De mémoire de soldat...

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Nathanael
Espion de l'Arbre Blanc
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Dim 4 Juil 2010 - 14:21
Il fronça les sourcils en sortant de l’Auberge. Malgré les ouvertures dans les murs la lumière du jour ne passait qu’avec difficulté les vitres crasseuses. Il était à présent ébloui par la clarté du soleil. Les odeurs de nourriture, fortement marquées dans l’établissement, se faisaient de plus en plus évanescentes tandis qu’il avançait. Il ne parvenait pas à chasser l’image répugnant de la sorcière aux breloques de son esprit. Il se passa la main sur les yeux comme si ce geste pourrait l’aider à repousser l’hideuse créature dans les tréfonds de son subconscient. « Tous les orcs ne furent pas chasser de Minas Tirith par Elessar … »

Il continua son chemin sans but précis. Il laissait ses pieds le mener de ci de là en espérant, à tout hasard, tomber sur quelques nouvelles pistes. Il passait mentalement en revue les informations que Gilgamesh lui avait fournies. Deux mioches proches de leur majorité. Maigre indice. Il lui semblait pourtant que le maître du Service lui avait donné un détail plus intéressant. Il se creusa les ménages quelques secondes avant de se taper le front du plat de la main. « Bien sûr bougre d’idiot… ».

Une seule direction lui convenait à présent : La Caserne. « Au moins l’un d’entre eux à tenter de rentrer dans l’armée »… La bière continuait de lui embuer l’esprit. Il n’était plus rompu à l’exercice difficile de la cuvée d’alcool. Il avait perdu les habitudes et l’endurance des guerriers en campagne – « des ivrognes en livrée et armure ».
Il gravit le plus rapidement possible les petits escaliers, rues et ruelles qui menaient aux étages supérieurs. Il avait passé sa journée à monter et descendre les étages de la cité.

Il parvint auprès de la Caserne relativement essoufflé. Il avait aussi apparemment perdu l’endurance acquise au cours de ses longues marches à travers les terres du Rohan. Il prit un instant pour reprendre consistance et entra par une porte gardée par deux soldats à la mine roublarde. Etait-ce une impression personnelle ou une réalité concrète ? Tous les soldats qui étaient restés à Minas Tirith semblaient se prélasser dans une douce léthargie morale. Le bas de la Cité était continuellement rongé par la vermine humaine et les soldats les plus zélés faisaient du chantage aux honnêtes citoyens.
Il réprima un sourire moqueur devant le strabisme divergent du plus jeune des deux gardes. Sans nul doute que sa promotion au rang de soldat de la Cité Blanche avait été le résultat de négociations dont il n’était pas même l’acteur. « Un fils de… ».

Il pénétra en les lieux et s’adressa au bureau des renseignements. Un homme courtaud portant de petites lunettes sales s’attachait à remplir des dizaines de documents. Sa malice lui fit imaginer une bourrasque de vent déferlant dans le bâtiment. Il dut délaisser ses images fictives face à la voix bien réelle de l’homme en activité.

- Vous désirez ?

Une voix humaine, ni agressive ni moqueuse. Une voix administrative.

- Je cherche un jeune homme qui a cherché à s’engager dans l’armée régulière il y a de cela quelques jours.

Le courte-pattes souleva un sourcil. Etonnement faussement dissimulé. Il le regarda comme s’il venait tout droit d’une région reculée où la civilisation n’avait pas de prise.

- Je n’ai que le registre des personnes qui se sont engagées, monsieur … ?
- Oui, je m’en doute. Sangar, … je me nomme Sangar.
- Mhhh … pourquoi une telle requête ?
- Le fils d’un ami. Le gamin a fugué depuis et nous pensions qu’il était revenu à sa première idée fixe : partir en guerre. Comme le roi est en campagne…
- Oui, je vois, je vois…


Une réponse toute faite. Le facies formaliste de l’homme ne montrait aucune émotion. Le soldat à la plume l’avait coupé pour lui épargner la peine de s’expliquer plus longuement.

- Nous n’engageons pas les mineurs quand le besoin ne s’en ressent pas maître Sangar. Plusieurs jeunes sots sont venus quémander ma pitié pour obtenir un poste. Ils sont tous repartis bredouille.

Nathanael soupira. Un énième soupir au long d’une journée qui semblait sans fin.

- Aucun de vos gars n’aurait vu un gamin ; ils étaient peut-être deux pour se présenter. Ils ne sont pas loin de leur majorité. Deux mioches à baluchon, prêts à tout pour quitter la Cité. Ils ont du se montrer convainquant. Ils…

Le soldat le gratifia d’un nouveau regard empreint tout à la fois de pitié et d’agacement. D’autres soldats étaient présents dans la pièce et sortaient doucement de leur torpeur pour écouter la conversation. Nathanael sentit l’atmosphère se faire lourde. L’attention des soldats allait croissante. Le petit soldat à la plume avait-il une manière particulière de faire fuir les personnes un peu trop insistantes ?

- Je n’ai pas de registre concernant les échecs à l’engagement monsieur.

Ce fut tout. L’homme baissa la tête et se remit à gratter des lignes minuscules sur un monticule de parchemins. Des sourires naissaient sur les lèvres de soldats assis alentours. Se manifester en rugissant comme un Huruk en colère ? Agir comme un troll des montagnes et renverser la table sur cet imbécile ? Il se retint de faire tout cela à la fois bien que l’envie ne lui manquât pas. Ses épaules s’affaissèrent sous le coup du désespoir. La cité blanche dressait ses grands murs infranchissables devant lui. La piste de Gilgamesh ne menait nulle part. Nouveau soupir.

Il quittait la Caserne pour redescendre à l’Auberge avec la conviction profonde qu’une bonne cuite lui serrait le plus heureux des secours. Une main sur son épaule le sortit pourtant de ses pensées alcoolisées. Une grande main trapue et ferme à vous décrocher l’omoplate. Il ne put s’empêcher de se retourner pour répondre avec une certaine désinvolture :

- Plaît-il ?

Sa fausse assurance était renforcée par un geste discret à sa ceinture. Un faux mouvement et il sortait sans avertissement son stylet de sous son lourd manteau.

- Sangar, n’est-ce pas ? Je vous ai entendu. Je connais les gamins. Enfin des gamins.

Un regain d’intérêt le saisit soudainement et il se retint cette fois de sauter dans les bras du garde qui l’avait rattrapé. Des embrassades publiques n’auraient certes pas plu à ce grand gaillard.

- Un jeune garçon nous a abordé y a d’ça quelques jours maintenant. Pas sûr d’lui mais ‘vec l’envie de quitter la ville voyez ? Baluchon su’le dos comme vous disiez. Y nous a conduit à la taverne en bas. Le chef pour qui je me battais voulait entendre ses … enfin, voulait voir c’qu’il avait dans le vent’. Pis le môme nous a lâché parc’qu’un copain à lui s’est ramené.

Tout ceci devenait très intéressant. En espérant que les deux jeunes étaient bien ceux qu’il recherchait. Sa question faisait suite logique à la narration du soldat.

- Vous souvenez-vous de leur nom ? Marach et Hirlon, ça vous dit quelque chose ?
- Ben ça, je m’en souviens pas. Peut-être bien le premier nom là. Marach j’crois bien, mais je suis pas sûr.
- A quoi ressemblaient les enfants ?


Question à laquelle il n’avait pas la réponse mais prêcher le faux pour obtenir le vrai faisait partie de sa stratégie. Il s’attacherait à la description obtenue pour avoir une première piste, il aviserait ensuite.

- Sui qui nous a parlé était brun. Ch’veux en bataille. L’môme en déroute, voyez le genre. Yeux clairs si j’me souviens bien, mais pas sûr non plus. Baluchon sul’dos. Tâches de rousseur ou quec’chose dans le genre sur la frimousse. L’aut avait le poil blond. Vêt’ments de route aussi. Pas de très grandes tailles. J’crois qu’ils parlaient de se faire la mâle sans le sou. Des rêves plein la caboche quoi.
- Oui ça doit être eux. Je vous remercie soldat. Votre aide m’est précieuse. Vous ne les auriez pas revu récemment ?
- Oula non … pas que je me souvienne. Y a tel’ment de mômes dans les rues faut dire… m’enfin. Z’ont pas du aller bien loin, y z’avaient pas des têtes d’aventuriers.


Nathanael fit un signe de la tête en signe de remerciement et frappa vigoureusement l’épaule de son interlocuteur pour lui souhaiter bonne continuation. Il sentit le regard du soldat dans sa nuque jusqu’à ce qu’il disparaisse de sa vue. Nouvelle indication, nouveaux allez-retours en perspective. Dernière visite : la Taverne. Il avait été tellement prêt du but précédemment. Son inconscient pessimiste l’avait mené sur la bonne route : où pouvait-on mieux se prendre une murge qu’à l’Auberge ?
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Radamanthe
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Dim 4 Juil 2010 - 19:56
Il semblait qu'une nouvelel fois son inconscient mettait Nathanael sur la bonne voie. Car il avait tout à fait raison, il n'y avait pas de meilleure endroit à Minas Tirith que la taverne que pour se prendre une murge, une cuite, une taule, etc, ne nous attardons pas sur ces questions de vocabulaire. Il y se trouve que exactement la veille, un certain homme avait eu une parfaite raison de saoûler à mort, peut-être deux en fait, si on considère que, premièrement, l'lacool est un remède souvent utilisé pour soulager les blessures, et pas uniquement lorsqu'il est appliqué directement sur les plaies, et deuxièmement, se faire rosser par des gamins, pour la mâle malhonnête qu'était notre client, cela avait quelque chose d'un peu humiliant et traumatisant, et il devait sans doute vouloir oublier.

C'est inais qu'au moment même où Nathanael arrivait à l'auberge, la porte s'ouvrait à la volée et un aubergiste corpulent mettait dehors un personnage passablement émêché avec un grand coup de pied de botte dans le train. Après avoir passé une douloureuse nuit dehors, l'homme s'était en effet rué sur l'auberge, et cela faisait depuis le matin qu'il buvait à grand soif. Une bonne affaire pourl e tenancier, jusqu'àa ce que l'homme devienne totalement intenable et qu'il prenne la décision, dure pour porte-monnaie mais salutaire pour ses serveuses, de le foutre dehors.

L''ivrogne se retrouva les quatre-fers en l'air à quelques pas de la porte, et après avoir mis quelques instant à comprendre ce qui lui était arrivé, il se mis à beugler toute les insanités qu'il pouvait à l'intention de l'aubergiste qui venait de le rudoyer. Ces paroles, de par leur violence, ne seront pas retransmises ici. Après quelques insultes, et voyant que personne ne daignait lui répondre, il changea brusquement d'atitude et se mis quelque peu à sanglotter. L'alcool triste, comme on dit.

"Oh le sa..sale petit cohcon...Tout le monmonde me désteste.. toutou le monde me tape..tape dessus... D'abord ces deux sales gaga oulala gamins puis ce gros typppp... Oh si je les avait ratrappés ces deuuux voyous... ces petits mioches...des rats.. oh je les cruooeih, jlé atriferàiçot.."

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Nathanael
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Dim 4 Juil 2010 - 20:27
HRP : Tu fais bien l'ivrogne dis donc ...

Ses allées et venues lui avaient redonnées grand soif. « D’une pierre deux coups, je m’en vais me rafraîchir le gosier tout en cherchant ces deux mioches, je leur ferai bien payer la note de l’aubergiste à ces sales mômes … ». Il n’eut pas le temps de pousser la porte de la taverne. Il eut un mouvement de recul mut tout à la fois par la surprise et une certaine précaution. Combien de fois n’avait-il pas failli se faire éclabousser par un alcool fermenté ailleurs que dans des fûts. Il laissa l’homme atterrir un demi-mètre plus loin tout en lui jetant un regard suspect. Encore un ivrogne de bas étage, rien de bien important en somme. Les paroles de l’aubergiste, menaces et insultes, ne furent rien en comparaison de la diarrhée verbale de cet individu, mi-homme mi-pinte. Les exhalaisons d’alcool mêlées à la forte odeur de transpiration du bougre lui firent renoncer à un rafraîchissement quelconque. Il contourna l’homme et se préparait à continuer son chemin quand son attention fut attirée par les propos désarticulés de l’ivrogne. La fin de la phrase fut un échec sémiologique pour lui mais les premiers mots prenaient tout leur sens dans le contexte de l’investigation qu’il menait. « On ne sera pas trop de deux pour leur mettre une rouste ». Courir après des enfants avaient failli le lasser.

Il se rapprocha de ce parfait inconnu et lui tendit la main en signe d’aide, lui signifiant ainsi qu’il était plus digne de se relever à présent. Les badauds ne faisaient déjà plus attention à eux, ce genre d’intervention était monnaie courante par ici.

- Relève toi l’ami, geindre n’arrangera pas les choses.

L’homme s’appuya tant sur lui qu’il faillit le faire choir à son tour. Il réussit tant bien que mal à remettre l’ivrogne sur ses deux pieds prenant garde de ne pas trop approcher son visage de l’ouverture béante que représentait sa bouche. Il semblait que les mots ne furent pas seuls à en sortir très peu de temps auparavant.

- Les gamins sont de rudes petits garnements hein ? Des ptits voyous comme tu disais. Ca grouille de sales mioches en manque d’aventures et de sous par ici.

Il ne savait pas très bien comment s’adresser à ce piètre désespéré. Il supposait son état de compréhension limitée et plus encore sa faculté d’indulgence. Lui faire croire à la complaisance serait sans doute le meilleur atout. Lui proposer un verre pour discuter de la chose avait toute fois quelque chose de déplacé.
Il aida tant bien que mal le soulard à s’asseoir sur un petit muret non loin de la porte de l’auberge.

- Si tu me disais à quoi ressemblent ces deux gredins, je pourrais bien t' aider à leur mettre le grappin dessus pour leur foutre la branlée de leur vie pas vrai ? Où t'ont-ils attaqué d’ailleurs les saligauds ?







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Forlong
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Ven 22 Oct 2010 - 17:58
L'ivrogne se releva tant bien que mal avec l'aide de Nathanael, essayant sans succès d'essuyer ses larmes avec sa manche sale. Ses vêtements, malgré leur état piteux, étaient de bonne facture, et ses mains étaient délicates. Etait ce un marchand? Ou un aristocrate de bas niveau, buvant d'ennui ou de solitude? Qui sait...Cela n'intéressait probablement pas l'agent de l'Arbre Blanc dont le vrai but, après tout, était de retrouver les deux garçons.

L'ivrogne se posa lourdement sur le muret, et tenta de répondre:

-Ou..ouais, v'la..des rudes pepetites garne..garnitures. Bien didit ca!

Ses yeux rougis prirent un air rêveur, et il rajouta avec difficulté:

-De mon teeumps, les mi..moches savaient se tenir. Ils de..disaient bonn..jouur et tout, voila..

L'ivrogne se releva brusquement, un peu trop brusquement d'ailleurs, et il faillit tomber, regagnant de peu la balance, et titubant jusqu'au mur de l'auberge. Quand il y arriva, il s'appuya lourdement dessus avec une main, et utilisa l'autre pour défaire son pantalon, une action nécessitant une coordination et concentration qui faillirent le dépasser.
Il finit cependant par y arriver, et urina sur le mur avec un soupir satisfait, puis dit:

-Ca l'appr..apprisera a l'auautre aubergine de me jeter dehoors!

Satisfait de sa vengeance, et semblant regagner rapidement sa bonne humeur, l'ivrogne se retourna à nouveau vers son nouvel ami, et dit:

-C'est vrai ca, oulala, quelle branlée je leur fouttrais a ces mi..moches..mais..ca marchera pas, snif. Y sont déjà papartis..C'était daans le ...comment on dit ca..cochon? Nonnon, euh port ouais voilà, il y a quelques jours. Je venais d'acheteer une belle bouteille de rougeuh de Loss..arnaque, oh qu'il est bon ce vvin..et ces petits cocons, un brun comme le crottin, hihi, et l'autre blond, comme..vla quoi comme un blond. Bah, snif, ils m'ont pris ma bouteilleuh de rougee..les sale..saligogauds!

Une larme solitaire coula sur la joue de l'ivrogne quand il repensa à sa bouteille perdue, et il rajouta encore:

-Y..sont partis j'vous didis..y disaient qu'ils allaient rerejoindre le roy ou quoi, en.beauteau...alllors moi j'connais une aubbergeuh à Belfalas, ca s'appeleuh courroneuh du roy ou quoi, beah le vinn qu'ils serveuh la bas c'est troop bon quoi...

L'ivrogne semblait fatigué par son monologue, et sa tête se penchait de plus en plus en avant, sa respiration devenait lourde...



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Nathanael
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Mar 26 Oct 2010 - 8:46
IL crut que l’homme se renversait de nouveau lorsqu’il s’appuya de tout son poids sur le rebord de pierres. Il s’apparentait à une balance inégalement équilibrée. Une vieille balance aux rebords dorés. Il écouta avec intérêt mais beaucoup de difficulté les propos parfois incohérents de cet ivrogne. Même ses frusques semblaient moins décousues que son discours. Nathanael avait les sourcils froncés par la concentration et un certain énervement. Un peu plus et sa frustration l’aurait menée à cet état s’il avait été dans l’auberge. Il confirmait les dires de l’outre pleine en acquiesçant de façon significative à chacun de ses propos.

Il s’abstint de toute action lorsque l’outre se vida. Il détourna le regard, moins par décence que par dégoût. Il laissa le temps au pochtron de remonter son pantalon qui lui avait malencontreusement glissé sur les chevilles. Il assista à une nouvelle représentation de danse qui failli se solder par une glissade. Il retint cependant l’homme au moment où celui-ci aborda la question du port. Il teint fermement le coude de l’homme, comme pour l’empêcher de partir en courant – action aberrante en soi.

- Le port tu dis ? Le port !?

Il eut été inutile à l’ivrogne de répéter quoi que ce soit, Nathanael avait tout saisi, mais son étonnement se transforma en colère. Les saligauds. Partis, envolés … et pour aller retrouver le roi en plus. « Misère… ». Implication directe : il lui faudrait partir. Il n’avait pas prévu de quitter Minas Tirith la Blanche. Les merdeux revenaient rapidement sur leurs pas une fois qu’ils s’étaient fait peur hors les murs. Mais s’embarquer sur un bateau ne permettait pas de faire marche arrière.

Il soupira et finit par lâcher l’ivrogne – l’absence du point d’appui fit faire une nouvelle figure de haute voltige à ce pauvre homme. Nathanael ne se souciait déjà plus de lui. Il était parti à grands pas en direction du Bas de la Cité pour faire son paquetage et s’embarquer immédiatement vers le port. Il ne les rattraperait pas sur l’eau, mais une fois à Assabia, il leur mettrait la main dessus et les deux garnements prendraient une branlée qu’ils ne seraient pas prêts d’oublier.
Il s’arrêta cependant brusquement quelques mètres plus loin. Il revint en courant vers l’ivrogne et lui glissa une pièce dans la main.

- A la tienne l’ami !

Et il repartit tout aussi vite. Geste de compassion ? Certainement pas. Mais les ivrognes avaient la mauvaise habitude de vous coller aux basques après une longue discussion. Seule la bouteille avait la faculté de les attacher à une table.

Si le vaurien disait vrai il s’engageait pour une longue et fatigante route. Il demanderait à Gilgamesh des revenus supplémentaires pour ces astreintes imprévues. Qui plus est il s’avançait à présent vers une terre hostile où des combats devaient voir lieux à l’heure actuelle. Il n’avait eu aucune nouvelle de la campagne du Roy Méphisto, mais les choses tournaient rarement bien dans une guerre – personne ne gagnait jamais. Il lui faudrait se faire aux nouvelles visions d’hommes agonisants sur le sol rougis de leurs entrailles. Il délaissa ses sombres pensées et s’empressa de rejoindre le Bas de la Cité, puis le port.







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