Paroles d'ivrognes ?

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Esthel
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Mer 4 Mar 2015 - 20:55
[Intro nécessaire pour raccorder mon perso à la cité - mais ensuite, quartier libre !]

La traversée du Pelennor avait été plutôt aisée – et heureusement. La mésaventure de l'embuscade m'avait fatigué plus que de raison. L'angoisse ressentie face à la peur de la mort, mais aussi … Face à la peur de la rupture. J'avais senti ces pulsions reprendre le dessus, l'espace d'un instant, comme l'ombre des légendes d'autrefois, célestes et cruelles créatures qui avaient un instant masqué la lumière du jour de leurs ailes parcheminées. Le retour à la normale avait été rapide, mais je ne pouvais plus m'empêcher, mécaniquement, de faire craquer les jointures de mes doigts dès que possible.

Heureusement, l'ambiance de fête qui semblait bercer le Gondor – le soulagement de l'été approchant et la joie d'un certain mariage royal, du genre de ceux qui permettaient aux plus humbles de vivre par procuration – m'avait facilité les dernières lieues. Un fermier m'avait offert l'hospitalité le soir venu. Il faut dire que, couvert de sang, je faisais peine à voir. Je m'étais écorché en fuyant. Rien de grave, mais le sang du cadavre que j'avais dépouillé avait couvert mes vêtements. Je laissai à l'homme les quelques pièces que j'avais trouvées sur le cadavre en échange d'une chemise propre – l'autre était lacérée et écarlate.

L'homme m'accueillit pour la nuit, m'offrit le repas et le coucher, et m'entretint brièvement des nouvelles du royaume. Les gens du Pelennor avaient un parler si différent de celui des marins ! Plus bourru, mais aussi plus posé. Les marins, toujours entre deux voyages, ne prenaient jamais le temps de baisser la voix, sauf lorsqu'ils devaient comploter – et qu'ils n'étaient pas ivres. Je laissai le paysan et sa famille derrière moi le lendemain matin, nanti d'un petit fromage de chèvre, d'un peu de pain et d'un fruit, de quoi tenir jusqu'à Minas Tirith, mais aussi de choses moins solides. Des conseils, par exemple.

J'arrivai devant les portes de la cité blanche de bon matin. Le soleil ne jouait pas encore avec l'aveuglante pierre blanche, ne scintillait que peu sur les armures des gardes qui grouillaient autour de la porte, grande ouverte, filtrant les entrées avec plus ou moins de soin. Le mariage … Détachant mon regard des murs massifs de la titanesque cité qui m'avait coupé le souffle, je réfléchis à un moyen de faire entrer ma dague dans l'enceinte de la ville. Je répugnais à me séparer d'elle – j'étais déjà si loin de la mer, je n'allais pas me priver d'un moment de plus !

J'attendis patiemment, en retrait, coulé dans l'ombre d'un arbre providentiel, goûtant tranquillement l'air frais du matin tandis que les cohortes marchandes se pressaient, chariots après chariots, pour entrer les premiers dans la ville. L'une de ces charrettes attira mon attention : chargée de tonneaux dont les couvercles tremblaient, elle cahotait sur la route, et heurta une pierre qui fit choir quelques uns de ces fûts. Ce fut l'avalanche de pommes sur la route du roi. Je saisis ma chance :

- Hé, l'ami ! Un coup de main contre une pomme fraîche ?

L'homme, qui menait son chariot seul, sembla ravi de me voir sortir de sous mon abri, grogna et accepta d'un air bourru :

- Ce s'ra même deux qu't'en auras, gamin ! T'm'as l'air ben musclé, v'la qui s'ra vite fait !

Quelques minutes plus tard, les tonneaux étaient remplis, l'homme rasséréné, et la dague cachée sous plusieurs fruits. Je continuai mon chemin aux côtés du maraîcher qui se crut obligé de me raconter sa vie, ses rêves, ses déconvenues. J'écoutais, comme je savais si bien le faire. Nous passâmes les portes sans encombre, après avoir échangé quelques mots avec les gardes. Je quittai mon compagnon d'un instant non sans prendre mon dû – et ma dague, que je glissai dans ma botte sitôt arrivé dans une ruelle un peu plus sombre que les autres.

J'y étais enfin. La Cité Blanche. Celle qui m'offrirait le destin que je méritais. Celui que j'avais toujours mérité, dont la bâtardise m'avait privé. Celui duquel je ne voulais plus être privé, qui était comme la clef de voûte de mon esprit. Il était temps de trouver une bonne auberge. Je m'enfonçai dans la foule matinale, tranchant entre les étals de marchands à la recherche de cette denrée rare et précieuse qu'était une table près d'un âtre accueillant, mais discret.

Après plusieurs minutes passées à prospecter, je trouvai enfin mon bonheur. Une petite taverne discrète, dans les bas quartiers, pas trop sale, mais pas trop propre non plus. La taverne moyenne, qui ne brille ni par sa cuisine, ni par sa réputation, mais qui sait honorer le client qui passe outre la propreté relative de ses couverts. Je poussai la porte d'une main sûre, et pénétrai dans l'auberge, cherchant du regard une table libre – ce qui n'était pas rare, à cette heure du matin, même si l'auberge accueillait déjà une certaine clientèle. Des habitués, très probablement.

Un excès de mégalomanie me saisit brièvement. J'imaginai mon destin. Je pouvais le saisir, presque. Mon premier fief.
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Dwolin
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Jeu 5 Mar 2015 - 20:57
Bardror ouvrit sa fenêtre s'habitua à la lumière du jour et observa. La fenêtre de sa chambre située au dessus de sa boutique d'apothicaire donnait directement sur le flux de gens qui arrivaient en ville. Que ce soit des commerçants venant du port de la ville pour livrer leurs marchandises ou immigrés en quête de fortune ou juste en recherche d'occupation ; ils affluaient tous dès la porte de la ville ouverte au petit matin. Le soleil venait à peine de se lever mais déjà les murs blancs de la ville commençaient à les réfléchir. Toute cette masse faisait un vacarme horrible. Tout ce dont Bardror avait besoin pour se lever le matin et ne pas rater tous ces clients potentiels qui pourraient avoir besoin de quelques baumes ou mixtures avant de repartir en voyage. Bardror se retourna, fit son lit en quelques gestes répétés des milliers de fois, s'habilla et enfin prit sa cane et soupira. Lui à qui on avait reproché par le passé d'être trop arrogant, celle-ci lui rendait alors toute l'humilité dont il avait besoin. Comme chaque matin il descendit les escaliers douloureusement,doucement, marche après marche. Une fois en bas, il prit appui sur sa chère amie qui le supportait quotidiennement et avança. Il ouvrit les volets, inondant ainsi la salle endormie de lumière et alla dans la réserve. Onguent, baumes, mixtures diverses et variés, sans oublier les plante servant à leurs réalisations tous étaient là. Bardror prit soin de disposer ses articles sur les étagères après avoir vérifié qu'il ne manquait de rien. Après l'avoir fait, il regarda le résultat avec fierté comme chaque matin et se reposa quelques instants sur le comptoir. Il se pencha vers le bas du comptoir et sortit une petite clé de sa poche. Il actionna un petit mécanisme qui dévoila une serrure dans le bois qu'il déverrouilla lui même avec la clé. Il tira le panneau et sortit une petite boite qu'il ouvrit. A l'intérieur se trouvait la moitié de ses revenues, son herbe à pipe expérimentale maintenant interdite. Il continuait d'en vendre tout de même car il en avait cruellement besoin pour compléter ses revenus. D'ailleurs il devrait bientôt refaire le plein d'herbe à pipe. Il l'importait du port de Pelargir et faisait ses « améliorations » directement dans la boutique. Cependant les voyages se faisaient de plus en plus éprouvant à cause de sa jambe et bien qu'il ne se l'avouait qu'à moitié, l'âge faisait son œuvre. Alors qu'il allait préparer le comptoir, quelqu'un frappa. Il se dépêcha de fermer la boite et de la cacher à nouveau avant d'aller ouvrir. Derrière la porte se tenait un gamin de 9ans à peine.

-Ah ! C'est toi ! Tu m'a fait peur j'ai cru que c'était la garde. Ces temps-ci ils ne se dérangent pas, il y a une semaine ils ont fait un contrôle en pleine nuit...

Bien souvent ses clients spéciaux envoyaient des gamins pour donner un rendez-vous de livraison.
Voyant l'air pressé du garçon et son profond désintérré pour ses paroles dernièrement énoncés Bardror soupira et lâcha :

-Bon c'est pour quoi ?

-Tulak vous demande son baume à l'Auberge.

-Bien,bien, dans ce cas je vais lui apporter, merci petit.


Tulak était le nom de code d'Evert, un habitué de la taverne des bas quartier, et le « baume » était la fameuse herbe à pipe. Il ressortit donc son paquet et en prépara une dose. Il était content d'aller se promener, ça lui ferait du bien de plus qu'il n'avait pas vraiment envi de jouer au magasin cette matinée. Il en profiterait pour trouver quelqu'un qui puisse aller à sa place ou avec lui au Pelennor ce n'est pas les vagabonds en quête de travail qui manquaient. Il ferma les volets, franchit le seuil de sa porte qu'il referma à clé et se mit en route vers la Taverne au rythme de sa cane, moins vite qu'il ne voudrait. Marcher lui demandait une concentration énorme, il devait oublier la douleur pourtant présente dans sa jambe et faire attention au moindre obstacle qui pouvait le faire chuter, sa plus grande peur. Au bout de quelques mètres, la douleur s'étant entièrement réveillée, il tira de sa veste un petit flacon rempli d'un liquide bleuâtre assez terne et en vida le contenu. Après quelques secondes, la douleur s'estompa et il reprit sa marche après avoir replaver le flacon et vérifié qu'il en restait encore assez. Il passa devant l'archerie et le forgeron avant de tourner dans la rue de la Taverne qui s'annonçait par une douce odeur d'alcool fermenté que Bardror appréciait. Il poussa la porte et se fit remarquer dès son entrée :

-Ah ! Ce bon vieux Bardror, comment il va ?

L'apothicaire commença d'abord par examiner la salle et ses clients minutieusement. Quelques voyageurs remplissait trois tables séparés. Son client, lui,  n'était pas là. Il répondit donc :

-Ma foi comme un lundi, Tu n'a pas vu Evert ?

-Pas depuis deux jours, mais il devrait pas tarder si tu es là. Je peux te servir quelque chose ?

-Eh bien comme d'habitude je suppose.


Bardror avait un faible pour la bière ambrée bien que celle d'ici ne soit pas la plus délicieuse au monde. Il paya sa consommation d'avance et alla s’asseoir à une table libre un peu à l'écart pour ne plus attirer l'attention. L'aubergiste ne tarda pas à lui servir une pinte de ce délicieux nectar à défaut de mieux. Il commença à siroter sa commande en patientant. Décidément, cette journée ne commençait pas si mal et avec un peu de chance ce serait même une bonne journée."
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Voronwë Amnel
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Ven 6 Mar 2015 - 13:26


Le rude hiver était passé. Cela avait pour le moins ralenti les recherches de Thoron. En effet, depuis son retour à Minas Tirith, le voyageur n’avait de cesse de chercher de nouvelles pistes, de nouveaux indices. La mort était au bout de ce voyage. Thoron le ressentait dans tout son être. Son aventure avait commencée jeune, alors que son père l’avait réveillé en pleine nuit. Il était garde de la cité blanche, un fier soldat. Mais une ombre dans la nuit scrutait depuis quelques temps leur demeure de pierres blanches. Même la lune argentée ne pouvait éclairer ces ténèbres. Pourquoi ces ombres en avaient-elles après eux ? C’est ce que Thoron voulait découvrir. Alors ils fuirent Minas Tirith. Peu avant leur arrivée à Fondcombe, ils furent attaqués par ces monstres rapides. Son père tomba, puis sa mère avant que les ombres furent chassées par des elfes. Ainsi le capitaine Voronwë Amnel, maintenant héraut d’Imladris, prit sous son aile le jeune Gondorien. Il connaissait ses parents pour avoir combattu aux côté d’un de ses ancêtres au siège de Barad-dûr. Voronwë avait toujours gardé un œil sur cette famille, en mémoire de feu son ami. Mais cette histoire est celle de Thoron Ereb. Ce nom fut d’ailleurs donné par le capitaine d’Imladris. Il signifiait « aigle solitaire » car Thoron restait seul et muet, traumatisé par la mort de ses parents. Ainsi il avait adopté le nom elfique.

Maintenant Thoron était de retour dans sa cité natale pour résoudre la vieille énigme. Trouver les assassins ne l’intéressait pas, ils n’étaient que l’épée du meurtrier. En revanche, découvrir le nom du commanditaire était ce qui l’importait. Un jour, il le tuerait avec la dague de son père. Mais ce jour était malheureusement lointain. En effet, Thoron n’avait trouvé aucune trace des assassins, et donc encore moins du cerveau du meurtre. Le rude hiver avait encore plus ralenti ses recherches. Le seul indice qu’il trouva fut quelques pas dans la neige, rien de concluant puisque l’ombre s’était évanouie.

Ainsi Thoron avait attendu la fin de l’hiver. Avec l’argent que lui avait donné Voronwë, il prit une chambre dans une auberge. Ce n’était pas du grand luxe, juste une petite chambre. L’aubergiste ne lui posait pas de question, il payait constamment, tout le monde était satisfait. Le voyageur faisait quelques travaux par-ci, par-là. Cela lui payait l'alcool et les repas chauds. Mais ses plus belles récompenses étaient les informations sur les assassins, c’est à ces moments-là qu’il sentait que sa quête n’était pas vaine. Cependant, il n’y avait que peu d’indices, le peuple était effrayé. Les assassins n’étaient pas au centre des conversations de la populace. Tous avaient peur de ces ombres qu’incarnaient la mort.



La journée commençait comme à son habitude. Le soleil traversait nettement la vitre pourtant verdâtre. L’entretient des lieux n’était définitivement pas le principal problème du propriétaire. Les volets n’étaient pas fermés, ce qui signifiait que Thoron avait passé sa soirée à boire. Il avait dû s’écrouler sur le lit inconfortable, sans même penser à fermer les volets ou même parfois la fenêtre.

La lumière aveuglante du soleil levant le chassa de ses doux rêves. C’est avec une lourde grimace qu’il mit les pieds à terre en se maudissant de n’avoir pas fermé ces maudits volets. Le luxe de la demeure de Voronwë était définitivement derrière lui. Et quel mal de crâne ! C’est à contre cœur qu’il descendit lentement les escaliers, faisant attention de ne pas tomber. Les marches grinçaient les unes après les autres. Soudain, il s’immobilisa, souffla longuement avant de remonter. Il avait oublié sa lame. Thoron gardait toujours au moins sa dague sur lui, pour le cas où.

Arrivé en bas des escaliers, il se tourna vers le tavernier pour répéter la même phrase que tous les matins.

« Bonjour, avez-vous du travail pour moi aujourd’hui ? »
Et comme à tous les jours, il répondit :

« Si j’ai besoin de travailleurs, je viendrai vous voir »


Ainsi Thoron se plaça à sa table, commanda un verre de jus de pomme pour commencer la journée. Il était un peu tôt pour commencer avec de l’hydromel. Le voyageur laissa une pièce au serveur qui le laissa siroter seul. Le gondorien était dans un coin sombre, proche de la cheminée. Personne ne l’importunait jamais. Il faut dire qu’il était plutôt effrayant avec sa sombre chevelure mi-longue.

Le feu était éteint, le rude hiver était passé. Et bien heureusement ! Le prix des chambres était devenu exorbitant. Être tavernier était un bon gagne-pain. Simuler une attaque de convois pour augmenter le prix de l’alcool ou bien de la nourriture était plus que courant. Mis à part les bagarres de taverne, c’était plutôt un bon métier. Surtout à Minas Tirith où des voyageurs venaient de toute la Terre du Milieu.

Une matinée habituelle pour Thoron, une matinée à attendre.
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Elwën
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Sam 7 Mar 2015 - 22:40
Lorsqu'elle aperçut au loin les murailles de la cité Blanche, le cœur de la jeune Elfe se mit à battre plus vite. Enfin le but de son long voyage approchait. Elle revit en quelques images le chemin parcouru depuis son départ. Il lui avait en réalité suffit de descendre le Grand Fleuve jusqu'à Osgiliath puis de bifurquer vers l'Ouest pour rejoindre la cité. Si cela pouvait paraître simple sur le papier, le trajet avait été en réalité plus difficile. Pas tant par les mauvaises rencontres, mais plusieurs éléments avaient rendus son voyage ardu.

D'abord, la solitude avait pesé sur elle lors des premiers jours de marche. De ce fait, elle s'était indéniablement rapprochée des éléments naturels qui l'entouraient et ces derniers étaient devenus ses compagnons de route les plus fidèles. Puis, elle avait peiné dans ses relations avec les paysans qu'elle avait pu croiser sur sa route. En effet, sa connaissance de la langue des hommes du Gondor était loin d'être parfaite et elle avait eu peu d'occasions de réellement la pratiquer au cours de ses années passées en Lothlorien. Ainsi, elle parlait avec un accent elfique prononcé, ce qui avait compliqué la compréhension mutuelle. En plus de cela, son apparence ne lui avait pas été des plus profitables. Peu d'habitants des environs avaient déjà croisé un Elfe au cours de leur vie. Aussi, ses oreilles pointus, sa démarche féline et l'arc placé sur son épaule avaient rendus les paysans assez méfiants à son encontre. Leur curiosité les poussait à lui poser des questions assez indiscrètes sur les raisons de son voyage, sur ce qu'elle faisait ainsi toute seule sans la protection d'un homme ; ce qui énervait au plus au point la jeune Elfe qui préférait alors se passer d'un toit ou d'un bon feu, plutôt que de subir un interrogatoire ou des regards suspicieux.

C'est alors avec un véritable sentiment de soulagement qu'Elwën parcourut les derniers kilomètres la séparant de la cité. Là au moins, elle pourrait se fondre dans la foule, n'être qu'une personne parmi les autres.

Aux abords de la ville, une file compacte commença à se former. Refrénant son envie pressante de se trouver à l'intérieur de l'enceinte, Elwën prit son mal en patience et attendit son tour. Lorsque les gardes entrèrent clairement dans son champ de vision, elle remarqua un fait inquiétant : toutes les armes visibles étaient confisquées avant l'entrée dans la ville. La panique s'insinua dans son esprit. Comment dissimuler son arc et son carquois aux soldats ? Il était hors de question qu'elle s'en sépare ! S'écartant de quelques pas de la file, l'Elfe se mit à observer le manège des entrées. Les gardes ne menaient pas une fouille approfondie, ce qui était déjà un bon point. Ils semblaient s'attarder plus longuement sur les chariots censés transporter des marchandises. La deuxième chose qu'elle observa fut que, de toute évidence, les femmes étaient moins contrôlées que les hommes. Munie de ces deux informations, l'Elfe put élaborer sa stratégie : elle tenterait de dissimuler du mieux possible ses armes, puis se posterait juste après une charrette volumineuse. Avec un peu de chance, personne ne lui prêterait attention. Rassemblant son courage, Elwën mit son plan à exécution. Elle avait les mains moites et le souffle court au moment de se faufiler devant le chariot qui se faisait inspecter. Mais personne ne tenta de la retenir. Une fois la barrière franchie, elle put à nouveau respirer à pleins poumons.

Cette première étape passée, l'Elfe se mit en quête d'une auberge. C'était ce dont elle se rappelait des histoires contées par le vieux tisserand : les aventuriers y réservent toujours une chambre pour la nuit. Après avoir déambulé quelques minutes dans les rues, elle en dénicha une dans un coin qui semblait assez peu fréquenté en ce début de journée. N'ayant aucun moyen comparaison avec un autre établissement, elle décida qu'il n'était pas nécessaire de poursuivre ses recherches pour le moment. Celle-ci ferait bien l'affaire.

Elle poussa la porte, puis entra dans une pièce de taille moyenne, occupée en grande partie par des tables et des chaises. Voyant les autres clients attablés, elle les imita en prenant place à une table vide. Déposant son paquetage sur sa droite, son premier réflexe fut de s'étirer comme un chat. Qu'il était bon de pouvoir s'asseoir et reposer son dos fatigué !

Une jeune serveuse à l'épaisse chevelure rousse et à l'air affable s'approcha d'elle.

- Bonjour Mademoiselle, que souhaitez-vous boire ?

Prise au dépourvu, elle répéta faiblement :

- A boire ?

Elle ne comprenait pas. Une auberge n'était-il pas un lieu où l'on réservait une chambre ? Peut-être fallait-il obligatoirement commander une boisson ? Chose qui n'allait pas forcément se révéler simple, les breuvages humains étant bien plus nombreux et différents de ceux communément consommés par les Elfes. Incapable de se rappeler ne serait-ce qu'un nom, la jeune femme demanda :

- Quelle est la boisson la plus servie ici ?

- Nous avons un délicieux hydromel, répondit mécaniquement la rouquine, comme si elle avait déjà répété cette phrase une centaine de fois auparavant

- Je vais prendre ça dans ce cas

Un sourire plaqué sur les lèvres, la serveuse s'en alla chercher la commande. Pendant ce laps de temps, la jeune Elfe eut le loisir d'observer les rares clients matinaux de l'auberge. Uniquement composée d'hommes, la clientèle n'avait pas l'air très animée à cette heure plutôt matinale.

Une fois que le verre fut posé devant elle et que les pièces de monnaie eurent rejoint la main de la serveuse , l'Elfe s'autorisa à en inspecter le contenu. Le liquide avait une couleur ambrée et à en juger l'odeur, avait l'air fort sucré. Osant y tremper les lèvres, elle y détecta le goût prononcé du miel associé à l'alcool dont elle n'avait pas soupçonné la force. Elle sut alors qu'elle devrait boire sa chope à petites gorgées, sous peine d'en subir les effets sur son organisme. Elle ne tenait pas vraiment à perdre la maîtrise de ses actions devant des inconnus, qui plus est en plein territoire humain dont elle ne connaissait pas encore toutes les subtilités et coutumes.....
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Voronwë Amnel
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Dim 8 Mar 2015 - 15:49




La matinée était longue et ennuyeuse. Thoron attendait impatiemment que le tavernier vienne lui proposer du travail pour la journée. Il lui restait bien sur quelques pièces dans sa bourse, de quoi tenir quelques semaines. Voronwë avait été généreux quand il lui avait offert la bourse de cuir remplie de pièces. Il était vrai que Voronwë avait une petite fortune. Ne se servant que peu de sa solde, il avait juste de quoi acheter de la nourriture. L’elfe lui avait appris à prendre soin de ses lames. Etant forgeron, il était aisé pour lui de forger ou entretenir ses propres armes. Ainsi, comme un bon apprenti forgeron, Thoron ne quittait jamais sa pierre pour aiguiser ses lames, ni ces dernières d’ailleurs.

Le temps se défilait plus ou moins rapidement pendant que Thoron restait dans ses pensées. Que ferait-il après avoir tué le commanditaire de l’assassin de ses parents ? Sans doute des voyages. Il n’avait aucun autre objectif, aucune envie. Qu’allait-il faire ? Fallait-il déjà qu’il tue cet homme. Mais ces questions pouvaient attendre. Il était temps de travailler, mais où ? Voronwë ne pouvait plus se permettre d’attendre que le tavernier demande son aide. Il devait trouver lui-même. C’est alors qu’il se leva de sa chaise, puis retomba subitement. Un ange venait de rentrer dans la taverne. Thoron connaissait très bien cette race pour avoir vécu avec elle presque toute sa vie, c’était une elfe.

Sublime, magnifique, elle était parfaite. Oui parfaite, tel un diamant tombé sur terre. Un être magnifique qui illumina la taverne d’un regard lumineux. Un rare sourire éclaira le visage de Thoron, elle était magique. Les elfes étaient souvent sublimes, mais elle avait quelque chose en plus. Peut-être était-ce le fait qu’elle soit au milieu d’humains, ou bien que la serveuse était bien piètre face à elle. Pourtant elle resplendissait de tous feux. Sans doute l’esprit de Thoron était en cause puisque personne ne sembla la remarquer. Les ivrognes fixaient incessamment leur boisson habituelle, l’hydromel. Hydromel qui était d’ailleurs d’assez bonne qualité dans cette taverne. Bien-sûr, ce n’était pas comparable avec l’élixir elfique, mais pour un hydromel humain, c’était plutôt pas mal. Cette beauté mortelle prit d’ailleurs cette boisson qu’elle ne semblait pas connaitre.

Thoron restait tétanisé face à cette elfe. Il avait appris à entendre comme cette race. Certes, son corps humain l’empêchait d’avoir des capacités exceptionnelles comme celles des elfes, mais il avait pourtant une bonne audition. La voyageuse avait un fort accent elfique. Un sourire recouvrit une deuxième fois le visage du Gondorien. Il avait lui-même gardé un accent pendant quelques temps avant de se réadapter à la langue commune. Elle semblait nouvelle dans la ville. Son allure, son ignorance de l’hydromel des Hommes, et son fort accent montraient sa récente arrivée.

Thoron observa alors la taverne. Les quelques habitués attendaient qu’un millier de pièces d’or tombent dans leur pinte. A l’instar des autres jours, ils regardaient la boisson alcoolisée qui rythmait leur vie. De pauvres hommes qui ont souvent tout perdu ou n’ont jamais rien fait de leurs dix doigts. La vie à Minas Tirith n’était pas facile pour tous. Tous n’avaient pas de travail ou d’argent. Pourtant, suite au rude hiver, les travaux ne manquaient pas. Le poids de la neige avait fortement endommagé, voire détruit, certaines habitations ; offrant donc un nombre considérable de travail à effectuer.

L’elfe restait sur sa chaise à patienter devant son verre d’hydromel encore plein. Qu’attendait-elle ? Le charmant jeune homme, trop curieux pour rester sur sa chaise, s’avança vers la femme. Il prit une chaise juste à côté d’elle et lui sourit. Le voyageur avait une sorte d’aura, il respirait la confiance. Il faut dire qu’il possédait une belle carrure ainsi qu’un visage angélique. Seule une barbe de quelques jours le rapprochait des autres ivrognes. Elle devait d’ailleurs croire qu’il était un de ces alcooliques plutôt agaçant qui cherchait à réchauffer son lit. Pourtant, Thoron était bien différent des autres, et elle allait s’en rendre compte très rapidement.

-Vous êtes bien loin de chez vous, milady,dit-il en Sindarin. Je me présente : Thoron Ereb d’Imladris. Si vous avez besoin d’aide dans cette cité, je me ferai un plaisir de vous porter assistance.

Parler dans sa langue natale montrera à l’elfe qu’il n’est pas un ivrogne, mais bien un voyageur, et de surcroit venant d’une cité elfe. Il était bien placé pour l’aider, en tout cas mieux que les hommes dans cette auberge. Ainsi, la matinée était devenue moins monotone.


Dernière édition par Voronwë Amnel le Dim 8 Mar 2015 - 23:36, édité 3 fois
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Esthel
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Dim 8 Mar 2015 - 18:24
La table à laquelle je m'étais assis portait les marques d'une existence mouvementée. Entailles, taches de gras qu'un bras rageur avait échoué à effacer, nœuds massifs ouvrant leurs yeux de bois sur le client … Je passais ma main sur le plateau, éprouvant sa résistance, sentant mes doigts de charpentier en devenir s'animer. Crispant les doigts, je retirai ma main. Tout ça me rappelait ce que j'avais quitté. Je ne le devais pas.

Je levai les yeux et scrutai un peu le public de l'auberge. Décidément, un provincial tel que moi, même venant de Dol Amroth, sentait la différence entre une taverne de marins, toujours pleine à craquer d'ivrognes dont les mains avides enfournaient choppes et plats sans arrêts, et cette taverne plutôt populaire de Minas Tirith, où même les gredins avaient un air supérieur. Mes yeux faisaient d'incessants aller – retours d'un visage à l'autre. Je me gavais de regards, je m'imprégnais de l'atmosphère si différente qui planait sur ce lieu.

Un moment de flottement saisit l'assistance lorsqu'une personne, que je dus identifier comme elfe, poussa la porte avec cette grâce éthérée qui qualifie son peuple. Les conversations cessèrent un instant, l'ensemble des – rares – clients tentant d'observer la nouvelle venue avec plus ou moins de discrétion. Je restai un moment estomaqué, n'ayant jamais rencontré de représentant de ces peuples dont les marins ne parlent que trop rarement, le feu des étoiles jaillissant en cascade de leurs yeux torves, contraste surprenant et naissance de l'or dans la boue. Le charme fut brisé lorsqu'un homme aux longs cheveux noirs s'adressa à la nouvelle venue dans une langue dont je ne parvenais même pas à saisir les sonorités, tellement chantantes que mon oreille abandonnait le combat. Une partie de moi, attirée, songea un instant à s'imposer dans la conversation qui, visiblement, commencerait à se nouer entre ces deux individus diamétralement opposés.

Je parvins à me contenir, réprimant une grimace, tentant de m'occuper des affaires qui m'avaient amené ici. Trouver des contacts, du travail, et se tailler la part du lion dans cette cité que je percevais encore – naïf enfant que j'étais alors ! - comme le havre qui m'offrirait la nouvelle vie dont je rêvais tant. Détachant mes regards de la brillante apparition avec peine, je recommençai à parcourir l'assemblée restreinte et mes yeux s'arrêtèrent sur un homme d'un âge certain, l'air fatigué mais important, qui semblait bien connaître le tenancier. Je décidai de tenter le coup. Si tout se passait bien, je pourrais commencer à tisser un réseau au cœur de la cité. J'étais prêt à tout pour trouver du travail : je savais travailler le bois, j'avais une carrure raisonnable, et surtout, surtout, je savais très bien me servir de ma parole pour convaincre, persuader, intimider.

Me levant de ma table, je me dirigeais directement vers la sienne, paumes ouvertes en signe d'amitié et de salut. L'homme me regarda d'un œil curieux – mâtiné d'un soupçon de méfiance, signe d'une intelligence manifeste. L'affaire allait être plus intéressante que prévu, la cible allait peut-être bien se révéler coriace. Me voyant approcher d'un pas franc et décidé, il posa sa chope de côté. Il fallait que je fasse montre de bonne volonté. Faisant glisser l'une des belles pommes rouges du marchand sur le dessus de la table, je m'adressai d'un air enjoué et sûr à celui qui, si j'avais bien entendu la tenancière, se nommait … Branror, ou Bradror.

- Salut, l'ami. Que dirais-tu d'une pomme brillante en échange d'un petit verre de quelque chose de léger ? C'est que, vois-tu, je suis … Sans le sou. Pour le moment.

J'avais décidé de terminer ma phrase en la faisant lourde de sous-entendus. Il fallait tester l'homme avant d'aller plus loin dans la démarche. Mais son visage me plaisait. Un homme de ceux que la vie n'avait probablement pas épargné. Le ressentiment était la plus belle des émotions : c'était elle qui m'avait construite. Lui lançant un sourire de plus, peut-être un peu trop forcé, j'achevai de me présenter :

- Mmm, permets moi de faire montre de politesse, avant tout. Esthel, charpentier en devenir. J'ai quitté Dol Amroth pour venir découvrir votre belle cité. Y travailler, peut-être.

Advienne que pourra. J'espérais simplement que l'homme ne me renverrait pas d'où je venais. Je ne le pensais pas, mais les hommes ayant atteint cet âge n'avaient pas de craintes à effacer d'un simple geste toute perturbation, si charmante soit-elle.
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Dwolin
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Lun 9 Mar 2015 - 18:19

La chope de Bardror était déjà presque vide quand quelqu'un rentra dans l'auberge. Après quelques secondes d'espoir qui retombèrent vites, il s'aperçut que cette personne n'était pas son client mais bien  une personne de nature plus féminine. Cependant, chose plus intéressante, il vit ses oreilles pointues après qu'elle eut retiré sa capuche soulignant son origine elfique. Bardror avait déjà vu des elfes à Minas Tirith. Des ambassadeurs grands et nobles qui vous regardaient de haut et dont le visage ne laissait passer aucune forme d'émotion envers les gens de sa condition. Ici, en revanche et c'était la première fois qu'il voyait ça, elle paraissait quelque peu perdue. En même tant, rien d'étonnant, cette auberge, bien qu'adaptée aux besoins des hommes de la ville, n'avait rien d'une forêt elfique dans l'apparence et encore moins dans l'odeur. De là vint alors une question logique, que faisait une elfe dans une auberge des bas quartiers de la ville ? Soit elle avait l'habitude des coutumes humaines et cela ne la dérangeait pas, soit, plus probable, elle n'en avait aucune idée et était venu ici un peu par hasard. Après avoir écouté la discussion qu'elle tint avec la serveuse son hypothèse se confirma : c'était une elfe sûrement jeune et naïve, bien que lire sur leurs visage n'était pas aisé, qui était là on ne savait pour quelles raison et qui ne maîtrisait pas son élément. Bardror en vint même à sourire lorsqu'il vu l'expression que prit le visage de l'elfe après avoir pris une gorgée d'hydromel.

Après ce passage comique, il réfléchit plus sérieusement à savoir s'il pouvait ou non en tirer quelque chose en vu d'un profit commercial. Et cela il le faisait avec brio. Cette elfe pouvait avoir des connaissances de la flore assez approfondies et il pouvait en tirer profit pour mettre au point de nouvelles mixtures inédites. Et avec un peu de chance et de persuasion il pourrait négocier cela contre quelques sourires et informations pratiques sur la ville et les coutumes humaines. Ces idées mirent Bardror de bonne humeur comme pas depuis des lustres et son avenir lui paraissait de plus en plus radieux au fil de la matinée. Il finit sa bière d'une traite et s'apprêta à se lever, chose pénible, pour aller voir sa proi... sa future associée. Cependant alors qu'il saisissait sa cane il entendit parler elfique et se retourna. Mince ! Un homme de grande stature, habillé quelques peu étrangement en comparaison des coutumes humaines l'avait devancé et avait un avantage certains de part sa connaissance de la langue. Lui aussi paraissait étranger à la ville de part ses manières et sa démarche surprenante. Après quelques instants de rage intérieur comme quoi son coup pourtant ingénieux était déjà raté, il reprit ses esprits.

Après tout, cet individu pouvait être un atout, il savait parler l'elfique alors que Bardror n'en avait que de très brèves notions et sa communication avec l'elfe aurait pu être limitée. Ce dernier, étant très certainement nouveau dans la ville et donc potentiellement naïf également il pouvait se le mettre dans la poche et faire d'une pierre deux coups. Comme il l'avait vu descendre l'escalier tout à l'heure Bardror présumait qu'il avait une chambre ici et alla questionner discrètement le tavernier en allant se resservir, il lui devait bien ça. Il se mit dos à l'elfe et à son camarade et parla à voix basse :

-Dis, le mec derrière moi qui parle avec l'elfe c'est qui ?

-C'est vraiment une elfe ?
Répondit l'aubergiste sans faire grand état de la discrétion suggéré de Bardror.

-Moins fort ! Chuchota-t-il en lui adressant un regard contrarié. Heureusement, aucun mouvement ne se déclara derrière lui et il reprit. Oui c'est bien une elfe, mais c'est qui ce gars avec elle ?

Son interlocuteur se pencha en remplissant sa chope et répondit :

-Ah ! Ce gars là ! Drôle d'oiseau ce gaillard. Il est arrivé il y a quelques jours et il prétend revenir de je n'sais quelle citée elfique au nord. Je sais pas trop c'qui vient faire dans l'coin mais vu qu'il est pas radin et la bourse assez large je pose pas trop de question. En revanche tous les matins il m'demande si j'ai pas un boulot pour lui et prend tout ce qui vient.

-Hum... Merci pour le tuyaux et la bière en tout cas.


Bardror, retourna s'asseoir siroter sa boisson pensif. Il ne savait pas trop quoi penser de cet étranger tellement il renvoyait une image floue et relativement curieuse. Le bon côté c'est qu'il recherchait un travail et qu'il en avait un à donner. Il en profiterais pour approcher l'elfe mine de rien. Une fois ses idées en place et alors qu'il s’apprêtait encore une fois à se lever vers son but, quelqu'un s'approcha et s'assit en face de lui. Bardror le regarda bien perplexe quant à son identité et à ses motivations. Il paraissait lui aussi être un étranger, mais plutôt dans le genre vagabond. Il paraissait certes déterminé mais également un peu perdu, c'était bien sa veine aujourd'hui. Bardror le laissa commencer son discours quel qu'il pu bien être. Et à sa grande surprise il commença par poser une pomme sur la table. Attention, certes bien sympathique, mais restant mystérieuse jusqu'à ce qu'il décide à parler :

-Salut, l'ami. Que dirais-tu d'une pomme brillante en échange d'un petit verre de quelque chose de léger ? C'est que, vois-tu, je suis … Sans le sou. Pour le moment.

Pour le moment... Ben tient ! Et bien sur Bardror serait la personne idéal pour remédier à ce problème... Il s’apprêta à répliquer quelque chose du style : tu me gênes gamin... Il en avait bien le droit avec son âge relativement avancé. Cependant l'autre reprit :

-Mmm, permets moi de faire montre de politesse, avant tout. Esthel, charpentier en devenir. J'ai quitté Dol Amroth pour venir découvrir votre belle cité. Y travailler, peut-être. 

Et voilà qu'il enfonçait le clou ! Comme ci il n'avait pas déjà assez insisté ! En plus il le tutoyais, faut croire que le respect envers les anciens était devenu un mythe, rien de plus. Il soupira un grand coup. Après tout il paraissait déterminé et plein d'illusions. Le profil parfait pour le genre de travail qu'il avait à offrir. Et puis une personne de plus ne serait pas de mal.Cela faisait quelques temps qu'il préparait une expédition de ravitaillement à Pelargir voire même une installation plus durable car les mesures de sécurité de la ville et l'acharnement des gardes coulaient son commerce à petit feu. Au moins là-bas il n'attirerait pas l'attention et ses produits pourraient potentiellement intéresser les voyageurs. Ces trois là semblaient parfait pour l'aider et il ne restait plus qu'à les convaincre de participer. Il empoigna donc la pomme, prit un croc et répondit :

-Pas mauvaise, elle vaut bien son coup à boire. Bien, prend ta chaise et suis-moi.

Sans attendre de réponse de la part de son nouvel associé, il se leva et alla directement vers la table de l'elfe et se présenta avec son plus beau sourire de commerçant chevronné :

-Bien le bonjour, je me prénomme Bardror, humble commerçant de cette glorieuse citée.

Il prit un siège sans en demander la permission tout en désignant sa jambe et continua en se tournant ver l'elfe :

-Enchanté de rencontrer une personne de votre peuple. Il pencha respectueusement la tête quelques instants toujours en souriant. Puis il se tourna vers le jeune homme :

-Quant à vous, il me semble que vous cherchez du travail n'est-ce pas ?

Puis il se tourna vers l'aubergiste et commanda :

-J'oubliais ! Un hydromel pour le jeune homme ici. Dit-il en désignant Esthel qui arrivait.

Il espérait de tout cœur que son entreprise fonctionne où dans le cas contraire il se serait ruiné en boisson pour rien.
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Elwën
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Mar 10 Mar 2015 - 22:57
Toute absorbée à la dégustation de son hydromel, Elwën ne le vit pas approcher. Ce n'est que lorsqu'elle entendit un raclement de chaise qu'elle tourna vivement la tête sur sa droite. Le nouveau venu était un humain assez jeune, à la carrure musclée, les cheveux mi-longs et le regard clair. Il n'était certes pas désagréable à regarder, même pour une Elfe habituée à côtoyer des immortels à la somptueuse beauté. Son expression était avenante, un large sourire illuminait son visage. En réalité, il semblait attendre quelque chose de sa part.... Ce qui eut le don de la rendre méfiante à l'égard de cet étranger.

Mais dès que celui-ci commença à s'exprimer, tous ses doutes s'envolèrent. Ses yeux pétillèrent de plaisir lorsqu'elle reconnu dans les paroles de l'homme l'accent chantant de la langue elfique. Comme il était rassurant d'entendre ces sons familiers dans cet environnement qui lui était encore inconnu ! Qui plus est, quand on se voyait proposer une aide spontanée. Son attitude était bien loin de celle des paysans méfiants des campagnes ! Le sourire aux lèvres, elle répondit dans le même dialecte.

- Je vous remercie de votre proposition. Je me nomme Elwën, de la Lothlorien.

Tandis qu'elle prononçait ces mots, des questions vinrent se bousculer dans sa tête. Où ce prétendu Thoron Ereb avait-il appris l'Elfique pour le parler d'une manière aussi parfaite ? De toute évidence, pas dans la Lothlorien, sinon, elle eut entendu parler de sa venue. Peut-être à Fondcombe dans ce cas ? Cité elfique un peu moins enclavée que les autres, la rumeur disait qu'elle accueillait pour de courtes périodes des hôtes provenant d'horizons multiples. Cela était intriguant et il lui tardait de pouvoir aborder ces sujets avec lui....

Avant d'avoir pu poser la moindre question, elle fut devancée par un homme plutôt âgé, du moins pour un humain. Si chez les Elfes, les Anciens était considérés comme des sages dont il fallait écouter les précieux conseils, dans cette société humaine, Elwen ignorait quelle place ceux-ci pouvaient occuper. Toujours est-il que son attitude lui déplaisait fortement. En premier lieu, parce qu'il venait d'interrompre une conversation qui s'annonçait prometteuse et ce, sans aucune raison explicite. Dévisageant le vieil homme, elle le laissa faire son tour de table, attendant patiemment qu'il ait fini avant de prendre la parole. Elle au moins, savait respecter les règles de politesse les plus basiques.... Même si elle en oubliait de souligner que l'homme l'avait pourtant saluée d'une manière des plus respectueuses.

Passablement agacée, Elwën en oublia son caractère plutôt naturellement réservé et réfléchi. Prenant ce regard hautain et un ton glacé, comme savent si bien le faire les membres de sa race pour montrer leur supériorité, Elwën s'adressa au dénommé Brador :

- Que pouvons-nous vous apporter de si important pour que vous vous permettiez de nous déranger ainsi ?

Si la remarque se voulait acerbe, l'effet en fut certainement atténué par les difficultés de prononciation de l'Elfe, qui butta sur certains mots. Sur le fond cependant, sa question était parfaitement légitime, l'arrivant n'ayant aucunement évoqué ses réelles intentions. Elle n'avait pas aimé le ton assuré et sûr de lui du prétendu commerçant. Il avait le comportement d'un individu qui souhaite vendre une babiole à des personnes crédules. Elle avait déjà vu cela quand elle était plus jeune. Des marchands assez fous et stupides pour s'aventurer au cœur de la Lothlorien, afin de vendre des articles soi disant rarissimes, tout spécialement réservés au noble peuple elfique selon leurs dires. Leur plus grande erreur, avait été de croire que leur discours suffirait à convaincre un Elfe. Un infime sourire étira ses lèvres lorsqu'elle se souvint de l'air dépité des deux hommes se rendant compte qu'ils ne parviendraient jamais à vendre le moindre objet.

A présent, elle attendait une explication claire du vieil homme. Son regard resta rivé à lui, insensible à la gêne que cela pouvait éventuellement lui procurer. Dans son for intérieur, elle espérait que son récent compagnon de table saurait se montrer ferme. Elle ne tenait pas à ce que cette intervention traîne en longueur, tout à son envie de reprendre sa conversation là où elle en était restée.
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Esthel
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Jeu 12 Mar 2015 - 22:14
Fichu vieillard. Fichu vieillard têtu et habile. L'homme s'était lancé dans le jeu avec une vitesse vertigineuse. Sous ses airs de commerçant tranquille, le filou savait visiblement monter une affaire, et gérer son monde. D'un autre côté, cela signifiait que mon ton appuyé avait atteint les esgourdes de la bonne personne – ce qui en soi était plutôt rassurant. Et puis j'avais gagné une coupe d'hydromel dans l'affaire. Une partie de moi se réjouissait de ce que les choses se soient si vite engagées. Une autre oscillait entre la méfiance vis-à-vis du vieillard – Bardror, d'ailleurs, j'avais pu vérifier son nom – et le mécontentement de m'être ainsi fait piéger par plus vieux et boitillant que moi.

Je saisis la chaise de bois grossier et la traînai vers la table de l'Elfe et de son compagnon aux cheveux longs. Plus j'avançais à travers la pièce, plus je sentais le regard des – deux ou trois – clients peser sur mon dos. Ma paranoïa frappait à nouveau, mais, pour une fois, elle était parfaitement justifiée : la voix de basse de Bradror portait, il était visiblement bien connu par ici, et le tout combiné à une présence elfique faisait beaucoup pour les gens du cru. Non qu'ils ne soient pas habitués à voir des étrangers, qui affluaient dans la capitale pour le mariage du prince, mais plutôt pour se délecter de cette rencontre entre quelqu'un qu'ils estimaient visiblement, et celle qui sortait d'un nimbe de rêves.

Pourquoi d'ailleurs nous joindre à eux, qui visiblement, venaient de se lancer dans une conversation dans la belle langue, alors même que je venais de l'aborder de manière assez brute ? Une seule réponse. Le vieux filou recrutait. Ou alors recherchait la compagnie, mais je l'imaginais mal aller spontanément vers l'étranger sans arrière-pensée – je fonctionnais de la même manière. Mais pourquoi donc ? J'avais du mal à deviner les intentions de l'homme. Un marin, je le comprenais sans peine. Un verre ou deux, et il s'ouvrait honnêtement. Mais un homme de la Cité … Il fallait que je sois prudent, d'autant qu'il venait de me mêler contre mon gré à un autre groupe avec lequel il fallait désormais compter. Mes paroles allaient devoir se faire plus circonspectes désormais.

Lorsque j'arrivai à la table, peu après Bradror, j'entendis l'elfe élever la voix. Et je comprenais qu'elle soit furieuse. Briser une discussion dans sa langue maternelle, quel manque de tact … Bien joué, le grigou, rien de mieux pour attirer l'attention. Il fallait que je le surveille attentivement – il avait des choses à m'apprendre. Mais le tour que prenait les choses ne me plaisait guère. Le vieux semblait prendre l'ascendant avec sa proposition qui restait en suspens, planant au dessus de cette table minable, tandis que l'elfe et son compagnon éblouissaient avec leur maîtrise de cette langue chantante.

Mon moi mégalomaniaque se manifesta tranquillement. Comme le réveil d'un ami encombrant, qu'on a hébergé malgré nous. Il remonta peu à peu et tenta de s'emparer de ma bouche. J'arrivais à le contenir – un peu. Mais ce pernicieux rôdeur était un peu trop insistant, et je ne pus m'empêcher de m'intercaler dans la conversation. Comme pour rappeler ma présence. Comme pour conjurer la médiocrité par la démonstration.

« Veuillez pardonner notre intrusion, dame elfe. Monsieur Brador et moi-même parlions actuellement affaires ... »

Je m'interrompis un instant, jetant un regard sur le vieil homme, qui semblait se réjouir de tout ce qu'il avait mis en branle, tout en récupérant la coupe en métal grossier remplie à ras bord d'une étrange mixture, visiblement une spécialité de la région.

« Je pense que le vieil homme a simplement un grand cœur, et qu'il souhaite partager avec les Belles Gens et leurs amis ses quelques bonnes adresses dans la Cité Blanche ! »

Puis, levant mon verre à la santé d'une si belle réunion contrainte et forcée, je savourai l'hydromel que vantaient des écriteaux écrits de travers, savourant tranquillement la petite pique adressée au vieux renard. Habile, le renard.
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Voronwë Amnel
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Sam 4 Avr 2015 - 23:25


L’auberge restait d’un calme habituel pendant que d’autres étrangers entraient calmement. Thoron était habitué à cet endroit. Il était assez tranquille la plupart du temps. Rare étaient ceux qui se battaient à cause de l’alcool ou problèmes de femmes. Il faut dire que ces genres d’énergumènes préféraient occuper la taverne un peu plus loin dans la rue. Le calme était d’ailleurs la principale raison pour laquelle Thoron y logeait. L’hydromel y était aussi moins horrible que dans les autres auberges. Il y avait énormément de mauvaises boissons  dans la cité, tout ne pouvait qu’être ridicule face au somptueux goût des breuvages elfiques. Foncombe lui manquait. Il avait appris à aimer cette cité comme sa propre patrie, elle l’était même devenue. Cela faisait tellement longtemps qu’il n’avait pas vu la cité blanche, depuis sa fuite vers Imladris. Il était plus âgé dorénavant, et pourtant si jeune. La sagesse et les talents de précepteur de Voronwë avaient montré leurs preuves. Thoron était devenu un jeune homme incroyablement cultivé, parlant plusieurs langues, dialectes elfiques et humains. L’orphelin n’avait cependant jamais étudié le nain. C’était un sujet assez tabou dans la cité à cascades. Le Gondorien avait appris à se tenir comme un elfe, communiquer comme un elfe, et surtout à se battre comme un elfe. Il était d’ailleurs devenu un très bon combattant à l’instar de Voronwë, même si l’élève était très loin d’égaler le maitre. Qui pouvait se vanter d’avoir été recueilli par un capitaine d’Imladris, maintenant héraut ?

Voir cette somptueuse créature avait réveillé l’elfe en son cœur qui dormait depuis son arrivée. Elle parut suspecter un malfrat avant d’entendre l’accent parfait de l’homme. L’elfe semblait ravi, ainsi elle se présenta. C’était assez rare d’ailleurs pour sa race, du moins aux yeux des étrangers. Des étrangers, cette auberge en était pleine. Et c’est l’une de ces personnes peu fréquentables qui coupa leur conversation. Que voulait-il ? Importuner Elwën ? Quoiqu’il en soit, Thoron n’allait pas se laisser faire.

Le Gondorien regarda l’inconnu d’un air hautain, à l’instar d’Elwën. Le voyageur fut presque totalement éduqué par les elfes, il ne connaissait pratiquement pas les coutumes et manières des humains. Ainsi ce regard supérieur était ancré en lui. Même s’il était un humain, le jeune homme dégageait la confiance, la force et un incroyable charisme. Le parfait mélange entre la fierté Gondorienne et la supériorité elfique. C’était sans doute cela qui faisait fondre toutes ces filles.

Un autre vint se joindre à eux, qui étaient-ils ? Thoron ne voulait pas le savoir. Il se tourna vers Elwën en s’exprimant dans un sindarin parfait.

-Veuillez excuser leur comportement quelque peu perturbateur. La plupart des humains ne connaissent ni l’étiquette, ni le respect, et encore moins nos uses et coutumes.


Thoron s’exprimait comme un elfe, à en oublier qu’il était mortel. Dévisageant les hommes qui s’invitaient à leur table, il écouta attentivement chacun de leurs mots. C’est alors d’une voix ferme et irrévocable qu’il s’adressa à eux en langue commune.  

-Nous n’avons besoin ni de bonnes adresses, ni même de compagnie. Votre proposition cache de bien sombres dessins, nous ne sommes pas naïfs. Allez donc parler affaire ailleurs, votre venin ne nous intéresse pas.



La réponse du combattant avait le mérite d’être claire, il ne voulait pas être dérangé.
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Dwolin
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Sam 11 Avr 2015 - 19:01

-Que pouvons-nous vous apporter de si important pour que vous vous permettiez de nous déranger ainsi ?

-Nous n’avons besoin ni de bonnes adresses, ni même de compagnie. Votre proposition cache de bien sombres dessins, nous ne sommes pas naïfs. Allez donc parler affaire ailleurs, votre venin ne nous intéresse pas.

Bardror ravala sa fierté derechef. Il venait d'encaisser deux refus assez radicaux.
D'un côté celui de l'elfe était assez normal car il n'avait pas vraiment joué la finesse. Cependant le refus du jeune homme paraissait incompréhensible, soit il était plus perspicace que ce que Bardror avait escompté. Soit, plus probable, il était assez hautain et stupide pour refuser un travail dont il ne savait rien alors qu'il en cherchait justement un. C'était en vérité un personnage intriguant. Il dégageait une certaine beauté, était habillé élégamment et s’exprimait dans un elfique apparemment bon. Cependant ses manières étaient en parfait contraste avec ses traits humains créant un décalage assez comique du point de vue du vieil homme. On voyait également qu'il n'était pas très habitué aux mœurs de la ville.

Bardror se reconcentra. Ça n'allait pas être si facile tout compte fait. Enfin, il avait encore quelques cartes dans sa manche. Il se concentra sur l'elfe. Il l'avait un peu brusqué mais avait réussi à entamer la conversation, ce n'était donc pas perdu. De plus le jeunot qu'il venait de recruter avait commencé à rattraper la situation et cela faisait apparemment son petit effet. Il avait bien fait d'accepter sa proposition, il paraissait plutôt dégourdi. Il reprit donc cette fois avec un air plus sérieux, le sourire commercial ne marchant pas vraiment :

-Excusez-moi de vous avoir interrompu, mais les personnes de qualité comme vous se font rare ici et mon empressement n'est dû qu'à mon excitation. Pour tout vous avouez, je suis apothicaire et passionné d'herbes en tout genre, et je me flattais de peut être pouvoir échanger avec une elfe, forcément experte sur ce sujet.

Il avait parlé lentement en essayant de paraître le plus calme et sûr de lui possible. Cela devrait, à défaut de la convaincre, la détendre un peu. Puis Bardror se retourna vers l'acolyte de l'elfe.

-Vous êtes bien offensant envers votre aîné jeune homme. Cependant je ne puis nier ma faute de vous avoir interrompu. Mais j'ai entendu dire que vous cherchiez un travail depuis quelques temps et je me suis donc empressé d'essayer de combler ce manque en vous proposant, à mon échelle, un travail rémunéré. D'ailleurs, bien loin de sombres dessins, je cherchais quelqu'un qui pourrait assurer ma sécurité et celle de mes marchandises sur la route de Pelargir. Je pensais qu'avec vos prédispositions visibles pour le combat vous seriez la personne idéale.

Encore une fois il contenait son flux de parole tout en restant ferme afin de ne laisser personne lui couper la parole.Il remarqua qu'Esthel l'observait avec attention dans son coin. Il bu un coup dans sa  chope et  alors qu'il allait continuer son discours, des nouveaux venus entrèrent dans l'auberge. C'était des gardes, trois. Ils fouillèrent la salle du regard. Après quelques secondes, Bardror compris. Ils étaient là pour lui. Son client avait dû le dénoncer et ils venaient maintenant le cueillir. Tout bien réfléchi, il pouvait se servir de la situation à son avantage. Il tira la marchandise de sa poche intérieur et la tendit à Esthel à qui il murmura :

-Va jeter ça dans la cheminée sinon on est foutu ! Je fais diversion !

Bardror se leva en s'appuyant sur la chaise et capta l'attention des gardes :

-Bonjour messieurs, je peux peut-être vous apportez une aide quelconque ?

Les gardes le dévisagèrent un instants et convergèrent vers lui :

-C'est vous Bardror l'apothicaire ?

-C'est exact ! Qu'y a-t-il ?

-Veuillez nous suivre dans ce cas.


Il feignit l'incompréhension.

-Il y a sûrement une erreur... Vous devez vous trompez... Quel est votre motif ?

-Veuillez nous suivre, nous vous expliquerons à la caserne.


Ils se rapprochèrent encore de Bardror. Celui-ci vérifia qu'Esthel était revenu et dit en désignant les gens de la table :

-Bien, mais dans ce cas n'emportez pas mes associés avec !

Les gardes se regardèrent et l'un d'eux déclara :

-Désolé mais eux-aussi vont devoir nous suivre.

Quelle bande de crétins ! Jamais il n'avait pensé que sa ruse grotesque marcherait aussi bien. Il se retourna, pris sa cane et fit un clin d’œil à Esthel. Il suivit les gardes à l'extérieur de la taverne.
Il vérifia discrètement la présence de sa dague dans sa botte et avança.

C'est là qu'on allait s'amuser.


Dernière édition par Dwolin le Ven 15 Mai 2015 - 23:08, édité 2 fois
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Elwën
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Dim 12 Avr 2015 - 13:13
Elwën n'avait alors pas encore remarqué l'acolyte du vieil homme. Sans aucun doute jeune pour un humain, il était cependant difficile de lui donner un âge tant son visage avait un aspect dur. Posant son regard clair sur le nouveau venu, l'Elfe attendait des éléments de réponses de sa part. Peut-être saurait-il se montrer plus explicite que son compagnon. Il avait intérêt à l'être, sinon cela risquait d'être la dernière phrase qu'il prononçait en sa présence ; elle ne comptait nullement rester plus longtemps en si mauvaise compagnie....

En voilà un au moins qui possédait quelques manières, songea-t-elle, lorsqu'elle l'écouta parler. La dénomination de "Dame Elfe" faisait son petit effet dans son esprit agité, et la colère qui l'habitait quelques instant plus tôt retomba, remplacée par de la curiosité. Ce sentiment ne dura pourtant pas, puisque sitôt que le jeune homme se tut, la confusion refit surface. Que désignait-il exactement par discuter d'affaires ?

Leur manège commençait sérieusement à l'agacer. Ce n'était pas parce qu'elle était étrangère et inculte en ce qui concernait les comportements humains qu'elle ne décelait pas l'étrangeté de la situation. Certes, elle avait l'habitude du comportement elfique, qui consistait souvent à révéler le fond de sa pensée en employant des énigmes ou des métaphores. Mais elle n'avait vraiment pas de temps à perdre à jouer aux devinettes. Aussi, ne se joignit-elle pas au probable apprenti de Brador, lorsqu'il leva son verre dans sa direction. Ce jeune arrogant se comportait déjà en terrain conquis, comme si leur prétendue affaire était déjà réglée.

Son récent compagnon de table semblait partager son point du vue, puisqu'il s'adressa à elle dans sa langue natale en tentant de lui expliquer l'attitude des deux intrigants. Leur comportement perturbateur ? Le mot était faible, elle l'aurait plutôt qualifié de rustre. Quant à pardonner leur conduite, ce n'était même pas envisageable pour l’orgueilleuse Elfe.
Satisfaite de la réprimande de Thoron, elle espérait que cela suffirait à les dissuader de continuer à les importuner de la sorte.

Mais non, cela ne sembla pas impressionner le moins du monde le vieux bonhomme, qui imperturbable, continua à leur débiter son petit discours. Sentant sa patience décroître à une vitesse stupéfiante, l'Elfe s'apprêtait à le couper dans sa tirade au moment où elle capta les mots « apothicaire » et  « herbes ». Ainsi ce vieil homme à l'apparence rusée ne cherchait-il que des conseils en matière de plantes ? Intéressant.... Peut-être pourrait-elle lui apprendre les propriétés de certaines plantes. Quant à son savoir médicinal elfique, il en était hors de question. Celui-ci n'était réservé qu'à des Elfes ou à des personnes jugées dignes de confiance.

Soupirant intérieurement, elle maudit l'instabilité des humains. Depuis l'arrivée des deux étrangers, elle était passée par toute une palette de sentiments contradictoires. Peu habituée à des changements aussi rapides d'humeur, elle commença à ressentir une profonde lassitude. Et elle n'était pas au bout de ses peines....

En effet, trois gardes firent irruption dans l'auberge. Elwën les observa du coin de l’œil se rapprocher de leur table. Le visage impassible, elle assista à l'échange entre les soldats et Brador. Enfin la preuve que celui-ci devait probablement tremper dans quelques affaires louches....

Ne se sentant nullement concernée par la dénomination « d'associée », Elwën se contenta de rester assise tandis que les trois hommes emmenait Brador vers la porte, observant passivement la scène. Une petite voix lui souffla alors qu'elle serait bientôt débarrassée de ces fauteurs de trouble et qu'elle allait enfin pouvoir jouir d'une tranquillité bien méritée.

Mais les soldats ne l'entendaient visiblement pas de cette oreille, puisque revenant vers la table, l'un d'eux l'attrapa par le poignet et tenta de l'attirer à lui. Révoltée qu'un humain ait pu la toucher de cette manière, elle le repoussa vivement. La force d'un Elfe, même de sexe féminin, étant équivalente à celle d'un humain mâle, elle réussit à le maintenir à une distance respectueuse. Puis, se redressant de toute sa hauteur, elle darda un regard assassin sur le garde.

- Je ne vous permets pas de me traiter ainsi. Je n'ai rien à voir avec les affaires douteuses dans lesquelles sont impliqués l'apothicaire et son apprenti. Si vous souhaitez savoir, je ne suis qu'une Elfe de passage dans votre cité.

Son beau visage était à présent déformé par la colère et bien courageux serait celui qui oserait l'approcher en la voyant dans cet état.

-D'ailleurs , ajouta-t-elle, dites nous franchement ce que vous reprochez à ces deux humains.

Malheureusement pour elle, son discours, au lieu de la disculper, ne fit que renforcer sa culpabilité aux yeux des gardes. En effet, il n'était pas rare, mais cela Elwën ne le savait pas, qu'un groupe de malfaiteurs se désolidarise subitement au moment fatidique de se faire attraper. Aussi, lorsqu'elle se retrouva encerclée par deux des gardes ayant dégainés leur épée, elle n'eut d'autre choix que d'abdiquer et de les suivre docilement, tout en les laissant confisquer toutes ses affaires de voyage.

Elle jeta alors un coup d’œil vers Thoron qui ne semblait pas être en meilleure position qu'elle. Regardant à nouveau devant elle, Elwën surprit le vieil apothicaire lançant un clin d’œil à son apprenti. Que manigançait-il encore celui là ? Elwën espérait qu'il saurait les tirer rapidement de ce mauvais pas, sinon il verrait tôt ou tard qu'il ne valait mieux pas se frotter à une Elfe en colère
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Esthel
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Lun 13 Avr 2015 - 19:12
La situation se compliquait peu à peu. Les quatre caractères qui se rencontraient ne le faisaient pas sans heurts – quatre forces qui allaient et venaient, se croisaient en s'entrechoquant et envoyant des torrents de mots comme des étincelles rougeoyantes. Dans cette forge tonnante que devenait notre pièce, je ne souhaitais que l'apaisement. Les esprits chauds n'étaient que rarement ouverts à la discussion et moins encore à la persuasion. D'autant qu'un tel chahut à une heure matinale risquait d'attirer l'attention un peu trop. Les rares clients présents tournaient déjà le regard vers nous, intrigués par cette bruyante compagnie qui se formait sous leurs yeux inquisiteurs.

Même si les paroles que j'avais tenté de prononcer avaient semblé plaire au vieil apothicaire – j'en profitais pour faire mes preuves en jouant au bon et au mauvais garde –, leur effet avait été presque nul. L'homme-elfe, comme j'avais décidé de le visualiser, se montrait extrêmement protecteur envers la femme du Beau Peuple, comme si quelque chose d'intense le liait à elle, ou au moins à son peuple. Une énigme qu'il faudrait résoudre à l'occasion, et que je décidai de stocker dans un coin de mon esprit. Je m'interrogeais sur la vraie nature des deux individus que Bradror tentait de rallier à notre cause, sur laquelle je me posais aussi nombre de questions, lorsqu'une petite troupe de gardes entra dans l'auberge et se dirigea d'un pas décidé vers notre vieux comparse. Il me glissa un paquet et me demanda de le faire disparaître discrètement. Inclinant la tête, je fis mine de jeter le paquet dans la cheminée, mais le glissai en fait derrière un vieux bahut branlant qui jouxtait la massive cheminée. Cela pourrait me servir, à l'occasion.

J'avais loupé la plupart de la conversation, mais je pus entendre Bardror discourir brièvement, et le garde lui répondre qu'il nous emmenait tous. J'entendis – avec une surprise non feinte – la voix harmonieuse de l'elfe protester dans le langage commun. Elle tentait d'affirmer sa différence avec nous, puisque l'apothicaire, en parlant de ses associés, lui avait de fait forcé la main. Ce Bardror ne reculait devant rien. De vieux renard, il passait au rang de maître goupil – méritant presque la majuscule. En nous impliquant tous dans sa sale affaire, il avait contraint l'elfe et son impétueux et hautain camarade. D'une manière peu galante, mais, lorsqu'il s'agit d'affaires, la galanterie est à proscrire. Je l'avais appris dans les tavernes de Dol Amroth.

Me tournant vers l'elfe, je lui adressai sur un ton oscillant entre le révérencieux et l'ironique :

- Je vous remercie de vous soucier ainsi de notre destin, ma Dame. Malheureusement, je crains que ces charmants messieurs ne soient pas enclins à nous laisser filer ainsi. Quelque chose dans leur regard, une étincelle, probablement …

Celui qui devait guider la troupe ne me laissa pas finir ma diatribe. Il ne goûtait pas l'ironie, visiblement, mais j'eus le privilège de goûter ses phalanges. Il me délesta brutalement du peu que je transportais, et je décidai de me laisser faire et de suivre le groupe à l'extérieur de la taverne. A vrai dire, je comptais énormément sur Bradror – bien que cette dépendance me rende furieux. Il avait jeté un œil en arrière lorsque nous sortions, fixant son regard sur le visage d'un tavernier penaud. J'espérais qu'il avait des complices quelque part qui pourraient nous aider à nous échapper, ou qu'il était doué pour parlementer. Je craignais quelque peu pour ma réputation, mais, après tout, s'il fallait passer de l'autre côté de la barrière pour survivre et avoir une chance d'assouvir mes démesurés désirs, eh bien … Soit.

A l'extérieur, le ciel s'était libéré des quelques nuages qui le recouvraient d'un triste et cotonneux linceul, nous laissant profiter de l'éblouissante Cité blanche. Un beau royaume. Quelque chose – cette chose qui naissait en moi tranquillement – se disait dans mon esprit qu'y régner devait être un beau et brillant fardeau. Je me mis à transpirer légèrement. Cette chose s'agitait, commençait à bouillonner calmement en moi. Des visions, des rêves enfouis, des fantasmes et des torrents d'hypothèses resurgirent en moi, s'emparant de mon esprit, le privant de connexions avec le réel. J'essayais de résister à cette montée tranquille, qu'un jour j'appellerai ma folie.

- Lâche mon bras tout de suite. Qui es-tu pour me le serrer de la sorte ?

J'essayais de résister à cette montée tranquille, mais elle s'était faite impérieuse. J'avais échoué. Un instant seulement, les digues de ma raison avaient cédé et laissé transparaître l'être mégalomaniaque qui sommeillait en moi. Ma voix s'était faite hautaine et impérieuse. Agressive. Et le garde, qui pourtant semblait homme d'honneur, n'avait pas apprécié outre mesure, ce qui me valut un second coup au visage, et quelques menaces murmurées à l'oreille.

Je tremblais sous la tension. Il fallait que quelque chose survienne, qui calme la situation ou, au contraire, la fasse exploser. D'un côté, l'homme que je prétendais être, de l'autre le fou. Il fallait que quelque chose survienne, et tous le sentaient. La tension sirupeuse dégoulinait de ce ciel matinal bien trop clair.


Dernière édition par Esthel le Mar 12 Mai 2015 - 16:03, édité 1 fois
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Voronwë Amnel
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Mer 6 Mai 2015 - 0:20
Qui étaient-ils et que leur voulaient-ils ? Voilà des questions qui restaient sans réponses. Comment osaient-ils importuner cette charmante demoiselle et lui-même en pleine discussion ? Discussion qui, de surcroit, était en Sindarin. Donc un langage qu’ils ignoraient complétement. Thoron se sentait agressé par ces voyous, apothicaire à qu’ils disaient. Encore une ruse pour déplumer des étrangers. Mais Thoron connaissait bien ce genre d’arnaqueurs, il ne se laisserait pas faire. De plus, il n’était pas seul, et qui plus est en charmante compagnie. Cette Elwën était vraiment superbe et paraissait douce. Une fleur qui était bien loin de son champ.

Soudain, des gardes entrèrent. A leur allure, ils n’étaient pas très aimable ni très enjoués. Il faut dire que régler des affaires de taverne alors qu’un mariage royal avait lieu pouvait leur laisser un gout amer. Les meilleurs ou les plus chanceux surveillaient les festivités pendant que les autres, en sous nombre, ordonnaient les délits habituels.

Ces gardiens recherchaient l’apothicaire. Thoron compris qu’il avait raison, cet infâme rat tentait d’être malhonnête. En ces périodes de fête, les gardes ne recherchent pas les petits délinquants dans les tavernes. Il devait être connu ou récidiviste. Enfin ils pourraient discuter tranquillement seul à seul sans interruption quelconque.

Mais l’homme en avait décidé autrement. En effet, ce dernier enrôla les deux aventuriers dans son illégalité en proférant des mensonges. Comment une si charmante femme pouvait être avec cet ignoble apothicaire ? Les gardes ne réfléchissaient pas, ils étaient sans doute vexer d’être loin du mariage. Vexer ou simplement de mauvaise humeur. Ainsi les compagnons furent emmenés vers la prison la plus proche.

Thoron aurait pu faire appel à Voronwë, son père adoptif. Il était invité pour le mariage royal. En effet, le capitaine d’Imladris était devenu Héraut, fier représentant de la citée de Fondcombe. La gloire absolue pour cet elfe amoureux de sa patrie. Mais le capitaine de cavalerie avait sans doute autre chose à faire au mariage. Cependant, Thoron espéra tout de même le croiser dans une ruelle. Vu sa notoriété politique, l’homme et l’elfe auraient été relâchés sur le champ.

Ils avançaient dans la ruelle, escortés par les gardes. Chaque passant scrutait les arrêtés. Si Thoron avait quelque chose à perdre, il serait effrayé. Mais qu’importe, les aventures continuaient, dans la taverne ou dans une cellule. L’homme n’avait qu’une envie : déboiter la mâchoire de ce maudit apothicaire. Et c’est ce qu’il ferait sans doute à leur arrivée. Avec la sécurité présente, il était plus prudent d’être en cellule que de courir dans les rues en échappant aux gardes. Il y avait beaucoup trop de sécurité pour espérer sortir tranquillement de ces problèmes. Il fallait les affronter et être interrogé avec ces êtres ridicules, hormis Elwën bien sûr.

Thoron lança un regard noir à l’apothicaire. Ce dernier allait rapidement deviner qu’il venait de se faire un ennemi redoutable. Le voyageur était assez distant avec ce genre de personnes et c’est dans ces moments qu’il se disait qu’il avait raison de se comporter ainsi. La guerre était déclarée et Thoron n’allait pas lui faire de cadeau. Quel ignoble personnage !

Le jeune homme se tourna vers sa nouvelle amie qui restait de marbre, même s’il savait qu’intérieurement elle n’était pas calme. Voulant la calmer, la rassurer, mais surtout pour se rassurer lui-même, il lui parla en Sindarin.

-Ne t’inquiètes pas, la justice triomphera, les gardes ne sont pas idiots.

Bien sûr, Thoron ne prenait pas en compte le stress et l’énervement des gardes. Mais une cité telle que Minas Tirith se devait d’avoir de bons et justes gardes.


HRP: Désolé pour l'attente, je reviens en force Wink
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Dwolin
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Ven 15 Mai 2015 - 23:00


Jusque là, tout marchait bien ou plutôt ne se passait pas si mal. Trois gardes menaient la marche emmenant L'elfe et son ami qui semblait protester. Tant mieux, pensa Bardror, il ne paraîtra que plus coupable. Lui était au côté d'Esthel un peu en retrait avec derrière eux un autre soldat qui fermait la marche. Bardror attendait son moment. Il avait convaincu les gardes de lui laisser son bâton, arme de fortune en cas de besoin. Ils commencèrent alors leur marche vers la caserne.

Cependant, il se passa quelque chose d'inattendu du côté d'Esthel. On voyait dans ses yeux comme un combat interne intense. Esthel cria des choses incompréhensibles et se jeta sur un garde qui le réprimanda durement une fois, puis une seconde. Le corps du prisonnier fut alors prit de convulsions puis  le garde se retourna et un autre vint voir ce qu'y se passait après avoir fait signe aux autres de continuer. Esthel s'était maintenant effondré et avait perdu connaissance lors de l'impact. Ils essayèrent de le réveiller, sans succès. Un de leur surveillants rentra alors dans l'auberge chercher de l'aide.

Bardror se retrouva seul un peu en retrait d'un seul garde qui observait le jeune homme inconscient. La chance était trop belle. Il allait sortir sa dague mais se ravisa. Il n'était pas sûr de lui et si au final il se faisait prendre, mieux valait pas avoir un meurtre sur le dos.  Il vérifia alors que la ruelle était toujours vide, prit sa cane à deux mains, l'éleva en biais au dessus de sa tête et frappa assez fort sur la nuque du garde découverte pour l’assommer. Alors qu'il allait s'enfuir, la vision du corps d'Esthel inanimé lui laissa un sentiment de malaise, il n'allait pas le laisser là. Il se mit à droite de la porte de l'auberge, dos au mur, et lorsque le second garde se précipita hors de du bâtiment, l’assomma à sont tour Il n'avait au final pas tout perdu de son ancienne vie.  

Il se retrouvait donc entouré de deux gardes hors d'état de nuire, d'un futur charpentier dans les pommes. Le tout sous le regard dubitatif de son ami le tavernier qui venait aider le garçon. Avant qu'il ne pose une question Bardror  lança :

-Eh bien vas-y ! Qu'attend-tu pour aider le garçon ? Moi je suis estropié je peux pas faire grand chose...

L'aubergiste soupira un grand coup, appela deux de ses assistants et leur fit signe de porter Esthel dans une chambre.

-Bon et qu'est-ce que je fais moi avec ces gardes maintenant ? Je sais qu'on est ami mais faudrait pas que tu m'embarques trop dans tes embrouilles !

Bardror prit un instant pour réfléchir et expliqua :

-Fais ce que tu as à faire, porte leur assistance et envoie quelqu'un prévenir la garde. Dis-leur juste que je me suis enfuis vers la porte avec le gamin qu'ils nous cherchent pas ici. Ils seront trop pressés d'aller contrôler les sorties. Quand le petit se réveillera, dis lui de m'attendre du côté des écuries.

C'est là que Brardror repensa à l'elfe et à son compagnon qui étaient toujours captifs. Il soupira et corrigea :

-En fait, dis-lui plutôt d'aller au tailleur derrière la caserne, je l'y rejoindrais si je n'y suis pas déjà.

Il acquiesça :

-D'accords, et toi ? Tu vas faire quoi ?

-Un petit tour !


Bardror quitta les lieux aussi vite qu'il pu et se dirigea vers sa demeure. Il avait encore un peu de temps avant que les gardes ne soient prévenus et ne viennent fouiner dans le coin. Il aurait ensuite une sacré trotte jusqu'à la caserne et il fit une grimace rien que d'y penser. Il mit alors sa main dans sa poche et avala une petite pilule qui s'y trouvait. Sa douleur s'amenuisa mais son esprit commença à se troubler. S'il continuait à ce rythme il finirait lui-aussi par perdre connaissance sinon pire.

Il marcha aussi vite qu'il put et rejoignit sa boutique. Il ouvrit la porte et réfléchit. Il devait détruire n'importe quelle preuve qui pourrait être retenu contre lui. Il alla vers la cheminée et y alluma un feu. Il fouilla alors dans son bureau et brûla toute lettre un tant soit peu compromettante et fit disparaître sa marchandise spéciale rangée dans son tiroir. Après un quart d'heure il réalisa qu'il n'avait plus beaucoup de temps avant que la  garde ne rapplique, et devant la charge de choses à détruire, il prit une décision assez radical. Il prit toutes ses économies et les mis dans une bourse assez large qu'il accrocha à sa ceinture. Il scruta les étagères de sa boutiques et repéra ses marchandises les plus précieuses et en rempli un sac. Il laissa une petite place pour un petit carnet, dernier souvenir de sa famille disparue. Déçu de ne pouvoir emporter plus, il enfila un long manteau à capuche, et se regarda dans le reflet de la vitre. Il avait l'air d'un vrai voyageur venant d'arriver et non d'un apothicaire respectable.

Il soupira, ce n'était plus de son âge, la fatigue le prenait déjà.  Il prit alors deux fioles dont il renversa le contenu inflammable sur le tas de drap et de rideaux qu'il avait placé au milieux de la pièce. Il déposa à côté un barillet rempli d'un mélange salpêtre-souffre-charbon qu'il avait préparé dans cette éventualité. Il laissa une traînée jusqu'à la porte qu'il lui laisserait juste le temps de s'éloigner.

Il préparait son départ depuis quelques mois déjà, mais il ne s'était pas attendu à ce qu'il soit si brutal. Il avait mis des affaires de côté chez son cousin en dehors de la ville au cas où, et cependant il n'avait jamais su franchir le pas. Mais maintenant qu'il était recherché, il n'avait plus le choix. Finalement c'était peut-être le coup de pied dans le derrière dont il avait besoin.

Il regarda une dernière fois sa boutique sans trop d'émotion, ça faisait longtemps qu'il n'avait plus de vrai chez-lui. Il mit le feu à la poudre et s'éloigna rapidement. Peu après, on entendit une explosion, la boutique prit feu, on criait à l'incendie. Bardror quitta le quartier sans problèmes avec la foule paniquée tandis que les gardes affluaient déjà.

Avec un peu de chance, on le croirait mort dans l'accident. Sinon, on l'oublierait le temps qu'il libère ses compagnons et qu'ils quittent la ville. Sa fatigue augmentant sa douleur, il prit un cachet pour la route et entama l'ascension de la ville sans se retourner tandis que l'incendie se propageait. Une fumée épaisse pleine de produits toxiques montait derrière ses pas.
Il fallait maintenant rejoindre Esthel.
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Elwën
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Lun 18 Mai 2015 - 19:59
Encadrée par les gardes avec ses compagnons d'infortune, l'Elfe suivait la direction qu'on leur imposait. Ils progressaient lentement à travers les ruelles animées. Si elle ne s'était pas trouvée en si mauvaise posture, l'Elfe aurait sans doute apprécié
Mais elle ne percevait que les curieux les dévisageant de manière grossière, les montrant du doigts à leurs voisins ou poussant des exclamations ravies devant la réussite que constituait la prise de ces malfaiteurs certainement très dangereux.

Quelle humiliation ! Malgré son attitude impassible, la jeune Elfe sentit la colère monter en elle comme une flèche. Voyant cependant le jeune humain se faire sérieusement réprimander pour avoir osé se rebeller un instant contre l'attitude pressante d'un garde, elle jugea plus prudent de ne pas exprimer ses pensées à voix haute. Le moment n'était visiblement pas opportun pour tenter une action, mais il y aurait bien un échappatoire, n'est-ce pas ? Elle n'allait tout de même pas être jetée dans une misérable cellule comme un voleur de bas étage en attendant un éventuel procès ?

Faisant écho à ses pensées, elle entendit Thoron la rassurer dans sa langue natale. Elle n'avait plus qu'à espérer qu'il ait raison et que la justice de cette ville était fiable.
Quand soudain, elle vit le jeune humain tomber sur le sol juste devant elle, pris d'une sorte de crise de convulsions. S'arrêtant un instant pour tenter de comprendre ce qui se passait, elle se fit durement, entraîner par un garde,Thoron à sa suite. Il allait être compliqué de connaître la suite des événements. Osant tourner la tête, l'Elfe put furtivement apercevoir l’apothicaire fausser compagnie à son garde après l'avoir tout bonnement assommé..... Quel triste personnage ! Les embarquer dans ses affaires louches pour ensuite s'enfuir comme un lâche ! Elle n'en revenait pas !

C'est fulminant de colère qu'elle suivit son gardien forcé pour une traversée de la ville qui dura encore de longues minutes. Cette pénible marche enfin terminée, ils parvinrent à un bâtiment situé en périphérie de la ville, qui devait être la fameuse caserne. D'aspect austère, il n'en était pas moins imposant. Entièrement bâti en pierres, il possédait un mur d'enceinte d'au moins trois mètres de haut. Ils passèrent sous une arche puis traversèrent une espèce de petite cour précédent l'entrée proprement dite.

On les fit entrer dans une salle de dimensions moyennes, dénuée d'ornements particuliers excepté d'imposantes armes accrochées aux épais murs en pierre. Charmante entrée en matière, songea l'Elfe. Fronçant le nez, Elwën essaya de faire abstraction de l'odeur désagréable qui flottait dans ce lieu, composée d'un mélange de bière, de tabac et de sueur. Malgré l'angoisse qui menaçait de la submerger, elle tenta de ne pas se laisser distraire pour ne pas perdre une miette de la suite des événements.

Au milieu de la pièce trônait un imposant bureau occupé par un autre garde. Avec ses cheveux gris, son teint terne, ses yeux noirs perçants et son long nez, il faisait penser à un rat. Autour de lui, des dossiers étaient disposés sans aucune cohérence apparente. L'un des trois gardes s'avança vers lui et ils débutèrent une conversation animée où Elwën put capter quelques phrases.

- Vaut mieux les interroger tout de suite, on plaisante pas avec les trafiquants ici....... Plus vite l'affaire sera réglée, mieux ça vaudra. Et puis ils doivent avoir où se cachent leurs complices.

- Ouais, t'as raison, si on se mettait à être indulgent avec cette vermine qui se croit plus maligne que les autres, crois moi que n'importe qui dans la populace se mettrait à vendre des substances louches ! On en finirait pas ! Conclut avec un rire gras le garde qui semblait être le supérieur hiérarchique des deux autres.

Saluant l'homme au bureau, il fit signe à ses deux subalternes de s'approcher. Malgré son ouïe fine, l'Elfe ne put entendre les quelques mots échangés à voix basse.

D'un air entendu, les deux gardes revinrent vers eux.

- Vous deux, vous allez venir avec moi, vous allez être interrogés par le capitaine ! Annonça celui qui avait tenté de la maîtriser un peu plus tôt dans la taverne.

Comprenant qu'il désignait Thoron et elle-même, la jeune Elfe retrouva son courage. Elle allait enfin pouvoir clamer son innocence et aiguiller l'enquête dans la bonne direction en accusant les véritables coupables. Tandis qu'ils s'éloignaient à la suite du garde, elle put entendre le capitaine ordonner à l'autre de préparer une place en cellule pour les deux complices lorsque ces derniers seraient rattrapés. Un sourire furtif passa sur son visage. Une fois qu'ils seraient derrière les barreaux, ils allaient devoir rapidement s'habituer à ce qui serait désormais leur nouvel habitat, puisqu'elle comptait bien faire que l'apothicaire et son apprenti n'en sortent pas avant un bon bout de temps. Même si elle devait pour cela inventer des détails pour assombrir le tableau. C'est avec un sentiment de satisfaction qu'elle pénétra dans ce qu'elle supposa être une salle d'interrogatoire. A première vue, ils n'utilisaient pas d'instruments de torture, c'était déjà un bon point. Assise sur un simple banc de pierre à côté de son compagnon, elle attendit silencieusement, ruminant ses pensées.

Au bout d'un moment, le garde se mit à marmonner dans ses dents des paroles ressemblant à « mais qu'est-ce qu'il fout encore ! ». Son regard anxieux ne cessait de passer de la porte à ses prisonniers. Il paraissait tenter de régler un dilemme personnel très important. L'arrivée soudaine du capitaine les fit tous sursauter.
Il avait enlevé son casque et son armure pour passer une tenue plus confortable. Sans son attirail, il avait l'air moins imposant. C'était un jeune homme d'une trentaine d'années, bien bâti, aux traits du visage doux contrastants avec son allure assurée et quelque peu menaçante.

C'est debout, campé devant eux, les bras croisés et le regard perçant, comme s'il tentait de lire dans leurs esprits, qu'il leur souffla :

«Je vous conseille de passer à table tout suite, ça fera gagner du temps à tout le monde»
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Esthel
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Sam 23 Mai 2015 - 18:31
Les flots de Dol Amroth, déchaînés, faisaient s'agiter les navires à quai. Spectres terrifiants dans l'obscurité lourde d'un début d'après-midi printanier, ils tanguaient comme s'ils dansaient quelque infernale sarabande. Je les regardais tanguer, juché sur le bras titanesque d'un trébuchet qui moisissait tranquillement, abandonné sur le quai, qui s'effaça pour devenir une plage grevée de galets inégaux, couverte de tonnelets. Derrière, une grande bâtisse. Devant, les flots, et puis ces navires qui tanguaient toujours plus … L'eau montait, peu à peu, et venait taquiner le bas de mes chausses. Elle avait presque atteint le haut du trébuchet. Et puis ce garde de la cité, au visage tuméfié, s'approcha de moi à dos de barrique, hilaire Diogène qu'on aurait privé de son armure. Aviné, l'homme me faisait signe de le rejoindre. Je me jetai à l'eau qui avait pris la couleur et la texture d'un vin sirupeux. Goûtu. Chaud.

Je me réveillai en sursaut, avec un mal de crâne à terrasser un troll furieux. Je n'arrivais pas à recoller les morceaux, puis, peu à peu, tout revint tranquillement. Par petits éclats flamboyants, les évènements se reconstruisaient dans ma tête. L'apothicaire grigou. L'Elfe et son compagnon. Les gardes. Et puis … L'Autre, qui avait gagné cette partie. Ma mégalomanie qui avait éclaté un bref instant, et puis le violent contrecoup. L'évanouissement, impromptu, expérience nouvelle que jamais je n'avais faite auparavant. Que m'était-il donc arrivé ?

Puis je regardai autour de moi. J'étais à l'intérieur de l'auberge que nous avions quitté quelques temps auparavant. Seul.

« Bradror m'a dit d'vous tirer à l'abri, m'sieur. Heureusement qu'j'lui fais confiance, moi. Pas qu'j'vous aurais pas aidé, mais m'voyez, quand on connaît pas, enfin, comprenez quoi ... »

L'homme – le tavernier, cela me revint en un éclair – semblait perturbé. Il n'arrivait pas à tarir une véritable tempête de mots qui sortait de sa bouche. Il avait peur, c'était évident. Peur d'avoir abrité un fugitif, peur d'y perdre quelque chose. Il semblait aimer beaucoup Bardror, mais il semblait aussi hésiter. Espérant quelque récompense, peut-être. Je décidai de prendre les devants. Interrompant sa logorrhée, je me levai avec quelque peine du matelas dur sur lequel il m'avait allongé, tentant de ne pas chuter, lui mis la main sur le bras, et lui demandai en le fixant d'un teint cireux que j'aggravais à dessein :

« Mon brave, tu nous a probablement sauvés tous les deux de graves ennuis. Je ne peux pas me permettre de me faire retenir maintenant ».

Fichtre. Voilà que le mégalo revenait par surprise.

« Enfin. Je n'ai rien pour te payer, mais si tu regardes dans le renfoncement près de la cheminée, tu y trouveras une mixture de Bardror. Attends quelques temps et revends la. Tu couvriras tes frais. »

L'homme me regardait l'air incrédule, son cerveau semblant peu à peu assimiler tout un ensemble d'informations. Elles se connectaient entre elles, et tout faisait sens : il fallait aider Bradror. C'était un ami fidèle. Il pourrait me rapporter gros. Voilà ce qui trottait dans la tête de l'homme, j'étais prêt à le parier.

« Maintenant, donne-moi des vêtements. Je dois me déguiser. S'il-te-plaît, l'ami. »

Il semblait avoir été convaincu, et s'éloigna un instant pour me chercher quelque grossière tunique qui m'aiderait à tromper les gardes. Pendant ce temps, je regardai autour de moi. Bien évidemment, j'avais été dépossédé de ma dague. Mais un rasoir traînait près d'une coupelle d'eau. Je m'en servis pour me raser rapidement le visage, et couper mes cheveux mi-longs au ras du crâne. Je n'aimais pas ce que je pouvais voir dans le chiche reflet de la vitre, mais enfin … Il fallait sacrifier à la discrétion. L'aubergiste m'apporta des vêtements de rechange, puis je descendis dans la salle commune de l'auberge, désertée depuis l'évènement dont les rares clients avaient été témoins. J'en profitai pour me diriger vers la cheminée, dans laquelle le feu était mort, oublié par le patron. Je me barbouillai le visage de suie, salis mes vêtements de même et, saluant l'aubergiste d'un signe de tête, me glissai dehors.

J'émergeai dans un chaos indescriptible. Des gens courraient dans tous les sens, s’appelant de droite et de gauche, charriant des seaux pleins d'eau. Un incendie devait avoir éclaté. Bradror y était-il pour quelque chose ? Je m'apprêtais à partir quand j'entendis l'aubergiste m'appeler.

« Hé ! Bradror m'a dit, ''Dis lui de m'retrouver derrière chez le tailleur''. Suivez c'te rue et ce sera là bas, sur vot' droite. »

Puis il se retira. Je maudis l'imbécile, qui n'avait pas songé plus tôt à me passer le mot. N'importe qui aurait pu l'entendre. Toujours est-il que je suivis son conseil, espérant sincèrement que l'homme ne me vendrait pas. Pendant le trajet – qui se passa bien, le tumulte aidant – j'eus une petite pensée pour l'Elfe et son compagnon. Pris de pitié l'espace d'une seconde, je les écartai bien vite de mon esprit. Bardror, il m'était utile. Il m'offrait du travail. Il me le fallait. Les deux autres … Il fallait que j'en discute avec l'apothicaire.

Avisant l'enseigne du tailleur, je me glissai dans l'arrière-cour, et avisai un empilement de solides caisses derrière lequel je me dissimulai, attendant de voir arriver l'apothicaire, espérant qu'il ne lui arriverait rien de grave. Si jamais il se faisait prendre, je n'aurais d'autre choix que de quitter Minas Tirith sans le sou. Un cuisant échec, que je comptais bien éviter.
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Voronwë Amnel
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Lun 10 Aoû 2015 - 15:29
Les gardes et les prisonniers arrivèrent à la caserne. Thoron essayait de rester positif, mais il n’y avait que peu d’espoir. Il devrait essayer de faire marcher ses connaissances. Ils furent amenés dans une sorte de hall où l’elfe et le rôdeur furent séparés du malfrat. Enfin ils pourraient s’expliquer.

Encore une fois, ils furent menés jusqu’à une salle, cette fois ci plus sombre, une salle d’interrogatoire. Le garde attendait quelqu’un. Ses mains sans cesse en mouvement et sa sueur frontale trahissaient son anxiété. Peut-être était-ce son premier jour en tant que garde. Les deux nouveaux amis attendaient en silence. Ce fut Thoron qui rompit ce lourd fardeau.

« Vous ne savez pas à qui vous avez affaire »

Le garde lui lança un regard agressif.

« Et vous être sans doute le roi et la reine d’Arnor ! »

« Non, mais vous risquez de gros problèmes diplomatiques. Ça serait bien dommage de commencer le règne de votre reine avec une déclaration de guerre ! » Riposta le jeune homme.

C’est ce moment que le capitaine choisit pour entrer.

« Je vous conseille de passer à table tout de suite, ça fera gagner du temps à tout le monde » Commença-t-il.

Thoron fut soulagé de voir un gradé qui pourrait le comprendre. Il avait déjà vu cet homme, mais où ? Le capitaine ressemblait étrangement à son père. Simple coïncidence ou lien parental ? Thoron ne s’en soucia guère et commença son récit.

« Le malfrat que vous avez en cellule a tenté de nous inclure dans ses manigances. En honnêtes gens, nous avons bien sur refusé. Cependant, vos gardes nous ont arrêtés avec lui, je suis certain que vous pourrez comprendre cette injustice. »

Le capitaine laissa échapper un sourire narquois.

« On me le dit tous les jours. Vous êtes comme les autres, à vouloir toujours passer entre les mailles du filet. De plus, votre visage m’est familier, je vous ai déjà arrêté non ?  »

Thoron soupira, ça allait être difficile. Il regarda Elwën, elle ignorait qui il était vraiment. Le jeune homme voulait rester un inconnu dans cette ville, mais il n’avait pas d’autres choix.

« Je me nomme Thoron Ereb, fils de Voronwë Amnel, Héraut d’Imladris. Si vous vous demandez pourquoi je ne suis pas elfe, c’est simplement que feu mon père était un capitaine d’Imladris. Voronwë m’a recueilli, et ne va sans doute pas apprécier que vous  ayez arrêté, à tort, son fils adoptif. Pour prouver mes dires, je porte dans ma botte une lame portant le blason des Amnel. »

Le capitaine le regardait. Il croyait en cette histoire, mais il ne pouvait pas le laisser partir. Il ne pouvait pas non plus le garder. Qu’allait-il faire d’eux ? Soudain, il eut une pensée étrange. Son frère, capitaine de Gondor aussi, fut assassiné il y a de ça une quinzaine d’années. Ce pourrait-il que cet homme soit son neveu ? Ce visage familier, c’était celui de son frère. L’enfant avait disparu depuis bien trop longtemps, on le supposait mort. Ce pourrait-il que ce soit lui ? Serait-ce Aléron ?

Le garde vérifia la botte et rit.

« Tu n’es pas très malin comme trafiquant, tu aurais pu t’en servir pour t’échapper haha ! »

Pendant qu’Elwën regardait la scène étrange, les deux hommes se regardaient dans les yeux, ils avaient exactement les mêmes. La ressemblance entre les deux était plus que flagrante. Bien sûr, Thoron était moins soigné, mal rasé, mais on pouvait tout de même voir la ressemblance.

Le capitaine détourna son regard comme pour fuir et s’adressa à l’elfe.

« Et toi, qui es-tu ? »
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Dwolin
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Dim 15 Nov 2015 - 18:03


La montée ne s'était tout compte fait pas si mal passée. Les gardes n'avaient pas fait attention à lui tant ils étaient pressés d'aller éteindre l’incendie. Même sa jambe ne lui avait été pas si douloureuse et il se sentait encore en forme. Néanmoins, les effets secondaires de son anti-douleur commençaient à se renforcer et il avait de plus plus de mal à se concentrer.  Il arriva doucement chez le tailleur, tachant de ne pas se faire remarquer dans la foule affairée. Il rentra à l'intérieur, et alors que le marchand s’apprêtait à le saluer, Bardror lui fit signe de se taire et de le suivre à l'écart. Une fois un peu plus loin dans l'échoppe, l'apothicaire releva sa cape et sourit au tailleur :

-Gadon ! Ça faisait longtemps !

Ce dernier lui rendit son sourire et lui donna une accolade amicale.

-En effet, que me vaut ce plaisir, rien de grave j'espère ?

Gadon était le seul ancien camarade soldat avec lequel il avait gardé contact. Ils avaient tous les deux perdus leurs familles lors de l'assaut d'Osgiliath et s'étaient écartés de leur ancienne vie.
Il était plus grand et plus gros que l'apothicaire et avait un air plus avenant notamment grâce à un formidable sourire commerciale qui se dessinait dans un visage plein de bonté. Aussi Bardror lui faisait confiance plus qu'à n'importe qui.

-Je le crains hélas...

-C'est à cause de toi cette agitation ?

-En partie... Écoutes, je n'ai pas beaucoup de temps et j'ai besoin d'informations.


Le marchand le dévisagea un instant et reprit dans un petit soupir :

-D'accords, tu me raconteras plus tard. Qu'est-ce que tu veux savoir ?

-Je vais être obligé de quitter la ville pour un moment, mais je te le promets. Alors déjà, est-ce que tu as vu deux jeunes gens être emmenés dans la caserne ?  


-Il me semble, un peu avant l'alerte, une elfe et un jeune homme qui prétendait être quelqu'un d'important il me semble.


Bardror sourit, la chance ne l'avait pas encore totalement abandonné.

-Bien, ce sont eux.

-Qui?

-Disons que c'est un peu ma faute s'ils sont dans ce pétrin.


-Me dis pas que tu veux les libérer ?

-J'ai pas le choix , je peux être un salaud mais pas à ce point. Allez, rappelle-toi, tu étais dans cette caserne il y a pas si longtemps que ça, où est-ce qu'ils sont ?


Gadon soupira plus fort et réfléchit un instant en se passant la main dans sa barbichette, il avait été geôlier dans la caserne quelques temps avant de rejoindre l'armée régulière quant il était encore soldat. Il répondit :

-Bon la bonne nouvelle c'est qu'ils n'ont pas encore été transférés dans la grande prison, et avec cette pagaille et ils ont encore un peu de temps. En plus, les trois-quarts de la garnison sont partis en courant vers le bas de la cité. Suis-moi.


Il l'emmena dans l'arrière boutique et griffonna vulgairement un plan sur un chiffon relativement propre.

-Là, c'est l'entrée, à part les deux gardes il devrait pas y avoir grand monde dans la cour. À droite c'est les baraquements, tu t'en éloigne le plus possible en longeant le mur d'enceinte à gauche. Juste après il y a une porte qui ouvre sur un escalier qui descend vers une salle circulaire. Normalement un garde devrait se trouver en bas devant un bureau. C'est lui qui a les clés des cellules qui sont à droite, à gauche c'est la salle d'interrogatoire.


Il finit son tracé, le tendit à Bardror et reprit :

-Maintenant dis-moi comment tu comptes t'y prendre !

L'apothicaire prit le chiffon ,le tourna dans plusieurs sens et réfléchit un instant. Hélas, son esprit embrumé ne trouvait rien que des plans bancals. Tant pis, il faudrait s'en contenter pour le moment.

-Eh bien, si tu pouvais divertir les deux gardes à l'entré je rentrerais et j'improviserais une fois dedans.


-Hum...
Le tailleur fronça les sourcils, attendant que Bardror lui indique quand rire à cette proposition quelque peu hasardeuse. Après un instant, il se rendit compte que son ami était très sérieux. Il se racla la gorge et tenta :
-C'est un peu léger... Ne voyant pas de réaction de la part de l'apothicaire il reprit dans un énième soupir  :
Mais après tout, c'est toi qui vois. Je peux aisément distraire les gardes un moment en faisant croire que je t'ai aperçu un peu plus loin.

En effet, c'était un peu léger. Heureusement il avait l'homme idéal pour l'aider à improviser en cas de problèmes.

-T'aurais pas vu un jeune homme, la vingtaine, les cheveux bruns qui traîne dans le coin ?

-C'est pas très précis comme description...
Ils eurent un regard entendu. Derrière les caisses dans l'arrière cour.

Ils y allèrent mais en route Bardror interrompit son ami :

-Une dernière chose, tu aurais pas une cape à la taille de l'elfe que tu as vu ? Ses vêtements sont un peu voyants.

-Va chercher ton gars et je te la rapporte.

-Attend un instant et je te suis.

Bardror s'approcha des caisses dans l'arrière court et parla dans leur direction :

-Si quelqu'un voudrait aider un vieillard boiteux qui a quelques pièces d'or pour lui, il faudrait qu'il attende que les gardes devant la caserne s'en aillent et qu'il entre dedans à ma suite.

A peine eut-il entendu un mouvement qu'il rejoignit Gadon qui lui tendit une cape usée arborant des teinte de vert et de gris pas vraiment agréables à regarder. Mais c'était parfait pour l'utilisation que Bardror voulait en faire. Son ami tailleur sorti de la boutique et alla parler aux gardes qui le suivirent bientôt dans les ruelles en dessous. L'apothicaire avança alors dans la rue en direction de la porte entrouverte. Il avait vu Esthel derrière les caisses mais il ne le voyait plus dans les parages. Peut-être ne voulait-il pas prendre plus de risques ? Au pire ce serait quelque pièces d'économisées. S'il en ressortait bien entendu.  

Le vieillard poussa légèrement la porte, en se passant en tête toutes les explications qu'il pourrait fournir si on venait à le trouver là. La seule qu'il trouva et qui ne le convainquit guère lui-même c'était de jouer le vieillard sénile un peu perdu. Mais malgré un petit talent d'acteur, dans ce rôle, ses yeux remplit de malice le trahissait régulièrement. Après un rapide coup d’œil dans la cour, il se rassura, aucun soldat n'était là. Il longea le mur comme lui avait conseillé Gadon, et prit l'escalier sur la gauche qui menait aux geôles. Tout se passait comme prévu pour le moment et l'apothicaire espérait que cela continuerait car il n'avait rien préparé en cas d'imprévu.  

Hélas, deux gardes se trouvaient en bas au lieu d'un et Bardror n'avait aucune chance contre eux. Par surprise il pouvait en assommer un, mais face à une lame en acier trempé, il ne valait plus rien. Il réfléchit un moment sur un moyen de les mettre hors d'état de nuire, mais en vain. Il n'avait sur lui aucune mixture qui pouvait les endormir tout les deux. A la rigueur, il pouvait se servir de plusieurs doses de son anti-douleur pour en étourdir un mais il n'avait rien pour lui administrer à distance et une approche directe était inenvisageable. Il fallait pourtant faire quelque chose. Son esprit embrumé tournait le problème dans tous les sens quand soudain la porte s'ouvrit derrière-lui.

Il était foutu.
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Esthel
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Jeu 26 Nov 2015 - 21:30
Le vieux renard était décidément plein de ressources. Il semblait avoir un réseau d'amis – enfin, disons, de connaissances redevables – qu'il pouvait mobiliser dans l'urgence. Chacun des commerces de ce quartier peu fréquenté de la Cité Blanche semblait résonner à l'appel de Bardror. Et cela, c'était loin d'être négligeable. Celui qui est capable de structurer un tel réseau ne règne pas en pleine lumière. Son pouvoir est beaucoup plus subtil, il peut agir discrètement sur les fils du destin d'une cité, Parque rusée, et forcer les puissants à mettre leurs bottes dans la boue.

Je commençais à ressentir un respect mâtiné de défiance envers le vieillard, plein de ressources. Il avait su profiter d'un réseau que je ne soupçonnais qu'à peine. Il était quelqu'un à avoir dans sa poche, et il fallait que je parvienne à le conserver près de moi. Il pourrait m'apprendre – même s'il m'en coûtait de reconnaître que quelqu'un puisse m'apprendre quelque chose qui soit un tant soi peu en rapport avec ma … Soif, disons.

Mon visage s'empourpra soudainement, et je sentis mon sang commencer à bouillir dans mes veines. Je connaissais cette colère aveugle, cette rage vomissant les feux du Mordor par fournaises entières. J'allais avoir besoin de sang-froid pour régler cette affaire. Lorsque j'entendis quelques mots envoyés par Bardror vers les caisses derrière lesquelles j'étais dissimulé, je me calmai instantanément. Fis craquer les os de mes mains. Et me mis à surveiller les environs. Il fallait que je gagne la caserne. Que nous soyons efficaces.

Je me levai et tentai de prendre un air détaché dès que je vis le vieillard s'éloigner. J'avais changé de tunique, m'étais rasé et abîmé volontairement les cheveux chez l'homme qui m'avait accueilli, sur les conseils de Bardror. J'espérais passer inaperçu. Mais, visiblement, le renard avait réussi à forcer les gardes à vider les lieux, puisqu'il parvint à entrer dans la cour de la caserne et de descendre un escalier menant, visiblement, aux geôles. Je le suivis discrètement, non sans regarder autour de moi.

La cour était plutôt exigüe. Un escalier à gauche, donnant sur les geôles. Un autre sur la droite, descendant dans ce qui pouvait être un entrepôt. Une porte, au milieu, ouvrant sur un corps de garde à moitié désert dans lequel un gratte-papier remplissait des livres de comptes. Au milieu de la cour, trônait une charrette dédiée au transport de matériel – quelques tonneaux étaient empilés sur son plateau, en équilibre précaire, seulement retenus par une corde fatiguée. Je glissai la main dans ma bure : le rasoir que j'avais subtilisé à l'aubergiste allait servir, si jamais nous nous retrouvions coincés.

Le plan gravé dans ma mémoire, j'emboîtai le pas de Bradror, qui n'avait pas encore décelé ma présence. Une pensée me traversa l'esprit. Je pourrais très bien l'assommer, le vendre aux gardes et prendre la fuite. Mais aussitôt, l'idée me sembla incongrue : j'allais avoir besoin de lui pour fuir, et surtout préparer mon retour. Arrivé au bas de l'escalier, j'ouvris la porte qui s'y trouvait, en essayant d'être le plus discret possible. Je tombai sur le vieux, accroupi derrière la rambarde en pierre d'un escalier qui descendait dans la salle. Je le sentis sursauter, puis le calmai d'une main sur l'épaule.

« Tout va bien, renard. Ce n'est que moi. »

Il sembla soulagé. Puis je pris le temps de considérer la situation. Délicate, il fallait bien le dire. Deux gardes au milieu de la pièce, près d'une table. Quelques geôles, la plupart vides. Au fond, l'une contenait ce qui ressemblait à l'elfe. Pas de trace du bourgeois. Ce qui n'était pas sans me satisfaire.

« Ecoute, il te reste quelques uns de tes charmants artifices ? »

L'air contrit, Bradror chuchota une réponse négative. Il semblait quelque peu désespéré, et le même sentiment commençait à me gagner. Je devais le combattre pour ne pas céder à la Fureur – j'avais décidé de trouver un petit nom à ce mal rampant en moi. J'en laissai une part filtrer. Une petite dose de colère, qui m'aiderait à réfléchir rapidement. Mes yeux firent le tour de la pièce. Les clefs, suspendues au mur derrière les deux soldats, qui semblaient jouer aux cartes, assis devant une table massive. Lourde. Une idée se fit jour dans mon esprit.

« Ecoute. Nous allons ressortir. Et entrer, théâtralement. Tu es recherché, non ? »

Un sourire carnassier tentait de s'échapper de moi. Je sentais cette soif de sang, ou au moins de violence, émerger tranquillement. J'allais livrer le vieux aux gardes, demander un paiement. Il pourrait ainsi étourdir le garde qui l'emmènerait avec les quelques tranquillisants qui lui restaient, tandis que j’assommerais le mien à l'aide de l'un de ces lourds plats en fonte qui couvraient la table. Le plan était risqué, mais je ne voyais pas d'autres possibilités d'action. Il y avait aussi la possibilité d'essayer d'égorger l'un des gardes à l'aide de mon rasoir, mais … Je préférais ne pas être réduit à de telles extrémités.

« Tentons le pari. »

Le vieux semblait décidé, lui aussi. Et le temps était précieux. Il fallait nous dépêcher si nous voulions encore pouvoir quitter la cité sans trop de difficultés. Nous sortîmes alors discrètement, puis j'hurlai de toute la puissance de mes poumons :

« Allez, avance, débris ! »

Pour rajouter un peu de réalisme à la scène, je me permis de saisir Bardror par le bras, un peu trop brutalement peut-être. Nous descendîmes l'escalier devant des gardes abasourdis par la scène qui se jouait devant leurs yeux. Le vieux n'avait jamais aussi bien joué. Quant à moi, je réclamais à cors et à cris la prime pour la tête de l'affreux incendiaire. Les bleus se levèrent, laissant là leur partie de cartes, et commencèrent à s'approcher de nous. L'un réprimait un fou-rire. Il devait avoir pitié de ce vieux malmené par un jeune.

Mais il devait plutôt se soucier de sa mâchoire. Qui sait ? Un accident est si vite arrivé.
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Elwën
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Sam 23 Jan 2016 - 20:49
Elwën suivit tant bien que mal la conversation entre les deux hommes. Du peu qu'elle en avait compris, Thoron tentait d'expliquer au soldat qu'ils n'étaient pas impliqués dans l'affaire. Cependant, son argumentation n'avait pas l'air de convaincre le moins du monde son interlocuteur. Celui-ci paraissait en avoir terminé avec son compagnon, puisqu'il se tourna vers elle, interrogateur. Priant Thoron de lui traduire la question, l'Elfe se demanda quelle stratégie adopter pour y répondre au mieux. Ne relater que la stricte vérité ou enjoliver certains détails afin de traîner le vieil escroc dans la boue ? Elle décida de choisir la deuxième option. Elle débuta alors son récit, de manière hésitante, puis plus assurée au fur et à mesure de son avancement. Heureusement Thoron lui servait de traducteur, sinon elle eut été incapable de se faire comprendre correctement.

Cette histoire a l'air charmante, coupa ironiquement le capitaine après un petit moment, mais je crois en avoir entendu quelques dizaines de semblables de la bouche de vos acolytes trafiquants... Même si je l'avoue, la votre est assez originale, personne ne m'avait encore servi des histoires avec des Elfes...  Ce n'est d'ailleurs pas très aimable à vous, continua-t-il en les regardant tour à tour, de vouloir dénoncer vos complices pour tenter de sauver votre peau, mais peu m'importe, une fois qu'ils seront capturés, ils passeront aux aveux...

S'interrompant dans son discours, le capitaine fit quelques pas et jeta sur eux un regard emprunt de lassitude.
En réalité, ce que j'attends, c'est que vous m'expliquiez votre rôle, comment le dénommé Brador vous a-t-il recrutés, le fonctionnement de votre petite affaire, son organisation... Ce genre de chose, vous voyez ?

Il n'y avait plus aucune trace de compréhension, ni même d'ironie dans le ton qu'il avait employé. Ses yeux gris étaient devenus aussi sombres que des nuages orageux. Ils se braquèrent sur elle, cherchant à déceler la vérité.

Alors qu'elle refusait de se sentir intimidée jusqu'à présent, Elwën sentit sa carapace d'orgueil se fissurer devant cet homme qui, elle le pressentait, ne lâcherait rien. Afin de ne pas montrer son embarras, elle décida de ne rien répondre. Une fois l'homme calmé, elle était certaine qu'il serait plus réceptif à ses arguments...

Puisque je ne pourrai apparemment rien tirer de plus, je ne vais pas rester ici à perdre mon temps avec vous. La ville est grande et il y a certainement mieux à faire. Mais soyez certains que je ne vous oublie pas, je vais d'ailleurs m'assurer que vous soyez rapidement transférés dans l'une de nos geôles.

L’Elfe ne saisit pas les paroles de l'homme, mais c'est en voyant le visage de son compagnon d'infortune se décomposer, qu'elle comprit que ses espoirs de sortie rapide allaient être déçus.

Avant de quitter la cellule, il arrêta longuement son regard sur Thoron, comme s'il cherchait à ancrer son visage dans sa mémoire. L’Elfe nota la lueur d'intérêt non dissimulée dans ses yeux.
Le garde referma soigneusement la porte derrière lui, puis suivi docilement son maître, comme un chien bien dressé. Ils étaient à nouveaux seuls, prisonniers de cette cage et aussi peu avancés qu'à leur entrée quant à leurs chances de libération.

Elwën s'empressa de demander à son compagnon ce que le capitaine leur avait annoncé. Il lui répéta fidèlement ses paroles et l'Elfe commença à prendre toute la mesure de la situation dans laquelle ils se trouvaient. Laissant le silence s'installer, elle sursauta quand le garde s'approcha de la porte en leur criant de se tenir prêt pour le changement de cellule.

Sachant qu'il ne servait à rien de résister, elle avança docilement à la suite du garde. C'était terminé, il n'y avait plus d'espoir, du moins pour ce jour. Pourtant, la roue du destin était d'humeur taquine ces derniers temps, puisqu'au détour d'un couloir, il entendirent des grands cris qui résonnèrent autour d'eux. Malgré l'éloignement, il lui semblait déceler des mots comme « prime », « capture », « réclamer »... Leur geôlier leur fit signe de s'arrêter. Il n'avait pas l'air de savoir quelle réaction adopter. Il jetait des coups d’œil inquiets vers la source du vacarme et son regard revenait sans cesse vers eux. Comme le vacarme ne cessait pas, le garde finit par leur dire de continuer à le suivre.

« Qu'est-ce qui peut bien causer tout ce raffut encore, c'est que j'ai pas que ça à faire moi » maugréait-il entre ses dents.

Après avoir remonté un escalier, ils débouchèrent sur une salle arborant des geôles vides et une tables en son centre. Un curieux spectacle s'offrait à eux. Le jeune apprenti du vieil apothicaire se tenait à l'entrée de la pièce et lui appliquait une lame sur le cou, tout en réclamant une récompense pour sa capture. Elwën n'y comprenait plus rien. Ce petit vaurien aurait-il eu l'audace de vendre son maître pour de l'argent ? A y penser, ce n'était pas si étonnant de sa part, les humains avaient toujours été réputés pour leur manque d'honneur et de bravoure. Elle observa tour à tour les gardes qui discutaient entre eux et Brador, qui en vérité avait l'air assez terrifié. Le jeune homme quant à lui, semblait littéralement possédé et quiconque chercherait à s'opposer à lui ferait bien d'y réfléchir deux fois.

Tout cela ne faisait qu'empirer un peu plus une situation qui n'était déjà pas très favorable. Qu'allait faire ce jeune coq en furie si on lui refusait sa prime ? Tuer Brador sous leurs yeux ? Dans ce cas, ils n'auraient plus aucune chance d'être libérés. Elwën pressentait qu'il fallait intervenir de manière urgente, mais ignorait que faire. Inconsciemment, son regard bleu se porta sur le jeune humain, cherchant en vain une solution...
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Nathanael
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Mar 13 Sep 2016 - 10:45

Novan avait la tête de l’emploi. Chaume de plusieurs jours, cheveux indépendants, hygiène douteuse, regard trouble. De quoi susciter la méfiance de tout honnête citoyen qui tenait à sa bourse. Il avait d’ailleurs été rappelé à l’ordre plusieurs fois. Mais il passait outre les réprimandes et les remarques. A vrai dire, il s’en moquait complètement. Son physique ingrat était un frein au quotidien. Il lui était difficile d’aborder d’honorables citoyens de la Cité Blanche sans obtenir en retour un coup d’oeil suspicieux. Pourtant, protéger les citoyens était son devoir. Car Novan était un garde parmi tant d’autres. Ce n’était pas un métier trop difficile : déambuler en armure dans les rues, surveiller les petits escrocs, essayer d’attraper les voleurs et mettre tout ce petit monde sous les verrous. Depuis que Cartogan était au pouvoir il y avait eu beaucoup de monde dans les prisons de Minas Tirith. Certains n’en étaient pas encore ressortis, d’autres avaient écopé de peines plus ou moins lourdes, plus ou moins agréables. Les plus malins - et les plus aisés - ne s’en sortaient pas trop mal. Mais il fallait l’avouer, la criminalité avait beaucoup diminué entre les hauts murs de la capitale. Les ordres du général étaient clairs. Et il avait fait en sorte que personne ne les oublie les jours précédents le mariage royal. C’était une des raisons pour lesquelles il se retrouvait à escorter un elfe et un jeune homme au milieu de la cour. “Il ne doit y avoir aucun incident” … Il était un peu naïf le général quand même. Novan n’était pas dans le métier depuis longtemps, trois ou quatre ans tout au plus, mais il savait que tout évènement exceptionnel entraîne dans son sillage des situations exceptionnelles. L’incendie dans les bas quartiers en était un. Depuis quand n’y avait-il plus eu d’incendie dans la cité ? Des lustres, voir d’avantage. Un paquet de gars avait été envoyé pour limiter les dégâts. Il avait échappé de peu à cet effort en allant uriner tandis que son lieutenant donnait ses ordres. C’était une des raisons pour lesquelles il se retrouver à escorter un elfe et un jeune homme au milieu de la cour.

L’elfe minaudait pour se faire entendre. Ça ! les elfes savaient y faire pour afficher une gueule d’ange et prendre l’air innocent. Mais ils étaient comme tout le monde, hormis les oreilles pointues. Est-ce qu’ils n’avaient que les oreilles de pointues ? Un sourire niais apparut sur son visage tandis qu’ils escortait l’elfe et le garçon. Il pouvait avoir de ces idées. Mais les idées firent place à l’inquiétude, ou au moins au doute. Qu’est-ce que c’était que tout ce raffut au bout du couloir ? Encore une partie de dés qui avait mal tourné. Encore une partie de dés à laquelle il n’avait pas été invité. “Tricheur”, voilà tout ce que ses compagnons de garnison savaient lui dire quand il remportait plusieurs parties d’affilée. Personne ne voulait jamais crois en sa bonne étoile.

- Allez, on avance, on avance.

Il poussait l’elfe et le jeune homme à le suivre dans le couloir. Si deux soldats s’empoignait ce n’était rien de méchant. Il exciterait un peu les esprits pour échauffer ses camarades. Leur supérieur détestait le raffut. Et plus le niveau sonore était élevé, plus les corvées étaient lourdes. Novan était un peu taquin, il aimait bien voir ses compagnons d’infortune nettoyer les cellules des détenus à sa place. Il avait horreur de vider les seaux d’urine et de merde. Alors il fallait bien trouver une solution pour que quelqu’un le fasse à sa place.

- Alors, qui c’est le corniaud qui a encore perdu ses d…

Mais il n’y avait pas de dés sur la table, que des cartes, les dés avaient du leur être confisqués. Il y avait aussi un drôle d’hurluberlu à la chandelle agitée qui braillait comme un putois pour réclamer une prime pour un vieux rabougri qui tenait à peine debout. Décidemment, il y en avait toujours pour avoir des idées délirantes. Ce devait donc bien être les deux personnes dont on lui avait parlé plus tôt. Et le vieux devait être le fameux Bardror. Il courrait depuis un moment dans les bas quartiers. Ils avaient essayé à plusieurs reprises de le coincer, pour mettre le nez dans ses affaires, mais ils avaient échoué à chaque fois. Le vieux était malin. Mais ils l’avaient finalement coincé. Et de façon tout à fait inattendue. C’était le moment où jamais. Il étudia la situation, jeta un coup d’oeil aux deux gardes qui se trouvaient là. Ils les aimaient bien, de braves types. Pas très rusés, mais toujours fidèles au poste. Il pouvait compter sur eux. Novan prit une brève inspiration et se lança.

- Hola, on se calme ! Ta prime tu l’auras, et bien assez tôt. Pas besoin de gueuler on est pas sourd.

Ce faisant, il se rapprocha des deux soldats avec l’elfe et le jeune homme. Il dégaina son épée, et, sans ménagement poussa ses deux prisonniers contre le mur. On ne savait jamais comment pouvait tourner l’affaire. Autant éviter de blesser la marchandise.
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Voronwë Amnel
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Mer 12 Oct 2016 - 21:43
Chaque seconde pour Thoron semblait être une éternité. Chaque souffle le faisait frémir. Il faisait un peu frisquet. Ce n’était pas étonnant entre ces larges murs de pierre. C’était une fraîcheur humide, l’humidité restait discrète, mais l’on pouvait voir de la mousse sur certains murs. L’hiver était passé, à la grande joie de tous, ou du moins de la majorité. Thoron aimait l’hiver, et cette saison anormalement longue était apparue comme un petit paradis. Bien sûr il fut difficile de s’adapter, mais l’absence de brigands de la route ne pouvait que lui plaire. Mais l’hiver était passé et il se retrouvait à Minas Tirith, sa cité d’origine. Personne ne le connaissait, ou presque personne. En effet Thoron venait de croiser un membre de sa famille, mais aucun des deux n’avait reconnu l’autre. Drôle de coïncidence qui aurait pu les faire sortir de ces problèmes. Cependant la route de la superbe elfe et de Thoron continuait de mal en pis. Etaient-ils destinés au cachot ? Thoron, dans ce long couloir, se sentait comme un condamné à mort. Le jeune homme était très loin d’être un froussard, son visage révélait un sang-froid remarquable comme si la situation était contrôlée. Soudain, le bel homme fixa Elwën d’un regard rassurant.

-Je vais te sortir de là, je te le promets, annonça Thoron en sindarin.


Ces mots déclenchèrent un « allez, on avance, on avance » de la part du garde. Thoron ne s’en souciait pas. Il regardait les détails autour de lui, chaque brin de mousse, chaque petit indice de sortie. La fortune avait toujours souri à Thoron, et ce n’est pas maintenant qu’elle allait l’abandonner. Et il avait raison d’y croire, la chance n’avait pas abandonné Thoron. Une salle, une table, deux gardes et les deux brigands. L’un tenait l’autre et menaçait de l’exécuter s’il n’obtenait pas de récompense. Il bluffait. Tout bon joueur de cartes l’aurait remarqué. Comment pouvait-il tuer son compagnon ? A moins que Thoron ait raté un indice.

C’était le moment de fuir, c’était inespéré. Une fois de plus, le jeune homme regarda la charmante elfe, mais cette fois-ci il ne dit rien, il ne se contenta que d’un clin d’œil. Un léger sourire apparut sur ses lèvres. Comme disait le dicton, la fortune sourit aux audacieux. Pourtant, l’audace devait attendre. L’homme qui les accompagnait les jeta contre un mur proche des deux gardes avant de s’approcher des deux délinquants. Cela ne lui faciliterait pas la tâche. Les deux gardes ne se disputaient plus, dommage.

Encore une fois, Thoron regardait autour de lui. Un indice, un indice, un indice, non pas d’indice. A moins que… Une légère odeur… Thoron la connaissait. Du Rhum, et pas n’importe lequel, du Rhum venant tout droit d’Umbar. La bouteille n’était pas visible, cette odeur Thoron la reconnaîtrait au milieu d’un égout. Son fameux sourire plein d’insubordination réapparut subitement. Il frappa à la tempe celui qui sentait le moins l’alcool. Le garde tomba lourdement sur le sol dans un fracas d’armure. L’autre ne comprenait pas et ne commença à réagir que lorsque Thoron lui ôta son épée. Ce dernier l’assomma d’un coup de garde. L'alcool ralentissait tellement les réflexes ! Le jeune homme ne voulait pas leur faire de mal, mais s’ils restaient sans rien dire ils resteraient au cachot. La justice avait parfois besoin d’un coup de pouce. Le fils de Voronwë avait été à bonne école, il savait se battre. En plus de cela, il était très malin et arrivait toujours à se sortir de situations comme celles-ci. Mais Thoron ne s’enflammait pas, la fuite ne faisait que commencer et il le savait.

Le jeune homme devait retrouver ses armes, il ne partirait jamais sans elles, il préférait encore séjourner en cellules. Soudain, il leva les yeux et vit plus loin les deux imbéciles qui leur avaient causé tant d’ennuis. L’aventurier leur lança un regard noir tout en levant l’épée en leur direction. L’un des seuls défauts du jeune homme c’était son hybris, son sang chaud. Mais il n’était pas seul dans cette pièce, il devait faire sortir Elwën d’ici. C’est ainsi qu’il prit la main de l’elfe et l’emporta en courant en dehors de la salle. Il espérait ne pas les retrouver sur le chemin de l’armurerie. Comment retrouver son chemin à travers ces couloirs ? Pendant une seconde, Thoron regretta d’avoir laissé ce pauvre garde face à ces deux malandrins. Il espéra secrètement qu’il ne lui arrive rien de grave, le jeune homme restait un gondorien de cœur et ça se sentait dans ses valeurs.

-Restons sur nos gardes, le plus dur est à venir, chuchota-t-il à l’elfe dans sa langue.

HRP: Me revoilà après une très longue absence, milles excuses ne suffiraient pas mais je vous les présente tout de même !
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Dwolin
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Jeu 27 Oct 2016 - 0:32


       Décidément, rien ne se passait jamais comme prévu en cette journée. Et aucun signe ne montrait que cela allait cesser. Le plan du jeune homme lui avait paru bancal mais Bardror s'était fié à lui et avait eu raison, sa comédie était plus que convaincante. Les deux gardes commençaient à ranger leur méfiance et leurs armes ne tarderaient pas à suivre. Alors qu'Esthel lui tenait le couteau sous la gorge, l’apothicaire simulait la crainte et poussait les soldats à suivre les injonctions du jeune homme :

« Rangez vos armes et donnez-moi la prime ou je le tue ! »

Les effluves circulant dans la pièce indiquaient une consommation d'alcool fort récente par leurs vis-à-vis. Ils pourraient mieux les manipuler ou alors ils agiraient dans la précipitation, c’était à double tranchant.

Ils avaient rangé leurs glaives. Le stratagème fonctionnait, il ne suffisait plus qu'à les mettre hors état de nuire et l'effet de surprise leur donnait un avantage indéniable. Alors que le regard des deux comploteurs se croisaient, signe du passage à l'action, la porte d'en haut s'ouvrit avec fracas. Une voix forte héla leurs cibles et descendit les escaliers. C'était un autre garde. Enfin s'il l'avait croisé en dehors de la caserne et sans uniforme, le vieil homme l'aurait plutôt pris pour un bandit. Devant lui avançaient leurs deux compagnons de beuveries, l'elfe offusquée et son compagnon casse-pied. Ils étaient néanmoins ici pour eux et la question de leur emplacement était maintenant résolue.

Celle de la libération, en revanche, semblait compromise. Il tentait de garder son calme face au regard inquiet d'Esthel. Il cherchait désespérément une solution. Il pouvait facilement mettre un garde hors d'état de nuire, voire deux avec l'effet de surprise. Mais le troisième avait son arme de sortie et malgré la supériorité numérique, les chances de s'en sortir sans pertes devenait minces.

Tandis qu'il moulinait, le nouvel arrivant s'était approché de lui le glaive pointé vers lui tandis que les deux autres gardes le remplaçait auprès des deux prisonniers. Un sourire teinté d'ironie parcourait son visage et il s’apprêtait à leur adresser la parole. Mais il n'en eut pas l'occasion. Avec des gestes fluides, le compagnon de l'elfe assomma un garde puis un autre, s'arma, prit l'elfe par le bras et s'enfuit en courant.

Le dernier venu était bien embêté. Laisser filé les fugitifs ou laisser ceux-ci sans surveillance ?

Il n'eut pas bien eu le temps d'y réfléchir, car dès qu'il eu baissé son arme et détourné le regard un instant que la cane de Bardror vint le frapper de plein fouet à la tête, l'envoyant au tapis. C'est qu'il avait encore de la poigne le bougre.

Son esprit bouillonnait et il adorait ça. À défaut d'avoir un physique en bon état de marche c'était sa manière d'être en vie. Les idées venaient naturellement, dopé par l'adrénaline, il se sentait d'une incroyable lucidité. Il ferma les yeux un instant et profita de l'instant. Même si l'issue de ce genre de situation était incertaine, il ne mènerait une vie paisible pour rien au monde. Il se pencha sur sa victime.

« Hé bien Esthel, ce garde n'aura pas l'utilité de ses vêtements avant un petit moment, enfile-les et sort de la caserne comme si tu poursuivais les fugitifs. Laisse-moi juste le temps de partir avant. »

Avant de partir, Bardror prit une petite bourse accrochée à sa ceinture et la lança au jeune homme :

« C'est pas grand-chose mais si tu l'enflammes ça peut faire quelques dégâts. Je pars de la cité sans plus tarder »
C’était ce qui lui restait de la mixture qui avait enflammé sa maison. Il piocha ensuite quelques pièces dans ce qui lui restait et lui envoya :  
« Et... merci pour le coup de main, content de t'avoir rencontré. Bonne chance !  »

Bardor remonta l'escalier aussi vite qu'il le pût et franchit la cour capuche relevée d'un air tranquille sans pour autant ralentir le pas. La caserne était encore déserte, l'incendie devait retenir une bonne partie de la garde. Il eut juste le temps de franchir la porte qu’il entendit s'agiter derrière lui :

« Alerte ! L'elfe s'est enfuie avec l'humain qui l'accompagnait ! »

Il leur avait donné une chance de s'échapper, maintenant il devait s'occuper de son propre sort.  

Descendre la cité blanche quand on savait que c'était la dernière aurait sûrement arraché une larme à n'importe quel habitant de celle-ci. Mais l'apothicaire n'en avait cure. Il était bien trop concentré à éviter les gardes et à rester inaperçu. S'il partait aujourd’hui, cela faisait bien longtemps que la cité l'avait abandonné à lui-même. Le marché, la taverne, les ruelles, la maison des milles et un plaisirs, tout cela n'était déjà plus qu'un lointain souvenir. Il ne passa pas par les ruines de sa boutique, il lui avait déjà fait ses adieux et les soldats y proliféraient. Toutefois il remarqua que le feu semblait avoir été maîtrisé, il devait se dépêcher de passer les portes avant que les gardes ne reprennent leurs postes.

Il passa la porte, et sans se retourner, se dirigea vers son cousin où il avait prévu de quoi s'équiper. Pour aller où ? Il ne le savait pas encore. Il avait encore la cape qu'il avait prise à Gadon pour l'elfe. C'était son seul regret, il aurait bien aimé en apprendre plus sur elle.

Le soleil se couchait, la journée avait été éprouvante. Appuyé sur sa cane, sa jambe recommençait à le faire souffrir. Il reprit un flacon de son produit et l'avala. Il lui restait au moins deux heures de marche, il ne fallait pas traîner.
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