La Main au Collet [Kryss and Free]

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Héli Al Azif
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Dim 14 Oct 2012 - 22:01
    La neige, Héli n'avait jamais vraiment connu cela, lui habitué au désert, à la chaleur, il n'avait jamais connu la neige et cette fraicheur si étrange.
    Ainsi, sous la dictée de Kryss, il s'était vêtu d'une lourde carpe défraichie, cachant ainsi ces couleurs chatoyantes qui faisait toute sa personnalité. Engoncé dans cet accoutrement, accroupie, on aurait dit une ombre se tassant, prêt à bondi sur une proie pour l'envelopper et la traîner dans les abysses.
    Il était tel une créature chimérique, mais à ses côtés se tenait un autre rejeton des ombres, être vomi par la haine et la colère.

    Héli le regarda ce rejeton qu'il façonnait, qu'il créait. Kryss. Avec cette neige, sa pâleur lui donnait une beauté surnaturelle. Si Héli était le désert, capable de vivacité, inflexible, insaisissable, Kryss était la neige... Elle était froide, parfois violente, et pourtant enveloppante et tellement mystérieuse.

    Il était posté sur les toits, au bord de ce dernier, regardant la foule de badaud qui s'agitait dans la rue, Héli murmura quelque chose sa langue natale, comme une prière, comme un mantra. Il se releva et se tourna vers la jeune femme, alors qu'il s'approchait, il se remit à neiger. Couvrant peu à peu les épaules d'Héli d'une fine pellicule, il y avait quelque chose de choquant chez lui, à chacun de ses pas, il n'y avait nul bruit, comme si ses pieds ne se posaient pas sur le sol craquant de la pellicule immaculée.

    Il voulu prendre le visage de la belle mais se retint. A la place il se contenta de lui souffler :


    -Leçon Un. Voler.

    Il se mit contre elle, sentant son propre coeur tambouriner dans sa poitrine à son contact et lui désigna dans la rue un individu qui discutait avec un marchand bedonnant. Il lui murmura comme une promesse d'amour éternel :

    -Prends, apporte.

    Il se détacha d'elle et la regarda.
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Kryss Ganaël
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Mar 13 Nov 2012 - 15:25



    -Prends, apporte.

    Une consigne simple, des mots murmurés. Cela faisait maintenant deux semaines qu’Héli avait pris sous ses ailes Kryss, être de contraste de blanc et de noir. Elle disait souvent qu’elle était l’incarnation du gris sombre.
    Son apparence était blanche, son être noir.
    Perchée au sommet d’une auberge, agrippée au rebord de la toiture, les jointures de ses mains gelées par le froid, elle regarda la victime désignée.

    Elle avait déjà développé de son propre chef une agilité surprenante pour une dame de son physique. La peau blanche, immaculée, les cheveux noirs de jais, des yeux d’un gris froid, envoûtant. Elle aurait eu tout l’air d’un ange si la
    froideur et la haine ne se lisaient pas autant dans son regard d’acier.

    Elle avait sciemment tiré sur son index de la main droite pour qu’il fasse la même taille que le majeur. Cela était nettement plus pratique pour attraper des
    choses fines dans la bourse des brebis égarées…comme des pièces, entre autres.
    Elle aimait les pièces de monnaie encore tièdes des précédentes transactions. Elles avaient du caractère, et le portrait de l’homme gravé dessus était à demi effacé. C’était mieux comme cela vu la tête de ce dernier.
    Un sourire carnassier apparut sur son visage innocent de la prédatrice insatiable.
    L’heure de la première leçon était arrivée…

    Deux semaines de préparations l’avaient amenée à ce fameux jour, où ses capacités seraient dévoilées, où son maître pourrait voir, constater, le talent de sa jeune apprentie.
    Il l’avait fait courir, grimper, frapper, inlassablement pendant quatorze jours,
    qu’importe l’heure du jour ou de la nuit, il l’avait trouvé, réveillée avec un seau d’eau sans management, et entraîné avec rudesse, impartialité.
    Elle n’avait pas encore de haine prononcé concernant son maître. Elle avait
    tellement envie d’apprendre cet art, celui de tuer, qu’elle était prête à tout
    pour y parvenir. Il ne l’avait pas encore brisé, et tant qu’elle avait sa
    fierté, elle avait sa force.

    Sur ses mains étaient visibles les stigmates de son apprentissage minutieux, et
    sadique. Presque sadique, pas encore tout à fait. Héli n’avait qu’effleuré la
    partie de l’apprentissage qui concernait le physique de l’intéressée. Elle ne pouvait pas prévoir à ce moment là qu’il oserait l’humilier, la bafouer, la mettre
    dans des situations plus dangereuses encore qu’elle ne l’aurait cru.

    Elle était qu’une novice, dont l’adrénaline influait ses sens, son discernement.

    Elle sourit à son maître, et s’avança avec discrétion sur le côté de la toiture qui
    donnait dans une ruelle vide. Sans une hésitation, elle s’élança dans le vide, se rattrapa à une poutre. Cette dernière, qui était recouverte d’une plaque de givre, lui fit louper son appui. Elle griffa le bois et tomba sur le dos dansun chariot de paille.
    Tout avait été calculé à la seconde près. Presque. Elle pensait qu’elle aurait pu
    avantage freiner sa chute avec la poutre.
    Elle se redressa avec un peu moins d’assurance, et s’épousseta. Son coeur battait la chamade. Elle avait hâte de passer à l’action. Dans son esprit, était figé le visage de sa cible.

    Homme d’un mètre soixante quinze environ, pesant approximativement quatre vingt dix kilos, d’âge mûr, sans signes visibles de sa richesse, mais dont la bourse d’apparence modeste, semblait généreusement bombée. Elle s’avança dans la foule, un capuchon abaissé devant son visage. Elle s’approcha de l’homme, avec un air détaché et désintéressé. Sa main s’avança à son tour, cachée par un étalage sur le bas coté. Ses ongles effleurèrent légèrement le cuir usé de la bourse, lorsqu’elle entendit hurler plus loin.


    -Voleur ! Voleur !

    Un cri, un mouvement de foule rapide, incontrôlable. Tous les regards convergèrent vers elle. Une sueur froide coula le long de sa colonne vertébrale. Ni une, ni une, elle arracha la bourse, et renversa un tonneau sur la chaussée pour faire diversion.
    De la fureur vint peu à peu remplacer sa terreur. Car ce cri, cette dénonciation, cette voix, elle l’avait reconnu.


    C’était Héli.








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Héli Al Azif
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Dim 2 Déc 2012 - 1:19
    Tel une sentinelle immortelle, statut de marbre des cours royale, Héli se redressa en regardant son élève partir, fendre la foule. Elle était vive agile alors que lui était dresser, immobile, le vent balayant cape et échappe, les faisant se mouvoir, créant l'illusion qu'il se dissolvait avec le murmure du zéphyr.

    La voyant fendre la foule comme le faisait un navire sur les flots, Héli se tassa sur lui même, créant l'illusion d'une masse compacte, sorte de vomissement du chaos même, entité quasi surnaturelle. Il pencha la tête à droite, puis à gauche. Il avait encore de longue leçon à donner à Kryss dont la maitriser de soi, la "voie des cœurs écorchés" avait dit un jours un de ses maîtres. Mais là, il voulait tester une chose simple, oh, cela n'avait rien à voir avec son intelligence, sa rapidité, son agilité ou ses talents de filouterie, non, ça il se doutait qu'elle était parfaitement capable.
    Non, il voulait tester son imagination, sa capacité d'improvisation, de réflexion. Oui, quand on agissait sous contrat, quel qu'il soit, on ne pouvait jamais savoir, jamais savoir si tout allait bien se passer ou si cela allait se transformer en enfer.
    La plus simple des missions pouvait se transformer en bataille rangée. Ainsi, il fallait la tester, la former, et quelle meilleur formation que celle de la vie?

    Il regarda une dernière fois la beauté fatale approché avec volupté ses doigts de fées vers l'argent du malheureux, c'est maintenant qu'il fallait agir.

    Le froid givrant que les dieux offraient en ce jours rendait l'air si frais que les puissants cris qu'il hurla lui fit presque mal :


    -Voleur ! Voleur !

    Il la regarda alors comme une mère regarderait un enfant montant pour la première fois sur un vélo, un mélange d'amusement et d'appréhension avait pris place dans son regard alors que déjà la foule pointaient du doigt Kryss, hurlant sur son acte désespérée.
    Bien, il fallait la suivre le cas échéant où elle aurait besoin d'aide, lui avait bien failli y laisser sa peau la première fois.

    Déjà le détroussait beugler comme un goret qu'on égorge à l'encontre de la jeune femme de cendre, faites de noir et de blanc disait elle, :


    -Sale Putain! Attends que je t'attrape!!

    Il avait élancé sa main à la taille gargantuesque vers Kryss pour l'attraper mais la rata de peu, nul doute qu'il se lancerait dan une course-poursuite effréné avec son détrousseur pour le rosser et récupérer ses biens. Et Héli sera là, au premier rang pour assister au spectacle, confortablement tapis en hauteur.
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Kryss Ganaël
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Jeu 27 Déc 2012 - 19:01


    « Il va me le payer.. », jura-t-elle entre ses dents avant de prendre son élan.
    Maintenant que le cri était lancé, elle avait toute la foule des badauds à ses basques. Elle referma sa prise sur la bourse remplie de monnaie sonnante et trébuchante, son gagne pain, ce qui allait lui permettre de vivre ces prochains jours et les loger, elle, Héli, et sa jument.
    Elle s’élança par dessus la foule en prenant appui sur une cagette, renversant le malheureux bonhomme bien trop gras pour éviter de rouler comme une vulgaire balle pour chat.
    Elle lui marcha dessus sans ménagement et courut dans l’étroite ruelle.
    La progression était difficile, elle frôlait les étalages, déversant leurs contenus après son passage. Oranges, vaisselle, nourriture, vêtements, tout passa, sans aucun discernement, sous les mains de la jeune femme poursuivie avant de finir par terre, sur le sol, bientôt piétiné par bon nombre de gens, dans un brouhaha infect.

    Il lui fallait un plan, et vite.

    Tandis qu’elle courrait, bousculait, renversait de tout son être, ses yeux observèrent la foule et son environnement.
    Le bruit l'énervait. Cette agitation l'énervait. Elle pesta, rageuse, et accéléra dans le froid, poussant sans ménagement les personnes les plus faibles, les plus petites, les plus lentes...
    Son regard passa d'étalage en étalage, désespéré, sa respiration laborieuse, horrifiée.
    Plus loin, elle trouva néanmoins ce qu’elle cherchait : une issue de secours.
    Cela ne faisait pas longtemps qu'Héli l'avait pris sous ses ailes, mais déjà, elle avait pris le réflexe de chercher le salut dans les hauteurs.

    Elle renversa des barriques qui roulèrent sur les pavés sales de la rue miteuse.
    Ils étaient sur elle…
    Elle sentit des mains érafler sa cape, commencer à tirer.
    D’un geste leste, elle défit les cordons et la laissa tomber à terre, avant que son bras ne vienne s’enrouler autour d’une corde.
    C’était sa dernière chance..

    D’une traction qui lui donna l’impression de s’arracher l’épaule, elle se propulsa dans les airs, pour atteindre sa porte de sortie, les toits.
    Les lourds rideaux ayant servis de tenture, s’écrasèrent sur ses poursuivants, mais il fallait lui donner plus de temps…
    Avec un soupir rageur, et un regard avare, elle plongea la main dans la bourse pleine et en jeta quelques pièces brillantes à la foule tassée en bas.
    Cela fonctionna à merveille, et les gens se bousculèrent à ramasser leurs gains, lui donnant champ libre pour s’échapper.

    Elle courut, sauta de toit en toit, déplorant sa cape abandonnée.
    Le froid lui mordait le visage, sa peau, et des larmes de douleurs coulaient sur ses joues d’albâtre.
    Son bras gauche pendait piteusement sur son côté, inutilisable.
    Elle avait accompli un exploit sans le savoir, mais les pertes et le sentiment de trahison pulsaient dans sa poitrine, lui donnant une bile amère dans la bouche.
    Les pièces de monnaie encore abondantes, tintaient contre sa hanche.

    Les toits, par ces temps d’Hiver, étaient recouverts de neige, et plus dangereux, par endroits, de verglas. Elle fut parcouru de frissons, ses dents claquaient les unes contre les autres, et ses membres étaient à moitié tétanisés, de froid et aussi de la peur que cette dénonciation lui avait causé.
    Oui, elle avait eu un moment peur. Elle n'aimait pas avoir ses pensées embrouillées.
    Elle aimait être méthodique, calme, calculée.

    Elle glissa, se rattrapa de justesse sur son bras déjà malmené, lui arrachant un gémissement de douleur.
    Elle se releva, pantelante, le souffle court, un goût désormais d’acier sur sa langue.
    Elle courut encore un moment, ses pas se faisant plus maladroits, incertains…
    Ses tempes frappaient, sa vision devient floue, son souffle provoquant des trainées de feu dans sa gorge.
    Puis elle dégringola du haut d’un toit…

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Héli Al Azif
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Jeu 27 Déc 2012 - 20:03
    Courir, bien, bon réflexe, logique et froid, mais vers où? A-t-elle cherchait une issue de secoure avant de procéder à son larcin? A-t-elle pris entre ses mains une lame pour frapper le cas échéant? Penser à tout, toujours à tout, tout le temps. La paranoïa était une qualité, un art chez l'assassin, il devait toujours préparer le pire pour que rien ne dérape, jamais.
    Ainsi, Héli, commença à regarder l'étrange manège se former au sol, les attroupements, le début de la course-poursuite. Son esprit le ramener dans sa jeunesse, quand il avait subit le même traitement surprise alors que son mentor le surveillé de toit plat qui font la beauté du Harad.

    Évoluant dans l'océan de neige, le jeu de chat et de souris faisait pensée à une bataille navale, l'un des navires tentant de fuir l'abordage pourtant imminent. Héli se mit à la suivre, observant son apprenti comme un savant l'aurait fait avec une de ses créations, c'était cela quand on y pensait, il faisait d'elle une enfant de la nuit.
    Il s'élança alors, sa démarche était vive, rapide, élégante même. Il avait l'agilité d'un chat, courant de toit en toit, bondissant comme l'aurait fait un félin chassant sa proie, ses yeux perçant vissées sur Kryss. Elle s'en sortait plutôt pas mal mais la panique la faisait s’essouffler rapidement, trop rapidement.
    Déjà ses adversaires reprenaient le dessus. Devrait il intervenir? Sa doctrine lui dictait non, son cœur oui, que choisir? Assurément il attendrait un peu, la surveillant discrètement et interviendrais le moment opportun pour frapper, en parlant de frapper, ça y elle, ils l'attrapent!
    Non!
    Elle s'en sort, la garce, elle a plus d'un tours dans son sac! Déjà, le visage d'Héli s'illumine d'un sourire, léger.

    La voilà enfin en hauteur, loin de ses poursuivants. Mais, mais pourquoi diable ne s'arrêtait elle pas? Pourquoi continue-t-elle à courir comme si les dieux sombres eux même étaient à sa poursuite! Sentiment, encore une fois elle se laisse aller à ses pulsions, sa peur, sa rage, sa colère, colère d'avoir était trahis. Et nul doute que cela n'était que le début d'une longue période d'apprentissage.
    Héli accélère le pas alors, lui a moins vite, il prend garde à la position de ses pieds, il tente de garder le plus de stabilité possible sur cette neige traitresse.

    Il la voit glisser, va elle s'écraser sur le sol dur. Héli imagine déjà les badauds hurler, la garde rappliquer. Non, elle se rattrape, mais sa démarche est de moins en moins assuré. Arrêtes toi bon sang! Héli se retient de crier! Stupide femme! Stupide sentiment! Stupide apprentissage,! Stupides DIEUX !
    Pourquoi, pourquoi l'avaient ils mis en travers son chemin? Pourquoi avaient ils décidé de lui offrir cette véritable folle furieuse comme compagnon de route, pourquoi l'avait il accepté! Le coeur à des raisons que la raison ignore, n'est-ce pas le proverbe que l'on souffle aux amoureux?

    Notre haradrim aperçois la démarche faiblissante de Kryss, puis la chute, violente, mortelle? Elle s'écrase sur le toit comme vidé de son énergie, il faut qu'il agisse vite, il est encore trop loin, trop loin pour la rattraper. Sans prendre en considération la population au sol, il saute, atterrissant dans une roulade sur le sol dur des rues pavées de Minas Tirith. Mais malheureusement, lorsque l'on agit précipitamment, on ne voit pas les soucis. Au sol, le regardant d'un air médusé, deux gardes de la ville.
    Pas le temps de parlementé avec les représentants de l'ordre de la cité, il faut agir et vite. Sans chercher à savoir le pourquoi du comment, se redressant d'un geste comme une ombre prenant vie, il leur fait fasse.
    Sans laisser le temps à ces interlocuteurs d'ouvrir l’appendice qui leur sert de bouche, il frappe, premier coup de poing au visage.
    Le premier garde recule, le second va sortir son épée, d'un revers de la main, Héli la renvoi dans son fourreau et d'un coup de pieds, il frappe le genou du malheureux qui craque, formant un angle improbable à peine couvert par le hurlement de douleur.
    Il sort alors sa lame.

    Le garde qui se tient le nez ensanglanté se prend un coup, deux coups, trois coup à la gorge, son artère sectionné, le blanc immaculé de la neige de la cité des hauts rois se retrouvent tâché du sang d'un de ses défenseur qui s'écroule, serrant fortement sa trachée couverte de plaie béante dans l'espoir vain qu'il s'en sortira en vie. Il ne le sait pas encore mais il vient de mourir.

    Sans s'arrêter, Héli contourne l'homme à la jambe brisé et d'un mouvement sec, lui attrape la tête pour lui briser le coup, offrant ainsi une mort rapide dans un son sordide et une position de cadavre grotesque quand ce dernier s'éclate sur le sol enneigé.

    Deux morts, moins de dix secondes, voilà ce que doit faire un assassin agir vite et par surprise sans laisser le temps à sa cible de comprendre ce qui vient de s'arriver.
    Mais ce temps à briser l'ensemble et déjà le corps endoloris de Kryss s'écrase lourdement au sol dans un bruit mat et presque violent. Elle aura de la chance si elle s'en sort sans os cassés. Il s'approche d'elle sous les cris de la foule témoin de l'exécution de ses serviteurs et les pleurs des enfants qui ont compris la violence des actions.

    Délicatement, sans prendre garde à l'ensemble de la population présente, Héli se saisit de la jeune tueuse meurtrie, la portant délicatement comme un mariée la ferait de son amante le jours de ses noces et l’emmène loin de là, à l'auberge. Il doit d'abord fuir et ensuite évaluer les dégâts.

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Kryss Ganaël
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Ven 28 Déc 2012 - 22:21
    Légèreté.
    Le froid avait disparu, c’était comme s’il n’avait jamais été là. Comme si ses membres engourdis, ses lèvres gercées, la douleur à son épaule, n’avaient jamais existé.
    Elle retrouvait la plénitude de ce lieu blanc, bercée entre ciel et sol inexistants, gravité et légèreté, comme une plume, ballottée au gré d’un vent calme, serein.
    Elle n’avait pas vu sa chute, n’avait absolument rien senti.
    Ou, si…une douleur vive et le goût de sang, avant que les sensations ne quittent son corps, trop blessé pour rester dans les limites de la conscience.

    L’esprit était quelque chose de magnifique, même si on l’oubliait souvent. Un corps, sans esprit, n’est rien. Une vie, sans esprit, n’est rien.
    Un reflet sans profondeur, un éclat de lune par un ciel voilé. Il contrôlait tout, jusqu’à la moindre pulsation, la moindre nuance, le moindre souffle.
    Sans le savoir, il protégeait le corps contre sa propre perte.
    En l’amenant dans cet état second, il lui avait épargné une douleur sans nom, qui aurait peut être mis fin au peu de raison qu’il lui restait.

    Dans ces formes d’un blanc laiteux, elle crut apercevoir des visages connus, des bribes de souvenirs qui venaient flotter autour d’elle, comme milles chandelles pâlottes et trop timides pour s’imposer à elle.
    Ils se contentaient de tournoyer comme d’éternels reflets de sa vie passée, et de ses échecs.
    Fragments brisés d’une vie meurtrie, d’un esprit blessé.

    Ce qu’elle ressentit en premier ? Son souffle. C’était comme si la vie revenait à elle dans cet échange d’air, qui remplissait ses poumons, faisait monter sa poitrine. En deuxième vient la douleur sourde, assommante, lui arrachant un râle sanguinolent qui se coinça dans sa gorge.
    Elle sentit une main soulever sa nuque, et elle cracha avec un haut le cœur, le souffle désormais court, instable.
    Elle voulait retourner dans ce monde fait de blanc, d’ignorance et de naïveté. De douceur, et surtout, de sérénité.

    Ces sentiments, voilà longtemps désormais qu’elle les avait perdu, malgré son jeune âge.
    Elle sentit de l’eau sur son visage, et soupira de soulagement. Elle avait gardé les yeux fermés, concentrée sur sa peine, ses douleurs. Jamais, elle n’aurait eu la pensée de se méfier de cette personne, et de toute manière, pas la force de le repousser.
    La main bienfaitrice la reposa délicatement, sur un coussin pour pas qu’elle ne s’étouffe.

    Elle se concentra sur sa respiration haletante, tachant de la calmer. Elle sentait de la sueur ruisseler sur ses tempes, fiévreuse. Ses lèvres se mirent à trembler, de froid, de chaud ? Elle ne saurait le dire.
    Même si la douleur était insupportable, elle ne pouvait imaginer l’état de son épaule gauche, blessée lors de sa course poursuite.

    Héli.
    Cela ne pouvait être que lui.

    La main revient déposer un linge humide sur son front, main qu’elle repoussa maladroitement, le souffle court. Elle toussa à nouveau, et avala sa salive dans une grimace.
    Elle réussit néanmoins à articuler :


    - Salaud…


    La respiration sifflante, elle ouvrit ses yeux d’argent pour dévisager l’homme au
    dessus d’elle. Elle n’aurait su décrire l’émotion qu’elle voyait sur son visage, sa vision étant rendue floue par ses blessures.
    Elle aurait du plus soigneusement choisir le toit d’où elle était tombée.

    Elle ne savait pas bien encore si elle pouvait se fier à lui ou pas. Ses réactions ambiguës compliquaient toute analyse.
    Il l’avait dénoncé, montré du doigt, et maintenant, il la soignait.
    Elle se voyait chiot abandonné entre ses mains. Vulnérable et dépendante.
    Un frisson de dégoût parcourut son échine.

    Patience.
    Voilà une notion qu’elle commençait à bien assimiler.
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