Affaires d'un simple marchand ...

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Evart Praven
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Jeu 25 Juin 2015 - 23:55
Resynchronisation : Mois 4, Semaine 2, Jour 3

Depuis deux jours qu'il avait appris la mort de dame Tursen, Evart s'enfonçait dans une profonde dépression. Il n'avait jamais été un guerrier et ne parvenait pas à comprendre que ses actions aient pu causer la mort d'une personne... Même s'il se fourvoyait dans des expédients peu reluisants pour s'enrichir, le jeune homme croyait sincèrement dans la capacité du commerce à rendre la vie meilleure. Ruminant sa détresse morale au fond de son lit, il ne savait que faire … En fin de matinée, il reçut la visite d'Iroas qui s'inquiétait de son état. Ce dernier semblait s'adapter aux changements d'humeur réguliers du jeune homme mais il lui porta des nouvelles de ses commerces et de la vie de la cité. Debout contre la fenêtre, Evart l'écoutait à peine et contemplait plein de mélancolie la vie qui continuait dehors. C'était donc ça notre destinée ? Mourir sans que personne n'en ait quoique ce soit à faire ? A cet instant, il avait une terrible impression de fatuité. Évidemment il était terriblement orgueilleux de penser que le monde allait cesser de tourner à notre mort mais c'était humain après tout… Pouvait on s'imaginer suffisamment insignifiant pour que tout le monde se fiche de notre mort ? Perdu dans ses sombres pensées, il en fut arraché par la seule information qui lui importait :

- Au fait Evart, le corps de Dame Tursen devrait être prêt pour dans deux jours. Souhaitez vous que j'invite des personnes pour l'enterrement ?

- Non. J'irais seul.

- Bien. Nous avons aussi reçu une lettre du Maître des Épiciers qui ne comprend pas que ne soyez pas venu au siège ses jours derniers et vous demandent de vous y rendre pour discuter de certaines affaires avec lui.

- Quoi !?!
Cracha Evart en s'étranglant. Ce misérable veut me convoquer ! Il me prend pour un laquais ce misérable incapable ! Ce gros porc qui n'a pour seule qualité que de dépenser de l'argent !

Pris dans une profonde dépression, Evart n'acceptait aucun reproche et ne supportait pas qu'on le dérangea. Profondément outré, il ordonna à Iroas de prendre un papier et une plume. Celui semblait d'ailleurs assez choqué par le langage du jeune homme qui faisait rarement montre d'autant de violence dans ses propos. Une fois qu'il fut prêt, Evart lui dicta :

Messire,
Il me semble avoir beaucoup et longuement travaillé pour la Guilde. Ayant besoin de temps pour mes propres affaires, je ne peux répondre à votre demande.
Je vous prie d'agréer … blablabla


Signant la lettre, il la cacheta et chargea Iroas de l'amener jusqu'au siège pendant que lui pouvait tranquillement retourner à son état de déprime profond. Quittant son lit, il s'installa dans un siège profond pour réfléchir à sa situation. Plus que les regrets profonds qu'il éprouvait, il ne savait pas comment réparer cette erreur indélébile. Donner l'argent de ces meubles à des pauvres ? C'était une idée mais, à près tout, cela ne la ferait pas revenir -c'était à croire que la cupidité voire l'avarice était un trait indissoluble de son caractère. Torturant son esprit tortueux, Evart pensa un temps au suicide. Cependant il était trop orgueilleux et pas assez courageux pour mettre réellement cette menace à l’œuvre mais, après tout, une vie contre une vie, n'était-ce pas un échange honnête ?

Fatigué voire même épuisé, Evart éprouvait un profond sentiment de lassitude. Pourquoi faisait-il tout ça ? Pourquoi tant d'ambition ? Pourquoi tant de cupidité ? Pourquoi tout ça ? Ne pouvait-il pas se contenter de ces petits commerces de bouche ? Après tout, cela lui rapportait largement assez pour vivre en petit bourgeois tranquille... Enfin de compte, n'était ce pas pour ça que nombre de ses collègues étaient aussi routiniers ? Ils avaient des ambitions raisonnables, se contentaient de faire leur travail de manière routinière et suffisante. Se faisant, ils évitaient de commettre les imprudences et les risques qu'Evart n'hésitait pas à prendre mais au moins, eux, n'avaient rien à se reprocher. Après tout, à quoi bon voler les pauvres hères de la ville avec un emprunt inique ? A quoi bon récupérer tous ses biens qui ne manquaient pas tellement que ça à la Guilde ? A quoi bon tout ça si ce n'était pas juste pour satisfaire une petite ambition mégalomane et démesurée ? Avec plus de questionnements que de réponses, Evart passa une journée puis une nuit bien peu agréable …
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Evart Praven
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Ven 26 Juin 2015 - 22:34
Resynchronisation : Mois 4, Semaine 2, Jour 5

Aujourd'hui, Evart allait enterrer sa victime. Pour lui, ce fut presque le paroxysme de la semaine d'enfer qui vivait. Même si on pouvait estimer que la dame était vieille et qu'elle pouvait donc mourir à n'importe quel moment, la coïncidence frappait... Terriblement déprimé,  il s'était habillé d'un pourpoint de damas noir élégant et solennel. Contrairement à ce qui se faisait habituellement, Evart n'avait pas veillé le corps chez lui -il réservait cela aux uniques membres de sa famille- mais était allé dans une des salles qui bordait le Rath Dinen. Au petit matin, alors que le Soleil se levait, il repartit chez lui pour se rafraîchir et se préparer pour l'enterrement.

Quelques heures plus tard, il rejoint à nouveau la nécropole de Minas Tirith. Devant un sépulture ouverte, Evart attendait patiemment seul. Malgré l'intense réflexion qui l'habitait depuis ces derniers jours, ce fut un véritable moment introspectif... Quelques dizaines de minutes plus tard, deux embaumeurs amenèrent le cadavre et le déposèrent dans la sépulture avant de placer la pierre qui scellait la tombe. Sans un bruit, ils s'éclipsèrent pendant qu'Evart se rapprochait pour y déposer un petit bouquet d'élégantes fleurs blanches et grises. D'une voix murmurante, il se jura de ne plus se lancer des expédients hasardeux et aussi peu moraux...

D'un pas lourd et résigné, il rentra chez lui. Assis dans son bureau, le jeune homme regardait des papiers qui traînaient ça et là. D'abord il se concentra sans volonté sur ses affaires personnelles en lisant les lettres de ses commis et notamment depuis le bureau de change, puis il s'intéressa aussi à la Guilde des Epiciers avant de lire son courrier personnel. Rien de bien intéressant à part une lettre d'un de ses cousins Harlaus. Celui-ci était un chevalier au sein de la Garde du Palais du Prince de Dol Amroth. Ainsi il appartenait à une petite délégation chargée de préparer l'arrivée d'un des plus grands nobles du royaume voire de Terre du Milieu dans la Cité Blanche pour le mariage du Roi Aldarion … Il devait arriver d'ici quelques jours et Evart devait lui préparer une chambre comme il était d'usage. Avec un peu de chance, cela lui redonnerait quelque peu le sourire -il fallait faire un effort pour paraître, au minimum-.
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Evart Praven
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Sam 27 Juin 2015 - 1:39
Resynchronisation : Mois 4, Semaine 3, Jour 1

Après cette longue pause d'une semaine, Evart était reparti au travail et en avait bien besoin. Depuis une semaine il devait rattraper bien des informations et commença par un tour de ses petits commerces. Habitué à travailler en autonomie, ceux-ci s'étaient fort bien débrouillés en son absence. Par contre, il avait eu plus de travail dans sa maison de change. Avec des montants bien plus élevés, les activités bancaires nécessitaient plus de prudence et ses commis n'avaient pas pris de risques en attendant. Il fit un rapide tour de ses affaires et expédia les plus urgentes avant de se rendre au siège de la corporation des épiciers.

Dans un premier temps, il passa dans la grande entrée où il serra quelques mains et refit connaissance avec divers membres jurés. Par le grand escalier, il parvint à l'étage où il croisa le trésorier avec lequel ils discutèrent un temps. Evart se mettait au courant des dernières affaires financières de la jurande qui n'avaient rien des particulier, on avait tout juste fini les inventaires. Bref rien de bien important. Ayant fini de se mettre au courant, il se rendit à son bureau où il commença à travailler. Après même pas une heure à se pencher sur quelques papiers ennuyeux, le jeune homme fut convoqué par le Maître... Qu'allait il lui demander encore ? D'un pas long, un peu résigné, il descendit jusqu'aux bureaux du maître qui l'attendait. Celui se leva et l'accueillit à bras ouverts d'une voix chaleureuse :

- Mon bon Evart. Cela fait bien longtemps que nous ne vous avons pas vu, vous nous avez bien manqué.

- Je suis sincèrement désolé messire mais j'ai eu des affaires urgentes à régler.

- Ah, je comprend. J'espère que vous les avez soldé convenablement.

- Si on veut.

Ah, c'est parfait alors ! Je voulais vous faire grand honneur, la Guilde va offrir bien entendu des cadeaux de mariage pour l'union d'Arnor et Dale et je voulais vous charger de les produire. J'ai chargé un Secrétaire de faire établir un premier devis auprès de l'atelier Denerim, si vous voulez bien y jeter un œil.

L'Atelier Denerim était un des meilleurs ateliers d'artisan de la ville. A la fois école et temple de tous les arts, ils produisaient les meilleurs tapisseries, tableaux, sculptures et bijoux de la ville. Le prestige de cette honorable était immense et bon nombre de personnes -jusqu'au Roi- faisaient appel à leurs humbles services. Lorsqu'il lit le papier, Evart eut un rictus et lâcha une sorte de petit rire -il avait décidé :

- Qu'y a t'il Evart ?

- Vous avez failli m'avoir. Cela fait une semaine que je ne plus là mais quand même …
Face au regard interdit du maître, il continua. C'était très amusant mais je voudrais voir le vrai.

- Mais c'est le vrai.

- Je vous demande pardon ? Mais le prix est énorme … Le commis n'a même pas essayé de négocier ou vous êtes prêt à payer une telle somme, c'est complètement fou !
Ce n'était pas parce qu'il essayait de devenir honnête qu'il fallait se faire arnaquer. Tout ça va être très difficile pour nos finances …

- Vous auriez une autre idée ?

- Ce ne sont pas les idées qui manquent. Pourquoi ne pas faire appel à un orfèvre de second ordre ?

- Il en va du prestige de notre honorable jurande !

- Oui, Messire. Certes … Mais, imaginez un instant. Si vous faites confiance à un jeune orfèvre plein de talent, on ne parlera pas de riche homme dépensant son argent dans un cadeau somptueux mais d'un homme dénicheur de talent et visionnaire. Ne préférez-vous pas qu'on dise cela de vous ?
Acheva Evart avec un petit sourire.

- Oui, peut-être …

Il ne fallut pas longtemps au jeune homme pour le convaincre qu'il était plus intéressant de lui faire confiance. Evart avait déjà sa petite idée. Pour les pierres, il pourrait certainement négocier avec Gyan Oliri pour qu'il lui fasse un prix sur des pierres précieuses. Ensuite il lui faudrait faire des devis auprès d'autres. Il n'avait pas de grandes connaissances en orfèvrerie mais il connaissait un peu la réputation de chacun. A tout le moins, il demanderait un petit coup de main à la comtesse d'Ismaren, coquette comme elle était, elle devrait les avoir tous essayé...

Après avoir un peu travaillé, il visita rapidement la comtesse qui lui donna quatre bonnes adresses. Le premier qu'il visita fut Eamon Gwarel, orfèvre réputé, c'était déjà une étoile montante de la ville, après une bonne négociation, Evart obtint un devis assez intéressant mais il comptait bien faire le tour de ses possibilités. Le second était un artisan qui lui proposa un prix intéressant mais, jugeant rapidement son travail, il ne semblait pas de qualité suffisante. Le troisième était Olaren Kinloch, un artisan compétent qui faisait un travail plus qu'honorable pour un prix dès plus intéressant. Le jeune homme hésita un temps à le prendre lui directement sans même aller voir le dernier candidat. Finalement, il n'avait pas grand chose à perdre et il partit voir le dernier homme. C'était un tout jeune homme qui était même moins âgé qu'Evart qui sortait tout juset de l'atelier Denerim et qu'on disait d'un talent certain. Discutant avec lui, ce Orleis Aranthe demandait décidément un prix un peu trop élevé et Evart se décida :


- Désolé mais je ne peux pas, votre devis est toujours trop haut. Je suis désolé de vous avoir dérangé. Se retournant, il fut arrêté par le garçon.

- Messire, j'ai vraiment besoin de cette commande. Je ne peux pas m'en passer ! Et si, et si …

- Oui ?

- On augmente très légèrement le devis et je vous verse tout de suite une petite commission pour la peine que vous vous donnez.


Joignant le geste à la parole, il posa sur la table une petite bourse emplie de pièces d'or. Le regard vide, Evart hésitait. Il s'était promis de ne pas retomber dans les malversations et la fraude et sembla se détourner. Mais les mauvaises habitudes avaient la vie dure et il réfléchit... Après tout, cette fois-ci, c'était pas pareil. Il ne risquait pas de mettre la vie de quiconque en danger, non ? Faire des escroqueries risquant de pousser à la mort des gens et profiter de ses fonctions pour toucher de petites sommes n'était pas pareil, non ? Alors qu'il regardait cette bourse, la tension en lui montait et il ne savait pas vraiment que faire. Hésitant, sa main était posée là à quelques pouces tout juste de la bourse. A la vérité, ce n'était pas tant le montant qui importait mais l'action pour elle même qui importait. D'un coup vif, il posa la main sur la bourse. Il avait agi sans réfléchir, comme une sorte de réflexe pavlovien. Se rassurant sur son acte, il se convainquit que ce n'était pas très grave et tout à fait différent de ce qu'il avait fait auparavant... D'une voix calme mais un peu désarticulée, il déclara :

- Nous signerons le contrat d'ici quelques jours. De toute façon, je n'ai pas les pierres.

- Bien, monsieur.

Sortant de l'atelier avec la bourse en poche, Evart rentra chez lui. Sur le chemin, il se décida même à une bonne action en distribuant quelques pièces à deux ou trois mendiants. C'était un moyen de se rassurer et, plus sérieusement, de se donner bonne conscience alors qu'il avait déjà trahi une partie au moins de son serment. Arrivant chez lui, il constata la présence d'une lettre de sou cousin de Pelargir qui lui annonçait que tous les meubles arriveraient le lendemain. Pris d'une certaine joie, Evart se prépara à aller manger avant de se rendre compte ces meubles étaient des biens issus d'un larcin honteux. Retombant dans une crise dépressive, le jeune homme ne mangea pas grand chose et partit se coucher le plus tôt possible.
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Evart Praven
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Sam 27 Juin 2015 - 15:25
Resynchronisation : Mois 4, Semaine 3, Jour 3

Comme le Soleil, Evart s'était aujourd'hui levé tôt. Rien de bien inhabituel mais il réceptionnait aujourd'hui les meubles que lui avait dégoté son cousin de Minas Tirith. Se voulant élégant, il lui en avait laissé quelques uns mais s'apprêtait à voir les siens... Lorsqu'on tapa à la porte, lui-même, son brave serviteur Harlaus et Iroas aidèrent les deux conducteurs de chariot à stocker les meubles. Par discrétion, certains avaient été recouverts de draps blancs et tous étaient posés dans la grande salle de la maison. Lorsqu'ils furent partit, il chargea les deux hommes de trouver des chariots et des hommes pour transporter ce matériel pendant que lui en faisait le tri.

Bien décidé à découvrir ce que son cousin lui avait ramené, il commença à farfouiller. Il y avait ici cinq bureaux de qualité diverse, le premier était de loin la pièce la plus chère avec un pan marbre et des petites abeilles représentant le travail acharné et intelligent, certaines parties étaient recouvertes d'une feuille d'or qui donnait au meuble un aspect tout à fait élégant. Deux autres bureaux, plus petits, reprenaient à peu près cette idée bien que moins ouvragés et sans feuille d'or. Ce serait bien entendu pour. Ensuite il découvrir un très beau bureau en bois marqueté, au centre, un petit cercle abritait une scène agricole tenue par deux personnages portant respectivement une corne d'abondance et une amphore de vin. C'était un symbole suffisamment clair pour qu'Evart la laissa pour le bureau de son épicerie tandis que le dernier bureau fort joli aussi irait à sa demeure de Minas Tirith. Au vue de l'importance que revêtait cette pièce de mobilier, Evart avait commencé par ça avant de s'intéresser au reste, il y avait une collection d'une dizaine de chaises ouvragées, trois beaux fauteuils et un très beau secrétaire -chose amusante, il y avait même une sorte de petit papier décrivant comment ouvrir des petits tiroirs secrets- et quelques autres meubles secondaires qui iraient à sa maison de change. Dans un autre style, il y eut aussi des chaises, fauteuils, coffres ouvragés... qui se partageraient entre l'épicerie et la demeure Praven.

Enfin Evart s'intéressa au dernier lot important : les tapisseries, il en avait récupéré près de vingt-cinq de taille et qualité très diverse, les tentures tissées comme celles-ci étaient encore et de loin les éléments de décoration les plus réputés. Les dépliant, il put admirer des pièces très diverses dont une dame à la licorne aux couleurs chaleureuses et admirable, une scène mythologique représentant la victoire de la Justice sur le vice, un lot de six teintures représentant les six plus grands arbres du monde et, parce qu'il avait demandé une pièce originale à son cousin, il y avait une très belle teinture arnorienne du Nord au tracé un peu frustre mais aux couleurs les plus vives possibles qui représentait le temps qui s'écoulait et les quatre saisons, magnifique allégorie. Toutes ces splendides pièces iraient bien entendu au bureau de change tandis que d'autres, plus en rapport avec le thème agricole, seraient pour l'épicerie, il y avait une très belle pièce d'un travail au champ avec au fond la cité blanche ainsi qu'un homme affalé sur une corne d'abondance tenant une coupe de vin à la main, entre autres choses. Enfin pour la demeure Praven il y avait quelques pièces élégantes dont deux de grande taille qui agrémenteraient élégamment la grande salle de la maison.

D'une certaine façon, Evart était un peu comme un aventurier impécunieux venant de trouver un gros trésor. Face à cette montagne de valeurs, son esprit avait complètement oublié ses mésaventures de la semaine passé et ne préférait pas en parler. Après tout ne disait-on pas que l'argent était un puissant anesthésiant ? Fort heureusement, la question ne se posa pas longtemps puisque ses deux serviteurs revinrent avec trois chariots et des bras pour déplacer tout ce qu'il fallait. Ayant toute confiance en Iroas, il le chargea d'amener l'un des chariots jusqu'à l'épicerie pendant que lui-même et le reste partait pour la maison de change où il changea la décoration et repartit avec l'ancienne chez lui. Comme celle de l'épicerie, tout serait stocké dans la cave.

Bref une journée radieuse s'annonçait et, aux alentours de midi, tout était fini. Comme son cousin arrivait, il lui prépara une chambre. En attendant que toute la famille Praven débarque à Minas Tirith, il lui avait réservé une des plus belles chambres. Peu décidé à travailler, le jeune homme se contenta de faire un peu d'intendance et il commença à préparer la venue de ses oncles, cousins, frères... à la cité blanche. En milieu d'après-midi, on lui annonça que son cousin était bien là. Descendant les escaliers, il tomba sur son cousin qui attendait dans l'entrée. Tous deux se serrèrent dans les bras et se saluèrent :


- Harlaus, cela fait plaisir de vous revoir. Il y avait si longtemps que nous ne étions pas revu.

- A qui le dite vous ! Je suis bien content moi aussi. Ah, laissez moi vous regarder... Quelle allure vous avez là !

- Je vous remercie, vous aussi avez de la gueule dans cet uniforme.


Ainsi ils commencèrent à discuter de tout et de rien. Evart avait toujours apprécié et estimé sou cousin qui était bon, droit et sérieux. Chevalier au sein de la garde du prince, il avait pour principal défaut de tenir la politique pour chose méprisable et n'était pas d'une intelligence fulgurante et était une pipelette certaine. Malgré tout, le jeune homme appréciait ce cousin légèrement plus âgé que lui. Alors que le soir commençait à tomber, Harlaus voulait aller boire dans une des tavernes de la ville. Arguant son état de fatigue, il refusa l'invitation et conseilla à son cousin l'Auberge de l'Oie Blanche et partit se coucher.
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Evart Praven
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Mer 1 Juil 2015 - 22:29
Resynchronisation : Mois 6, Semaine 2, Jour 3

HRP : Comme je commence à trouver cette resynchro bien longue, j'ai décidé d'abréger en un post le dernier mois. J'ai donc  fini toute l'ascension de mon personnage jusqu'au mariage d'Aldarion, c'est donc un moment émouvant pour moi (petite larme au coin de l’œil)

Alors que l'aube commençait à peine, Evart se baladait sur les murs de la ville haute. Malgré la présence accrue de la garde à mesure que s'approchait le mariage d'Arnor et Dale, le jeune homme profitait de la vue splendide sur la toute vallée et un magnifique lever de Soleil. C'était une sorte de moment introspectif pour lui. Il pouvait maintenant réfléchir à ce son avenir et contemplait tout le chemin qu'il avait déjà parcouru...

L'essentiel de son travail avait concerné les importants travaux engagés par la Corporation des Epiciers. Comme tous les officiers du Trésor, Evart s'était violemment opposés à ses travaux très coûteux mais comme ils flattaient l’ego du Maître et le Maître-Architecte de la Guilde était un homme influent. Toujours protégé par le maître de la Guilde, Evart s'était vu l'honneur de gérer les devis et les discussions sur l'argent. Cependant Torren avait une idée derrière la tête et avait confié à Evart le soin de détourner de l'argent pour alimenter la caisse noire de la corporation. Cela l'avait placé dans une situation délicate, ne s'était-il pas juré de ne pas tomber dans l'illégalité et la corruption ? N'ayant guère le choix, il repoussa encore les limites qu'il s'imposait au commerce...

Ainsi donc, après avoir négocié des rabais allant jusqu'au quart en mégotant sur tout, Evart avait proposé aux artisans et fournisseurs de revenir à seulement 15 % et couper le dixième du contrat en trois. La première partie était pour le vendeur, la seconde pour la guilde et la dernière pour Evart qui  faisait payer ainsi ses services. Rapidement les travaux s'engagèrent, on prévoyait d'agrandir les locaux en construisant une petite aile supplémentaire, par mesure d'économie, il avait convaincu le Maître d'abandonner ses petits appartements, qui étaient inutilisés, et il avait même obtenu un bureau dans ceux-ci. Situé plus bas, ils étaient plus prestigieux. En outre, très proches des bureaux du Maître, ils montraient son influence sur lui et lui permettait de converser facilement avec lui. Bref, sa position devenait toujours plus importante au sein de cette honorable corporation.

En outre, il avait notamment travaillé sur les cadeaux de mariage. Le résultat était plus que satisfaisant : pour le Roi une broche d'or avec six grenats et un rubis cubique, pour la reine, une rose d'or finement ouvragée. Grâce aux combines d'Evart, le prix avait été sensiblement réduit en passant par un artisan moins renommé et les pierres avaient été achetés aux Oliri qui avaient accepté, eusse égard au passé entre eux et le jeune noble, de baisser significativement les prix. S'étant résigné à s'enrichir aux frais de la guilde, Evart avait opté pour un stratagème plus simple encore : il avait acheté huit pierres mais en avait confié six à l'orfèvre. De toute façon, personne n'irait vérifier dans la salle des coffres d'Annùminas pour se rendre compte qu'il manquait deux pierres, au pire, il accuserait l'orfèvre de vol.

Son petit commerce de change tournait fort bien également. Avec la venue du Roi d'Arnor et de sa cour, tout le monde avait besoin de changer ses pièces au plus grand bénéfice de sa guilde. Pour faire face à sa prospérité nouvelle et à cet afflux de nouveaux clients, le commerce d'Evart avait grandi. Profitant du renouvellement des baux, le jeune homme avait installé un petit banc au pied de sa maison et il avait également acheté une petite échoppe dans le grand quartier marchand au plus près des zones de foire. Son plus gros investissement avait été pour le haut de la cité où il avait investi dans un petit commerce qui le rapprochait de clients influents : nobles de la cour, aristocrates et officiers royaux. Profitant de la fortune qu'il avait accumulé récemment, il avait largement bien pourvus en meuble de qualité et en commis expérimentés ces nouveaux offices. Évidemment une partie de ces investissements étaient payés par l'argent déposé chez lui... Tout cela lui avait conféré une certaine estime auprès de ses collègues de la ville et une influence réelle, mais modeste, au sein de la Guilde des Changeurs. On parlait déjà de lui pour un office au sein de l'honorable corporation... Avec un peu de chance et de doigté, Evart aurait bientôt un nouveau terrain de jeu pour ses compétences et son ambition...

Prenant conscience que cela faisait plusieurs minutes qu'il fixait, le regard vide, l'horizon, Evart se dégagea de la situation pour aller travailler... Il avait beaucoup à faire aujourd'hui s'il voulait continuer son irrésistible ascension. Il était devenu un notable relativement important et un commerçant estimé mais il irait encore plus haut...

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