi était supposé rester auprès de la dame ? J'avais encore l'inventaire à terminer, les plus jeunes servantes à occuper, à aider à la préparation des repas de la mi-journée, et toute cette nuée de grandes gens à mettre dehors pour que les vrais malades puissent prendre du repos.

Tant pis pour Merin ! Je m'inclinais respectueusement devant Dame Aelyn, et franchis prestement le seuil avec mon baquet et mes linges. Je sortis sur le parvis des Maisons de Guérison pour vider mon seau dans la rigole qui menait aux fosses.
J'aperçus Jador et Jariv qui revenaient déjà avec les charrettes. Parfait ! Les garçons courraient dans la montée et s'arrêtèrent, à bout de souffle, devant le porche des Maisons.

- Nous allons charger le linge, et vous le porterez jusqu'au lavoir.

Je rentrais le temps de mettre la main sur deux autres servantes, et ensemble, nous ressortîmes avec les gigantesques piles de draps sales. Sitôt leur fardeau déposé, mes consoeurs firent demi-tour, et j'aidais les deux frères à équilibrer les chargements. Les carrioles suffisaient tout juste. Jador et Jariv, les fils de Jadmir, repartirent, toujours pleins d'entrain malgré le poids des toiles.
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Nathanael
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Des jours avec et des jours sans... EmptyMer 21 Jan 2015 - 16:24
Des jours avec et des jours sans... Azaell10
Ylas la poursuivit quelques pas encore avant qu’elle ne parvienne à le semer, les yeux emplis d’une malice sénile. Ce vieux râleur n’avait-il donc rien d’autre à faire que de lui mettre des bâtons dans les roues ? Les roues ! S’ils continuaient à ce rythme tous les deux, à leur âge, ils finiraient bientôt dans des chariots grotesques dont on affublait les nobles pour qu’ils aient le sentiment d’être toujours autonomes. Sauf qu’à être mené à droite et à gauche de la sorte, on ne savait plus tellement si l’âne tirait la charrette ou se trouvait à son bord. Elle fit taire Ylas en se retournant brusquement et en lui plaçant un doigt entre les côtes comme on pique une viande sur la broche pour savoir si elle est cuite.

- Dites donc vieille peau racornie, n’avez-vous rien d’autres à faire ? Il me semble que dans la nuit vous vous êtes trompés de remèdes et qu’un seigneur fort important se trouve en avoir eu des diarrhées et des nausées toutes plus nauséabondes les unes que les autres … Si je ne m’abuse, c’est à vous d’aller lui présenter vos excuses, plutôt qu’à moi de réparer les pots cassés ! Allez ouste ! Vous avez du travail, …

Et elle le congédia comme s’il n’avait été qu’un enfant. Ylas la regarda un moment bouche bée, les lèvres à demie ouvertes, prêt à expulser un nouveau flot de paroles caustiques. Sur ces entrefaites une jeune servante arriva paniquée, au bord des larmes, et ramenant avec elle un délicat fumet qu’un porc lui-même n’aurait pas voulu reconnaître comme sien. Elle se contenta d’une phrase pour faire déguerpir son collègue.

- Je crois que la situation est un peu plus critique que ce que je ne pensais.

Elle se pinça le nez sans détour et prit la direction opposée pour retourner vers la couche d’Aelyn. Merin, un jeune écervelé, tenait compagnie à la Dame du Rohan comme un plumeau, en un peu mois bien tout de même puisque l'on ne pouvait même pas s’en servir pour faire la poussière. Il avait les chevaux en bataille, comme de coutume, et cette manie de laisser de côté les soins capillaires l’énervait au plus haut point. Comme s’il n’avait pas le temps de se passer un coup de peigne ! Ce n’était pas comme elle, qui n’avait déjà presque pas eu le temps de dormir. Mais le jeune freluquet avait passé la soirée à faire la cour aux autres servantes, aussi gai qu’un pinson quand tout le monde s’affairait à contenir la vague des malades. Elle allait lui voler dans les plumes.

- Merlin !

Le jeune homme la regarda, interloqué, balbutiant des excuses pour des fautes qu’il n’avait peut-être même pas encore commises. Ses lèvres tremblaient devant la marée de colère qui allait s’abattre sur lui. Il eut juste le temps de bredouiller :

- Merin, madame, Mer …

Mais il fut trop tard pour échapper à la houle de mauvaise humeur d’Azaelle.

- Et on ose me contredire !? Merlin votre impertinence vous perdra, vous et votre conscience de débauché, de mal instruit, de chérubin de la plèbe, de serviteur de basse fosse. Après les servantes vous vous attaquez à la noblesse en leur servant votre mielleux discours plutôt que des soins adaptés ! Vous marchez bien dans les pas de votre cher Ylas. Mais on ne guérit pas par des paroles Merlin ! La salive n’a encore jamais soigné personne à ce que je sache ! Si vous voulez bavarder à tord et à travers, vous auriez du faire saltimbanque, baladin, ou mieux, bouffon ! Mais ici ce n’est pas ce qu’on vous demande, donnez moi ça, qu’est ce que c’est encore que ces histoires ?

Elle arracha des mains, plus qu’elle ne prit, le bol que tenait Aelyn. Elle bascula son nez au dessus du récipient, l’huma, comme s’il s’agissait d’un vin réputé, fit tourner le breuvage d’une main habile et y porta les lèvres. Elle en but une longue gorgée en aspirant du bout des lèvres dans un bruit de succion digne d’un grabataire et reposa le bol sur une petite table tandis qu’elle goûtait le remède en le faisant revenir en bouche. Elle ferma les yeux, eut de nouveau cet air d’intense concentration, éleva un sourcil, mit la tête de côté, comme si elle était indécise, puis finit par recracher négligemment ce qu’elle avait dans la bouche.

- Et bien, pour une fois il ne s’est pas trompé ! Trois fois par jours, jusqu’à ce que ça passe, et vous irez mieux ! Comme je le disais, ce n’est rien ! A trop boire et à trop manger, on se tord le ventre de douleur et puis c’est tout ! Je vous le disais, ça finira bien par sortir !

Et comme à son habitude, éternel courant d’air, elle repartit comme elle était venue. Elle s’en retourna en direction de sa petite pièce personnelle dans l’idée de se reposer enfin. Au passage elle chatouilla les pieds d’un malade et passa la porte en se gaussant de tous ces imbéciles, hilare.
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Ryad Assad
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Des jours avec et des jours sans... EmptyMer 18 Fév 2015 - 0:31
Il entrouvrit les lèvres, gonfla les joues, et tira un petit cercle de fumée qui s'envola dans les airs. Ses contours incertains vacillèrent un instant, avant que ne se délitât la structure parfaite, qui se décompensa en milliers de filaments. Il disparut bientôt, emporté par un courant d'air bienvenue en cette chaude journée d'été. Minas Tirith était baignée d'un doux soleil, et plus que jamais elle méritait son titre de Cité Blanche. Surtout ici, aux maisons de guérison, où les pavés semblaient étinceler d'une lumière propre, si pure que marcher dessus paraissait être un crime contre le bon goût. A l'intérieur des maisons, régnait une atmosphère particulière et difficile à décrire. Chacun semblait pénétré par la majesté des lieux, et s'évertuait à respecter le calme et la tranquillité, comme si hausser la voix ou s'emporter aurait semblé inconvenant, déplacé pour ne pas dire franchement sacrilège. Il fallait voir ces servants et servantes qui s'affairaient dans le plus grand silence, ces malades qui essayaient de retenir leurs gémissements de douleur alors qu'ils étaient pris en charge affectueusement par les guérisseurs des lieux, qui s'affairaient méthodiquement au chevet de chacun, essayant de se souvenir de chaque affliction, de chaque diagnostic, de chaque micro-information. Il n'était guère possible de soigner tout le monde en même temps, et certains devaient attendre leur tour patiemment. Ils s'asseyaient alors sur un lit inoccupé – il en restait encore un ou deux – et prenaient leur mal en patience.

Rangeant la pipe qu'il avait au bec dans une poche intérieure de son pourpoint, un des hommes se leva négligemment, et se dirigea vers un groupe qu'il avait repéré depuis un moment. Une jeune servante accroupie en train de nettoyer vigoureusement le sol, deux hommes en armure, le torse frappé du blason du Rohan qui encadraient une jeune femme blonde apparemment malade. A chaque pas, il glanait un peu plus de détails sur la scène qu'il avait en face de lui, comme si en approchant le nez d'un tableau gigantesque, il en découvrait les secrets. Ses yeux avides observèrent le jeune homme venu apporter un nouveau vol à la dame du Rohan, les lèvres de ces personnages bouger comme des automates, alors qu'ils entretenaient une conversation qu'il ne pouvait pas percevoir de là où il était. Il écarta d'une main un vieillard qui se trouvait sur son chemin, sans brusquerie aucune, mais sans non plus vraiment remarquer sa présence. A dire vrai, ses yeux étaient rivés sur la jeune femme blonde, qu'il paraissait ne pas être capable de lâcher du regard. Sa main droite s'agitait de manière incontrôlable, et ses doigts paraissaient caresser un objet qu'il tenait caché dans sa manche. Esquivant habilement un docteur qui passait par là, il poursuivit sa route, dans un état qui frisait la transe.


~ ~ ~ ~


Le Comte Skaline se tenait là, observant les environs d'un œil sévère. Il était un grand ami de Gallen Mortensen, désormais Vice-Roi du Rohan, et il lui avait promis qu'il veillerait sur la belle de son cœur, ce qu'il faisait en cet instant précis. Il sentait que le poids de sa chère Amdir manquait à son côté, mais les règles étaient strictes actuellement à Minas Tirith, et nul n'était autorisé à pénétrer armé dans la Cité, sinon de très rares privilégiés auxquels il n'appartenait pas, en dépit de son rang. Les rares qu'il avait vus avec une arme au côté étaient les monarques lors de la cérémonie du mariage, leurs gardes du corps privés, au nombre de deux par souverain, et c'était tout. La politique aurait dû rassurer tout le monde, mettre à l'aise les guerriers les plus endurcis, mais en vérité c'était tout l'inverse. Elle leur donnait l'impression d'être nus, totalement à la merci du premier combattant venu qui aurait trouvé une façon ou une autre d'introduire une épée dans la cité. Il fallait faire confiance aux gardes de Minas Tirith, qui patrouillaient régulièrement, et procédaient à des fouilles aléatoires. Mais enfin… ce n'étaient jamais que des gardes que l'on pouvait tromper aisément, pour peu qu'on eût les nerfs solides, une très bonne connaissance des rouages de la ville, et beaucoup de chance.

Erco en était là de ses pensées quand il vit arriver un homme à la mine étrange, qui traversait la salle avec, de toute évidence, l'intention de se rapprocher d'Aelyn. Il jeta un coup d'œil furtif à la jeune femme, qui ne semblait pas avoir vu l'individu. En fait, personne ne paraissait l'avoir encore remarqué, et seul son sixième sens de guerrier lui avait permis de repérer la menace. A moins que ce ne fût la paranoïa. Il avait passé beaucoup de temps sur le champ de bataille, et la lutte ardue contre l'Ordre le faisait douter de tout et de tout le monde. Ses seuls alliés étaient ceux qui avaient versé leur sang dans cette cause commune, tels Gallen. Les autres… Il ne pouvait pas encore se prononcer. Revenant à l'homme étrange, il l'analysa un moment. Le type paraissait étrangement mécanique, comme s'il n'était pas véritablement lui-même. On ne pouvait pas dire qu'il était menaçant en soi, mais il y avait quelque chose chez lui qui ne plaisait pas à Erco. Une forme de détermination implacable qu'il n'avait vu que chez les Pies lancées frontalement face à une mort certaine. Seuls les fous marchaient ainsi, insensibles à la peur. Des fous que l'Ordre de la Couronne de Fer avait su utiliser à son profit.

D'un geste de la tête, il désigna aux deux gardes qui escortaient Aelyn la présence de cet individu étrange. L'un d'entre eux, celui qui s'était plus tôt inquiété de l'état de santé de la dame du Rohan, quitta son poste sans un mot et se porta à la rencontre de l'étranger, qu'il arrêta en lui mettant virilement une main sur le torse. Pendant que son confrère rassurait la compagne du Vice-Roi, il prit la parole d'une voix assurée et intimidante :

- Je peux savoir où vous allez ?

La question était maladroite, et si le militaire avait été au courant des us et coutumes à l'étrangers, il aurait su qu'il n'était pas en droit de poser cette question. Après tout, il était un soldat du Rohan, ce qui signifiait qu'il n'avait aucun pouvoir ici. Il pouvait protéger la vie d'Aelyn tant qu'il lui plaisait, mais il n'était pas dans ses attributions de définir un périmètre de sécurité autour d'elle. Cette prérogative appartenait à ceux qui dirigeaient les Maisons de Guérison. Il aurait dès lors dû recevoir une réponse outrée de la part de son interlocuteur, qui aurait très bien pu souligner cet état de fait, ou plus simplement lui dire que ce n'étaient pas ses affaires, et qu'il allait où il le souhaitait. Toutefois, le type étrange se contenta de garder le silence. Il regardait même dans le vide, légèrement à gauche du visage du Rohirrim. Face à ce silence étrange, le militaire haussa un sourcil interloqué, et détailla son interlocuteur. Il était tout à fait quelconque, brun, une barbe de dix jours, les traits les plus banals du monde. Il avait l'air d'être étranger lui aussi, peut-être un homme du Nord, mais il n'avait pas rencontré assez d'Arnoriens pour pouvoir en juger. Interloqué, il retira sa main du torse sur laquelle elle était posée, et découvrit par là-même un pendentif très simple, qui rejaillissait sur le pourpoint. Une simple chaîne à laquelle était suspendue un cercle nu.

- C'est quoi ça ?

L'homme sourit sans joie :

- C'est la vie.

Le Rohirrim haussa les deux sourcils cette fois, et se retourna vers ses compagnons, le regard interrogateur. Il avait l'air de leur demander : « qu'est-ce que je dois faire d'un fou pareil ? ». Une question qui était tout à fait légitime, mais qu'il aurait dû garder pour lui. S'il avait été un peu plus âgé, un peu plus expérimenté, peut-être un peu moins confiant dans ses capacités, un peu moins enclin à juger selon les apparences, il ne se serait pas retourné ainsi. Il n'aurait pas prêté le flanc à un inconnu potentiellement dangereux, à une lame surgie de nulle part, qui lui rentra violemment dans le flanc, là où sa cuirasse légère était en défaut. Tout se passa très vite, trop vite pour que quiconque pût réagir d'ailleurs. Il n'y eut pas de cri, pas même un craquement sinistre. Non. L'attaque avait été rapide et brutale, un coup de surin vicieux et bien placé. La lame improvisée, construite à partir d'un long clou de métal dont on se servait pour les charpentes fixé maladroitement sur un manche en bois, pénétra proprement dans les chairs, et en ressortit aussi vite. Le clou se désolidarisa du manche, et tomba au sol, rendant l'arme inutilisable après avoir atteint son but premier.

Le jeune homme n'était pas encore tombé que son compagnon et Erco se jetaient en avant, pour parer à l'avancée de cet homme qui venait clairement de se révéler comme étant un ennemi. Aelyn, la servante, le jeune homme… Nul ne semblait avoir compris ce que les combattants de la pièce avaient deviné instantanément : on tentait de s'en prendre à la vie de la dame du Rohan, et un redoutable combat allait suivre. Ils parurent réagir quand ils virent les hommes en armes bondir furieusement dans la direction de cette nouvelle menace, mais plus certainement quand le jeune Rohirrim tomba à genou, le visage tordu dans une grimace de douleur contenue, essayant péniblement de retenir sa vie qui s'échappait du trou circulaire creusé dans son flanc. La pointe avait pénétré profondément dans son organisme, mais n'avait fort heureusement pas touché d'organe vital.  Toutefois, il risquait fort de l'hémorragie qui s'en suivrait, s'il n'était pas traité rapidement. Il était paradoxal de voir qu'au beau milieu des Maisons de Guérison, il était susceptible de ne recevoir aucune aide si ses compagnons ne mettaient pas un terme à cette menace rapidement.

Erco sentit les pulsations du combat gorger ses muscles d'adrénaline, et sa perception changea subitement alors qu'il ouvrait ses sens de guerrier à son environnement. Ce fut certainement ce qui lui permit de voir, à la périphérie de son champ de vision, le second tueur qui fondait sur Aelyn. Il avait contourné largement la pièce, et attaquait par derrière, prenant à revers les deux soldats. Si le Comte n'avait pas été un peu en retrait, jamais il n'aurait vu le danger arriver. Il s'arrêta net, et se retourna pour faire face à cette nouvelle menace. Le sicaire, démasqué, sortit de sa poche un couteau de fortune, et chargea frontalement son dernier adversaire, le dernier rempart entre lul et la gorge tendue d'Aelyn. Avant que l'impact eût lieu, Erco trouva la lucidité de crier un premier et dernier ordre, à quiconque pouvait l'entendre :

- Mettez Aelyn à l'abri !

Son injonction s'adressait à tout le monde et à personne en particulier, si bien que chacun put le prendre pour lui. En vérité, les principaux concernés étaient sans aucun doute ceux qui encadraient présentement la jeune femme. Il n'aurait jamais confié la sécurité de cette dernière à des non militaires s'il n'avait pas eu d'autre choix, mais la situation paraissait incroyablement inégale, et il faudrait faire avec les moyens du bord. Tandis que le combat se déclenchait véritablement, chacun paraissait prendre la mesure de ce qui était en train de se dérouler. Les malades les plus valides quittèrent leur lit immédiatement, et se réfugièrent aussi loin que possible du théâtre du combat, tandis que les plus infirmes essayaient de rouler hors de leurs draps, comme si choir au sol misérablement allait les préserver de la furie à venir. Les docteurs s'écartaient précipitamment, essayant de contenir tout mouvement de panique qui n'aurait fait qu'accroître la tension, et qui aurait probablement desservi le Comte et le dernier garde du Rohan. Ce dernier fut d'ailleurs neutralisé bien ironiquement à cause de l'ordre d'Erco.

En entendant cet appel, il s'était arrêté brusquement, partagé entre l'envie de briser la nuque de son adversaire, et son devoir de protéger Aelyn qu'il venait de se rappeler subitement. Il jeta un regard en arrière, pour s'assurer qu'elle allait bien, et aperçut à son tour le second tueur. Lui aussi était jeune, lui aussi était inexpérimenté, et ce qui devait n'être qu'une escorte de routine se transforma pour les Rohirrim en une véritable débâcle. Pendant qu'il avait la tête ailleurs, il reçut un redoutable coup de poing en plein visage qui le fit vaciller. Érigeant ses poings pour se protéger, il ne vit pas venir le coup de pied qui le cueillit au niveau du genou. Il n'y eut pas de dislocation, mais la douleur fulgurante le força à reculer en boitillant. Ouvrant l'œil droit, le seul valide après que le premier coup lui eût éclaté l'arcade gauche, il tenta un assaut maladroit, et se retrouva maîtrisé par un crochet au menton qui l'envoya rouler par terre misérablement. Au bord de l'inconscience, il essaya fébrilement d'agripper les bottes du premier tuer, du bout des doigts. Ce dernier se retourna vers lui, et lui asséna un coup de pied dans l'oreille. Cette fois, le garde avait eu son compte. Il n'était pas encore mort, mais l'inquiétant filet de sang qui coulait sous son visage n'annonçait rien de bon…

L'assassin, le regard encore plus effrayant maintenant qu'il avait goûté au sang, posa ses yeux qui paraissaient ne pas ciller sur Aelyn. Il n'avait plus son arme, mais qu'est-ce qui l'empêcherait de se débarrasser d'elle désormais ? Certainement pas le Comte, qui était aux prises avec l'autre tueur. Il avait réussi à lui retirer son surin, mais ils en étaient à échanger des coups sans merci, ce qui ne lui donnerait pas le temps de venir défendre la dame du Rohan. Ce n'étaient pas non plus ces servants effrayés, qui le dévisageaient avec effroi, qui trouveraient le moyen de l'arrêter. Ses yeux s'agrandirent au point que ses pupilles devinrent deux points noirs au milieu d'un océan nacré, alors qu'il ouvrait la bouche pour prononcer une dernière phrase :

- Le crâne… Commença-t-il.

A vrai dire, dans les Maisons de Guérison, il était fort improbable de tomber sur un individu suffisamment entraîné et suffisamment en forme pour rivaliser avec un assassin entraîné. Improbable mais très certainement pas impossible. Le tueur capta un mouvement sur sa droite, mais il n'eut même pas le temps de tourner la tête qu'il était déjà percuté par un taureau lancé à pleine vitesse. Le mastodonte, qui pesait au bas mot une centaine de kilos pour plus de deux mètres d'altitude, s'était jeté sur lui avec la délicatesse d'un bélier d'acier venant frapper à la porte de Minas Tirith. Le corps du tueur fut catapulté sur le mur le plus proche, sur lequel il rebondit lourdement, avant de s'écraser sur le sol, sonné. Le monstre qui venait de le tamponner dans les règles se redressa, rejetant ses longs cheveux derrière son crâne. Il n'eut pas un regard pour Aelyn ou les servants, car déjà en face de lui, le tueur était en train de reprendre ses esprits, et de se relever péniblement. Le combat n'était pas fini.

Mais pour Aelyn et sa suite improvisée, c'était une occasion inespérée de fuir. Restait à savoir s'ils oseraient laisser derrière eux les corps étendus de deux vaillants soldats Rohirrim, dont l'un gémissait de douleur, en essayant de comprimer sa plaie, tandis que l'autre reposait inconscient, sans qu'il fût possible de déterminer avec certitude s'il était toujours vivant.

Ça, c'était un jour sans...

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Aelyn
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Des jours avec et des jours sans... EmptyLun 23 Fév 2015 - 0:13
Aelyn suivit des yeux le départ de la jeune servante . Elle profita des instants qui suivirent, de la paix des lieux, du bruit de fond du personnel afféré dans une agitation rassurante et d'un mélanges d'odeurs familière... jusqu'à ce que la vieille folle ne refasse irruption dans la pièce ! Sitôt qu'elle ouvrit la bouche, le pauvre Merlin... non, Merin, s'était recroquevillé sur lui même comme pour contrer une déferlante. Cette femme qui lui arrivait à peine au menton et qui, quelques minutes auparavant, était le centre de ses moqueries, semblait maintenant lui flanquer une frousse bleue. Mais, aux constatations d'Aelyn, il y avait de quoi ! Par les Méaras, qu'elle était heureuse d'avoir appris la médecine auprès de sa douce et calme tante Elwyn plutôt qu'avec cette furie qui n'avait visiblement pas toute sa tête dans le même bâtiment. Aussi clairvoyante qu'elle puisse être, elle était tout bonnement effrayante quand elle s'y mettait !
Après avoir copieusement insulté le jeune homme sur sa fainéantise, son incompétence, son caractère volage et accusé de tous les maux de la Cité, la mégère lui arracha le remède des mains et en aspira une grande goulée dans un bruit écœurant de succion qui eut tôt fait de retourner l'estomac encore fragile de la pauvre Aelyn. La jeune femme se força a respirer longuement par le nez et se demanda si, finalement, elle n'aurait pas mieux fait de simplement rester couchée au fond de son lit et dormir jusqu'à ce que ça passe.
Enfin, la vieille chouette apposa son approbation et sortie comme si tout était le plus normal du monde. Mais il fallut bien plusieurs minutes à Aelyn pour calmer son haut-le-cœur et plus encore pour se décider à boire elle-même le remède.

La jeune femme passa le nez au-dessus du bol, humant le parfum et en devina rapidement la composition. Elle haussa un sourcil. Elle ne s'attendait pas vraiment à ça mais... au point où elle en était même un remède aussi basique ferait l'affaire. Et ça ne pouvait pas lui faire de mal, bien au contraire ! Quant au pauvre Merin, le garçon semblait envisager sérieusement de prendre la clé des champs dans l'instant de peur que la vieille ne rebrousse chemin et ne le retrouve dans les parages.
Les deux gardes à la porte échangèrent un regard qui en disait long sur ce qu'ils pensaient de ce lieu, qu'ils auraient plus facilement qualifié d'asile de fous si on ne leur en avait montré que les occupants. En bons rohirrim, ils haussèrent les épaules, jugeant que, de toute façon, ils étaient fous ces gondoriens, puis reportèrent leur attention sur leur tâche.

Au bout d'un long moment, Aelyn commença à réellement se sentir soulager. Les maux qui l'accablaient depuis le matin refluaient enfin et elle avait bon espoir de pouvoir rentrer très vite. Elle laissa aller son dos contre le mur de pierres blanches dont la fraicheur était une véritable source d'apaisement sous cette chaleur estivale.
Pour éviter au jeune Merin un silence gênant et se changer les idées, elle l'interrogea sur les Maisons de Guérison, leurs fonctionnements et toutes les questions qui lui passaient par la tête, ce à quoi le jeune homme répondait de bon cœur, presque avec enthousiasme, si ce n'était ces coups d'œil fréquents vers la porte comme s'il craignait qu'un dragon n'y fasse une entrée. ou alors était-ce pour guetté le retour de cette servante, Eirien ?

Cependant, la discussion tourna court quand l'un des gardes quitta son poste d'observation pour aller au devant d'un individu suspect. En entendant l'interjection, la jeune dame se pencha en avant sur son siège pour tenter de voir le visage de l'interlocuteur. Son autre garde se rapprocha d'elle, lui assurant que ce n'était rien, juste un petit contrôle pour s'assurer que tout allait bien. Aucune raison de s'inquiéter, vraiment. Aelyn acquiesça machinalement tout en continuant d'essayer d'apercevoir le visage de l'autre homme. Mais, à dire vrai, elle ne se faisait pas tant de soucis. Qui s'en prendrait à elle après tout ? De toutes les cibles potentielles de la Cité, elle était des moindre. De tous les dignitaires, son statut était celui de moindre valeur. Officiellement, elle n'était même pas grand-chose.
Pourtant, un frisson remonta son échine lorsqu'enfin elle croisa le regard de l'individu. Elle avait l'impression d'avoir été brusquement plongée dans une bassine de glace. Cet homme faisait froid dans le dos. Il avait l'air normal pourtant, un physique banal, des vêtements classiques, mais quelque chose chez lui faisait retentir toutes les cloches d'alarme de la jeune femme. Etrange. Aelyn détourna le regard et chassa la sensation d'un revers de pensée, préférant s'en référer à la logique.  Logique qui lui assurait qu'elle n'avait aucune raison de s'inquiéter.

Le jeune soldat se tourna vers eux , visiblement incertain de la procédure à suivre. Aelyn s'apprêtait à faire un geste pour qu'il laisser aller l'individu. Elle n'eut pas le temps. Brusquement, tout s'accéléra. L'homme sortit  une lame de fortune d'elle ne savait où et, avec une précision chirurgicale, l'enfonça profondément  dans le flanc si brièvement exposé du pauvre garde. Les yeux d'Aelyn s'écarquillèrent et sa bouche s'ouvrit dans un cri d'horreur muet. Comme au ralenti, elle distingua le clou s'extirper de la chair de son garde du corps, chuter et rebondir dans un tintement sur le sol de pierre immaculé. Un battement de paupière plus tard et tout les protagonistes formaient une mêlée indistincte. Et Erco... Erco ?! Que faisait-il là ?! Erco faisait barrage entre elle et l'assaillant. Ou les assaillants... Elle ne voyait pas, elle ne comprenait pas. La soudaine panique obstruait ses sens.
Le plus jeune de ses soldats se tenait à terre, la main pressée sur la plaie de son abdomen qui déversait un flot inquiétant de sang sans parvenir à endiguer l'hémorragie. Et si la pointe avait touché le foie ? Ou un rein ? De là où elle se trouvait, au milieu de cette confusion dont elle était le centre, elle n'était sûre de rien. Et son cerveau n'arrivait pas non plus à comprendre la situation. Même maintenant, elle n'arrivait pas à envisager qu'elle puisse être la cible. Tout son esprit se rebellait contre cette idée.

Directement pourtant, ce n'est pas vers la porte qu'elle se précipita, mais vers l'homme à terre. Ses réflexes de guérisseuse semblaient être seuls à avoir survécu au choc de la situation plutôt que le plus élémentaire instinct de survie. Elle ne vit pas l'homme qui se précipitait vers elle jusqu'à ce qu'il rentre en collision avec Erco qui, de nouveau, s'interposa. Le monde autour n'était plus que cris de terreur et ruée vers la sortie des patients paniqués. La jeune femme se mit à trembler violement. Son esprit lui hurla de courir, de fuir. Mais où ? Où se mettre à l'abri dans une ville inconnue et qui, subitement, se révélait hostile. Et son garde  recroquevillé au sol dans son propre sang, l'autre face au premier assaillant, Erco, au second...

- Mettez Aelyn à l'abri ! cria ce dernier dans le tumulte

Mais il y avait peu de monde pour mettre l'ordre en application. Le jeune apprenti guérisseur était resté pétrifié à l'exact place où il discutait avec la Dame du Rohan quelques minutes auparavant. La jeune servante, elle n'avait pas la moindre idée où elle se trouvait... Quant aux autres, dans le chaos ambiant, difficile de savoir qui pouvait bien prêter attention à ces cris. Quant à la concernée, elle ne pouvait simplement rien faire de plus que rester à genoux à côté du soldat blessé, sans pouvoir bouger.
Tout était flou, fragmenté. Le second rohirrim tomba derrière elle, la faisant faire volte-face. L'assassin, débarrassé de son adversaire, chargea à grandes enjambées dans sa direction. Dans son regard, elle était déjà morte. Aelyn chercha frénétiquement à son flanc son poignard que pourtant elle ne portait pas. Elle allait mourir ! L'instant suivant, le tueur était fracassé au sol après une douloureuse rencontre avec le mur. Elle ne croyait pas connaitre l'homme qui venait de lui sauver la vie mais c'était une véritable force de la nature.

Brusquement, le chemin vers la sortie venait de se libérer. Dans la confusion, une minuscule ouverture s'offrait à elle.  Elle se précipita mais le gémissement de douleur de son garde à terre fit lâcher ses jambes. Elle ne pouvait pas l'abandonner. Elle ne pouvait pas laisser quelqu'un mourir pour elle. Elle refusait. Jamais !
Gallen allait être furieux, fut la première pensée à lui traverser l'esprit, aussi impromptue puisse-t-elle être. Qu'elle aurait aimé qu'il soit là. Elle voulait qu'il soit là. Elle n'aurait jamais dû sortir sans lui...
Puis elle se dirigea, ou plutôt se traina entre les jambes des combattants, jusqu'à celui qui avait prit un coup à la tête. Il respirait. Peut-être une commotion et sans aucun doute un tympan perforé. Puis elle se dirigea vers le premier touché, à demi à quatre pattes. Il était encore conscient et ne comptait pas lui faciliter la tâche. Chaque fois qu'elle faisait un geste vers la plaie de son flanc, il chassait sa main avec plus de violence. Mais elle refusait obstinément son injonction de fuir et de le laisser là. Sa voix fut bien vite trop faible pour les protestations et son teint prit une nuance cendreuse. Il perdait trop de sang.

« - Ma Dame, je vous en prie..., tenta-t-il encore. C'est notre travail à Harund et moi de risquer notre vie pour sauver la vôtre. Si vous mourrez ici, ça n'aura servi à rien. Vous devez vous mettre à l'abri. Vite !... »

Son plaidoyer se perdit quand, à bout de force, il sombra dans l'inconscience également. La pression sur la plaie se relâcha et, de nouveau, la blessure déversa le sang. Pourtant, Aelyn s'efforça d'arrêter l'écoulement et maintenir la pression sur la plaie de ses deux mains, terrorisée. Elle arriva finalement à arracher un bout de tissu qu'elle glissa dans la plaie et fit son office. L'hémorragie était jugulée. Pour l'instant.

Trop accaparée, elle ne sentit qu'une demi-seconde trop tard la présence menaçante dans son dos. Et lorsque qu'une paire de mains poisseuse se refermèrent sur sa gorge, elle n'eut pas le temps d'un cri que déjà l'air lui manquait. Ses mains ensanglantées ne lui offraient aucune prise sur celles tout aussi maculées de son agresseur et toutes ces tentatives pour s'extirper de la prise se soldèrent par un échec. Ses oreilles se mirent rapidement à siffler, sa vision à noircir et se brouiller. Elle parvenait à peine à distinguer le dos d'Erco sans parvenir à l'appeler à l'aide. Elle était stupide... En désespoir de cause, elle chercha à tâtons, avec la frénésie des dernières forces, un moyen de s'échapper. Par miracle, ses doigts se refermèrent sur le clou de charpentier qui avait été la première arme. S'agrippant à ce dernier espoir de survie, elle balança son bras en arrière en direction de l'homme qui la tenait à sa merci. Hélas le miracle ne dura pas. Affaiblie et en mauvaise position, elle se révéla incapable le toucher. Elle avait peur. Elle ne voulait pas mourir, pas comme ça, pas maintenant... Elle suffoquait et des larmes de terreur dévalaient ses joues. Autour d'elle le monde devint silencieux. Même le sol ne semblait plus offrir d'appui stable.

Aussi soudainement qu'elles l'avaient agrippées, les mains desserrèrent leur étaux. Le premier son qui revint à ses oreilles fut le hurlement de son agresseur. Une immense bouffée d'air s'introduit dans les poumons de la jeune femme comme autant de lave en fusion, et pourtant salutaire. Puis une violente quinte de toux la secoua toute entière. Sa gorge écrasée sous la pression peinait à reprendre ses fonctions. Même déglutir lui donnait l'impression d'avaler du fer rouge. Recroquevillée sur elle-même, les bras tremblant, elle n'arrivait pas à reprendre la pleine mesure de ce qui l'entourait. Pourquoi l'homme avait-il lâché prise ? Ou plutôt qui l'avait arraché à elle ? Dans sa tête tout se bousculait, tournait, sifflait. Allait-elle simplement mourir là, assassinée sur le sol sacré des Maisons de Guérison, seule, loin de ses enfants et sans Gallen à ses côtés... Elle avait aimé Hengest de toute son âme mais elle n'était pas prête à le rejoindre dans le monde d'Après.

#Aelyn
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Gallen Mortensen
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Des jours avec et des jours sans... EmptyVen 13 Mar 2015 - 14:04
Emporté par l'adrénaline, Erco bloquait les attaques furieuses de l'assassin patenté. Le chevalier se contentait d'accomapgner les mouvements de son adversaire. Il était puissant mais assez lent. mais ce qui étonnait l'ambassadeur du Rohan était les têtes d'épingle en place et lieu des orbites de l'assaillant. Et il ne clignait pas des yeux, pas un seul instant , ses mouvements étaient presque mécaniques. Inquiétant et fascinant à la fois.

Erco risqua de nouveau un regard circulaire sur son environnement et il vit Aelyn en prise avec l'autre assassin. L'esprit de Skaline bouillonnait et il eut la surprise de voir surgir enfin plutôt jaillir un véritable taureau qui permit à Aelyn de se libérer de l'emprise malsaine de son assaillant. Etonnamment Erco eut deux pensées ; une pour le Phénix qui décidément était très bien renseignée, même ici dans la cité Blanche et qu'allait dire gallen ? et Si le vice roi n'avait pas tout dit à son ami et si il y avait des menaces à son encontre ce qui aurait justifier sa demande de surveiller sa compagne. Erco sentit le mur derrière lui il devait réagir. Ses mains devinrent troubles , et par de rapide coups du tranchant de la main il fit reculer l'assassin . Puis un coup plus puissant dans la carotide lui coupa le  souffle, Erco en guerrier averti accentua son avantage, un coup de genou dans le ventre exposé et un uppercut en plein visage. mais l'assassin tomba et se releva immédiatement? Un fanatique? Immédiatement l'OCF s'imposa à l'esprit d'Erco. Impossible ou alors un rescapé de cet organisation maléfique?

Erco accéléra , il devait en finir et se rapprocher d'Aelyn, un pas de coté, l'adversaire emporté par son élan prêta le flanc, Erco lui explosa le nez du plat de la main droite. Puis Un croc en jambe fit basculer son adversaire. hélas il tomba prêt de son arme de fortune. le regard acéré d'Erco s'agrandit alors. L'homme tenta de se relever et pointa son arme vers le bas ventre d'Erco. Le rohirrim se décala de nouveau et sa poigne de fer s'empara du cou de son adversaire il pivota et un bruit d'os craqué s'éleva. l'apprenti assassin était mort....

Erco reprit un bref instant son souffle . Puis il se dirigea d'un pas décidé vers Aelyn, repoussant malade et guérisseur. C'était un vrai maelstrom . un vent de panique s'était emparé de cette glorieuse demeure. Arrivé aux  coté de la compagne de Gallen , il la releav et lui demanda

"Ca va ?"
[/b]

Puis il sentit plus qu'il ne vit une présence derrière lui, le colosse qui était intervenu tout à l'heure. Erco se tourna vers lui et ..... Il poussa littéralement au loin Aelyn, il dit simplement

"Fuis Aelyn"


Car l'ancien comte d'Esgaroth avait croisé le regard du sauveur et il n'aima vraiment pas ce qu'il vit,non vraiment pas, la danger c'était lui ,pas les autres assassins. Erco scruta la silhouette imposante de son nouvel adversaire qui restait pour l'instant immobile. Intérieurement Erco souhaitait que la garde interpellée par les cris de panique intervienne vite car le combat qui s'annonçait risquait d'être compliqué. ET alors....

#Erco #Skaline


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Ryad Assad
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Des jours avec et des jours sans... EmptySam 21 Mar 2015 - 0:20
Il y eut un fracas assourdissant lorsque le géant s'écroula sur le sol, pulvérisant sous son poids un lit vidé de son occupant, qui avait eu la bonne idée de rouler sur le côté pour s'éloigner du combat acharné qui se déroulait à quelques mètres. Un nuage de poussière s'échappa du sommier ancestral, désormais fendu en deux comme s'il ne s'était agi que d'une brindille rompue entre les mains d'un enfant. L'assassin porta les deux mains à son visage, et en les retirant constata qu'elles étaient couvertes de sang. Son sang. En donnant le spectaculaire coup de tête qui avait propulsé son adversaire improvisé au sol, hors combat, il s'était ouvert l'arcade et s'était écrasé le nez. Ouvrant grand la bouche pour prendre une respiration qui n'aurait pas un goût métallique, il se retourna en chancelant sur ses pieds, et chercha du regard sa cible. La compagne du Vice-Roi. Ses yeux furent attirés tout d'abord par le second duel qui se livrait, et qui opposait son compagnon à cet étrange garde du corps qui était sorti de nulle part, et qui paraissait constituer un adversaire plus redoutable que les deux gardes. S'il l'avait voulu, il aurait pu venir prêter main-forte à son compagnon, qui se déchaînait sur l'autre lutteur, mais la mission passait avant tout. Avant tout. Il balaya la pièce du regard, s'attendant presque à la voir fuir au loin, escortée par des serviteurs empressés de la faire disparaître dans les couloirs de la Maison de Guérison, où ils pourraient la cacher suffisamment longtemps, assez pour que les gardes arrivassent et missent un terme à l'échauffourée. Mais elle n'était pas là. Elle n'était pas non plus parmi les pathétiques civils terrorisés, recroquevillés contre les murs de la pièce, comme si en se tenant le plus loin possible de la mêlée, ils pouvaient espérer y échapper. Il finit par la découvrir, penchée sur le corps ensanglanté de son soldat qui cherchait à lui dire quelque chose. Rapidement, il s'évanouit entre ses bras, et elle se dépêcha de bloquer l'hémorragie qui risquait de l'emporter. Ainsi affairée, elle ne le voyait pas venir, lui qui se déplaçait silencieusement, pile dans son angle mort.

Avec la sournoiserie d'un serpent s'enroulant autour de sa proie, et la violence d'un grand duc refermant ses serres sur une musaraigne, il se saisit du cou gracile d'Aelyn entre ses deux mains couvertes de sang, et commença à serrer de toutes ses forces. Il la sentit se raidir immédiatement, et il appuya de toutes ses forces pour la forcer à demeurer à genoux, l'empêcher de se relever pour se débattre plus efficacement. Elle tendit ses doigts pour essayer de le forcer à desserrer son étreinte létale, mais le sang poisseux rendait sa prise intenable, sa lutte inutile, et sa mort inévitable. Il voyait son visage, convaincu que son étourdissement réduisait assez son champ de vision pour qu'elle ne fût pas en mesure de l'observer en retour. Il se délectait de voir ses traits bleuir à vue d'œil, et il imaginait déjà la trace de strangulation odieuse que ses mains laisseraient sur son cadavre lorsqu'il la lâcherait enfin, lorsqu'elle retomberait comme une carcasse inerte et sans vie. Nul cri, nulle supplique ne franchirait les lèvres, même s'il était évident que rien de toute cela n'aurait pu la sauver de toute manière. Il lui aurait fallu une réaction prodigieusement inattendue, ou une aide inespérée, pour se sortir de ce mauvais pas. Probablement née sous la bénédiction des Valar, Aelyn bénéficia des deux.

L'assassin esquiva maladroitement une attaque de la jeune femme, qui passa à quelques centimètres seulement de son œil. Il vit distinctement le clou passer, comme au ralenti, devant son visage. Cet instant de déconcentration ne lui permit pas de voir venir le second danger. La bête. Un bras puissant, aussi large que ses cuisses, s'abattit sur ses avant-bras tendus à l'extrême. Ses os ne se brisèrent pas sous l'impact, mais la violence de l'assaut lui fit lâcher prise immédiatement, alors qu'il tournait la tête pour identifier cette nouvelle menace. Tout ce qu'il vit fut une masse de cheveux blancs, avant qu'un front dur comme la pierre vînt s'abattre sur son nez déjà meurtri. Craquement il y eût cette fois, et le tueur s'écroula sur le sol, les bras vidés de force, les doigts recroquevillés comme les pattes d'une araignée décédée. Il roula sur le côté, bavant et saignant comme jamais, essayant de ramper pour se mettre hors de portée, tendant les mains pour trouver à tâtons de quoi se défendre. Bientôt, une main se referma sur sa nuque, une autre le saisit par la ceinture, avant qu'une force stupéfiante le soulevât du sol. Avec un ahanement bestial, le sauveur providentiel d'Aelyn hissa son adversaire à deux mètres cinquante du sol, avant de le projeter en travers de la pièce, comme un vulgaire sac de grain. Le malandrin percuta le sol avec un bruit sourd, rebondit plusieurs fois, avant de passer la porte des Maisons de Guérison. Son corps, glissant sur le sol parfaitement lisse, se mit à dévaler les marches, échappant à la vue de tous les spectateurs du pugilat qui ne purent connaître son sort.

Aelyn était là, agenouillée par terre, terrorisée et tétanisée. Femme du Rohan, elle avait connu des temps difficiles, mais probablement qu'elle n'avait jamais été confrontée à une telle sauvagerie. Pas contre sa personne tout du moins. Passée à deux doigts de la mort, elle n'avait fait que troquer un bourreau pour un autre. En effet, son sauveur providentiel, qui pendant une brève seconde avait gardé un œil sur la porte pour s'assurer que le tueur ne remonterait pas, se retourna vers elle avec dans le regard une lueur inquiétante. Il n'était pas là pour prendre soin d'elle, ni même pour s'assurer qu'elle irait bien. Il était simplement là pour être sûr d'être celui qui porterait le coup fatal, quitte à devoir casser en deux ses concurrents, broyer ses rivaux, balayer ses ennemis. Ayant brillamment réussi cette étape, il s'estimait désormais en droit de récolter la vie de la jeune femme, qui était après tout la seule raison de sa présence en ces lieux. Elle ne le regardait pas, elle était trop occupée à reprendre son souffle et ses esprits. D'ici, il pouvait entendre sa respiration sifflante, percevoir les rougeurs sur le côté de son cou là où le misérable l'avait serrée. Lui avait décidé de lui accorder une mort plus rapide. Il lui briserait la nuque proprement, sobrement, sans faire de zèle. Son objectif était tout autre, et cette fille n'était qu'un moyen d'y parvenir… Il ne prendrait aucun plaisir à la tuer, il le faisait parce qu'il le devait.

Alors qu'il observait pensivement sa future victime, s'accordant une seconde de réflexion pour analyser la situation, le chevalier qui se chargeait de sa protection rapprochée arriva en trombe pour s'enquérir de son état de santé. Elle était surtout choquée, même si l'agression physique laisserait des traces visibles pendant encor e un bon moment. L'homme aux cheveux bruns, qui paraissait ne pas être un vulgaire soldat du peuple, mais bien un homme d'un certain rang, apparut immédiatement comme un militaire davantage que comme un gentilhomme. En effet, au lieu de faire appeler des guérisseurs, il avait préféré relever Aelyn – sans se soucier des menus détails, de sa faiblesse ou de sa crainte – pour penser immédiatement à la mettre à l'abri. Cette décision était-elle motivée par une logique affûtée, ou par un instinct redoutable ? Impossible à dire. Toutefois, quand son regard se porta autour de lui, et qu'il plongea dans les yeux du titan, il comprit que l'affrontement ne faisait que commencer. Son cri fit sursauter tout le monde, comme si la foudre s'était soudainement abattue au milieu d'eux. Seuls les deux guerriers s'observaient intensément, comprenant que l'heure du duel était arrivée…

Des jours avec et des jours sans... Moloss10

Molosse fit un pas en avant, et la terre se mit à trembler. Sa mâchoire carrée dissimulée derrière son immense barbe blanche se serra à l'approche du combat à venir. Sa musculature saillante était tout bonnement prodigieuse, et nul n'aurait voulu être son ennemi et se trouver à moins de cinq mètres de lui. Erco Skaline ne pouvait plus souhaiter cela désormais que son adversaire venait de rompre la distance. S'ils avaient chacun eu une épée, le duel aurait pu être beaucoup plus équitable. L'ancien Comte d'Esgaroth, désormais Ambassadeur, était un homme de guerre, habitué aux champs de bataille. Il aurait facilement pu tenir tête à un homme deux fois plus grand, s'il avait eu la certitude que le moindre de ses coups allait se montrer décisif. A n'en pas douter, son expérience faisait de lui un bretteur efficace, et il aurait probablement pu relever le défi qui lui était proposé. Toutefois, avec ses seuls poings comme toute défense, il ne pouvait pas espérer grand-chose. Il avait déjà donné beaucoup d'énergie pour venir à bout du premier adversaire, et celui qui se présentait désormais paraissait être bien plus dangereux encore.

Sans prévenir, Molosse s'élança en courant droit vers Aelyn, à qui il rendait sans doute près de deux cent livres. Nul doute que s'il arrivait jusqu'à elle, il l'écraserait sous sa botte sans même y prêter gare. Erco s'interposa, poussant la femme qu'il devait protéger sur le côté. Toutefois, le géant ne s'arrêta pas, conscient que l'opportunité qui s'offrait à lui ne se représenterait pas de sitôt. Rugissant comme une bête, il plongea en direction du chevalier et le percuta de tout son poids, l'emportant avec lui dans sa chute. Le bruit du choc attesta de la violence de l'impact, et les deux adversaire roulèrent sur le pavé des Maisons de Guérison, quelque peu sonnés. Se redressant le premier, Molosse brandit ses poings massifs, et les balança sans grande cohérence, mais avec une brutalité sans nom. Il écrasait littéralement Erco, trouvant peu à peu la faille dans sa défense. L'ancien Comte, plus petit et plus agile, évita un crochet du gauche qui lui aurait sans doute arraché la tête des épaules, et plaqua Molosse à la taille, essayant de le faire reculer. Ce dernier, surpris par la manœuvre, lança un violent coup de coude dans le dos du chevalier, manquant sa nuque de quelques centimètres, avant de lui balancer un coup de genou en pleine poitrine.

Cette estocade donna l'avantage au monstrueux lutteur. Plus grand, plus fort, plus lourd, plus endurant et plus efficace, il avait pour lui tous les avantages. Dans ce combat de chiens, il était le plus gâté par la nature, et le déséquilibre était flagrant. Plié en deux, Erco essayait de reprendre son souffle, peut-être déjà conscient qu'il ne gagnerait pas ce combat. Pourtant, il était toujours là, au lieu de fuir pour sa vie. Molosse comprit trop tard pourquoi, lorsqu'il entendit derrière lui des appels, des hurlements, des bruits métalliques qui venaient dans sa direction. Les gardes de Minas Tirith étaient arrivés, et ils passeraient par le fil de l'épée quiconque leur résisterait. Le mastodonte n'avait que quelques secondes pour réfléchir, et prendre une décision. Aelyn était hors de portée, désormais, et il n'aurait jamais le temps de l'éliminer et ensuite de s'échapper. Son adversaire du moment, bien qu'affaibli, se montrerait encore un adversaire valeureux, et il n'avait aucune chance de pouvoir se débarrasser de lui rapidement. Il n'avait pas beaucoup de solutions, sinon prendre la fuite et considérer qu'il avait fait de son mieux. Les deux hommes se firent face à nouveau, comme pour graver leurs visages respectifs dans leur mémoire, avant que le tueur prît la fuite par une issue de l'autre côté du bâtiment, là où ne se trouvaient pas les gardes. En quelques secondes, il disparut, alors que l'arrivée des militaires dans la pièce plongeait les Maisons de Guérison dans un état d'affolement et de panique difficile à décrire…

C'était la fin de ce duel, et le début des interrogations. Qui n'avait pas de questions après ce qu'il venait de se passer ?

#Molosse


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Gallen Mortensen
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Des jours avec et des jours sans... EmptyMer 1 Avr 2015 - 21:54
Erco tomba à genoux , le regard trouble. Mais l'ancien comte de la ville du lac fixait le colosse qui partait en reculant. Les deux hommes se regardaient avec détermination. En effet Erco avait entendu l'arrivée bruyante des gardes de la cité. L'Ambassadeur se força à se lever. Ses cotes avaient été touchées lors de l'affrontement, il éprouvait des difficultés à respirer. Mais comme toujours Erco fit preuve d'une résistance surhumaine . Il fut surpris par la rapidité du géant. Il le sut leur duel n'était pas fini, ces 2 là se retrouveraient.

Erco mit ses mains rugueuses sur ses genoux, et grimaçant il respira de longues bouffées d'oxygène. Puis il se dirigea vers Aelyn, il la releva tout doucement

"Ca va dame Aelyn ?"


Ell e était sous état de choc on aurait pu l'être pour moins. mais ils devaient bouger, l'endroit était dangereux. le regard du comte tomba sur les 2 soldats rohirrim, pas le temps de s'en occuper;De multiples questions germaient dans l'esprit en ébullition d'Erco: qui étaient ces assassins, ?Plusieurs groupes? Et que savait Le Phénix? Etait ce Gallen que l'on voulait atteindre?

Il poussa littéralement Aelyn mais trop tard la garde de la cité blanche avait envahi la maison des Guérisons, il faudrait bientôt répondre à des questions et ils n'avaient aucune réponse hélas....


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Aelyn
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Des jours avec et des jours sans... EmptySam 4 Avr 2015 - 23:16
Il fallut bien l'aide d'Erco pour aider Aelyn à se relever de son agression, peinant à retrouver son souffle, encore à demi-asphyxiée, les jambes tremblantes et la tête totalement vidée. Au "ça va ?", elle ne répondit que par un vague hochement de tête.
Puis elle croisa le regard de son "sauveur"... non, cet homme aussi avait une promesse de mort dans les yeux, la même folie de tuer et de détruire, dirigée contre elle. Encore. La jeune femme ouvrit la bouche dans un cri qui ne sortit pas avant d'être brutalement rejetée sur le côté par Erco qui lui épargna ainsi la charge mortelle de l'assaillant.
Cette fois, elle ne se fit pas prier, puisant dans des forces dont elle n'aurait jamais soupçonnées l'existence, elle se remit sur ses jambes et se précipita vers la sortie. Mais rapidement, elle se rendit à l'évidence, au vu de la puissance du combat qui avait lieu, elle ne pouvait pas se permettre de rester trop longtemps à découvert, si Erco n'arrivait pas à distraire son adversaire quelques secondes, c'en était fini d'elle. Elle n'atteindrait pas la porte. Alors dans sa hâte, elle se glissa dans une alcôve, recroquevillée sur elle-même dans le coin le plus sombre, priant qui voudrait bien l'entendre. Elle voulait de nouveau sentir le poids rassurant du poignard du sa mère à son flanc. Elle voulait de nouveau serrer ses fils dans ses bras. Elle voulait avoir encore l'occasion de parler à Gallen, de l'embrasser aussi. Elle voulait retrouver son pays et, si c'était son destin de mourir jeune, au moins mourir dans les plaines qui l'avaient vu naitre et non au milieu d'une cité de pierres étrangère. Elle voulait tout. Tout mais surtout que ce cauchemar cesse.

Ne pouvant voir sans révéler sa position, elle ne pouvait qu'entendre le fracas du combat et en deviner la violence inouïe. La peur battait ses oreilles au rythme effréné de son cœur, pourtant elle entendait tout jusqu'au moindre crissement des chaussures de cuir sur le sol de pierres immaculées. Sa gorge, loin d'être apaisée, lui donnait l'effet de déverser du métal en fusion de la bouche au poumons. C'était, avec le bruit du combat, la seule chose dont elle avait encore conscience dans l'état de choc dans lequel elle se trouvait.
On l'avait déjà menacé, trop souvent à son goût, et parfois elle avait eut peur pour sa vie, bien trop souvent aussi... Mais jamais elle n'avait été aussi près de la frontière fragile qui la séparait du monde des morts. Quelques secondes auparavant, elle avait sentit sa dernière heure arrivée. Elle avait vraiment cru, tout son être avait cru en sa mort inéluctable. Mais pourtant elle était là, bien vivante, et chacune de ses terriblement douloureuses respirations étaient là pour lui rappeler. Et elle priait pour qu'Erco et ses deux gardes aient eux aussi cette chance.

Un immense bruit retentit soudain dans toutes les Maisons de Guérison, roulant sur les murs comme le grondement du tonnerre. Il y eut des cris, une cohue, un chaos aussi bref que terrifiant pour la jeune femme toujours recroquevillée dans sa minable cachette. Aelyn put saisir quelques mots. La Garde de la Cité. Les combats avaient finalement attirés des alliés... n'est-ce pas ? Finalement l'ancienne guérisseuse s'extirpa de l'alcôve avec lenteur et méfiance. Elle ressemblait à un animal effrayé, échevelée, la gorge d'un rouge soutenu qui commençait déjà à faire place à des tons plus violacées, les yeux écarquillées et nerveux... C'est ainsi qu'Erco la retrouva. Et alors qu'il l'aidait de nouveau à se relever, elle s'agrippait à son avant-bras si fort qu'elle aurait pu lui faire mal, comme un marin tombé à la mer en pleine tempête s'agripperait à une corde lancée par ses camarades. Ce ne fut que quand elle fut debout qu'elle se mit à trembler et trembler, trembler si fort que tenir sur ses jambes lui demandait un effort titanesque.

"Ca va dame Aelyn ?"

« Je... »

Non, bien sûr que non ça n'allait pas... Mais elle n'avait pas envie d'entendre cette vérité de sa propre bouche. Elle ne finit pas sa phrase, se concentra à prendre de grandes et longues inspirations. Il fallait qu'elle se calme, c'était une question de vie ou de mort. Il fallait que ses battements de cœur ralentissent que l'adrénaline retombe, c'était vital. Pendant ce temps, Erco tentait de la mener vers la sortie pour éviter la garde mais c'était peine perdue.
Il fallut alors expliquer, réexpliquer et de nouveau expliquer, ce qui s'était passé, ce qu'ils avaient vu, et répondre de nouveau à de multiples questions dont Aelyn était bien incapable de connaitre les réponses. En tout quatre officiers de la garde vinrent l'interroger, confronter ses réponses avec les autres témoins, et un finalement pour lui dire que ses gardes du corps avaient été pris en charge et qu'ils avaient de fortes chances de s'en sortir. Cette seule nouvelle eut le don d'apaiser un peu la jeune femme. Mais elle était épuisée, tout était flou et elle ne voulait que rentrer chez elle. Elle ne se sentait plus en sécurité entre ces murs et s'accrochait à Erco comme s'il était la seule chose au monde capable de la maintenir en vie.
Quant aux gardes de la Cité, ils se trouvaient dans une situation très embarrassante. On avait tenté d'assassiner la compagne d'un haut dignitaire du Rohan, un allié rien de moins, et entre les murs d'un des bâtiments les plus mythiques de la Cité Blanche. Erco, heureusement, par son statut d'ambassadeur, parvint à accélérer les choses si bien qu'on lui permit de partir une fois qu'un guérisseur l'aurait examiné. Ce fut vite réglé.

Après cela, Erco l'escorta jusqu'aux appartements qu'elle partageait avec la vice-roi du Riddermark. Aelyn constata vite que Gallen n'était pas rentré et ne réussit pas à dire si elle se sentait furieuse ou soulagée de son absence. Puis elle se tourna vers le nouvel ambassadeur. Elle savait qu'elle devrait lui en être reconnaissante, qu'il lui avait sauvé la vie rien de moins mais au lieu de ça elle fit le tour du propriétaire, barra toutes les portes et toutes les fenêtres d'un geste fébrile et, sans un mot, alla s'enfermer dans la chambre, refermant le battant au nez de l'ancien comte.
Alors elle fit la première chose qui lui vint à l'esprit, de dévêtit entièrement et jeta avec fureur ses vêtements maculés de sang dans l'âtre froid de la cheminée. Puis elle se plongea dans l'eau glacée d'un bain, tout pour retirer de son corps la moindre trace de ce qui venait de se passer. Elle se frotta la peau jusqu'au sang, marquant ses bras et son cou déjà abimés de grandes tâches rouges brûlantes. Toute la pression retomba et la fière rohirrim se mit à sangloter comme une petite fille en position fœtal, incapable de s'arrêter de pleurer, étouffant ses gémissement de douleur et de terreur dans l'eau, sa trachée écrasée la torturant à chaque spasme.

Une demi-heure entière passa avant qu'elle ne fut totalement calmée. Elle s'extirpa de la baignoire, enfila une robe propre et, sans se soucier de ses cheveux encore dégoulinant se laissa tomber sur le lit. Elle devait attendre Gallen, lui expliquer mais elle était si épuisée qu'elle sombra en quelques minutes dans un sommeil agité.

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Ryad Assad
Espion de Rhûn - Vicieux à ses heures perdues
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Ryad Assad

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Des jours avec et des jours sans... Empty
Des jours avec et des jours sans... EmptySam 11 Avr 2015 - 12:03

L'heure était sombre à la Cité Blanche, et non seulement car le soleil commençait à disparaître peu à peu à l'horizon, loin derrière les Montagnes Blanches chères au cœur des conteurs. Les festivités continuaient d'animer la basse-ville, où l'alcool coulait à flot, où on entendait rires et chants. Toutefois, dans les plus hautes sphères de la glorieuse capitale du Gondor, on s'inquiétait. Il était tant que ce mariage finît. Il y avait beaucoup trop de monde, beaucoup trop de gens à surveiller pour la garde de la ville, débordée. Les mailles du filets étaient trop lâches, et les esprits séditieux les plus intelligents parvenaient à se faufiler jusqu'au cœur des institutions, sans qu'il fût possible de déterminer quelle était la cible de leur folie. L'homme qui se déplaçait souplement, discrètement pour une fois, avait eu vent des récents événements. Il savait tendre l'oreille au bon endroit, auprès des bonnes personnes, et ce qu'il avait capté ne lui avait pas paru très rassurant. Des histoires circulaient, certaines totalement déformées, d'autres trop précises pour avoir été inventées. Il connaissait la vérité, ou en tout cas il était au fait des récents événements, et tout cela le glaçait. Réellement.

En s'approchant des appartements, il sentit comme un malaise. De nombreux gardes le regardaient avec une certaine méfiance, une méfiance qu'ils n'avaient pas d'habitude. Il leur répondit par un regard apaisant et doux, qui dissimulait bien la lente mélancolie qui s'emparait de son cœur. Il n'aimait pas voir Minas Tirith ainsi, blessée et effrayée. Il n'aimait pas voir cette splendide cité être corrompue par la vilenie et la fange qui se déversait par ses portes. Non pas qu'il n'aimât pas le peuple, bien au contraire, mais il se trouvait attristé de voir que la présence de tant d'individus de bien fut parasitée par quelques mécréants. S'ils avaient seulement pu partir, s'ils avaient seulement pu aller dans un endroit de la Terre du Milieu où personne n'entendrait jamais parler d'eux, au lieu de venir vers le bonheur comme des abeilles attirées par la carcasse d'un lion mourant, vaincu à mains nues par un glorieux héros de jadis. Mais il était des moments où les mots et les prières ne servaient à rien.

Seule l'épée pouvait combattre la flamme…

En arrivant devant la dernière porte, l'homme fut arrêté par une silhouette sombre qui se dressa devant lui. Il s'immobilisa et ouvrit grand les bras, pour annoncer qu'il venait en paix, et surtout sans armes. Il comprenait la méfiance, il comprenait la crainte, et il n'entendait pas être cru sur parole. Pas aujourd'hui. Il avait pourtant ce pouvoir, celui d'apaiser les cœurs et les âmes par la magie qui irradiait de sa noble personne. Cependant, il n'osait pas l'utiliser maintenant, car les Hommes de l'Ouest n'avaient pas besoin d'un courage artificiel, d'un courage insufflé. Ils avaient besoin de la bravoure qui se cachait en eux, de celle sur laquelle ils pourraient toujours compter, même au plus profond des ténèbres. Calmement, sans hausser le ton pour ne pas rompre la quiétude des lieux, il lança :

- Ambassadeur Skaline, je m'appelle Marco Volo.

Son nom n'était pas inconnu au diplomate, qui était probablement davantage un guerrier. Son titre contrastait violemment avec son passé… ou plutôt son présent. En effet, quand on regardait le visage du rohirrim, on se rendait compte qu'il affichait quelques tuméfactions qui attestaient de la violence de son duel, un peu plus tôt dans la journée. Les gardes en avaient relaté le déroulement à Marco, qui avait écouté avec une grande attention, plein de perplexité devant un tel acte. L'ancien Comte, en comprenant à qui il avait affaire, se détendit quelque peu, et lança :

- Sire, que me vaut votre visite à une heure si tardive ? Si vous cherchez le Vice-Roi Mortensen, je dois vous avertir qu'il n'est pas encore rentré. J'ignore même où il se trouve actuellement.

Marco hocha la tête :

- J'en ai conscience, Ambassadeur. Je ne suis pas venu ici pour lui, mais précisément à cause de lui. Je dois transmettre une information de la plus haute importance à sa compagne, Dame Aelyn.

Erco voulut s'interposer, dire qu'elle n'était pas disposée à le recevoir, mais l'annonceur le plus fameux de la Cité Blanche le coupa :

- J'ai eu vent de votre terrible agression cet après-midi. Je suis persuadé que vous êtes encore tous deux sous le choc, mais je ne peux me soustraire à mon devoir. Laissez-moi au moins lui parler à travers l'huis, et voir si elle acceptera de m'ouvrir la porte.

L'Ambassadeur réfléchit une seconde, et se dit qu'il n'avait rien à perdre. Dans le meilleur des cas, elle leur ouvrirait la porte et accepterait de discuter avec eux. Dans le pire des cas, elle ne répondrait pas, et le laisserait repartir. Quoi qu'il en fût, Erco garderait un œil sur l'annonceur, afin de s'assurer qu'il n'était pas lui-même un agent ennemi. Le guerrier avait du flair, et il était persuadé que ce n'était pas le cas, mais après l'épisode douloureux aux Maisons de Guérison, il préférait être trop prudent que pas assez, et montrer les dents devant tous ceux qui se présentaient, qu'ils parussent amis ou non. Le gondorien, avec une légèreté irréelle, s'approcha de la porte et toqua par trois fois, appelant d'une voix claire Aelyn, qui ne répondit pas. Il insista, mais n'obtînt qu'un silence pesant en retour. Erco haussa les épaules, s'apprêtant à lui enjoindre de revenir dès le lendemain matin, mais Marco n'était pas un homme dénué de ressources. Sans prévenir, il se mit à chanter.

Sa voix était claire et pure comme du cristal, si belle et si bouleversante que les gardes qui se trouvaient non loin tournèrent la tête pour l'écouter. Il chantait une épopée héroïque et mélancolique, pleine d'honneur et de courage. L'histoire se déroulait sur plusieurs couplets, enroulés dans un refrain court qui annonçait déjà la fin tragique de l'histoire. La particularité de cette chanson était qu'à aucun moment le héros était nommé, si bien qu'on pouvait y voir n'importe qui. On parlait des guerres livrées, des combats remportés, des victoires arrachées. Au couplet suivant, il évoquait la peine, la perte et le manque qui dévoraient l'âme. Erco resta silencieux, plongé sans doute dans ses propres souvenirs, s'assimilant sans doute au héros de cette histoire. Finalement, alors que Marco Volo n'avait pas encore achevé son chant, ils entendirent une barre de bois bouger derrière la porte. Le battant s'ouvrit timidement devant eux, laissant apparaître le regard fatigué d'Aelyn, à la fois méfiante et curieuse. L'artiste ne s'interrompit pas, habitué qu'il était à apparaître en public, et il continua son ode jusqu'à pouvoir lui adjoindre un point final. Sa dernière note s'éleva au firmament, et de loin on entendit quelques applaudissements, venant de la part des gardes et de quelques passants qui s'étaient arrêtés non loin. Erco et Aelyn se joignirent à eux, éms.

- Dame Aelyn, mes hommages.

Le gondorien s'inclina bien bas, très respectueusement, mais ne s'éternisa pas en courbettes. Il savait quelle journée avait vécue la jeune femme, et il se doutait qu'elle devait avoir envie d'aller dormir pour oublier le traumatisme vécu. D'ailleurs, à voir ses yeux encore un peu ensommeillés, il comprenait qu'il l'avait tirée du lit par son chant. Toutefois, il était de son devoir de le faire, et il ne regrettait pas son geste un seul instant.

- Je sais quelle épreuve vous avez traversée, Ma Dame. Veuillez croire qu'une telle chose ne restera pas impunie, et qu'il sera fait le nécessaire pour vous apporter justice et réparation.

Il n'était ni militaire, ni un haut dignitaire de l’État, pourtant quand on l'entendait parler ainsi, on avait subitement envie de le croire. On avait envie de lui faire confiance, et de se reposer entièrement sur la conviction intime qu'il semblait avoir que cette affaire allait se résoudre rapidement. De toute évidence, les gardes de Minas Tirith avaient été choqués par cette affaire, car si un membre aussi éminent d'une délégation alliée avait été grièvement blessée ou tuée sous leur juridiction, ils auraient été déshonorés devant l'ensemble de la Terre du Milieu. Ce mariage était aussi l'occasion de réaffirmer la force du Gondor, et tous ces événements n'aidaient pas à offrir une image de stabilité et de puissance sereine. Laissant de côté ces considérations, Marco reprit :

- Cependant, je suis désolé d'avoir à alourdir des épaules qui déjà portent un tel fardeau. Je viens avec une grave nouvelle dont l'annonce ne pouvait être repoussée, Ma Dame. Voulez-vous vous asseoir pour l'entendre ?

La prévenance de l'annonceur était délicate, mais Aelyn fit non de la tête. Elle préférait rester debout pour entendre ce qu'il avait à lui dire. Dans sa tête, beaucoup de choses devaient défiler, et Marco ne se fit pas prier pour mettre fin à son supplice intérieur :

- Aujourd'hui, le Vice-Roi Mortensen a défié en duel un Oriental, pour des raisons qui m'échappent. Ils se battront demain, dans la matinée, dans les Champs du Pelennor, au cours d'un combat à mort. Tout a été fait pour préserver le secret de cette déclaration, et seules les délégations du Rohan et de l'Est assisteront à cette confrontation. Toutefois, nul ne savait où vous trouver, et on m'a chargé de venir vous porter la nouvelle. Le Rohan appelle votre présence.

Les paroles de Marco Volo étaient en effet graves, mais surtout elles étaient pleines de sens. Un sens qu'Aelyn, toute à sa surprise, ne pourrait sans doute pas comprendre immédiatement. Toutefois, il apparaissait de plus en plus clairement qu'on reconnaissait son statut de compagne du Vice-Roi, en dépit du fait qu'elle n'était pas légalement son épouse. Que la délégation du Rohan l'appelât par l'entremise d'un personnage aussi prestigieux que Marco était un signe qui ne trompait pas sur le statut qu'elle était peu à peu en train de prendre aux côtés de Gallen. Elle n'était plus la guérisseuse qui accompagnait le Vice-Roi, encore moins la « remplaçante de Farma ». Non seulement on admettait sa présence, mais en plus on reconnaissait sa personne en tant que telle. Elle aurait tout le temps de mesurer ce que cela impliquerait dans sa vie future, quand l'ombre de panique serait passée sur son visage. Avec douceur, Marco lui glissa :

- Ma Dame, si vous me permettez un conseil, je vous suggérerais d'aller trouver le sommeil duquel je vous ai privée. Ce soir, le Vice-Roi ne risque rien, et votre présence à ses côtés ne serait pas souhaitable. Vous avez affronté de dures épreuves aujourd'hui, mais vous devrez être vaillante demain. Faites-moi confiance…

Elle hocha la tête, sans qu'il fût possible de dire si elle acceptait la raison derrière ses arguments, ou si elle était trop abasourdie pour faire autre chose que suivre le premier conseil venu. Quoi qu'il en fût, elle s'enferma dans sa chambre, barra la porte de l'intérieur, et s'exécuta sans mot dire. Marco Volo laissa échapper un sourire attendri devant la porte close, avant de se tourner vers Erco :

- Ma mission ici est terminée, Ambassadeur. La vôtre se poursuit. Je vais faire demander à ce que l'on vous apporte un dîner une collation pour tenir la nuit, vous en aurez besoin.

Sans rien ajouter de plus, il s'éloigna de son pas léger, et disparut rapidement, vaquant à des occupations dont personne n'avait connaissance à part lui.


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