Une lame à l'oeil...[kryss]

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Héli Al Azif
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Mar 8 Mai 2012 - 13:57

" Notre vie est construite par la mort des autres. "

    Al Azif jouait une lente mélodie, un peu mélancolique, assez hors du temps vu l'ambiance de la soirée. Il jeta un coup d'oeil sur les individus présent, une petite dizaine. Deux étaient intéressants. Le premier, c'était ce membre de la garde, encore engoncé dans son armure, le visage littéralement taillé au couteau avec ses cicatrices obtenus par la loi du fer. Ses joues étaient en partie mangées par la barbe et son sourire ressemblait à une cicatrice béant, s’animant au grès des envies, ou plus exactement de ses beuglantes quand il appelait la serveuse ou lorsqu'il s’esclaffait. Il avait la taille d'un colosse et nul doute qu'en déformant un peu la réalité il aurait put passer pour un monstre d'un conte pour enfant.

    La deuxième personne intéressant dans ce souk, c'était elle, elle c'était l'inconnue qui venait de rentrer. La première chose que notre assassin... ancien assassin? Continuons de dire assassin.
    Ainsi la première chose qu'il remarqua chez elle, ce fut la démarche, sûr, prédatrice. Oui, ce terme lui allait bien, car outre le fait qu'il y avait une beauté sauvage désirable chez elle, il y avait cette tenue, cette façon de marcher, ce court regard pour trouver un lieu où s'assoir. Elle avait l'air d'un animal se mêlant avec d'autres prédateurs, à moins que ce soit des proies.
    Elle se posa sur la table derrière le géant. Elle avait sur ses lèvres le parfum du sang et dans ses yeux le désespoir des morts. C'est ce que pensa Héli quand, pendant un court instant, une fraction de seconde qui sembla durer une éternité, il croisa son regard, plongeant ainsi dans l'obscure abimes de ses yeux et il vit l'animal à peine dissimuler prêt à sauter à la gorge de celui qui se dresserait en travers de son chemin... Elle était de ceux qui sont morts mais qui vivent, ces morts vivants animés par un désir, une passion, une vengeance.
    Voilà un pion qui pourrait lui être utile.

    Baissant rapidement son regard, il continua à jouer, avoir un objectif c'est bien, maintenant il fallait l'approcher, voir comment elle agissait, la comprendre pour mieux l'utiliser, l'appréhender pour y percevoir ainsi toutes les possibilités.
    La providence sembla avoir entendu les désirs de notre "sudiste", car il y eu un mouvement soudain.
    Le géant cracha sa bière, il n'était pas à sa première chopine et se mit à beugler comme un porc qu'on égorge, sa voix n'étant qu'un brouhaha, un hurlement de sergent instructeur un son grave qui rappelait le fracas des armes et les bruits des boucliers qu'on cognent :


    -C'est de la pisse cette putain de bière!

    Il jeta sa bière sur le côté. Par effet de ricochet, une partie du contenu de l'alcool fut projeté sur les bottes de Kryss. Sans faire attention à qui ou a quoi il avait put causer du tord par un tel acte, l'homme de la garde, qui se nommait Kai Hni, se releva et commença a beugler :

    -Et elle commence à me casser les couilles ta putain de musique!

    Faisant comme si de rien n'était, comme s'il ne comprenait pas les paroles de l'inconnu, Héli continua de jouer, sans se préoccuper de la tension montante ce qui sembla agacer au plus haut point la bête...
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Kryss Ganaël
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Mer 9 Mai 2012 - 20:10
    Kryss était d’humeur maussade. Oui, parce qu’il lui arrivait d’être de bonne humeur. Elle avait parcouru toute la journée la ville afin de vendre sa dague, paiement de son premier meurtre, mais personne ne lui avait proposé un prix à la hauteur de ses attentes. Devant être discrète, à cause des rumeurs parcourant sur l’identité de la tueuse, elle s’était refusée d’employer des moyens plus…convaincants. Mais si cela continuait, elle n’aurait pas d’autres choix. Elle devait vivre, payer l’auberge et l’écurie où était sa pouliche. Les temps étaient durs…

    Elle avait cherché à reprendre contact avec l’homme, qui tenait le magasin sinistre où elle avait repérée la dague de ses rêves, mais n’avait pas réussi. On disait qu’il était en voyage…Bref, en attendant, elle était bloquée ici, à tacher de survivre de ces quelques larcins. Elle y prenait gouts, et devenait même habile, mais cela n’était pas suffisant. Il lui fallait plus. Toujours plus.
    Elle avait du prendre la fuite plus d’une fois, prise sur le fait par un observateur consciencieux, mais elle s’en était toujours tirée. Les jours passaient, et moins elle se faisait repérer.

    Elle tirait volontairement sur son index pour qu’il soit de la même longueur que son majeur, afin de faciliter les petites prises dans les poches de ses proies.
    Capuchon de voyage, démarche boudeuse, comme une ombre dans la foule de badauds. Les rumeurs s’étaient muées à son propre amusement. D’une jeune femme répondant parfaitement à son physique, elles étaient passées à une jeune femme quelconque, puis à une mendiante, pour finir par une vieille dame à l’apparence de sorcière. Elle avait joyeusement participé, discrètement, à cette déformation ridicule. Les gens étaient si naïfs, et avides de nouvelles, qu’ils croiraient absolument tout ce que l’on peut raconter.

    Elle rentrait à l’auberge ce soir là, comme tout les autres soirs d’ailleurs, et abaissa son capuchon à l’entrée, révélant son regard d’argent et son air faussement enfantin. Elle jeta un coup d’œil rapide à l’assemblée, repéra les habitués et les nouveaux, puis opta pour une table dans un coin, derrière un garde géant déjà à moitié ivre. Celui là faisait partis des habitués. Elle se forçait à retenir tout les détails, chaque expression, les taches sur les habits, les comportements, afin de s’auto entrainer pour les probables futur contrats. Elle n’était pas encore assassine proclamée, mais sa première expérience ne lui avait pas déplut, et cela lui fera une formation de choix pour l’objectif qu’elle avait.

    A cette funeste pensée, un sourire sadique illumina son visage si doux, si féminin. Un tel contraste, un tel paradoxe, devait déstabiliser plus d’un. Du moins ceux qui ne s’arrêtaient pas aux premières apparences.
    Elle repéra aussi le musicien, visiblement étranger, à l’autre coin de la salle. Leurs regards se croisèrent un moment. Brève observation, jauge réglée. Ne pas se fier aux premières apparences. L’homme était tranquillement installé à sa propre table et jouait, mélancolique, solitaire et imperturbable. Sa musique aussi, sonnait l’étrangeté, sonnait l’ailleurs, et l’au delà. Le Sud. Il venait probablement du Sud, vu son accoutrement de bohémien, d’homme des sables, avec ses turbans bicolores sur sa tête.

    Son esprit fut immédiatement capturé par un autre problème de taille.
    Ses chaussures. Oui, ses chaussures. Que voulez vous, elle aimait se tacher, mais uniquement du sang de ses victimes, pour le reste, cela restait une « femme ». Elle se leva, le regard lançant des éclairs. Le géant ivre, avait généreusement renversé de sa bière infecte sur ses chaussures de cuir. Elle allait l’interpeller mais ce dernier se retourna pour apostropher le musicien qui n’avait pourtant rien demandé.
    Elle le suivit, la tête bouillonnante d’idées mauvaises et de désir de vengeance.


    - Toi, le gros !

    Il se retourna immédiatement, ses narines s’ouvrant à la démesure de sa colère injustifiée. Par contre, la colère de Kryss, elle, l’était amplement.

    - C’est bien, tu t’es reconnu.

    Provocation gratuite, sourire malsain. L’homme étant ivre et bête comme un homme pouvait l’être, il ne manqua pas de réagir à cette insulte, et se rua maladroitement vers elle en beuglant des propos inintelligibles. Ah si, elle crut reconnaître quelques mots.
    Des propos…machistes.


    - La ferme sale gueuse !

    Vous voyez, un volcan entrer en irruption ? Vous voyez la création d’un tsunami, les désastres d’un tremblement de terre ? Imaginez tout cela en même temps, et cela donne ceci…
    Kryss fulmina et ne rata pas son coup. Son poing vola avec l’assurance d’un boulet de canon. Il frappa en plein dans la mâchoire du colosse. Cela sentait mauvais, très même. Les choppes commencèrent à voler en tout sens, les clients se lançaient dans une mêlée générale, mais elle n’en avait cure. Oui son adversaire pesait au moins deux fois son poids, la dépassait de deux bonnes têtes. Et alors ? Il lui avait…Salit ses chaussures !
    Je tiens également à préciser que « gueuse » n’était pas vraiment une insulte appréciée par cette « gente dame », en connaissant un peu sa sœur jumelle et leur passé commun …


Dernière édition par Kryss Ganaël le Ven 11 Mai 2012 - 10:42, édité 1 fois
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Héli Al Azif
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Jeu 10 Mai 2012 - 11:44

    Le sang chaud, la fureur de vaincre, la rage de perde, voilà ce qui pouvait désigner à la perfection cette étrange jeune femme, cet espèce de chat de gouttière sauvage et assassin. Oui, elle osait se lever face au géant, face à cet homme aux dimensions cyclopéennes, face à cet individu trop alcoolisé, elle se levait et faisait partir son poing vengeur, métaphore singulière du soulèvement des femmes qui peut être un jours seront libres et indépendantes.
    Peut être...

    Peut être un jours les terres du milieu connaitront la paix. Peut être...

    Mais là n'était pas la question, les idéaux stériles sur la paix et l'amour entre les êtres, l'égalité des droits n'était pas vraiment dans la ligné de pensée égoïste d'Héli. J'ai dit égoïste? La vérité serait plus exacte en disant survivante, oui héli voulait vivre, il voulait cela plus que tout au monde et dès lors était près à tout et à n'importe quoi, coucher, voler, tuer, mendier, l'égo n'existait pas tant que l'on vivait.

    Et ce qui allait arriver dans cette taverne aux allures de champs de bataille, il n'en était pas encore sûr, les clients se bagarraient en exploitant leurs frustrations et rancunes, le patron était certainement partis chercher la garde et au milieu de tout cela la belle et la bête se faisait face.
    Le monstre d'acier fulminait du coup reçu, oh, avec l'alcool il n'avait pas dût sentir grand chose, mais il avait ce qu'on appel les nerfs, les nerfs qu'une "gueuse" l’eu touché. Mais ce visage se déforma en sourire amusé et moqueur quand une chaise frappa Kryss dans le dos, faisant voler en éclat le projectile et probablement souffrir un peu la malheureuse.
    Erreur de soldat, ne pas prendre en compte ses arrières. Erreur acceptable compte tenu du fait que la formation militaire insiste sur le fait d'être uni et donc que le type d'à côté vous protège. Mais quand vous vous battez seul, y a pas de type d'à côté.

    Le molosse rit légèrement et crachant sur la délicieuse et mortelle rose souffla :


    -Pauvre larve! J'défonce le musicien puis j'reviens, tiens je sais, jte baiserais sur son instrument!

    Il tourna ses yeux vers Al Azif, passant sa langue sur ses lèvres grossières, il pris le première projectile qu'il trouva, une auge, il visa et lança. L'objet vola dans les air, droit, imperturbable, immuable, sa destination était claire, le visage d'Héli, mais, moins d'un mètre avant qu'il ne puisse toucher notre horadrim, ce dernier pencha sa tête sur sa droite, comme s'il regardait par terre, comme si l'esquive qui allait en résulter était le fruit du hasard.
    Hasard, ce mot ne faisait pas parti du vocabulaire de Héli. Manipulation, mensonge, ça oui, il feignait la chance pour continuer de passer pour le simple musicien, bridant aux yeux de tous ses capacités martiales acquises dans les terres du sud.

    Cette esquive faite, le géant beugla de mécontentement, et s'approcha d'Héli, épée à la main. Oh, cette dernière avait gardé son fourreau, perdant sa capacité tranchante, mais un bon coup dans la gueule valait la meilleur barre de fer et nul doute que c'était l'objectif de l'homme.

    Lentement, voyant le monstre arrivé, Héli décala son instrument, le posant le côté, protégeant ainsi son art, sa muse.
    Il se releva face à l'arrivé du garde et commença à bredouiller des choses en Horadrim, des excuses, des "non ne me tuais" pas. Faux semblants, mensonges...

    Il esquiva le premier coup, puis le second, mais le troisième le toucha, en plein visage, violent, puissant. Il en posa genou au sol, la douleur était fulgurante. Il entendait les rires sadiques du géant. Encore un coup, dans le dos. Héli s'écroule sur le sol, face contre le parquet , il leva les yeux, il le vit se préparer à le frapper encore et encore, à lui briser les os. Il fallait qu'il agisse. Vite.

    Agilement, comme il l'aurait fait avec son instrument, ses mains glissèrent sous sa ceinture et se saisi d'une lame, l'acier noircit par des traitements, il savait ce qu'il allait devoir faire. Premier coup dans le pieds pour le déstabiliser, deuxième sur l'aine, là ou l'armure ne protégeait pas, dernier coup dans la gorge. Oui, il allait faire ça... Enfin, il aurait dut, car quelque chose se produisit, un nouvel participant rentrait dans la mêlée ou plus exactement y retournait.
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Kryss Ganaël
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Dim 13 Mai 2012 - 19:32
    Les bruits de la bataille dans la taverne ne faisaient qu’accentuer son envie de se battre, son adrénaline. Les sons de verres brisés, de pots en terre cuite éclatés sur le sol, lui donnaient des frissons de plaisir, le sourire carnassier. Elle ferma les poings et se en garde, de profil pour limiter les ouvertures. Elle plia un peu ses genoux et ramena un poing serré au niveau de son menton, l’autre plus bas, au niveau de sa poitrine. Elle pivota et donna un coup de pied dans le ventre dodu de son adversaire, et enchaina avec une gauche sur sa joue.
    Il chancela, mais il fallait nettement plus d’attaques pour mettre hors jeu une montagne. Ces quelques coups faisaient rougir ses articulations, pas habitués aux travaux de force. Voilà un point sur lequel elle devra s’améliorer, juste au cas où. Peut être trouvera t elle des troncs sur sa route pour Pelargir, afin de cogner ses poings contre l’écorce, jusqu’à devenir insensible.

    Sa vengeance, sa fureur, faisaient d’elle une guerrière méthodique, inépuisable. Elle se redressa, le menton fier, pour défier le garde ivre qui grognait de frustration. Autour d’elle, le monde s’était effacé, et elle n’eut pas le temps de réagir assez rapidement. Un filet de sang s’échappa de ses lèvres lorsqu’une chaise se fracassa dans son dos, la projetant à terre, suffocante, s’étouffant à moitié avec le sang qui avait envahi sa bouche. Elle perdit à moitié conscience, essaya de se relever, tremblante, et s’écroula sur le sol froid, au milieu des belligérants.
    Elle avait juste eu le temps d’entendre les derniers propos du garde ivre avant qu’il ne s’éloigne. Elle reprit connaissance quelques secondes plus tard, et une migraine affreuse l’avait conquise, le regard dans le vague, et des pulsions fortes au niveau de ses tempes qui lui faisaient perdre l’équilibre. Elle se releva, chancelante, et posa une main sur sa tête fiévreuse. Plus loin, elle distingua le colosse qui s’en prenait avec acharnement au musicien.

    Elle tituba, s’empara d’une cruche, et avec un cri rageur, l’explosa sur le crane du géant qui s’écroula à son tour. Elle faillit tomber, se sentit mal. Le monde semblait tourner, valser autour d’elle, et le gout métallique du sang dans sa bouche la rendait nauséeuse. Elle s’assit sur une table qui avait par miracle survécu au déluge, et avala cul sec le contenu du pichet sans se préoccuper de l’homme du Sud affalé par terre. Il y avait d’autres priorités dans la vie mon cher…
    Elle cracha le tout, dégoutée d’y avoir trouvé de la bière infecte. Cela avait eu au moins deux effets positifs. Premièrement, celui lui avait tiré le gout de sang dans la bouche, et deuxièmement, celui lui avait fait retrouver ses esprits. Elle poussa un gros soupir, et regarda un moment les hommes bêtes et disciplinés, qui se lançaient tout ce qui tombaient sous leur mains.

    Ah…le patron n’était plus là. La garde ! Elle se releva vivement, et le regretta immédiatement, en sentant une grosse pression au niveau de ses tempes qui lui brouilla la vue. Elle décida de décamper rapidement avant de se retrouver dans les geôles. Elle y avait échappée une fois, alors ce n’était pas pour s’y retrouver maintenant. Elle ne se priva pas du bonheur de piétiner généreusement le colosse à terre avant de se diriger vers la porte d’entrée en longeant les murs.
    Elle fut arrêtée dans sa progression par un bruit douteux. Les gardes arrivaient ! Elle fit demi tour, sauta allégrement sur le malheureux et s’échappa par les escaliers menant au premier étage.
    Elle balança son épaule dans la première porte sur sa gauche et manqua de peu de s’écraser par terre tant elle avait été affaiblie par le coup de chaise. Elle tituba, et avança maladroitement vers la fenêtre qu’elle ouvrit en grand. Par chance, elle avait la même vue qu’avec sa chambre, trois portes plus loin. En effet les fenêtres donnaient, sur les toits de la ville.

    Elle commençait à l’enjamber quand elle entendit les gardes entrer en dessous, et elle se pressa. Elle courra sur les tuiles, les bras écartés pour tacher d’améliorer son équilibre précaire. Elle s’arrêta, entendant des bruits derrière elle, et se retourna lentement. Elle était sur le bord du premier toit, et avait jeté un coup d’œil brièvement en bas pour savoir ce qui l’attendrait au cas où.
    Le musicien l’avait suivie. Il était en piteux état lui aussi. Elle plia à nouveau ses genoux, sur ses gardes, mais il ne semblait pas avoir des envies belliqueuses. Il s’approcha et elle l’observa, ne sachant que trop en penser.
    Ils étaient à moins d’un mètre l’un de l’autre désormais. Les gardes avaient monté les marches dans un bruit qui ne laissait rien présager de bon. Son regard s’affola, le cœur battait la chamade. Sans prendre la peine de réfléchir plus que cela, elle agrippa la chemise du musicien et se colla à lui avant de se laisser tomber en arrière, dans la pénombre d’une ruelle, où un chariot empli de foin les récupéra dans un bruit sourd.

    Elle ne put retenir un gémissement de douleur, ses tempes battaient douloureusement, sa vue était totalement floue. Le musicien avait atterri sur elle de plein fouet, lui coupant la respiration, son nez dans ses cheveux. Elle le sentit se dégager pour se mettre sur le côté. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas eu ce genre de proximité avec un homme. Au dessus de leurs têtes, ils percevaient les gardes qui maugréaient. Ils s’étaient échappés de justesse. Quelques secondes en plus, et les gardes auraient pu voir des silhouettes sur les toits, en l’occurrence, eux.
    Sa poitrine se soulevait douloureusement, absolument toutes les fibres de son corps la tiraillaient et elle se permit de fermer les yeux pour abaisser ces battements. Là, allongés dans la paille, ils observaient les étoiles, le bruit de leurs souffles irréguliers coupaient la plénitude des ténèbres.
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Héli Al Azif
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Lun 14 Mai 2012 - 19:43
    Bataille, ce mot n'était pas pour Héli, Héli n'était pas un de ces hommes qu'on retrouve sur un champ de bataille, il n'était pas un de ces hommes à haranguer les foules, à hurler des propos sur la gloire et l'honneur, il n'était pas homme à se battre dans la mêlée, serré contre d'autre « frères d'armes », non, Héli était un de ces hommes qui faisait gagner des guerres sans sang, il était celui qui tranchait la gorge des généraux, abreuvant seulement leur lit de leur fluide vitaux, il était de ceux qui déclenchait les guerres, créant les conflits sur un assassinat. Il ne se sentait dès lors chez lui que dans un environnement calme, sans bruit, sans adversaire, juste le soupire de l'homme qui dort avant que l'acier froid et mortelle ne vient offrir on âme aux mânes.

    Il ne put cependant nié l'évidence attirance, ou plutôt curiosité né du résidu de l'archéocervelet en la voyant bondir. Lui qui tenait sa lame entre ses mains, lui qui a tout instant pouvait ouvrir la gorge du géant, oui, lui était impressionnait. Oh, ce n'était pas la technique qui le laissait pantois, loin de cela, non, c'était cette force, cette abnégation qui la poussait à se battre, c'était la sauvagerie et la rage qu'elle possédait, cette force incroyable dissimulé dans un corps qui semblait si frêle.
    Se relevant doucement, le musicien rangea sans un bruit sa lame, la fixant. Elle avait compris à son instar que la garde n'allait pas tarder, hors, l'inconnu étant de la garde et un et un faisant deux, nulle doute qu'il saurait convaincre ses collègues du fait qu'il était en tout point innocent et que cette étranger ainsi que cette gueuse étaient responsable de l'anarchie dans cette paisible auberge. Et nul doute aussi que quelque pots de vin bien placé ou menace le cas échéant feront acquiescer le malheureux tavernier.
    Il fallait donc fuir et vite car l'idée de visiter les geôles de la cité de l'arbre blanc n'était pas réellement dans l'optique d'Héli et que liberté chérie était une préoccupation importante. Ainsi, sans autre forme de procès, il commença à remballer précautionneusement son instrument chéri, le traitant avec autant de douceur qu'on l'aurait fait avec un enfant si ce n'est même plus. Il était hors de question de l'abandonner ici et encore moins de l'abîmer par une quelconque précipitation mal placée.
    Prendre le temps de faire les choses étaient mère de sureté.

    L'issue quand a elle s'était dessiné sans la moindre hésitation, les toits. Il les avait repéré préalablement et savait que cela était certainement sans risque ou du moins bien moins que les ruelles, et puis, il fallait avouer qu'il était un athlète habitué à ce genre de gymnastique et que de telle escalade ne l'impressionnée pas le moindre du monde. Au contraire, il trouvait même une certaine satisfaction à pouvoir aller là où les autres n'osait, comme s'il possédait ainsi une sorte de passe-droit, un avantage, une liberté.


    Une fois l'instrument protégé et fermement accroché dans son dos, il se mit à monter à l'étage et il fut surpris de voir une porte déjà ouverte, donnant accès à une chambre et à une fenêtre ouverte. Visiblement, la providence avait choisit de lui donner un petit coup de pouce. Cette idée lui fit plaisir et sans hésitation il suivit le chemin.

    Les pas d'Héli était agile, l'on aurait dit un chat, véritable acrobate, il semblait marcher presque plus facilement sur cette hauteur que sur le sol dur de la taverne. Il remarqua soudainement en face de lui quelqu'un. Plissant les yeux, il reconnu alors le prédateur.
    La voir lui provoqua un certains plaisir, sans rien ajouter, il souri. L'acte lui offrit un brin de douleur, il était vrai que le colosse ne l'avait pas réellement gâté et nul doute qu'il garderait pendant quelques jours, une semaine tout au plus, les stigmates de cette douloureuse rencontre.

    Il fixa la jeune femme et la regarda se mettre en garde. A cette distance, avec le suaire de la nuit en fond, les étoiles en bougie et le vent en chef d'orchestre, il put un peu mieux la détailler, apprécier ce visage finement ciselé et massacré par les coups récents, véritable hérésie, cruel acte contre l'art et la beauté. Cette garde n'était pas mauvaise, mais parfaite, cependant, elle accentuait chez elle ce côté sauvage et ne pouvait ainsi que la sublimer.
    Bien, il ne fallait pas l'effrayer. Dès lors, comme on l'aurait fait avec un animal apeuré, près à frapper, Héli fit un pas en avant, doucement, lentement, sans geste brusque. Il en fit un second, puis encore un, raccourcissant la distance entre eux. Il pouvait la toucher à présent s'il l'avait souhaité, mais déjà, des bruits plus proche se faisait entendre et elle agit.

    S'agripant à Héli comme on l'aurait fait d'un amant, elle se colla à lui pour se jeter dans le vide à la surprise du musicien qui fut rassurer de voir le chariot plein de foin, élément de décors salvateur pour tout bon assassin qui se respect et féru des sauts spectaculaires.

    Se retrouvant sur elle, il entendit son petit gémissement de douleurs, mais malgré ça, il ne put cacher le trouble qui l'envahit. Comprenez, Héli avait déjà dût se déguiser en femme, il avait déjà dût coucher avec des femmes, par plaisir ou même pour le « travail », et là, cela faisait quelques temps qu'il chevauchait, qu'il ne prenait pas le temps de sentir la douceur de la chaire et on lui offrait le corps délicat d'une véritable beauté sauvage.
    Oui, vous l'aurez compris, il était attiré par l'inconnue, il était attiré par sa force promesse d'étreinte passionnait, il était attiré par cette combativité, par cette peau, par ces formes. Il senti le parfum qu'elle exaltait, car mélangeait aux odeurs de foin, de sang et de sueur, elle embaumait un léger nectar sucrée et ce fut difficilement qu'Héli se retint de ne pas déposé un délicat baisé sur le cou de l'inconnue. Peut être même commença-t-il à esquisser le geste, ses hormones décuplé par l'adrénaline de la bataille lui ordonnant de faire selon ses envies, ses pulsions.
    Fort heureusement pour lui, il se rattrapa, se rappelant que malgré la proximité, cela n'était que fruit de la chance et qu'au vu des comportements de l'inconnue sauvage, elle ne devait probablement pas être femme à homme.
    Se décalant, Héli se coucha juste à ses côtés, ne cessant de la fixer avec une pointe d'envie mal contrôlée. Bien, il fallait reprendre ses esprits, il fallait ne pas se laisser aller à ses pulsions, il fallait qu'il réfléchisse. On lui avait mis cette chance sur la route, il lui fallait la saisir, il lui fallait se servir d'elle.

    La première chose, c'était rester calme et ne pas bouger de ce lieux, les gardes rodaient, il fallait donc faire attention. Retirant ses foulards qui enturbannés sa tête, Héli libéra ses cheveux qui descendirent sur le foin comme une ombre, il se rapprocha de Kryss, et, portant sa bouche près de l'oreille de cette dernière, il commença à murmurer comme l'on susurre quelques compliment à son amante:


    -Moi merci toi... toi avoir moi vie

    Héli parlait et comprenait parfaitement le langage courant, il savait également parler celui des elfes et des nains, mais préféré faire le simple d'esprit, jouant avec les idées préconçus de ses interlocuteurs. Il continua, sa langue rappelant les chauds déserts du sud et la mélodie de son art:

    -Moi être Héli Al Azif. Toi pas bouger, garde!

    Avec cette proximité, il pouvait presque entendre le cœur de Kryss battre, elle, nul doute qu'elle pouvait sentir le souffle chaud qui émanait de sa bouche alors qu'il lui murmurait à l'oreille. Elle se serait tournait qu'a peine une main aurait séparé leur lèvre, augmentant l'embarras de cette situation incongrue. Il continua en Horadrim, souhaitant visiblement tester la jeune femme, voir si elle comprenait ses paroles:

    -Tu comprends fleur sauvage ? Faut surtout pas bouger sinon ils vont nous tomber dessus.

    Héli retourna dans son mutisme, fixant de ses yeux sans page le visage de Kryss, attendant une réponse et surtout de la discrétion de sa part. Nul doute que si elle osait parler trop fort il n'aurait aucun scrupule à la faire taire pour éviter les complications.


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Kryss Ganaël
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Ven 18 Mai 2012 - 21:44
    Elle respirait avec difficultés, son dos lui faisait énormément souffrir et de légers sifflements rauques sortaient d’entre ses lèvres, légèrement tremblantes. Elle sentait le souffle chaud de l’étranger contre sa peau, dans le creux de son cou, et attendit qu’il se mette de côté, ce qui la soulagea sur plusieurs points : La gêne occasionnée par la proximité, mais aussi la douleur accentuée sur sa poitrine. Il sentait le sang, et les épices. Odeur qui inspirait la chaleur, l’évasion.
    Elle ferma les yeux, et essaya de dissimuler sa douleur, tandis que le monde tournait autour d’elle, au rythme des pulsations sur ses tempes. Elle écouta les gardes, passer de chambre en chambre, fouillant tout le logis. Elle chérit alors son esprit pratique, qui lui avait fait mettre ses maigres effets avec sa pouliche, à l’écurie.

    Nozomi !

    Le garde amoché allait rejeter la faute sur elle, et l’étranger, alors ils allaient s’en prendre à sa pouliche pour se venger. Un frisson de terreur l’envahit. Jamais elle n’eut aussi peur, mis à part au moment de son viol. Jamais, même pas à ce moment là…Sa pouliche était tout ce qui lui restait de sa vie d’avant, son bien le plus précieux. En tant qu’ancienne femme du Rohan, les chevaux avaient une valeur capitale. Elle tacha de bouger mais se recoucha avec un gémissement faible. Elle était, impuissante…Faible.
    Ce mot la rebutait plus que tous les autres mots de la langue des hommes. Elle écouta les paroles du musicien, fit un signe de la tête, des frissons la parcourant de plus en plus violemment. Il parlait mal sa langue, mais elle préférait cela.

    Il se trouvait curieusement attachant, pour un homme. Elle trouva des qualités en cet homme étranger, qui ne parlait pas sa langue, et sentait la liberté, les chemins éloignés. Elle tourna sa tête vers lui tandis qu’il lui parlait dans sa langue natale, et ne put retenir un léger fard sur ses joues, lorsqu’elle se retrouva à quelques centimètres seulement de son visage. Elle distingua dans le noir son regard brillant, sa barbe de trois jours, son teint légèrement halé.
    Chaleur.
    Proximité.
    Trop de proximité.
    Elle se retourna et le gout de sang revint à sa bouche, déclenchant nausée et vertige. Elle avait d’autres priorités que de contempler l’homme à côté d’elle, et de rester dans ce chariot rempli de foin. Il fallait qu’elle récupère ses affaires et sa pouliche aux écuries avant que les gardes ne s’en emparent.

    Elle se releva, avec maladresse. Son état était visible, la chaise fut rude, et chaque vertèbre lui faisait énormément souffrir. Mais elle ne resterait pas sans rien faire.
    Elle observa ce qui l’entourait, et fut embarrassée à l’idée de devoir passer au dessus de l’étranger pour sauter du chariot là où il était le moins haut, afin d’éviter d’autres dégâts. Elle aurait besoin du reste de ses forces, du moins, elle s’en contenterait, faute de mieux. Elle soupira sans chercher à cacher son trouble, et sans dire un mot de plus, l’enjamba sans cérémonie, mais ne put s’empêcher de constater sa réaction, avant de passer l’autre jambe de l’autre côté et sauter en bas du chariot. Elle chavira, sa vision trouble, avec un brin de fièvre. Pour justifier son acte, elle prononça un mot, pour qu’elle soit sûre qu’il comprenne.


    - Cheval.

    Elle tituba, se rattrapa sur le mur de la bâtisse en pierres à sa gauche, et continua sa route, vers l’écurie. Elle s’écroula avant d’atteindre le bout de la ruelle.

    - Nozomi…

    Continuer. Avancer, un pas après l’autre, ramper s’il le faut, mais il était hors de question que sa jument finisse entre les sales pattes des gardes de la ville. Elle se releva à l’aide de l’étranger qui était venu à son aide. Aide. Un autre mot qu’elle détestait tiens, mais dans ce cas d’extrême urgence il fallait ravaler sa fierté.
    Ils marchèrent donc lentement, bras dessus bras dessous, et arrivèrent dans le bâtiment des équidés, dans lequel ils se faufilèrent comme des ombres. Par chance, les gardes n’avaient pas encore eu l’idée qu’elle craignait tant.
    Elle chancela, s’appuyant sans gêne sur le musicien, et tendis le doigt vers le box concerné. Sa jument l’accueillit avec une joie visible, en donnant des coups de tête dans le creux de la poitrine de sa maitresse.
    Pressée et angoissée à l’idée d’être découverts, elle entra dans le boxe, désigna son sac de voyage à l’étranger, et sella rapidement sa monture, heureuse d’aller dénouer ses pattes. Elle demanda encore une fois à l’homme de l’aider à monter, puis lui tendit un bras pour qu’il monte derrière elle.

    Elle ignorait pour quelles raisons elle faisait cela, mais elle n’avait pas le temps d’y réfléchir. Gratitude ? Surement pas. Disons que, entre eux, c’était donnant donnant, même s’ils ne se connaissaient que depuis une poignée d’heures.

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Héli Al Azif
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Ven 18 Mai 2012 - 22:54

    Pendant une fraction de seconde, leurs lèvres s'étaient retrouvées si proche, il aurait fallu d'un rien pour un baiser. Un baiser, à tout prendre qu'est-ce? Un point rose que l'on appose sur le "i" du verbe aimer? C'est un secret qui prend la bouche pour oreille? C'est une façon qu'on a de goûter l'âme? Ce n'était rien, rien sans une étreinte, les corps qui s'enlace, la chaleur qui se répand, le râle de désir, la douceur de la peau. Héli ferma une fois des yeux, il pensait trop, était-ce dût à l'envie d'une femme? Au cocasse de la situation et à cette position quasi fantasmatique.
    Qui n'aurait pas aimé faire l'amour dans une meule de foin?
    Peut être tout simplement chantait il trop de mots d'amour et de poète en quête d'étreinte, ou peut être était-ce l'explosif mélange de tous ces facteurs, oui, il fallait arrêter et ne penser que survie, juste ça, rien d'autre, il fallait voir pour s'en sortir, être prêt à tout sacrifier, la vie des autres ne valait rien, c'était la première règle pour la survie.

    Soudainement il la remarqua entrain de l'enjamber, il ne put alors rien faire d'autre que la fixer, que faisait elle? Ce... Non, voyons, elle semblait peut encline à apprécier la gente masculine. Peut être même était elle une de ces filles tellement prudes qu'elles n'ont jamais connu l'étreinte passionnée d'un homme. Mais trêve de spéculation, elle ne faisait que l'enjamber pour se retrouver dehors.
    STUPIDE!
    Ne venait il pas de dire qu'il ne fallait rien faire? Juste rester caché? Pourquoi ne l'écoutait on jamais? Fallait il qu'il soit tombé sur une simple d'esprit? Fallait il que cette violence dissimule une idiote? Il eu sa réponse quand en titubant elle articula de sa voix semblable à un ruisseau qui coule :


    - Cheval.

    Oui, et bien? Quoi cheval? Tu peux pas parler correctement, faire des phrases, sujet, verbe, complément? Non? Trop difficile? Trop compliqué? Sans rien répondre Héli se dressa à peine, accroupi, il gardait son regard alerte, elle allait le faire repérer cette conne, fallait il être con à ce point! Elle continu de son air hagard :

    - Nozomi…

    Il la regarda un instant ramper, comme un insecte, la moindre bottine capable de l'écraser. Héli regarda à droite, puis à gauche, bon, personne, il fallait faire vite. Comme le vent, il posa son écharpe de soie comme une capuche sur sa tête, on cherchait un type avec un turban rouge et bleu, pas une capuche. Rapide comme une ombre, il marcha vers elle et la souleva, la tenant contre lui. Fait comme si de rien n'était putain de conne, fait bonne figure au moins, tu crois que ramper va pas te faire remarquer? Tu crois que ça t'aidera?
    Héli portait à moitié la jeune femme, c'était presque un miracle qu'elle tienne debout. Elle avait passait son bras sur lui, lui tenant le cou comme un ivrogne l'aurait fait avec un ami qui le tiens pour l'empêcher de tomber. Lui, il avait posé sa main sur l'aine de l'inconnu, sentant sa maigreur, presque ses os. En même temps, il la trouvait "maigre", mais lui même, comment était-il? N'avait il pas les traits tirés par la faim? Par le froid et le sommeil difficile qu'il avait sur les pavés de la cité blanche?

    Elle chancela soudainement, s'écrasant contre lui. Ils étaient de nouveaux proches et presque malgré lui, la main d'Héli était descendu sur la chute de rein de l'attirante inconnue. S'ils n'y avaient pas eu cette situation, il aurait parié qu'elle l'aurait fait exprès et l'aurait gratifié d'un baiser exquis, mais là, c'était plutôt un signe de faiblesse et il se dépêcha bien vite de remonter sa main, chassant de son esprit les idées "impures" qui l'espace d'un instant l'avait traversé pour regarder la direction du doigt.

    Un box? Ils s'en approchèrent et Al azif compris. Un cheval, il venait de tout risquer pour un cheval! Fallait il être stupide pour aller risquer sa vie pour un malheureux animal, on ne risquait pas sa survie pour une... chose... Cette idée esquissa un léger sourire, il repensa à son instrument, pourrait il l'abandonner si un jour sa vie en dépendait? En voyant la jeune femme agir ainsi, il en doutait un peu. Enfin.

    Il ramassa le sac indiquait, bien, elle avait des affaires, s'il le fallait, il n'aurait qu'a se servir. Il la regarda un instant entrain d'arnacher son animal. Elle devait venir du Rohan, elle en avait les habitudes du moins et un peu l'accent, oui, cela expliquait l'attachement pour l'animal. Une fois ceci fait il l'aida à grimper, était-ce une bonne idée de faire cela? Etait elle en état de mener l'animal? Dans le sud, on disait que les hommes du Rohan apprenait à monter à cheval avant même de marcher, peut être était-ce vrai...

    Il resta quelques instants interdit quand elle lui tendit le bras, était-ce raisonnable pour lui, il avait toute les chances du monde de s'en sortir vivant sans elle, moins avec elle, mais elle l'intriguait, et puis, n'avait il pas besoin d'un compagnon de voyage "voyant"? Sans rien dire, il attrapa la main, plus pour la symbolique car il sauta tel un gymnaste sur l’animal. Elle avait la peau douce. Assis dessus, il souffla d'un ton rauque en langage commun :


    -Attends!

    Il lui noua sur la tête sa deuxième écharpe rouge, couvrant ainsi ces cheveux d'un ton si rare. Ainsi, ils ressemblaient tout les deux un peu moins que ce que cherchaient les gardes. Souriant, il se colla contre elle, la serrant fort. C'était plus pour un aspect de sécurité qu'un quelconque plaisir, Héli n'avait jamais été à l'aise avec les animaux et préférait ses deux pieds ou les chariots. Néanmoins, le cocasse répétitif de la situation l'amusa et il souffla dans le creux de l'oreille de Kryss en Horadrim :

    -A croire que tu n'attends que ça que je me colle à toi.

    Il sourit bêtement, réellement amusé et ajouta encore dans sa langue natale, se lovant presque contre elle, créant ainsi une unique masse, sa bouche soufflant son air chaud dans le cou de l'inconnue :

    -Tu es quand même une idiote... Mais bon...

    Il se tue alors en sentant l'animal bouger, fermant les yeux, n'osant imaginer les ballottements lorsqu'il irait au galop. Cette femme sentait bon sous l'odeur du sang et de la sueur, il y aurait presque déposé un baisé... presque...
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Kryss Ganaël
Vagabonde-Créatrice de la 'Traque dans la Cité Blanche'
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Localisation : sur les traces de ma soeur jumelle

~ GRIMOIRE ~
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Mer 23 Mai 2012 - 13:21
    Dans l’obscurité de l’écurie, au milieu des chevaux, l’étranger avait glissé son foulard rouge sur ses cheveux. Rouge sang, couleur adorée. Elle l’ajusta sans un mot, toute préoccupée par son souffle chaud murmurant quelques secrets dans son dialecte étrange. Quelle curieuse langue, quelle chaleur douce et agréable. Les mains de l’homme étaient serrées sur son ventre, ses bras juste en dessous de sa poitrine, son torse collé contre son dos souffrant.
    Elle repensa en se mordant la lèvre, de tout ces petits moments si tendus, la tension étant palpable, désirable, désir désiré d’un toucher corporel, d’une étreinte charnelle, dans le foin, là, avec lui, maintenant. Sentir ses mains caresser sa peau nue, ses lèvres se balader sur sa nuque, entendre les soupirs de plaisir, les râles de désir. Le bruissement léger des vêtements délestés, les frissons se mêlant aux gémissements doux, aux corps qui se touchent, qui se convoitent, qui se jaugent lentement, doucement, si sensuellement…

    Maintenant elle en était sûre, elle devait bien être amochée pour divaguer autant.
    Elle talonna sa jument et alla au pas pour ne pas éveiller plus de soupçons. Passés la porte, les gardes les attendaient dehors. L’un d’entre eux les désigna du doigt avant de hurler un ordre que la jeune femme ne prit pas le temps de comprendre. Elle éperonna sa monture avec force et ils partirent au galop dans les ruelles étroites de la ville.
    La nuit seule était témoin de ce couple étrange, fuyant vers le bas de la ville, en quête d’un refuge, d’une échappatoire, d’un lieu où se reposer, où se soigner. Etant à cheval et eux à pieds, ils ne leurs a pas fallu pas beaucoup de temps pour les distancer, et se mettre à l’abris du danger. Elle avait pris la direction de la ville basse, repère de voleurs, où mieux valait être sur ses gardes, surtout quand on avait la richesse d’avoir une monture de cette qualité. Mais au moins ici, ils seront tranquilles.

    Elle descendit de cheval, et, méfiante mais n’ayant pas d’autre choix, la laissa sous la surveillance du musicien. Elle le regarda, avec un air dangereux, pour lui faire passer le message que s’il arrivait la moindre chose à sa monture, elle le poursuivrait jusqu’aux confins de la terre et il mourrait dans d’atroces souffrances. Cette pensée la remis d’aplomb et même si on ne pouvait pas franchement dire qu’elle avait l’air épanouie et en bonne santé, elle avait déjà nettement plus le contrôle de ses pensées. Elle entra dans l’auberge la plus proche, un peu malfamée.
    Bon d’accord, complètement malfamée, mais au moins le loyer serait bas.
    Elle se façonna un visage de tueuse pour ne pas se faire embêter et alla directement au comptoir.



    - T’as des chambres ?

    - Ah nan, pu’ de chambres.

    - Ecuries ?

    - Oui.

    - Je prends.



    Deux pièces volèrent sur le comptoir, pour signer l’accord, et sur un signe de tête, elle ressortis de ce lieu qui suintait l’alcool et la mal bouffe.
    Elle retrouva avec soulagement son bien le plus précieux dehors, sous bonne garde, et pris les rênes d’autorité, pour la mener aux écuries.



    - Faut dormir dans les écuries, il y a plus de chambre de libre.



    Elle ne prit pas la peine de vérifier s’il la suivait, ni même s’il avait compris ce qu’elle venait de lui dire. Elle enlevait la selle, les équipements, et pris une poignée de paille pour la brosser avec soin, ignorant sa propre fatigue, ses propres blessures. Elle préférait d’un côté dormir avec sa monture. Ainsi, elle la préviendrait de tout danger, et vice versa.
    Une fois son travail minutieux accomplie, et s’être assurée qu’elle était bien installée, elle s’écroula contre les pans en bois du box. La nuit serait longue, et il lui était impossible de vérifier l’état de son dos, et l’ampleur des dégâts que lui avait provoqué la chaise fracassée.
    Elle se sentait déjà partir, ses yeux se fermant d’eux même.
    Elle tâcha de résister un moment, sans être sûre qu'elle pouvait faire confiance au musicien, installé un peu plus loin.

    Comment en était elle arrivée là ? Qui était il déjà ? Elle n'en savait rien. Si sa se trouve, il attendrait qu'elle ferme les yeux, ne serait ce qu'une seconde pour l'égorger et piller ses maigres possessions. Pour ses habits de femme et ses quelques babioles, elle n'en avait cure, mais sa jument, alors là. De toute manière elle n'obéissait à personne d'autre qu'elle.
    Enfin, elle, et Gahlaad qui l'avait éduqué.
    Son visage se renferma à la mémoire du seul homme qu'elle n'avait jamais aimé, l'homme à qui elle avait tout donné, absolument tout. L'homme qui l'avait trahi, avec sa soeur. Elle pris une grande respiration pour apaiser le battement de son coeur, la douleur de son âme blessé. Ses bras se serrent autour de sa poitrine, et elle resserra également les pans de sa cape.
    La froideur d'une âme est plus froide encore que celle du corps. Car aucun feu, aucune cape, aucune chaleur, jamais, ne pourra la réchauffer.
    Une larme solitaire coula sur sa joue sans qu'elle ne le remarque. Elle dormait, impuissante, aux prises de souvenirs dont elle ne pouvait s'y échapper.

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Héli Al Azif
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~ GRIMOIRE ~
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Mer 23 Mai 2012 - 18:21


    Ce qu'on disait sur les seigneurs des chevaux devait être vrai, Héli se sentait totalement désincarné, le cheval agissant comme une entité à part entière. Même avec une vie entière d'apprentissage, il était sûr de ne jamais atteindre le niveau des cavalier du Rohan. Chaque personne avait leurs dons, lui était né avec le talent d'être et de paraitre, d'être là où on ne l'attendait pas et de jouer des ombres comme on le ferait d'une marionnette.

    Les ombres, de nombreux contes Horadrim faisait par des ombres qui avalaient les enfants, les nuits dans le sud étaient pleine d'horreur et il ne faisait pas bon de trainer dans les désert emplis d'esprits.

    Le musicien ne fit pas attention au garde ni à l'endroit où ils allaient. Oh, ne vous fourvoyez pas, il n'avait absolument pas confiance, d'ailleurs, tout le monde ment, lui le premier il devait même se mentir à lui même de nombreuses fois, mais il avait pris en considération ce fait et vivait parfaitement avec. On mentait toujours pour vivre mieux.

    Ils arrivèrent enfin près d'une taverne, l'endroit était miteux sobre, tranquille, un peu coupe gorge mais bon, il avait vu pire et rarement beaucoup mieux. Fallait avouer que lorsqu'il entrait dans un palais c'était rarement pour y dormir. Il resta face avec l’animal après le regard assassin de l'inconnue. Oui, c'est vrai, il ne connaissait pas son nom. C'était peut être mieux, les noms ça rapproche les gens.

    Il resta donc quelques instants avec le canasson, flattant un peu son col. Il n'avait jamais réussi à se lier avec un animal, ni même avec un être humain en faite, peut être était-ce pour cela que parfois il se sentait si seul. Il fut chassé de sa réflexion au retour de l'inconnu. Presque inconsciemment, il avait retiré sa main, comme s'il craignait que "toucher à ses affaires" aurait put provoquer son ire.
    Il la suivit sans rien dire, trouvant un box occupé par un âne. Sans rien souffler, il commença a s'arranger une couche dans la paille, déposant délicatement, comme on l'aurait fait d'un enfant, son instrument. Il regarda le nid qu'il venait de créer. Il détestait dormir dehors, il trouvait qu'il faisait froid dans ce pays, et l'hiver venait. Il déposa ses longs foulards au sol pour éviter d'avoir envie de sa gratter, retira son haut, dévoilant un torse nue, entretenu, sans défaut et s'allongea, prenant une position quasi fœtale, se couvrant de son haut comme on l'aurait fait d'une couverture. Lentement, doucement, comme une mélopée, presque une prière, il récitait un mantra appelant au courage dans les ténèbres. Les mots s'entendaient à peine, l'horadrim utilisé les rendait doux et pourtant terrifiant, presque mystique comme une formule magique, comme une conjuration contre les esprits des morts, contre le mal, contre les horreurs de la nuit, contre les promesses des monstres.
    Les mains d'Héli tenaient l'acier froid de ses lames, toujours être prêt pour frapper, toujours être sur ses gardes, ne jamais montrer un instant de faiblesse. Arrêterait-il un jours d'avoir peur pour sa vie? C'est sur cette pensée que le mantra se fit de plus en plus imperceptible, il était dans état de transe proche du sommeil, léger, flottant, près à se réveiller au moindre bruit suspect. Un rat pris le choix de se nicher contre lui, cherchant également de la chaleur en ces temps froids, il ne réagit pas, laissant ainsi l'animal la chance de ne pas subir les outrages de la température chutant.
    L'Hiver vient...

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