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Sigvald Lingwë
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Jeu 6 Aoû 2015 - 17:14
- Maintenant Lingwë, ouvrez les portes ! Ouvrez les portes !

Enfin ! Lingwë ne se fit pas attendre pour s'écarter rapidement. L'air devenait épais et suffoquant, il distinguait à peine ses compagnons en arrière. L'empressement des chevaux et leur façon frénétique de se jeter à l'extérieur fit tressaillir notre elfe. Complètement paniquer, ils se ruèrent à l'extérieur et comme il le pensait si bien ; il entendit les cris et distinctement le craquement d'os. Et de un !

Il rejoignit les autres et même en jetant un regard à l'extérieur il ne pu voir le nombre d'assaillant, sortir de front et être aveugler par la fumée serait la pire des solutions. Il fallait fuir les flammes le plus vite possible avant de finir étouffer ou pire, brûler. Autour de lui les flammes léchaient les murs et les poutres, dévorant tout, les écuries étaient perdues, même si dehors la tempête grondait de plus belle, le feu aurait fait son œuvre.

Tous trois remontèrent à l'étage où le combat avait déjà éclaté. Des corps jonchaient le sol, baignant dans le sang. Le combat s'était déplacé à l'autre bout du couloir, là où la fumée déjà trop épaisse empêchait toute visibilité. Ses yeux irrités et rouges ne distinguaient que des ombres se mouvant dans le noir, faisant tournoyer délicatement la fumée dans l'air. Rester ici était une perte de temps, ses alliés se débrouillaient déjà très bien. Lingwë s'était entrainé dur depuis son empoisonnement, il lui avait fallu plusieurs mois pour s'en remettre. Même pour un elfe combattre la mort pendant plusieurs jours était une épreuve des plus difficiles, cela l'avait affaibli plus qu'il n'avait pu l'imaginer. Encore aujourd'hui une fatigue intense lui suffit pour que son corps soit parcouru de tremblement.  Il avait échappé à ce venin mortel, mais il en payait encore le prix. Depuis il n'avait de cesse de s'entraîner, de sorte qu'une même chose n'arrive plus jamais. Alors qu'il laissait traîner son regard sur les corps sans vie, il referma fermement les poings, décider à tuer le plus d'ennemies possibles. À son tour de rentrer en jeu !

Andor les conduisit à l'étage, l'elfe s'impatientait, pour lui l'homme n'allait pas assez vite. Lingwë avait hâte de combattre et surtout de sortir, il n'en pouvait tout simplement plus de cette fumée. La soif d'en découdre était perceptible. Il avait du mal à tenir en place, il ne jeta aucun regard aux blessés complètement paniqués. Il suivait Andor et Firiendil, son cœur battait, il brûlait d'impatience, se mordillant la lèvre, tapotant frénétiquement ses doigts sur la poignée de sa lame. Il entendait les autres combattre, les cris lui parvenaient aux oreilles comme une musique des plus attrayantes. Finalement, cette cause perdue commençait à lui plaire.

Il n'était plus l'elfe faible et perdu d'il y a un an.

- Vous êtes plus agiles, passez par l’extérieur pour les prendre à revers. Tuez-en autant qu’il vous est possible de le faire. Si, ma foi, je parviens à mes fins, il se pourrait que la situation tourne à notre avantage d’ici quelques temps. Tenez-bon ! Et faites attention, ces toits glissent comme s’ils étaient couverts d’huile quand il pleut.


- Bien, allons-y !


Firiendil trancha d'un coup net le toit de chaume, il ouvrit un petit passage, brisant le cadrage du toit et dégagea aussi bien qu'il put cette sortie. Un air puissant et frais s'engouffra dans la pièce. L'elfe du Lindon sorti non sans mal. Le suivant, Lingwë s'enfonça rapidement à travers le chaume, se coinça l'avant-bras dans de petits morceaux de bois, il tira sec et se dégagea. Cassant par la même occasion les attaches en cuir de son gantelet qui resta sur place. Enfin dehors, ils surplombaient tous deux le domaine, la fumée noire se dispersait rapidement à l'extérieur sous le puissant vent et la pluie battante. Les éclairs illuminaient les lieux quelques secondes avant de les replonger dans le noir, en contrebas une lumière rougeoyante vacillait sous le vent. Ils avancèrent prudemment, mais rapidement sur le toit glissant, jusqu'à atteindre une partie plus basse où ils se laissèrent tomber pour atterrir sur le sol boueux.

- On va tuer ces sales chiens !!! Venez les gars !

Les cavaliers n'étaient pas loin de tout,  juste de l'autre côté de l'angle du mur et sûrement nombreux. Notre elfe dégaina son épée, imaginant déjà le combat à venir. Firiendil le plus raisonné des deux le stoppa net, le plaqua au mur et le regarda droit dans les yeux.

- Daro i ! (Arrêtez ça !) Nous ne savons pas combien ils sont. Voulez-vous mourir ? Agissons avec prudence.


- Je ne resterais pas un instant de plus ici, s'ils rentrent les autres mourront.
Il se dégagea de Firiendil qui ne le retint pas.

Le geste suivant la parole, il courut, tourna à gauche et arriva soudainement derrière l'un des hommes. Il lui agrippa fermement l'épaule gauche et enfonça sa lame dans le dos. Le cri de douleur du cavalier ne se fit pas attendre. Dans le même instant Lingwë fit pivoter sa lame sur le côté avant de la retirer et jeta par terre le corps meurtri de son ennemi. Il se retrouva face à face avec les autres hommes qui s'étaient reculés, surpris par l'attaque. Laissant entre lui et eux, la porte quasi défoncer. Firiendil rejoignit son compagnon d'arme, prêt à intervenir. Le sang du cavalier se répandait rapidement dans la flaque d'eau qui devint rouge tandis qu'il levait la main vers ses camarades espérant en vain qu'on le sauve. La tension était plus que pesante, tous se toisaient du regard.

Le vrai combat allait commencer, tandis que le bandage de l'elfe commençait à se défaire à chacun de ses mouvements. Laissant apparaître une petite forme à vif de l'une de ses marques maudites.
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Esméralda Läenia
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Mer 19 Aoû 2015 - 21:17
Les deux assaillants qui franchirent la porte n'eurent pas beaucoup plus de chance que le premier. Le premier fut abattu par une flèche tandis qu'une seconde blessait l'autre.
Malheureusement, ils furent rapidement remplacés par deux nouveaux adversaires. Le premier attaqua Esméralda qui n'eut d'autre choix que de l'esquiver. Tout en  répliquant, elle remit d'un geste sec et agacé de la tête une mèche de ses cheveux qui avait glissé devant ses yeux.
Elle n'avait pas pensé à les accrocher et en payait maintenant le prix.
*Ça serait plus simple s'ils étaient plus courts* Songea-t-elle, énervée.

- Arrête immédiatement !

Elle stoppa son geste, agacée, avant de répondre le plus calmement possible.

- Et pourquoi devrais-je arrêter ?

Le garçon qui venait de lui parler s'assit à côté d'elle.

- Parce que je trouve que c'est du gâchis de couper tes cheveux. Ils sont magnifiques !

- Mais c'est beaucoup plus simple pour moi de me battre s'ils sont courts, ils ont la mauvaise habitude de venir se placer juste devant mes yeux.


Il éclata de rire tandis qu'elle tournait la tête vers lui.


Le contact de l'acier sur sa peau ramena Esméralda au moment présent. L'attaquant avait profité de son court moment d'absence pour l'attaquer. Heureusement, elle ne s'en tirait qu'avec une égratignure, ça aurait pu être pire. Encore sous le choc de sa vision, elle esquiva les attaques qui s'enchaînaient pendant quelques instants avant de se reprendre.
Elle observa son adversaire, elle ne l'avait même pas remarqué sur le coup mais sa lance avait été brisée et il l'attaquait maintenant avec une petite épée.
*Bon, des poignards contre une épée, voyons ce que ça donne.*

Sur cette pensée, elle passa à l'attaque. Elle s'éloigna de quelques pas comme pour reprendre son souffle puis fonça sur lui. Apparemment ravi par son geste, il tenta de la tuer une bonne fois pour toutes. Malheureusement pour lui, Esméralda s'arrêta brusquement et la lame passa devant elle sans lui faire le moindre mal. Profitant de sa surprise, elle lâcha ses armes, attrapa son poignet, lui fit lâcher l'épée qu'il tenait et lui donna un violent coup de pied dans le ventre. La douleur le plia en deux et elle l'assomma finalement en lui assenant vivement son coude sur la nuque.

Esméralda ramassa ses poignards et jeta un regard autour d'elle. Le rôdeur était aux prises avec un autre adversaire et n'avait visiblement pas besoin d'aide. D'autres ennemis ne tarderaient sûrement pas à entrer. Mais comme ça n'étais pas encore le cas, elle en profita pour réfléchir. Venait-elle de voir un de ses souvenirs ? Oui, sûrement.

Elle se trouvait dans un jardin, assise sur un banc, elle s'apprêtait à couper ses cheveux avec un geste qui lui semblait familier. Elle portait donc les cheveux courts à ce moment-là. Mais elle avait été interrompue par...
Elle baissa la tête, découragée. Elle n'arrivait pas à retrouver son nom... et elle n'avait eu que le temps de voir ses yeux, des yeux d'un vert très clair et brillants d'une lueur amusée.
Elle se promit silencieusement de ne plus jamais oublier ce regard qui, elle le sentait, avait si  souvent croisé le sien.
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Nathanael
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Mer 9 Sep 2015 - 15:36
Arda semblait s’être retournée sous les secousses ténébreuses du ciel qui hoquetait à n’en plus pouvoir. Les océans et les fleuves réunis n’auraient pas pu déverser sur eux plus d’eau que ce qu’ils affrontaient déjà. Des orages aussi violents étaient rares et l’été précoce n’y était pas pour rien : les fortes chaleurs et leur lutte contre les hauts courants froids donnaient lieu à une  guerre céleste. La pluie ne cessait de battre le sol asséché où rebondissaient des milliers de gouttes en une folle débandade. Chaque pas entrainait une gerbe d’eau et les vêtements des cavaliers rohirrims étaient détrempés. Il ne restait que trois hommes à l’intérieur du couloir, et l’un d’entre eux se sentait défaillir. L’elfe avait déjà mis hors d’état de nuire trois de ses compagnons et l’homme derrière elle en avait abattu un qui avait disparu dans la fumée et l’ombre de la bâtisse. Il chargea uniquement car il ne pouvait faire demi-tour, mais il fut repoussé sans ménagement par Esmeralda.

A l’extérieur les hommes de main de Dunmod et Thengel avaient déserté les portes des écuries pour faire le tour de la demeure et rejoindre les leurs devant le grand corridor sous la veranda. Il se trouvait là en tout et pour tout une dizaine d’hommes plus assoiffés de violence les uns que les autres. L’un d’entre eux n’eut jamais l’occasion de voir à quoi ressemblait l’intérieur du bâtiment. Il sentit une lame froide lui ôter la vie et l’obscurité le saisit. Les autres n’étaient pas prêts à se laisser faire. Et après un moment de surprise, ils se rendirent rapidement compte que les elfes n’étaient que deux. Trois cavaliers chargèrent Lingwë et Firiendil pour les occire. Ils poussèrent un cri de damné pour se donner du courage et leurs armes s’abattirent violemment sur les deux compatriotes dont la seule chance de survie était de faire front.

A l’intérieur du bâtiment, les blessés n’étaient plus d’aucune aide. Il n’y avait qu’une courte fenêtre qui donnait du premier étage sur la véranda, mais jeter quelques objets sur des casques rohirrims ne feraient que gêner les assaillants, les ralentir tout au plus. Mais Andor avait une autre idée en tête. Il retrouva Baudouin dans le bâtiment et lui ordonna de décrocher une des torches qui balbutiait encore dans le bureau de Daeron. Les deux seaux d’huile en main, il se dirigea ensuite vers la petite ouverture qui servait bien plus d’aération que de fenêtre et qui donnait directement sur le reste des hommes qui cherchaient toujours à s’engager dans le couloir. Tant bien que mal, il réussit à jeter le premier récipient qui rebondit sur l’armure d’un soldat déversant son contenu aléatoirement sur les murs et les cavaliers. Le second visa plus juste, et l’huile se répandit en plus grande quantité sur les hommes et le sol devant eux. Les agresseurs jetaient des jurons sans comprendre ce qui leur arrivait, persuadés que ceux du premier étage continuaient à leur jeter des objets farfelus sur le crâne.

- A toi Baudouin ! Vise bien cette fois ou bien nous sommes perdus !

Baudouin se rapprocha à son tour de l’ouverture avec son arc court et quelques flèches qu’il avait encore à sa disposition. Il enroula un torchon autour de la pointe et l’enflamma avec la torche. Il ne blesserait personne avec cette arme, il le savait bien, mais à défaut d’envoyer qui que ce soit au trépas, le but était de déstabiliser cette masse informe de mercenaires abrutis par la promesse de repas chauds et de bourses sonnantes et trébuchantes. Il décocha son trait avec le plus de précision possible pour atteindre une surface en contacte avec l’huile. L’embrasement fut rapide et soudain. Le feu se propagea sur les armures et les vêtements des hommes qui hurlèrent de surprise, puis de douleur. L’un d’entre eux eut la mauvaise idée de se jeter sous la pluie pour éteindre les flammes, mais comme toute bonne cuisinière le sait, l’eau et l’huile enflammée ne font pas bon ménage. L’homme s’embrasa plus encore, et malgré ses tentatives pour se soustraie à la morsure du feu, il se fit dévorer par les hautes chaleurs et la férocité des flammes. Trois autres rohirrims avaient été partiellement arrosés d’huile et subirent le même sort. L’un d’eux réussit à éteindre l’embrasement en frappant ses vêtements à hauteur des épaules et des bras. Les deux autres furent obligés d’abandonner armes et armure pour échapper à la mort ils et se dévêtirent avec hâte au milieu de la bataille dans une transe frénétique. L’un d’eux portait des brûlures profondes et étendues et s’éloigna des combats en hurlant et en gémissant, une partie du visage déformé par ses blessures. L’autre regardait, hébété, des lambeaux de chair quitter ses avants bras, abasourdi par la douleur.

La situation semblait basculer au profit des hommes de Daeron et de leurs compagnons d’infortune. Mais il restait encore une demi-douzaine de cavaliers à neutraliser pour que la paix retrouve une place dans les prairies de l’Eastfold.
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Sigvald Lingwë
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Mar 22 Sep 2015 - 14:16

La situation devenait des plus intéressantes. Depuis le début des hostilités avec ces Rohirrims, Lingwë n'était resté que pour un tel moment, lutter pour rester en vie et se battre. Il était peut-être le seul à apprécier le moment présent. Firiendil, lui était plus que tendu, l'idée d'un combat en infériorité numérique le déplaisait aux plus au point et il lançait des regards noirs vers son homologue elfe, qui agissait trop vite et sans réfléchir. Tout lui donnait raison de penser cela.

Dix cavaliers devant lui...  Notre elfe esquissa un sourire, ne prêtant nulle attention à son compagnon. À cet instant trois hommes foncèrent tête baisser, il fit de même en direction de l'un d'eux. Lingwë courra vite, peut-être trop, imprudent et inconscient, il para de justesse la lame de son adversaire qui s'abattit violemment, le repoussant à terre dans la boue. Firiendil tenait quant à lui habillement les deux autres en respect

Dans la boue, Lingwë tenta de se relever, mais l'homme était déjà sur lui. Au-dessus de sa victime le Rohirrim frappa de toutes ses forces sur l'épée brandie par l'elfe, qui menaçait de céder à chaque instant. Aveugler par la pluie qui lui coulait abondamment sur le visage il lâcha prise sous les assauts acharnés de l'homme, qui en une fraction de seconde lâcha son arme pour enserrer la gorge de l'elfe. Lingwë sentit les mailles du gantelet s'enfoncer dans les chairs de son cou. Idiot qu'il était, il se maudissait d'être aussi bête et impulsif, un bon à rien. Son visage était crispé et la détresse se lisait dans ses yeux. Il avait beau frapper encore et encore, l'homme ne vacillait pas. Notre elfe ne savait plus quoi faire, se débattre de toutes ses forces n'y faisait rien, c'était perdu d'avance.

Lingwë ne pouvait pas lutter, son souffle diminuait ainsi que sa force. Ses coups baissèrent en puissance et ses mouvements devinrent lents...

Dans un bruit sourd, un vague de chaleur les envahis, intense, durant quelques secondes tous oublièrent le combat et la pluie glacé. Alors qu'on lui serrait la gorge et que sa respiration devenait haletante. Il vit des ombres s'éloigner, dévorer par les flammes. L'homme relâcha quelque peu sa prise pour se retourner vers ses camarades en détresse, notre elfe tenta de se débattre, mais sans résultat. Le Rohirrim retira l'une de ses mains de la gorge nouer de l'elfe à la peau plus pâle que jamais. Il ôta son heaume, son visage était plein de rage et son regard était plus que menaçant. Lingwë ne pouvait pas parler, aucun son ne pouvait sortait de sa bouche. L'homme abattit avec force et répétition son heaume sur le visage de sa victime. Notre elfe luttait tant bien que mal, mais dans ces circonstances il était impuissant, démuni par cette démonstration de violence.

Il avait mal, il sentit sa joue ainsi que son arcade s'ouvrir, se déchirer contre l'acier. Le sang lui masqua en partie la vue, il ne voyait plus que le casque s'abattre et s'abattre encore dans un bruit étouffé. Il ne pouvait pas se défendre, sa chair était battue comme pour attendrir un morceau de viande. Couvert de sang, meurtri et à bout, ses yeux se fermèrent. L'homme continua de le marteler de plus belle jusqu'à ce que Lingwë ne réagisse plus.

- Meurs chiens ! Crève sale elfe ! Les gars ! Tuons l'autre !

Le Rohirrim s'arrêta et se releva pour s'attaquer à l'autre elfe qui se défendait tant bien que mal. Lingwë se sentait tomber dans les pommes, il n'avait plus mal, mais il avait peur, peur de mourir. Quelques secondes s'écoulèrent, peut-être de longues minutes, mais cela lui semblait une éternité.

Gisant là, inerte, il rouvrit doucement les yeux. Il sentait un liquide chaud lui couler par-dessus les paupières et descendre délicatement dans sa bouche, comme une boisson pâteuse, ferreuse et sucrées. D'un geste lent et prudent il balaya son visage de sa main qui se couvrit de sang. Il regarda autour de lui, un peu plus loin Firiendil avait tué l'un d'eux, mais il allait bientôt être dépassé par tous les autres,. Encore un peu dans les vapes, il vit une ombre s'approcher dans sa direction. Il n'allait pas mourir ce soir, sa tête le faisait atrocement souffrir, il devait se battre, lutter. Chaque mouvement, le fait d'ouvrir et de fermer la bouche, même de déglutir n'était que douleur. L'un des rescapés des flammes s'avança en direction de Firiendil, il passa près de Lingwë, le dévisagea et continua son chemin. Notre elfe était en piteux état, son visage était ouvert à plusieurs endroits, certaines de ses plaies libéraient encore du sang, ses habits étaient maculés de liquide rougeâtre, un vrai cadavre. Décider à ne pas en rester là, Lingwë lui enserra le pied et le fit trébucher. L'elfe roula sur lui-même et se plaça juste au-dessus de l'homme aux habits roussi par les flammes, cette fois-ci les rôles étaient inversés. Son regard était déterminé, il n'allait pas le laisser s'en tirer.

Il était une vision d'horreur, il arborait un sourire diabolique imprégner de sang qui lui barrait le visage, l'on aurait dit un fantôme, ses habits blancs faisaient contraste avec le rouge qui recouvrait toute la partie supérieure de son corps.

Glissant sur la boue, il se rapprocha et frappa d'un cou sec l'homme qui était ventre au sol. Son cœur s'emballa et malgré ses blessures il se sentait plus puissant qu'avant, comme un second souffle après avoir couru longtemps. Sans armes, il détacha les bandages de son poignet, dévoilant ainsi les marques maudites de Melkor et Sauron. Peu lui importe, il frappa de plus belle et tout se déroula vite... Il passa le solide bandage autour du cou à nue du cavalier, fit deux tours et il serra jusqu'à entendre un craquement. Il plongea en avant dans un mouvement brusque, il s'empara de l'épée de sa victime qui gisait dans l'eau et la boue. Une rage intense monta en lui et un peu plus au loin, à quelques mètres, même s'il ne voyait quasiment rien à cause de la pluie, il entendit Firiendil l'appeler. Lingwë n'avait plus qu'une seule envie, tuer le cavalier qui l'avait ridiculiser, il voyait noir. Dans l'obscurité de la nuit, les cris des hommes brûlés perçaient à travers le bruit assourdissant du tonnerre. Une douce mélodie à ses oreilles.

Autrefois, il y a des siècles, il avait développé un certain don pour ce qui était de maîtriser les foules. Devenir la peur elle-même et l'insuffler dans le cœur des gens, tout était dans la mise en scène. Dans un bref instant de génie et de colère, il leva haut sa lame et décapita le corps sans vie qui se tenait à ses pieds. Sa bouche meurtrit marmonnaient alors quelques mots avant de crier distinctement...

- Je vais les tués... Je vais les tués... JE VAIS TOUS VOUS TUES !

Il se rua vers les rohirrims qui submergeait Firiendil, il s'arrêta net pour ne pas commettre deux fois la même erreur et dans un geste fluide il balança la tête fraîchement découpée vers le groupe d'hommes. Certains se retournèrent et l'un d'eux se la pris de plein fouet. Lingwë ne pensait plus à rien, à part se venger et tuer. Il avait une envie irrépressible de tenir celui qui avait failli le conduire à la mort, l'envoyer dans les flammes près de la maison et le voir brûler avec souffrance.

Deux d'entre eux le chargèrent. Tenant fermement l'épée de sa main droite, il para une première attaque, décocha un violent coup de poing dans le casque de l'homme qui chancela. Profitant de l'instant, Lingwë le saisit par le col et força la garde de son ennemi, sa lame s'enfonça délicatement dans le cou de son adversaire coincer comme dans un étau. Dans un silence de mort il plongea son regard dans celui apeurer du cavalier qui se vidait de son sang. L'autre homme pressa le pas et attaqua, notre elfe vu le coup venir, il utilisa le corps qu'il tenait fermement et s'en servit comme d'un bouclier.

Notre elfe sentait le vent changer en sa faveur, bien que son état soit grave, il s'en fichait éperdument, il avait déjà subi des blessures plus lourdes par le passé. Décider à ne pas mourir aujourd'hui, Lingwë oublia qu'en cet instant, il était devenu le méchant. Sa façon d'agir et d'être dans les derniers instants, était loin d'être de ce que l'on attend de quelqu'un de « bien ». Un Melkorite, un membre de la Couronne de Fer et un monstre voilà comment on le verrait sûrement par la suite. Mais pour le moment il n'y pensait pas.


Ps: Du retard, les concours et la recherche d'une entreprise mon bien occuper.
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Esméralda Läenia
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Mer 30 Sep 2015 - 21:11
Un nouvel ennemi entra, beaucoup plus hésitant que les précédents, il finit néanmoins par attaquer. Sur l'instant, Esméralda poussa un soupir de découragement et esquiva son attaque maladroite en ne faisant qu'un léger pas de côté. Il fut emporté par son élan et manqua de se cogner contre le mur derrière elle. Elle se retourna vivement et bloqua le coup suivant.
*Il attaque au hasard en espérant me toucher, songea-t-elle. Il a peur de moi. Elle sourit. Et il a raison.*

Esméralda s'arrangea pour le mettre hors d'état de nuire sans le tuer. Tuer la répugnait, elle ne le faisait que lorsqu'elle n'avait pas le choix et là, vu ces piètres talents de combattant, elle avait largement le choix. Alors qu'il s'écroulait, les bruits de l'extérieur attirèrent l'attention de l'elfe. Des cris, des cris de douleur. Elle se précipita vers la porte et, ignorant toute prudence, regarda dehors. Surprise par les flammes, elle esquissa un mouvement de recul.

Un cri attira  son attention, un homme enflammé traversa l'espace qui les séparait en hurlant.Ses yeux, remplis de terreur, se convulsaient. Arrivé à sa hauteur, elle put voir une dernière fois son regard terrifié avant qu'il ne s'effondre juste à ses pieds. Elle eut tout juste le temps de s'écarter. Des derniers soubresauts soulevèrent son corps puis il s'immobilisa.

Elle resta un instant figée par cette scène. Elle avait pourtant déjà vécu d’autres événements horrible mais ne s'y habituait pas.

Elle entendit un léger bruit non loin d'elle puis la suite arriva si vite qu'elle eut à peine le temps de comprendre. Quand cela se calma un peu, elle prit conscience de ce qui venait de se passer. Ses réflexes l'avaient une fois de plus sauvée. Ses poignards étaient croisés et bloquaient la lame qui se trouvait maintenant à quelques centimètres à peine de sa gorge. L'assaillant, qui n'avait visiblement pas été touché par les flammes, avait profité du trouble général qui régnait pour tenter d'entrer discrètement. Se trouvant sur son chemin, Esméralda était un élément gênant qu'il essayait de faire disparaître.

Elle le repoussa avec difficulté et se mit en garde afin de ne pas être une nouvelle fois prise au dépourvu. Il attaqua à nouveau. Elle voyait facilement ses attaques mais avait beaucoup de mal à les bloquer. Après  plusieurs coupures, elle choisit d'esquiver pour éviter des blessures plus graves. Reculant de plus en plus, elle sentait qu'elle se rapprochait dangereusement du mur et quand elle y arriverait, elle serait bloquée.

- Ne recule jamais devant un adversaire, au contraire, avance.

- Et si je ne peux pas avancer ?

- Alors reste au moins en place.


Esméralda tressaillit et, sans savoir si elle pouvait vraiment faire confiance à ce que lui soufflait sa mémoire, elle arrêta brusquement de reculer et bloqua l'attaque suivante. Elle l'observa attentivement, cherchant une faille. Dès qu'elle la trouva, elle saisit immédiatement cette chance et parvint, avec beaucoup de mal, à le vaincre.

Elle eut un léger sourire ironique. Ce seul combat l'avait encore plus épuisée que l'ensemble des autres. Elle commençait à être essoufflée. Il était grand temps de terminer tout ça.
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Nathanael
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Mer 28 Oct 2015 - 12:30
Les Rohirrims eurent un mouvement de recul face à la démence qui s’était emparée de l’elfe. Défiguré par les coups, il ressemblait à ces démons des âges antérieurs, bariolé du sang de leurs ennemis, le visage déformé par un rire cruel et un regard mauvais. Il n’y avait plus aucune beauté insufflée par Eru sur ses traits, plus aucune sagesse, plus aucun signe des Premiers Nés. Il n’était que vengeance, portant avec ferveur la sauvagerie à son comble. Il ne restait plus guère d’hommes debout, pris dans l’étau elfique qui se resserrait. Firiendil et Esmeralda coupaient toute retraite aux sbires de Thengel et Dunmod. Les blessés laissaient échapper des cris de douleur et se retiraient du champ de bataille pour éviter de mourir. Deux hommes continuaient de héler leurs compagnons pour maintenir leur front, deux hommes qui s’évertuaient à faire face aux elfes, bataille impromptue dans les plaines du Riddermark.

A l’intérieur du bâtiment, Baudouin et Andor étaient redescendus au rez-de-chaussée, portant une longue et lourde pique, une arme désuète qui se morfondait avec tristesse dans une salle sombre de la demeure de Daeron. La lame qui était attachée au bout du large morceau de bois était aussi longue qu’une épée. Elle était émoussée mais la pointe était acérée même si la rouille avait doucement colonisé le métal au fil des ans. Andor tenait l’arme à son premier tiers, se faufilant difficilement dans le couloir avec cet étrange armement, soutenant l’effort avec force expirations, longues et difficiles. Un âne mort aurait été plus facile à transporter dans ces conditions. Baudouin quant à lui se tenait en arrière, suivant Andor au rythme de son pas, rapide et saccadé, évitant les cadavres. L’idée avait surgi des profondeurs de l’esprit du rôdeur tandis que les flammes embrasaient les corps de leurs ennemis. Il était difficile de lutter dans l’étroit couloir et impossible de riposter convenablement sans être gêné par l’exigüité du lieu. Andor s’était alors saisi de cette énorme pique à sanglier, une de celle qui avait servi à tuer le monstre d’Everholt aux dires de Daeron, et avait sommé Baudouin de l’aider à la transporter. C’est donc face à l’étonnement d’Esmeralda que les deux hommes prirent leur élan et se laissèrent emporter par le poids de l’arme au travers des flammes, frappant à l’aveugle tout ce qui se trouvait devant eux. Ils franchirent les lourds battants enflammés en hurlant comme des diables, et se jetèrent au dehors en tenant fermement leur lance. Le choc lourd arrêta les deux hommes dans leur course, et le cri de terreur de leurs ennemis mourut sur leurs lèvres entrouvertes, l’épée à la main. Ambolt et Baudouin avait embroché d’un seul jet les deux cavaliers qui tentaient encore de mettre à mal les défenses fragiles de la demeure. Le premier homme fut éventré, blessure mortelle, le second eut la cuisse transpercée  de part en part. Malgré leur infériorité numérique les elfes avaient soutenu la compagnie de Daeorn même s’il avait fallu, pour cela, réduire la demeure à peu de choses. Les écuries flambaient avec vigueur, et le toit prenait à présent feu, les murs soutenant difficilement l’ardeur des flammes.

Leurs assaillants rendirent les armes, et un des seuls hommes encore valides lâcha son épée au sol et leva haut les bras pour qu’il ne soit plus pris pour cible des assauts répétés de Lingwë. L’elfe était effrayant, mais la question n’était pas de savoir s’il avait sombré dans la folie, car il était urgent d’aider les blessés et les infirmes à descendre de l’étage pour ne pas mourir étouffé ou brûlé vif dans le brasier. Baudouin fut le premier à remonter pour aider ses proches, Andor sur ses talons. Mais déjà les cris se faisaient entendre tandis que ceux qui le pouvaient descendaient d’eux-mêmes pour se soustraire à une mort certaine. Baudouin redescendit avec Miston dans les bras, inerte. L’enfant ne respirait plus. Daeron avait les yeux rouges quand on l’aida à sortir de sa demeure, mais il était difficile de dire si la raison de ses larmes était la fumée suffocante et l’extrême chaleur ou si la tristesse emplissait son cœur. Cyrielle, sur ses talons, aidaient le couple de bergers à avancer en claudiquant jusqu’à ce qu’ils parviennent sous la pluie. Ils faisaient peine à voir, tous, sans exception. Même ceux qui n’avaient pas combattu portaient des traces de coups, le visage bruni par les volutes noires qu’exhalait la maison, le souffle court, les yeux meurtris, hébétés. Dans ce combat fratricide où les elfes les avaient secourus, ils avaient tout perdu. La pluie s’évertuait à présent à les alourdir d’un fardeau supplémentaire. L’herbe semblait incapable d’absorber les excès du ciel, et les plaines semblaient submergées, couvertes d’une pellicule d’eau régulière où se mélangeait le sang de leurs ennemis et le leur. Andor aida la dernière personne à sortir de la demeure, abasourdie par la violence qui venait de se déchaîner sous leurs yeux. Les hommes simples du Riddermark étaient habitués aux rigueurs du climat et de la vie en extérieure, mais voir tout ce sang, les blessés, et les morts, c’était différent. Ils avaient tous eu vent de la guerre fratricide qui avait opposé les Trois Rois, mais aucun d’eux n’y avaient participé, et il leur semblait à présent qu’il s’agissait d’une réplique puérile d’une lutte vaine. Ils avaient tous perdu quelque chose : certains leur honneur, d’autres la vie, un proche, un ami, peut-être la raison s’était-elle aussi envolée. Il était inimaginable qu’on en vienne à se battre pour si peu, pour des troupeaux et de l’argent, synonyme de pouvoir et de richesse. Daeron reprit ses esprits tandis que chacun constatait les atrocités qui s’étaient déroulées.

- Laissez-le en vie…

Il s’adressait aux elfes. Lingwë tenait toujours son arme à la main et Daeron craignait qu’il ne continue son massacre. Le regard de l’elfe était terrifiant, et les ecchymoses et le sang qui couvraient son visage n’arrangeaient rien. Baudouin et Andor aidaient les cavaliers à se regrouper sous la pluie, il n’était plus que cinq. Deux étaient encore entre la vie et la mort, mais personne ne pouvait plus les aider. Ils suffoquaient, happant un air invisible qui ne voulait plus entrer dans leurs poumons. Cyrielle détourna les yeux, horrifiée, et se rapprocha, intimidée, de l’elfe qui avait combattu au côté de Celarith. Sa demande était suppliante et sa gorge, nouée, ne laissa sortir que des mots faibles.

- Pouvez-vous l’aider, pouvez-vous le secourir ?

Elle désignait Miston dont le corps inanimé reposait dans les bras de Fréma qui sanglotait de voir encore un enfant blessé et meurtri. Ses filles étaient toujours entre les mains des seigneurs Thengel et Dunmod. La main potelée de la petite fille que Firiendil avait sauvée tenait celle de Miston. Que pouvaient bien comprendre ces enfants à tant de violence ? Puis, quand les choses semblèrent se calmer, que les cavaliers furent faits prisonniers, Andor posa la question qui brûlait sans doute les lèvres des autres.

- Daeron, il faut que nous partions. Nous ne pouvons pas rester là, le feu ne s’éteindra guère avant l’aube.

Partir, l’idée aussi évidente soit-elle laissait dans l’ombre leur destination : pour aller où ? Les blessés, quel que soit leur camp, ne pouvaient pas tous être déplacés. Il était évident que deux des cavaliers qu’ils avaient affronté mourraient s’ils les transportaient sans qu’ils ne reçoivent de soins. Et il fallait encore récupérer les chevaux, évanouis Eru savait où dans les plaines et les collines alentours. Malgré l’urgence de la situation, chacun semblait peser le pour et le contre mais beaucoup s’abstenait d’émettre une opinion, rongé par le doute, et plus encore, par la peur.
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Sigvald Lingwë
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Sam 7 Nov 2015 - 18:00
Lingwë avait entamé une sorte de carnage où tout n'était qu'un défoulement de rage et de colère. Son visage tuméfié était pour lui le symbole de son humiliation, une seule chose pour mettre fin à celle-ci, tuer. Firiendil lançait envers son compagnon des regards mélangeant incompréhension et peur, comme s'il redoutait le moment où le dernier homme tomberait. L'étau des elfes se resserrait peu à peu sur les derniers Rohirrims et rapidement il n'en resta plus qu'un. Dans le même moment, Daeron et tous les autres sortirent de la demeure ronger par les flammes. Il ne restait qu'un seul cavalier, il déposa les armes rapidement, terrifié par le triste sort de ses compagnons. La pluie battante avait peu à peu diminué et les flammes dévorantes reprenaient de plus belles, la scène était dérangeante. La lumière se dégageant de la bâtisse montrait un spectacle cruel, corps calciné, des morts et du sang autant que le noir permettait de laisser voir.

Notre elfe s'approcha doucement du survivant, prêt à abattre une nouvelle fois cette lame pour conclure ce déchaînement de violence.

- Laissez-le en vie…

Ces quelques mots suffirent à Lingwë pour qu'il arrête. Enfin ! Le calme était retombé, alors que tout le monde le fixait, le dévisageant pour certains, il ne pensait qu'à une chose, il ne pouvait en rester là. Ces hommes étaient allé trop loin, ils devaient payer d'une manière ou d'une autre. Rapidement, l'elfe de Vertbois remis en question sa présence ici. Cette mission, qui avait tout pour être banale avait pris des dimensions et une tournure à laquelle il ne s'attendait absolument pas. L'or, il s'en fichait, Lingwë avait peut-être sauvé des gens par ses actions plus ou moins discutables, mais il avait été impuissant face à l'un d'eux. D'une certaine manière, il n'avait qu'une chose en tête, son échec.

Rester une seconde de plus ici, lui était insupportable, les hommes et leur monde, il n'en pouvait plus. Un univers flou et brouillon, où tout peut arriver, un grain de sable déclenchant une avalanche. Il pointa son épée en direction du petit groupe, ils étaient épuisés par les combats, choqués et pour certains, le visage noirci par la cendre. Lui-même était dans un piteux état.

- Ne vous approchez pas ! Où je le tue !

Dans son esprit germa une idée, une sorte de plan, qu'il allait mettre en œuvre, puis il quittera ces terres maudites. Mais étrangement en voyant les regards désespérés, il ne put s'empêcher de repenser à son père lors de leur rencontre à Djafa. Là, où il l'avait abandonner une seconde fois, Lingwë avait gardé en mémoire la tristesse dans les yeux de son père. Aujourd'hui il retrouvait ce sentiment sur les traits tirés de Dearon et des autres. Il pouvait encore agir pour le mieux.

Notre elfe mis genou à terre et menaça la gorge du cavalier restant avec son épée, jouant de sa lame sur la peau de l'homme, comme une petite caresse macabre. Maintenant fermement de l'autre main l'homme par la nuque, il lui souffla quelques mots à l'oreille.

- Tu vas écouter attentivement ce que je vais te dire... Là, il resserra son emprise et dirigea la tête de l'homme pour qu'il regarde les marques sur son bras, l'Oeil de Sauron surmontée d'une Couronne de Fer. L'homme trembla de peur. Si tu ne suis pas mes ordres, je te retrouverais toi et ta famille, je vous torturais, puis je te tuerais en dernier, sois en sûr. Je vais te libérer, tu rentreras chez toi, tu diras que Daeron est mort de mes mains. Tu leur feras comprendre que « l'elfe fou » l'a tué car Daeron n'a pas honoré sa part de marché. Je suis sûr que ce qui ont fui avant toi te croirons et confirmerons tes dires. Lingwë a toujours sus maîtrisé les sentiments de ses victimes, une chose pour laquelle il excellait. Il colla son visage plein de sang à celui de l'homme, lui murmurant encore à l'oreille. Si un jour, tu entends une troupe venir chez tes Seigneurs,  fait en sortes de rester auprès de ta famille. Maintenant dégage ! Lingwë le poussa violemment dans la boue et l'homme s'enfuit à toutes jambes dans l'obscurité. Toujours dos au groupe, il arracha sa manche droite et se la noua à l'avant-bras gauche, afin de masquer ses marques.

* ~ ~ *~* ~ ~ *

Après quelques instants et les esprits calmés. Ils décidèrent tous de quitter les lieux. Mais notre elfe ne voyait pas les choses de la sorte. Lingwë s'approcha de Daeron et lui arracha les rennes de sa jument. Sans hésiter et sous le regard ahuri de tous, sans penser aux blessés, sans penser à personne, il balança l'épée qu'il avait pris sur l'une des ses victimes. Démunie d'armes, il monta non sans peine sur le cheval, ses blessures étant tout de même importantes.

- Je pars. Je ne souhaite pas mourir avec vous. Pour les elfes, nous nous reverrons certainement un jour, pour les autres, adieu... Un conseil. Pour votre sécurité restée ici, quand les flammes vont disparaître, vous aurez au moins un semblant d'abri. Les plus faibles mourront dans ces plaines.

Sur ses mots, Lingwë fit partir la jument de Daeron au galop et il disparut dans la nuit, sans une once de remords. Se rappelant du chemin qu'il avait emprunté avec Andor, il fit le chemin inverse, direction Edoras.
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Esméralda Läenia
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Lun 23 Nov 2015 - 22:18
*Ça ne se finira donc jamais ?* Se demanda Esméralda avec découragement en se débarrassant rapidement d'un nouvel adversaire. Elle avait l'impression de se battre depuis des heures... ce qui était peut-être le cas, elle n'en avait aucune idée.

Elle souffla un coup et se tourna de nouveau vers la porte afin de faire face à ceux qu'elle entendait déjà arriver. Elle n'eut même pas l'occasion de voir leur visage car du bruit venant du couloir la fit se retourner.
*Ce sont Baudouin et... elle dut réfléchir un instant pour retrouver le nom du second, qu'elle n'avait entendu que deux ou trois fois. Andor, finit-elle par retrouver. Mais que font-ils ?*

Elle les regarda avec surprise amener une énorme pique et se jeter avec contre ce qu'il restait de la porte blessant au passage les deux hommes qui se trouvaient derrière et s'apprêtaient à les attaquer. Elle hésita un peu mais finit par les suivre dehors, elle voulait savoir ce qui s'y passait... et ce qu'elle y vit serra son cœur.
*Tant de morts, tant de souffrance... pourquoi ? Pourquoi faire tout ça ? Pourquoi ne pas essayer de trouver autre chose pour...* Elle détourna le regard, espérant ne plus avoir à voir ça mais où que ses yeux se posent, ils ne rencontraient que mort et désespoir.

- Laissez-le en vie…

Esméralda sursauta et tourna la tête vers Daeron, remarquant pour la première fois que lui et les autres étaient sortis de la maison en flamme. Sans l'avoir remarqué, elle s'était inconsciemment rapprochée d'eux, cherchant sans doute un peu de compagnie dans tout ce chaos.
Elle chercha du regard la personne dont il pouvait parler. Voyant le rohirrim désarmé, elle hocha doucement la tête sans rien dire. Elle observa silencieusement ses compagnons et frissonna en apercevant l'expression de Lingwë. Elle voulut s'approcher de lui pour lui parler mais la demande suppliante de Cyrielle l'arrêta.

- Pouvez-vous l’aider, pouvez-vous le secourir ?

Son regard se posa alors sur Miston, qu'elle n'avait pas encore vu. Son cœur se serra en voyant le garçon inconscient. Elle s'accroupit rapidement à son chevet. La petite fille qui lui tenait la main voulut s'écarter, sans doute affolée, mais l'elfe la retint.

- Attend, lui dit-elle doucement. Écoute-moi, je vais essayer de le réveiller. Mais pour ça, j'aurais besoin que tu continues de tenir sa main, on a toujours besoin de sentir que quelqu'un attend qu'on revienne. Tu veux bien faire ça ?

La petite hocha timidement la tête.
*Et moi ? Se demanda-t-elle en commençant à s'occuper de lui. Y a-t-il quelqu'un qui m'attend ? Elle lança un regard aux écuries qui continuaient de brûler et son cœur se serra de nouveau. Kirzan... où es-tu ?* Il ne pouvait être encore dedans... il était forcément sortit... oui, forcément...
Son attention fut de nouveau attirée par Lingwë. Ne pouvant quitter Miston, elle se contenta d'écouter. Esméralda eut un faible sourire en l'écoutant. Ou il était vraiment devenu fou, ou il s'agissait d'un manipulateur de premier ordre. Elle opta pour le second choix. Après qu'il eut repoussé l'homme, elle lui lança un rapide regard et fronça les sourcils en le voyant bander son bras. Elle ne l'avait que rapidement observé plus tôt mais elle était pratiquement sûre qu'il n'avait aucune blessure à cet endroit... peut-être s'était-elle trompée. C'était sûrement ça, avec tout le sang qu'il avait sur lui, elle pouvait parfaitement avoir manqué sa blessure.
Elle se concentra de nouveau sur Miston et fut bientôt récompensée quand il prit une profonde inspiration et se mit à tousser. Esméralda était heureuse, soulagée. Elle avait réussi. Elle ne savait pas trop comment, mais elle avait réussi et c'était le principal.

Les choses avaient fini par s'apaiser mais les esprits restaient embrouillés, le moral était au plus bas. Sur ce dernier point, le départ de Lingwë n'arrangea rien. Il avait ses raisons et elle le comprenait mais elle n'était pas prête à laisser les autres ainsi. Elle pouvait encore les aider et elle le ferait. Elle le regarda s'éloigner en silence puis se tourna vers Daeron et Andor qui discutaient.

- Je vais aller chercher les chevaux. Si je l'appelle, mon cheval viendra, avec lui je pourrais sans doute retrouver les autres ou au moins certains d'entre eux. Si jamais nous avons à nous déplacer, cela sera plus simple vu l'état dans lequel nous sommes tous.

Sans attendre de réponse, elle s'éloigna.
Elle n'eut pas à attendre beaucoup pour que Kirzan n'arrive. Elle le serra contre elle, soulagée. Il avait encore toutes ses affaires sur lui. Elle se rappela soudainement de la crise qu'il avait faite peu de temps avant le début des combats. Elle n'avait pas eu le temps de le desseller après ça, du coup, elle n'avait en fait rien perdu dans l'incendie.

- Je ne sais pas comment ça se fait mais tu l'as senti, tu as senti qu'il allait se passer quelque chose qui me ferait te monter dans la précipitation. C'est pour ça que tu as refusé que je te desselle tout à l'heure. Elle l'observa. Il avait récolté un bon nombre de brûlures dont certaines ne disparaîtraient pas avant longtemps, voire pas du tout. Et bien mon pauvre, je crois que je m'en suis mieux sortie que toi.

Elle monta en selle et se pencha sur son encolure.

- Mène-moi vers tes amis s'il te plaît, j'ai promis de les ramener. Lui souffla-t-elle.

Il se retourna et partit au petit trot. L'étalon l'amena vers deux autres chevaux. Esméralda regarda autour d'eux.
*Les autres ont dû partir plus loin. Tant pis.* Ils étaient tous les deux sellés, ce qui voulait sans doute dire qu'ils appartenaient aux derniers arrivés. Elle descendit de Kirzan, s'approcha doucement d'eux et attrapa leurs rênes.
Elle rentra tranquillement, Kirzan marchant à côté d'elle sans qu'elle ait besoin de le tenir. Elle était épuisée. Mais bon, ils allaient sans doute avoir une pause maintenant. Même si elle se doutait bien que c'était loin d'être fini. En s'approchant de la maison... ou plutôt de ce qu'il en restait, les chevaux devinrent nerveux, elle les calma doucement avant de reprendre sa route vers les autres  qu'elle pouvait déjà apercevoir.
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Nathanael
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Mer 20 Jan 2016 - 11:45
- Miston !

Cri de douleur de la part de Baudouin. L’homme se tenait, consterné, devant le corps sans vie du jeune garçon. Si jeune, si fragile. Le géant s’effondra, tombant à genoux dans la boue et l’herbe détrempée. Il porta la main sur son front, dissimulant les larmes qui roulaient sur ses joues drues, dissimulant la honte qui lui serrait la poitrine. Il sentait une main invisible lui écraser le cœur, une détresse innommable l’empêchait de respirer. Il sentait le goût salé des larmes sur ses lèvres, le goût amer de la défaite et de la perte d’un proche, l’échec, la colère et la haine. Une conviction intime, violente, rapide, le saisit, et c’est dans un geste de désespoir et de vengeance qu’il se releva tandis que Lingwë fuyait le champ de bataille. Baudouin hurla sa peine et sa rage dans un cri animal, désespéré. Et ils se retournèrent tous trop tard pour se rendre compte de ce que réalisait le serviteur de Daeron. D’un geste sûr et ferme, il serra ses mains calleuses autour de la gorge d’un blessé. L’homme ne put même pas hurler, ses yeux exorbités exprimaient la surprise et la peur.    

- Baudouin, non ! NON ! BAUDOUIN !

Daeron accourait comme il pouvait, boitant sous la pluie, trébuchant et se raccrochant désespérément à sa canne pour tenir debout. Mais il était trop tard. Les flammes avides terminaient de brûler la maison, la fumée noire et huileuse rejoignait les nuages sombres et grondants tandis que la vie du Rohirrim quittait ce monde sous les mains acharnées de Baudouin. Le géant pleurait tandis qu’il étranglait l’homme, il pleurait la mort de Miston, la mort de ce petite homme si gentil et sagace, ce fidèle ami qu’il ne reverrait plus.

Mais la magie des elfes opéra, loin des regards et de la brutalité des hommes. La vie eut un sursaut inattendu. Miston toussa, bruyamment, violemment, et il aspira l’air autour de lui comme s’il respirait pour la première fois. Ses yeux se portèrent sur Esméralda qu’il discernait mal tant la pluie l’aveuglait. Elle était loin de l’image des contes pour enfants, il n’y avait pas de halo de lumière dans ses cheveux, il n’y avait pas d’incantation magiques ou de chants, pas de formule, pas d’étincelles. L’elfe avait des mèches collées sur le front, des brûlures ici et là sur le visage, les yeux rougis par la fumée, elle n’était en vérité plus très belle sous les éléments déchaînés. Mais Miston lui vouait un regard plein de gratitude et d’étonnement. Il sentit la main de la petite fille dans la sienne et la serra, plus fort que nécessaire.

- Aïe, tu m’fais mal.


Mais il était si bon de sentir la petite main chaude et potelée de l’enfant dans la sienne, de sentir la vigueur qui agitait son poignet pour se dégager de son étreinte. Il la lâcha et se redressa dans la prairie froide. Il revenait parmi les vivants mais autour de lui il ne semblait y avoir que le chaos. Baudouin tenait encore la gorge de son ennemi, et Miston comprit ce qui s’était passé. Les regards meurtris dans sa direction et le dos voûté de son ami, l’acte immoral et atroce qu’il venait de commettre. Ils détournèrent les yeux, tous, sans exception alors qu’Andor regardait partir Lingwë et posait la question de leur devenir. Daeron portait un masque de douleur et d’incompréhension. Il était bien incapable de prendre une décision. Esmeralda prit les devants. Son initiative fut saluée par l’assentiment du Rôdeur.

Andor aida le vieillard à se relever. Les cavaliers de Thengel et Dunmod s’étaient mis à l’écart, craignant que Baudouin ne leur réserve un sort fatal. L’immense Rohirrim tenait toujours le cadavre à bout de bras. Un des bergers le ramena à la raison et l’obligea à laisser le corps retomber au sol. Andor reprit les rênes de la situation en donnant des ordres à chacun afin que personne n’ait le temps de penser à ce qu’il venait de se passer. L’agitation des mains empêchait les tourments de l’esprit. Il ordonna que l’on récupère tout ce que le feu n’avait pas brûlé une fois les flammes éteintes. Les bourrasques de vent et la pluie abondante finirait bientôt d’éteindre l’incendie. En attendant, les hommes devraient récupérer une dizaine de branches assez solides pour réaliser quatre ou cinq brancards. Si les chevaux revenaient assez nombreux, ils transporteraient les blessés jusqu’au prochain hameau. Sinon, les biens portant se relaieraient pour transporter les moribonds. Les femmes et les enfants devaient relier les branches entre elle avec des linges et des cordelettes, des tresses de lianes et de ronces, surtout, car il ne restait que de rares oripeaux au milieu des cendres.

Chacun s’évertua à remplir sa tâche. Les petites mains agiles de la fillette et de Miston faisaient des miracles, et quatre brancards furent rapidement construits, inconfortables mais solides. Deux cavaliers furent installés sans ménagement sur ces lits d’infortune. Le troisième servirait à Daeron, qui n’était pas capable de marcher aussi longtemps sur de si longues distances, et le dernier, enfin, fut désigné pour porter Miston. L’enfant refusa d’abord de s’y allonger, mais Andor fut des plus convaincants et Miston finit par se soumettre aux ordres du Rôdeur. La fillette s’installerait à ses côtés afin de ne pas les ralentir. Ils en étaient là de leurs préparatifs quand Esméralda les rejoignit avec trois chevaux. Les bergers récupérèrent deux chevaux qu’ils attelèrent comme ils purent pour tirer les Rohirrims blessés. Ils laissèrent le choix à l’elfe d’atteler ou non son cheval, personne n’osant approcher de la jeune femme dont la bravoure n’était plus à démontrer.

- Il y a un hameau plus à l’ouest, non loin des montagnes. C’est un camp d’hivernage pour les bergers et leurs troupeaux. Je doute qu’il y ait beaucoup de monde pour nous accueillir là-bas, mais nous trouverons au moins un abri et de quoi attendre que le mauvais temps ne passe. Cyrielle sait où le hameau se trouve. Je resterai en arrière avec Beaudouin pour couvrir notre fuite. On ne sait jamais …

Andor s’adressait aux survivants, mais surtout à Esméralda qui semblait être la seule à posséder encore ses esprits. Il lui confiait la responsabilité de leur protection le temps que les choses s’améliorent … si jamais elles s’amélioraient. Andor repoussa hors du groupe le Rohirrim auquel Lingwë avait fait une promesse lourde de sens.

- Retourne auprès de ton seigneur et porte-lui le message de l’elfe. Qu’Eru veille sur toi !

Le Rôdeur savait bien que l’elfe n’aurait jamais à tenir sa promesse. Thengel et Dunmod feraient rapidement abattre le pauvre homme pour avoir manqué à son devoir, et pour le faire taire. Si le cavalier décidait de retourner sa veste, il les compromettrait. Andor retourna auprès de Baudouin, lui fit signe de le suivre, et tandis qu’ils retournaient tous deux auprès du baraquement en ruines, il se tourna vers le groupe de miséreux et de rescapés.

- Allez, ne tardez pas, la nuit tombera bientôt et avec elle le froid. Nous vous rejoindrons avant le petit matin.
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Esméralda Läenia
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Mar 12 Avr 2016 - 12:54
Dès qu'elle fut revenue, les chevaux furent attelés à des brancards fabriqués pendant son absence. Elle les regarda, impressionnée. Ils avaient fait du très bon travail en si peu de temps. Voyant qu'ils n'osaient pas s'approcher de son cheval, elle sourit et attrapa le brancard qui lui était destiné afin de le lui accrocher. Sentant que c'était important, il ne chercha même pas à protester... enfin, très peu.
Elle laissa Daeron s'installer dessus et lança un regard au dernier avant de demander à quelqu'un à qui il était destiné. Après avoir reçu la réponse, elle regarda Miston et la fillette en réfléchissant. Elle ne connaissait pas la résistance des autres chevaux et craignait de laisser la petite seule sur l'un d'eux. Elle avait déjà vu Miston monter et ne s'inquiétait donc pas trop pour ça. Il ne lui restait qu'une solution. Elle soupira. Là, c'était certain, Kirzan allait la détester. Elle alla les chercher et les fit monter sur l'étalon qui poussa un hennissement de protestation.
Esméralda lui adressa un sourire d'excuse. Ils n'avaient pas trop le choix. Elle le savait assez résistant pour pouvoir tous les porter, même s'il serait fatigué après, et les autres étaient déjà épuisés, inutile de leur demander plus que cette marche forcée.
Elle finissait d'installer la fillette quand Andor prit la parole.

- Il y a un hameau plus à l’ouest, non loin des montagnes. C’est un camp d’hivernage pour les bergers et leurs troupeaux. Je doute qu’il y ait beaucoup de monde pour nous accueillir là-bas, mais nous trouverons au moins un abri et de quoi attendre que le mauvais temps ne passe. Cyrielle sait où le hameau se trouve. Je resterai en arrière avec Beaudouin pour couvrir notre fuite. On ne sait jamais...

Après ces mots, il se chargea de chasser un de leurs ex-attaquants. Elle comprit à ses mots qu'il devait s'agir de celui que Lingwë avait menacé. Elle le regarda s'éloigner puis réfléchit rapidement à la suite des événements. Un hameau... et à plusieurs kilomètres d'ici... tiendraient-ils jusque-là ? Tiendrait-elle jusque-là ? Son corps lui indiquait qu'elle s'approchait dangereusement de ses limites. Il fallait qu'elle tienne.
Esméralda s'approcha de Cyrielle.

- Nous y allons ? Demanda-t-elle.

Cyrielle hocha la tête et elles prirent la tête du groupe. Ils marchèrent longtemps sous une pluie qui ne semblait pas vouloir s'arrêter. Le moral tomba un peu plus bas avec la venue de la nuit. Ils faisaient régulièrement des pauses afin que tout le monde tienne jusqu'à l'arrivée.
Esméralda guidait Kirzan qui la suivait avec un évident manque de motivation et, plus tard, avec une fatigue flagrante.
Quand ils finirent enfin par arriver au camp d'hivernage, ils étaient tous épuisés. Les quelques villageois présents accoururent pour les aider. Elle laissa Daeron et Andor expliquer leur situation et aida la fillette à descendre de son cheval. Elle voulut faire de même avec Miston mais il voulut absolument descendre seul. Elle le laissa faire puis suivit les autres à l'intérieur d'une maison après avoir guidé son cheval dans une écurie où il pourrait se reposer à l'abri de la pluie. Il était tellement épuisé qu'il n'essaya même pas de râler quand elle le quitta.
Elle s'assit dans un coin et laissa son regard se perdre dans le vague. Ils avaient réussi, ils avaient atteint le camp. Ses pensées étaient embrouillées par la fatigue mais elle se rappela néanmoins ce à quoi elle avait pensé en marchant jusque-là : si elle voulait retrouver son passé, le meilleur endroit pour commencer ses recherches était là où elle s'était réveillée après avoir perdu sa mémoire. On lui proposa un bol de soupe qu'elle accepta avec gratitude. Manger lui fit du bien.
Après ça, elle rejoignit Kirzan. Il dormait profondément. Elle sourit en le regardant, elle lui en avait demandé beaucoup, c'était normal qu'il soit autant fatigué. Elle aussi avait besoin de repos. Elle allait le faire mais ses idées étaient maintenant beaucoup plus claires. Il fallait qu'elle parte d'ici et qu'elle retourne là-bas. L'idée de laisser les autres ainsi lui serra le cœur mais sa décision était prise : dès qu'elle et Kirzan seraient de nouveau en état, ils partiraient. Et elle parlerait de son choix aux autres le plus vite possible.
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Nathanael
Espion de l'Arbre Blanc
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Sam 23 Avr 2016 - 18:00
La nuit était froide et amère. Tous se drapaient dans le silence pour essayer d’oublier ce qui venait de se produire. Mais certains souvenirs font comme de vilaines cicatrices dans les esprits et ne disparaissent jamais complètement. Esmeralda avait mené le groupe jusqu’au hameau avec une grande détermination. Baudouin et Andor les avait rejoints au milieu de la nuit. Miston et la fillette dormaient du sommeil des justes devant un petit feu qu’entretenait Daeron. Le vieil homme avait arrêté de chercher le sommeil et s’était saisi du second tour de garde. Il avait tout perdu. Ses terres, ses troupeaux, sa demeure. Tout n’était plus que cendre et boue sous les mains avides du ciel. La pluie n’était plus qu’une bruine pernicieuse mais le gros de l’orage était passé.  Andor et Baudouin avaient mangé rapidement avant de partager un court rapport. Le rôdeur était plus volubile. Baudouin s’était enfermé dans un mutisme à toute épreuve.

- Personne ne nous suit. Je doute que les seigneurs Thengel et Dunmod ne tentent une nouvelle attaque.
- Que veux-tu qu’ils attaquent Andor ? On ne peut s’emparer de quelque chose qui n’existe pas. Et je n’ai plus rien.


Daeron parlait d’une voix basse et sourde comme s’il n’avait même plus la force de prononcer quelques mots. Il semblait encore plus vieux que de coutume. Ses cheveux gris étaient plaqués sur son crâne et sa chemise semblait trop large pour sa maigre constitution. Il n’avait plus rien d’un petit seigneur rohirrim. Il ressemblait d’avantage à un vagabond vieillissant que le temps aurait pris en pitié.  

La nuit s’étira et céda la place à une aurore pâle et triste. Il ne pleuvait plus mais les nuages pesaient encore lourdement sur les plaines. L’été précoce avait été étouffé par les pluies diluviennes et il faisait presque frais. Parmi les bergers, les femmes s’étaient attelées à la préparation d’un gruau que leurs hôtes partageaient avec eux. Une bouillie d’avoine. Rien de plus. Même un cheval n’en aurait pas voulu. Pourtant chacun trouva réconfortant de manger chaud à l’abri du vent et des intempéries. Baudouin demeurait à l’écart et personne ne chercha à changer la situation. Tous le craignaient à présent et le redoutaient. Même Miston. La matinée s’écoula dans l’attente et la crainte. On redoutait les représailles des seigneurs Thengel et Dunmod. Andor tendait exagérément l’oreille pour percevoir le son d’une foulée de galop. Mais l’Eastfold était calme et serein. Une brume cotonneuse s’attardait sur les versants des Montagnes Blanches, dissimulant les sommets éternellement enneigés. Le vent n’était plus qu’un murmure parmi les hautes herbes et l’on n’entendait que le bruit des goutte d’eau qui glissaient sur la chaume et tombaient sur le sol. Les chevaux avaient été menés dehors pour paître et se délasser. Seuls les visages portaient encore les stigmates de la journée précédente. Les robes et les chemises étaient souillées de sang et de cendre, les yeux était fatigués et marqués par des cernes, les mines étaient lugubres.

- Il vous faudra pourtant continuer votre route seigneur Daeron. Vous ne pouvez rester ici. Les gens qui vivent là n’ont pas assez de quoi vous nourrir vous et vos serviteurs. Aldburg ou Edoras doit être mis au courant et la justice doit être rendue. La lâcheté au sein de votre peuple ne peut être ainsi tolérée.
- Tu es peut être plus sage que moi finalement Andor.
Daeron eut un sourire triste. Mais je ne peux me porter seul vers une quelconque cité. Il me faudra encore te demander ton aide. Prend les chevaux, Baudouin viendra avec toi. Expliquez notre situation. Nous attendrons. Toutes mes richesses ne se trouvaient pas enterré sous l’étable et j’aurai de quoi récompenser encore un peu ceux qui nous tendront la main.

Quelques regards curieux s’étaient tournés vers lui quand il avait parlé d’un magot sous l’étable, mais nul n’osa poser de questions. Les bonnes mœurs ne l’auraient pas toléré. Daeron tourna son corps souffreteux vers l’elfe qui les avait soutenu et mené en sécurité. Ils lui devaient tant.

- Ma dame, je crains de n’avoir que peu de chose à vous offrir pour vous remercier de votre soutien. Vous êtes arrivée sur ces terres comme une étrangère, mais je puis vous affirmer que vous repartirez d’ici en amie chère. Vous avez offert votre vie pour protéger les nôtres et je vous en serai éternellement reconnaissant. Pourtant je n’ai aucun présent qui puisse appuyez mes propos tant je suis dénué aujourd’hui.

Sur ces mots, il s’était rapproché d’Esméralda et lui avait pris les mains entre ses doigts fins et tordus par les ans. On ne pouvait lire sur ses traits que franchise et reconnaissance. Le vieil homme ne pouvait imposer à l’elfe de demeurer auprès d’eux. Elle avait contribué à leur sauvegarde, il aurait été inconvenant de lui en demander plus. Il se sentait honteux de ne rien pouvoir lui offrir en retour pour lui exprimer toute sa gratitude.

- Si vous souhaitez nous quitter, je ne peux que vous conseiller de suivre les pas d’Andor jusqu’à Edoras. Il saura vous indiquer n’importe quel chemin et n’importe quelle piste, quelle que soit votre destination.


Il se passa encore quelques heures avant qu’Andor et Baudouin ne préparent leurs chevaux. Ils avaient aidé le petit camp à s’organiser pour les jours à venir et ce n’est qu’une fois les tâches essentielles accomplies qu’ils s’autorisèrent à partir. Tandis que l’elfe prenait son élan pour monter en selle, une petite main la tirailla par le dos de sa tunique. C’était Miston. Son regard en disait plus long que n’importe quel discours. Il lui devait la vie. Il avait fait la promesse un jour à Daeron de se faire passer pour muet et sourd pour quelques jeux de stratégie qui plaisaient à son maître. Il sentait pourtant le besoin de rompre cette promesse en ce jour. Un mot, un seul mot, murmuré avec une profonde reconnaissance.

- Merci.

Et avec la générosité dont seule les enfants sont capables, il lui tendit un petit objet dans le creux de sa main. Il s’agissait d’un cheval taillé dans un morceau de bois. Un vieux conteur l'avait un jour taillé pour lui. Miston appuya son cadeau de quelques mots supplémentaires. Les seuls sans doute, qu’il prononcerait à une étrangère.

- De la chance pour ton voyage.

Il avait compris qu’elle partait définitivement et qu’ils ne se reverraient jamais sans doute. C’était ainsi. Beaucoup d’au revoir se transformaient en adieu sur ces terres.
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