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Sujet: Zoom sur le Gondor
Learamn

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Rechercher dans: Zooms   Tag valonias sur Bienvenue à Minas Tirith ! EmptySujet: Zoom sur le Gondor    Tag valonias sur Bienvenue à Minas Tirith ! EmptyDim 24 Mai 2020 - 9:01
Zoom Gondor: La Vallée de Morthond




Géographie:



La région de Morthond se situe au nord-ouest du royaume du Gondor au pied des Montagnes Blanches. Coincée entre les versants de plusieurs hauts reliefs la vallée tient son nom du fleuve Mothond, qui signifie en langue commune "Racine Noire". Prenant sa source au pied du Dwimmorberg, le cours d’eau est alimenté par deux affluents, le Calenhir et le Riglo.

Le climat y est à la fois montagnard et océanique. Si les hivers peuvent être rigoureux , les températures sont en général assez douces le reste de l’année. La région est pluvieuse et les cours d’eau débordent souvent de leur lit, créant de fréquentes inondations. Sur Morthond souffle un vent venu de la mer qui peut balayer la vallée des jours durant. Il fait, dit on, tourner la tête et surtout, celle des moulins. Aux cols et sur les sommets, c’est en revanche le plus souvent un vent froid et sec qui rapporte des rumeurs du nord.

Il n’y  a pas de grandes villes  dans cette région sauvage et reculée. Il existe des bourgades anarchiques, des hameaux disséminés, quelques maisons solitaires ici et là que relient de petites sentes et de multiples sentiers tracés par les habitants. Seule Casthond, principale bourgade de la vallée, peut prétendre au statut de petite cité. La rue principale, pavée, dessert les principaux bâtiments importants. Ailleurs, les rues étroites ne permettent guère le passage des chariots et les maisons se serrent les unes contre les autres pour faire face à la rudesse du pays.

Les rares voyageurs et marchands s’y étant rendus plus d’une fois, ont pris l’habitude de dire que les sentiers de la vallée de la Racine Noire “disparaissent et apparaissent”; renforçant l’aura mystérieuse, secrète et inquiétante de la vallée. En réalité, aucun phénomène surnaturel n’est à l’oeuvre ici; mais les chemins sont tellement étroits et peu entretenus qu’ils peuvent disparaître au gré des intempéries. Les habitants décidant alors d’emprunter simplement une autre route.

A l’embouchure des rivières Morthond et Riglo, bien plus au Sud et à proximité de Dol Amroth, se trouvent les ruines d’un ancien port elfique: Edhellond. Bien que la grande majeure partie du complexe soit toujours à l’abandon, les locaux ont décidé d’en exploiter une partie; créant ainsi un modeste port de cabotage et leur permet une autonomie complète en matière de sel. Denrée indispensable pour la survie des hommes de Morthond.


Les terres agricoles aménagées en longues terrasses servent avant tout à remplir les ventres des habitants. Les exportations sont rares et le commerce avec l’extérieur est faible.
Plus loin, près des sommets des Montagnes Blanches se trouve le feu d’alarme de Calenhad qui fut intégralement détruit lors du Grand Tremblement du Troisième  Âge. Il fut rapidement reconstruit mais est désormais nommé par ses habitants: Amon Guruthos ( La Montagne de l’Ombre Mortelle). Ce lieu, entretenu par le Seigneur de Morthond sur décret royal, anime toujours les passions et cauchemars des habitants.

La région est torturée par des tremblements de terre. Terriblement craints, ils hantent les habitants autant, si ce n’est plus, que le terrible Chemin des Morts ou la noire pierre d’Erech.



Histoire/ Chronologie :


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Les premières traces d’une présence humaine dans la vallée de Morthond remonte à la fin du Second  Âge, vers l’an 3370. Le roi Isildur lance une  grande campagne de colonisation des terres du  royaume et charge le Seigneur Fédon de fonder une ville en bordure des Montagnes Blanches. Fédon et ceux qui le suivent décident de s’installer sur les rives du fleuve Morthond et fondent la cité de Casthond.  La maison de Fédon est de tradition militaire et martiale. La noblesse n’est pas acquise par hérédité, mais par le sang versé. Ces traditions perdurent encore aujourd’hui. L’apprentissage des arts de la guerre est fermement ancré dans la région.

La région se développe ainsi modérément dans les décennies qui suivent; de nouveaux villages s’éparpillent dans la vallée alors que Casthond voit son tour de taille s’agrandir au milieu de terres peu peuplées.

Deuxième Âge:

3380: Une partie des colons fait scission avec le pouvoir des Fédoriens et s’installe sur les versants des Montagnes Blanches. Ils deviennent les  “Hommes des Montagnes Blanches”. Leur seigneur, proclamé “roi” , jure fidélité à Isildur.

3430: Evanor fils de Fédon se joint à la Dernière Alliance. Des centaines d’épées participent à l’effort de guerre où ils se distinguent particulièrement sur le front. Les hommes de Morthond sont pour la première fois reconnus à travers tout le royaume comme des guerriers redoutables et valeureux.

Mais “Les Hommes des Montagnes Blanches” ne respectent pas leur serment et ne se joignent pas à l’effort de guerre. Isildur les maudit et ils se réfugient dans les profondeurs du massif : fondation du “Chemin des Morts”.

Passage au Troisième Âge :

1024 :  Mort de Fédon II sans héritier, la lignée directe des Fédoriens s’éteint; son cousin Almeric lui succède et fonde une nouvelle dynastie: les Almériciens qui gouverneront pendant plus d’un millénaire..

Entre 1432 et 1447 la vallée du Morthond, dirigée par le seigneur Volcin se range au côté du Roi légitime Eldacar, fournissant ainsi une  force armée au monarque.

(Début de la chute de l’espérance de vie au Gondor.)

1612 : Le seigneur Erol succède à son père Almeric IV  à l’âge de quinze ans ; il règne  pendant plus de cent trente ans. Erol marque profondément la région et est considéré comme le plus grand seigneur que la vallée ait connu. Il développe l’économie en réalisant des  liens commerciaux avec Dol Amroth par le biais de l’exportation spécialisée ( plantes médicinales poussant en altitude; poissons du Morthond).  Il sera surtout célébré voire vénéré pour sa remarquable réaction face  à l’épidémie de Peste ayant frappé le continent en 1636; dès les premiers cas avérés dans le royaume il cesse tout contact avec le monde extérieur et isole la région en ne laissant ni entrer ni sortir personne. Ainsi la vallée du Morthond ne souffrit pas ou presque de la Grande Peste.  Durant son règne il met également en place une organisation sociale et solidaire visant à renforcer les liens entre les habitants et limiter la précarité. C’est un homme charismatique et proche du Roi qui réussit enfin  à donner un peu de poids politique à sa région à l’échelle nationale.
Il meurt en héros de sa communauté en 1743 du Troisième  Âge.

2051:  Le Grand Tremblement ravage la vallée et tue près des trois quarts de sa population. Toute la lignée dynastique disparaît ; la vallée du Morthond devient un lieu de désolation. Les survivants s’exilent pour la plupart à Dol Amroth laissant leurs terres à l’abandon.

2090:  Fédoréon le Libérateur réunit un petit groupe de rescapés et de descendants du Grand Tremblement et retourne à Morthond.  Fédoréon appelle à l’intendant Eradan pour l’aider à repeupler  la vallée désertée; l’Intendant profite alors de l’occasion pour se débarrasser des indigents peuplant les bas-fonds de la Cité-Blanche.  Une première vague d’immigrants arrive alors à Morthond composés de mendiants, prostituées ou vétérans désabusés.  Fédoréon les accueillent et initient la reconstruction.

Mise en place d’un nouveau  système politique : le Seigneur sera désormais choisi  à vie par les Rescapés , les descendants des premiers habitants de la vallée qui sont revenus avec leur nouveau seigneur. Débute alors la construction du “mythe des Rescapés” qui au fil des ans, seront considérés comme des surhommes capables de résister aux catastrophes naturelles et appelés à diriger.  

 2510 : La création du royaume du Rohan , alliés du Gondor, a pour conséquence que Morthond n’est plus l’une des premières lignes du royaume en cas d’attaque du Nord.

2714 :   Rohël le Brave  est élu par les Rescapés; c’est un guerrier émérite qui mènera de nombreuses expéditions avec les soldats de Morthond pour épauler l’armée royale. Il met également en place un système méritocratique et réduit considérablement les grands privilèges des Rescapés dont l’influence devient alors principalement symbolique. Il décrète qu’un individu lambda particulièrement  méritant pourra être intégré dans le cercle très restreint des Rescapés . Grand chasseur et archer de renom il développe l’usage de cet arme à Morthond dont l’apprentissage est enseigné dès le plus jeune âge. Ce pour des raisons militaires mais également économiques, puisque Rohël fait de la chasse le commerce principal de la région.


2998 :   Duinhir le Grand devient le premier Seigneur de Morthond à ne pas être issu de la prestigieuse lignée des Rescapés. Seigneur de guerre par excellence, il mènera personnellement avec ses deux fils Duilin et Derufin , plus de cinq cent Archers sur les champs de Pelennor en l’an 3019 pour combattre les armées de Sauron avant de les chasser jusqu’à la Porte Noire.  
Dans un même temps , les  “Hommes de la Montagne Blanches “, autrement connus comme“l’armée des morts”, honorent enfin leur serment envers le roi du Gondor ; ils disparaissent et libèrent le “Chemin des Morts”.


Passage au Quatrième  Âge:


62: Le Petit Tremblement  fait plusieurs dizaines de mort et détruit de nombreux bâtiments. La résilience des habitants permet à la vie de reprendre son cours rapidement.

89: Rohël II fonde une école de tir à l’arc qui deviendra vite réputée à travers tout le royaume; les guerriers qui en sortent partent ensuite enseigner leur savoir faire dans tout le royaume.

124 :  La “révolte des  petits “ menée par Olric, mercenaire originaire de Pelargir, vise à abolir une fois pour toute la supériorité des Réscapés. Il tue le seigneur Horel et renverse le pouvoir en place avec l’aide du peuple. Il fonde  la dynastie des Olriciens. Les Rescapés en appellent à l’aide de la Couronne et du Roi Eldarion qui envoie un premier régiment repoussé par les défenseurs de Morthond.
Olric et tué et son fils Fefno meurt rapidement de maladie. Le petit-fils d’Olric, Evaq devient Seigneur de Morthond.

126: Fénoréon III , soutenu par Eldarion, attaque à nouveau Morthond et renverse enfin les Olriciens et rétablit l’autorité des Rescapés sans abolir le système méritocratique de la région.

292: Eon Ludgar est élu après la mort de son père, précédent seigneur.  Ami de Mephisto , il se voit accorder diverses aides financières pour développer la région de la part du monarque qui encourage également l’installation de nouveaux habitants à Morthond.  

294: Ludgar  mène les guerriers de Morthond contre Xaphan et le Dragon au sein de l’Armée Unifiée lors de la Grande Bataille du Nord.

300 :  Morthond accueille de nouveaux arrivants venant du Nord : des Rohirrims de l’Eastfold fuyant la guerre civile ; Eon Ludgar les accueille à bras ouverts.  Le Rude Hiver rend la vie dans la vallée particulièrement pénible mais la détermination des habitants et les aides du Roi permettent à la région de ne pas sombrer.





Situation géopolitique actuelle:


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Bannière des #Rescapés

La vallée de Morthond est gouvernée par un seigneur élu à vie par les Rescapés, groupe formé de  descendants des survivants du Grand Tremblement et de personnes ayant gravi les échelons grâce à un système méritocratique.  Les Rescapés, véritable caste dirigeante au lendemain du retour de Fédoréon le Libérateur, ne possèdent aujourd’hui que des privilèges restreints et principalement symboliques. Ils élisent le seigneur de la vallée, prélèvent les taxes et impôts sur leurs terres et briguent les postes les plus élevés (officiers notamment), mais leur ascendance presque mystique s’est considérablement dégradée depuis la « Révolte des Petits ».

Eon Ludgar est le seigneur actuel ; se présentant comme un héritier de la politique du légendaire Seigneur Erol  il a gagné le respect et la confiance des habitants à défaut de bénéficier de l’illustre aura de son prédécesseur. Son pouvoir est avant tout militaire puisque c’est lui qui dirige les armées de la vallée.  Il est aussi celui qui fixe les impôts et diverses taxes pour faire tourner les rares institutions publiques.

Sur le plan diplomatique la région de Morthond ne dispose que d’un pouvoir très réduit ; région reculée et peu productive elle a du mal à faire valoir ses intérêts d’autant qu’Eon Ludgar, s’il est un homme valeureux, est loin d’être un fin diplomate.  Cependant Morthond est un véritable fief de la Couronne, fidèle et loyale au trône ;  Minas Tirith fournit ainsi depuis des siècles de précieuses aides à la vallée et défend les intérêts de celle-ci en retour de cette loyauté sans failles.

La rivalité qui régnait entre deux groupes d’immigrés du Rohan partagés entre les partisans d’Hogorwen et ses opposants tend peu à peu disparaître sous l’impulsion d’Eon Ludgar qui a mis en place une politique de mixité et d’apaisement qui porte ses fruits.

Un véritable lien unit également les gens de Morthond à la cité princière de Dol Amroth, lieu de refuge des Rescapés suite au Grand Tremblement. Dol Amroth n’est pas seulement le principal partenaire commercial de Morthond mais est aussi perçu comme un “protecteur” dont l’art et l’architecture inspirèrent grandement les générations qui revinrent s’installer dans la vallée après l’exil. Cependant, malgré ces ressemblances et cette relation privilégiée, les hommes de Morthond n’ont que bien peu de choses en commun avec ceux de Dol Amroth: le côté sauvage et plus sombre de la vallée de la Racine Noire ayant eu une influence forte sur ses habitants.  La présence de Mafielas , ambassadeur des Princes de Dol Amroth, fut un temps interprétée comme une tentative d’influencer les habitants de la vallée pour soutenir les intérêts  de la cité de la baie.  Mais Ludgar et les siens sont avant tout fidèles à Mephisto et au royaume du Gondor, une loyauté qui dépasse le lien fraternel qui les unit à Dol Amroth.






Economie:



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Le Pont du Roy

La vallée de Morthond fonctionne de façon quasiment autarcique. Ce qui est produit sur place est consommé sur place. Chaque grand hameau possède son propre moulin à vent, ce qui permet aux paysans de renforcer leur autonomie. Le troc prédomine sur toute autre forme d’échanges. La plupart des habitants vit chichement, mais ne manque de rien. L’indigence est tenue à l’écart grâce à l’entraide. Les descendants des Rescapés et les vieilles familles installées de longue date ne sont pas beaucoup plus fortunées que les paysans libres, leur supériorité demeurant politique ou culturelle. Le Seigneur lui-même ne peut se targuer d’un trésor personnel mirobolant, sa demeure au coeur de Casthond n’est pas différente de celles qui l’entourent : une simple bâtisse  faite de briques cimentées à laquelle sont adjointes des annexes en bois.

Les seuls échanges commerciaux significatifs se font avec Dol Amroth. Les hommes de Morthond y exportent des plantes médicinales poussant sur les hauteurs des Montagnes Blanches, de la venaison fumée de chamois et de bouquetin, des peaux et des fourrures d’hermines ou de loir, des poissons des hauts lacs ainsi que des arcs et des flèches fabriqués par les meilleurs artisans de la vallée. Les marchandises circulent par la voie fluviale sur de petites canots le plus souvent conduites en ramant.

La vallée est auto-suffisante mais perçoit tout de même de généreuses subventions de la part du Haut-Roy qui aide ainsi la région à développer son réseau routier encore embryonnaire ou ses infrastructures les plus importantes comme l’école de tir à l’arc.

La générosité du Haut Roy est incarné par la construction d’un pont en marbre blanc dans le pur style de Minas Tirith, qui tranche avec l’architecture sombre et moins grandiloquent de la région. Ce pont se situe au Sud de la Vallée et enjambe une crevasse profonde, faisant gagner ainsi de précieux jours aux voyageurs venant du Sud. Cependants les fonds utilisés pour cet édifice sont à l’origine de vives polémiques, puisque initialement ils auraient dû être utilisés afin de renforcer les fondations des bâtiments situés au Nord de la région, lieu le plus exposé aux vents et tremblements.

A l’échelle du royaume, la région de Morthond est parfois considérée comme une outre percée, inutile au développement du Gondor. Plusieurs voix s’élèvent pour réclamer la suppression des aides royales pour cette région si peu productive. Dans les faits les subventions ne représentent qu’un infime pourcentage du budget de la Couronne  et Morthond ne gêne pas le développement gondorien à défaut d’y participer pleinement.




Traditions/Mode de vie:


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Hétéroclite, la population de Morthond résulte du brassage des Rescapés, des descendants des indésirables de Minas Tirith et des récents immigrés Rohirrims. Face à la rudesse du pays, ces différences s’estompent néanmoins. Nus pieds ou bottés de cuir huilé, les hommes sont soumis au même danger à l’ombre des Cornes Blanches.

Obligés de survivre en chassant, les gens de Morthond ont développé de prodigieuses capacités au tir à l’arc. La vallée est un véritable terreau d’archers compétents et efficaces. Au Gondor, dans l’imaginaire collectif , le nom de Morthond est avant tout associé à ses archers d’excellence. L’école de tir à l’arc basée à Casthond forme des instructeurs réputés dans tout l’ouest des Terres du Milieu.

Les conditions difficiles ont taillé les hommes à la mesure des montagnes : ils sont durs, froids et sont de solides combattants. Fédon était lui-même issu d’une famille de soldats et la plupart des premiers colons étaient des guerriers accomplis venus avec leur famille ; depuis cette tradition martiale s’est perpétuée à travers les générations. Tout homme est formé à se battre dès son adolescence et même les femmes apprennent les bases du tir à l’arc ou de l’escrime.  Faire la guerre n’est pas une profession mais un devoir citoyen; il n’y ainsi pas d’armée régulière ni même de gardes , chaque homme doit en plus de son activité professionnelle donner de son temps comme sentinelle en temps de paix ou soldat du Roi en temps de guerre.

Les affrontements ont été érigés en art et il n’est pas rare de voir les hommes se battre même pendant les travaux des champs. Les combats répondent à des règles strictes et permettent de mettre un terme à bien des conflits avant qu’ils ne prennent des proportions ingérables. Lors des foires et marchés aux bêtes organisés à Casthond, hommes et femmes s’affrontent à la lutte ou lors de jeux de force : tir à la corde, lancer de tronc, concours de vitesse d’abattage d’arbre, jeter de pierre, etc.

La symbolique de l’arc est également centrale chez les gens de Morthond. Erigé en véritable art de vivre, le tir à l’arc est utilisé aussi bien pour la guerre, que pour la chasse ( dont provient la majeure partie de la viande, les élevages étant peu nombreux) ainsi que dans l’art. Les arc de Morthond son fabriqués à partir de la résine de “la racine noir” qui lui donne un aspect sombre et inquiétant mais aussi une solidité à toute épreuve. Ces arcs sont considérés comme faisant partie des meilleurs du continent et il n’est pas rare de voir des Rangers ou d’autres corps d’élites en faire usage. Les légendes disent que seuls les elfes seraient capable d’en fabriquer de plus efficaces et résistants.

Le mérite est une notion fondamentale à Morthond où on se plaît à dire que “Rien ne se reçoit , tout se gagne”.  Si les Rescapés bénéficient encore d’un certain statut c’est parce qu’ils descendent des hommes les plus robustes qui ont survécu au Grand Tremblement. Chacun peut être apprécié à sa juste valeur , peu importe son origine et son milieu social ; seul le talent prévaut. Les femmes ne sont pas contraintes de rester au foyer et jouent un grand rôle dans le quotidien des familles. Les postes militaires et politiques leur sont peu accessibles, mais rien ne les empêche d’intégrer une compagnie de chasseurs, d’artisans ou de pêcheurs.

Comme dans le reste du Gondor, les gens de Morthond ne pratiquent pas de  religion définie cependant ils entretiennent un rapport particulier à la spiritualité, la transcendance et la métaphysique.   La notion de “Destinée” y est très importante et explique leur admiration pour ceux qui sortent du lot grâce à leurs actes car leur “Destinée” est alors considéré comme supérieure à la normale. Différentes pratiques dont le sens s’est perdu au fil des siècles ont également cours dans la vallée comme la présence de divers amulettes dans chaque maison censé éloigner les “Malins”. Il s’agit le plus souvent d’anciennes reliques familiales ayant appartenu à un aïeul mais il peut aussi s’agir d’une objet beaucoup plus banal du quotidien comme une assiette de porcelaine. Il faut dire que sur le plan mystique c’est surtout la superstition qui habite les gens de Morthond ; la proximité avec les hauts sommets inexplorés et surtout celle du Chemin des Morts les a poussé à développer l’utilisation d’objets de protection.

La Pierre d’Erech, symbole rappelant la mémoire des défunts parjures ayant trahi Isildur, inspire une crainte irrationnelle y compris chez les arrivants les plus récents qui ont eu vent des histoires et rumeurs horribles qui circulent à propos de ce lieu dans la région. Les croyances et les craintes des habitants s’expriment au quotidien par divers formules et habitudes censés écarter la mauvaise “Destinées”. Des dictons soulignant le caractère mystique de cet endroit sont également fréquemment employés:  par exemple “Quand le Vent du Nord descend des sommets, ce sont les Morts qui moulent le blé” fait référence aux vents violents qui soufflent depuis les sommets, emmenant dans leur sillage leur lot de malédictions. Mais si les hommes de Morthond sont superstitieux , ils ne sont pas pour autant des couards et la “ Purification” est là pour en témoigner :la nuit du solstice d’été les meilleurs archers et chasseurs de la vallée s’aventurent dans le Chemin des Morts pour y déloger les groupes de brigands et de malfrats qui y traînent depuis que “l’Armée des Morts” en est partie.

Ce rapport à la métaphysique se retrouve en vérité principalement dans leur relation avec leurs morts. Le respect du défunt est presque sacré à Morthond. Ni spéculation sur une potentielle vie après la mort même si tous l’espère en secret , ni prières spécifiques invoquant tel ou tel Valar dont les habitants de Morthond ignorent de toute manière les noms. Seul des rites funéraires visent à rendre un dernier hommage à celui qui est parti et à s’assurer qu’il soit en paix. Les veillées funèbres qui précèdent “la Purification “ représentent l'événement le plus important pour les gens de la vallée qui se rendent trois nuits consécutives sur les tombes de leurs ancêtres pour y veiller jusqu’au matin.

La simplicité des cercueils et des habits mortuaires peut surprendre au vu de l’importance du cérémonial. Certains interprètent comme un symbole fort montrant que le défunt doit retrouver la terre dans une forme de pureté et que tout autre artifice l’éloignerait d’un repos paisible et éternel. En vérité, l’origine de cette coutume est bien moins poétique ; jusqu’à la moitié du Troisième  ge, les corps étaient parés de pierreries et d’or, embaumés dans de riches tissus et reposaient dans des tombeaux luxueux. Le respect du mort se manifestait par l’exubérance des richesses qu’on lui dédiait. Cette coutume avait pris des proportions telles que certaines familles étaient prêtes à s’endetter pour faire un cercueil plus princier que celle de ses voisins. Cette pratique créa même des rivalités qui divisèrent les villages de la région. Voyant cela le seigneur Erol , alors au pouvoir, prit une mesure pour le moins radicale : il demanda qu’à sa mort on ne l’habille que d’un simple linceul immaculé et qu’on le place dans un  simple coffre de bois avant de le faire défiler dans toute la vallée aux yeux du peuple avant l’inhumation. Il s’éteignit en 1973 et l’ont respecta sa volonté. Le peuple qui avait érigé Erol comme véritable légende vivante à Morthond, changea ses pratiques funéraires en apprenant les conditions d’enterrement de leur bien aimé seigneur.

Les habitants de Morthond sont des gens simples sachant se contenter de peu et formant une communauté soudée prête à se serrer les coudes pour faire face aux dangers qui les guettent en permanence.  Pourtant à l’extérieur de la vallée ils ont assez mauvaise presse ; si on reconnaît volontiers leur talent d’archer les gondoriens les voient surtout comme une peuplade sauvage , peu civilisée et quelque peu inquiétante. En effet la position isolée de la vallée a fait de ses habitants une communauté refermée sur elle-même et ayant développé une certaine culture du secret. Rares sont les étrangers pouvant prétendre connaître avec précision les us et coutumes de gens de la Racine Noire.

Le statut socialement supérieur de la communauté des Rescapés reste finalement assez limités, en particulier depuis la révolte des Petits. Ils disposent toujours d’un pouvoir politique conséquent et vivent le plus souvent un petit plus aisément que le reste des habitants sans qu’il n’y ait de vrai différence notable. Voyant leurs privilèges fondre comme neige, certains Rescapés s’inquiètent de voir leur lignée simplement disparaître. Ainsi, si l’accession au rang de Rescapé est accessible à tous en théorie; elle reste rare en pratique; les Rescapés veillant à ne pas dévoyer leur statut de la sorte. Cette rivalité avec ceux qu’ils appellent les “Petits” de manière plus ou moins méprisante n’a rien de handicapante au bon fonctionnement de la région. Les tensions entre les deux groupes se limitent généralement à quelques remarques et piques verbales ainsi qu’à une forme de compétition saine durant la Purification où chaque parti va soutenir son champion. Cela ne va pas au-delà: Rescapés et “Petits” travaillent ensemble, servent les mêmes intérêts et les mariages entre eux sont devenus très courants.

L’influence du séjour des Rescapés à Dol Amroth sur l’architecture et certaines coutumes locales est encore bien présente. Ainsi on retrouve des figures de proue savamment sculptés au bout des terrasses agricoles, ou encore sur les arcs sombres des plus privilégiés; rappelant ainsi le caractère maritime de la cité princière.  Les Rescapés ont également adopté un étendard représentant un arc couché surmonté d’un Cygne noir sur un fond blanc; faisant ainsi un parallèle au Cygne immaculé de Dol Amroth en soulignant l’héritage mais aussi une certaine opposition à une influence qui pourrait être trop grande.

Peu d’habitants savent lire ou écrire, l’éducation dans ce domaine étant l’un des derniers privilèges des “Rescapés”.  La plupart maîtrisent en revanche les chiffres et les bases du calcul mental.  La culture est avant tout orale; les conteurs sont très prisés dans la région et leurs histoires, le plus souvent frissonnantes, rencontrent toujours le succès.

Ce n’est pas à Morthond que vous dégusterez des mets raffinés et cuisinés, y compris au sein de la résidence du Seigneur Ludgar.  Dans la région, la nourriture sert avant tout à survivre et à donner assez de force pour braver les éléments. Un élément qui colle à la philosophie locale, qui est focalisée avant tout sur la survie et l’idée d’aller toujours à l’essentiel.




Organisation militaire:


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Archer de #Morthond


A Morthond il n’y a ni armée régulière ni soldat de métier si l’on omet les quelques officiers supérieurs. Chaque homme adulte doit consacrer une partie de son temps pour la défense de la vallée et garder ses frontières ; les hommes se relaient ainsi comme gardes dans la région.
Le Seigneur de Morthond est aussi le Général des Armées , c’est lui qui prend toutes les décisions et peut le faire de manière unilatérale malgré la présence d’un état major au pouvoir consultatif et exécutif.  Ainsi trois capitaines d’expériences conseilles le Seigneur sur les questions militaires et supervisent les opérations.

Il est ainsi difficile d’estimer la force militaire de Morthond; d’un côté un très petit nombre de soldats officient en permanence mais de l’autre tous les hommes sont formés au combat et peuvent servir l’armée.

En temps de guerre et de mobilisation générale pour le Roi , le Seigneur de Morthond est en mesure de lever très rapidement une armée compétente de près de 500 hommes , principalement composée d’archers.  Sur le champ de bataille les archers sont vêtus de manière assez légère : un plastron en cuir, un petit casque  et des renforts au niveau des épaules pour seules protections ;pas de lourde cuirasse ou de heaume imposant pouvant gêner la visée.  Ils tirent avec un arc basique mais robuste de fabrication locale et peuvent également dégainer l’épée ou sortir le javelot en cas de combat plus rapproché.

A Casthond se trouve une école de tir à l’arc par où passe tout homme devenant adulte et même quelques femmes désireuses d’apprendre cet art. Certains y restent plusieurs années pour devenir maître archer et enseigner ainsi leur savoir à travers tout le Gondor où les formateurs issus de cet établissement sont très prisés par l’armée.





Personnages importants:





Eon Ludgar


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#Eon #Ludgar



Eon Ludgar est Seigneur de la Vallée du Morthond depuis de nombreuses années, après avoir succédé à son père. Très jeune, il a combattu aux côtés du Roi Mephisto, qu'il connaît personnellement et dont il a l'oreille. Les deux hommes ont forgé dans l'enfer des combats une solide relation que seuls leurs rangs respectifs empêchent de devenir une véritable complicité. La distance et les affaires politiques n'ont pas empêché le Seigneur Ludgar de garder un œil sur le devenir de son Roi, pour qui il sacrifierait absolument tout. Davantage qu'au titre ou à la fonction, Eon est attaché à la personne du souverain, et il a été particulièrement affecté en apprenant le sort tragique du Prince. Du fait de son statut quelque peu privilégié, Eon ne se prive pas de dispenser ses conseils sans retenue, et d'exhorter le Roi à agir selon les convictions qui sont les siennes.

Il n'est pas un fin politicien, toutefois, et ressemble davantage à un chef de guerre. Ses recommandations sont souvent directes et brutales, et il ne s'embarrasse que rarement de diplomatie et de considérations de politique extérieure. Il est parfois considéré comme un peu sauvage par ses pairs, mais il ne semble pas y prêter attention. Il a à cœur de veiller au bien être de son peuple, et il éduque ses trois fils avec cet idéal.


Mafielas:

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#Mafielas

Mafielas est l’ambassadeur de Dol Amroth auprès du Seigneur de Morthond. Fin politicien et calculateur ce magistrat aux méthodes machiavéliques a connu une période de gloire dans sa cité natale puis à Minas Tirith mais sa tendance à tremper dans des affaires  mystérieuses  et son opportunisme maladif l’ont fait tomber en disgrâce et cette mission à Morthond s’apparente plus un exil forcé par le pouvoir en place à Dol Amroth qu’à une véritable chance de carrière.
Souvent méprisant à l’égard d’Eon Ludgar qu’il voit comme un politicien catastrophique et des habitants de Morthond en général qu’ils considèrent comme des barbares il passe le plus clair de son temps  à lire et écrire dans son domaine tout en critiquant de temps à autre les choix du Seigneur. Il attend pour l’instant son heure et son retour au pays.




Formric:

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#Formric



Formric est le maître archer qui dirige l’école de tir à l’arc de Casthond. Cet ancien chasseur, descendant d’immigrés fauchés venus recommencer leur vie , a maintes fois démontré sa bravoure que ce soit durant des parties de chasse dans la vallée ou des missions pour le compte de l’armé du Roi dans laquelle il s’est porté volontaire pendant quelque temps. Archer de renom , son excellence et son intransigeance comme formateur sont connus jusqu’à la Cité Blanche qui tente de le faire venir définitivement pour qu’il y enseigne son savoir mais lui ne quitterait pour rien au monde sa vallée natale.
Formric est également l’incarnation vivante du système méritocratique qui prévaut dans la région. Descendant d’esclaves Suderons  affranchis envoyés par Minas Tirith pour repeupler la vallée lors du retour de Fédoréon et des Rescapés; il a , grâce à ses compétences et sa bravoure, su se hisser parmi les plus hautes sphères de la communauté. Certaines rumeurs courent même sur le fait que le Seigneur Ludgar pousserait le Conseil à lui donner le statut de Rescapé.
Il est également l’un des trois capitaine Supérieurs chargés de commander les gardes et les troupes en cas de mobilisation ; nul doute qu’il saura aisément se faire écouter au vu du respect voire de l’admiration qu’il inspire autour de lui.



Valonias :


Cet architecte de Dol Amroth est actuellement en mission à Morthond où il aide les habitants de la vallée à renforcer leurs bâtiments de manière à ce qu’ils se montrent plus résistants face aux séismes qui secouent régulièrement la région. Homme apprécié pour sa générosité, sa pédagogie mais surtout pour son talent ;Valonias dispose d’une réel aura à Morthond où on sait reconnaître et apprécier les talents d’un homme.


Dame Aofel :
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#Aofel

Veuve d’un des lieutenants d’Hogorwen tué durant la guerre civile qui déchira le Rohan , Dame Aofel est une femme de caractère qui mena un groupe de réfugié  vers Morthond, affiliés au Roi Hogorwen après la défaite de celui-ci.  Elle fit preuve d’un grand courage et d’une détermination sans failles pour traverser les montagnes avec ses suiveurs avant d’être chaleureusement accueilli par le Seigneur Ludgar. Si elle ne détient aucun pouvoir officiel à Morthond son influence sur les immigrés rohirrim est encore très importante et sa voix compte.
Même les gens de Morthond la respectent pour ce qu’elle a fait , sans se soucier de son origine étrangère. Certaines rumeurs indiquent qu’elle entretiendrait une relation avec le seigneur Ludgar et elles ne sont pas totalement infondées.
Sujet: L'appel des Morts
Learamn

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Rechercher dans: Vallée de Morthond   Tag valonias sur Bienvenue à Minas Tirith ! EmptySujet: L'appel des Morts    Tag valonias sur Bienvenue à Minas Tirith ! EmptyMer 29 Avr 2020 - 11:58

“Toujours rien par là!

-Continuez à chercher Messieurs! Grimpez encore plus haut vers les sommets s’il le faut! Nous ne pourrons descendre dans la vallée les mains vides.

- Aye!”



Un vent glacial venu du Nord accablait durement la dizaines de braves qui avaient décidé de braver les flancs des Montagnes Blanches. Là-haut, le Rude Hiver n’avait pas disparu, il n’avait jamais cessé d’être. À l’Ouest, l’astre solaire commençait déjà à disparaître lentement derrière les cimes des montagnes et bientôt l’obscurité régnerait. La descente vers les habitations les plus proches en contrebas serait alors très périlleuse à réaliser et ils devraient passer la nuit ici, là où le froid intense risquait bien de les ronger jusqu’à la mort.  

Emmitouflé dans diverses couches de fourrures et de manteaux, l’homme qui distribuait les ordres savait bien qu’il faisait prendre de grands risques à ces hommes en les poussant à approfondir leurs recherches pour quelques minutes supplémentaires. Quelques minutes qui pourraient s’avérer fatales pour certains d’entre eux. Mais il n’avait plus le choix, par deux fois déjà ils étaient revenus bredouilles de ces expéditions en haute montagne à la recherche de nouveau matériaux révélés par la fonte de certains glaciers. Le projet de rénovation et de solidification des principaux bâtiments de la région ne pouvait se faire efficacement sans l’apport d’une pierre à la fois solide et esthétique, capable de résister aux secousses sismiques menaçant le territoire.

Une nouvelle bourrasque violente faillit faire perdre l’équilibre au chef de l’expédition. Celui-ci se retint à la paroi de la falaise adjacente en poussant un juron. Ah! Que le doux climat de Dol Amroth lui manquait. Valonias était né et avait grandi dans la cité princière, connue pour son prestige ainsi que  son avancement technique et sa flotte maritime. Un havre de paix où la nature était en symbiose avec ses habitants, leur fournissant tantôt la pluie tantôt le soleil selon les besoins de la terre et de la cité. Là-bas les Hommes et les éléments fonctionnaient de concert. Tout le contraire de la vallée de Morthond. Ici, la Montagne semblait rejeter ses résidents, corps étrangers et malfaisants que son système immunitaire voulait rejeter de son sein; en contrepartie les citoyens luttaient constamment contre les éléments pour pouvoir y survivre. Un affrontement inégal qui durait depuis des siècles et dont nul ne pouvait se proclamer vainqueur.

Valonias jouait ainsi avec sa vie au milieu des Montagnes Blanches, si loin du confort de sa ville natale, non pour son plaisir mais pour accomplir la mission pour laquelle il avait été envoyé ici. Architecte de renom, il avait été dépêché sur l’ordre du Prince en personne pour répondre à l’appel du Seigneur de Morthond. Ce dernier avait reçu des fonds importants de la couronne pour rénover et renforcer les agglomérations locales, exposées à divers phénomènes naturels dangereux, mais les gens de la vallée ne disposaient pas de l’expertise nécessaire pour mener à bien ces travaux. Bien que Dol Amroth, où il avait officié toute sa carrière ne présente pas les mêmes conditions environnementales que Morthond; Valonias avait assez de connaissances en la matière pour pouvoir superviser tout cela.

Il se rappela avec un sourire son arrivée ici, quelques mois plus tôt, en compagnie de l’Ambassadeur Mafielas. Avec ses raffinements de nobliau et son crâne rasé de près, il avait d'abord tranché avec le décor ambiant et les habitants hirsutes et parfois bourrus de la Vallée de la Racine. Mais il avait su se faire grandement apprécier par les locaux, qui derrière leurs manières un peu abruptes se révélèrent être des personnes au grand coeur, emplis de générosité et de bravoure. De plus, ici il était devenu une véritable icône. Il avait déjà réussi à se faire un nom à Dol Amroth mais sa jeunesse était encore vue comme un inconvénient qui l’empêchait de pouvoir devenir la référence régionale dans sa profession. A Morthond, il ne souffrait d’aucune concurrence et partageait avec enthousiasme son savoir avec ces hommes qui , il devait l’avouer, apprenait très vite. Dans quelque temps, il était même certain qu’il n’aurait plus rien à leur apprendre concernant les travaux restant à faire dans la vallée; alors peut-être pourra-t-il rentrer chez lui avec un nouveau statut plus glorieux.  Mais pour le moment il se devait de mettre enfin la main sur ce matériau miracle qui pourrait leur permettre d’économiser énormément de fonds et de temps. En entendant que les glaciers sur les monts les plus proches, commençaient à fondre depuis la fin du Rude Hiver, il avait immédiatement eu l’idée d’y grimper à la découverte de nouveaux matériaux. Il n’y avait aucune preuve qu’il puisse y trouver quelque chose d’intéressant mais il avait ce pressentiment qu’il y avait bien quelque chose qui les attendait là-haut. Il le sentait; et son instinct le trompait rarement. Il était impossible que la disparition de neiges millénaires ne révèlt pas des choses enfouies et oubliées depuis longtemps.

Cela n’avait pas été chose aisée de convaincre le seigneur Ludgar et les siens de l’utilité de monter cette expédition, les habitants se méfiaient des Montagnes et de ce qu’ils disaient y résider comme de la peste. Une crainte presque irrationnelle aux yeux de Valonias, qui malgré son expérience limitée en matière de montagnes n’avait pas longtemps hésité avant de s’y aventurer en solitaire. Finalement, le Seigneur local avait fini par céder et sélectionné une dizaine d’ouvriers parmi les plus braves pour épauler l’architecte dans sa quête un peu folle et infructueuse.

L’Amrothien fut tiré de ses pensées par le cri victorieux d’un de ses compagnons:



“Il y a quelque chose là!”


Aussi vite qu’il le put, Valonias se dirigea vers l’homme qui avait donné l’alerte; un sentiment d’excitation commençant à naître dans son coeur. Il manqua de trébucher au moins trois fois en courant ainsi dans la neige encore fraîche mais il n’en avait cure; peut-être avaient-ils trouvé le Graal. Arrivé à la hauteur de l’ouvrier, il lui posa une main sur l’épaule:



“Qu’as tu vu?

-Là-bas! Regardez!”


Il pointait du doigt une crevasse située quelques centaines de mètres plus loin. Ce qui était intrigant, était le fait qu’elle était dénuée de toute trace de neige et de glace alors que tous les alentours en étaient couverts. On ne distinguait que la profondeur du noir de la roche qui s’y trouvait. Une pierre d’un noir si profond et absorbant que les regards des explorateurs s’y perdirent un moment.

Valonias poussa un cri de joie:



“Allons voir ça mes amis!”

Les locaux semblaient quelque peu hésitants. L’architecte tenta alors de les rassurer:



“Je sais bien que la nuit va bientôt tomber mais c’est tout proche. Nous entamerons notre descente dans quelques minutes.”



Mais visiblement ce n’était pas la perspective de l’obscurité qui représentait la source de leur hésitation.



“Valionas ce n’est pas la nuit que nous craignons.
Expliqua l’un des hommes. C’est cette pierre.

-Je… je ne comprends pas.

-Une telle couleur pour une roche; et cette crevasse... C’est comme dans les histoires que les conteurs récitent; ce sont des mauvais présages.”


Il leva les yeux au ciel. Ah! Les gens de Morthond et leur superstition…


“Très bien
, fit-il, vous pouvez redescendre si vous le désirez. Moi j’irais voir cette roche de mes propres yeux, je ne ferai pas demi-tour si près du but.”


Les ouvriers haussèrent des épaules et commencèrent à rassembler leurs affaires; ils appréciaient Valonias mais pas assez pour jouer avec les légendes millénaires de la vallée.


“Toi aussi tu m’abandonnes Demold?”
demanda l’architecte en voyant le plus jeune des membres de l’expédition resserrer les lanières de son sac.

Ce dernier, pris au dépourvu mit quelques secondes à réagir.

“Je.. Vous.. c’est que ma mère va se faire un sang d’encre si je rentre trop tard.

-Allons, j’en assumerai toute responsabilité après d’elle; et puis tu ne vas pas laisser quelques vieilles histoires te priver de cette petite aventure.”


Motivé par ces paroles, le jeune Demold décida alors de suivre l’étranger. Sa mère serait assurément furieuse mais la tentation était trop grande. Depuis son enfance on l’avait rabâché avec ces mythes sur la roche noire et la pierre d’Erech, et maintenant qu’il se retrouvait face à quelque chose qui pouvait s’en rapprocher il se devait d’en avoir le coeur net. Que tout cela n’était que des affabulations. L’Amrothain posa une main protectrice sur lui et l’adolescent sourit, non assurément rien ne leur arriverait.




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Couvrir la distance qui les séparait de leur objectif se révéla bien plus ardu et laborieux qu’il ne l’avait prédit. A vue d’oeil, la crevasse avait paru petite et assez proche mais en réalité ils avaient avancé pendant près d’une demi-heure lorsqu’ils arrivèrent à proximité. Le soleil avait désormais presque disparu, ne renvoyant que quelques derniers rayons aux teintes violacées.

Le contraste était saisissant. Tout autour se dressait un paysage glacial et immaculé, soumis aux intempéries les plus violentes; mais la crevasse qui leur faisait face semblait hors de ce lieu, hors du temps. Profonde de quelques mètres seulement, elle était par miracle complètement épargnée par les chutes de neige et seule apparaissait la couleur noire de la roche qui la constituait. Le vent n’y sévissait plus sous forme de bourrasque impétueuse mais s’exprimait avec un souffle lent et langoureux, soulevant de la poussière sombre sur son passage. Le froid y régnait également, mais non plus ce froid glacial et violent qui frappait les ouvriers jusque là; non, il s’agissait d’une froideur plus insidieuse qui pénétrait dans leurs âmes. Nul étoffe ne pourrait les en protéger.  Au milieu se dressait une énorme pierre, parfaitement circulaire, et à moitié enterré dans le sol; sa couleur et ses reflets faisant penser à de l’obsidienne, étaient encore plus intenses et sépulcraux que ceux des roches qui l’entouraient. Juste devant elle se dressait une grande stèle, elle aussi faite du même noir, parsemées d’inscriptions.

Les deux hommes contemplèrent un moment ce spectacle inerte, aussi fascinant que macabre. Puis, inexplicablement, ils glissèrent et roulèrent le long du dénivelé. L’atterrissage sur le basalte fut assez douloureux mais nulle casse ne fut à déplorer. Valonias se releva péniblement en toussant; Demold se trouvait quelques mètres plus loin. Il parla d’une voix tremblante:



“Quel est cet endroit?

-Je l’ignore… C’est toi qui vient d’ici , mon jeune ami. Mais regarde cette roche! Splendide! Si seulement les autres étaient là pour pouvoir en récolter une quantité suffisante.”



L’architecte caressa du bout des doigts le basalte qui était à ses pieds. Tout simplement magnifique! D’une pureté qu’il n’avait jamais vue auparavant! Un sentiment de fierté l’habitait désormais; il avait raison! Sortant sa pioche, l’Amrothain se tourna vers son compagnon afin de lui quémander de l’aide. Mais ce dernier se tenait immobile, le regard fixé sur l’immense boule d’obsidienne; son corps entier était secoué de tremblements. Intrigué à son tour, l’architecte étudia rapidement cet étrange édifice; il s’approcha de quelques pas en observant sa surface parfaitement lisse.



“Ce n’est pas une roche naturelle. Elle  a été sculptée et placée là avant que les glaciers ne l’emprisonnent. Cela doit remonter à longtemps…

-C’est …. c’est la ...la pierre d’Erech; celle des Parjures.
commenta Demold, visiblement de plus en plus inquiet

-Des parjures?

-Ceux qui ont brisés le serment du Roi. Ils ont été damnés pour ça, du moins c’est ce que les conteurs et ma mère m’ont appris.”


Valonias fronça les sourcils; cette histoire lui rappelait définitivement quelque chose même s’il ne pouvait s’en souvenir précisément. C’était un événement ancien, très ancien, qui s’approchait d’ailleurs plus du mythe que de la réalité. Cependant sa curiosité était désormais piquée et il s’intéressa à la stèle qui se trouvait à côté de la “Pierre d’Erech”. Des inscriptions y étaient gravées, mais il ne s’agissait pas des lettres de l’alphabet Commun



“Dame! Impossible de comprendre ce que ces runes veulent dire. Tu comprends, toi?’



Le garçon hocha la tête en signe de négation. Ne perdant pas espoir, l’architecte sortir son petit carnet ainsi que sa mine de graphite et reproduisit rapidement le texte mystérieux qu’il avait face à lui. Peut-être que quelqu’un en ville, un érudit ou un conteur, serait capable de traduire tout cela.

Il toussa à nouveau, cette fois de manière plus violente. La poussière sombre qui hantait ces lieux pénétrait dans leurs poumons, et respirer se révéler de plus en plus douloureux. Ils devaient se hâter, d’autant plus que le Soleil avait désormais complètement disparu. Dans quelques minutes, le noir serait total et il leur serait impossible de partir d’ici.   Prenant un dernier moment pour contempler cette majestueuse oeuvre, Valonias recula de deux pas. Quelque chose craqua sous ses pieds. Il baissa les yeux et constata avec horreur qu’il venait de marcher sur un crâne humain. Le reste du corps fossilisé se trouvait non loin, aux côtés de nombreux autres ossements qui avaient tous énigmatiquement pris une couleur noire et une texture rocheuse; se confondant à l’oeil avec le basalte environnant.



Ce lieu était hanté.



Pris d’effroi, il cria à son compagnon:




“Allez viens on s’en va!”



Sans qu’il ne sache pourquoi toutefois, ces jambes étaient subitement devenues extrêmement lourdes alors que chaque inspiration était de plus en plus saccadée par des quintes de toux inhabituelles. Ils arrivèrent péniblement au bout de la crevasse, au pied d’un escarpement glacé qui semblait beaucoup plus haut qu’à leur arrivée sur les lieux. L’Amrothain se saisit de ses piquets et commença à escalader laborieusement la paroi tout en prenant de trop nombreuses pauses pour reprendre son souffle. Il ne voyait presque plus rien à mesure que la Nuit regagnait son droit. En dessous-de lui il pouvait toujours entendre Demold qui lui aussi poursuivait sa lente ascension.

Finalement s’attarder sur les sommets à l’approche du crépuscule n’avait pas été une décision très sage et maintenant il risquait de le regretter amèrement. La découverte qu’il avait faite avait certes valu le détour mais s’était révélé au final bien plus mystérieuse que fructueuse pour son travail. Alors que son visage était à nouveau frappé par la rigueur des intempéries glaciales; son dos était toujours chatouillé par cette brise insidieuse qui habitait le fossé.

Au prix d’efforts surhumains, il toucha le sommet de la main et s’y hissa avec un grognement. Il lâcha son équipement et cria le nom de son compagnon; il ne voyait désormais plus rien mais devinait que celui-ci était toujours en proie avec la falaise.

Dans l’obscurité il tendit son bras dans le vide pour l’aider.



“Attrape ma main! Attrape la!”



Il sentit alors furtivement les doigts de Demold l’effleurer avant de glisser entre les siens. Il y eut un cri de désespoir qui s’évanouit dans le noir.


Il avait disparu dans les ténèbres.


Un craquement sinistre.


L’appel des Morts avait retenti.

#Purification
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