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 Y a Pukel faire !

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Nathanael
Espion de l'Arbre Blanc
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Nathanael

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Y a Pukel faire ! EmptyLun 27 Avr 2015 - 12:00
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La taverne était bruyante, un joyeux vacarme de verres qui s’entrechoquent, de rires gras et de paroles échangées avec une joie tonitruante et quelques grossiers noms d’oiseaux. Les hommes finissaient la journée dans l’alcool pour oublier leurs malheurs passés et ceux à venir, pour ne pas penser à la chaleur de l’été précoce et aux mauvaises récoltes qui s’annonçaient, pour échapper aux reproches de leurs femmes et aux cris des enfants affamés. La situation n’était pas si terrible en vérité, mais il fallait bien trouver un prétexte pour se perdre dans la bière, la gnole du tavernier et venir retrouver les habituels piliers de comptoir pour se fendre la gueule et prendre un peu de plaisir avec les camarades de labeur. Les amitiés duraient le temps d’une cuite et le lendemain les frictions et l’animosité reprenaient leur droit entre les marchands, les petits commerçants et les soldats du coin qui peinaient à garder le calme dans la longue vallée de Harrowdale. L’ombre des montagnes pesait sur les esprits et les cœurs, le soleil venait rarement arroser de ses rayons les champs et les vignes ; la production agricole n’était jamais abondante. Et sous l’œil sévère de l’Irensaga et du Starkhorn les hommes se faisaient tout petit pour oublier les menaces venues des montagnes et la vie rude que le climat leur imposait. Et puis il y avait ces deux maraudeurs, furtifs et discrets, mais terriblement redoutables qui faisaient parler d’eux depuis quelques jours. L’armée régulière avait été informée que deux bandits de grand chemin rôdaient et importunaient les braves gens, mais les cavaliers Rohirrims n’avaient rien trouvé de concret. Pour si peu, on avait mandaté deux soldats de caserne pour partir à leur recherche mais ils étaient revenus bredouille plusieurs fois. Il avait été décidé qu’on recruterait deux ou trois mercenaires pour les aider, la patrouille était repartie, et on manquait cruellement de bras et de jambes pour battre la campagne à la recherche de ces deux renégats.

Jorund et Norring se tournaient les pouces dans ce village depuis deux longues journées. Personne n’était encore venu se présenter pour les aider dans leur tâche et ils venaient épuiser leur ennui dans la taverne sans espoir de voir un quelconque mercenaire. Qui se préoccupait des hommes de la vallée ? Il y avait bien plus d’aventures et de richesses ailleurs. Ils étaient tombés dans un trou à rats et ils maudissaient leur compagnie de les avoir laissé moisir ici. Norring qui savait à peu près écrire avait placardé deux parchemins dans le village : l’un était épinglé sur la porte de la taverne, il était presque illisible à ce jour tant de mains poisseuses l’avaient touchées et le second bravait les intempéries sur les portes de la maison forte qui leur servait de caserne, d’écuries, de grange à foin et éventuellement de dortoir. Il fallait bien être Rohirrim pour supporter tant de rusticité, un Gondorien n’aurait jamais toléré des conditions aussi modestes : Jorund et Norring se réconfortaient dans cette idée et criaient à tout va la supériorité des Rohirrims sur les autres peuples des Terres du Milieu. Ils ne prenaient pas grand risque, car, en effet, nul autres que des Rohirrims ne parcouraient ces terres.

Les deux hommes étaient donc installé sur un banc, chacun une chope à la main, attendant les yeux dans le vague qu’une âme charitable de mercenaire vienne les délivrer de leur mélancolie et de la banalité de leur quotidien miséreux.
#Jorund #Norring


Dernière édition par Nathanael le Sam 6 Fév 2021 - 18:44, édité 1 fois
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Wedfïn
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Y a Pukel faire ! EmptyMar 5 Mai 2015 - 20:52
Le soleil tapait encore sur son visage il y a quelque mètres, mais pourtant, une fois le col franchit, la température avait considérablement diminué. Wedfin appréciait ce calme soudain, d'autant que la nuit commençait à tomber. Pour ce mercenaire la nuit était synonyme de apaisement et de douceur. La douceur d'une brise qui soufflait dans son dos, qui a défaut de l'abreuver, ne l'assoiffait pas. Il était épuisé, affamé, assoiffé. Depuis deux mois il était à la recherche d'un contrat, qui lui permettrait de survivre encore un peu. Une rumeur courait que des bandits procédaient à de nombreuses attaques sur les populations et les biens de la vallée du Harrowdale, peut-être pourrait-il y proposer ses services, et ainsi survivre encore un peu. Un hameau de dessinait sur le prolongement de ce qui fut peut-être un jour une route. Cela faisait trois nuits que Wedfin n'avait pas trouvé logis dans une habitation humaine, trois nuits réduites à quelques heures pour éviter une agression. Son cheval était épuisé, et son pas s'alourdissait. La vigueur de Naur et de son cavalier s'était dissipé, seul la mélancolie trouvait place dans le cœur de l'homme. Il soupesa sa bourse, et émit un soupir. Presque vide, à peine de quoi tenir une semaine dans la plus misérable des tavernes, coupe-gorge où il devrait pourtant faire halte. Sa décision fut vite prise, si il trouvait ici un emploi il dormirait dans une auberge, et dans le cas contraire, il poursuivrait encore et encore sa route, inlassablement.
Les bruits de pleurs des nourrissons s'échappait des maisons, accompagnés de celui des femmes qui se trouvaient seules, en colère contre leur époux qui ne revenait pas, ne jurant que par leur mort et pourtant espérant avidement leur retour, craignant plus que tout que leur homme ne revienne pas cette soirée. Des chiens sauvages rôdaient autour de quelques mendiants, sales et blessés, qui tentaient d'attirer l'attention du passant, côtoyant les jeunes filles désespérées qui espéraient gagner quelques pièces du commerce de leur corps. La vie ne souriait pas à cette pauvre population, à qui le terme de prospérité était inconnu. Le mercenaire mit pied à terre devant une misérable battisse, sur laquelle était accroché une vielle enseigne, indiquant l'entrée de la taverne, et attacha sa monture. Des bruits de rires, de meubles déplacés, de jurons et de d'interpellation à la pauvre plongeuse s'en échappait, commerçants et agriculteurs essayaient d'y noyer leur désespoir et leur mélancolie. Sur la porte, suspendu à un gros clou, moisissait un papier gras, presque illisible. Wedfin ne se donna pas la peine d'essayer de déchiffrer ce texte, sachant à peine lire.
Le mercenaire dévisagea la salle, la plupart des hommes étaient des commerçants ou des ouvriers, riant entre eux et s'injuriant. Sur un banc deux hommes échangeaient quelque paroles, une chope à la main, sans se mêler à l'euphorie générale. Des étrangers, peut-être même des soldats. C'est ce genre de voyageurs qui étaient le plus aptes à connaître les rumeurs des différents lieux. Le mercenaire se dirigea jusqu'au banc qu'ils occupaient, et prit place à côté d'eux, en ayant au préalable commandé une bière au comptoir.


Dernière édition par Wedfïn le Ven 8 Mai 2015 - 10:24, édité 1 fois
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Nârwel Rusk-Iâr
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Y a Pukel faire ! EmptyVen 8 Mai 2015 - 0:00
"Non, ça ne vous dit rien? Le ton grisonnant le regard perçant et le profil fier?" demanda t-il encore une fois à l'aubergiste.

"Naaa rien qui me vienne en tête... Et puis des gars dans ce genre il y en a trop pour que je m'en souvienne."

Darren regarda autour de lui et ne vit qu'un vieil homme et sa compagne qui trayait une chevre. L'aubergiste n'y mettait pas du sien. Le Gondorien plongea la main dans son veston de cuir...

"Combien pour une couche et nourrir mon chev..."

"Une d'or pour le cheval et deux de bronze pour la chambre... Et non vous ne pouvez pas dormir avec votre cheval." Répondit l'aubergiste lorgnant déjà sur la main gantée qui sortirait pour sûr avec de la belle monnaie du sud.

Mieux dormir dehors avec mon cheval pensa Darren...

"Merci pour votre temps Aubergiste." Dit-il en se retournant.

Il sortit de l'Auberge miteuse pour retourner dans les allées boueuses qui s'allongeait dans la vallée brumeuse de Harrowdale. Darren déliât les rênes qui retenait Sam, le grand percheron noir que lui et son fileul avaient vu naître. Bahrin l'avait nommé d'après Samsagace Gamegie. Le nom était vaguement famillier, mais le petit gondorien dont il était le parrain ne jurait que par lui, la main sur un vieux livre rouge, copie d'une autre copie d'un autre livre rouge, que son père lui avait offert au retour d'un de ses voyages.

Darren n'avait jamais été intéressé par l'Histoire, et il n'aurait pas souhaité y être mêler, pas d'aussi proche. Pourtant, à force et grâce à son mentor, il avait été promu aide de camps... Puis lieutenant. Il aurait du passer capitaine durant les campagnes contre l'Ordre de la Courronne de Fer si son mentor, le père de Bahrin, n'avait pas disparu dans le Rauros...

Depuis il avait mis de côté ces fonctions, certains diront qu'il n'était plus qu'un deserteur, mais le fait est qu'on lui avait laissé congés en haut lieu de manière tout à fait officieuse. D'un officier il n'avait gardé que la lame et la cape. Et il gardait les deux dissimulées sous de vulgaire peaux. L'une roulée derrière sa scelle et l'autre pendant à une large ceinture de chasseur, enrobée de chiffons noircis de poisse.

"On va finir par trouver quelque chose Sam...il y a forcement une trace. On lui doit bien ça." Murmura t-il en caressant le col de son doux colosse.

L'animal n'avait rien et avait même profiter de son temp libre pour brouter quelque brin d'herbes. Darren avançât lentement sans savoir où il se rendait. Il le sentait s'était vers l'ouest qui fallait avancer. Et vers l'ouest il avançait.

La nuit tombait quand Sam s'arrêta devant une taverne. Il souffla sur son humain, il était temps qu'il se repose et se restaure.

Darren posa la main sur la porte et lut d'un oeil vif la missive local sur deux truands qui échappaient aux Seigneurs des Cheveaux. Quand bien même la paix était censée régner il y avait toujours de sombre desseins à l'oeuvre.

"Il ne l'aurait même pas fait pour l'or..." se dit le lieutenant de Gondor à lui même.

Car quand bien même il avait été éduqué pour ne pas laisser de crime impuni, la conscience n'était pas la seule chose qui motiva Darren quand il poussa la porte de la taverne, la missive en main. Sa bourse était bien trop légère. Et la quête qui lui ramènerait son ami et mentor commençait à tourner à l'obsession. Et contrairement à ces jours de gloire, il ne pouvait pas piocher dans les fonds militaires de Minas Tirith.

"Une pinte et le nom de celui qui a affiché ce parchemin" dit-il en posant une piece d'argent et la missive sur le comptoir du Tavernier.


Dernière édition par Nârwel Rusk-Iâr le Lun 11 Mai 2015 - 14:01, édité 1 fois
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Thorseld Eodsen
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Y a Pukel faire ! EmptyLun 11 Mai 2015 - 12:37
L’envol d’une poignée de grives fit s’agiter les chevaux de tête. Le petit convoi stoppa nerveusement dans un orage de piétinements empressés. Le vent froid des montagnes emportait par volutes soudaines la vapeur âcre que les bêtes expulsaient de leur poitrine fumante. L’été avait beau s’étendre sur les Royaumes des Peuples Libres, dans les régions montagneuses le froid s’éternisait pourtant un peu plus, surtout le soir, humide et sévère, fidèle aux sommets enneigés comme un ami d’enfance. L’été avait pris toute sa place dans les plaines et les chaleurs étouffantes contrariaient cultures et récoltes, mais les hommes et les bêtes de cette contrée sauvage savaient trouver le frais à l’ombre des montagnes…

Sise dans une région boisée et rocailleuse à plusieurs jours de chevauchée des plaines verdoyant du Riddermark, la petite bourgade vers laquelle cheminaient les trois cavaliers était juchée au-delà du col de Harrowdale et ne présentait pour seul intérêt que le point de départ d’une mission aux contours encore confus vers laquelle Thorseld avait été envoyé. Le Lion de l’Isen s’était définitivement remis de la grave blessure qu’il avait essuyée lors de l’expédition secrète à Vieille-Tombe. Et, bien qu’il sentît encore parfois un léger tiraillement au flanc gauche lors des longues journées à cheval comme celle-ci, il ne se sentait jamais aussi vivant que lorsque débutait une nouvelle mission à laquelle il devait prendre part. Ole Nysaelund et Kron Fraakhen, deux de ses compagnons les plus fidèles, l’avaient accompagné jusque-là qui s’inquiétaient toujours encore un peu pour leur Capitaine, depuis sa blessure, et alors même que le médecin militaire avait pourtant annoncé sa complète guérison. Ils avaient traversé tant de choses ensemble. Lutté aux côtés de Gallen Mortensen et Orwen, combattu le tyran Hogorwen, tué des agents de l’OCF sous les murailles d’Alburg, …

Les deux derniers jours de route avaient retardé l’avancée de la petite troupe en raison d’une brume tenace qui, conjuguée au mauvais entretien des sentes abruptes qui menaient jusqu’au col, avait rendu la  progression des chevaux difficile. Il avait finalement fallu chevaucher quatre jours pleins pour atteindre le terme du voyage.

La petite cohorte franchit un petit gué large de quelques dizaines de pieds seulement mais suffisamment profond pour que le Capitaine de l’Armée du Riddermark, ait dispensé des consignes de prudence et de vigilance. Loin de chez soi, on n’était jamais trop prudent. Ils auraient eu l’air fin, à arriver trempés comme des grenouilles et trimballant un blessé !
A quelques encablures de là, en aval, l’épais torrent qui s’étirait au-delà du gué, s’égaillait en aval en de petits rapides bouillonnants.

Le Bouclier d’Edoras marqua une courte pause comme il levait la tête, la main en visière contre son front au-dessus des yeux, pour tenter d’apercevoir le petit village montagnards qu’ils tentaient d’atteindre depuis plusieurs jours. Il avait déjà plusieurs fois fait le voyage jusque-là, mais rarement par un temps aussi changeant. L’Eté précoce ? Mon cul !, songea-t-il en observant autour de lui les résidus brumeux accrochés sur le versant montagneux. A quelques mètres de lui, affairé auprès du mulet qui charriait les vivres, le matériel et les armes, Ole conversait avec Kron tout en vérifiant les sangles des paquetages et leur bon arrimage au dos de la bête de somme.

Ole Nysaelund était un homme au gabarit impressionnant et d’une stature déconcertante. Il était bien plus grand que le plus grand rohirrim qu’il avait jamais été donné à Thorseld de rencontrer. Et d’ailleurs le Lion de l’Isen n’était pas prêt d’oublier ce jour d’hiver où il avait vu débarquer à Helm, ce robuste gaillard. Alors qu’il était encore un jeune soldat plein d’ambition et de fougue, et bien avant qu’il ne soit un gradé rohirrim d’importance, Thorseld était attablé dans une petite auberge des faubourgs de Helm avec quelques amis quand il avait vu la porte s’ouvrir avec fracas et un homme immense et à la carrure extrêmement impressionnante contorsionner son immense carcasse de 7 pieds et demi de haut pour entrer dans le petit troquet. Là, il s’était approché du comptoir où l’aubergiste l’attendait, inquiet, ayant vu s’avancer vers lui cette montagne d’homme. Il l’avait servi non sans une petite appréhension et chacun avait observé, intrigué, « l’homme et demi » engloutir plusieurs des plus grosses pintes de l’établissement en quelques gentilles goulées.
Au risque de se ruiner, Thorseld, à l’époque jeune gradé, avait alors signalé au tenancier du bar que les consommations de cet homme titanesque seraient pour lui et avait invité ce dernier à se joindre à eux. Le colosse ayant accepté l’invitation, ils avaient passé toute l’après-midi, la soirée et une partie de la nuit à écouter, amusés, les récits des truculentes aventures de cet imposant bonhomme qui s’avérait fort sympathique au demeurant. Encore avait-il fallu oser le connaître et s’adresser à lui…
Depuis cet après-midi-là, la joyeuse bande avait eu désormais un nouveau membre lequel devait s’avérer, plus tard et à de multiples reprises, d’une efficacité redoutable sur un champ de bataille…

– Il faut que je pisse !, annonça Thorseld à Kron lorsque celui-ci s’approcha de son Capitaine. Le Bouclier d’Edoras s’éloigna en délassant ses chausses pour se soulager dans le large cours d’eau qui se jetait en contrebas de la sente où ils s’étaient arrêtés. Le Fraakhen observa l’ouvrage. – Tu pisses loin ! fit-il remarquer, admiratif. – C’est pour ça que c’est moi qui commande !, répliqua Eodsen. Quelques secousses plus tard, le Capitaine Rohirrim remballait son arsenal et regagnait ses hommes. Son compagnon d’arme lui rendit la ceinture à laquelle pendait Noiregriffe.

Une fois relacé, rhabillé et rééquipé, Thorseld ordonna le départ. Le voyage touchait à son terme mais bien que les dernières lieues dussent s’annoncer plus faciles, la petite halte avait été aussi bienvenue que nécessaire afin d’atteindre le petit village dans de bonnes dispositions.

Quelques dizaines de minutes plus tard, les trois hommes entraient dans la petite bâtisse branlante qui tenait lieu d’auberge aux habitants du hameau. Un rapide coup d’œil à une pièce de parchemin usé qu’un clou tordu planté non loin de la porte d’entrée de l’établissement avait suffi pour confirmer au Capitaine rohirrim que la bicoque était bien le lieu de rendez-vous indiqué.

Quelques regards distraits interrompirent certaines conversations grivoises et se tournèrent vers les trois hommes qui venaient de faire leur entrée. Sans plus d’attention pour les clients de la taverne bruyante, Thorseld se dirigea vers le fond de celle-ci où il avait remarqué, affalés sur un banc et sirotant quelques bières, deux hommes porteurs de l’uniforme de l’armée.

– Repos, soldats !, plaisanta le Lion de l’Isen en s’asseyant face à eux… Un signe de la main à l’attention de l’aubergiste indiqua qu’il désirait la même chose que les deux hommes auxquels il était en train de se présenter. – Thorseld Eodsen. Et voici Ole et Kron. Nous venons arrivons d’Edoras. Le Vice-Roi nous envoie pour mettre fin aux agissements des truands signalés dans la vallée !

#Thorseld
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Nathanael
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Y a Pukel faire ! EmptyLun 18 Mai 2015 - 16:12
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Tandis que l’auberge continuait de remplir son ventre rebondie d’hommes las et assoiffés, un groupe de joyeux drilles déjà imbibé d’alcool se mit à pousser la chansonnette afin d’égayer la soirée.

Viens par ici, viens mon p'tit homme,
N'y-a pas tant d'monde, on n'y voit rien.
Déboutonne-toi tu verras comme,
Je s'rais gentille et j'aim'rai bien.
Tu m'donn'ras six sous pour ma peine.
Béni soit le noeud qui m'étrenne.

Ah! Ah! Ah! Ah!
C'est une patrouille! attends-moi là!
Entretiens-toi pendant qu'elle passe.
C'est une patrouille! attends-moi là!
Entretiens-toi pendant c'temps-là.
C'est des boueux, n'y prends pas garde.
Viens, que j'te magne ton p'tit outil.
Vrai, j'avais cru qu'c'était la garde.
Il bande encore, est-il gentil!
Allons, et que rien ne t'arrête,
Fais-moi cadeau d'ta p'tite burette.

Vrai, j'en ai t'y d'la veine tout d'même,
T'as du beau linge. Es-tu marié ?
T'es un bel homme, t'as des yeux qu'j'aime.
Tu dois au moins être épicier ?
Ou même représentant d'la Chambre.
Jouis donc, cochon. Ah! le beau membre !

Refrain

C'est des marlous d'ma connaissance.
Mais, par où donc qu'il est passé ?
Que j'y finisse sa p'tite jouissance.
C'est-y vous, M'sieur, qu'j'ai commencé ?
Eh! Non ça c'est pas chouette tout d'même,
C'est qu'il a du s'finir lui-même !

Ah! Ah! Ah! Ah!
Cré nom de Dieu, cré nom de d'là !
Faut pas d'crédit dans c'métier là !
Cré nom de Dieu, cré nom de d'là !
Faut pas d'crédit dans c'métier là !


Jorund et Norring applaudirent et crièrent comme un seul homme pour féliciter les gaillards qui s’étaient égosillés pour partager leur bonne humeur. Cette courte animation raviva les esprits et assécha les gosiers. Le tavernier servit deux tournées tandis que les conversations reprenaient de plus belle. Deux étrangers vinrent s’installer aux côtés des deux soldats. Norring fut le premier à leur laisser une place, satisfait de pouvoir enfin discuter avec quelqu’un d’autres que Jorund, qui, quoi que sympathique et bon vivant, commençait à l’exaspérer avec ses vieilles histoires de combat et son impatience troublante pour retrouver le souvenir d’une maison clause non loin d’Edoras. Jorund était, qui plus est, trop occupé à vider les diverses pintes qu’on lui offrait.

- Vous venez pour l’embauche ?

Il y avait de l’espoir dans son interrogation, comme si une réponse affirmative pouvait lui rendre le bonheur que leur régiment leur avait arraché en les abandonnant dans cette vallée sordide.

- Moi c’est Norring, derrière Jorund. Il tourna le pouce en direction du grand Rohirrim dont les lèvres étaient couvertes de mousse.Nous sommes cavaliers pour le régiment de Harrowdale, assermentés pour traquer deux dangereux fugitifs réputés pour avoir commis des exactions pas très glamours.

Il mit un coup de coude à Jorund qui continuait de vider inlassablement les verres de bières qui se succédaient sur la table. Le Rohirrim s’essuya la bouche d’un revers de manche, et salua vaguement les deux nouveaux venus d’un signe de tête avant de continuer l’explication de son comparse.

- Ouai, deux bandits de grand chemin quoi ! Mais pas des petits joueurs à ce qu’on a entendu dire. On est là depuis une semaine et ils font trembler les villageois du coin. Il paraît qu’en plus d’être violent et fourbes ils seraient pas beaux à voir. Enfin, voyez quoi !

Il passa la main devant son visage comme si son geste suffisait à expliquer les déformations prétendument subies par les bandits. Norring allait continuer son discours explicatif quand un autre groupe d’hommes pénétra dans la pièce. Les figures se retournèrent, un murmure traversa la salle, les conversations reprirent, mais les sujets abordés n’étaient plus tout à fait les mêmes. Jorund et Norring échangèrent un regard circonspect, le premier faisait grise mine, mais le second arborait déjà un sourire indéchiffrable. Ils ne s’attendaient pas à voir arriver des hommes envoyés par le Vice-Roi en personne pour venir les seconder. Moins encore à voir le Lion de l’Isen escorté d’un ent blond. Les deux hommes se levèrent pour la forme, sans paraître comblés de voir arriver des hommes de paille en uniforme dans cette taverne miteuse. Norring exprima le fond de leur pensée.

- Nous pensions que l’armée rohirrime avait mieux à faire qu’à courir après deux truands de grand chemin. Notre compagnie a rejoint Edoras avant-hier. Il marqua une pause. Enfin, tant mieux si nous avons des bras supplémentaires. Comme je l’expliquais à ces deux hommes, il désigna Wedfïn et Darren, c’est le gratin du banditisme montagnard qu’il va falloir traquer.

Jorund, mécontent d’avoir été interrompu dans sa beuverie vespérale prit à son tour la parole, changeant radicalement de ton, délaissant son allure pouilleuse de pilier de comptoir pour arborer la stature d’un homme de loi irréprochable. Au-delà se son goût prononcé pour la bière, son regard était animé d’une étincelle où brillait une vive intelligence et ses gros bras semblaient bels et bien proportionnels à son intellect.

- Ils sont deux, mon capitaine. Le soldat avait clairement reconnu les insignes du grade de Thorseld. Mais impossible de les retrouver dans le dédale de forêts, de pierriers et de claps. Ils sont à pieds et se déplacent plus rapidement que nous car les chevaux peinent à trouver des sentes acceptables dans les fortes pentes. Nous avons déjà rebroussé chemins deux fois malgré une piste fraîche. Et quand ils se sentent suivis de trop près, ils redescendent dans la vallée, se glissent dans la rivière et la suivent en aval ou en amont jusqu’à trouver de la roche sur laquelle ils ne laisseront pas de traces. Ils sont connus dans la région pour venir à des périodes précises de l’année, ils commettent rapines et dégradations, puis repartent. Ils ont été vus deux printemps déjà. C’est la troisième année consécutive qu’ils ont été observés dans les parages. Et à chaque fois, c’est la même histoire, du petit bétail volé, des clôtures cassées, des vivres disparaissent, d’autres se plaignent également d’agressions nocturnes. Mais ils n’ont jamais été interceptés. Introuvables !

Norring fit un petit signe de tête à son camarade pour lui signifier que son discours avait été parfait, des plus éloquents qui soient. Le soldat aborda la question qui dardait son esprit.

- Voulez-vous prendre le commandement des opérations mon capitaine ? Ces deux hommes seront momentanément à votre solde, nous avons déjà de quoi anticiper les frais de leur entretien, bien entendu. Le contrat établit par notre régiment stipule qu’ils ne toucheront leur dû que si les deux hommes sont mis au fer.Norring se tourna vers Wedfïn et Darren. Sans quoi vous reviendrez d’où vous êtes venus avec nos salutations distinguées.
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Y a Pukel faire ! EmptyDim 31 Mai 2015 - 20:50

- Vous venez pour l’embauche ?

L’homme ne s’était pas encore présenté, la question semblait naturelle. Wedfin n’avait pas ouïe dire d’un quelconque contrat, mais n’importe lequel lui serait aujourd’hui un salut. Le mercenaire prononça une réponse :


- Je suis bien venu pour être embauché.


Il se rendit compte que sa voie était inaudible, incompréhensible. A tant éviter la compagnie humaine, son langage se muait en un simple murmure grave. A en juger par le comportement des deux hommes, ils ne l’avaient pas entendu.


- ...il paraît qu’en plus d’être violent et fourbes ils seraient pas beaux à voir. Enfin, voyez quoi !


Cette offre semblait parfaite. Mais visiblement il n’était pas seul a s’y intéresser, un autre homme du nom de Darren voulait s’approprier l’offre. Wedfïn tenta un instant d’être raisonnable, l’idée de la prime lui tournait déjà la tête. Non, il ne pourrait jamais accomplir cette tâche seul, et si les deux gros bras qui lui faisaient face n’avait pas réussit à mettre la main sur ces bandits, leur expérience et l’aide de Darren ne serait sûrement pas de trop. La question de la paye n’avait pas était abordé, mais même le mercenaire affamé était prêt à risquer l’unique élément qui lui restait - sa vie - même pour une somme dérisoire.


- Norring, Jorrund, je suis votre homme. J’ai… Wedfïn hésita quelques instants, il était inutile de dévoiler un quelconque fragment de son passé peu glorieu. Disons simplement que les chasses à l’homme ne me sont pas étrangères. Nos deux bandits seront bientôt hors d’état de nuire, et je puis vous assurer, qu’après les avoir débusqués, ils seront bien moins beau avoir, qu’ils soient réduits réduits à l’état de prisonniers ou de cadavres.


La porte de la taverne s’ouvrit une nouvelle fois, mais les hommes qui entrèrent était rarement aperçut dans les environs. Un capitaine Rohirrim, accompagné de ses hommes, des soldats en uniformes. Aussitôt le ton des discussion changea, et l’artificiel des échanges se percevait à toutes les tables. Le dénommé Jorund s’adressa immédiatement à l’envoyé du Vice-Roi, mais il n’apprit rien de nouveau au mercenaire, les dires de Norring l'intéressaient bien plus.


- … nous avons déjà de quoi anticiper les frais de leur entretien, bien entendu. Le contrat établit par notre régiment stipule qu’ils ne toucheront leur dû que si les deux hommes sont mis au fer. Sans quoi vous reviendrez d’où vous êtes venus avec nos salutations distinguées.


Le faible doute qui résidait dans l’esprit de Wedfïn s’envola. Il n’avait pas le droit à l’erreur. Il allait s’engager dans une chasse à l’homme qui semblait difficile au point de nécessiter l’intervention de l’armée régulière, mais la faillite lui était interdite. Sa vie en dépendait, l’investissement nécessiterait de mobiliser ses dernières forces et le peu de biens qu’il lui restait. il est des cas où l’erreur est interdite.


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Y a Pukel faire ! EmptyMar 2 Juin 2015 - 15:59
L'aubergiste poussa une pinte remplie à moitié de mousse, sans doute les étrangers avaient le droit à moins d'hydromel que les locaux... Vexé le Gondorien ne posa qu'une piece de bronze sur le comptoir. Et s'empara de la pinte s'en rien ajouter. Se retournant il n'eut aucun mal à deviner à qui s'adresser. Deux hommes aux couleurs de Harrowdale, légèrement à l'écart du reste de la taverne.

Alors qu'une troupe de compagnon entamèrent une chanson il s'avança vers les deux soldats, ce n'est qu'à quelques pas d'eux qu'il aperçut un troisième homme. Pas un soldat, pas un rohirrim, un mercenaire?

Darren hésita un instant. Un contrat aurait pu etre lancé pour capturer un lieutenant déserteur. Il avait vu bien des capitaines rédiger de telle annonces. Et même si l'on n'exécutait plus les déserteur depuis la fin du règne des Intendants, leur sort était peu enviable, et une fortune attendait surement celui qui ramènerait Darren pieds et point liés au Gondor.

Mais l'individu en question paraissait à bout de force, autant qu'il était évident qu'une fois en forme il s'avérerait un adversaire redoutable.

Il aurait été suspect de se détourné des trois hommes  maintenant, et Darren ne ressemblait plus vraiment au portrait que ses supérieurs pouvait  avoir communiqué.

"Je viens de l'Ouest..." mentit-il. "Et si vous recherchez toujours de l'aide pour attrapez ces deux malfrats. Je me joindrais volontiers à votre bande."

L'un des soldats lui fit signe de s'asseoir et se présenta promptement.

"Appellez-moi Amroth" répondit-il à Norring en s'asseyant aux côté de Jorrund, le plus loin possible du mercenaire dont il ignorait encore le nom.

Ce dernier commença à leur expliquer le pourquoi du comment quand ils fûrent interrompis par l'entrée en scène d'Officiers du Vice-Roi.

Le Lion de l'Isen... Darren avait accompagné un capitaine Gondorien dans une campagne conjointe avec les forces du Rohan contre des excursion orques. Il n'était que Aspirant-Lieutenant à l'époque. Et le pseudonyme du Lion de l'Isen lui était familier depuis cette campagne. Il fallait espérer que ce dernier n'y avait été que mentionné. Il serait malvenu d'être reconnu après s'être présenté sous un tel alias.

Alors que l'attention générale été toute conquise par les officiers Rohirrims, Darren souffla discrètement la bougie qui révélait son visage  et s'enfonça un peu plus dans son capuchon.

#Daren
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Thorseld Eodsen
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Y a Pukel faire ! EmptyJeu 4 Juin 2015 - 16:56
Les deux soldats avaient l’air de deux braves types, aguerris et volontaires, que le temps et le manque de moyens avaient progressivement essoufflés dans leur chasse… Le regard métallique de Thorseld passa calmement de Norring à Jorund pour scruter méticuleusement le soldat qui engloutissait chopes sur chopes non loin de son collègue.

Mais l’attention du Capitaine du Riddermark se reporta sur Norring alors que celui-ci exposait la situation à l’envoyé du Vice-Roi. L’explication était claire et concise et les éléments énumérés formaient un rapport très précis de ce qui les regroupait tous dans ce hameau paumé du Harrowdale.  

– L’armée du Rohan ne dédaigne un cas pour un autre, intervint le Lion de l’Isen lorsque le soldat avoua être étonné de voir des gradés venir jusque là après bien des semaines de silence de la part d’Edoras. – Il y a juste eu quelques campagnes importantes qui requerraient toutes nos forces de frappe. Il gardait en mémoire les dures semaines de combat au cœur du Rude Hiver et la bataille menée à Alburg contre l’Ordre de la Couronne de Fer.

La menace de la Couronne de Fer pour l’heure écartée, il était évident que l’état rohirrim ne pouvait laisser agir sur son territoire des hommes tels que ceux que décrivait Norring. L’attention de Thorseld s’intensifia alors que le soldat achevait de fournir l’intégralité des éléments que leur travail à la poursuite des deux criminels avait permis de rassembler.
Le mode opératoire du duo qui semait la panique dans la vallée avait été soigneusement étudié par Norring et son frère d’arme et la restitution qu’en faisait le soldat à son Capitaine était des plus complètes.

Les prendre à revers. Il faudrait pouvoir les prendre en tenaille et les amener à se rendre là où nous pourrons les atteindre. Thorseld réfléchissait tout en essayant de mémoriser tous les petits éléments d’indices amassés par les deux soldats. – Vous disposez de chevaux ? Sur combien de bêtes pouvons-nous compter ? interrogea-t-il immédiatement. Une battue ne pourra être mise en place que si nous disposons de suffisamment d’hommes. Un rapide coup d’œil à ceux qui semblaient prêts à répondre à la chasse à l’homme permit au Bouclier d’Edoras de dénombrer les rares forces qu’ils pourraient rassembler. Sept. Ils seraient seulement sept à pouvoir combiner leur force pour attraper ces bandits. C’était peu. Mais toujours mieux que deux.

– Je vois… marmonna Thorseld en se grattant la barbe. – Ces gars-là connaissent la vallée comme leur poche ! Et bien mieux que chacun d’entre nous, semble-t-il ! Nous aurons besoin de vous plus que vous de nous !, conclut-il en faisant claquer une bonne bourrade amicale sur l’épaule de Norring. – Jorund !, interpella-t-il le second soldat, d’un geste autoritaire de la main. – Vide ta bière nous allons avoir besoin de toi !

Le Capitaine du Rohan se tourna ensuite vers les deux aventuriers qui écoutaient attentivement la conversation depuis le début de l’exposé de Norring. – Nous ne serons pas trop de sept pour choper ces deux connards !, les prévint-il immédiatement. L’un des guerriers s’était enfoui le visage sous sa capuche comme pour fuir la lumière des torchères qui flamboyaient sur les murs tout proches. – Ca va, mon gars ? Tout va bien pour toi ? Tu es prêt à nous suivre ?

L’aide de camp du Vice-Roi voulait que tout ceci soit vite réglé. Mais après le compte-rendu de Norring, il paraissait évident que rien n’était moins sûr ! – Non. Je vous laisse les rênes, les gars !, répondit-il à l’invitation du soldat de prendre les commandes des opérations. – Vous êtes ici depuis le début et vous semblez bien connaître les types que nous traquons. Vous en savez plus long sur eux que nous tous réunis. Et vous connaissez la vallée. Moi non. Il est normal et raisonnable que vous soyez au commandement. Nous ne sommes là qu’en renfort !

Il regarda chacun des hommes rassemblés autour de lui. – Ca convient à tout le monde ?

Si les deux soldats manquaient d’idées pour la suite, il proposerait une battue, avec deux groupes de traques à pieds et à cheval qui prendraient en tenaille l’un des versants de la vallée pour coincer les gaillards qui leur faisaient la nique depuis des mois. Mais on n’en était pas encore là.
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Nathanael
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Y a Pukel faire ! EmptyVen 12 Juin 2015 - 18:09
Y a Pukel faire ! Jorund10

Espièglerie guerrière. Les coups d’œil s’échangeaient entre les protagonistes, chacun jaugeant les chances de l’autre de parvenir à mettre la main sur les deux arsouilles. Jorund et Norring eurent encore une fois un signe de tête entendu, agrémenté d’un sourire plein de sous-entendus. La chasse promettait d’être bonne. Norring se frotta les mains, prêt à expliquer la suite des événements. Jorund nota quant à lui que le dénommé Amroth était bien discret, taiseux et le profil bas pour un mercenaire venu chercher un contrat juteux. Suffisamment de profils différents pour s’assurer leur réussite. Si jamais l’un deux se révélait incapable de suivre le rythme et d’accepter leur décision, ils pourraient toujours piocher dans le tas pour récupérer les plus déterminés et les plus endurcis. Les pertes importaient peu puisque le contrat n’était rémunéré que si la clause principale était remplie : passer aux fers les clephtes locaux. Norring reprit la discussion avec Thorseld afin de lui communiquer les informations importantes.

- Nous possédons quatre chevaux. Et des meilleurs. Pas les plus rapides, pour sûr, mais ils ont le pied rôdé aux terrains difficiles et la croupe puissante pour grimper n’importe quel flanc de montagne. On pourra toujours s’en servir pour faire le gros de la marche, mais si jamais on arrive à relever une piste, on aura plus de chance à pieds. Ces deux maraudeurs sont vifs et passent partout, comme s’ils avaient les mains et les pieds qui connaissaient tout seul le chemin.

Il s’esclaffa, conscient que de pareils hommes n’existaient pas, mais il n’y avait pas de meilleure image pour illustrer leur rapidité de déplacement dans les dédales de pierres et de trous qui flanquaient les sommets alentours.

- Si vous avez-vous-mêmes vos chevaux, ça ne serait que mieux, ça nous laisserait un ou deux chevaux de bât, histoire d’emmener le matériel et le reste, on sait pas pour combien de temps on est parti avec ces deux là.

Jorund approuva d’un signe de tête. Tous ceux qui les avaient précédés avaient échoué et eux-mêmes avaient perdu la trace de leurs proies trois jours auparavant en traversant une rivière.

- Pour ce soir, vous pourrez loger au bâtiment. C’est pas bien confortable mais les nuits suivantes seront sans doute pire ! Et je vous parle pas du reste !

Et Norring repartit d’un grand rire face aux difficultés qui les attendaient. Le froid, la faim, la fatigue semblaient n’être que de vulgaires obstacles à franchir comme dans un de ces grands jeux d’habileté organisés au Rohan. La vie avait déjà passablement marqué les deux soldats, de petites rides et des cicatrices dessinaient sur leur visage et leurs bras l’histoire de leur existence mouvementée.

Ils passèrent encore une partie de la soirée à échanger quelques boutades, à parler de la chasse à l’homme qui commencerait le lendemain et des mille et une façons qui existaient pour piéger des brigands en déroute. Puis Jorund et Norring se levèrent et firent signe à leurs compagnons de les suivre. Certains hommes roulaient sous les tables, d’autres chantaient d’une voix éraillée aux intonations décousues qui donnaient une idée précise du nombre de pintes qu’ils avaient ingurgité. Dehors le temps se couvrait et de lourds nuages noirs obscurcissaient la vallée en se découpant sur la lune. Tout dans la vallée semblait lugubre et glauque comme si les Valari avaient oublié ce lieu depuis la création du monde. Pas mêmes les neiges éternelles n’apportaient de réconfort, rappelant toujours aux hommes que la morsure du froid et la rudesse des hauteurs n’étaient pas bien loin. Le baraquement qui servait de caserne n’était pas très loin de la rivière Snowbourne, encore étroite et tonitruante à cet endroit, encaissé entre de hauts remparts dans un lit profond et tortueux. On entendait les eaux ronfler depuis l’intérieur du bâtiment, chahutant sur les cailloux, rebondissant de rocher en rocher dans un courant rapide et impétueux. La rivière transportait avec elle le souvenir des langues glaciaires, froid et mortel. Si bien que le baraquement, mal isolé et humide, conservait en permanence un air plus frais qu’à l’extérieur, agréable en été, mais insupportable de l’automne jusqu’aux prémices du printemps. Ce soir les hommes n’auraient pas besoin d’épaisses couvertures même si les bruits de course poursuite dans les couloirs n’auguraient rien de bon. Il n’y avait ici aucun chat pour faire la chasse aux rongeurs.

- Bienvenue dans notre auguste demeure ! plaisanta Norring.

L’homme ne semblait jamais se soucier de l’inconfort matériel pas plus que de l’insalubrité d’un lieu. Il indiqua vaguement un endroit où les mercenaires et les cavaliers d’Edoras pouvaient poser leurs affaires et s’installer pour dormir.

- La nuit ne sera pas des meilleures, mais ne vous inquiétez pas, elle sera courte ! Demain nous partirons aux aurores. Faites confiance au coq pour vous réveiller, ce casse burne gueule bien avant le lever du soleil !

Il y avait en effet, attenant au bâtiment, un petit poulailler où des oiseaux dépareillés auxquels il manquait quelques plumes somnolaient, perchés sur deux morceaux de bois. La misère semblait grignoter le paysage aux alentours du village, la pauvreté était un fait commun, une réalité quotidienne qu’il fallait accepter ou fuir.

*********************************************

La nuit fut aussi brève qu’elle fut insupportable. Les rats avaient réveillé une ou deux fois les braves compagnons en traversant à tout va leur couche ou en couinant. Le coq avait quand à lui commencé à chanter à partir du milieu de la nuit, et malgré les insultes de Jorund il avait continué à donner de la voix jusqu’à ce que les premiers rayons du soleil paraissent à l’entrée de la vallée. Pour l’heure, les ombres matinales couvraient encore les piémonts et la rivière, et le soleil ne viendrait guère les réchauffer avant de parvenir à son zénith. Norring s’occupa de faire un feu dans un âtre poussiéreux dont la suie ne devait être que rarement ôtée. La fumée mit un moment à  s’engouffrer dans le long conduit de cheminée en pierre, non sans emboucaner la pièce où ils étaient avant de prendre de la hauteur. Jorund quant à lui était sorti chercher les chevaux pour les mettre à l’attache et les panser pour qu’ils n’aient plus qu’à les seller ou les bâter par la suite. Les hommes prirent un repas sommes toute conséquent, et non point frugal comme pouvaient le laisser présager les lieux.

- La femme de l’aubergiste a un petit faible pour Jorund, alors du coup on a du rab’.

Le rire de Norring rebondit sur les murs, clair et franc, communicatif. Ce soldat semblait imperturbable, toujours souriant, tournant n’importe quelle situation en comédie burlesque ou en bonne blague.  Un allié de poids, sans doute, pour les prochains jours. Ce furent donc jambon, pain grillé, tartine de miel sur du beurre un peu rance pour tout le monde ; des largesses gustatives dont personne ne se priva. Il y eut même un peu de lait de chèvre, fort et gras, tenant au corps.

- Si avec ça on les coince pas, je sais plus quoi faire capitaine ! Un bon repas ça vous met d’aplomb pour la semaine à venir. J’aurai jamais rien de mieux à vous proposer que du ragoût de lapin et de la soupe de racines par la suite.

Ils ne tardèrent cependant pas longtemps à plier leurs affaires et à prendre les chevaux par la bride pour s’engager sur un chemin de terre à la sortie du village, au sud-ouest. Norring et Jorund menaient la marche, silencieux, échangeant quelques fois un regard ou un signe de tête pour s’engager sur une piste plutôt qu’une autre. Tant qu’ils suivaient le cours du Snowbourn à proximité des champs et des prés il n’était guère difficile de se repérer. La rivière chantait le chemin à suivre, et la vue était suffisante pour voir les falaises, les montagnes et prendre une direction. Les choses se compliquèrent par la suite quand ils pénétrèrent dans un petit bois broussailleux où les chemins n’étaient que des sentes tracées par les animaux encombrées de ronces et d’orties. Les arbres étaient rabougris, frappés par le mauvais temps et les conditions difficiles, les troncs étaient difformes et noueux. Chênes, rares frênes, hêtres frêles, noisetiers ; l’endroit ressemblait plus à une vaste haie mal entretenue qu’à une vraie forêt. Le faîte des arbres n’étaient pas très hauts, juste suffisamment pour empêcher un homme à cheval de voir où il allait.

- Les deux gars ont été observés dans le coin la semaine dernière. Ce sont des forestiers qui les ont aperçus. Ils ont pris la poudre d’escampette et ils ont plus jamais réussi à leur remettre la main dessus mais apparemment au matin ils trouvent quelques fois des restes de feu. Ce sont des bons, ils prennent que du bois bien sec ou ne font pas de feu, histoire de ne pas faire de fumée. Les rois de l’invisible !

Jorund expliquait aux mercenaires les dernières informations qu’ils avaient obtenues. Ils ne tardèrent pas à croiser les dits forestiers, suant eau et sang pour abattre quelques arbres et les ébrancher. Norring les rejoignit et échangea brièvement avec eux, leur donnant la pièce, puis retrouva le groupe hétéroclite qu’ils formaient.

- Ils les ont pas vu hier, ni le jour d’avant. Mais apparemment aux pieds des falaises avant de monter vers le Firienfield, ils auraient été vus par des villageois de l’Underharrow venus chercher de la caillasse pour reconstruire un bâtiment. Ils ont eu de la casse avec le Rude Hiver et ça leur met le moral dans les chaussettes de se voir piller de la sorte. Ils ont déjà pas grand-chose. On y arrivera avant la nuit mais on n’aura sans doute pas le temps de s’arrêter boire un coup, hein Jorund !

Norring appuya sur les mots pour lancer sa pique à son compagnon de route puis tira sur la bride de son cheval et remit leur compagnie en route. Jorund émit un grondement mais ne releva pas la boutade. Ils cheminèrent ainsi toute la journée durant jusqu’à parvenir au village qui seyait aux pieds des falaises menant à Dunharrow. Le soleil avait déjà disparu derrière les montagnes mais Norring n’était pas certain qu’un seul de ses rayons ne touche le village durant la journée. « Un véritable trou à rat … et encore, pas sûr que les rats en veuillent ! ». Ils traversèrent le village et ne tardèrent pas à trouver le bâtiment en reconstruction. Une chaumine plus qu’une maison dont le toit s’était effondré en emportant avec lui la partie haute des murs. Trois hommes acheminaient les cailloux à la main depuis un tas formé non loin. Ils avaient l’air désespéré et las, comme s’ils travaillaient pour rien. Norring les héla pour attirer leur attention le temps que tout le petit groupe ne parvienne au pied des murs branlants.

- Capitaine, je vous laisse leur parler, ça leur fera plus d’effet, puis ça leur remettra peut être un peu d’espoir de voir qu’il y a le Lion de l’Isen dans le coin pour chasser ces malfrats. Ils ont l’air dans un sale état les pauvres ! Il marqua une pause. Amroth, Wedfïn, venez avec moi, on va aller faire boire les chevaux en attendant y a une fontaine plus loin.

Norring planta le capitaine sur place sans attendre sa réponse et mena les deux mercenaires avec un premier groupe de chevaux, plus loin, pour les abreuver. Jorund resta avec le capitaine et ses deux cavaliers. Il n’y avait pas de temps à perdre s’ils voulaient être repartis avant la nuit noire.
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Y a Pukel faire ! EmptyMer 17 Juin 2015 - 4:43

Y a Pukel faire ! Latest?cb=20080424130228’odeur du lait de chèvre lui chatouillait les narines. Il était adossé à un mur humide, le tapis de selle de sa monture jeté sur les pieds. Il observa un instant les six hommes en train de déguster un repas copieux, Jorund, Norring, Amroth, le Lion de l’Iesen et deux de ses soldats. Après un bref soupir, le mercenaire se redressa. Une douleur persistait au niveau de sa colonne vertébrale, entre les omoplates, et une morsure de rats suintait d’un liquide dégoûtant au niveau de son tibia gauche. La nuit avait était mauvaise, il n’avait pas voulut trouver sommeil, par craindre d’y trouver la mort.
Les brigands ne tenteraient-ils pas tout pour les tuer au plus tôt afin d’éviter l'affrontement ? Et pouvait-il avoir confiance dans ses hommes rudes qu’il ne connaissait pas ? Mais vers le milieu de la nuit, tandis qu’il somnolait, un de ses camarades de chasse laissa échapper un juron, aussitôt imité par un autre. Une masse poilue fonçait vers Wedfïn, qu’il envoya rouler loin de lui d’un coup de botte. Apparemment les rats avaient décidé de s’établir dans cette insalubre bâtisse. Peu à peu, tout le monde sortit de la torpeur du sommeil, d’autant que le coq semblait être un lève-tôt, hurlant un chant faux pour appeler le Soleil retardataire. A cette pensée Wedfïn sourit, se remémorant son temps dans l’armée régulière, réveillé aux aurores par un capitaine à la puissance vocale proche du volatile. Ses paupières tombaient, si jamais ses camarades décidaient de l’égorger, même réveillé il serait bien incapable de leur tenir tête, autant dormir. Et il ne s’était réveillé qu’après tout le monde. Le mercenaire se le reprocha intérieurement, il ne fallait jamais montrer la moindre faille, d’autant plus qu’il se refusait à trop exposer ses avantages, qui sait ce que pourrait entraîner la jalousie d’un des hommes ici présents ? C’est pour cette raison que la veille il n’avait proféré aucun compliment sur Naur, son destrier, du quel il était pourtant très fier.
Le mercenaire se leva et, après un bref signe de tête à ses camarades, descendit dans la cour, où il croisa l’intendant, à qui il soutira, au prix de nombreux jurons, quelques gouttes d’alcool pour désinfecter la morsure. Après s’être plongé le visage dans l’eau froide d’un abreuvoir, il rejoint ses camarades. Là, il grignota une tranche de pain dur, beurré et miellé. Wedfïn se refusait à prendre un repas abondant au lendemain d’une période de disette, connaissant les risques pour son système digestif, d’ailleurs il ne restait plus grand chose.
La petite compagnie  profitait des derniers instants de repos avant d’affronter les difficultés d’une chasse à l’homme. cependant,il ne pouvaient se permettre de trop retarder. Les chevaux furent sellés, et la troupe commença ses recherches, qui la menèrent jusqu’à un bâtiment en reconstruction où le capitaine du Rohan entreprit d’interroger les ouvriers.

- Amroth, Wedfïn, lança Norring, venez avec moi, on va aller faire boire les chevaux en attendant y a une fontaine plus loin.
Amroth… De tous les hommes qui l’accompagnait, ce dernier était celui qu’il cernait le moins. Wedfïn ne pouvait qu’admirer le silence de son collègue mercenaire. Il était discret, souvent à l’écart. Il semblait évident qu’il ne voulait pas se dévoiler à ses camarades, qu’il tenait à garder une certaine part de mystère autour de sa personne. Son maintient à cheval était caractéristique de celui des soldats Gondorien, légèrement plus courbé que celui des Rohirrims, du fait que les premiers adoptaient une démarche assise au galop tandis que les seconds préfèrent une allure sautée… Pure coïncidence ou grandes fréquentation de ces derniers ? A moins que comme lui, Amroth ai quitté les rangs pour mener une vie plus solitaire, ou lui permettre d'accomplir sa quête… Ce mot ne quittait jamais l’esprit du Rohirrim, espérant chaque jour accomplir l’objectif qu’il s’était fixé depuis sa jeunesse, retrouver sa soeur.
Les chevaux se désaltéraient à l'abreuvoir, presque immobile. Wedfïn profita de ce moment de calme pour aborder le second mercenaire :

- Tu es déterminé et tu ne reviendra par sur ta décision, tu ne te reposeras pas avant d’avoir refermé tes griffes sur ces pauvres brigands, on lit tout cela chez toi… Wedfïn hésita un instant, devait-il raconter ainsi son passé, d’autant que cela était contraire à sa ligne de conduite habituelle... Mais une confidence peut entraîner une révélation. Et peut-être que l’homme pourrait l’aider dans sa quête personnelle. Mon expérience dans l’armée m’a apprit qu’il est bon de connaître les hommes avec qui l’on fait troupe, si l’on veut éviter les rixes, et créer une cohésion. Moi je suis là à cause d‘un cruel besoin d’argent, mais je suis également à la recherche d’un être cher. Mais toi,qu’est-ce qui motive ton choix ?
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Thorseld Eodsen
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Y a Pukel faire ! EmptyDim 28 Juin 2015 - 22:58
HRP:


Ils possédaient quatre chevaux. C’était une bonne chose. Avec ceux d’Ole, Kron et Thorseld ajoutés au quatrième qu’ils avaient amené avec eux pour transporter les vivres et le matériel, cela faisait huit bêtes qui ne seraient pas de trop dans les longues expéditions qu’il leur faudrait entreprendre dans leur difficile chasse à l’homme…

Norring leur proposa un couchage pour chacun dans le bâtiment où avait eu lieu leur rencontre et, bien que ce dernier donnât d’inquiétantes assurances de précarité, le Lion de l’Isen jugea l’offre toujours plus appréciable que la perspective de dormir à la belle étoile. Car si l’Aide de Camp du Vice-Roi n’était pas un perdreau de l’année et s’il était rompu aux longues campagnes militaires en terrain hostile, il s’attendait à ce que les nuits soient des plus froides dans cette vallée encaissée.

La soirée fut d’ailleurs conforme à ce qu’avait imaginé Thorseld. Chaleureuse et arrosée, elle était de celles que le Capitaine du Riddermark aimait partager. Et le contraste avec une nuit froide et humide n’en fut que plus déroutant.

Ce fut donc bien avant le lever du soleil, alors que de longs nuages sombres révélaient leur masse imposante dans l’obscurité silencieuse qui précède l’aube, que le Bouclier d’Edoras décida finalement de mettre un terme à une nuit difficile, ponctuée par le vilain chant d’un coq trop matinal et rythmée par les allées et venues de rats gros comme de jeunes chiots.
Les premiers instants de réveil furent délicats car les courbatures étaient nombreuses et il fallut à Thorseld plusieurs minutes d’étirements minutieux pour retrouver sa souplesse de la veille. Sa longue cicatrice sur le flanc gauche ne lui procurait plus aucune douleur mais elle le tiraillait légèrement dès que les variations de températures se révélaient trop importantes…

Après une nuit comme celle-là, le petit déjeuner qui leur fut servi faisait figure de gueuleton royal ; et ce ne fut pas sans remercier ce bon Jorund grâce à qui, selon Norring, ils devaient tous d’être nourris de la sorte, que Thorseld se jeta sur la profusion de pain de miel et de jambon arrosée de lait de chèvre.

Moins de deux heures plus tard, les nouveaux compagnons quittaient le village en direction du sud-ouest en un petit cortège silencieux à la tête duquel Norring et Jorund ouvraient la marche d’un pas sûr et d’un œil connaisseur. Cette bonne connaissance du terrain leur permit de progresser assez rapidement malgré l’heure matinale jusqu’à ce que leur avancée ne soit ralentie lorsqu’ils abordèrent un petit bois broussailleux où d’épais entrelacs d’arbrisseaux en tous genres se joignaient aux ronciers pour donner aux sentes étroites un surcroît de difficulté.

Après plusieurs heures d'une chevauchée lente et précautionneuse, le petit groupe parvint en vue d'un petit village coincé au fin fond de la lugubre vallée. Le hameau semblait désert et les cavaliers traversèrent le patelin sans que quiconque vînt à leur rencontre jusqu'à ce qu'ils aperçoivent trois hommes s'exténuant à déplacer de lourdes pierres extraites d'un gros entassement destiné à la reconstruction d'une petite masure récemment écroulée. Les stigmates du Rude Hiver étaient palpables ici plus qu'ailleurs. Et le dur labeur accablant les trois travailleurs semblait les avoir exténuer au point que pas un ne parut les remarquer jusqu'à ce qu'ils fussent hélé par Norring. Alors que les trois bougres se relevaient péniblement de leur ouvrage pour observer qui venait, le soldat s'éloignait déjà accompagné des deux chasseurs de primes.
Celui qui répondait au nom de Wedfïn avait été de bonne compagnie durant tout le début du périple. Réservé mais capable d'aligner quelques mots, au contraire du taiseux Amroth, on avait pu entendre le son de sa voix ainsi que quelques avis sur l'aventure dans laquelle ils se lançaient tous ensemble.

Resté à proximité des trois travailleurs en compagnie de Jorund, Ole Nysaelund et Kron Fraakhen, le Bouclier d'Edoras entreprit de demander quelques renseignements aux villageois qui venaient de stopper leur labeur pour se porter à la rencontre des quatre cavaliers.

– Bonjour messieurs. Nous sommes à la recherche de deux renégats qui mettent la vallée à sac et volent les gens du coin. L'un des soldats qui m'accompagnent dit que vous les auriez aperçu il y a peu. Pourriez-vous nous en dire plus ?

Le regard sombre du Capitaine ne recelait aucune brutalité. Mais l'on pouvait y lire la détermination qui l'animait dans la difficile mission qu'ils avaient à réussir. Thorseld jeta aussi un œil vers la bâtisse que les trois braves s'acharnaient à rebâtir.

– Quelle est la cause de cet effondrement ? Le mauvais temps ou un acte criminel ? Je vois qu'on n'est tranquille nulle part… Si nous attrapons ces deux lascars cela fera toujours un souci de moins.

Il attendait les renseignements que les trois hommes pourraient éventuellement leur fournir. Avec l'aide des gens du coin, ils pourraient peut-être progresser plus rapidement dans leur chasse...
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Nârwel Rusk-Iâr
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Y a Pukel faire ! EmptyVen 3 Juil 2015 - 18:34
HRP:Désolé pour mon absence. Ton post est parfait Thorseld ne changeons rien Smile

"Amroth, Wedfïn, lança Norring. Venez avec moi, on va aller faire boire les chevaux en attendant y a une fontaine plus loin."

Darren se laissa tomber de sa scelle et posa la tête de Sam sur son épaule et d'une caresse le fit suivre le pas décidé de Norring. Frais et bien réveillé Darren était en forme, et les deux Rohirrims qui menaient leur troupe semblaient être de fin limier pour débusquer leur gibier. Suivant Norring vers la fontaine du village il fut rejoins par Wedfin. Ce dernier semblait encore plus misérable que la veille, était-ce à cause des rats? Darren n'avait plus l'habitude des rongeurs, mais il n'en avait pas peur pour autant. Si bien qu'à l'inverse de ses comparses il avait pu profiter d'un peu plus de sommeil. Observant Wedfin s'approcher le Gondorien remarqua un très léger boitement dans la démarche du mercenaire. Attrapant les longes des autres Rohirrim, Darren avec trois cheveaux à sa charge. Et le destrier de Thorseld en faisait parti. Un animal splendide, alors qu'il les menaient à l'abreuvoir il observa la bête du Lion de l'Isen, et se faisant se fit pincer par Sam qui semblait jaloux de l'attention que son maître portait à un autre. Il jeta un coup d'oeil aux scelles des Rohirrims, quelque peu différentes des scelles rudes et inconfortable du Gondor...

Laissant les bêtes se désaltérer Darren vérifia que sa lame était bien accroché à la scelle de Sam, ces à ce moment là que Wedfin brisa la glace.

"- Tu es déterminé et tu ne reviendra par sur ta décision, tu ne te reposeras pas avant d’avoir refermé tes griffes sur ces pauvres brigands, on lit tout cela chez toi… "Wedfïn hésita un instant. "Mon expérience dans l’armée m’a apprit qu’il est bon de connaître les hommes avec qui l’on fait troupe, si l’on veut éviter les rixes, et créer une cohésion. Moi je suis là à cause d‘un cruel besoin d’argent, mais je suis également à la recherche d’un être cher. Mais toi,qu’est-ce qui motive ton choix ?"

Darren le dévisagea un instant, étonné par une telle franchise.

"Tu as raisons, je ferais tout pour que ses deux là rencontrent la justice. Même s'il n'est pas mienne. Mais comment sais-tu tout ça? Qui te dis que je ne suis pas le troisième homme dont personne pas même Norling et Jorrund n'ont connaissance? Et que mes deux compagnons sont à l'affût, ce soir j'attends que tout le monde s'endort et avec ces deux mécréants je vais vous faire les poches un par un. Je prendrais peut être même le cheval du Seigneur sérénissime éminence Thorseld Eodsen!" chuchota Darren avec le sourire, le ton moqueur.

Rigolant dans sa barbe il secoua sa tête, puis jetant un coup d'oeil au Lion de l'Isen qui était trop loin pour entendre quoique ce soit ou pour le reconnaître, Darren rejeta son capuchon en arrière laissant ses cheveux longs à l'air libre.

"Aaaah ça fait du bien" dit-il en se grattant là tête. "Ne t'inquiète pas Wedfin, tu peux me faire confiance autant qu'il est sage de le faire. J'en ferai autant."

Darren s'approcha de l'abreuvoir et plongea sa tête dans l'eau entre deux cheveaux assoifés.

"J'ai également besoin de la prime. Puis je poursuivrai mon chemin. Je remonte vers le Nord, j'y ai à faire." Il hésita un instant, mais non. Il ne parlerait pas de son mentor. Du moins pas maintenant. Et parler de Rusk-Îar risquerait de révéler sa véritable identité.

Plongeant la main dans la sacoche accroché à sa ceinture, Darren sorti une petite miche de pain qu'il avait mis de côté depuis hier soir. Il en arracha un morceau dans lequel il morda à pleine dents.

"Qu'est ce qu'il t'es arrivé à ta jambe gauche?" dit-il en proposant le pain au jeune mercenaire.
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Nathanael
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Y a Pukel faire ! EmptyVen 17 Juil 2015 - 22:26
Y a Pukel faire ! Jorund10

Dans l’abreuvoir, de multitudes de petits cercles déformaient la surface de l’eau calme. Les chevaux avaient fini de boire, mais le clapot des gouttes donnait l’impression que des centaines de petites bouches plongeaient dans le bac de pierre pour s’abreuver.  Et en quelques secondes, le ciel noir déversa des trombes d’eau sur le groupe de soldats. Toute conversation fut interrompue, un éclair de chaleur zébra le ciel au-dessus des sommets immaculés, et la vallée sembla disparaître sous les ténèbres. Les chevaux furent attachés en catastrophe à quelques vieux anneaux qui demeuraient sertis dans des murs à moitié écroulés, envahis de ronces et de lierre et les différents protagonistes furent invités d’un signe de la main à se réfugier sous le seul toit en bon état de tout le village – celui d’un cul-de-jatte édenté. La pièce était petite, et elle le fut plus encore quand Jorund et Norring, suivis de leurs cinq compagnons et des trois villageois y pénétrèrent.  Le vieux assis sur sa chaise, sans jambes, regardait avec un grand sourire amical les nouveaux-venus, affichant les trous béants de sa dentition à chacun d’entre eux. Le tonnerre fit trembler les montagnes : la vallée étroite renvoyait les échos d’un versant à l’autre, multipliant les répliques, donnant l’impression que de sombres géants jouaient avec de lourds tambours de pierre.

- Ben merde alors, il manquait plus que ça ! Fallait qu’Ulmo nous envoie l’océan sur le coin du nez !

Norring ne regardait pas ce qui se passait à l’intérieur, son regard portait loin au-dessus d’eux où les éclairs se livraient une bataille céleste. Les chevaux ne bronchaient pas, attendant que l’orage passe. Dans l’espace réduit, les hommes se regardaient peu, coincés dans une intimité imposée, une proximité gênante. Les odeurs de musc se mélangèrent progressivement à celle, plus suave, de l’alcool de poire contenu dans un fût posé sur la table. L’estropié était perdu dans la contemplation d’un verre rempli à ras bord dont les effluves seuls semblaient être capables de saouler un homme. Jorund se racla la gorge et jeta un œil interrogateur à Norring, se demandant comment se dépêtrer d’une situation pareille. Ils ne s’attendaient pas tellement à ce coup du sort. La pluie diluvienne ruisselait abondamment sur les fortes pentes, créant rapidement des torrents furibonds. Norring se retourna et sourit en voyant le fût d’alcool, tout n’était pas perdu.

- Alors, capitaine ? Ces bandits de grand chemin, où se cachent-ils ?

Un des villageois, déjà assis devant la promesse d’une soirée joyeuse, se permit d’intervenir dans la conversation pour répondre au Lion de l’Isen après avoir été interrompu par la foudre.

- Deux petits gars, des vilains, comme des pouilleux. On a vu leur feu il y a deux jours, ou peut-être bien que c’était hier … je me souviens pas.

Il se tourna vers un de ses comparses pour avoir un soutien. L’un d’eux paraissait à peine plus jeune, il répondit avec plus de détails.

- C’était avant-hier. Mais hier soir j’ai vu de la fumée descendre du plateau de Dunharrow. D’habitude, on ne voit rien qui vienne de là haut, mais avec le vent la fumée a passé le rempart. On a vu personne monter depuis plusieurs semaines, et y a pas de garnison permanente là-bas, alors ça peut être qu’eux. Personne ne peut venir de l’autre côté, par la route sous … enfin, voyez quoi.

L’homme n’en dit pas plus, même de ce côté de la montagne, le souvenir du chemin des morts hantait toujours les esprits. La pluie s’intensifia encore pour atteindre son paroxysme à la tombée de la nuit avant de s’interrompre aussi brutalement qu’elle était apparue. Le cul-de-jatte avait proposé à tout le monde de goûter à sa poire avec un zozotement hilarant bien que la situation interdît à quiconque de se moquer de ce moindre défaut. Dans un murmure, l’un des villageois avait expliqué que la Campagne du Rohan avait emporté ses jambes, les orcs courraient alors plus souvent les montagnes. Mais l’homme se tut alors à l’évocation de ce nom, et plus aucun d’entre eux ne parla jusqu’à ce que les soldats et les mercenaires les quittent au début de la nuit. Jorund et Norring sortirent les premiers, détachèrent leurs chevaux et jetèrent un œil à leurs affaires …

- Pouha, ça va sentir le putois pendant des jours …

Norring gratifia encore la troupe de son rire sonore, mais personne ne sembla apprécier la boutade. Beaucoup des affaires étaient mouillées, même si, fort heureusement, les vivres avaient tenu bons dans d’épaisses sacoches en cuir. Les selles, les sacoches de tissus et les vestes roulées sur les pommeaux ou les troussequins étaient imbibés jusqu’à la moindre fibre. Jorund décida de faire avancer les choses en menant son cheval en direction de l’Ouest, vers ce qui semblait être le début de lacets étroits et fragiles à flanc de falaise.

- Je sais pas si c’est une bonne idée de prendre ce chemin là ce soir, mais si les gaillards sont là-haut, on aura pas bien d’autres occasions de les coincer aussi facilement. Ils peuvent pas aller bien loin, à moins d’avoir des ailes. Et je connais pas beaucoup d’histoires d’hommes volants.

La voix de Jorund était tellement grave qu’elle était à peine perceptible, mais ses paroles étaient de bon sens. Risqueraient-ils de se briser la nuque en tentant l’ascension de nuit, sur un sol glissant et une sente inégale ? Au pire, ils pourraient toujours camper au pied du trimard, en menant des tours de garde, et prendre la route le lendemain. Personne ne pourrait passer sans être vu, ni en montant, ni en descendant, et la chasse pourrait reprendre son cours dès l’aube. Norring sembla lire dans les pensées de son ami mais il s’exprima plus rapidement.

- Je sais pas ce que vous en dîtes, mais on pourrait toujours prendre un tour de garde, se faire un bon feu, faire sécher nos frusques et gravir tout ça plus tard. Je prends le premier tour si ça vous gêne pas…

Et ce fût la fin de la discussion. Norring, aussi jovial soit-il, ne laissait pas discuter son statut de meneur de troupe. Jorund semblait plus effacé, plus discret, et il ne put qu’approuver la décision de son compagnon, prenant son cheval par la bride ainsi qu’un des chevaux de bât en longe. Ils furent peu de temps en selle, une heure à peine, avant de parvenir au pied des immenses falaises où une trace discrète révélait au-dessus d’eux un passage taillé dans la pierre. La journée avait été longue, la pluie avait porté un coup au moral, mais Jorund apporta rapidement de bonnes nouvelles.

- Y a des traces !

Deux formes distinctes qui avaient survécu au déluge sous le couvert d’un surplomb ; deux pieds-nus et larges qui étaient orientés en direction de la sente pierreuse. Norring, lui, était déjà occupé à tendre deux grandes toiles pour les protéger d’une éventuelle averse nocturne. Il partit ensuite rassembler quelques morceaux de bois, rares et mouillés, pour faire un feu. Les flammes crépitèrent après de longs efforts, les gratifiant d’un épais nuage de fumée. Tandis que les autres s’affairaient à ranger ou à faire sécher leur paquetage Jorund se rapprocha de son comparse et lui murmura discrètement.

- C’est bien eux ...
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Thorseld Eodsen
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Y a Pukel faire ! EmptyLun 17 Aoû 2015 - 0:17
HRP:

Ce ne fut qu'après un long moment que la violente averse cessa. Aussi soudainement qu'elle avait éclaté.
La petite troupe ne tarda pas à reprendre la route pour couvrir la plus grande distance possible avant que la tombée du jour ne laisse à leur avancée que de maigres sentes obscures et incertaines.
Ils parvinrent ainsi à atteindre le flanc des hautes falaises en aval du plateau de Dunharrow juste avant que l'obscurité ne les empêche d'en voir le relief des premiers contreforts. A flanc de falaise, s'enhardissaient d'abrupts petits lacets à l'issue desquels les villageois leur avaient indiqué avoir cru entrevoir les gaillards après lesquels ils couraient.

La nuit agrippait désormais de ses doigts épais la sinueuse montée et il apparaissait évident qu'il faudrait attendre le lever du jour avant d'entreprendre une quelconque ascension. Le Lion de l'Isen approuva d'un bref hochement de tête et indiqua à Norring qu'il se joindrait à lui pour le premier tour de garde.

– Aucun problème pour moi. Mais je prendrai ce tour avec toi. Il désigna le bas de la pente, là où Jorund avait indiqué avoir relevé des traces. – Je veux avoir le temps d'observer les empreintes découvertes par Jorund avant que l'humidité de la nuit ne les efface.

Il s'éloigna alors quelques instants pour se pencher sur les marques toutes proches. Il avait gardé la main sur son épée, un peu par habitude mais surtout parce que l'obscurité des fourrés entourant le sentier grimpant pouvait tout aussi bien cacher un danger immédiat.
Il passa quelques minutes à observer avec attention les traces suspectes dans l'espoir de trouver un élément qui aurait échappé à la vigilance de son compagnon d'arme.

– Il est effectivement possible que ce soit eux, déclara-t-il à son retour. – Je ne crois pas pouvoir dire que nous en avons la certitude mais ce sont bien des traces récentes. Et humaines. Puis il se pencha vers Norring.

– Pouvons-nous avoir toute confiance en ces villageois ? Je veux dire… Il était évident que les deux soldats étaient de bons pisteurs et des hommes vaillants et entêtés. Et l'aide de camp du Vice-Roi trouvait étrange que les deux petites frappes soient si facilement parvenus à tromper leur vigilance ainsi que celle des habitants des environs. Il reprit alors. – Se pourrait-il que nos deux lascars bénéficient du soutien de quelqu'un que nous ne suspecterions pas ?

Il se gratta la barbe, l'air pensif. Pour parvenir à clore cette intrigante affaire, il fallait ne négliger aucun hypothèse...
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Y a Pukel faire ! EmptyDim 23 Aoû 2015 - 0:25

Y a Pukel faire ! Tceltic2u as raison, je ferais tout pour que ses deux là rencontrent la justice. Même s'il n'est pas mienne. Mais comment sais-tu tout ça? Qui te dis que je ne suis pas le troisième homme dont personne pas même Norling et Jorrund n'ont connaissance? Et que mes deux compagnons sont à l'affût, ce soir j'attends que tout le monde s'endort et avec ces deux mécréants je vais vous faire les poches un par un. Je prendrais peut être même le cheval du Seigneur sérénissime éminence Thorseld Eodsen!
Amroth émit un petit rire. Wedfïn n’avait pas sourit à la plaisanterie de son compagnon, bien qu’il trouva l’idée amusante. Les mots qu’ils espérait entendre  furent prononcés peu après :

- Ne t'inquiète pas Wedfin, tu peux me faire confiance autant qu'il est sage de le faire. J'en ferai autant. J'ai également besoin de la prime. Puis je poursuivrai mon chemin. Je remonte vers le Nord, j'y ai à faire.

Le mercenaire sortit de sa besace une miche de pain, qu’il déchira en deux. Tout en plongeant ses dans la croûte, il en offrit un morceau à Wedfïn, qui accepta sans se faire prier.

- Qu'est ce qu'il t'es arrivé à ta jambe gauche?
- Ma jambe ? Ce sont ces  maudits rats ! Ils ont sûrement voulut venger leurs congénères, tous ceux que j’ai bouffé à chaque fois que je crevait la faim.

Naur releva la tête de l'abreuvoir, Wedfïn tandit à son destrier les quelques miettes de pain qu’il avait épargné. Quelques gouttes de pluie s’écrasèrent sur sa main, puis se fut l’averse. L’éclair illuminait le ciel, le tonnerre hurla, amplifié par les collines avoisinantes. Les chevaux effrayés et nerveux furent attachés, et leur cavaliers rejoignirent les habitants dans l’unique bâtisse dont le toit pouvait les abriter. L’alcool fut offert, et bientôt le bruit des discussions concurrença le tumulte de l’orage. La petite troupe y glana quelques informations concernant leur gibier humain, il semblait avoir établit campement sur le plateau de Dunharrow, à quelques encablures de la dernière maison du village.
Ce n’est qu’au milieu de la nuit que les hommes purent sortirent. Sous la conduite de Norring, la petite compagnie atteignit rapidement le pied de la falaise, et, tandis que ses camarades plantaient le tentes, Jorund examina brièvement les alentours. Bientôt il revint, un air sérieux gravé sur son visage.

- Y’a des traces.
Le Lion de l’Isen retourna sur les lieux pour les examiner, et à son retour il confirma l’information. Le petit camp était installé, formant un demi-cercle. Les tentes étaient rapprochées, comme si une quelconque proximité leur serait secourable en cas de danger. Une corniche facilement accessible dépassait de la falaise, idéale pour surveiller le bivouac. Pour masquer leur présence, la toile avait été tendue au plus près de la parois rocheuse, sous un rocher encastré. Les sept camardes se retrouvèrent, entre les tentes et la muraille de pierre, une certaine tension s’était installée, celle qui précède l’action périlleuse. Wedfïn prit la parole :

- Pas de feu, évidemment, pas la peine de leur envoyer une invitation si aimable… Je ne sais pas si cela vous perturbe, les gars, mais j’ai l’impression que nos amis ne sont pas très prudents. Je veux dire qu’il nous tracent presque le chemin pour les attraper. Il y a quelques jours ils ont étaient aperçus au pied de ces falaises, pourtant aujourd’hui ils y campent toujours, et ne se gênent pas pour allumer un feu assez important pour être remarqué. Ils ne prennent aucune précaution pour effacer leurs empreintes, d’ailleurs. Peut-être ont-ils simplement confiance en eux, puisse t-il en être ainsi, mais je crains qu’ils attendent l’affrontement, où du moins qu’il cherchent à nous attirer. Ils ont choisit un lieu en hauteur, d’où il peuvent aisément se défendre, et, en cas de complication, s’enfuir loin jusqu’à un autre versant. Je suis d’avis qu’il faut être extrêmement prudent, je vous propose de ne pas tenter de leur mettre le grappin dessus tous ensemble, mais plutôt de se partager la tâche en petits groupes, pour les approcher discrètement et leur couper toute retraite. Dîtes, vous en pensez quoi ?
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Nârwel Rusk-Iâr
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Y a Pukel faire ! EmptyDim 30 Aoû 2015 - 15:55
Ils avaient été surpris par la pluie, ils avaient partager avec la moitié du Rohan un abri désormais imbibé d'odeur plus que masculine. Une étable de putois aurait été à peine pire. Et pour ne rien ajouter Daren se jouait du regard de Eodsen, forcé de se dire que même si cette situation inconfortable n'encourageait pas de longs regard amicaux, la promiscuité à toujours mis mal à l'aise beaucoup d'hommes. Mais peu de cela composaient leur groupe composé d'homme d'expérience. Daren aurait mis sa main à couper que tous avait au moins vécu une campagne, gouté le lait de la victoire et le goût amer de la défaite.

"Mauvais souvenir avec la pluie..." dit il, se fendant d'un clin d'oeil à Norring se recouvrant de son capuchon à l'intérieur de l'abri.

Il jeta un regard en coin au capitaine Rohirrim se demandant ce qui adviendrait de lui s'il était découvert, sa désertion avait du faire quelques remous dans les sphères militaires des peuples libres.

Peu avant la tombée de la nuit ils arrivèrent au pied de la falaise de Dunharrow, levant les yeux vers le plateau ne put s'empêcher de penser à son fileul, admirateur du Livre Rouge. Daren se rappelait avoir border l'enfant en lisant quelques passages...

Mais on le rappela de ses rêveries avec une nouvelle qui réchauffa le coeurs des hommes.

"Y a des traces !" S'écria Jorrund dont l'excitation pointait dans le ton de celui qui avait été discret depuis quelques temps.

A peine le capitaine confirmait l'information que le petit groupe se mis en branle afin d'installer leur bivouac... Certains préparèrent un feu et ce ne fut que lorsque les flammes léchèrent l'obscurité grandissante que Daren tendit l'oreille aux mots du mercenaire Wedfin.

Quand se dernier eut fini, Daren se permis de donner son avis à l'abri du froid derrière son capuchon.

"Wedfin, le feu flambe déjà et nous avons tous besoin de sa chaleur... En revanche, je propose une autre solution. Même si nos cibles ont aperçu la lueur de notre camp, et s'ils sont bien humains..."

Daren pensa un instant à quelques créatures malefiques... Mais il reprit le cours de sa pensée.

"Il y a peu de chance qu'il fasse la différence entre une troupe armée et quelques marchand posant leur tentes pour la nuit... Ce qui vous dire que nous avons l'avantage. Tendons leur un piège."
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Nathanael
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Y a Pukel faire ! EmptyMer 2 Sep 2015 - 9:28
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Sous l’aile noire de la nuit, le feu crépitait joyeusement, et Norring, malgré la menace qui pesait sur eux, se réchauffait les mains devant les flammes comme un enfant qui découvre les joies du bivouac et de la vie nomade. Confortablement adossé à la paroi froide, il tendait ses paumes ouvertes aux langues gourmandes du feu tout en écoutant le Lion de l’Isen lui avouer ses inquiétudes. Il haussa les épaules avec une certaine lassitude.

- Je ne suis pas sûr que les anciens qu’on a croisé soient venus en aide à qui que ce soit. La vie les mène trop rudement pour qu’ils aient le loisir de soutenir des voleurs ou des saltimbanques. Enfin, je pense … Trop de risques. S’ils se faisaient prendre avec eux, ils perdraient le peu qu’ils ont. Et ici, un maigre bien, c’est déjà beaucoup.

Norring étira ses jambes comme il put, fourbu par leur journée à cheval, et les os gelés par l’averse qu’ils avaient subi. Le couvert des montagnes était glacial malgré l’été précoce, et le Snowbourn qui prenait sa source non loin de là n’arrangeait pas les choses. L’humidité semblait exhaler de tout ce qui était vivant, et il était certain que le lendemain, les premiers rayons de soleil qui franchiraient les crêtes les couvriraient d’une brume diffuse. Jorund finissait de s’occuper des chevaux tandis que le camp se montait rapidement et efficacement. La fumée élevait son long cou blanc le long des remparts, et d’un coup d’œil, le grand rohirrim vit qu’elle ne tarderait pas à atteindre le sommet des falaises, loin au-dessus d’eux. Jorund répondit à Wedfïn de sa vois grave et lente.

- On pourrait leur annoncer avec clairon et trompette qu’on est là que ça ne changerait pas grand-chose. Ils se sont pris au piège eux-mêmes en demeurant là haut. Même à pieds l’Irensaga n’est pas franchissable en été, et le seul chemin qui leur reste est celui des Mort sous le Dwimorberg. Il marqua une pause. Après, ils peuvent toujours s’essayer à sauter les remparts s’ils ne veulent pas se faire prendre. Mais le résultat reste le même : ils ne nuiront plus.

Norring se gratta la gorge et eut un coup d’œil en biais envers son compagnon de route. Il se permit une précision.

- Je te rappelle qu’on nous a demandé de les ramener pour les juger, par pour nourrir les corbeaux. Il faut encore qu’on sache s’ils officient pour quelqu’un ou s’ils volent pour leur propre compte. On aurait l’air malin si on revenait les mains vides.

Wedfïn finit d’exposer le fond de sa pensée et le second mercenaire abonda dans son sens. Le piège semblait la meilleure solution, mais où et comment, cela restait à définir. Jorund et Norring connaissaient le coin presque comme leur poche, mais ils n’étaient que rarement montés sur le plateau du Firienfield jusqu’à Dunharrow, et ils ne s’étaient jamais approchés du bois du Dimholt. Le courage n’était pas suffisant pour aller fouiner par là-bas, il fallait aussi une bonne dose de folie et d’inconscience pour oser s’aventurer si prêt du chemin des morts. Les vieilles racontaient bien que le roi Elessar avait vidé la montagne de ses spectres, mais les légendes locales prenaient d’autres couleurs et personne n’avait remis les pieds là-haut depuis des siècles. Aucun intérêt de vérifier la véracité de documents royaux ou de légendes populaires au prix de sa propre vie. Norring reprit la parole en réponse à Daren.

- Le piège c’est ce qui semble le plus judicieux. Mais tout se jouera là-haut, demain dans la matinée. On n’y sera pas avant le zénith à mon avis, il faut plusieurs heures pour grimper ces lacets, même en y allant de bon cœur. Ensuite il y a un vaste plateau, Dunharrow et les montagnes. Cela fait un vaste cirque dont la seule sortie est ce chemin en lacets. Leur couper toute retraite sera facile et une fois sur le plateau, à cheval, on ira plus vite qu’eux. Nous sommes supérieurs en nombre, en soi, cela ne devrait pas poser problème.

Norring ne sembla pas enclin à en dire d’avantage sur sa stratégie pour capturer les deux brigands et Jorund ne rajouta aucune explication. Le superflu ne semblait pas faire partie de leur caractère pas plus que de leur mode de vie. Le repas fut en effet des plus frugaux : pain, eau, viande séchée. La viande n’était d’ailleurs plus si sèche que ça et présentait une texture molle et gélatineuse après sa rencontre avec la pluie. C’était assez peu ragoûtant, mais la faim les taraudait déjà et ils ne firent pas les fines gueules.

Norring prit donc son premier tour avec le capitaine Thorseld. Le soldat rieur s’occupa de maintenir le feu vivant pour se tenir au chaud et garder un peu de lumière autour du camp. La lune effleurait le faîte des buissons et les hautes herbes jusqu’au fleuve, plus loin : tout semblait plus net après la pluie, comme si l’averse avait nettoyé le paysage, et la lueur de l’astre nocturne offrait au regard des contrastes pittoresques. De rares grillons s’époumonaient à craqueter dans la vallée, fébriles et engourdis par le froid. Norring sortit une petite pierre à aiguiser et commença à affûter la lame de son épée dont l’entretien laissait à désirer. La lame ne présentait aucun éclat, mais des tâches de rouille ornaient la garde et une inscription quelque peu effacée donnait une indication sur le nombre de mains qui avaient du la brandir avant qu’elle n’arrive dans celles de Norring.

- Une vieille lame, mais redoutablement efficace.

Norring parla sans lever les yeux au capitaine qui se trouvait non loin de lui. Un bruit sourd, une forme de grondement en réalité, attira leur attention, plus loin dans la vallée. De nombreux pas qui courraient dans leur direction. Norring se releva brusquement, sur le qui-vive. Un coude de la route et les hauts buissons empêchaient de voir distinctement ce qu’il se passait mais un groupe important d’hommes semblaient s’approcher. Le Rohirrim poussa un juron tandis que les chevaux levaient également la tête pour voir d'où venait le grabuge, les oreille pointées. Norring fit lever Jorund d’un coup de botte dans les côtes puis réveilla ses compagnons à peine endormis.

- Debout, y a un problème !

Dans le renfoncement de la montagne, ils n’étaient guère visibles depuis la route, mais ils n’étaient pas non plus en sécurité. Le bruit de pas lourds continua de s’intensifier jusqu’à ce que les buissons dans le virage laissent apparaître une horde d’orcs noirs, grands et massifs, courant à un rythme soutenu. Ils étaient une dizaine, peut-être un peu plus. Les hommes sortirent leurs épées, prêts à en découdre pour sauver leur vie, car les orcs continuaient de se rapprocher rapidement. La tension était palpable et il était impossible d’improviser un système de défense efficace, ils étaient acculés contre la falaise, et si les orcs venaient vers eux ils n’auraient aucun problème pour les écraser comme de vulgaires mouches humaines. Mais les orcs ne prirent jamais le chemin qui menait vers les falaises. Ils poursuivirent leur route à travers les fourrées et les broussailles comme s’ils étaient fouettés par les fouets de Melkor en personne. Jorrund grommela un juron en Rohirric tandis que Norring sifflait entre ses dents.

- Qu’est ce que c’est que ce bordel …

Les orcs infléchirent à peine leur marche pour se rapprocher de la berge du fleuve puis ils continuèrent à remonter le long du Snowbourn avant de disparaître derrière un éperon rocheux, quelques toises plus loin. Les hommes ne surent pas s’il fallait relâcher leur attention ou se prémunir contre toute attaque surprise. Mais ce qui venait de se passer était des plus étranges. Les orcs n’avaient pas même tenté de les attaquer alors que leur feu était comme un phare au milieu de l’océan nocturne. Ils n’eurent pas besoin de se concerter pour que la garde soit permanente et menée par tout le groupe. Comment se rendormir, de toute façon, après un événement pareil ? Le moindre craquement ou bruit saugrenu les faisaient sursauter et lever les yeux, la main sur la garde de leur arme. Jorund et Norring échangèrent de nombreux coups d’œil anxieux, se demandant sans doute comment tourneraient les choses si les orcs revenaient.

La nuit fut mauvaise, courte, et fatigante. Ils levèrent le camp rapidement à l’aube, harnachèrent les chevaux et s’engagèrent en file indienne sur l’étroit chemin qui serpentait à flanc de montagne. Jorund prit les devants tandis que Norring restait en arrière, jetant sans cesse des coups d’œil sur leurs talons pour s’assurer qu’ils n’étaient pas suivis. La fraîcheur leur facilita la marche un moment avant que le soleil ne vienne leur arracher leur sueur. Ils franchirent deux longueurs avant de tomber sur de courtes statues assises à chaque virage. Les traits de leur visage avaient été effacés par les intempéries séculaires et seuls subsistaient deux trous béants à la place des yeux. Des membres courts et patauds s’échappaient d’un tronc difforme. Bien qu’elles soient immobiles, les statues semblaient tourner vers eux un regard menaçant. Norring se sentit le besoin de faire un peu d’histoire, la parole le rassurant plus que les armes apparemment.

- C’est les statues des hommes qui ont vécu là avant les Rohirrims à ce qu’on dit. C’était des hommes des bois ou s’en rapprochant. Quelque chose comme ça…

Il ne semblait pas en savoir plus et la leçon d’histoire prit rapidement fin, comme si l’étreinte de l’angoisse l’empêchait de parler. Ils gravirent les derniers mètres en haletant, les chevaux les suivant péniblement au milieu des cailloux - ils se jetèrent avidement sur les premières touffes d’herbe qu’ils trouvèrent au sommet. Le vaste plateau du Firienfield s’étendait devant eux, étendue d’herbe vert tendre où quelques collines brisaient la monotonie du relief dans un cirque large encaissé entre les trois plus hauts sommets du Rohan. L’Irensaga, le Dwimorberg et le Starkhorn dardaient leur tête immaculée dans un ciel d’azur où plus aucun nuage ne venait entacher l’immensité céleste. Rien à l’horizon. Et pas de traces au sommet. Les deux gaillards qu’ils poursuivaient avaient encore largement de quoi se réfugier sur ce vaste territoire montagnard. La bonne nouvelle était que les deux brigands ne les avaient pas arrosé de pierre pendant leur ascension pas plus qu’ils ne les attendaient au sommet pour leur offrir un accueil belliqueux. Norring rejoignit la troupe en ayant la respiration sifflante.

- A mon avis, on aura toutes les chances de les coincer en surveillant ce passage tandis que d’autres les pourchassent jusque là. Un peu comme des poissons qu’on pousse dans des filets.

Et il finit sa phrase en se courbant en deux, les mains sur les genoux, pour reprendre son souffle.
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Y a Pukel faire ! EmptyDim 13 Sep 2015 - 17:15
Les soldats étaient revenu avec de biens mauvaises nouvelles. Aucune trace des brigands, mais une groupe d’orcs les avait aperçus. Les orcs, des êtres barbares et brutaux. Et la présence d’une dizaine d’entre eux laissait fortement suspecter que nombre de leurs congénères se trouvaient dans les parages. Pourtant, mercenaires et soldats harnachèrent leur montures et les menèrent par le bride sur le sentier escarpé qu’il devaient gravir pour atteindre les hauteurs du plateau. Personne ne songea même un instant à faire demi-tour.
La marche fut longue et pénible. Le sentier caillouteux endolorissait les pieds des marcheurs et le soleil leur brûlait la nuque. Les lacets étaient parsemés d’anciennes statues, et Norring entreprit de raconter à la troupe leur histoires. Ces paroles, ajoutées à la fatigue, l’effort, distrayaient Wedfïn, bien qu’il s'était promit de relever chaque indice, si bien qu’en arrivant au sommet il n’était pas plus avancé. Néanmoins cette longue marche, hormis le fait de les rapprocher de leur cible, avait ses avantages, au moins chez l’ancien Rohirrim. L’ennui et le sentiment d’approcher au but avaient fait disparaître son ressentit premier d'appréhension pour laisser place à l’envie d’agir, d’en découdre. Arrivé en haut du sentier, Wedfïn saisit une gourde et avala une longue gorgée d’eau. Aucune trace des brigands, aucune trace des orcs.

- On organise ce piège ? Il faut sûrement garder ce sentier puis galoper à la poursuite de ces truands en évitant de se faire déchiqueter par les orcs et les esprits, dit-il en mettant pied à l’étrier. Je ne cache pas que je préfère la partie à cheval.
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Thorseld Eodsen
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Y a Pukel faire ! EmptyLun 2 Nov 2015 - 18:29
La nuit avait enveloppé le monde et seules les petites étoiles qui piquetaient le ciel sombre d'un scintillement doux et la lune blafarde offraient un peu de relief à cet univers obscur.
Thorseld se félicitait d'avoir demandé le premier tour de garde. Norring était d'une compagnie discrète mais agréable, comme celles que le Capitaine du Rohan aimait partager. Les mots échangés étaient peu nombreux mais toujours dignes d'intérêt. Le soldat était, comme le Lion de l'Isen, un homme d'action, un baroudeur. Cela se voyait à l'application qu'il mettait dans le lent polissage de sa lame. A son tour, l'Aide de Camp de Gallen Mortensen sortit sa pierre à aiguiser et le lent et méthodique va et vient sur l'acier vint offrir un écho à celui du soldat.

Soudain, des bruits et des mouvements étouffés se firent entendre dans l'obscurité des fourrés alentour. D'un même mouvement vif et instinctif, Norring et Thorseld s'étaient levés précipitamment et discrètement dissimulés dans d'épais taillis tout proches de la zone d'où parvenaient les bruits d'approche.
Des orcs !? Et en grand nombre ! Que pouvait donc bien faire une troupe de ces horribles bestioles aussi loin au sud ? Norring avait réveillé les autres et, tous, assistaient, muets, à l'improbable spectacle du troupeau bestial qui avançait à marche forcée dans la nuit.
– Des orcs ? Ici ? Il faut prévenir Edoras, et vite ! La présence de créatures que Thorseld n'avait plus combattu depuis la bataille d'Alburg contre Hogorwen avait quelque chose d'inquiétant. Il fallait rester vigilant. Les déplacements de ces créatures, surtout rapides et en nombre étaient à surveiller avec beaucoup d'attention. Il faudrait en référer au Haut Commandement Rohirim dès que possible.

Le Capitaine du Rohan fit signe à ses compagnons de ne pas intervenir. Il mémorisa la route empruntée par les orcs afin de pouvoir établir un rapport fiable à ses subordonnés.

Le reste de la nuit fut mauvais. Les tours de gardes vigilants et scrupuleux. Nul n'avait envie de ne jamais s'éveiller et chacun dormit peu ou d'un œil.

Un peu avant l'aube, ils repartirent, pas fâchés de quitter cet endroit peu sûr et de reprendre la traque qui les menait si loin dans les montagnes.

Après quelques heures d'ascension supplémentaires et difficiles pour les chevaux de bât, ils débouchèrent enfin sur les hauts plateaux riches et herbeux qu'ils attendaient tous. Là, ni traquenard, ni signe de présence humaine hormis les traces froides et éparpillées par le vent d'un récent feu de camp piétiné.

Une nouvelle fois, Norring proposa un plan d'action simple mais cousu de bon sens.
Le large plateau qui s'ouvrait devant eux était coincé entre les trois plus hauts sommets du Rohan et toute tentative de fuite était vaine par la montagne. La seule possibilité pour s'extirper du cul-de-sac que formait la plaine étant le chemin sinueux et escarpé par lequel ils venaient d'arriver.
Selon lui, la meilleure option résidait donc dans la division du groupe en deux. Une partie des chasseurs resterait en position là où ils se trouvaient, cachés ; tandis que les autres partiraient battre la plaine et inspecter les sentes escarpées enserrant le plateau afin de débusquer les brigands et les attraper ou, à défaut, les rabattre vers la seule issue existante et accessible à pieds ou à cheval. Là, les deux groupes de chasse leur tomberaient dessus, les prenant en tenaille.

Thorseld acquiesça en silence à la proposition du soldat. L'idée était bonne. Et même si, en terme de stratégie militaire, il était la plupart du temps recommandé de ne pas diviser ses forces pour ne pas les affaiblir, la situation présente l'exigeait certainement.

Le chasseur de prime qui se faisait appeler Wedfïn se proposa immédiatement pour être de ceux qui traqueraient les brigands dans la plaine. L'autre, le plus mystérieux des deux, ne souffla mot, s'enfouissant toujours plus sous son capuchon. Peur ? Crainte ? Mais de quoi ? De qui ? Personne ne l'avait forcé à participer à la traque… Et lors d'une chasse comme celle-là, il était important de pouvoir compter sur ses camarades ;d'avoir confiance en eux tout comme eux devaient pouvoir avoir confiance en nous ! Son attitude était décidément de plus en plus suspecte et le Capitaine du Rohan ne pouvait s'empêcher de l'observer avec de plus en plus d'insistance et d'attention.

– Je reste ici avec lui !, indiqua alors le Bouclier d'Edoras à Norring en désignant le mystérieux chasseur de prime du doigt. – Ainsi qu'avec celui de vous deux qui préférera rester avec nous…

Puis il adressa une franche tape dans le dos à ses compagnons d'armes. – Ole et Kron iront avec Wedfïn et celui d'entre vous qui souhaitera aller avec eux.

Les choses se mettaient en place peu à peu.
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Nathanael
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Y a Pukel faire ! EmptyMar 26 Jan 2016 - 13:15
Y a Pukel faire ! Jorund10

Norring sauta sur la proposition de Wedfïn pour en faire le moins possible. La montée parmi les cailloux l’avait harassé, et bien qu’il fût plus petit et plus fin que son compagnon, il n’en supportait pas mieux les longues et éprouvantes montées. Il avait toujours du mal à reprendre son souffle, et, bien qu’il fît de son mieux pour n’en montrer aucun signe, il avait les jambes flageolantes.

- Je vais rester ici. Tu sais que j’ai un faible pour sauter sur les gens plutôt que de leur courir après !

Il adressa un clin d’œil exagéré à Jorund en référence, sans doute, à de vieux souvenirs de soirées paillardes et mouvementées. Le grand gaillard qui lui faisait face eut un sourire goguenard mais ne s’attarda pas en boutades. Il se hissa rapidement sur son cheval en attendant que ceux qui viennent avec lui fassent de même. Une fois tout le monde en selle, ils partirent au petit trot vers le fond du cirque. Il y avait plusieurs milles des falaises au pied des montagnes, et il leur faudrait sans doute une bonne partie de l’après-midi pour trouver des traces. Avec un peu de chance ils tomberaient nez à nez avec les fugitifs, mais Jorund n’avait que peu d’espoir à ce propos. Les vandales étaient bien trop malins et ils avaient déjà réussi à leur filer entre les doigts à plusieurs reprises.

- Avançons de front, avec de bonnes distances, mais sans se perdre de vue. Les fuyards sont malins et vifs dans les pentes escarpées, ils peuvent se cacher et monter assez haut sur les versants. Mais si on arrive à les rabattre sur le plateau, ils n’iront jamais plus vite que nos chevaux. Soyez prudents, ils ont plus d’un tour dans leur sac.

Jorund se souvenait encore de la manière dont les deux brigands avaient dissimulé leur piste en remontant la rivière, puis en fuyant sur de larges dalles rocheuses où le soleil avait rapidement fait disparaître leurs traces humides. Joignant le geste à la parole, il tira sur les rênes pour mener son cheval sur la droite du groupe, non loin du bord de la falaise. En suivant les crêtes rocheuses en un demi-cercle, ils finiraient forcément par tomber sur leurs proies, d’une manière ou d’une autre. Ceux qui étaient restés à l’entrée du chemin n’auraient plus qu’à les coincer ensuite. Du moins, c’est ce qu’ils espéraient.

Parmi les collines et les hautes herbes du plateau, nulle trace ne déformait le sol. L’herbe était quelques fois couchée en une sente régulière, mais il n’y avait alors que des empreintes de chamois et de petits animaux montagnards : ici un lièvre, là une hermine. Les animaux sauvages effectuaient leur estive annuelle en venant chercher l’herbe jeune et fraîche des hautes altitudes. Jorund retrouva Wedfïn et les deux compagnons de Thorseld par trois fois en un point précis, mais ils n’avaient rien trouvé. Ils avaient déjà parcouru plus d’un tiers du plateau et l’agacement commençait à pointer. Une fois l’excitation retombée après leur cavalcade, les regards commençaient à montrer des signes de fatigue et d’énervement. Il était difficile de rester concentré avec la fatigue accumulée, surtout après le passage des orcs la nuit précédente. Mais ils avaient beau scruter le paysage à la recherche du moindre mouvement, de la moindre variation de couleur ou de forme parmi les buissons, rien … il n’y avait rien.


***********************************************

Pendant ce temps, Norring patientait comme il le pouvait en compagnie du Lion de l’Isen et de leur étrange compagnon de route qui était encore plus muet que les pierres. Il gardait son visage sous le couvert de sa cape, ne répondant que laconiquement à leurs questions sans jamais engager la conversation. Ils restèrent ainsi trois ou quatre bonnes heures à attendre. L’après-midi, ensoleillé, rendait la chose assez agréable mais une fois le soleil derrière les sommets, le froid les mordrait rapidement. Il leur restait encore un peu de temps, mais Norring commençait à appréhender la chasse si elle devenait nocturne. Il connaissait suffisamment Jorund pour savoir que ce dernier ne lâcherait pas l’affaire jusqu’à ce que les voleurs aient les pieds et les mains liés. Ils n’avaient d’ailleurs pas droit à l’erreur. Encore une semaine, et selon les dires des victimes des années précédentes, les brigands disparaitraient. Ils venaient pour le printemps, pillaient ici et là, et ils repartaient avant les premières grosses chaleurs printanières.

- Je sais pas ce qu’ils font, mais s’ils mettent autant de temps, c’est pas bon signe. Y a qu’un passage de l’autre côté, mais celui-là, même pour des pièces d’or, je le prendrai pas. Et je mettrai ma main à couper que nos deux lurons l’emprunteront pas non plus. Ils peuvent encore se cacher dans la forêt du Dimholt, mais vaut mieux pas y aller la nuit à ce qu’on dit.

Les histoires courraient toujours bon train à propos du chemin des morts et des versants obscurs de la montagne hantée. Ho, les contes narraient bien comment le seigneur Aragorn avait appelé le peuple des morts à le rejoindre pour combattre le seigneur noir plusieurs siècles auparavant. Ce que les histoires ne mentionnaient pas, c’est ce qu’il était advenu des spectres. Les âmes naïves disaient que leur esprit avait rejoint les Cavernes de Mandos, ou quelque chose du genre. Mais Norring n’adhérait pas vraiment à cette version. Il était certain que les morts étaient retournés chez eux, et mieux valait ne pas aller les importuner. On racontait encore ici et là que le bois était hanté et que les rares imbéciles qui avaient cherché à y aller sous le couvert de la lune étaient revenus avec l’esprit dérangé.  

Il ne se passa rien non plus les heures suivantes et le soleil commençait à descendre dangereusement derrière les Montagnes Blanches. Les ombres s’étendaient, toujours plus longues, la lumière déclinant progressivement. Il n’était pourtant pas judicieux d’allumer un feu, ou tout effet de surprise aurait été perdu.

- J’aurai peut-être du partir à cheval finalement, Jorund a plus d’épaisseur que moi pour lutter contre le froid.

Et tandis qu’il parlait, le vent du nord se leva, traînant derrière lui la froideur des terres du Nord.

- Ben ça, c’est la meilleure !

Norring tira une cape chaude d’une des sacoches de son cheval et s’enroula dedans comme un enfant devant les flammes dansantes de l’âtre familial.


**********************************************

La lune émergea des crêtes tandis qu’ils s’enfonçaient plus profondément dans les bois sombres et menaçants où les avaient menés la longue colonne de pierres qui fendait le plateau. Jorund était moins superstitieux que son ami et c’est donc sans appréhension qu’il pénétra dans le bois. Il restait sur ses gardes, car l’état d’embroussaillement du milieu ne permettait pas de voir à plusieurs mètres et que les voleurs pouvaient bien se réfugier dans n’importe quel arbre. Tandis que cette pensée lui traversait l’esprit, un sifflement se fit entendre suivit d’un bruit sourd, un choc, puis un cri étouffé.

- Ouch, c’était quoi ce tr … !


Mais le malheureux Kron ne put en dire plus, car le second sifflement fut suivi de sa chute. Son cheval ne broncha pas, fort heureusement, car son cavalier était tombé en se prenant le pied dans l’étrier. Jorund s’approcha du cheval et tendit la main pour se saisir de la bride mais des grognements sourds, indistincts, lugubres, résonnèrent dans la forêt. C’en fut trop pour le pauvre animal qui bondit en avant, traînant son cavalier sur plusieurs mètres avant que son pied ne se défasse seul de l’étrier. Kron demeurait inconscient. Les bruits reprirent, plus forts, plus nets et les chevaux devinrent nerveux, réticents, ruant pour suivre le premier fuyard et quitter ces lieux maudits. Puis un nouveau bruit sourd. Jorund sentit une douleur aigüe dans le bas du dos avant de comprendre ce qu’il se passait.

- A couvert ! A couvert, ces salopards nous visent à la fronde.


Il évita de justesse un autre caillou aussi gros qu’un poing de soldat qui était apparemment destiné à sa tête. Kron avait du se prendre le projectile de pleine fouet, assommé par l’impact. Ils s’abritèrent comme ils purent. Jorund fit signe à Wedfïn et Ole de prendre les deux individus à revers. S’ils les atteignaient sous les taillis, c’est qu’ils n’étaient pas bien loin. Le silence était pesant. Le vent dans les branches créait une atmosphère étrange ou le moindre craquement faisait sursauter les traqueurs. L’excitation avait repris le dessus et leurs nerfs étaient à vif, attentifs au moindre son, au moindre mouvement. Plusieurs minutes s’écoulèrent. Jorund sentait le sang battre à ses oreilles tandis que la tension montait en lui. Plus loin, ils entendirent un râle. Kron sortait de sa torpeur.

- Qu’est ce qui … ?

Nouvelle rafale de cailloux. Le cavalier se protégea en se roulant en boule tandis que plusieurs jets de pierre l’atteignait.

- Maintenant !

Leurs assaillants s’étaient révélés et seraient bientôt pris au piège. C’était sans compter sur leur vivacité. Une branche céda, un corps tomba d’un arbre et partit à vive allure au milieu des bois, bientôt suivi par un deuxième coureur descendu de son perchoir quelques mètres plus loin. Les deux fuyards avaient l’avantage d’être plus petit que les cavaliers, moins gênés par les feuillages des arbres, profitant du moindre fourré pour se soustraire à leur vue. Jorund, Wedfïn et Ole partirent immédiatement à leurs trousses, poussant les chevaux à aller toujours plus vite malgré le terrain accidenté. Le pas lourd des destriers faisait trembler la montagne, les versants noirs leur revoyant l’écho de leur course poursuite. L’exaltation gagnait Jorund, et il criait comme un bon diable tout en poursuivant les voleurs. S’il s’agissait bien des voleurs … personne ne s’était soucié de leur identité.

****************************************************

Le cheval de Kron revint seul. Norring regardait comme il pouvait à la faible lueur de la lune, mais il était certain qu’il n’y avait pas de cavalier. Le coursier s’arrêta à côté des autres chevaux, les yeux écarquillés, les naseaux dilatés, soufflant fort. Il garda la tête haute un moment, trop apeuré pour se remettre à manger bien que le danger fût loin derrière lui. Thorseld récupéra le brave animal, mais les hommes avaient tous la même question à l’esprit : « qu’avait-il bien pu se passer, et où était Kron ? ».

- Là, ça me plaît de moins en moins.

Norring dégaina son arme. L’épée miroitait faiblement, reflétant la pâle lueur des étoiles. . Le froid quitta les épaules du soldat. Il se tenait là, prêt à en découdre. Mais il ne se passa rien. L’attente redevint insoutenable. Les grillons reprirent leur chant nocturne sans se soucier des querelles des hommes. Les minutes s’étirèrent, longues et sans fin. C’était du moins l’impression de Norring pour qui le temps s’était arrêté. Puis, ils entendirent les lourdes foulées des chevaux lancés au plein galop. Jorund poussa un cri, inaudible d’abord, puis les mots furent de plus en plus distincts.

- Arrêtez-les !

Norring aurait bien voulu, mais il ne voyait rien. Pas âme qui vive, pas un mouvement.

- Vous voyez quelque chose ? Bordel, ils courent après qui … ou après quoi ?


L’éventualité qu’il pût s’agir d’autre chose que des voleurs lui effleura l’esprit. Un frisson des plus désagréables lui parcourut l’échine alors qu’il raffermissait sa prise sur son arme. Il était fermement campé sur ses jambes lorsque deux formes tremblèrent dans la nuit. De petites formes, trapues et rapides qui courraient vite. Elles zigzaguaient entre les colonnes de pierre et c’était sans doute pour cette raison que les cavaliers n’avaient pas encore réussi à les rattraper, ne les apercevant que de temps à autre au détour d’un mégalithe. Au moins, leur plan fonctionnait. Les deux formes se rapprochaient toujours plus vite, dans leur direction. L’une d’entre elle s’esquiva, quitta son double, s’arrêta un très bref instant avant de reprendre sa course. Norring n’y comprenait rien. Il s’attendait, d’une certaine façon, à tomber sur deux étranges individus, mais ceux qui l’avaient embauché avaient omis de lui rapporter certains détails. Il fut d’ailleurs le premier à faire les frais de la précision des voleurs. La pierre lui heurta l’arcade, submergeant aussitôt son visage d’un flot tiède et ferreux.

- Haaaa ! Bordel de Diou, de … Chopez les, chopez les !

Il partit en courant dans la direction des intrus. Ils n’étaient plus qu’à quelques toises de leurs prises. A six contre deux, l’affaire était déjà débattue. Les deux brigands, ou choses, peu importe, n’avaient aucune chance de s’en sortir indemne.
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Thorseld Eodsen
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Y a Pukel faire ! EmptyJeu 10 Mar 2016 - 23:53
HRP:

L'attente était interminable et la chaleur du soleil avait à présent cédé le pas à la fraîcheur du soir tombant sur le haut plateau. Les nuits devaient être particulièrement froides dans le coin. Cela faisait plusieurs heures que le groupe s'était scindé en deux et que Norring et Thorseld gardaient l'entrée du cirque avec l'étrange et taiseux chasseur de prime. Malgré la longueur de l'attente, ce dernier n'avait pas plus desserré les dents que les jours précédents et leurs compagnons n'en savaient guère plus sur lui que ce qu'il avait consenti à leur révéler le jour de leur rencontre.

Alors que la nuit s'apprêtait à recouvrir la vallée de son voile ténébreux, une forme tout d'abord indistincte puis nettement plus reconnaissable émergea de la noirceur du crépuscule jusqu'au trois hommes en attente. – Mais… C'est le cheval de Kron ! Une léger accent d'inquiétude émergeait dans la surprise du Capitaine de l'armée rohirrim. Qu'avait-il bien pu se passer là-bas pour que la monture de son ami leur revienne seule ? Kron était un excellent cavalier ! De loin le meilleur qu'il avait été donné à Thorseld de côtoyer. Et la voir ainsi paraître sans son cavalier laissait au Lion de l'Isen un désagréable arrière goût d'incompréhension dans la gorge.

Norring avait dégainé son épée le premier, rapidement imité par Amroth et Thorseld. Tout cela ne leur disaient rien qui vaille… Après une longue attente plein d'incertitude, le martèlement continu et grandissant d'une cavalcade s'approchant parvint à leurs oreilles et les trois hommes entendirent leur cri d'alerte de Jorund s'extirper de la semi-obscurité qui les enveloppait désormais.

Apparemment, leurs compagnons avaient trouvé quelque chose. Les brigands ? C'en était à se demander ! Car si les trois hommes avaient distinctement entendu Jorund, ils étaient bien incapables de discerner quoi que ce fut devant eux malgré la pâle lueur de la lune montante.

- Vous voyez quelque chose ? Bordel, ils courent après qui … ou après quoi ?

Non ! Thorseld ne voyait rien. Ou pas mieux. Et à part les hautes herbes qui recouvraient la plaine qu'ils cadenassaient guère plus que le mouvement du vent dans les arbres au loin. Ou alors si, mais quoi ? – Non ! Rien ! Et toi ? Interrogea l'aide de camp du Vice-Roi à l'attention d'Amroth qui semblait bien ne rien distinguer non plus. Les yeux de Thorseld avaient beau scruter l'obscurité, rien ne semblait devoir en émerger pour l'heure… A moins que… Si ! Face à eux, juste là, avec la rapidité de l'éclair, deux petites formes indescriptibles semblaient fendre l'océan de hautes herbes pour progresser vers eux en apparaissant de ci, de là et zigzaguant avec vivacité.

Un bruit sourd se fit soudain entendre et Norring se tint aussitôt la tête entre les mains. Quelque chose venait de le frapper. Mais quoi ? Le Bouclier d'Edoras n'eut pas le loisir de le lui demander car le soldat fonçait déjà dans le crépuscule à la rencontre de ce qui était à l'origine du jet qui l'avait atteint en pleine tête.

Mais de quoi pouvait-il bien s'agir ? Ou de qui ? Ce pouvait-il que les formes rapides et agiles qui évoluaient si rapidement devant eux fussent les deux brigands après lesquels ils couraient depuis si longtemps ? Si tel devait être le cas, il fallait agir vite et bien car l'occasion de les saisir ne se représenterait peut-être pas de sitôt. C'est sans doute ce qu'avait dû se dire Norring puisqu'il partit soudain en courant droit vers les deux silhouettes.

Après un bref moment d'hésitation, Thorseld rassembla ses esprits et décida de faire de même mais non sans avoir tenté d'organiser un peu la traque. En bon militaire, il n'oubliait pas qu'une opération -quelle qu'elle soit- avait bien plus de chances d'aboutir si tout le monde œuvrait de concert et agissait selon un plan précis et calmement décidé.

– Amroth, prend la droite de Norring, je me charge du côté gauche ! Lança-t-il tout d'abord au chasseur de prime. – Kron, Ole, restaient bien en retrait ! Empêchez les de rebrousser chemin ! Ils ne doivent pas nous échapper ! Formez une ligne avec Jorund ! Nous devons les maintenir entre nous et resserrer progressivement le cercle pour les prendre ! Cria-t-il ensuite aux trois autres chasseurs. Et il se lança à son tour dans la chasse.

Même si la visibilité n'était plus optimale, grâce à la proximité qu'ils avaient réussi à créer, les rohirrim pouvaient à présent suivre les déplacements des deux brigands. Et bien qu'il ne les distinguassent pas avec précision, tous pouvaient voir les tentatives de fuite des deux hommes et lire leur rapides changements de direction.

Lorsque Thorseld parvint à proximité immédiate des deux traqués, Norring était déjà sur place et tentait de saisir l'un des hommes. Thorseld préféra rester juché sur son cheval afin de s'approcher le plus rapidement possible de l'un des hommes pour lui sauter dessus du haut de sa selle. S'il pouvait parvenir à les arrêter sans les tuer, ce serait le mieux. Au moment où l'un des fuyards tenta de se frayer un chemin entre Norring et son cheval, Thorseld lui sauta dessus du haut de sa monture. Après avoir agrippé son dos et l'avoir fait rouler au sol, il tenta de le plaquer dans l'herbe tout en hurlant à ses comparses quelques précautions supplémentaires. – Essayez de les prendre vivants ! Ils pouvaient bien sûr les ramener morts, mais il fallait tout de même tenter de les stopper vivants. Le Capitaine rohirrim ne savait pas si l'homme sur lequel il venait de mettre la main en était réellement un… Mais une chose était sûre : il n'avait jamais été confronté à un être aussi vif et aussi tonique. Il bougeait avec une rapidité étonnante et se débattait avec une fermeté impressionnante ! Alors qu'il était presque parvenu à le maîtriser, il sentit un choc violent l'atteindre dans le dos. Il raffermit malgré tout sa prise sur celui qu'il tenait et gueula une volée d'ordre à ses compagnons de chasse. – Mais bordel, foutez la main sur ce gars ! Il balance des pierres dans tous les sens ! Chopez-le ! Il est là ! Kron ! Là !

Thorseld espérait que Wedfin, Amroth, Kron ou un autre mettrait rapidement la main sur le second brigand. Il tenait le premier et Ole venait de sauter au bas de son cheval pour l'aider à maîtriser le gaillard.
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Nathanael
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Y a Pukel faire ! EmptyDim 19 Juin 2016 - 10:34
HRP : Et voilà, après bien du retard, me voici de retour.

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Y a Pukel faire ! Jorund10

- Haaaaaaaaa !

Norring cria au milieu de la nuit comme un loup esseulé. Mais c’était un cri de douleur et de rage qui s’échappait de sa gorge. Il avait réussit à maîtriser le second brigand mais ce dernier lui avait brisé un doigt avec ses dents. Norring relâcha sa prise. Le voleur s’échappa dans la nuit en direction de la piste qui descendait les versants verticaux du plateau de Dunharrow. Il avait pris de cours  Wedfin et Ole en se glissant entre les membres de leurs chevaux. Mais Norring n’avait pas dis son dernier mot. Le front sanguinolent et le doigt tordu, il chargea la créature avec l’énergie du désespoir. Ses longues enjambées lui permirent de rattraper sa cible rapidement, pas assez cependant pour éviter la chute. Il se jeta sur l’homme juste au moment où il commençait à s’engager dans la pente abrupte. Ils dégringolèrent tous deux au milieu des pierres, rebondissant comme de vulgaires poupées de chiffon. Sur le plateau, on n’entendait que le bruit de leur chute. Norring eut le souffle coupé et sans doute quelques côtes cassées lorsqu’il sentit de nouveau le sol sous lui. Un sol mou et flasque.

Le guerrier devait la vie au cadavre qui avait amorti les chocs. Sous ses yeux une face large, un nez plat aux narines dilatées d’où s’échappaient un filet de sang, des yeux profondément enfoncées dans leurs orbites, grands ouverts. Norring roula sur le côté pour reprendre ses esprits. Il était sonné, mais plus surpris encore d’être vivant. Au-dessus de lui dansaient les étoiles, la voie lactée dessinait un chemin net au milieu des cieux sombres. Plus haut les lacets du chemin formaient un petit serpentin de pierre grise et lisse. Il voulut inspirer profondément mais une douleur lancinante lui étreignit les côtes. Il distinguait des voix, mais il était bien incapable de comprendre ce qu’elles disaient.

***

Thorseld, aidé de Jorund, avait réussit à maîtriser le premier fuyard. Ole et Wedfin seuls avaient vu la chute de leur compagnon. Au milieu de la confusion, pourtant, il était impossible de nier une évidence aussi flagrante. Celui qu’ils avaient arrêté n’était pas humain. Jorund ne sembla pas étonné de la découverte. Une lueur de satisfaction passa même un moment sur ses traits juste avant qu’on ne lui annonce que son ami avait sombré dans le vide. Il laissa le Lion de l’Isen avec son prisonnier et ses questions et fonça au bord du vide. Norring reposait sur le dos une dizaine de mètres en contrebas. Il crut d’abord qu’il était mort et son cœur manqua un battement devant la scène. Puis Norring bougea un peu. L’obscurité rendait difficile l’appréciation des dégâts. Jorund se retourna vers les autres Rohirrims avant de dévaler le sentier à grandes enjambées.

- Tenez ce gars fermement, je vais voir plus bas. Toi, aide-moi !

Il avait adressé un signe de tête au taiseux énigmatique. Ils ne seraient pas trop de deux pour remonter les corps. Il se passa bien des minutes avant que Jorund ne remonte son ami. Le mercenaire portait quant à lui le corps trapu et sans vie du second brigand. Norring était dans un sale état, conscient, mais hagard. Le silence enveloppait les hommes, mais les regards en disaient plus longs que des discours inutiles. Ils les avaient eu, c’était le plus important, mais il restait bien des mystères à démêler. Jorund et Norring regardaient leur prise avec une satisfaction non feinte derrière un masque de douleur. Norring avait la respiration sifflante et difficile, ce fut donc son comparse qui prit la parole.

- Rien de plus que des petits hommes des bois ! Et ça vous a semé la terreur dans toute la vallée !

Il fut interrompu par un flot de mots gutturaux et incompréhensibles. L’homme Pukel que tenait Thorseld se déchaîna pour échapper à sa prise. Sur sa face disgracieuse et empâtée on pouvait aisément lire de la colère et une profonde tristesse. Il continua de proférer une longue liste de mots étranges avant d’utiliser quelques mots du Commun avec son accent si particulier.

- Humains monstres ! Voleurs de vie ! Voleurs !
- Hola on se calme, les voleurs ici c’est vous, pas nous !
- Voleurs ! Voleurs !


Le petit homme continuait de proférer les rares mots qu’il connaissait en Commun pour exprimer sa haine. Il s’agitait en tout sens et Thorseld avait bien du mal à maintenir le Pukel.

- On les charge et on les descend. La Dame sera contente de notre prise.

Jorund offrit un fragile sourire de réconfort à Norring qui souffrait pour respirer et faire entrer un peu d’air dans sa poitrine. Il avait payé le prix fort pour remplir sa mission, mais les promesses qu’on lui avait faites valaient bien quelques os brisés et une longue convalescence.
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Thorseld Eodsen
Capitaine du Rohan
Thorseld Eodsen

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Y a Pukel faire ! EmptyMer 6 Juil 2016 - 10:18
Si la lutte avait un instant paru trouver son terme, elle ne faisait pourtant que commencer ! Thorseld était bel et bien parvenu à attraper l'un des gredins mais une véritable lutte était pourtant encore à mener. Le petit homme semblait tout juste maîtrisé, que le capitaine de l'armée rohirrim dut s'employer pour juguler les premiers soubresauts des tentatives de fuite du lascar…

Le petit homme avait beau n'être de taille que très modeste en comparaison du longiligne gradé, il n'en demeurait pas moins d'une vitalité surprenante et ses premières tentatives multiples et variées de déstabilisation et d'échappée furent presque récompensées. Ce fut finalement au prix de longs efforts brusques et réitérés que le Lion de l'Isen parvint à retourner le bonhomme et à le plaquer au sol, à nouveau, face dans la terre, pour lui enfoncer le genou dans les épaules et lui lier les mains dans le dos.

Heureusement pour Thorseld, Jorund était rapidement arrivé à sa hauteur et avait immobilisé les bras du petit homme trapus pendant que le Bouclier d'Edoras attachait le prisonnier avant de le retourner pour observer son visage et tenter de comprendre ce qu'il n'identifiait pas encore.

Un cri déchirant fendit pourtant soudain le brouhaha de la lutte au sol qui s'achevait et Jorund se releva en un éclair après avoir reconnu instinctivement la voix de son ami Norring. Alerté lui aussi, Thorseld releva la tête lui aussi juste à temps pour voir le deuxième « bandit » s'engager dans la pente, immédiatement talonné par Norring qui disparut à sa suite d'un saut tête la première dans le vide.

Thorseld et Jorund échangèrent un bref regard qui rendit tout échange de mots inutile.

– Vas-y ! concéda immédiatement le Capitaine du Rohan. Jorund ne se fit pas prier pour se précipiter à l'aide de son ami à grandes enjambées.

De longues minutes s'étaient écoulées lorsque Thorseld eut enfin le soulagement de voir remonter Jorund et Amroth épaulant Norring portant le corps sans vie du brigand.

Eru soit loué ! Il est vivant !

Thorseld secoua le brigand qui était immobilisé au sol comme en représailles de la crainte qui l'avait étreint au moment de voir basculer son compagnon dans le vide. Le petit homme avait un faciès poilu et renfrogné, tout en os, les cheveux plein de terre et d'herbe et le visage sale percé de petits yeux vifs pleins de colère et de tristesse.
Les grognements gutturaux qu'il poussait se changèrent progressivement en mot malhabilement rassemblés d'où transpirait la haine et le reproche.

- Humains monstres ! Voleurs de vie ! Voleurs !

Alors ça c'était bien la meilleure ! Voilà que c'était eux qui se faisaient insulter à présent ! Le gaillard n'en retira pourtant aucun gain puisque l'Aide de Camp du Vice-Roi le secoua en retour avant de le redresser et le mettre sur pied avec fermeté.

- Hola on se calme, les voleurs ici c’est vous, pas nous !
- Voleurs ! Voleurs !
Encore tout étonné de pouvoir être compris du bougre, Thorseld le malmena jusqu'à ses compagnons pour s'enquérir de l'état de santé de Norring qui semblait bien amoché.

– Comment as-tu réussi à t'en sortir ! C'est un vrai miracle ! Il explosa d'un rire mêlant satisfaction et soulagement. – Et tu l'as eu ! Au moins, personne n'ira dire que tu ne fais pas tout pour accomplir les missions dont on te charge ! L'un des deux brigands était sauf et pourrait être interrogé. Ce n'était pas négligeable.

Le Capitaine du Rohan était réellement soulagé de voir Norring en vie. A travers cette aventure de plusieurs jours dans des conditions difficiles, il avait appris à réellement connaître les deux comparses et Norring et Jorund s'étaient révélés aussi bons soldats qu'attachants compagnons de route. Un sacré duo que ces deux-là ! A présent, certes, Norring n'avait pas l'air en grande forme et la peine avec laquelle il respirait n'était pas très rassurante mais il était en vie et pour l'heure, c'était bien tout ce qui comptait. Côtes cassées ? S'interrogea Thorseld à part lui.

Il fallait désormais redescendre dans la vallée pour faire prodiguer des soins à Norring et pour comprendre les raisons qui avaient poussé l'homme Pukel à se livrer à ses incursions condamnables dans tout l'arrière pays.

– Bien ! Pressons-nous de redescendre dans la vallée et de rallier Edoras au plus vite ! Nous avons encore bien des mystères à tenter de comprendre ! Imposa Thorseld.

- On les charge et on les descend. La Dame sera contente de notre prise. Confirma Jorund.

Il était en effet nécessaire de traduire le Pukel devant La Dame du Riddermark et le Vice-Roi qui avait personnellement chargé son Aide de Camp de se rendre à Dunharrow pour porter son concours aux recherches et aider les soldats par son expérience.

– Nous chargerons les Pukel sur les chevaux de bât ! Indiqua le Lion de l'Isen. – Ensuite, nous chevaucherons à allure lente jusqu'au bas du plateau et tenterons de progresser plus rapidement dès que nous aurons atteint les plaines. Il me tarde de savoir ce que ces hommes étranges espéraient et ce qu'ils nous reprochent !
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Nathanael
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Y a Pukel faire ! EmptyMer 10 Aoû 2016 - 18:16
Y a Pukel faire ! Jorund10

Jorund et Norring échangèrent un regard de circonstance. Tout était bien qui finissait bien. Ou presque. Jorund aida son ami à se remettre en selle pour descendre les étroites rampes qui les ramèneraient dans les plaines. Il était imprudent de descendre par ce passage en restant à cheval, mais il aurait été plus imprudent encore d’exiger de Norring une longue marche éreintante. Sa respiration était fastidieuse, sifflante. Même son sourire ne pouvait dissimuler entièrement la souffrance qu’il endurait et la difficulté qu’il avait à faire entrer de l’air dans ses poumons. Serrant les dents, il ne put réprimer un râle lorsque Jorund l’aida à se mettre en selle. L’orgueil du cavalier était plus meurtri que ses flancs. Une vilaine balafre lui barrait le front mais elle était superficielle. Tous avaient des égratignures ou des écorchures. Si les hommes Pukel ne les avaient pas atteint, les branches des résineux de Dunharrow s’en étaient chargées. Les étoiles les accompagnèrent durant la longue descente jusqu’aux pieds des falaises. Le ciel clair permettait de voir aisément où poser les pieds même si certaines pierres traîtresses roulaient ici et là sous les bottes des mercenaires et des soldats.

- La Dame …

Norring murmurait dans un chuintement grave. Jorund se retourna et lui imposa le silence. Il se faisait plus de mal que nécessaire. Le grand Rohirrim lui répondit du bout des lèvres.

- On s’en occupera quand ça sera le moment. Pour l’instant assure toi de rester en selle. Je n’aimerai pas avoir à te remonter encore une fois au milieu des pierriers. Tu pèses aussi lourd qu’un âne mort.
- T’as souvent traîné des ânes morts ?


Norring se mit brutalement la main sur les côtes, saisi par la douleur. Mais il ne parvenait pas à contenir le rire qui lui soulevait le torse. Malgré les mésaventures qui leur tombaient dessus, les deux indécrottables camarades gardaient un moral d’acier. Jorund formula tout haut ce que ses compagnons de route devaient ressasser dans l’intimité de leurs pensées.

- Capitaine, il nous faudra plusieurs jours pour rentrer à Meduseld. On pourra toujours interroger l’homme des bois encore vivant. Mais que ferons-nous du corps du second ? Les fortes chaleurs s’occuperont rapidement de le faire gonfler et on n’en tirera rien de plus que ce qu’il nous a déjà laissé.

Norring contempla son doigt meurtri à la phalange brisée. Jorund continuait de parler.

- Est-ce qu’on doit s’occuper de l’enterrer ou quoi ?

L’idée de devoir creuser un trou sous les chaleurs écrasantes du Riddermarl n’enchantait personne. Encore moins s’il s’agissait d’une tombe pour un parfait inconnu qui avait tenté de les agresser. Mais Jorund n’avait pas tord. Il valait mieux sans doute perdre un peu de temps à se débarrasser du cadavre, plutôt que de charrier dans leur sillage des relents de pourriture et des myriades de mouches carnassières. Tous avaient combattu, ou prétendaient l’avoir fait, et chacun devait avoir en mémoire l’état des corps en décomposition après de longues batailles. C’était un souvenir que personne n’aimait à se rappeler.

- Enfin, après avoir trouvé un guérisseur ou dans le genre pour Norring j’entends.
- Je te remercie de penser un peu à moi …


Nouvelles douleurs pour le blessé. A combien d’heures de cheval se trouvaient le dernier hameau qu’ils avaient traversé ? Et combien de temps tiendraient-ils sans repos ? La nécessité et la sécurité leur imposaient de retourner rapidement vers les berges du Snowbourn. Il y aurait de l’eau en suffisance pour abreuver les hommes et les chevaux, mais également pour prodiguer les premiers soins aux plaies de Norring, de quoi faire du feu et se mettre à l’abri des regards indiscrets. Rien de ce qu’ils auraient pu trouver sur les terres nues du plateau de Dunharrow.

- Mhhh…

Un grondement sourd, étouffé. Jorund et Norring échangèrent un coup d’oeil, mais le son ne provenait pas d’eux. Pas plus que des deux mercenaires qui les suivaient. Ils jetèrent un coup d’oeil au dos du Pukel qui était attaché sur le cheval devant eux. Il clabaudait des borborygmes incompréhensibles. D’une voix grave et lente, puis de plus en plus fort à l’encontre de ses geôliers. Les mains liées il crachait des mots incompréhensibles dans l’air limpide. Le sens de ses paroles leur échappait, mais un rythme récurrent revenait, comme des imprécations des temps anciens.

- Qu’est-ce qu’il nous braie l’homme des bois ?

Jorund le poussa de la main pour le faire taire. Mais le Pukel demeura inflexible et continua sa litanie tandis qu’ils atteignaient les premières statues de pierre. Les sentinelles sans visage aux traits érodés par le temps. Ils passèrent le premier Druedain immobile sous les imprécations de leur prisonnier.

- J’aime pas ça, pour sûr.

Jorund bouscula encore une fois le Pukel du plat de la main.

- Hey, ferme-là le nabot. On a pas envie de t’entendre.

Derrière eux des pierres roulèrent. Norring se retourna tant bien que mal. Il sentait ses côtes lui comprimer les poumons tandis qu’il tournait la tête pour regarder en arrière.

- La statue … elle est plus là…
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