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Learamn
Capitaine de la Garde du Roi du Rohan
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Ven 18 Juil 2014 - 13:52
-Capitaine Learamn , toujours aucun signe d'Orwen ou de ses troupes.

Le jeune rohirrim fit la moue. Voilà presque trois jours que Learamn tout fraîchement nommé Capitaine de la Garde Royale , titre ô combien honorifique , s'était vu assigné  par le vice-roi mortensen une mission qui semblait être importante aux yeux des dirigeants du Rohan : retrouver Orwen.
Peu après la bataille d'Aldburg qui avait vu le roi Hogorwen mourir et Fendor être couronné roi Orwen avait disparu de la circulation. Certains disaient qu'il avait fui, d'autre qu'il préférait se retrancher et vivre dans la solitude. Si Learamn et ses hommes ratissaient les plaines du Riddermak de fond en comble c'est parceque c'est le dernier endroit où on l'aurait aperçu quelques jours auparavant.

-Bien Eofend , prenons une pause , nos hommes doivent se reposer.

La quinzaine d'hommes assignés à cette mission n'avaient effectivement pas bonne mine. Les yeux lourds à force de veiller et le dos endolori à cause de leur longue chevauchée , ils étaient bien heureux de prendre un peu de repos. On alluma un  léger feu pour cuire un peu de viande et une outre de vin circulait parmi les rohirrim

-Buvez avec parcimonie , nous avons besoin d'être au maximum de nos capacités , leur conseilla Learamn.

Les premiers jours suivant sa promotion Learamn craignait de ne pas avoir la prestance ou l'expérience nécessaire pour commander des guerriers qui parfois faisaient presque deux fois son âge. Le jeune homme n'avait jamais été une référence en matière d'autorité mais depuis son retour de Rhûn on parlait beaucoup de lui à Aldburg et beaucoup l'admiraient.
Son armure reflétant les rayons du soleil le jeune capitaine savoura une bouffée d'air frais qui arriva avec un léger vent bienvenu qui lui passa entre ses cheveux. Voilà quelques semaines que le Rude Hiver avait cessé régner et qu'un climat agréable régnait sur le Rohan. Heureusement qu'il ne faisait d'ailleurs pas trop chaud: dans ces plaines les sources d'ombre étaient rares. Eofend , son second pour cette mission s'approcha alors de lui

-Ne vous inquiétez pas mon capitaine , nous finirons bien par le trouver. Dans ces plaines plates une troupe de soldats armés est facilement détectable.
-Prions pour que tu aies raison Eofend. Néanmoins les hommes commencent à se lasser nous devrions nous séparer en deux groupes afin d'élargir au mieux notre axe de recherche. Prends six hommes avec toi et pars au nord-est, j'irais vers l'ouest. Si tu trouves Orwen persuade le de te suivre jusqu'à Aldburg si tu ne trouve rien ,au bout de deux jours rentre avec tes hommes.
-Oui mon capitaine.


Deux heures plus tard  la quinzaine de cavaliers du Rohan se séparèrent donc comme prévu en deux groupes. Learamn partit à l'ouest avec six de ces hommes quand Eofend chevauchait vers le nord-est avec cinq cavaliers sous son commandement.
Les recherches s'intensifièrent mais toujours aucun signe d'Orwen ou de ses hommes.

-Eobal monte sur cette petite colline tu y verras peut-être plus loin. ordonna Learamn

Le jeune soldat , tout fraîchement recruté fit dont monter sa monture , non sans peine en haut d'une petite butte  .

-Tu vois quelque chose?

-Non mon capitaine...Attendez il y a un nuage de poussière au loin . Il y a un groupe de cavaliers qui file à toute vitesse vers le sud!


-On va voir ça de plus près. En selle tout le monde!

La troupe partit au triple galot afin de rattraper le groupe de cavaliers qui se dirigeaient vers le  sud. Une dizaine de minutes plus tard ils étaient presque à leur hauteur et la troupe de Learamn se mit au trot , la bannière de la famille royale fièrement affichée. Learamn s'avança comme éclairé par les rayons du soleil qui reluisait sur sa nouvelle armure.

-Prince Orwen , nos intentions ainsi que celles du Roi sont amicales à votre égardfit-il respectueusement sans toutefois faire de révérence.





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Gallen Mortensen
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Mer 3 Déc 2014 - 15:33
HRP: Avec mes excuses pour ce retard inadmissible , Capitaine Smile Gallen




Le capitaine avança avec une autorité certaine. Les hommes d'Orwen fixaient le jeune rohirrim sans bouger. Puis Léaramn sentit le fil d'une épée sur sa gorge et entendit

Avance encore et tu es mort

Léaramn découvrit alors le porte étendard d'Orwen , Rimbold. Le panache du guerrier flottait au vent. Le capitaine pouvait apercevoir le regard dur comme de l'acier. Cet homme n'hésiterait pas à le tuer sur le champ si Orwen lui ordonnait.

Rimbold avait aussi combattu à la batille d'Aldburg auprès d'Amadeo il avait fièrement tenu la porte principale de la cité. C'était un guerrier connu pour ses exploits à Dunharrow lors de sa prise par Orwen et lors de la fuite du Prince, on disait qu'il était l'artisan de la survie du fils de feu l'usurpateur. Mais surtout il était connu comme étant presque un fanatique, sa vie n'existait que pour aider Orwen depuis sa rencontre à Edoras.

Les deux jeunes hommes d'à peu près le même âge, auraient pu, auraient dû être ami mais en ces temps incertains au Roahn , il étaient ennemis , prêt à s'entretuer.

Orwen fixait le jeune capitaine avec surprise et calme. Léaramn put remarquer des cernes sombres autour des yeux du jeune Orwen Mais sa prestance était intacte. Comme toujours les rayons du soleil semblait l'accompagner en chacun de ses gestes ...

Orwen était surpris. Après tout c'est Mortensen qui lui vait indiqué de suitter sur le champ Aldburg car il ne pouvait pas garantir sa sécurité. En effet suite à la torture d'un prisonnier Eradan et lui avait appris l'existence d'un ordre maléfique et apparemment le Rohan était encore sous sa coupe mais comment Orwen l'ignorait? Mais il se doutait bien que cela avait un lien avec Fendor le nouveau souverain.

Orwen avait donc rassemblé ses fidèles et parcourait les plaines du Riddermark aidant les populations. D'ailleurs sa notoriété déjà grande augmentait auprès du peuple notamment. Et la légende racontait que c'est lui qui avait sauvé le Rohan des griffes de son père en le tuant, c'était en grande partie faux mais on ne peut pas lutter contre la rumeur...

Mais surtout Orwen avait appris que des eoreds "véritables" servant Fendor le recherchaient activement et apparemment pas pour le féliciter.

Il n'y avait pas encore eu de rencontre , Orwen ne le désirait pas mais si cela devait arriver . Que ferait il ? Lui même l'ignorait.

Orwen fixait Léaramn . Il prit sa décision

"Très bien Capitaine, allons seul sur ce promontoire nous discuterons. Je suis impatient de savoir ce que le maréchal Mortensen veut de moi"

Orwen intima le silence de ses troupes. Puis il se irigea vers le lieu indiqué.

De mauvaise grâce Rimbold abaissa son épée et d'un signe de tête rapide accorda à Léaramn le droit de suivre son Prince.

une discussion indécise allait démarrer.


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Learamn
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Mer 24 Déc 2014 - 20:44
Le jeune capitaine fut obligé de s'arrêter sous risque de se faire embrocher par une lame brandiee à son encontre. Learamn leva les yeux et dévisagea l'homme qui venait de le menacer, un guerrier robuste qui portait l'étendard d'Orwen : Rimbold. Le jeune homme ne l'avait jamais rencontré auparavant mais il avait eu vent des exploits du porte-étendard à Dunharrow et Amadeo lui avait dit qu'il avait également prit part aux combats lors de la Bataille des Trois Rois. Learamn ne répondit pas à la menace pourtant il aurait pu il était le représentant de large royale et le rapport de force n'était pas si inégal mais il était inutile de remettre de l'huile sur le feu au lendemain d'une guerre et il fallait adopter une attitude un minimum "diplomatique" . Orwen se tenait légèrement en retrait , il semblait fatigué à en juger par les cernes autour de ses yeux mais il n'avait rien perdu de sa prestance et de sa noblesse , Learamn savait qu'il était de ces hommes avec lesquels on pouvait discuter , la méfiance de ses hommes était compréhensible lui considéré comme personæ non gratta chez ses anciens alliés mais le jeune homme ne venait pas pour l'incarcérer .

-Très bien Capitaine, allons seul sur ce promontoire nous discuterons. Je suis impatient de savoir ce que le maréchal Mortensen veut de moi.

En voyant la lame de Rimbold s'abaisser sur l'odre d'Orwen le néo-capitaine émit un soupir de soulagement , sentir l'acier si proche de votre gorge n'avait jamais été une expérience extrêmement agréable. D'un signe de la main il indiqua d'un signe de la main à Eofend de rester calmement ici avec ses hommes puis il descendit de son étalon blanc et suivit silencieusement le fils d'Hogorwen.

Arrivés sur le promontoire celui ci se retourna et regarda Learamn comme pour réclamer des explications .
-Orwen , fit Learamn le plus calmement possible , il faut que vous sachiez qui je ne suis ici ni pour vous arrêter ni pour vous agresser . Il me semble que vous avez déjà compris que c'est le maréchal  Mortensen qui m'envoie et non sa Majesté le Roi   , il vient vers vous en ami et vous intime de venir le rejoindre à Edoras où se dérouleront des événements de haute importance , il faut que vous y allier pour faire valoir vos droits sinon ceux-ci seront perdus.

Le capitaine marqua une pause face à un Orwen pensif avant de reprendre

-Ce que je demande peut vous paraître insensé et je le comprends , ces derniers temps la prudence est de mise et se jeter dans la gueule du loup peut paraître inquiétant . Mais je vous le répète nous venons en paix. N'avons nous  pas combattu le roi félon ensemble? N'avons nous pas rétabli la paix ensemble?  Vous avez été un acteur important de cette "libération" vous avez des droits et des devoirs envers le Rohan , je vous en prie faites les valoir et respectez les . Je vous donne ma parole d'honneur qu'il n'y a aucune arrière-pensée belliqueuse derrière mes propos.





Dernière édition par Learamn le Dim 1 Oct 2017 - 15:30, édité 1 fois
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Gallen Mortensen
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Ven 16 Jan 2015 - 15:01



Orwen fixa un long moment Léaramn . Puis il regarda le soleil au zénith, il murmura à voix basse EDORAS. Le fils de feu Hogorwen était las de parcourir les plaines de Riddermark, il avait eu des échos de cet ordre mystérieux qui frappait aux 4 coins des terres du Milieu. Mais sa fuite en avant aurait rapidement une fin et il regarda au loin ses hommes, fidèles parmi les fidèles. Oui il devait suivre Léaramn, un homme juste devenu Capitaine de la garde royale vu son uniforme et Mortensen l'avait toujours soutenu enfin plutôt son épouse defunte Dame Farma . Il avait été mortifié d'apprendre sa mort. Il devra se confronter à Fendor nouveau souverain du Rohan et son oncle Eoseld.

Il s'apprêtait à répondre lorsqu'il entendirent un brouhaha

Attaqués, nous sommes attaqués, une eored, hurla Rimbold

Puis des Trahis, nous avons été trahis montèrent....

Orwen interloqué scruta Léaramn

"Mais qu'avez vous fait , Pauvre Fou ?"


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Learamn
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Sam 17 Jan 2015 - 22:39
Le prince Orwen ne répondit pas immédiatement , il semblait réfléchir un instant perdu dans ses pensées. Soucieux de ne pas le déranger dans sa réflexion Learamn se tut et se contenta de continuer à le fixer : la réponse du jeune prince serait d'une importance capitale , en effet , pour espérer installer une paix durable au Rohan il fallait recoller les morceaux entre les différentes factions et tout faire pour éviter une nouvelle guerre civile . La réconciliation entre Orwen et le roi Fendor était donc indispensable . Au moment même où le fils de l'Usurpateur ouvrit la bouche pour répondre au jeune capitaine un brouhaha se fit entendre et la voix de Rimbold se fit entendre

-Attaqués , nous sommes attaqués , une eored!

Ces mots résonnèrent dans la tête de Learamn qui resta un moment interdit et incompréhensif . C'était impossible! Pas maintenant , pourquoi fallait-il que rien ne se passe jamais comme prévu. Des murmures accusant le capitaine et ses hommes de trahison parcoururent les troupes d'Orwen qui se sentait lui-même désemparé . Interloqué il lança à Learamn

-Mais qu'avez vous fait pauvres fous?

-Je ... je l'ignore .
lui répondit un Learamn tout aussi estomaqué.

Il leva la tête et n'aperçut débord qu'un immense nuage de poussière qui se dirigeait droit vers leur direction , une eored composée de centaines de cavaliers se dirigeaient vers eux  ; le rapport de force était bien inégal et ils ne venaient sûrement pas en amis . S'il ne faisait pas vite quelque chose il y aurait un nouvel affrontement fratricide qui plongerait le Rohan dans un nouveau conflit intérieur. Le capitaine lança à Orwen

-Fuyez , éloignez vous avec vos hommes je vais leur parler et les raisonner . Prenez la route d'Edoras , je vous y retrouverai.

Learamn descendit le promontoire à toute allure et faisant fi des menaces de Rimbold et de ses comparses se mit en selle et ordonna à ses hommes d'en faire de même. Eobal se saisit de l'étendard royal du Rohan et la troupe du capitaine de la Garde partit au triple galop à la rencontre de l'éored qui leur faisait face. A la vue de la bannière royale le commandant de cette dernière donna l'ordre à ses troupes de s'arrêter. Learamn le héla en mettant en avant son armure et donc son statut

-Que fait une eored entière prêt au combat dans les plaines paisibles du Riddermark? Il n' y a nul ennemi à poursuivre où à combattre dans ces terres pacifiées .

Le jeune capitaine inspira , il était tendu malgré son grade qui lui conférait une certaine autorité,  l'eored qu'il avait en face de lui pouvait aisément écraser sa petite patrouille ; les temps étaient encore troubles et les réactions des uns et des autres pouvaient se révéler imprévisibles .





Dernière édition par Learamn le Dim 1 Oct 2017 - 15:32, édité 1 fois
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Ryad Assad
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Ven 29 Sep 2017 - 19:23
Les cavaliers avaient galopé toute la nuit durant, leurs corps étaient fourbus et leurs mines affreuses. Pourtant, on lisait une profonde détermination dans le regard et l'attitude de ces combattants qui n'en étaient de toute évidence pas à leur première bataille. Le jeune capitaine Learamn, fraîchement promu après s'être illustré durant la bataille d'Aldburg – celle qui avait vu l'Usurpateur chuter – ne pouvait pas manquer de remarquer ce détail. Il n'avait pas affaire à de simples soldats ramassés au hasard sur le chemin, mais bien à une éored entraînée, disciplinée, et particulièrement menaçante. De ce qu'il pouvait en voir, car les cavaliers s'étaient rapidement dispersés autour d'eux pour les envelopper d'un cercle duquel personne ne sortirait sans combattre, les soldats étaient bien équipés. Leurs lances solides avaient la pointe soigneusement affûtée, et ils arboraient tous au côté de belles épées brillantes. Leurs têtes étaient couvertes de casques richement décorés, et celui qui s'avança comme leur chef avait rehaussé le sien d'un cimier panaché de rouge et de sinople. Une armure rutilante descendait sur un haubert de mailles fines particulièrement bien entretenu. Il dégageait une prestance remarquable, et les hommes qui le suivaient avaient comme lui l'air de vétérans. Il était difficile de lui donner un âge, sans doute pas davantage que la quarantaine, mais il avait l'air plus vieux à cause de la barbe qu'il n'avait pas pu tailler depuis plusieurs jours. Ses yeux sombres et sa mine fermée n'inspiraient pas la plus grande sympathie, mais il fallait bien négocier, et Learamn n'avait de toute façon pas le choix. Les nouveaux arrivants étaient un peu plus d'une centaine, lourdement armés, et il n'était pas prudent de les défier ouvertement. Les insignes de la garde royale ne protégeaient pas d'une lame imprudente, et avec ce qu'il s'était passé, l'Ordre et ses maléfices, qui pouvait discerner avec certitude l'ami de l'ennemi ?

L'homme qui avait rompu le cercle s'avança et plaça son cheval à côté de celui du capitaine de la garde, le toisant sans se cacher. Ses yeux se posèrent nonchalamment sur les symboles qu'affichait fièrement Learamn, mais il ne sembla pas sourciller en découvrant qu'il avait affaire à un garde royal. Il n'était pas de ces hommes du rang qui tremblaient devant les titres et les grades, et qui se mettaient à ramper obséquieusement. Lui en avait vu d'autres, et il ne semblait percevoir dans le capitaine qu'un novice à peine sorti de l'enfance qui le retardait dans sa mission. Il était tout de même attendu de lui qu'il fît preuve d'une certaine politesse, mais il ne daigna pas découvrit la tête, comme l'aurait pourtant exigé l'étiquette ou, à tout le moins, les règles de politesse les plus élémentaires. Au lieu de quoi, il se contenta de regarder son interlocuteur de bas en haut, et de poursuivre son inspection rapide de la petite troupe. Son regard s'arrêta un instant sur l'étendard royal que brandissait fièrement un des seconds de Learamn. Il garda le silence un moment, comme s'il considérait la chose sous tous les angles, avant de répondre :

- Nous obéissons aux ordres du Roi Fendor, notre suzerain. Nous sommes chargés de ramener le dénommé Orwen Hogorwenson en Isengard sans délai. Est-il parmi vous ?

Sa monture renâcla, en percevant de toute évidence la tension qui était montée entre les deux groupes. Il fallait dire que la troupe commandée par ce capitaine bien ténébreux était elle aussi dotée d'un porte-étendard, et que lui aussi arborait les couleurs royales. Ils étaient dans une situation particulièrement délicate, et le rapport de force ne jouait pas en faveur des envoyés de Mortensen. Le capitaine de l'éored fixa intensément Learamn, avant de laisser son regard glisser vers le reste de la patrouille. Il avait déjà vu Orwen, il pouvait le reconnaître, mais apparemment l'ancien prince n'était pas parmi eux.

- Mon capitaine, intervint un soldat qui pénétra dans le cercle en trombe, un groupe de cavaliers fait actuellement route vers Edoras à vive allure. Ce pourrait être notre homme.

Learamn n'avait pas pu le voir, entouré qu'il était par l'éored qui maintenait sa position autour de lui et de ses hommes, mais un des cavaliers inconnus s'était détaché du groupe et était parti en avant pour essayer de glaner des informations. Il venait simplement de revenir, et avait naturellement repéré Orwen et sa troupe qui se dirigeaient à vive allure vers la capitale. Le chef des cavaliers hocha la tête, et posa un regard condescendant sur Learamn, l'accusant in petto d'avoir cherché à le ralentir inutilement. Avec un mépris non dissimulé, il siffla :

- Et quel est donc votre nom ? Je suis certain que notre suzerain sera ravi de savoir qui complote avec le fils de l'Usurpateur.

La menace était claire. Learamn risquait au mieux une belle remontrance, et au pire d'être déchu de son poste. Cependant, il y avait des choses plus importantes et plus pressantes. Les cavaliers qui s'apprêtaient à partir à la poursuite d'Orwen avaient pour ordre de le ramener en Isengard, du moins c'était ce qu'ils affirmaient. Il n'était pas possible de savoir dans quel but. Fendor craignait-il Orwen au point de vouloir le faire disparaître ? La question ne pouvait pas être écartée aussi facilement, car Orwen avait autant d'ennemis que de fidèles. Sa mort risquait de plonger le Rohan dans une nouvelle ère de troubles.

Learamn pouvait-il réellement contraindre l'éored à faire demi-tour ? Le capitaine ne semblait pas être disposé à se laisser convaincre, mais chaque minute donnée à Orwen pour s'enfuir éloignait la perspective d'un retour à la guerre civile, même si cela impliquait un risque personnel pour la carrière du jeune officier. Le jeu en valait-il la chandelle ?


Membre des Orange Brothers aka The Bad Cop

"Il n'y a pas pire tyrannie que celle qui se cache sous l'étendard de la Justice"

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Learamn
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Dim 1 Oct 2017 - 17:18
Le rapport de force n’aurait pas pu être plus déséquilibré et la tension palpable au sein des deux factions n’inspirait nulle confiance aux gardes royaux.  A peine promu, Learamn devait faire face à une situation délicate qui réclamait de certaines capacités en matière de diplomatie, de rhétorique et d’assurance; autant dire aucun des points forts du capitaine de la Garde Royale. Il s’efforça toutefois de cacher sa crainte et de soutenir le regard du capitaine de l’éored.  C’était un homme robuste qui dégageait une confiance certaine, en cela il était bien aidé par sa situation plus que avantageuse par rapport aux hommes de la Garde Royale.  Le pressentiment du jeune homme se retrouva confirmé par les dires de son vis-à-vis, ces hommes étaient bien lancés aux trousses d’Orwen pour le ramener en Isengard auprès du roi Fendor où quelque sombre destinée l’attendait. Gallen Mortensen lui avait clairement spécifié qu’il était capital que le fils de l’Usurpateur rallie Edoras au plus vite pour éviter tous remous; Learamn n’était pas complètement aux faits des derniers enjeux politiques mais il en savait assez pour prendre conscience que aux yeux du roi Fendor , ou plutôt de son entourage, Orwen représentait une menace. Le fils d’Hogorwen jouissait d’une popularité certaine à travers le territoire grâce à sa bravoure durant la guerre civile et son engagement auprès du peuple, de plus le sang royal coulait dans ses veines ce qui faisait de lui un monarque potentiellement légitime aux yeux de beaucoup.  Le Rohan venait de sortir d’années fratricides, pansant encore ses blessures et le Vice-Roi voulait à tout prix éviter qu’une nouvelle querelle de pouvoir ne plonge à nouveau le royaume dans les  ténèbres. C’était à Learamn qu’incombait la responsabilité d’éviter une catastrophe qui risquait fortement de dépasser le monde politique: si les proches du Roi décidaient d’emprisonner ou d'exécuter Orwen alors ses partisans se soulèveraient assurément. Et à partir de ce moment-là nul ne pouvait prédire jusqu’où cette crise pouvait aller: une étincelle suffisait à allumer un brasier mais il fallait un océan entier pour en venir à bout.  L’objectif était donc simple : faire en sorte qu’Orwen atteigne la capitale et le Vice-Roi avant que les troupes de Fendor ne le rattrappe. L’avenir du pays se jouait peut-être là, dans les mots que choisirait Learamn face à son interlocuteur peu commode et, il fallait l’avouer, plutôt intimidant.

 Mais alors qu’il élaborait à toute vitesse un mensonge tissé de toutes pièces visant à faire partir l’éored vers la mauvaise direction en leur donnant de fausses informations, un cavalier fit irruption au milieu du cercle et annonça sans prendre le luxe de reprendre son souffle après une cavalcade effrénée qu’un groupe de cavaliers se dirigeait vers Edoras à vive allure. Il n’en fallait visiblement pas plus pour convaincre l’officier du Roi qu’il s’agissait là de leur cible. Avec une condescendance à peine dissimulée l’officier réclama le nom du jeune capitaine avant de l’accuser quasiment explicitement de complot en brandissant la menace d’une dénonciation.  Pour Learamn c’en était trop: il sentit la colère monter en lui et son appréhension fit rapidement place à l’ire qui bouillonnait en lui. S’il n’avait pas eu des dizaines de lances pointées en direction de son torse, il aurait volontiers giflé ce pédant officier qui se permettait de le mépriser de la sorte alors que leurs armures respectives indiquaient leur égalité hiérarchique.  Il ravala, non sans peine, une série de quolibets pour ne pas gâcher les efforts déployés jusque là ; il avait une mission à mener à bien et céder à sa colère n’arrangerait rien. Pour toute réponse, Learamn tâcha de paraître le plus apaisé et confiant du monde, il réussit d’ailleurs plutôt bien à masquer ses émotions sur son visage; il n’y avait plus qu’à prier pour que le regard des cavaliers de l’éored ne s’attardent pas sur ses mains tremblantes qui tenaient les rênes d’un Ouragan quelque peu désorienté. Le néo-capitaine prit alors le choix de faire avancer sa monture de quelque mètres afin de se rapprocher au plus près de son interlocuteur: une manoeuvre risquée qui contribua à augmenter l’agitation des troupes mais néanmoins indispensable pour se faire respecter et indiquer qu’il ne s’inclinerait pas si facilement face aux injonctions d’un officier de rang égal à qui il ne devait rendre aucun compte.

“Mon nom n’a nulle importance Capitaine. Les seules choses qu’il faut que vous sachiez sont que je vous suis d’abord d’un  grade égal, je vous demande donc de vous adresser à moi de manière plus appropriée. Et si je suis ici c’est sur ordre direct du Vice-Roi Mortensen: si vous m’accusez de complot, alors vous accusez son Excellence. Je ne suis que le bras armé qui agit sur son ordre.  Soupçonnez vous donc le Champion du Rohan d’un quelconque complot?”

La réponse à la petite pique personnelle avait volontairement érigée une nouvelle menace en miroir de celle brandie par son vis-à-vis. Bien évidemment, Learamn n’avait réellement aucunement envie de dénoncer qui que ce soit mais si ce capitaine trop fier pour être honnête voulait jouer au plus fort, alors le jeune officier avait quelques cartes dans sa manche qu’il comptait mettre sur la table.

Le regard de Learamn se tourna alors en direction d’Edoras et du petit groupe mené par Orwen, invisible depuis leur position. Il ignorait combien de temps il pourrait retarder l’éored en sachant que même dans le pire des scénarios, à savoir un affrontement armé, il ne tiendrait pas longtemps: le prince déchu devait faire vite, très vite.

“ Quant à Orwen...eh bien selon nos informations il aurait décidé de se rendre à Meduseld pour  y prêter allégeance au Roi auprès de son Excellence Mortensen. Cela fait des jours que nous le cherchons pour l’escorter et s’assurer que ses intentions son bien honnêtes ce dont nous doutons fort, en vain. J’ai envoyé plusieurs de mes hommes vers la capitale pour informer mon supérieur qu’il est introuvable aux abord d’Edoras; il ne devrait pas y être avant un moment s’il ne se trouve pas dans la zone que nous ratissons à moins qu’il ne s’y trouve déjà. Vous pouvez envoyez quelques uns de vos hommes à la poursuite des miens pour avoir confirmation que je ne vous mens pas, si vous voulez perdre des lames précieuses dans cette mission libre à vous.  A présent nous comptons poursuivre nos recherches vers l’Eastfold, là où il a été repéré pour la dernière fois.”

 Learamn fit mine alors de faire demi-tour et fit face au mur de lances qui se dressait devant lui, il lança un nouveau regard un brin provocateur vers l’autre capitaine.

“A présent soyez raisonnable je vous prie : le temps presse et nous poursuivons le même objectif. Le Rohan a besoin que nous unissions nos forces.”


 Le jeune homme attendait avec anxiété la réaction du capitaine dont le visage, déjà bien dissimulé par son casque rutilant et sa barbe fournie, était indéchiffrable.  L’enjeu était double : permettre à Orwen de gagner le plus de terrain possible tout en évitant de se faire embrocher sur place. Learamn avançait les yeux bandés sur une corde de funambule, un seul pas de travers et ce serait la funeste chute, pas seulement pour lui mais pour tout un royaume.



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Ryad Assad
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Dim 8 Oct 2017 - 22:11
Il y eut un léger frémissement chez les hommes d'armes quand Learamn s'approcha de son interlocuteur, acceptant sciemment de rentrer dans son jeu et de répondre au défi qui lui était imposé. C'était une manœuvre audacieuse, à laquelle le capitaine inconnu ne s'attendait pas véritablement. Un éclair d'étonnement passa dans son regard, rapidement remplacé par la lueur sombre d'un homme qui n'avait pas l'habitude qu'on lui tînt tête. Il fronça les sourcils, et son casque cacha bien mal sa mâchoire qui venait de se serrer perceptiblement. Le crissement du cuir de ses gants refermés comme un poing redoutable sur les rênes trahit involontairement sa fureur intérieure, superbement contenue à l'extérieur. Il était resté parfaitement droit, parfaitement calme, et son souffle ne s'était pas emballé un seul instant. C'était paradoxalement beaucoup plus inquiétant…

La réponse cinglante de Learamn griffa l'égo du capitaine, et ses hommes parurent accuser le coup de voir un soldat si jeune parler ainsi à leur officier supérieur. Ils semblaient hésiter sur la marche à suivre. Devaient-ils intervenir pour punir l'inconscient de son audace, ou bien garder le silence et laisser leur capitaine répondre ? Que se passerait-il s'il perdait ainsi la face devant un blanc-bec qui venait à peine de cesser de téter les seins de sa mère ? Ils resserrèrent les rangs autour de leur meneur, jugeant plus prudent de ne rien dire, mais de manifester leur soutien en raffermissant leur emprise sur la hampe de leurs lances. Si mise à mort il devait y avoir, l'impudent et ses hommes n'auraient pas le temps de sortir leurs armes.

L'officier fit claquer sa langue d'agacement, avant de répondre :

- Je vois que nous avons affaire à un capitaine, fit-il avec une ironie si prononcée que Learamn devait la sentir lui chatouiller le nez. Un capitaine au service du Vice-Roi Mortensen, le grand héros… Le grand traître, oui ! Double traître même !

Il y eut une vague d'assentiment parmi les hommes qui composaient la troupe du cavalier. Appartenaient-ils au fidèle d'Hogorwen, ceux qui détestaient l'ancien Maréchal pour avoir réussi à détruire le pouvoir de l'Usurpateur ? Si tel était le cas, Learamn était dans une situation fâcheuse, et il risquait bien de payer de sa vie son désir de protéger l'avenir du Rohan. Un malaise s'installa parmi les hommes qui suivaient le jeune officier, tandis que le plus âgé reprenait d'une voix de stentor :

- Qu'on ne me parle plus de Mortensen ! L'homme qui s'est parjuré pour devenir Maréchal, et qui s'est de nouveau parjuré pour devenir Vice-Roi… Traître deux fois à son honneur, je ne le laisserai pas trahir à nouveau et s'opposer ouvertement à notre suzerain légitime, le roi Fendor…

Learamn ne voyait sans doute pas à quoi le capitaine faisait référence. En réalité, peu de gens savaient exactement ce qui s'était déroulé ce triste jour où tout avait basculé pour le Rohan. Un enterrement royal, qui avait scellé le destin de tout un royaume, en le plongeant dans les flammes. Gallen Mortensen avait été l'artisan de cette tragédie… Il s'était agenouillé devant Hogorwen, soi-disant pour préserver la concorde et éviter que le royaume ne fût divisé. En échange de sa soumission, il était devenu Maréchal de la Marche Est, et s'était imposé aux yeux de tous comme un grand homme, comme un sauveur et un guerrier de valeur. Mais ceux qui se trouvaient là ce jour maudit, ceux qui comme le capitaine au visage enfermé dans son casque avaient assisté à toute la scène, qu'avaient-ils reçu en échange d'une soumission contrainte ? Qu'avaient-ils conservé lorsque, triomphant, le nouveau Maréchal s'en était allé prendre son siège à Aldburg, en les laissant à la merci d'un roi tyrannique ?

La rage menaça de s'emparer du capitaine inconnu, alors qu'il se remémorait avec précision tout ce qu'on lui avait arraché après cet épisode malheureux. Idiot qu'il était, il avait encore trouvé le moyen de se convaincre que tout cela avait été fait dans l'intérêt du Rohan. Il ne pouvait pas voir Mortensen comme le héros qu'il était, car il connaissait la vérité, il savait dans quelles circonstances le champion du Rohan avait acquis sa gloire et son prestige. Les idéalistes à peine pubères comme Learamn n'avaient aucun droit à la parole. Aucun ! Encore un chien de compagnie que le désormais Vice-Roi utiliserait jusqu'à le briser, avant de l'abandonner purement et simplement. C'était ainsi qu'il fonctionnait. Mais toujours « pour le Rohan ». Quelle vaste fumisterie…

La réponse agressive du capitaine semblait avoir jeté un trouble certain sur Learamn et ses hommes, qui manquaient sans doute d'éléments pour tout saisir. A leurs yeux innocents, Mortensen n'était rien d'autre qu'un héros, bien entendu. La tension s'étant canalisée sur un élément sur lequel aucune des parties n'avait prise, le jeune officier en profita pour revenir à la question qui les occupait, à savoir Orwen. Il se devait de formuler une réponse, mais il ne pouvait pas réellement dire la vérité, et l'arrivée inopinée de nouvelles concernant le groupe qui allait à vive allure vers Edoras n'était pas bon signe. Mentir n'était pas quelque chose que l'on apprenait chez les Gardes Royaux, ni même au Rohan en général, mais il fallait bien s'y résoudre, et Learamn s'en sortit avec un certain brio. Il mentit avec tant d'aplomb qu'il instilla un doute chez le capitaine inconnu, lequel ne put s'empêcher de considérer la question avec attention.

Poursuivre le mauvais lièvre pouvait l'amener à se couvrir de ridicule, et pourtant il ne pouvait pas simplement abandonner la piste sur laquelle lui et ses hommes étaient depuis si longtemps. Pourtant, si Learamn disait vrai, alors il ferait mieux de ne pas diviser ses hommes de crainte que Orwen ne fît preuve d'entêtement si jamais ils le rencontraient. On racontait qu'il allait entouré de quelques fidèles, et il était difficile d'estimer leur nombre. Une éored pouvait sans doute les convaincre de se plier aux directives royales, mais qu'en serait-il s'ils divisaient leurs forces en deux ? Toutes ces questions passaient dans l'esprit du militaire, qui devait prendre une décision. Ses hommes l'attendaient.

- Pas si vite, capitaine !

Il avait arrêté le mouvement de Learamn alors que celui-ci faisait mine de partir, et il y avait dans son ton quelque chose qui ne trompait pas. La conversation n'était pas terminée, et elle ne s'achèverait que lorsqu'il l'aurait décidé. Le jeune homme se retourna pour voir le vétéran retirer son casque à cimier panaché, lequel dévoila un visage à la fois noble et austère. Des traits marqués par la guerre, par la souffrance… Quelqu'un qui avait vécu au plus près les combats atroces qui s'étaient produits au Rohan, et qui en était ressorti marqué à jamais. Toute une génération de Rohirrim devrait vivre avec les cicatrices, visibles ou invisibles, de cette guerre civile. Le guerrier coinça son casque contre sa hanche, et observa son cadet droit dans les yeux :

- L'unité est une gageure quand des hommes qui se prétendent de bien n'échangent pas leurs noms. Seuls les menteurs, les fourbes ou les conjurés refusent de dévoiler leur identité face à face…

Une pause.

- Je m'appelle Ansgar Osgarsson, fils de Cynbel, Chevalier de la Maison du Roi, Capitaine de la Porte d'Isengard.

- La Lice ! Lança brusquement un soldat, bientôt imité par tous ses compagnons.

Le Capitaine eut un sourire indéchiffrable :

- Tout le monde me connaît sous le nom de « La Lice ». Le Rempart du Rohan. Et maintenant, capitaine, votre nom, car au nom d'un homme sont adossés son honneur et sa vertu. Alors jurez par ces deux valeurs, sur le nom de vos aïeux et de vos descendants, que vous n'avez pas menti. Jurez-moi que vous ignorez où se trouve Orwen Hogorwenson.


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Learamn
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Mar 24 Oct 2017 - 16:48
L’audace de Learamn avait fait son effet, en tenant tête au capitaine de l’éroed le jeune officier avait sûrement fait le bon choix même s’il n’était pas encore tiré d’affaire, loin de là.  Visiblement l’admiration que son interlocuteur vouait au Vice-Roi se voulait plutôt limité et la violence de ses propos envers Mortensen frappèrent Learamn de plein fouet. L’ancien maréchal avait toujours été un héros aux yeux du jeune homme, une figure emblématique et inébranlable qui rappelait les plus belles heures du royaume, et s’il savait bien qu’il avait parfois un peu tendance à idéaliser son supérieur qui cachait aussi des parts d’ombres, il n’aurait jamais pu se douter que des officiers de l’armée rohirrim le considèrent de la sorte après la chute d’Hogorwen et la Bataille des Trois Armées. Les mots étaient forts; accuser de traîtrise l’actuel Vice-Roi du Rohan pouvait porter à de lourdes conséquences. Learamn ignorait d’ailleurs à quoi il faisait allusion en parlant de parjure, jamais il n’avait eu vent de cela et il s’agissait sans doute d’un mensonge mais l’information avait tout de même réussi à se frayer un chemin jusqu’à son esprit et à s’y établir de manière assez durable pour pouvoir troubler le jeune capitaine de la Garde Royale. Quand bien même ces propos étaient véridiques, Gallen Mortensen n’en avait il pas fait assez pour justifier son rang. C’était lui qui avait par deux fois défendu Aldburg face aux armées de l’Ordre de la Couronne de Fer. C’était lui qui avait accueilli Fendor dans son fief quand Hogorwen voulait sa tête. C’était lui qui avait scellé le Serment d’Aldburg et précipité la chute du félon. Le capitaine qui lui faisait face avait-il oublié tout cela ou faisait-il simplement mine de ne pas s’en souvenir?


Cette discussion reflétait parfaitement le climat actuel qui régnait encore au sein du royaume suite à la fin de la guerre civile et la disparition du Rude Hiver. Le Rohan était toujours plongé dans le doute, pansant  ses blessures et tâtonnant vainement pour retrouver ses certitudes; le Roi était parti se terrer en Isengard, son Vice-Roi ne semblait pas bénéficier d’un soutien unanime de l’armée et  le prince Orwen était pourchassé comme du vulgaire gibier. Les alliés d’hier étaient devenus des concurrents. On ne faisait plus confiance à personne, et la méfiance était devenu désormais banale voire obligatoire.

Le capitaine répondit donc sans ambages à Learamn, le nommant cette fois par son grade égal au sien non sans une certaine ironie tout à fait explicite. C’était prévisible, un officier aussi expérimenté n’allait tout de même pas perdre la face devant tous ses cavaliers face à un bleu.

Si Learamn n’avait peut-être pas eu l’idée du siècle en parlant de Gallen Mortensen -quoiqu’en fin de compte et malgré ses propos insultants il n’avait  pas osé agir de manière rédhibitoire face à un envoyé du Vice-Roi- il avait toutefois réussit son pari, à savoir instiller le doute dans l’esprit de son interlocuteur qui, d’un coup, ne semblait plus aussi déterminé à poursuivre le petit groupe qui prenait la route d’Edoras.  Il ôta son casque et se présenta avant de demander au jeune homme d’en faire de même.Soudain la tension descendit d’un cran comme si le simple fait de voir le visage et de connaître le nom de celui à qui on faisait face apaisait magiquement les esprits. Les lances s’étaient légèrement baissés et Learamn entendit Eobal pousser un soupir de soulagement derrière son épaule.

Le jeune homme fit à nouveau faire demi-tour à son cheval pour faire face à son pair hiérarchique. L’autre capitaine était un homme bien plus âgé au visage profondément marqué par sa carrière militaire mais d’où se dégageait une certaine noblesse et droiture d’esprit; la confiance sans failles que ses cavaliers semblaient lui accorder était un autre d’indice de la valeur de cet homme. En quelques secondes “ La Lice” lui était devenu bien plus fiable et sympathique.  Ils ne partageaient sûrement pas les mêmes idées, en particulier concernant Orwen et Mortensen, mais quelque chose dans son attitude et le choix de ses mots témoignait d’une sincère fidélité au Rohan et en son Roi.  Il apparaissait comme un homme d’honneur, digne de revêtir cette armure et de ceindre cette épée et il demandait à Learamn de montrer qu’il en était aussi un. Il lui demanda de jurer par les noms, les noms de ceux qui étaient avant lui et de ceux qui seraient après lui. Il devait prometrre de ne pas savoir ce qu’il savait. Il devait mentir sur son honneur.

L’espace d’une fraction de seconde Learamn tressaillit intérieurement et faillit défaillir. La parole d’un homme était sûrement ce qu’il y avait de plus précieux chez son peuple où quasiment nul ne savait lire ou écrire et où tout passait à l’oral.  Son père lui avait toujours répété que donner sa parole c’était donner son âme, ne pas la respecter c’était damner son âme.

Mais ici c’était aussi l’avenir incertain du royaume qui se jouait.

“Je suis Learamn, fils d’Eolkar, Cavalier du Rohan et Capitaine de la Garde Royale. Sur mon nom, celui de mes ancêtres et ceux de mes descendants,  je jure aujourd’hui que je ne vous mens pas capitaine Osgar Angarsson. J’ignore à présent où se trouve Orwen Hogorwenson et je n’agis que pour l’intérêt du Rohan et de mon Roi.”


Des années auparavant Gallen Mortensen s'était parjuré pour l'intérêt collectif , à présent celui qui avait tant appris de lui agissait aussi de la sorte.

Il venait de condamner son âme pour sauver celle de son peuple.



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