Qewiel, fille des marais et voyageur vers l'Ouest

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Qewiel
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Sam 10 Jan 2015 - 12:18
Kenodei


Guide des noms :
 


Nom/Prénom : Delnoe Kenodei
Surnom : Qewiel
Âge : 89 ans
Sexe : Féminin
Race : Elfe (avar)
Particularités : Malgré son très jeune âge, ce qui se reflète sur son physique, Qewiel est aussi mature qu'une adulte âgée de plusieurs siècles... ce qui se voit dans son regard. Sa peau, si elle reste blanche, est cependant assez terne.

Alignement : Neutre
Rôle : Vagabonde


Équipement

(Conseil : lire l'Histoire avant cette partie pour comprendre l'intérêt de ce qu'il se trouve dans l'équipement.)
Rien, ou peu de choses... rien qui ne provient de ces drôles de terres en tout cas. Liée à mon passé, liée à ma famille et à mon clan, je voyage sans cesse mon bâton à la main. Ce bâton, quoique simple en apparence, a une valeur affective et personnelle à mes yeux : y sont gravés l'animal auquel mes parents ont demandé de veiller sur moi, le renard, ainsi que l'esprit qui me correspond, le cerf. Sont également inscrits les noms de mes parents ainsi que le rôle qu'ils ont tous les deux joué au sein du clan. Puis d'autres choses, moins importantes.

Dans ce que l'on pourrait appeler comme étant un « équipement », aussi, sont une clef en bois sculpté pendue à mon cou par une chaîne et une grande épée installée inerte dans son fourreau, derrière mon dos. Mon père me disait qu'elle n'était pas bien grande par rapport à d'autres, qu'elle avait juste la particularité d'être « bâtarde ». Personnellement elle est encore trop longue pour moi... mais je la garderai, jusqu'à ce que je puisse la manier correctement. Ces deux objets sont également très importants à mes yeux, en un sens l'épée l'est plus que tout le reste... pour rien au monde, vraiment, je ne m'en séparerai.

Enfin, sont accrochées à ma ceinture une petite sacoche en cuir, contenant une pierre à aiguiser et de quoi faire du feu, ainsi qu'un couteau dont la lame fait un peu moins de vingt centimètres. De quoi aurais-je besoin d'autre ?


Description physique

Contrairement à tous ceux issus de mon clan, je suis née avec une couleur de cheveux fort vive ; rouge, comme les flammes d'un feu de camp. Des cheveux doux et souples qui encadrent un visage anguleux de « femme-enfant » - parce que je suis bien plus mature que je ne devrais l'être et cela se reflète régulièrement sur mon visage – décoré de prunelles brunes. Comme tous les autres, mon corps est svelte mais de par mon âge encore petit (1m43), pas encore arrivé à la fin de sa croissance. C'en est d'ailleurs énervant par moments, surtout lorsque je me retrouve face à des étrangers... la maturité ne suit pas le corps et malgré que je sois depuis plusieurs années considérée comme une adulte au sein de mon clan, j'ai l'impression qu'à cause de ma taille les gens ne me prennent pas au sérieux ou ne font tout simplement pas attention à ce que je dis. A croire que pour eux la taille du corps fait la sagesse de l'individu.

Je n'ai pas grand chose sur moi, juste l'équipement que je n'ai pas tant choisi que cela ainsi que des vêtements aux couleurs ternes – du vert-gris ainsi que du marron. Pas de cape, je n'ai pas eu le loisir d'en prendre une (et de toute façon dans le milieu où j'ai grandi, un marais, ce n'est pas l'élément le plus pratique niveau déplacements parfois). Une tunique grisâtre me descendant jusque sous le bassin, un pantalon marron foncé et des bottes, un pourpoint en cuir souple (sans manches) au-dessus de la tunique et une ceinture quelconque permettant le transport de certaines affaires. Le nécessaire en somme.


Description mentale

Par où commencer ? J'ai du mal à parler de mon esprit... certainement parce qu'il est trop particulier vis-à-vis de ceux de mon âge, du moins du point de vue des adultes. C'était déjà ça lorsque j'étais encore petite, à l'âge où les enfants jouent encore sans comprendre tous les dangers qui les entourent et sans réellement appréhender le futur. Beaucoup le disaient à mon père, se répétant régulièrement même : « ta fille n'est pas comme les autres », « elle ne devrait pas parler de la sorte à son âge », « cela rend ta fille bien seule, elle devrait faire l'effort de rester avec ceux de sa génération »... Parfois ils avaient la gentillesse de ne pas le dire devant moi mais, sûrement parce que mon père était le chef du clan, ils faisaient attention à la façon dont je me comportai – en même temps étant sa fille unique j'aurais été prioritaire à son remplacement en cas de décès. Enfin si cela n'avait pas été si... je ne préfère pas en parler. Quoi qu'il en soit, j'ai vite compris que j'étais différente, autrement que par le physique. Et je ne ne pouvais faire autrement, malgré le fait que je prenais cela pour un problème. Alors je fais avec et, sur ces terres que je ne connais pas, je ne peux que me poser de nombreuses questions : quelle est ma place ? À qui puis-je parler (tant est que j'aille assez loin à l'ouest pour pouvoir trouver quelqu'un qui parle la même langue que moi) et comment ? Serais-je seulement écoutée ? Prise pour l'adulte que je suis ?

Je suis « en avance », certes... et mon corps lui ne l'est pas, je fais même partie des plus petits – voire même je suis la plus petite – de ceux de mon âge. Autant dans mon clan ce détail n'avait pas vraiment d'incidence à partir du moment où j'avais passé la cérémonie me reconnaissant comme une adulte responsable, pouvant participer à la vie active de la communauté et capable de survivre dans les marais, autant là en-dehors de ceux qui étaient ma famille je sens que ce sera différent... et cela m'angoisse. Je ne sais si cette flagrante différence entre mon corps et mon esprit m'aidera ou, au contraire, m'empêchera d'aller jusqu'aux lointaines terres de l'Ouest.

Sinon, que dire... j'ai un tempérament calme  et, me disaient les miens, je suis digne de la confiance du clan – chose à mes yeux très importante. Je suis débrouillarde et je connais les marais comme n'importe qui. Enfin cela ne me servira plus... d'ailleurs j'ai l'impression d'être perdue. Tout ce qui me permet de trouver la force en moi de continuer sont les histoires de mon père ainsi que la promesse d'un endroit sûr, peut-être même de rencontres avec mes aïeux. En attendant, je revois encore dans ma tête la dernière bataille des marais, j'en fais même des cauchemars. Cela finit par m'épuiser. Et j'ai en horreur ces armes serties de flèches, ce qu'on appelle « arcs » : des armes de lâche, traîtres au combat et donnant la mort sans aucun sens naturel, sans que l'autre ne puisse se défendre. Je les hais... je hais ces armes qui ont tué mon père, celui que je suivais, celui que j'adorai tant.


Dernière édition par Qewiel le Mar 13 Jan 2015 - 22:36, édité 1 fois
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Sam 10 Jan 2015 - 12:41
Histoire


« Il y a de cela près de cent cinquante ans, est venu de l'ouest un être que tous trouvèrent quelque peu étrange. Il portait un accoutrement étrange, semblant éloigné de la nature, un grand couteau prêt à pourfendre n'importe quel animal, une peau à la couleur vive... mais surtout, ce qui fit naître le plus de curiosité chez les nôtres, fut sa chevelure ressemblant à des flammes, longue et aussi rouge qu'elles. Perdu, cet être s'était égaré dans les marais en voulant explorer ce qu'il appelait « l'est » et en désirant découvrir s'il existait d'autres peuples que ceux que les siens lui avaient inculqué. Les esprits lui avaient permis de ne pas être entraîné dans les confins des eaux tumultueuses et de faire la connaissance de notre clan, Kevloh. Parce qu'il avait beau être fort différent, il se tenait sur ses deux pieds, se mouvait comme nous et avait les mêmes oreilles... comme nous.
Conduit au sein du clan, il fut emmené devant le chef, Ulra, car il l'intriguait. Ulra entreprit donc de savoir qui était ce visiteur mais la conversation fut tout d'abord impossible. L'inconnu ne parlait ni la même langue, ni le même langage corporel. Cependant l'aura que notre chef, à l'époque, vit en lui lui fit prendre la décision d'accueillir l'elfe aux cheveux de feu, ne serait-ce que le temps d'apprendre à le connaître. Il était loin de se douter que l'étranger resterait ici toute sa vie et qu'il se lierait à sa belle fille Elwoe...

-C'est Ulra !
-Mais sa fille n'est pas encore liée à Ulra... et il n'y a qu'un Ulra !
-Mais tu comprends rien...

Je regardais les deux jeunes enfants se disputer par rapport à la compréhension de l'histoire, le visage impassible alors que je cherchais comment expliquer clairement au petit Doln qu'il y avait bien plusieurs Ulra dans le temps, ce nom correspondant à la fonction de chef de clan. Assise sur les genoux, les mains posées sur mes cuisses, j'émis un sifflement fort et aigu afin de les rappeler à l'ordre. J'avais en face de moi cinq enfants encore trop jeunes pour apprendre autrement que par les histoires et le jeu, inconscients encore de nombres de règles, dont pour Djem celui de ne jamais couper la parole d'un conteur. Pas que j'étais la meilleure dans ce rôle, loin de là, mais Agnhë – notre sage capable d'écouter les esprits ou toute personne assumant cette fonction – avait décidé depuis que j'avais passé le Vewm que je participerai à la transmission des savoirs et à l'apprentissage auprès des plus jeunes... à croire qu'il voulait essayer de me rendre plus à l'aise avec cette tranche d'âge que j'ai connue différemment. Le Vewm est la cérémonie officialisant le fait qu'un être est adulte, qu'il peut survivre sans aide dans les marais et qu'il peut participer à la vie du clan en toute confiance. C'est également à cet instant que m'a été attribué un esprit en fonction de mon caractère, chargé de veiller sur moi ; contrairement à ce que je pensais, Agnhë n'appela pas Kenod le renard mais Cervan, le cerf. De par le prénom que m'ont donné mes parents je pourrais presque dire que deux esprits veillent sur moi... ce qui est rassurant à savoir. Généralement, on passe le Vewm entre quatre-vingts et quatre-vingt-dix ans, quatre-vingts étant le plus répandu. Je l'ai passé à l'âge de soixante-douze ans.

-Djem a raison, Doln. Tout comme pour Agnhë, Ulra correspond à un rôle, celui de chef de notre clan. Lorsqu'une personne est nommée pour ce rôle après en succession du dernier Ulra, et qu'elle l'accepte, elle prend alors le nom associé à ce rôle. L'Ulra de l'époque avait pour nom de naissance Manyu. Qui sait qui lui succéda ?

Je fis attention à toutes les paires d'yeux qui se trouvaient en face de moi, les enfants formant un demi-cercle. Doln et Djem regardèrent ailleurs, signe qu'ils ne connaissaient pas la réponse. Seule la petite Kry me regarda droit dans les yeux, me montrant ainsi qu'elle voulait prendre la parole. D'un bref signe de tête je lui accordais la parole.

-Elwoe... puis ben après sa mort ce fut Laurelien, ton père, qui se nomme Ulra aujourd'hui.
-C'est bien, Kry. Pourquoi lui a-t-on confié ce rôle ?
-Car papa et les autres l'ont trouvé apte à nous guider.
-Les esprits l'ont reconnu ?
-Oui, il fait partie depuis de nombreuses années de notre clan. Leri, peux-tu me citer les principaux esprits au fait ? Je vous les ai contés il y a cinq jours.
-Il y a Cervan le cerf, le noble d'âme ; Triv le serpent, celui qui sait ; Kenod le renard, le survivant ; Caw l'oiseau noir, le chasseur ; et Lyod l'arbre, l'esprit de la nature, celui qui protège et qui nourrit.
-Tu as bien retenu. Et en parlant de Lyod, de qui nous protège-t-il sans forcément que nous le voyions ?
Les petits se regardèrent entre eux puis, après un instant d'hésitation, Kry fit une affreuse grimace. Elle se souvenait de quelles entités je voulais parler...
-Kry ?
-Les... les V'la'.
-N'ai pas peur de prononcer leur nom, c'est leur montrer que tu ne les crains pas plus que tu ne le dois.
-Les Valar... ils sont méchants, ils ont enlevé nos ancêtres.
-Tout à f...
-Qewiel ? »

Je déplaçais mon regard vers la gauche, où se trouvait l'entrée de la tente où nous nous trouvions. Mon père se tenait là, à l’entrebâillement, et me fit signe de le suivre. Quelque chose dans son geste me fit sentir que quelque chose n'allait pas, aussi d'un retournement assez lent de ma main droite je demandais aux enfants de partir. Tout heureux d'avoir plus de temps pour jouer, ils sortirent en courant et en riant. Je me relevais seulement, regardant Ulra droit dans les yeux. Que voulait-il me dire ?

« Ne veux-tu pas qu'on reste ici ?

Il hocha la tête et s'approcha. Personne ne viendrait nous déranger ici et une tente serait certainement le plus pratique. Nous nous asseyons, face à face, les yeux dans les yeux. Il se passa un bon moment où nous restâmes ainsi, en silence, avant qu'il n'ouvre le dialogue dans sa langue natale, le « quenya ». Une langue qui était assez jolie mais qui, de mon point de vue, manquait sincèrement de rythme. Notre langue se base sur les cris des animaux aussi, selon le thème de chaque mot, il se prononce plus ou moins rapidement, avec plus ou moins de changements rythmiques. Par exemple, Qewiel se prononce beaucoup rapidement qu'Ulra ou Laurelien. C'est mieux, cela évite de s'endormir pendant un discours.

-Un conteur ne se laisse pas interrompre, Qewiel. Il prend l'âme de ceux qui l'écoutent pour les mener vers le passé et ce n'est que lorsque l'histoire est terminée qu'il laisse les autres lui poser des questions.
-Je sais, papa... mais je ne suis pas la plus à l'aise dans ce rôle, je n'arrive pas à assez bien me comporter avec les enfants de cet âge. Agnhë s'est trompé à mon sujet, je ferais mieux de t'aider à gérer le clan ou bien à toujours mieux connaître la partie ouest des marais, surtout là où se trouvent les bois.
-Il n'y a pas que cela qui importe dans la vie, et tu le sais. Le jour où tu auras affaire à un enfant, si tu ne comprends pas cet âge, comment réagiras-tu ?

Je ne répondis pas, baissant même les yeux. Je n'avais pas la réponse et je ne voulais pas la savoir. Je préférais être active au sein du clan ou, plutôt, j'avais du mal à essayer de rejoindre ce bout de vie que j'avais en quelque sorte sauté. Cela restait ma bête noire et je préférais ne pas continuer à en parler.

-Tu n'es pas venu pour cela. Pourquoi m'as-tu demandée ?
-Pour te demander quelque chose.

Laurelien laissa un instant de silence, comme si ce qui allait suivre ne plairait pas à au moins l'un de nous deux. Pendant ce temps je remarquais qu'il ne fixait pas que mes yeux mais qu'il me regardait plus en global, s'arrêtant de ce que je pouvais comprendre sur la clef en bois que je portais à mon cou. Cela faisait déjà trois ans qu'il me l'avait léguée, essayant de se détacher quelque peu de cet objet qui appartenait autrefois à ma mère... mais il semblait encore regarder trop en arrière.

-Eida ?
-J'aimerais que tu me fasses une promesse, Kenodei.

Je relevais les sourcils, étonnée. Il était rare qu'il me demande une telle chose... Avait-il vu quelque chose ? Les esprits lui avaient-il parlé ? Je savais mon père avoir, en plus de son aura, des dons pouvant relever du mystique ou de la magie, la deuxième option plaisant bien plus aux oreilles d'Ulra. Le mot Kenodei, par contre, montrait qu'il mettait de l'affectif dans ses dires... c'était mon nom de naissance.

-Je veux que tu me promettes que, quand que ce soit si cela devait arriver dans cette vie, tu partes d'ici si le clan venait à être condamné. Que tu te battes pour vivre et non pas pour mourir comme trop d'entre nous le feraient.
-Tu me demandes d'être lâche ?! Ça ne va pas ?

Ma voix avait haussé un coup, encore une chance je parlais toujours dans la langue de l'ouest. Il manquerait plus que d'autres entendent cela !

-Kenodei... ce que je te demande est de ne pas aller jusqu'à la bêtise.
-Je n'abandonnerai pas les autres, papa.
-Mais promets-moi que si cette situation venait à venir que tu marcheras vers l'ouest, jusqu'à la mer.
-Mer ? Qu'est-ce ?
-La grande étendue d'eau, d'un bleu s'étendant jusqu'au bout de l'horizon. Je t'ai déjà raconté des histoires à son sujet. Il faudra que tu trouves à la traverser, pour rejoindre ma terre natale. Elle te paraîtra étrange mais tu y seras bien accueillie.
-Si seulement tu me disais ce que tu as vu... je pourrais comprendre où tu veux en venir.
-Ce n'est pas à moi de te le dire. Les esprits ne sont pas toujours très précis quand il s'agit de faire appréhender des événements.

Il sourit. Je soufflai. Je me levais, faisant les cent pas dans la tente, réfléchissant à ce que tout cela signifiait : Ulra venait me parler à propos d'une vision, m'appelant à survivre s'il se passait quelque chose de dramatique pour le clan. Mais venait-il là en tant qu'Ulra, qu'eida ou que messager ? Des réponses qui n'obtiendraient pas de réponses de sa part, je le connaissais malheureusement trop bien pour ne pas m'attarder à poser d'inlassables questions. De longues années j'ai essayé, rien n'est jamais sorti de sa bouche contre sa volonté. Et sa volonté est bien plus dure que son épée, arme tranchante à lame un peu courbe qu'il a ramenée de sa terre natale. Je me retrouvais donc à devoir faire un choix : faire confiance ou non à mon interlocuteur. Et ne pas faire confiance à quelqu'un était extrêmement blessant, d'autant plus que là il s'agissait d'Ulra ainsi que du seul membre de ma famille qui me restait. Je n'aimais pas cette situation mais je savais mon père ne pas être un lâche, au contraire même il était de ceux qui affrontaient les difficultés en face, quelles qu'elles soient. Cette demande de sa part était d'ailleurs une épreuve pour lui. J'avais cependant peur qu'il ne vienne me parler qu'en tant que père voulant protéger sa fille, même s'il avait parlé des esprit quelques secondes plus tôt.

-D'accord. Mais dans ce cas promets-moi de vraiment faire le deuil de mère. Parce que vouloir est une chose, il faut maintenant que tu te décides à franchir le pas... »

~~~~~~~~~~
Cinq années plus tard...

Le combat faisait rage, c'était à qui serait le plus habile : épées contre bâtons et poignards, hargne et envie de sang contre connaissance des marais... Les premiers à être tombés étaient les orques qui n'avaient pas assez fait attention et étaient tombés dans les sables mouvants, s'étouffant avant même d'avoir encore commencé le combat. Quand ils arrivèrent à notre campement plusieurs personnes furent tuées avant qu'une réaction n'ait lieu. Désarçonnant les ennemis, plongeant le couteau dans leur gorge et les enfonçant dans des lieux qu'ils ne connaissaient pas. J'étais sortie de ma tente à la hâte, bâton à la main et couteau à la ceinture. Le premier assaut, à cause du nombre d'orques, fut assez sanglant, voyant nombre d'entre nous tomber pour ne jamais se relever. Nous pensions que comme d'habitude cela s'arrêterait là, déjà que les pertes étaient plus lourdes que ce que nous avions connu jusqu'alors. Ulra avait sorti pour l'occasion son épée et avait tranché avec aisance ses ennemis, comme si tout cela n'était qu'une danse. Je l'avais déjà vu s'entraîner, il avait voulu m'apprendre... mais j'étais encore trop petite pour pouvoir manier ce genre d'objet ; j'avais toujours été admirative de ce qu'il faisait, en tout, mais là avec son aura j'en venais presque à me demander s'il ne venait pas du sanctuaire des esprit lui-même. Comment...

C'est alors que des projectiles horribles criblèrent les nôtres, des « flèches » qui me frôlèrent comme si elles s'amusaient à me susurrer à l'oreille que ma fin ne serait pas longue à venir. J'avais en horreur cette arme, l'arc, qui dévastait trop facilement pour être honnête. Et c'était sans compter d'autres abominations qui arrivaient. Je regardais vers ma droite, où se trouvait Laurelien ; après s'être tourné vers la nouvelle vague il en affronta plusieurs alors que moi-même essayait de me débarrasser d'un. J'avais eu moins de mal avec l'autre. Celui-là ressemblait à un fou-furieux qui puaient, chose qui dérangeait mon nez et me gênait. Échange de coups, un, deux pas en arrière. Je tombe, je roule pour ne pas me faire embrocher, il m'attrape, je sais que mes bras endoloris ne tiendront pas longtemps face à ses muscles, je sens mon cœur commencer à battre à tout rompre. Je commence à paniquer et, alors que tout semblait se terminer pour moi, une substance hideuse gicla sur mon visage et je m’aperçus alors que la tête de l'orque manquait au corps. Avec un regard terrifié je vis mon père et sa lame couverte de liquide rouge, me tendant la main pour que je puisse me relever.

Il me fallut quelques secondes pour réellement comprendre où ça en était, ce qu'il fallait que je fasse. Prendre la main, déjà, me relever... ce que je fis. Laurelien me sourit, rassurant en ce début de nuit. Il posa sa main sur mon épaule et commença à mouvoir ses lèvres, sortant plusieurs syllabes de sa bouche.

« Kenod...

Mais mon nom s'arrêta net dans sa bouche, un filet de sang coulant entre ses lèvres à la place des sons. Son visage doux se figea, il me sembla que sa respiration aussi. La mienne se fit plus dure, moins régulière, de mes yeux coulèrent des larmes de compréhension alors que je regardais impuissante la vie le quitter. Puis mes yeux se baissèrent, reconnaissant dépassant de son torse la pointe d'une flèche.

-Eida... Son corps commença à tomber, que je ne sus qu'à peine accompagner jusqu'à terre. EIDA !!! »

Des larmes, toujours plus, comme si mon corps avait décidé de toute l'eau qu'il pouvait contenir. La haine s'empara alors de moi, me donnant une irrésistible envie de vengeance. Le coupable ne fut pas difficile à trouver : le sourire rauque, une tête hideuse, une flèche qu'il armait lentement mais résolument sur son arc... Caw l'esprit chasseur me fit don de ses dons et ce fut à toute allure que j'arrivais sur l'assassin, hurlant de rage, utilisant tout mon poids et mon élan pour le faire tomber, lui affligeant des coups de poing en pleine figure et le mordais, jusqu'à ce que je ne puisse plus enfoncer mes dents dans son cou et que de cette partie de son anatomie le sang ne coule à flot, que son corps ne devienne inerte et que mes larmes aient cessé de couler.

C'était dégoûtant. Le goût, l'odeur... et maintenant je courais à travers le marais, me dirigeant vers l'ouest, je ne sais comment arrivée à m'extirper de ce qui était devenue une boucherie sans nom, où les orques se comportaient désormais comme des charognards, se jetant sur les corps pour en manger l'intérieur. Je ne pouvais plus rien pour mon clan... la mort d'Ulra me l'avait fait comprendre. Cette partie du marais, je la connaissais, et ma capacité à faire en sorte que je ne pèse pratiquement rien m'aida certainement à ne pas tomber dans un piège de non-retour. Avant de partir j'avais tout juste eu le temps de dire adieu au corps de mon père, me remémorant malheureusement trop ses yeux voilés et prenant avec moi sa ceinture à laquelle étaient accrochés une petite sacoche et un fourreau, ainsi que la longue épée. J'avais mal aux bras, aux jambes, au thorax à force de courir tout en en tenant au creux de mes bras ce qu'il me restait de mon père. Sa flèche ayant traversé son cœur me restait en mémoire aussi...

Mes jambes cédèrent. Je tombais, dans la partie boisée du marais. Épuisée par la fatigue mais encore plus par les événements, je me mis à pleurer sans pouvoir trouver la force de crier mon désarroi, ma peine. Ma tête ne réussit plus à se soulever du sol, mes yeux s'embuèrent... alors qu'ils se fermaient enfin, me laissant désormais être une proie facile pour tout animal, il me sembla distinguer une fourrure rousse devant moi... Kenod...

~~~~~~~~~~

En chemin pour cet ouest dont je n'ai entendu que des contes, je continue à marcher, essayer de laisser ma peine dans les marais, chantant pour me donner le courage d'aller vers la seule direction indiquée, celle où quelques années plus tôt j'ai promis d'aller. Bâton à la main, couteau à la ceinture ainsi qu'une petite escarcelle, une épée dans le dos maintenue grâce à la ceinture de mon père que j'ai modifiée pour pouvoir tenir la longue arme dans mon dos.

Je suis Qewiel la femme-enfant, de mon premier nom Kenodei, guidée par le renard. Fille d'Ulra, je ne sais où je vais mais la direction que j'emprunte est l'ouest, toujours plus loin au-delà des montagnes, au-delà de la grande étendue bleue ; là où on le nommait Laurelin, fils de Laudren. Et jamais je ne m'arrêterai, tant que je ne puisse conter les récits de mon peuple perdu au-delà de la mer.




~~~~~

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Qewiel
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Sam 10 Jan 2015 - 12:44
Et voilà, fiche enfin postée ! J'essaie de m'occuper de mon vava aujourd'hui. Wink

Bonne lecture (ou "bon courage" ???), en espérant que ce que j'ai écrit est assez clair... et que vous n'allez pas bondir en me lisant. langue

Ah et je précise : Tolkien n'ayait pas écrit (de ce que l'on sache) ce qu'il est advenu des Avari, tout ce qui est écrit dans la fiche de présentation est purement inventé. Cependant j'espère avoir respecté a minima la logique de la TdM.
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Taorin
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Sam 10 Jan 2015 - 13:07
Coucou !

Je ne vois rien à redire à cette fiche au niveau formel, l'histoire est bien construite, c'est bien écrit, sans fautes, et ça fait la taille demandée.

Après, le seul point délicat concerne les inventions faites au sujet des Avari : je les trouve plutôt bien faites de mon côté, mais c'est aux Oranges ou Blancs de les valider Wink

Du coup, à moins que d'autres colorés n'aient des avis opposés au mien, une fois qu'un admin aura accepté ces quelques points, ta fiche sera validée sans soucis Wink

A bientôt !
Tao'


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Capitaine des Chiens du Désert et Seigneur (Pirate) d'Umbar.
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