Du sang sur les quais

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Ryad Assad
Espion de Rhûn - Vicieux à ses heures perdues
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Ryad Assad

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Du sang sur les quais EmptySam 24 Jan 2015 - 18:41
Du Sang Sur les Quais

Du sang sur les quais Docks12

Il pleuvait fort ce soir-là, mais ce n'était qu'une averse qui allait bientôt disparaître. Le temps s'était clairement réchauffé après le Rude Hiver, et on avait eu le droit dans les terres du Sud à un retour des températures normales aussi soudain qu'appréciable. Cela n'empêchait pas les nuages continuer à déverser leur trop plein d'humidité, quand ils n'en pouvaient plus. Celui-ci se dirigeait vers l'Est, et il irait arroser l'Ithilien d'ici la fin de la nuit, avant de céder la place à un soleil éclatant le lendemain matin. Toutefois, pour quiconque se trouvait au cœur de la tempête, les trombes d'eau qui s'abattaient du ciel paraissaient telles des colonnes liquides qui reliaient soudainement la voûte céleste et la fange dans laquelle pataugeait le commun des mortels. Il pleuvait tant et si bien que de grosses flaques commençaient à se former dans les irrégularités de la route pavée, et des mares immenses étaient apparues dans les quartiers les moins bien entretenus de la cité portuaire. Seul le triangle de Pelargir était épargné par ces micro-inondations, grâce à un système d'écoulement des eaux perfectionné, mis en place par les premiers habitants des lieux. Les Numénoréens qui s'étaient installés là avaient construit un superbe édifice qui protégeait le Delta de l'Anduin, une superbe forteresse qui paraissait jaillir des flots, comme un défi à la nature elle-même.

Pelargir n'était pas la cité la plus puissante du Gondor, certes non, mais elle faisait partie de ces fiefs qui jouissaient d'une grande indépendance et d'un grand prestige. Elle était la dernière forteresse du Sud, le principal port du royaume, et son histoire glorieuse avait contribué à lui donner un statut extrêmement important. On racontait encore l'intervention légendaire des hommes de Pelargir pour sauver le Gondor, quand les armées du Mordor avaient été sur le point de s'emparer de Minas Tirith. Menés par le Roi Elessar, les compagnies et les volontaires de la cité portuaire avaient marché sur la Cité Blanche, et l'avaient sauvée des orcs et autres viles créatures qui avaient déjà commencé à l'envahir. Aujourd'hui encore, certains régiments conservaient comme titre « Vainqueurs du Pelennor » ou « Protecteur de Minas Tirith ».

Outre ce triangle central, découpé en trois îles fortifiées, la ville s'était étendue sur les terres environnantes, pour répondre à l'augmentation de la population. Les rives Est et Ouest étaient ceintes par un rempart de pierre dont l'entretien laissait parfois à désirer, mais qui dans l'ensemble garantissait la sécurité de la ville contre d'éventuelles attaques terrestres. C'était une précaution judicieuse, car la forteresse originelle constituait un pôle de défense difficile à enlever, même par une flotte conséquente. Les Pirates du Sud considéraient d'ailleurs que la zone était à éviter à tout prix, et ils prenaient garde de ne jamais s'approcher de Pelargir ou de la zone d'influence de l'Amirauté.

Les quartiers situés sur les rives abritaient les civils et les roturiers de Pelargir, et on y trouvait dès lors de nombreux petits commerces d'artisanat, ainsi que des auberges, tavernes et restaurants non moins nombreux. A l'intérieur d'un de ceux-là, se tenait une réunion d'un genre bien particulier, qui risquait de déterminer l'avenir de Pelargir, assurément. L'auberge sentait le poisson, et ce n'était pas seulement dû à la cuisine qui préparait effectivement toute une série de spécialités de la mer. Il s'agissait davantage de l'odeur agressive des vestes des marins qui occupaient les lieux en grande partie. Ils discutaient fort, riaient fort, et buvaient fort, ce qui fournissait un cadre tout à fait singulier et désagréable pour quiconque voulait un peu de tranquillité et de repos après une bonne journée de travail, mais un endroit parfait pour échanger quelques mots rapidement, sans être entendu.

A une table isolée, dans un coin sombre de la pièce que les flammes de la cheminée ne parvenaient guère à éclairer décemment, se tenaient deux hommes, penchés l'un vers l'autre, qui discutaient à voix basse. Le premier, nerveux et agité, jetait des regards effrayés autour de lui. Il peinait à rester calme, et à dissimuler le caractère illégal de leur conversation. Fort heureusement, il était celui des deux qui se tenait le plus dans l'ombre, et personne à part son interlocuteur n'était en mesure de le voir. Ce dernier était en face de lui, et il portait une capuche qui cachait une partie de son visage. On pouvait néanmoins déceler de la jeunesse dans ce visage glabre, aux traits peut-être trop doux et pas assez couturés de cicatrices. Il avait les mains croisées, et de toute évidence il était venu pour écouter, et non pour parler. L'individu mal à l'aise prit la parole d'une voix ténue, qui les obligeait à prêter une oreille très attentive à la conversation :

- Du sang sur les quais…

C'était le mot de passe, la réponse à la question apparemment anodine qui venait de lui être posée. Il n'y avait plus de toute possible désormais, c'était bien lui le contact. Le rendez-vous avait été fixé dans cet endroit très particulier, et il avait été spécifié qu'il ne durerait guère longtemps, à cause des risques. Les gardes de Pelargir s'étaient montrés efficaces pour faire taire toutes les voix dissidentes, et beaucoup de ceux qui avaient soutenu en secret que l'Ordre de la Couronne de Fer pouvait être impliqué avaient disparu dans des circonstances mystérieuses. La population n'en avait jamais rien su, et rapidement tous ceux qui étaient convaincus que quelque chose n'allait pas avaient fini par se taire, et par continuer à vivre normalement.

Après tout, rien n'avait vraiment changé. Le gouverneur de la cité et le Conseil continuaient à entretenir le commerce, les impôts étaient payés comme d'habitude, et même quand un officiel de Minas Tirith était venu rendre visite à un vieil ami de régiment, il était reparti sans que ses soupçons fussent éveillés le moins du monde. Actuellement, Pelargir était gangrenée par une maladie invisible, à tel point que ceux qui n'avaient pas perdu leur conviction avec le temps commençaient à se croire eux-mêmes fous. Les gardes n'étaient ni pire ni meilleurs qu'avant, la politique guère plus répressive, les dirigeants guère plus méchants. Aucun signe ne pouvait confirmer la présence d'ennemis aux plus hautes fonctions, et c'était précisément pour cette raison que personne n'avait voulu participer aux soulèvements auxquels avaient appelé certains leaders de la « résistance », si on pouvait appeler ainsi un mouvement qui n'avait existé que pendant quelques jours tout au plus. Ils avaient tous disparu, emprisonnés ou tués très certainement, et leurs rêves de voir le peuple se dresser contre l'ennemi s'était évanoui avec eux. Il restait alors une poignée d'hommes insensés qui avaient perdu presque tout espoir.

Celui-ci en était, et il savait qu'il jouait sa vie. Il avait été contacté en secret par des hommes venus de l'extérieur de la cité, lui avait-on dit. Le message lui était parvenu par un intermédiaire de confiance – mais que valait la confiance dans cette situation ? - et il avait décidé d'y répondre favorablement, au mépris des risques. On racontait que c'était ainsi que la garde procédait pour arrêter les traîtres. Elle se faisait passer pour un allié providentiel venu d'un lointain royaume, elle convenait d'un rendez-vous, et quand elle avait confirmation que l'individu qui s'y présentait était bel et bien un séditieux, elle le faisait arrêter sur-le-champ. Même dans ce bar de marins, où les hommes étaient connus pour être de sacrés bagarreurs, il n'y en aurait pas un qui lèverait le petit doigt pour le protéger si son interlocuteur mystérieux était en réalité un des soldats des forces du Lebennin.

Le moment crucial était arrivé, et une fois le mot de passe lancé, il n'était plus possible de faire marche arrière. L'inconnu demeura immobile, se contentant d'un geste qui pouvait passer pour un hochement de tête. Muet, il l'invitait implicitement à continuer, et l'homme avala sa salive, de moins en moins à l'aise. Il aurait pensé que l'inconnu lui dirait quelque chose, lui annoncerait qu'il était bel et bien un allié, venu pour les sauver. En l'absence de confirmation, il n'était pas possible de se faire une idée, et il était encore moins possible d'être rassuré d'une quelconque manière. Toutefois, maintenant qu'il s'était compromis à ce point, pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? Fébrilement, il sortit une carte qui représentait la cité de Pelargir, sur laquelle il avait placé des indications de différentes couleurs. Le papier était de piètre qualité, mais le plan était fidèle et incroyablement détaillé. Soit il avait acheté cette carte à un bon prix, soit il connaissait un cartographe de génie qui l'avait réalisée pour lui.

Du sang sur les quais Carte_10

Tournant la carte face à son interlocuteur, les yeux du contact furent attirés par les mains de son interlocuteurs, tendues pour tenir le document à plat sur la table. Il portait des brassards qui ne trompaient pas, à la lumière de l'unique bougie qui vacillait sur la table. Cet homme venait du Rohan, à n'en pas douter. Pris par une soudaine bouffée de soulagement, l'homme se sentit soudainement plus confiant, et il donna sans réserve les informations qu'il avait à sa disposition, sans cesser de jeter de fréquents coups d'œil vers la porte, par laquelle rentreraient immanquablement les gardes qui viendraient le chercher :

- Voici la carte de Pelargir. Nous sommes ici, sur la rive. Votre objectif se trouve ici, en rouge, l'hôtel de ville. En vert, voici le Quartier des Fidèles, là où résident les nobles, et où se trouve l'Abad Arahir : le Conseil qui dirige la cité. Je pense que certains parmi nos dirigeants sont menacés par les hommes de la… (il murmura vraiment bas) Couronne de Fer. Ils ne sont pas tous corrompus, toutefois, et ils ne sont pas les plus dangereux.

Il posa son doigt sur le cercle rouge qui encadrait l'hôtel de ville, situé sur l'île la plus à l'Est. A mesure qu'il parlait, il le fit glisser vers les tracés oranges, qui représentaient les ennemis auxquels seraient confrontés les infiltrés.

- C'est à l'hôtel de ville que vous devrez aller en priorité. Dans ce bâtiment résident tous nos ennemis, ce qui est un avantage. Ils s'estiment protégés – à raison – car ils sont entourés par le quartier général de l'armée, où se trouvent essentiellement des officiers. Ici, les baraquements de la Garde : ce sont les troupes d'élite de Pelargir. Enfin, l'Amirauté, où l'on trouve les marins. Ce sont sans doute eux dont il faut le plus se méfier…

Il leva un instant le regard vers le jeune homme qui se tenait face à lui. Il ne paraissait pas particulièrement effrayé, même s'il était vrai qu'on voyait une intense réflexion sur ses traits dévorés par l'obscurité. De toute évidence, il comprenait que la mission ne serait pas une partie de plaisir. Toutefois, il n'avait pas encore abandonné, ce qui était bon signe. Sérieux, et curieusement moins agité, il reprit en comptant sur ses doigts :

- Vos cibles sont les suivantes : le Maire, et tous ses conseillers qui sont aussi corrompus que lui ; le capitaine de la flotte et son lieutenant ; tous les nobles que vous trouverez à l'intérieur du bâtiment. C'est la tête pensante de l'Ordre ici, à Pelargir, et ce sont eux qu'il faut frapper impérativement.

Le contact attrapa l'avant-bras du guerrier du Rohan, sans même y penser. Maintenant qu'il était emporté par son discours, il se fichait totalement de savoir si l'homme était réellement venu pour l'aider ou non. Ce qui lui importait, c'était qu'il avait l'intime conviction que sa cité était en danger, et qu'il était prêt à tout pour la sauver. Des hommes avaient donné leur vie pour ce jour, et il ne pouvait pas se montrer indigne d'eux. Pas alors que parmi ceux qui avaient disparu se trouvait son propre père. D'une voix sombre, il ajouta :

- Ecoutez… Je ne sais pas quels sont vos plans pour ces hommes, mais une chose est certaine : leur influence est immense ici. Le Maire est craint, et nul ne saurait s'opposer à lui. Le capitaine est un homme puissant, et je pense qu'il fait directement pression sur l'Amiral. Si vous les capturez, si vous leur offrez la possibilité d'être jugés, ils trouveront un moyen d'être innocentés et d'être remis en liberté. Personne ne prendra le risque de s'opposer à eux, même s'ils avaient des chaînes autour des poignets. Alors… Si vous voulez vraiment purger Pelargir de leur présence, si vous voulez vraiment nous aider… ne faites preuve d'aucune pitié. Tuez-les tous, jusqu'au dernier. Sans ça, nous mourrons tous, et il est probable que nous perdions notre seule chance de les déloger un jour.

Ses yeux étaient enflammés, et il serrait si fort le bras du guerrier que ses jointures étaient devenues plus blanches que son papier. Revenant à un peu plus de mesure, il relâcha son interlocuteur, et essaya de calmer les battements affolés de son cœur. Une fois qu'il fût parvenu à un résultat satisfaisant, il reprit :

- Voici l'unique pont qui relie l'île au continent. Comme vous vous en doutez, il est surveillé et bien défendu. Au moindre signe d'agression, vous vous retrouveriez avec l'armée de Pelargir sur le dos. Toute tentative pour passer en force est à exclure. Vous devez absolument vous infiltrer dans l'hôtel de ville sans vous faire remarquer, si vous voulez avoir une chance de venir à bout des hommes de la Couronne de Fer. Votre meilleure chance serait d'escalader les remparts, en essayant d'éviter d'être repérés par les sentinelles. Toutefois, les gardes verraient facilement approcher un bateau, même en pleine nuit. La rive et les quais de l'île ne sont pas très éloignés, mais je ne me risquerais pas à tenter de nager là, sauf en cas d'extrême nécessité. Les eaux sont glacées, et le courant est fort. Il vous faudra tout de même trouver un moyen…

L'homme baissa la tête. La mission ressemblait à s'y méprendre à une mission suicide, et il semblait impossible d'aller déloger les chefs de l'Ordre de la Couronne de Fer là où ils s'étaient retranchés. Toutefois, cet Ordre avait un point faible terrible : même s'il s'insinuait au cœur des royaumes par des moyens détournés, même s'il rusait et truquait, il s'appuyait toujours en définitive sur la force brute. Pelargir était une cité fortifiée, et même l'ensemble des armées du Gondor auraient eu du mal à en faire partir les mécréants qui s'y étaient installés. Ils avaient pensé tout leur système de défense pour prévenir un assaut de grande envergure, et avaient totalement occulté le reste. Ce ne serait pas une partie de plaisir pour autant. Le contact poussa la carte vers le Rohirrim, et lança :

- Gardez-la, et allez rejoindre vos hommes. Nous n'avons déjà que trop tardé. Si je suis surveillé, les gardes risquent de m'arrêter et de me faire parler à un moment ou un autre. Je résisterai aussi longtemps que possible, mais le temps nous est déjà compté. Rejoignez vos hommes, et passez à l'action. Cette nuit. Je crains de ne pouvoir résister jusqu'à demain s'ils venaient à me capturer.

Alors que son interlocuteur se levait, le contact ajouta, comme un ultime conseil :

- N'oubliez pas… Tuez-les jusqu'au dernier. Vous ne devez pas échouer !

Sur ces mots, ils se séparèrent. Dehors, la pluie commençait à se calmer, mais les rues de la ville étaient trempées, les murs dégoulinaient d'une eau cristalline. Une silhouette solitaire se déplaçait furtivement, essayant d'esquiver les regards et les patrouilles, faisant en sorte de ne pas être suivie. Le jeune capitaine du Rohan, préoccupé par la délicate mission qu'il aurait à gérer, se dirigeait vers l'endroit où se tenaient cachés ses fidèles compagnons. Il aurait à décider avec eux d'un plan d'action viable, et devrait prendre la direction des opérations pour le meilleur ou pour le pire. Mais comme le lui avait dit son contact… il n'avait pas le droit d'échouer.


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Learamn
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Du sang sur les quais EmptyDim 25 Jan 2015 - 15:59
L'auberge n'était de toute évidence pas la plus agréable des Terres du Milieu mais malgré son odeur incommodante de poisson mêlée à celle de la transpiration des marin elle offrait un abri à l'averse qui se déversait dehors dans les ruelles sombres de Pelargir.  De toute les manières Learamn allait devoir se forcer à faire abstraction de l'odeur pestilentielle pour ce concentrer sur la conversation qu'il venait d'engager. Il était assis dans un coin sombre de l'auberge et en face de lui se trouvait l'un des derniers contacts que Nathanaël connaissait. Celui-ci était visiblement extrêmement nerveux et avait toutes les peines du monde à afficher un air détendu et serein comme n'importe quel autre client aurait pu avoir. Le capitaine avait troqué son imposante et reluisante armure de parade au profi d'une armure plus légère et discrète qu'il avait déjà porté lors de son voyage à Vieille-Tombe.

Le voyage jusqu'à la cité portuaire n'avait pas été particulièrement désagréable , il aurait même pu être plaisant si le rohirrim ne savait pas ce qu'il allait devoir affronter une fois sur place ; la température s'était réchauffée et un légère brise printanière avait rafraîchi les voyageurs durant leur trajet . Learamn avait d'abord fait la connaissance de ses compagnons de route : outre Nathanaël il était accompagné d'agents de la Rose Noire dont un homme vieillissant dont beaucoup auraient pu se demander ce qu'il faisait là , mais le jeune capitaine avait appris qu'il ne fallait pas toujours se fier aux apparences , des Chevaliers du Cor Brisé l'accompagnait également , Learamn avait toujours apprécié ce groupe mené par Eradan qui était venu au secours des troupes d'Orwen et de Mortensen à Aldburg et qui avait également participé à l'élimination  des têtes de l'Ordre sous Vieille Tombe , et même si les chevaliers qui l'accompagnaient n'étaient pas les mêmes que ceux avec qui le capitaine rohirrim avait déjà eu l'honneur de combattre il se doutait qu'ils seraient tout aussi habiles et intelligents . Quelques membres des services gondoriens l'accompagnaient également ainsi qu'un très jeune et intrépide voyageur qui semblait encore être un adolescent.
Le rohirrim eut aussi l'heureuse surprise de voir qu'Hector , un mercenaire qui avait fait partie du groupe ayant anéanti l'Ordre , les avaient rejoints.
Sans perdre de temps en discussions inutiles ils s'étaient immédiatement mis en route , Learamn n'avait encore donné ni plans ni instructions précises à ces hommes car il ignorait tout autant qu'eux quelle était la situation sur place. Il avait interrogé Nathanaêl à ce sujet mais celui-ci s'était contenté de lui répondre vaguement avant d'ajouter qu'il lui arrangerait une rencontre avec l'un de ses contacts pour y voir plus clair. Grâce à ses talents leur guides les fit entrer sans soucis dans la cité mais comme il l'avait dit à Learamn  à Minas Tirith le plus dur sera d'en sortir.

C'était donc ce fameux contact qui était installé en face de Learamn , ce dernier fut quelque peu surpris , bien qu'il comprenne que la situation actuelle puisse être la cause d'une certaine tension , de voir que l'homme semblait tétanisé et effrayé. Il s'attendait à ce qu'un espion fasse preuve d'un minimum de sang-froid si ce n'est de courage . Enfin il fallait bien faire avec. Le mot de passe - à la connotation lourde de sens - fut prononcé , c'était donc ben la bonne personne . Silencieusement le capitaine incita l'espion à parler . Ce dernier sortit fébrilement une carte de la cité sur laquelle il avait entouré plusieurs lieux et quartiers dans des couleurs différentes. La cité en forme de triangle composé de trois îles principales était moyennement étendu ce qui était un point positif . Elle n'était pas trop grande pour qu'on puisse s'y perdre mais pas trop petite pour qu'on ne puisse pas s'y cacher. Sur l'un des sommets du triangle se trouvait l'hôtel de ville entourée de rouge : leur cible principale où se trouvait le Maire et ses conseillers tous corrompus. Non loin se trouvaient les baraquements des gardes , le quartier général de l'armée et l'amirauté . Tous ces corps militaires étaient disposés en éventail autour de la mairie , tout avait été prévu pour pouvoir se porter au secours du dirigeant de la ville au plus vite ; il fallait se montrer prudent.
Plus loin se trouvait le quartier des nobles de la cité où se trouvait "l'Abad-En-Arahir" le conseil de la cité où apparemment tous les membres n'étaient pas corrompus , peut-être s'y trouvait l'un ou l'autre magistrat susceptible des les appuyer . L'homme lui énonça les principales cibles qu'il fallait éliminer : le Maire et autres officiers militaires .
Le fait qu'il n'y avait qu'un seul pont qui reliait la ville au continent était un facteur important dont il fallait tenir compte. L'homme , qui semblait moins anxieux et presque soulagé , finit par les avertir qu'il fallait agir vite , peut-être même cette nuit. Le jeune capitaine étouffa un juron , il n'aimait pas agir ainsi dans la précipitation de plus il ne pouvait plus compter sur un quelconque appui ou révolte du peuple de la cité , ils étaient seuls. Learamn roula la carte tout en réfléchissant à ce casse-tête stratégique , avant de poser une main sur l'épaule de son interlocuteur

-Il n'est pas dans mes habitudes de faire des sbires de l'Ordre des prisonniers , ils mourront vous avez ma parole...

Puis le capitaine se leva et sortit de la salle pour rejoindre une autre petite auberge un peu plus loin où ses hommes étaient réunis. Cette mission semblait presque impossible quand on y réfléchissait un peu ,: comment une poignée d'étrangers qui ignoraient tout de la situation de la ville et qui ne pouvait rien attendre des locaux étaient-ils censés combattre les puissants d'une ville qui disposaient d'une armée entière? Leurs chances de réussites étaient minces mais Learamn n'avait pas le droit d'échouer il ne pouvait pas. Il pénétra, trempé, dans la taverne , enleva son manteau et dévisagea ses hommes d'un air grave. Lentement un début de plan s'était forgé dans son esprit mais celui-ci se révélait osé et risqué. Il étala la carte sur la table en bois de chêne et présenta à ses hommes la configuration de la ville comme l'avait fait l'espion un peu plus tôt à Learamn.

-Nous devons éliminer toutes ces cibles , si nous ne le faisons pas le mal repoussera de la racine restante et gangrènera à nouveau le continent . Seulement voilà , si nous tuons l'une de ses cibles les autres le sauront bien assez vite et prendrons donc des précautions ce qui risque de nous poser quelques soucis . Il faudra donc frapper tous ces hommes en l'espace de quelques minutes , dans le cas contraire nous ne pourrons les atteindre . De plus si nous tardons la sécurité au niveau du pont principal sera renforcée et toutes nos chances de quitter la ville s'envoleront en fumée. Toutefois sachez que quitter la ville ne sera peut-être pas le plus important , si nous réussissons à libérer la ville mais que nous pouvons en sortir alors je considérerai la mission comme réussie. De plus notre contact a ajouté que si nous tardons à agir les agents de l'Ordre en tarderaient pas à apprendre qu'un groupe d'étrangers venus les renverser se cache dans la cité. Nous devrons donc agir cette nuit , au plus tard demain.

Il marqua une pause

-Pour ce faire j'ai élaboré un plan mais ne vous leurrez pas celui-ci est hautement risqué et je ne vous cache que je trouve ses chances de réussites assez faibles toutefois c'est bien le seul où il y en ai je le crains. L'idée est de parvenir à s'infiltrer dans les lieux où les cibles seront à notre portée pour cela nous devrons nous faire passer ni plus ni moins pour des agents de l'Ordre.


Learamn sortit de sa poche un petit papier assorti du sceau royal d'Hogorwen l'Usurpateur ; c'était le contrat qui avait autrefois lié Learamn à la garnison d'Edoras quand celui-ci s'était engagé.

Nous aurions fui le Rohan suite à la mort d'Hogorwen avant d'apprendre que d'autres comme nous résident à Pelargir. Cette partie du plan comporte déjà énormément de risques je le reconnaîs mais le pire reste à venir : une fois infiltré dans les hautes sphères de la cité il faudra se séparer et s'arranger pour que chacun des groupes puissent approcher les cibles dans un tempos relativement très proche puis les éliminer en priant que les autres groupes en fassent de même dans les minutes suivantes. Puis avant que toute la ville ne soit au courant de ces meurtres nous nous dirigerons vers le pont où nous forcerons le passage s'il le faut.

Learamn releva la tête et dévisagea ses hommes , attendant une quelconque réaction de leur part.


Du sang sur les quais Learam11
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Sighild Baldrick
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Du sang sur les quais EmptyDim 25 Jan 2015 - 18:46
Du sang sur les quais Fanart10

« Tic tac »



Une goutte tomba, puis une autre.
« Tic tac »


Glissant ainsi dans une fiole de cristal, qui fut à son tour rangée dans un coffret de bois. Les mains de la femme le refermèrent délicatement et caressèrent le bois du contenant. Il y refermait des armes, des armes de tortures ou de morts subites. Mais qu’importe, les destinataires de ces flacons étaient responsables de leur sentence.
Vêtue comme un homme, la femme se dirigea vers son atelier entouré de bougies. La lueur des flammes lui offrait une netteté. Son visage, à la fois magnifique et dur, se concentra un instant sur l’ébullition de l’un de ses produits. Elle le retira du feu et le laissa refroidir : cela sentait bon.
Puis, avec patience, elle entreprit à nouveau des travaux dont elle avait une parfaite maîtrise. Les poisons et leurs antidotes et les remèdes contre beaucoup d’autres maux. Enfin, elle termina par une commande spéciale : un élixir contre la fertilité. Dans cette demeure, la maîtresse de maison lui avait fait cette demande et elle ne pouvait la lui refuser.


« Tic tac…tic tac. »


De simples murmures pour la concentration, pour la contenance de l’élixir et tout fut terminé. La fiole en cristal noire fut refermée avec délicatesse et déposé sur un présentoir.

La chaleur des bougies caressait le visage de la belle au visage de glace. Elle resta assise, à contempler ce liquide qui avait refroidit. Cette dernière saisit le flacon, le regarda, le sentit rapidement et le posa à ses côtés.
« Il n’a pas dû en prendre…Alors, pourquoi en prendrais-je ? » Murmura-t-elle.


Son protecteur, son roi, le seul homme qui prit réellement sa défense. Elle se souvenait de chaque instant : de la prostituée que l’on remplaça dans sa cellule, de sa défiguration pour ne pas qu’on la distingue le jour de la condamnation, de la protection que lui offrit Hogorwen, de son changement de prénom, de son « éducation » et de la confidentialité de son existence. Seul les hauts rangs de l’OCF connaissait son existence et ses talents.

Elle se souvint de cette nuit , tout aussi pluvieuse que celle-ci, où les maîtres de lieux étaient descendus de leur chambre, le noble était irrité qu’on le dérange en pleine nuit, la femme quant à elle semblait plus étonnée qu’autre chose. Le regard qu’il lui attribua ne lui fit pas peur, bien au contraire, elle l’avait même défié du regard. L’homme pâlit en lisant la lettre qu’elle lui avait donné, un ordre de haut niveau, de l’un de ses frères, qu’il ne pouvait refuser.

« Protège la plus que ta propre vie. » murmura-t-elle à nouveau.

Voilà comment se terminait cette lettre qu’elle lut grâce à la maîtresse de maison. Quelques jours plus tard, elle apprenait sa mort…depuis ce jour, quelque chose s’était éteint en elle : le goût de la vie. Son protecteur n’était plus, elle était désormais un « atout » pour son Ordre, mais que lui restait-il à elle ? Juste des matières premières, des fioles et des rangements.

Elle regarda à nouveau cette fiole à côté d’elle, la souleva et contempla le liquide transparent. La Dame se remémorait de ce dernier cadeau qu’elle lui avait offert :

« Ne souffre pas…je ne pourrais le tolérer…et il ne m’a pas écouté. »


L’honneur, cet honneur qu’ont les hommes, c’est à cause de cela qu’il n’avait pas bu son poison.  
Elle décida de verser une partie de ce liquide dans un contenant bien spécifique, sans utiliser son unité de mesure…elle savait bien à quoi cela aller servir.

On toqua ensuite à sa porte, un domestique entra et l’informa que son noble seigneur l’attendait. Il était tard certes, mais certaines affaires ne pouvaient attendre.

La belle Dame prit le temps de se préparer, elle revêtit son armure, attacha sa belle chevelure et mit à son annulaire gauche sa bague d’or blanc ornée de cette belle pierre d’onyx. Elle se saisit de son sabre, le sortit de son fourreau et se contempla un instant dans son reflet avec de le refermer.

Avant de partir, elle donna en personne la fiole noire destinée à la maîtresse de maison. Cette dernière venait tout juste de donner naissance à son sixième fils et ne souhaitait plus vivre « les joies de la maternité ». Il s’agissait là de leur petit secret.

Puis, elle revêtit sa simple cape noire et rejoignit le Seigneur qui l’attendait. Alors qu’elle montait dans le carrosse, les valets chargèrent ses coffres de bois.

Ils devaient se rendre à l’hôtel de ville, rejoindre la plus part de leurs « camarades » et leur fournir certains remèdes pour les malades et d’autres armes au cas où une mauvaise surprise arriverait. C'est ainsi qu'ils partirent, simple noble et domestique. Personne ne pouvait se douter de leur appartenance, uniquement les esprits avisés qui étaient dans la confidence. Pour certains, cette étrangère devait leur être présenté sous peu.

Lia resta silencieuse pendant tout le trajet, songeuse de sa situation. Sa main droite caressait délicatement sa bague en souvenir d’un temps où elle ne se sentait pas en danger…
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Elendüril
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Du sang sur les quais EmptyMar 27 Jan 2015 - 18:59
Du sang sur les quais Maralo10

Le voyage jusqu’au principal port gondorien s’est fait sans encombre. Mais l’esprit fut préoccupé car ce n’était pas une simple mission. Le but est d’aller détruire un bastion pris dans les serres des membres de l’Ordre de la Couronne de Fer, il y a fort à faire.  Il sut que la situation pourrait dégénérée  vu que cela se déroulera dans une cité fortifiée. Maraloch ne voyageait pas seul il était accompagné d’un autre Chevalier du Cor Brisé, un certain Lindal il ne le connaissait que de visage. Un jeune homme discuta avec un homme discret au teint bruni par le soleil comme si dans une vie antérieure il aurait travaillé la terre. D’autres hommes se joignirent, ils ressemblèrent tous à des hommes d’armes. Un peu plus tard, un guide les rejoignit pour les faire entrer dans la cité dans la plus grande discrétion possible car le groupe ne restera pas incognito très longtemps dans  cet espace portuaire.

Le jeune homme parti dans son coin pendant que le reste du groupe l’attend dans une auberge non loin. Le groupe se met autour d’une table dans un coin discret. Maraloch en profita pour regarder attentivement chacun de ses compagnons en effet durant le voyage il fut plongé dans ses pensées. Son attention porta sur un jeune homme, pour lui on aurait dit un « grand enfant ». Il lui parut être tout innocent, sûrement à cause de la clarté de sa chevelure et de la couleur de ses yeux.  Il devina qu’il porta une armure légère, à peine visible surtout qu’elle lui laissa une grande fluidité de ses mouvements.  

Puis son regard vint à se poser sur l’un des ainés du groupe. Le vieillard lui apparut avec une espèce d’aura charismatique qui impose le respect et ceci malgré son âge avancé. Même un homme dans la force de l’âge réfléchirait deux fois avant de s’en prendre à lui. Ce qui marqua le plus chez lui, ce fut l’inquisition de son regard qui semblait pouvoir regarder jusqu’au fond de n’importe quel esprit. Il dut être au service du Gondor, mais il ignora si cela était véridique.

Le suivant fut son compagnon du cor brisé. Bien qu’il fasse parti du même groupe, ils ne se connaissent pas. Ils eurent l’occasion de se croiser mais pas de faire plus ample connaissances. Maraloch trouve toujours bizarre d’avoir des membres aussi âgés dans un groupe de soldats qui combattent pour la liberté. Il pensa que ce genre de personne devrait plutôt être dans le service passif, c’est-à-dire dans les renseignements, le repérage des lieux dans les lieux résidentiels, se faire un réseau de personnes de confiance. Mais qu’il en soit ainsi, si Eradan l’a envoyé c’est parce qu’il peut apporter un talent caché pour la réussite de la mission.

Finalement vint au tour de l’homme qui discuta avec le jeune homme qui ne fut plus avec nous. Il a le teint bruni par des heures passées en plein air, ce qui frappa le plus ce fut la noirceur de la chevelure qui ressemble à cette pierre précieuse. La barbe ne fut pas entretenue depuis un long moment donna un air de vagabond à cet homme-là. Son visage interdit toutes transcriptions de la moindre expression de son visage

Le groupe resta à attendre sans parler, quelques murmures se brisèrent le lourd silence. Le groupe sembla tendu même si rien ne le laissait paraitre dans leur attitude. Au bout d’un moment le jeune homme fit son entrée au sein de l’auberge, retira son manteau et disposa une carte au milieu de la table.

Il prit la parole :

-Nous devons éliminer toutes ces cibles, si nous ne le faisons pas le mal repoussera de la racine restante et gangrènera à nouveau le continent. Seulement voilà, si nous tuons l'une de ses cibles les autres le sauront bien assez vite et prendrons donc des précautions ce qui risque de nous poser quelques soucis. Il faudra donc frapper tous ces hommes en l'espace de quelques minutes, dans le cas contraire nous ne pourrons les atteindre. De plus si nous tardons la sécurité au niveau du pont principal sera renforcée et toutes nos chances de quitter la ville s'envoleront en fumée. Toutefois sachez que quitter la ville ne sera peut-être pas le plus important, si nous réussissons à libérer la ville mais que nous pouvons en sortir alors je considérerai la mission comme réussie. De plus notre contact a ajouté que si nous tardons à agir les agents de l'Ordre en tarderaient pas à apprendre qu'un groupe d'étrangers venus les renverser se cache dans la cité. Nous devrons donc agir cette nuit, au plus tard demain.


Il marqua une interruption avant de reprendre :

-Pour ce faire j'ai élaboré un plan mais ne vous leurrez pas celui-ci est hautement risqué et je ne vous cache que je trouve ses chances de réussites assez faibles toutefois c'est bien le seul où il y en a, je le crains. L'idée est de parvenir à s'infiltrer dans les lieux où les cibles seront à notre portée pour cela nous devrons nous faire passer ni plus ni moins pour des agents de l'Ordre.
Il sorti un courrier portant le sceau d’Horgowen avant de nous dévoiler la suite en ces mots :
Nous aurions fui le Rohan suite à la mort d'Hogorwen avant d'apprendre que d'autres comme nous résident à Pelargir. Cette partie du plan comporte déjà énormément de risques je le reconnais mais le pire reste à venir : une fois infiltré dans les hautes sphères de la cité il faudra se séparer et s'arranger pour que chacun des groupes puissent approcher les cibles dans un tempos relativement très proche puis les éliminer en priant que les autres groupes en fassent de même dans les minutes suivantes. Puis avant que toute la ville ne soit au courant de ces meurtres nous nous dirigerons vers le pont où nous forcerons le passage s'il le faut.


A la suite de son discours, il releva la tête et nous regarda tous l’un après l’autre. Je pris la parole :

Je suis ici car Eradan me l’a demandé et il n’envoie personne si la mission n’a pas de chance d’être aboutie. Je dis bien aboutie, notre survie n’est pas l’objectif prioritaire même si c’est ce sera mieux d’être vivant et de continuer à les traquer jusqu’au dernier. Je vous suis jusqu’à la mort si je dois passer par là. Je vous dis ça, non pour vous alourdir vos épaule mais pour vous soutenir.
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Evart Praven
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Du sang sur les quais EmptyMer 28 Jan 2015 - 1:40
Ferlon Vortimar de Caherdor

Du sang sur les quais Sans_t13

Parti de Minas Tirith, le voyage fut relativement court et, globalement, assez agréable. Au final, Ferlon devait être le plus vieux de tous les membres de l'expédition mais beaucoup lui paraissaient d'un intérêt très limité tant sur le plan martial qu'intellectuel. Avec l'espoir qu'ils se révéleraient efficaces, le chevalier de Cardinaud se montra poli voir familier avec chacun. Une fois arrivés à Pelargir, ils attendirent paisiblement à l'auberge le temps que Léaramn, capitaine rohirrim, termine son entretien avec un homme de la résistance, le vieil homme paya un verre à ses compagnons avec sa bonhomie naturelle.

Lorsqu'il rentra, le rohirrim prit immédiatement la parole pour leur indiquer la gravité de la situation ainsi que son plan d'action. Pour un jeunot, il se débrouillait pas trop mal mais les objections étaient multiples : temps nécessaire pour arriver auprès de chaque cible, coordination, arriver à tuer tous les agents de la Couronne de Fer avant qu'ils ne s'éparpillent dans la nature et ne pas se faire tuer par la garde. Pour le vieil homme, il fallait être résolument plus ambitieux et tenter tout simplement un coup d'état. Après que le chevalier Maraloch est fait une remarque sans grand intérêt, Ferlon prit la parole :


- Si je puis me permettre. Dans un premier temps, j'admire à tous vôtre abnégation, dit-il avec une pointe d'ironie, mais ne prenons pas de risques inutiles car si nous échouons, le Roi devra mobiliser son ost pour reprendre cette ville et, dans cette éventualité, notre aide serait une précieuse ressource. Ressource que nous ne devons pas gâcher dans un élan d'héroïsme.

Concernant votre plan, continua-t-il en se tournant vers Léaramn, il est intéressant mais les objections sont nombreuses et je doute fort que nous puissions tuer toutes nos cibles et je ne parle même pas des agents de la Couronne de Fer qui sont à l'hôtel de ville. Je parierais ma fortune, dit-il en omettant de préciser qu'elle se composait surtout de dettes, que nous parviendrons vaguement à tuer le maire, le capitaine et son lieutenant, quelques conseillers. Tout au mieux. Je pense qu'il faut quelque chose de plus ambitieux.

Si j'ai bien compris, le Conseil et l'Amiral ne sont au service de la Couronne de Fer, nous devons nous appuyer sur eux pour tenter de prendre le pouvoir. Le plan que je vous propose est à la fois simple mais nécessitant une bonne coordination et un grand effort de persuasion. Dans un premier temps il faut convaincre l'Amiral de nous rejoindre en se préparant à éliminer le capitaine et son lieutenant pour lui laisser les mains libres sur la flotte et et les marins. Dans un second temps, nous devons convaincre les membres les plus éminents du Conseil de se joindre à nous et préparons un arrêt plaçant l'ensemble de la garde sous les ordres de l'Amiral. Aux alentours de midi, l'un de nos alliés au Conseil fait semblant d'être empoisonné chez lui et se calfeutre pour rendre crédible cet « événement ». Dans la foulée, un Conseil extraordinaire se réunit dans le quartier noble et prévient au dernier moment le maire qui devra s'y rendre de toute urgence en quittant la sécurité de l'hôtel de ville. Le temps qu'il arrive, nous aurons le temps de faire voter les arrêts justifiant notre action et monter une embuscade pour assassiner le maire.

Pendant ce temps, avec l'aide de l'Amiral, nous assassinons le capitaine de la flotte et son lieutenant. Dans la foulée, l'amiral pourra décréter la mobilisation des marins qui investiront le quartier du gouvernement et notamment les quartiers de la garde et des officiers. Juste le temps qu'on leur lise l'arrêté du conseil les obligeant à se mettre sous le contrôle de l'Amiral. Pendant ce temps des marins pourront commencer à investir l'hôtel de ville. Une fois le ralliement de la garde confirmé, nous devrions pouvoir passer au fil de l'épée l'ensemble des partisans de l'Ordre présents dans le quartier.

Si l'Amiral peut avoir assez de troupes sous la main, ou un navire de guerre capable de prendre la mer immédiatement, nous pouvons même tenter de bloquer les ponts traversant l'Anduin. Si tout se passe bien, nous pourrons dans la soirée fermer les portes de la ville et, avec l'aide des hommes luttant contre la Couronne de Fer, arrêter encore quelques uns de leurs agents en ville. J'ai conscience que ce plan est ambitieux et présente de nombreux risques mais il me semble que c'est une bonne base pour accomplir notre mission.

Note : Je voudrais savoir si on est dans un endroit un peu "dissimulé" de la taverne ? Genre pas au milieu de la salle commune, sinon vous pouvez d'ors et déjà dire qu'on va se déplacer car mon perso ne compte pas discuter d'assassinats n'importe où (et je modifierai le poste en conséquence)
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Mardil
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Du sang sur les quais EmptyJeu 29 Jan 2015 - 15:41
Du sang sur les quais Eirik11


C’était une compagnie bien hétéroclite qui attendait patiemment le retour du capitaine Learamn. Ils étaient pour la plupart silencieux et, bien qu’ils n’en laissaient rien paraître, soucieux. Eirik était aussi taciturne qu’à l’accoutumée. Il n’avait quasiment rien dit sur le chemin et, si certains avaient pris ça pour de la timidité et d’autres pour un comportement hautain, il n’en était rien. C’était là sa nature profonde et il savait qu’il lui faudrait du temps avant d’être capable de s’ouvrir aux autres. Pas après tout ce qu’il avait vécu. Et tout ce qu’il avait fait.

Au fil des années il s’était forgé une carapace des plus résistantes mais il ne pouvait dissimuler complètement la souffrance qu’il ressentait. Le regarder dans les yeux, c’était comme plonger dans un froid océan de désespoir. Et pourtant il savait que les choses s’arrangeaient lentement. En grande partie grâce à Sighild.

Une ébauche de sourire apparut sur ses lèvres alors qu’il repensait à la jeune elfe à qui il devait tant. Que faisait-elle en cet instant ? Pensait-elle aussi à son jeune compagnon ? Eirik ne savait pas vraiment ce qu’il ressentait pour la mage hormis de la gratitude. Et une profonde admiration. Il l’avait vu combattre à Fondcombe contre les hommes de cet ordre maléfique. Et, malgré ses propres tourments, elle n’avait cessé de l’aider à avancer. Il se demandait encore pourquoi.

Elle avait tenté de le dissuader de venir dans cette cité mais elle n’avait pas essayé de l’en empêcher. C’était en définitive un choix qui lui revenait et elle n’aurait jamais essayé de l’influencer contre son gré. Il avait choisi la voie de la vengeance mais aussi celle de la justice. Il savait que leur mission était dictée par la justice. Alors pourquoi se sentait-il aussi mélancolique ?

Il était maintenant évident que cette mission n’était pas ce à quoi il s’était attendu. Il avait cru que cela ressemblerait à la reprise de Fondcombe, violent et difficile mais honnête. Une bataille opposant deux ennemis, l’un face à l’autre. Lorsqu’il avait vu leur nombre réduit, il avait compris qu’il n’y aurait rien d’honnête dans cette bataille. Ils n’étaient pas des soldats mais des assassins. Ils devaient agir dans l’ombre et avec efficacité.

Le capitaine Learamn finit par revenir de son entrevue avec son informateur et leur exposa brièvement son plan. Eirik n’émit pas la moindre objection mais il comprenait bien que leurs chances de réussite étaient plus que réduites. Se faire passer pour des agents de l’Ordre en fuite était un plan des plus risqués. Eirik ne connaissait pas du tout le Rohan et il se doutait bien qu’il serait rapidement démasqué. Si les agents de l’Ordre de la Couronne de Fer étaient moitié aussi dangereux que ceux qu’il avait vus et affrontés à Fondcombe, c’était une stratégie perdue d’avance.

Cependant il n’avait rien de mieux à proposer. Ils ne pouvaient tout simplement pas foncer dans le tas. Ils étaient trop peu nombreux et l’alerte serait donnée immédiatement. Aussi il se contenta de hocher légèrement la tête en un signe d’assentiment.

Tout le monde ne fit pas de même et le plus âgé de ses camarades leur exposa une toute autre stratégie. Il souhaitait provoquer un coup d’état afin de renverser tous les agents de l’Ordre présent dans la cité. Si ce plan avait l’avantage de leur fournir un grand nombre d’hommes, il était peut être encore plus risqué.

Aucun d’entre eux ne connaissait l’amiral. Comment savoir si ce dernier les aiderait. Peut être avait-il trop peur et, dans ce cas, il les dénoncerait dès qu’il le pouvait. La même réserve s’appliquait aux membres du conseil. Comment savoir ceux qui étaient restés fidèles au Gondor et ceux qui se contentaient très bien de la mainmise de l’Ordre sur la cité ?
Il se tourna de nouveau vers le capitaine Learamn, attendant la réponse qu’il ne manquerait pas de donner au vieux chevalier. De sa décision découlerait l’avenir de la cité. Ainsi que la durée de leurs existences.
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Nathanael
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Du sang sur les quais EmptyDim 8 Fév 2015 - 19:00
Pelargir s’était dévoilée avant qu’ils ne parviennent aux portes de la cité. Le vent du Sud charriait avec lui les relents salés du bord de mer, chargés des effluves d’algues échouées sur la plage, de poissons morts et de coquillages pourris. Il lui avait fallu plusieurs heures pour s’habituer de nouveau à toutes ces odeurs qu’il avait quittées quelques semaines plus tôt. Il avait espéré ne jamais revenir à Pelargir car il savait que la ville n’était pour lui ni un havre de paix ni un lieu de repos. Lorsqu’ils dépassèrent les maisons qui formaient la première couronne de bâtiments autour de la cité portuaire, il eut le sentiment d’être fait prisonnier. Il savait sans détour ce que les membres de la Couronne de Fer lui réservaient s’ils parvenaient à lui mettre la main dessus. Sa mort viendrait après de longues et douloureuses souffrances. Il avait, comme de coutume, teint la mèche blanche qui ornait son front pour éviter de se faire remarquer plus que nécessaire. Ils n’auraient pas besoin de s’annoncer aux portes de la ville pour se faire connaître ; tandis qu’ils avançaient calmement à cheval, des jambes courraient déjà en tout sens pour informer de l’arriver d’un groupe. Même s’ils étaient arrivés chacun par des chemins différents, par des ruelles détournées et qu’ils avaient pris grand soin de rester discrets, il n’était pas dupe. Leurs faits et gestes étaient déjà épiés.

Learamn avait vu juste en allant voir seul son indicateur. Le dernier vivant sans doute, tous les autres avaient été décimés comme des mouches, écrasés d’un revers de main nonchalant. Néanmoins il désapprouvait de se retrouver tous dans une taverne, aussi peu surveillée soit-elle, et ce, même au milieu des badauds et des marins venus brûler leur pécule après une dure journée de labeur. La sueur des hommes se mélangeait aux remugles de poissons et de bétails, véritable carrefour entre la mer et les champs. Les volutes de fumée qui s’échappaient ça et là d’une pipe s’étiraient en un large nuage grisâtre au-dessus de leur tête, linceul mortuaire accroché au plafond.  Nathanel eut un frisson, les idées sombres et les images morbides lui embrumaient l’esprit depuis qu’ils avaient quitté la Cité Blanche. Il ne trouvait aucun réconfort auprès des autres membres du groupe et il s’était enfermé dans un profond silence depuis leur départ, échangeant rarement quelques informations avec Learamn, lourdement chargé du fardeau de leur réussite.

Le jeune capitaine revint détrempé auprès d’eux. Nathanael l’écouta tout autant que les autres et trouva son plan à son goût, bien que quelques ajustements fussent nécessaires. S’ils n’avaient que la nuit pour agir il n’était pas temps de faire la fine bouche. Se complaire en de vagues discours, palabres et chansonnettes avec les nobles, n’était pas une solution. Il prit la parole avec le plus d’assurance possible bien que sa voix trahissait quelques fois l’angoisse qui l’habitait. Certains d’entre eux ne semblaient pas percevoir à quel point la Couronne était puissante, habile et savamment organisée. Il était seul à connaître la situation réelle à Pelargir.

- Il sera judicieux de nous faire passer pour des agents de la Couronne de Fer, mais nous ne pourrons tous nous faire passer pour des Rohirrims. Les agents de l’Ordre ne sont pas dupes ni naïfs, sans quoi ils n’auraient jamais conquis la ville. Il ne nous saura pas possible de convaincre qui que ce soit, nous manquons cruellement de temps et de moyens financiers. La Couronne a scrupuleusement arrosé d’or et de promesses tous ceux qui manifestaient des doutes, les autres sont morts ou soumis à de cruelles représailles s’ils osent manifester leur mécontentement. Et si notre Roi avait voulu reprendre la Cité par la force, l’armée aurait depuis longtemps écrasé Pelargir. Il ne s’agit pas ici d’une bataille ouverte contre deux corps de garde. Et tandis que nous discutons sagement ici sachez que des yeux et des oreilles s’activent pour savoir de quoi il retourne.

Les options étaient peu nombreuses, et, tout en parlant, il s’évertuait à en démêler les tenants et les aboutissants selon la tournure que prendraient les évènements. Aucun soutien ne se présenterait à eux tant qu’ils ne manifesteraient pas clairement qu’ils avaient repris le pouvoir. Et même s’ils reprenaient les rênes de la ville, cela n’aurait aucune importance si les agents de la Couronne parvenaient à fuir, il ne s’agissait pas de chasser les rats du navire mais bien de faire couler le bateau, dussent-ils sombrer avec.

- Les hauts gradés ne nous seront d’aucun secours, pas plus que les membres du Conseil. Nous perdrions trop de temps à les convaincre et certains ne sont pas forcément contre le pouvoir de l’Ordre même s’ils ne partagent pas leurs idées. Ils apprécient plus les pots de vin que les discours et nous ne pouvons leur assurer aucune protection tant que nos ennemis ne sont pas morts. Ils ne se battront pas pour nous, ce sont des nobles orateurs, mais aucun n’a tenu d’épée depuis des générations et ils s’opposeront à nous en nous imposant justice, procès et condamnation. Or la seule justice que nous devons promettre à l’Ordre est notre épée en travers de la gorge.

Il avala sa salive et reprit son souffle. Il se sentit épris d’une audace nouvelle qu’il n’avait plus rencontrée depuis la bataille des Rohirrims contre les orcs, alors qu’il n’était qu’un simple soldat. Lui non plus n’avait pas manié d’épée depuis belle lurette, mais faire les cents pas dans des couloirs poussiéreux et des corridors sombres ne lui semblaient plus suffisant. Il avait soif d’une justice que les nobliaux en robes de chambre ne pouvaient plus lui apporter.

- Le Maire se déplace rarement seul, ses conseillers l’accompagnent partout ou presque. A moins de manquer de chance, ils seront probablement tous dans le bureau du Maire jusque tard dans la soirée. Ils sont bien entourés. A l’hôtel de ville, nous devons déjà nous débarrasser d’une dizaine hommes au moins. Le capitaine et son lieutenant regagnent leur quartier pour dormir, ils ne resteront pas auprès du maire. Ils sont accompagnés de soldats dévoués à leur tâche. Je n’ai pas de chiffre exact, mais comptons encore une dizaine d’hommes au moins. Nous devons agir au moment où chacun rejoint ses appartements particuliers. Nobles et soldats pourront être facilement évincés ainsi, le Maire et ses conseillers pourront être tués sur place.

Il continuait de retourner dans son esprit le plan de Learamn jusqu’à ce qu’une évidence lui saute aux yeux. Il serait tout à fait improbable qu’il se fasse passer, lui, pour un membre de l’Ordre : quelques uns connaissaient son visage, ou, du moins, son signalement, et s’il venait ainsi avec le groupe, leur plan tomberait à l’eau.

- Vous entrerez tous dans Pelargir en vous faisant passer pour des membres de l’Ordre. Non pas des Rohirrims, mais un groupe hétéroclite d’anciens combattants au service de la Couronne qui cherche à retrouver les leurs. Je ne pourrais vous suivre sous ce masque. Mon signalement est connu d’eux et s’ils me reconnaissent nous serons tous compromis. C’est pourquoi vous me mènerez auprès d’eux comme un prisonnier de guerre. Ce sera notre seul atout pour justifier de votre présence en ces lieux. Sans quoi, ils se poseront des questions.

Il jeta un regard à Learamn qui semblait comprendre où il voulait en venir. Un prisonnier de guerre entre les mains de l’Ordre ne restait pas longtemps sain et sauf. Pour sauver leur couverture, il leur faudrait passer Nathanael à tabac, pour suivre avec minutie les procédés de la Couronne. Ils n’avaient pas d’autres choix. Nathanel déglutit difficilement en anticipant déjà ce qu’il devrait subir pour mener à bien leur mission.

- Une fois à l’Hôtel de Ville, il faudra que certains d’entre vous y restent afin de discuter avec le maire et ses conseillers. Vous prétendrez avoir obtenu de moi des nouvelles importantes de l’extérieur. Vous vous arrangerez sur place pour tuer ceux qui nous nuisent.

Nathanael désigna Ferlon, Eirik, Olrik, Felian d’Anfalas ainsi que ses trois compagnons du Cor Brisé pour cette partie du plan. Ils n’étaient pas tous fin stratèges et orateurs, mais il faudrait également de bons bras armés pour maîtriser toute rébellion inattendue.

- Les autres, vous me mènerez dans les quartiers militaires pour me mettre en cellule. Une fois sur place vous aurez tout le loisir d’organiser les meurtres du capitaine et de son lieutenant. Nous devrons faire vite. Au moindre cri, à la moindre alarme, nous serons pris en tenaille. Nous ne pourrons alors que nous replier à l’Hôtel de Ville pour lutter le plus longtemps possible.

Il désigna pour ce groupe tous les autres participants : Learamn, Maraloch, Altirchonaveunsteg ainsi que Lindal et les deux agents de la Rose Noire.

- Learamn mènera les opérations auprès du quartier militaire. Ferlon, je compte sur vous pour mener le maire et ses conseillers par le bout du nez jusqu’à ce que vos compagnons se débarrassent d'eux. Veillez à ne faire aucun prisonnier. Ni la pitié, ni la justice ne vous rendront vos compagnons perdus et vos frères d’armes. Songez à ce que l’Ordre vous a pris et aux souffrances infligées, accordez à chacun la mort qu’il mérite.
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Du sang sur les quais EmptyLun 9 Fév 2015 - 2:06
Du sang sur les quais Felian10

Felian était entré au cours de la conversation, les cheveux trempés, tout comme les combattants qui le suivaient, jetant des regards suspicieux autour d'eux, gardant sans cesse la main près de leur épée. Trois de ses hommes, tous des fidèles d'Eradan que leur jeune capitaine avait envoyé en mission, et deux agents de Sirion Ibn-Lahad. Ces redoutables combattants étaient patibulaires et taciturnes, mais de toute évidence ils étaient capables de faire le travail que l'on attendait d'eux : tuer, tuer, et tuer encore. Felian et les siens, pour leur part, étaient chevaliers, des hommes d'honneur pour qui ce genre de missions, ces complots et ces meurtres planifiés n'étaient pas monnaie courante. Ils étaient plus habitués aux joutes honorables, aux combats où la vaillance et la bravoure offraient la victoire à celui qui savait garder la tête haute en toute situation. Ici, même le combattant le plus courageux et le plus téméraire pouvait terminer avec une lame plantée entre les épaules.

Il y avait beaucoup de choses que Felian n'aimait pas dans ce monde, mais la perspective de devoir livrer un combat aussi peu chevaleresque arrivait sans doute en tête de ses préoccupations du moment. Le jeune soldat passa une main dans les longues boucles humides qui encadraient un beau visage, et essuya sa paume moite sur son pourpoint. Il n'avait pu se vêtir que d'une légère cuirasse, comme la plupart des hommes ici, et il ne pourrait pas compter sur sa précieuse armure par trop encombrante. Le malaise était perceptible parmi les hommes du Cor Brisé, qui se sentaient comme nus sans leur équipement complet.

Afin de chasser la froide peur qui se saisissait de son cœur peu à peu, Felian se concentra sur l'échange qui avait lieu. Il en avait manqué le début, occupé à monter la garde au dehors en attendant le retour de Léaramn, pour s'assurer qu'il n'avait pas été suivi. Il était revenu alors qu'on commençait à parler du plan d'action, et que les premières questions étaient soulevées. Comment ne pas comprendre ces hommes qui réalisaient qu'ils risquaient tout bonnement de perdre la vie pour une entreprise qui les dépassait de très loin ? Tous les doutes étaient permis désormais, et ils étaient alimentés par les idées de chacun.

On lisait de l'inquiétude dans les regards fuyants, qui se penchaient vers la carte qu'avait sortie le jeune capitaine du Rohan. On sentait de l'hésitation, alors qu'il faudrait faire preuve d'une froide détermination le moment venu. Y arriveraient-ils ? Felian n'en doutait pas. Mais s'en sortiraient-ils tous ? Les chances étaient minimes… Les membres du groupe qui s'étaient rassemblés dans cette petite auberge savaient tous qu'ils vivaient peut-être leurs derniers instants, mais chacun l'exprimait à sa façon. Certains parlaient, évacuaient le stress par le verbe, en essayant de trouver une solution à un problème insoluble. D'autres, notamment les hommes de la Rose Noire, conservaient le silence, se contentant d'attendre qu'une décision fût prise pour s'y rattacher. Ils n'étaient pas là pour réfléchir, simplement pour exécuter tous ceux qu'on leur désignerait comme des ennemis. Felian se situait juste entre les deux. Il n'était pas un couard désireux de fuir, encore moins un bavard, mais il était loin d'être stupide et il jugeait qu'en tant que membre de cette compagnie, et représentant des Chevaliers du Cor Brisé, il pouvait tout à fait intervenir quand bon lui semblait.

Il ne prit pas la parole immédiatement, préférant d'abord écouter les suggestions de ceux qui connaissaient mieux les lieux que lui. Ils n'étaient pas nombreux, en vérité, et on pouvait considérer qu'il n'y avait qu'un seul homme qui en savait véritablement assez pour les renseigner : le conteur. Durant leur trajet jusqu'à Pelargir, il s'était montré assez discret, bien qu'il eût animé quelques soirées par certaines de ses histoires. Il ne racontait rien ou presque à son sujet, et se contentait de parler des vies des autres, de narrer les batailles auxquelles il avait participé comme de loin. La curiosité des hommes était grande, mais sa disposition naturelle à détourner les questions encore davantage, si bien qu'après une heure passée à discuter avec lui, on ne savait que son nom, et encore. Nathanael. Nathanael le conteur.

Il était de toute évidence plus ce qu'il voulait paraître, et son rôle dans cette affaire promettait d'être grand. Il avait l'oreille de Léaramn, leur chef désigné pour cette opération, et s'il n'abusait jamais de son statut, il demeurait un individu précieux pour la réussite de leur infiltration. Il était évident à tous ici que sans le conteur, ils n'avaient aucune chance de parvenir à accomplir ce pour quoi on les avait envoyés.

Les paroles de ce dernier étaient pleines de bon sens, et s'appuyaient sur de solides connaissances de la cité. Il semblait être le seul à en connaître un tant soit peu les rouages, et à pouvoir discerner le visage de leurs véritables ennemis, si bien qu'il apportait à chaque phrase un surplus d'informations que Felian s'efforçait de retenir… Tout comme les autres, d'ailleurs. Son plan était à la fois simple et complexe. S'infiltrer dans le triangle de Pelargir en se faisant passer pour des hommes de l'Ordre de la Couronne de Fer ne représenterait pas un problème majeur, assurément. Grâce aux faux documents que le capitaine du Rohan avait avec lui, ils auraient facilement accès à l'hôtel de ville, en évitant le gros des gardes, ce qui n'était pas du luxe. Toutefois, comment s'en sortiraient-ils après ? Comment parviendraient-ils à neutraliser autant d'adversaires qui seraient sous bonne garde, alors qu'ils n'étaient qu'une poignée ? Tant de questions, et si peu d'éléments de réponse. Et, quand bien même trouveraient-ils un moyen de parvenir au terme de leur mission, leur resterait-il à sauver leurs vies insignifiantes, si c'était possible.

Résister au cœur de l'hôtel de ville, contre l'armée de Pelargir au grand complet ne leur offrirait qu'une mort digne d'être chantée dans les banquets, comme une anecdote amusante dont on se gausserait. Fuir et essayer de se cacher dans la cité pouvait se tenir, mais comment feraient-ils pour passer inaperçu ? Du groupe, Felian était le seul originaire du Gondor avec Maraloch, les autres étant pour la plupart Arnoriens ou Rohirrim. Il ressemblait certes plus aux gens d'ici, physiquement tout du moins, mais Pelargir lui était tout à fait inconnue, lui qui venait de l'autre côté du pays. Il ne se souvenait pas avoir jamais mis les pieds dans cette grande et belle cité, qu'il découvrait pour la première fois. Il n'irait pas beaucoup plus loin que ses compagnons, finalement…

Toutefois, il n'était pas l'heure de penser à sa propre survie, alors qu'un combat d'une importance capitale se dessinait. Felian en était conscient, et les derniers mots du conteur trouvèrent en lui un écho particulièrement fort. L'Ordre lui avait pris tellement… Il avait perdu sa mère et sa jeune sœur, ainsi que ses grands-parents, enlevés subitement, disparus sans laisser de traces. Après cela, son père n'avait plus jamais été le même, et il avait continué à diriger leur domaine sans énergie, soumis et résigné. Felian, lui, n'avait jamais accepté. Il avait recherché jour et nuit les traces des ravisseurs jusqu'à se retrouver dans une véritable impasse. Alors, il avait chevauché à bride abattue jusqu'à Minas Tirith, pour y quérir l'aide du Roi, ou de quiconque voudrait bien l'aider. Nul n'avait voulu lui prêter main-forte, toutes les portes étaient demeurées closes alors qu'il s'époumonait au dehors, criant et implorant qu'on lui fournît de l'aide, n'importe laquelle. C'était là qu'il avait rencontré Eradan, alors qu'il se trouvait esseulé, et presque sans le sou à la capitale. Le jeune homme l'avait soudainement ébloui par sa prestance et son charisme. Il l'avait relevé, et avait juré de l'aider de toutes ses forces à retrouver le ravisseur de sa famille, si Felian acceptait en retour de se consacrer corps et âme à la défense de la Terre du Milieu. Ce dernier avait pris le temps de la réflexion, avant de prêter le serment le plus important de sa vie :

- Moi, Felian Valdoré d'Anfalas, jure de toujours servir les Chevaliers du Cor Brisé, et de n'avoir de cesse que le dernier de nos ennemis se trouve gisant à mes pieds.

Au fond de lui-même, il savait que ce serment l'engageait pour toujours, et le contraindrait à une vie d'errance et de privations. Toutefois, si c'était la condition nécessaire pour poursuivre sa quête personnelle, il l'acceptait de bon gré. Il endurerait le froid, la faim, les souffrances, si cela pouvait le mettre sur la piste de celui qui avait enlevé sa sœur. Il donnerait tout pour avoir l'occasion d'affronter celui qui s'était emparé de sa chère Aliénor. Felian revint soudainement à la réalité, comme arraché de ses pensées, alors que les hommes méditaient les paroles de Nathanael. Conscient que sa voix pesait d'une certaine manière, il lança :

- Je vous suis, conteur. Nous avons peu de temps, et je ne pense pas que nous puissions nous permettre de nous disperser. Concentrons nos forces sur nos cibles, et advienne que pourra. Nous devrions nous mettre en route sans tarder. Notre petite réunion ne passera pas inaperçu indéfiniment, et je préférerais être loin quand les gardes viendront interroger les gens d'ici.

Ses paroles n'étaient pas dénuées de bon sens, et tous les hommes s'agitèrent, conscients qu'être rassemblés dans un seul et même endroit les exposait à bien des dangers. Dehors, Felian qui montait la garde n'avait repéré personne de suspect, mais il se pouvait fort bien que des espions de l'OCF se trouvassent dans la pièce, et qu'ils eussent repéré un attroupement inhabituel d'étrangers qui paraissaient par trop comploteurs pour être honnêtes. Il valait mieux décamper rapidement, se mettre à l'abri, se protéger et surtout passer à l'action le plus rapidement possible pour ne pas laisser le temps à leurs ennemis de réagir. La vitesse était le maître mot, et celui qui détiendrait l'initiative aurait le plus de chances de s'en sortir en vie.

Les autres prirent la parole pour apporter leurs commentaires, avant que la réunion se terminât rapidement. Les consignes de Nathanael avaient été claires et précises, si bien que chacun savait ce qu'il avait à faire. Ils rejoindraient ensemble le triangle, en se faisant passer pour un groupe de soldats de l'Ordre, avant de se séparer pour partir à la chasse. Certains en salivaient d'avance. Felian se dirigea vers Maraloch et Lindal, qui étaient affectés au second groupe, quand tous leurs frères d'armes se trouvaient avec le premier. Il connaissait bien Lindal, qui était un homme d'honneur et un guerrier talentueux. Il n'avait pas de famille, et sa mort ne manquerait à personne. Intérieurement, le chevalier d'Anfalas se demanda si c'était pour cette raison qu'Eradan lui avait demandé de participer à cette mission. Il fronça les sourcils, et chassa ces pensées de son esprit. La mission devait passer avant tout. Maraloch, quant à lui, était un jeune chevalier, même s'il avait eu l'occasion de faire ses preuves avant d'être intronisé. Il avait participé à de petites missions, avait appris à se faire à la vie de groupe, aux difficultés d'une vie nomade, et à la hiérarchie spécifique des hommes d'Eradan. Finalement, après quelques mois, il avait été élevé chevalier au même titre que les autres, et participait à sa première véritable mission depuis.

Felian se pencha vers eux, et posa sa main sur leurs épaules, pour les rassurer :

- Mes frères, nous serons séparés aujourd'hui, mais que rien ne vous arrête. C'est Eradan en personne qui nous a envoyé ici, et il nous a fait un grand honneur en nous choisissant pour accomplir cette mission de premier ordre. Je sais que vous ne serez pas sous mes ordres, et que nous ne sommes pas supposés obéir à ceux qui représentent un royaume ou des intérêts particuliers. Toutefois, pour cette fois, oubliez cette règle. Obéissez au capitaine Léaramn comme si c'était Eradan lui-même qui vous parlait, et ce jusqu'à ce que toute cette affaire soit terminée.

Il marqua une pause, les regardant droit dans les yeux, surtout Maraloch. Le guerrier paraissait contrôler ses émotions, mais il était évident qu'il comprenait les enjeux, et surtout les risques d'une telle mission. Felian raffermit sa prise, afin qu'ils sentissent physiquement le lien qui les unissait, entre Chevaliers :

- Soyez braves, mes frères. Rappelez-vous combien d'hommes sont morts pour que nous ayons cette opportunité unique de nous débarrasser de cette vermine. Gardez bien à l'esprit que vous êtes privilégiés, que de votre réussite dépend le sort de la Terre du Milieu. Vous avez le devoir de réussir. Allez, et soyez bénis par les Valar.

Sur ces mots, il les relâcha, et leur serra chaleureusement la main. Ce n'étaient pas des adieux, mais cela y ressemblait beaucoup. Felian se tourna vers les autres hommes, et essaya de faire connaissance avec ceux de son groupe, pour savoir sur qui s'appuyer quand il serait dans le feu de l'action. Ultime précaution bien inutile, contre les dangers innombrables qui se dresseraient devant eux avant le point du jour.


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Learamn
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Du sang sur les quais EmptyDim 15 Fév 2015 - 15:58
Learamn écouta attentivement les interventions des hommes qui avaient assez d’audace pour prendre la parole et donner leur point de vue. Ce fut l’un des chevaliers du Cor Brisé qui ouvrit le bal , un certain Maraloch qui manifesta son soutien et réaffirma son engagement. Bien que ses aproles étaient dénuées de tout intérêt stratégique elles firent au chaud au coeur du rohirrim satisfaits de compter sans ses rangs des hommes aussi valeureux et loyaux . C’étaient de combattants comme les Chevaliers du Cor Brisé dont on avait besoin pour ce genre de missions périlleuses. D’un signe discret de la tête Learamn remercia le gondorien.
Puis ce fut au tour de Ferlon Vortimar de Caherdor de prendre la prole . C’était un noble Arorien d’un certain âge affilié à la Rose Noire et dôté d’une intelligence affûtée. Il proposa sa vision des choses et comment il concevait le plan parfait : il désirait réaliser un véritable coup d’état dans les règles d’arts en s’appuyant sur les membres du Conseil et l’Amiral et sur le soutien de la population. Le capitaine avait un temps songé à cette éventualité mais il s’était vite résigné à trouver autre chose

-Votre plan est séduisant mais il semble irréalisable dans notre situation. Nous n’avons qu’un seule journée pour agir et les révolutions ne se font pas en quelques heures , de plus convaincre les membres du Conseil et l’Amiral de se joindre à notre cause se révélera sûrement être un long travail à l’issue incertaine. De plus nous ne serons pas maître de notre destin si je puis le dire ainsi , la réussite de notre entreprise dépendra des membres du Conseil . Enfin après avoir parlé avec notre espion et notre guide Nathanaël qui connaît parfaitement la ville nous ne pourrons espérer une aide conséquente de la part d’une population tétanisée.

Un silence pesant régna l’espace de quelques secondes , Learamn fixa ses hommes les uns après les autres , son regard s’attardant sur le plus jeune Eirik , bien discret depuis le début de la mission. Si Learamn était un exemple de précocité en devenant capitaine de la Garde Royale à seulement vingt-cinq ans Eirik devait être particulièrement doué pour participer à dix-huit ans seulement à une mission de cette envergure.
Puis Nathanaël brisa le silence glacial , son intervention était claire , précise et ordonnée. A l’écouter on ne pouvait se résoudre à le considérer comme un simple guide on croyait entendre le chef de la mission mais Learamn en fut nullement vexé. Dès les premiers mots qu’ils avaient échangés le jeune homme avait senti quelque chose chez ce mystérieux conteur barbu . Pas forcément très drôle ou joyeux mais dont on devinait las grandeur d’âme et la détermination. Il approuva le plan de Learamn tout en l’améliorant . Le plan de Nathanaël était brillant et le rohirrim n’y trouva rien à redire.

-Très bien alors nous suivrons ces directives qui me semblent être les plus judicieuses , affirma Learamn , je vous demanderais juste de vous rappeler pour qui et pour quoi vous vous battez et contre qui vous luttez. La pitié et la compassion ne pourront pas être de la partie.

Alors le rohirrim s’approcha de Nathanaël et ils s’échangèrent un regards silencieux , pour faire croire aux membres de l’Ordre que le conteur était un prisonnier il faudrait qu’il ait l’air d’avoir été traité comme un prisonnier de l’Ordre. Ils montèrent donc tous les deux à l’étage et s’installèrent dans une petite pièce lugubre et sale . Nathanaël s’assir une frêle chaise de bois et le rohirrim se plaça face à lui . Il lui posa une main sur l’épaule

-Je suis navré mon ami mais la réussite de notre mission l’exige .

Silencieusement le conteur acquiesca alors Learamn lui décocha un violent crochet du droit au niveau du nez qui se mit à saigner abondamment. Il continua à le frapper vigoureusement au visage , dans les endroits où les blessures étaient plus spectaculaires que dangereuses. Ses coups étaient violents mais mesurés , ilgardait une maîtrise de soi . Le capitaine n’éprouvait aucun plaisir à frapper ainsi son compagnon de voyage , loin de là mais son regard était dénué de tout remords , il faisait son devoir et rien d’autre ; il ne devait pas le regretter. Illaissa Nathanaël rperendre son souffle et ses esprits pendant quelques secondes : il avait le nez et les lèvres en sang et un gros oeil au beurre noir. C’était un bon début mais il fallait faire encore plus réaliste , Learamn se saisit donc de sa petite dague et commença par déchirer les vêtements du guide avant de taillader ses avants bras dans le but de creuser de larges égratignures. Le pauvre homme devait sans doute mobiliser toutes ses forces pour ne pas hurler .

Quelques dizaines de minutes plus tard Learamn redescendit avec un Nathanaël salement amoché :il n’y était pas allé de main morte.

-Mes amis en route!

Ils se saisirent donc tous de leurs effets et sortirent le plus discrètement possible de l’auberge . Learamn monta sur Ouragan et attacha une corde autour du cou de Nathanaël qui lui devrait marcher à pied. Au pas ils se dirigèrent vers la mairie et le quartier militaire. La nuit était toujours aussi sombre et la pluie continuait à tomber de façon vigoureuse : Learamn n’aimait pas particulièrement l’obscurité mais peut-être que cette-fois ci elle pourrait se révéler précieuse. Stressé mais avec une pointe d’excitation propre aux militaires aguerris Learamn mena son groupe jusqu’au lieu indiqué. Les rares passants se retournaient furtivement pour regarder cet étrange groupe héteroclite. Après quelques minutes ils arrivèrent à destination , deux gardes en uniformes blanc et noir les hélèrent .

-Holà ! Qui va là?


Learamn mit pied à terre

-Je suis le lieutenant Kurmo ( il avait dit le premier prénom qui lui était passé par la tête : celui de son mystérieux aide lors de la traque de l’espionne à Aldburg qui avait mystérieusement disparu avant la bataille) et nous sommes des agents de l’Ordre mon frère , il sortit son document attestant son serment à Hogorwen et le présenta aux garde , je suis un guerrier rohirrim ayant servi le roi Hogorwen. J’ai combattu aux côtés des pies à Aldburg mais nous avons été défaits alors j’ai pris avec moi quelques survivants et nous avons pris la direction de Fondcombe malheureusement la ville était tombée entre les mains des elfes avant notre arrivée et quelques rescapés de cette sanglante bataille nous ont rejoints. Puis avec l’annonce de la chute de la tête de l’Ordre nous sommes naturellement venu ici , dernier bastion de l’Ordre pour vous prêter main forte. D’ailleurs j’amène un cadeau qui pourrait plaire à vos supérieurs .

D’un geste théâtral de la main il désigna Nathanaël

-Un dénommé Nathanaël , ennemi reconnu de l’Ordre que nous avons intercepté après avoir fui cette ville . Le sang de ce chien bâtard à déjà couler en chemin mais ce n’est encore rien.

S'efforçant de ne montrer aucun signe de fébrilité et d’afficher un visage serein il attendit la réaction des deux gardes. La réussite de toute la mission reposait sur son jeu d’acteur qui n’avait jamais été franchement convaincant auparavant.


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Nathanael
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Du sang sur les quais EmptyMar 24 Fév 2015 - 14:13
Un silence pesant suivi d’un regard appuyé suspendit le temps sur le pont. Les deux hommes de garde échangèrent un signe de tête et l’un d’entre eux disparut dans un petit baraquement leur servant d’abris. La pluie s’abattait toujours vigoureusement sur le port, gonflant le fleuve et faisant ronfler les eaux tumultueuses. Se jeter dans l’Anduin cette nuit ne serait pas une bonne idée, une fois dans la cité fortifiée, il faudrait sortir vainqueur ou mourir … Chacun du se faire cette réflexion car un malaise étrange pesait sur le petit groupe. Pourraient-ils seulement entrer ?

Les gouttes d’eau froide continuaient de s’insinuer insidieusement sous leur manche et dans leur col lorsqu’un autre homme sortit du baraquement, le parchemin de Learamn dans la main. Son visage n’exprimait absolument rien et il se contenta de balayer du regard le groupe étrange qui se présentait devant lui. Il fronçait exagérément les sourcils, mais nul n’aurait pu dire s’il s’agissait d’un signe d’intense réflexion ou du seul moyen dont il disposait pour ne pas avoir de l’eau dans les yeux. Malgré les mauvaises conditions il prit tout le temps dont il avait besoin pour scruter chacun des protagonistes en présence. Il jeta à peine un œil à Nathanael dont le sang gouttait au sol, le visage boursoufflé et tuméfié, prostré et hagard. Un tic de nervosité agita néanmoins son visage quand il passa à côté de l’espion. Ils le cherchaient depuis si longtemps. Il lut une dernière fois le parchemin détrempé puis le fourra dans une poche et fit un signe au groupe pour qu’ils le suivent. Les deux hommes de garde ouvrirent les deux larges battants de bois, gueule béante prête à les dévorer…

Le pas des chevaux ferrés résonnait durement sur le sol. L’homme qui les avait fait entrer se tenait devant eux, n’ayant toujours prononcé aucune parole. Cet étrange silence les étouffait et nul ne savait s’il était de bon augure ou pas. Il les mena jusque devant les bâtiments militaires qui se trouvaient deux rues plus au sud. Les hauts murs ruisselant projetaient leur ombre funeste sur les hommes de Learamn. La pluie avait éteint les torches à proximité des bâtiments et tout Pelargir semblait plongée dans les ténèbres. Ils s’arrêtèrent au geste de leur guide. Sans plus d’explications il les planta sur place et rentra dans le premier bâtiment. Nulle fenêtre, nulle ouverture ornementale, tout au plus de profondes meurtrières comme des yeux étrécis d’où pouvaient surgir des flèches à tout instant. Le temps sembla se faire aussi lourd que leur cape sur leurs épaules.

La porte s’ouvrir et une voix lugubre perça la nuit :

- … vous avez raison, on ne sait jamais …

Puis leur guide reparut, insensible au déluge qui s’abattait sur lui. Trempé, grelotant et abattu par les coups que Learamn lui avait donnés, Nathanael se demanda un moment si les marins étaient tous aussi insensibles à la pluie. Il maudit leur guide de prendre autant de temps et eut presque envie de se retrouver dans les geôles de la cité, loin du ciel et de son crachin.

- Le lieutenant veut vous voir.

L’homme fit une moue envers Learamn. Plus loin, une ombre dans la nuit se faufila le long des murs et quitta l’enceinte du quartier militaire. La porte, toujours ouverte, était une promesse de chaleur. Learamn du descendre de cheval pour se soumettre à cet étrange accueil. A l’intérieur l’ameublement répondait à la stricte rigueur militaire, une table, deux chaises en bois brut, une lampe à huile crachant des flammes noires. Un petit escalier tortueux donnait sur les étages. Ce devait être un hall d’entrée transformé pour l’occasion en salle d’accueil pour une réception assez spéciale. Le lieutenant se tenait derrière la table, inexpressif. Il toisa Learamn de haut en bas.

- Un homme de main d’Hogorwen n’est-ce pas ?

Même s’il avait voulu le cacher, Learamn n’aurait jamais pu dissimuler son ascendance rohirrime. Tout en lui rappelait les plaines du Riddermarck et la fierté du peuple des chevaux. Le lieutenant n’attendit pas la réponse. Il détenait le parchemin détrempé où le sceau de l’Usurpateur était inscrit.

- Nous avons besoin de bras ici. Tous pensent que nous nous terrons comme des rats, mais ils auront bientôt la surprise de nous voir renaître de nos cendres. Le capitaine sera heureux de voir votre prise. Cela fait un moment que nous le traquions ! Je l’ai fais mandé. Il ne devrait plus tarder.

Learamn expliqua succinctement comment ils avaient fait prisonnier Nathanael. Il détenait d’importantes informations à transmettre à leur plus haut responsable. Le maire de la ville, disait-on.

- Le maire est bien occupé ce soir. Mais il se pourrait qu’il puisse vous recevoir si vos informations sont aussi importantes que vous le prétendez. La moitié de vos hommes resteront ici, pour garder le prisonnier… le temps de le mettre en geôle.

Le lieutenant avait marqué une pause imprévue dans sa phrase. Certes ils parvenaient à leur fin, une partie des troupes demeureraient dans le quartier militaire. Mais cette division ne semblait plus tellement relever de leur choix.  Le lieutenant transpirait la méfiance. Il y avait bien assez de gardes et de soldats pour surveiller Nathanael dans l’enceinte du Quartier Militaire. L’espion se fit la réflexion bien qu’il ne pût rien faire de plus pour l’instant.

- Je vous accompagnerai personnellement jusqu’à l’Hôtel de Ville.

Le lieutenant et Learamn sortirent de la petite salle, sans enthousiasme. Le ciel déchargeait toujours autant de myriades de gouttelettes de cristal, froides et dures, qui piquaient le visage. Learamn resta sur place avec son groupe tandis que Felron prenait les devant pour mener les autres jusqu’à l’Hôtel de Ville. La tête basse, Nathanael soupira en voyant partir ses compagnons de voyage. Combien d’entre eux reverrait-il avant l’aurore ?
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Du sang sur les quais EmptyMar 3 Mar 2015 - 20:01
Du sang sur les quais Elfe111

Lanwë était arrivé à Pelargir depuis quelques jours. Non qu'il aie vraiment choisi de venir s'isoler dans cette cité sale et boueuse, il suivait simplement les ordres. Flanqué de deux soldats de l'Ordre, il avait franchi les portes sur le dos de son cheval blanc impeccablement brossé. Se tenant fièrement sur sa selle, souriant aux badauds, il avait fait forte impression. Les gardes de l'entrée ne l'avait pas questionné et n'avait pu s'empêcher de baisser la tête par déférence.
L'elfe aimait les regards que lui portaient les passants et n'aimait pas passer inaperçu... Ce qui semblait d'ailleurs déranger ses deux acolytes. Il n'en avait cure, et n'avait accepté cette escorte qu'en sachant qu'elle lui servirait de faire-valoir.

Il avait espéré, lors de son affectation, pouvoir user de ses talents d'homme de verbe. Il préférait nettement faire usage de son éloquence et de son charme plutôt que de sa lame. Malheureusement la mission était claire: épauler les membres de l'Ordre déjà présents sur place et surtout servir de garde du corps au capitaine des forces de navales de Pelargir. Soit... Il ferait ce que l'on demandait de lui. Non parce qu'il en avait réellement envie, mais parce qu'il n'avait rien de mieux à faire.

Il s'était donc présenté au Maire, avec son ordre de mission. Ce dernier avait rapidement convoqué le capitaine qui avait mis de longues minutes à se présenter à l'Hotel de Ville... A son arrivée, il était accompagné de quelques hommes. Il trouva Lanwë, assis sur une chaise, jambes croisées, une coupe de vin à la main. La pie conversait aimablement avec le maire et ne daigna pas tourner le regard vers le nouveau venu avant qu'il n'ait fait une révérence au dirigeant.
L'elfe se leva alors doucement et examina l'homme d'armes de haut en bas.

"Ainsi donc, c'est vous que je dois protéger..."

Il s'approcha du capitaine, lui tandis l'ordre de mission et le dépassa pour examiner sa garde personnelle. Pendant que l'homme inspectait le document, Lanwë passa entre ses hommes, un petit sourire aux lèvres.

"Oui... Je crois que je pourrais vous être utile."

L'un des hommes, un rustre aux muscles saillants, posa précipitamment une main sur son épaule.

"Qu'est-ce que vous voulez dire par là?"

Lanwë regarda d'abord la solide main maintenant le haut de son bras d'un air surpris, puis remonta son regard vers celui du soldat. Toujours souriant, il répondit d'un ton mielleux:

"Que, sans moi, votre capitaine ne ferait pas long feu. Maintenant, cher monsieur, veuillez retirer votre main si vous y tenez réellement."

L'homme sembla soudainement rougir, tandis que les muscles de sa mâchoire se crispaient. Il conserva la main sur l'épaule de la pie et leva son autre poing, menaçant.

"Pour qui tu t'prends?..."

Sa phrase resta en suspend.
Lanwë, d'un geste rapide, se dégagea de la poigne du soldat, volta sur lui-même pour se retrouver dans le dos du rustaud qui poussa une sorte de couinement: il se tenait la main qui, quelques secondes plus tôt, était sur l'épaule de l'elfe. Du sang perlait entre ses doigts.
Lanwë remis sa rapière au fourreau d'un geste lent et calculé.

"Bien... Nous avons besoin de vous tous, aussi ai-je pris soin de ne vous faire qu'une estafilade. Que ceci vous serve de leçon. Il redirigea ensuite son regard vers le capitaine des forces navales. Capitaine, je vous suis."

Le soldat grogna et n'avait certainement pas retenu la moindre leçon. C'est son capitaine qui lui intima de se calmer avant d'ordonner à ses hommes de le suivre.
Lanwë et les deux autres agents de l'Ordre lui emboîtèrent le pas, ils seraient désormais ses gardes du corps.
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Du sang sur les quais EmptyJeu 5 Mar 2015 - 20:29
Du sang sur les quais Fanart12

La demeure du maire était un magnifique chef d’œuvre architectural, tout y avait été pensé, travaillé, affiné. C’était toujours un régal de le contempler et de constater le nombre de jours passaient à travailler sur ce manoir.

Lorsque le carrosse arriva, les servants vinrent tenir la portière et décharger ce que le véhicule transportait. Ils savaient que le noble qui s’y trouvait n’aimer pas être aidé pour descendre et encore moins l’inconnue qui l’accompagnait.

L’homme avait le visage découvert : c’était un des conseillers du Maire, la femme quant à elle demeurait cachée dans son épaisse cape. Parfois, il lui arrivera de porter un joli loup d’argent qui laissait ressortir son beau regard, mais pas ce soir.

L’intérieur du manoir était magnifique et riche en décoration. Dans le hall d’entrée on pouvait voir une grande porte au rez de chaussée amenant à la salle de réception. Au milieu du hall un grand escalier qui conduisait au premier étage. Cet étage était destiné aux employés de la mairie, il y avait également les archives de Pélargir et le bureau officiel du Maire. Sur les côtés, deux escaliers menaient au second étage.

L’étage suivant était quant à lui un vrai labyrinthe, l’accès y était restreint par des gardes. L’on trouvait d’un côté les chambres des domestiques, une cuisine reliée à celle du rez de chaussée (sa seigneurie aimait avoir son repas rapidement), et de l’autre une grande bibliothèque, le salon accueillant les « préférées » du Mairie (c’était le surnom qui était donné à ses maîtresses) et enfin, les appartements du Mairie qui renfermaient aussi la salle des trésors.

Avant d’atteindre le Maire, il fallait arriver au second étage et traversé de longs et larges couloirs. Il fallait passer devant la bibliothèque, puis devant les archives, puis devant le salon des « préférées » (où l’on entendait toujours des rires et de la musique) pour enfin arriver devant une grande porte en chêne massif.  

L’hôtel de ville était un vrai labyrinthe et cachait de nombreux secrets.

Lia laissa le conseiller rejoindre le Maire, avant que ce dernier ne parte, elle prit soin de sortir de son coffre deux fioles rouge qu’elle lui donna. Il s’agissait d’un remède médicinal dont le Maire raffolait tant il lui faisait du bien.

Lorsque Lia lui fut présenté, le Maire resta dubitatif et hésitant. Mais le Maire l’accepta dans ses rangs, outre ses talents de guerrières et ses dons, elle était aussi jolie à regarder (les hommes sont ce qu’ils sont).

Les autres fioles furent emmenées par les servants : ils savaient parfaitement où les mettre.

La Dame retira sa capuche de son visage, elle se dirigea vers une fenêtre du château et contempla la ville. Elle était calme, trop calme. Son pressentiment grandissait, elle était sûre que quelque chose allait se produire.

Au bout de quelques instants d’attente, Lia le vit : celui qu’elle appelait rival, Hanzel, fier guerrier de l’OCF et loyal serviteur du Maire.

L’homme était vêtu de son armure habituelle, il possédait une belle épée et était très habile dans ce domaine. Bel homme, il avait eu le choix de ses prétendantes, sa docile épouse était dans leur demeure endormie.

Ils ne se saluaient jamais car ils ne se respectaient pas. Pourtant, ils œuvraient pour la même cause : protéger le maire.
Du sang sur les quais Blackk10

Le chevalier arriva à hauteur de sa rivale.

Il était vrai qu’ils ne se supportaient pas vraiment et pourtant, cette diablesse était désirable. Depuis son arrivée, le doute planait quant à sa possible relation avec Hogorwen, certains disaient qu’elle n’était que sa protégée, d’autres racontaient comment le redoutable membre de l’OCF avait réussi à la mettre dans sa couche [ami de la poésie bonsoir].

Ces rumeurs avaient tendance à faire sourire la garce concernée, jamais elle n’avait laissé la moindre suspicion les concernant : cela était trop amusant pour elle.

En revanche, il ne valait mieux pas l’insulter elle ou son protecteur. Hanzel en avait fait les frais : un jour, ce dernier clama haut et fort que jamais il ne serait aux ordres de la « putain d’Hogorwen ».

La garce l’avait alors provoqué en duel, sous les yeux du Maire amusée de ce comportement. Cela se solda par une cuisse légèrement touchée pour Lia et par une jolie cicatrice dans le cou doublée d’un empoisonnement pour Hanzel. Fort heureusement pour lui, Lia se montra clémente et lui donna immédiatement l’antidote. C’était en quelque sorte un avertissement.

Oui, sa rivale était désirable tant elle était mystérieuse et redoutable. Il ne connaissait rien d’elle, certes, mais savait à présent pourquoi Hogorwen l’avait caché tout ce temps:


« Tu n’es pas parti avec tes amies » dit-il d’un sourire taquin

« Je pense plutôt qu’elles attendent après leur guerrier fornicateur »rétorqua-t-elle.

Ainsi était leur relation, toujours à essayer de se rabaisser l’un et l’autre. Le chevalier croisa les bras et s’appuya contre le mur du couloir. Il contempla sa rivale et reprit :


« Le conseil vient de commencer si je ne m’abuse, si tu souhaites te divertir…je suis ton homme. »


Hanzel était aussi un coureur de jupon qui aimait jouer de son titre, il savait que son charme n’opérait pas sur sa rivale, elle lui résistait et cela était devenu un jeu pour lui:
« Mon cher Hanzel, je me délecte de voir ta cicatrice dans le cou. Le simple fait de l’entrevoir me rappelle notre seul combat et le plaisir que j’ai eu à te faire tomber devant ton maître.»


Un souri mesquin se dessina sur le visage de sa rivale. Le chevalier fut d’autant plus amusé par cette réponse :
« La belle Lia est toujours trop sûre d’elle.»

Et c’est instant qu’ils restèrent ensemble à discuter plus sérieusement de leur mission. Ils étaient loin de se douter que ce soir, la nuit sera sanglante…
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Nathanael
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Du sang sur les quais EmptyLun 6 Avr 2015 - 20:28
Le lieutenant avançait d’un pas précipité. Il menait la marche au devant de Ferlon et du groupe de nouveaux venus. Le maire n’aimait guère être dérangé dans la soirée et ce même si la raison en était justifiée. Il aimait bien plus disserter devant ses conseillers admiratifs et ses putins béates. Il savait aussi bien manier le verbe que sa ver… Le lieutenant fit un effort pour ne pas laisser son esprit s’égarer. La rigueur militaire lui imposait le célibat et de longues nuits solitaires où l’écho de souvenirs langoureux le hantait jusqu’au petit jour. Les manœuvres en mer n’arrangeait rien et il n’était jamais étonné de la piètre image que renvoyaient les marins ; même les membres de l’Amirauté pouvait laisser quelques fois traîner leurs mains, ce n’était pas l’apanage des pirates et des poissonniers.

Il n’eut pas longtemps à se torturer l’esprit. L’Hôtel de Ville n’était pas si loin. Après avoir franchi deux ruelles sombres et étroites, ils parvinrent à la magnifique allée qui menait de façon parfaitement rectiligne jusqu’au pied du plus imposant bâtiment de la ville. De hautes fontaines et de petits carrés fleuris encadraient une large voie pavée de marbre où la pluie rebondissait dans un cliquetis régulier. L’averse ne s’était pas calmée et il semblait que le déluge devait s’abattre sur eux jusqu’à ce que la colère du ciel s’apaise. Ils parvinrent détrempés devant les hauts murs de l’Hôtel de Ville. Les gardes en faction s’étaient protégés à l’intérieur et ils les regardaient d’un œil méfiant derrière les larges vitres de la bâtisse, prêts à intervenir. Le lieutenant leur fit un signe et les hommes restèrent à leur poste, vigilants.

- Vous voici devant les portes de l’Hôtel de Ville. Le maire doit certainement se trouver dans les étages à cette heure-ci. Je laisserai Vagrant vous y mener. J’ai d’autres affaires plus urgentes qui m’attendent dans mes quartiers. Je vous souhaite bien le bonsoir!

Le lieutenant était soudainement aussi cordial que ledit Vagrant était méfiant. Il n’avait toujours pas ouvert la bouche depuis qu’ils l’avaient croisé sur le pont et il ne semblait pas vouloir changer ses petites habitudes. Sans un mot il franchit les portes, laissa passer Ferlon et ses hommes, et prit soin de refermer lui-même les battants. Ils avancèrent dans un vaste hall où des luminaires composés de bougies et de petites lampes à huile éclairaient la salle comme en plein jour. Manifestement, même en dehors des visites officielles, un certain faste régnait ici. Vagrant mena tout le monde jusqu’au premier étage dans une large antichambre aux boiseries somptueuses et aux fauteuils rebondis dont les bras semblaient être tendus pour accueillir le groupe de compagnons fatigués. Vagrant coupa court à toutes tentations.

- Le maire va vous recevoir, mais vous restez-là. Ici c’est pour les officiels, faut pas salir !

Soit Vagrant disposait de talents d’acteur exceptionnels, soit l’Ordre avait revu à la baisse ses exigences en matière de recrutement. Vagrant avait tout d’un rustre bougon et revêche, le regard vide, aussi courtois qu’une porte de prison. Il tapa quatre fois sur une lourde porte en bois massif. Quelques secondes passèrent. Rien. Il recommença une seconde fois. Un léger grincement signala qu’on tournait une poignée et la porte s’ouvrit légèrement sur un visage rond, les yeux anormalement pétillants et légèrement étonnés.

- Oui ?

La porte s’ouvrit un peu plus et l’homme regarda sans comprendre le groupe d’hommes hétéroclites qui se trouvaient dégoulinant sur le parquet impeccable de l’antichambre. Vagrant fut aussi concis qu’on pouvait s’y attendre.

- Ils ont des informations importantes pour le maire. Ils sont de la maison.
- Laissez-moi un moment je vous prie.


La porte se referma et le silence reprit ses droits. Tout se passait comme si Vagrant et l’homme au visage rond ne se connaissait pas, ne s’était même jamais rencontré. Les principes de la Couronne reprenaient leurs droits, tout n’était que jeu et simulation, même dans l’intimité de leur dernier bastion. Il se passa finalement peu de temps avant que le visage rondouillard ne reparaisse.

- Le maire veut bien vous recevoir. Mais uniquement le responsable de votre groupe, plus encore s’il a pu avoir autorité ou de quelconques responsabilités avant la … Il se râcla la gorge … débâcle. Les autres pourront bien aller se restaurer comme bon leur semblera, il suffit de sonner en cuisine.

Ferlon était tout désigné pour se rendre dans le bureau du maire, mais le plan ne se déroulait pas tout à fait comme ils le prévoyaient. Il était impossible de savoir combien de personnes se trouvaient dans le bureau. Tous les conseillers étaient-ils là, et les deux nobles dont on leur avait parlé ?  Y avait-il d’autres gardes à l’étage, de bons bretteurs prêts à défendre le maire ? Et combien d’autres encore pouvaient se trouver au rez-de-chaussée ou au second étage ? Une chose était sûre néanmoins, une fois Ferlon dans le bureau, il serait très aisé pour les six compagnons restant de se débarrasser de Vagrant. Discrétion ou grand vacarme … cela dépendrait du choix de chacun.

*************************************

Le capitaine finit par arriver jusqu’aux quartiers militaires, flanqué de deux soldats manifestement peu satisfaits de sortir sous la pluie battante et d’un homme élancé dont les enjambées dépassaient de loin celle du commun des mortels. Un elfe. Sous les ordres de Learamn, Maraloch, Altirchonaveunsteg ainsi que Lindal et les deux agents de la Rose Noire encadraient Nathanael comme s’il s’agissait d’un dangereux criminel. Les deux Arnoriens le tenaient par de courtes chaînes reliées à de lourdes menottes en fer forgé. Nathanael avait la tête basse et ne quittait pas le sol du regard. Nul besoin de simuler, le capitaine rohirrim n’y était pas allé de main morte et son nez ainsi que tout le côté gauche de son visage le faisaient souffrir.  Le capitaine de la marine regarda l’espion gondorien avec un air satisfait.

- Une belle prise ! Il salua Learamn d’un signe de la tête sans prêter attention aux autres. Toi ! Il se tourna vers le plus jeune des deux gardes qui l’accompagnaient. Mène donc notre hôte dans sa suite ! Celui-là ne reverra pas le jour de si tôt. Deux de vos hommes devraient suffire à la tâche. Les autres, suivez-nous jusque dans la salle commune, vous devez être mis au courant de certains points ici.

Les deux agents de la Rose Noire tirèrent sans ménagement sur les chaînes de Nathanael pour le force à avancer : ils prenaient leur rôle très à cœur, un peu trop au goût de l’espion. Il les suivit en poussant un soupir à fendre l’âme, craignant ce qui allait advenir. Il était au moins soulagé de ne pas avoir été fouillé, dissimulant ainsi son stylet le long de sa cuisse. La chance leur souriait peut-être.

Les quatre protagonistes traversèrent la large cour qui s’étendait comme une ombre noire devant les quartiers militaires. Ils longèrent une aile du bâtiment, tournèrent et disparurent à la vue des autres. Ils suivirent encore un long couloir avant de parvenir à une étroite ouverture où une obscurité froide plongeait dans les profondeurs de la cité portuaire. Un garde somnolent attendait devant la grille. Il sursauta et se fit rappeler à l’ordre par le jeune soldat qui les accompagnait. Une volée de marches poisseuses et glissantes menait dans les entrailles de pierre de l’île d’où aucun bruit ne s’échappait. Des torches éloignées les unes des autres éclairaient mal un labyrinthe de petites galeries où perçaient ici et là des grilles serrées qui donnaient sur des cellules lugubres. Il n’y avait aucun autre garde dans les couloirs, hormis un grand gaillard qui se tenait à l’angle d’une cellule dont les barreaux semblaient plus nombreux et plus larges.

- Ferrez-le aux anneaux au fond. Qu’on soit sûr qu’il ne s’échappe pas de là !

Les deux agents de la Rose Noire dépassèrent le jeune soldat et le cerbère aux épaules larges comme un buffle pour mener Nathanael dans la cellule. L’espion effectua une légère traction sur ses chaînes, signe convenu auparavant pour se mettre à l’œuvre. C’était maintenant ou jamais, ils étaient loin de tout et de tous, et supérieurs en nombre aux deux marins qui les observaient. Les deux agents firent mine d’attacher Nathanael aux lourds anneaux enchâssés dans le mur. Mais au moment de sortir du cachot, l’un d’entre eux planta sans prévenir sa dague dans le flanc gauche du jeune soldat. Le grand garde-chiourme ne se laissa pas avoir aussi facilement, et, quoi qu’affaibli, Nathanael dut leur prêter main forte pour le maîtriser. Le pauvre gaillard fut assommé, tiré par les pieds, bâillonné et attaché aux anneaux qui étaient destinés à Nathanael. Ils sortirent aussi rapidement que possible en espérant que le garde à l’entrée des geôles n’avait rien entendu. Mais il fallait croire que l’oreille des marins était plus fine que ce qu’ils imaginaient.

Le garde leur barrait la porte, l’air déterminé, tenant entre ses mains une lance au bout de laquelle saillait une pique qui aurait aisément traversé un sanglier de part en part. Nathanael resta en retrait en laissant les agents de la Rose Noire faire démonstration de leurs talents. Les épées furent tirées et l’un des agents fut gratifié d’une large balafre sur la poitrine avant de percer son ennemi de son arme. Le cri de l’officier mourut dans sa gorge où un gargouillis de sang l’étouffait déjà. Trois en moins… mais dans une fourmilière, il n’est pas de bon ton de s’en prendre à quelques fourmis quand les tunnels d’à côté grouillent de leurs sœurs en colère …
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Evart Praven
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Du sang sur les quais EmptyMar 7 Avr 2015 - 1:20
Felron Vortimar de Caherdor

Du sang sur les quais Sans_t13

Face à son plan, plusieurs critiques apparurent. Elles étaient effectivement fondées, on manquait de temps. En outre, on avait aucune assurance que le Conseil ou l’Amiral ne les soutiendraient, encore moins que les troupes leur obéiraient. Bref c’était dangereux et Felron concéda que son coût élégant et dans les règles de l’art était peu réalisable. Il vaudrait mieux faire ça dans la nuit, discrètement. Cependant le plan de l’espion gondorien était assez effrayant. En fait, il avait pleinement conscience de ce que cela impliquait pour Nathanael. Pour être crédible, il devait être rossé avec grande violence. Une fois qu’il eut fini de présenter son plan, le Baron s’approcha de lui et d’une voix presque compatissante lui dit :

- J’y souscris pleinement mais avez vous bien conscience de ce que cela implique pour vous ?

D’un air grave, l’espion hocha la tête. Plaçant sa lourde main sur l’épaule de l’homme du Sud, le vieillard lui dit d’une voix grave :

- Votre courage et votre abnégation vous honorent. Soyez certain que tous ici nous ferons, nous aussi, notre devoir.

C’est alors que Nathanael et le capitaine rohirrim partirent à l’étage. Ce serait certainement une torture pour les deux. Cette situation créa une sorte de malaise parmi les compagnons restés dans l’auberge. Dans l’espoir de la dissiper quelque peu et de remonter tout le monde, il commanda une tournée pour chacun d’entre eux. Heureusement le malaise ne dura pas longtemps et bientôt on vit Léaraman apparaître. Deux chevaliers se levèrent pour aller chercher l’espion et le faire sortir par derrière. Pendant ce temps, Felron et les autres personnes restées en bas sortirent par la porte principale et se préparèrent à prendre la route vers leur mission.

Lorsqu’ils sortirent de l’auberge où ils étaient, Felron éprouva tout à coup une sensation de vide et de découragement. Cette maudite pluie associée à cette mission suicidaire le déprimait plus que tout, il n’avait plus vraiment l’âge pour faire l’acrobate même s’il n’aimait rien de plus au monde. A dire vrai il ne craignait pas vraiment la mort, il avait eu une vie bien remplie mais il s’étonnait de la présence de presque enfants comme Eirik. Que venaient-ils faire dans une affaire aussi compliquée et dangereuse ? C’était une mission étrange pour des hommes sans expérience. Malgré son âge, Felron montait encore fort bien même si une ville n’était pas le meilleur endroit pour s’exercer. Tandis que Learamn prenait la tête de ce cortège, le vieux noble se situait juste derrière lui précédant de peu Nathanael. Ne voulant pas trop attirer l’attention sur lui, le groupe s’était resserré sur son prisonnier pour le dissimuler aux yeux indiscrets.

Alors qu’ils arrivèrent jusqu’au pont, le vieux baron éprouva tout à coup une grande compassion pour l’espion gondorien. Lui-même ne connaissait que trop bien le sort réservé aux prisonniers, c’était tout simplement barbare et la Couronne de Fer n’était pas vraiment réputée pour sa gentillesse. Perdu dans ses noires pensées, il remarqua à peine le capitaine rohirrim lorsqu’il alpagua un garde. Fort heureusement la discussion lui ramena ses esprits et il s’écarta pour présenter le prisonnier aux gardes de Pelargir. Dans ce delta aux eaux tumultueuses, face à ces hauts murs, avec cet orage qui les couvrait d’une épaisse pluie, tout paraissait bien dramatique. Une sorte d’intensité magnétique qui ne présageait rien de bon. C’était tout bonnement irréel.

Il ne leur fallut pas longtemps pour rejoindre les quartiers militaires. Tandis que le capitaine Learamn entrait à l’intérieur pour s’expliquer avec un lieutenant de la garde, Felron se glissa sous le porche pour s’abriter de la pluie battante. D’un geste de main, il signifia aux autres membres du groupe de déposer l’espion contre le mur à l’abri de la pluie. Il était tellement plus aisé de surveiller quelqu’un qui perdait des échappatoires. Il ne fallut pas plus de cinq minutes pour que Learamn revienne et leur expliqua qu’ils se séparaient pour emmener Nathanael en prison et expliquer leur présence à la dernière autorité de l’Ordre : le maire. Tout à coup, Felron eut une prise de conscience : toute la ville semblait être aux mains de la Couronne de Fer et pas seulement les instances dirigeantes comme il le pensait à l’origine mais également une large partie de la garde… Cela signifiait deux choses : premièrement son plan aurait certainement raté et dégénéré dans une guerre civile sanglante et secondement même s’il tuait les têtes pensantes de l’Ordre à Pelargir, leurs troupes vivraient toujours. S’ils survivaient à cette nuit de sang, il leur faudrait un plan pour leur faire la chasse. On leur proposa alors de partir vers l'hôtel de ville s’expliquait auprès du maire. Attrapant le bras du rohirrim, Felron lui claqua l’épaule :


- A bientôt. Occupez bien de lui. Dit-il d’un ton bourru tout en désignant Nathanael qui occupait le vestibule espérant chasser le mauvais sort. Se retournant vers le lieutenant, Permettez-moi de me présenter, je suis le Baron Amaund Rochemort d’Edler à votre humble service.

- Lieutenant Osennor et c’est moi, Messire, qui suis votre serviteur.

- Dans ce cas, montrez nous le chemin. rétorqua le vieil homme avec une pointe d’humour.

Suivant d’un pas tranquille le lieutenant qui semblait pressé, Felron eut tout le temps de penser à la couverture qu’il s’était réalisé. Les Rochemort étaient une petite famille d’excellente noblesse -quoique pauvre- qui avaient pris ce nom par dérision de leur petit fief situé au Nord de l’Arnor là où il faisait froid et presque rien ne poussait. Depuis longtemps de petits bannerets servaient à garder la frontière Nord. La seigneurie d’Edler était à peine plus au Sud, c’était un simple hameau où le Baron de Nutenhorn avait autrefois tenu garnison : guère plus de douze masures et une petite motte fortifiée mais surtout une charmante paysanne du nom d’Eyjala. Lorsqu’ils furent enfin arrivé à l’entrée du bâtiment, le lieutenant voulut se retirer mais le vieillard lui agrippa le bras d’un geste amical et lui dit de son ton le plus chaleureux :


- Mon bon Osennor, je suis tout à fait honoré d’avoir fait votre connaissance. Soyez certain de toute l’estime que je vous porte.

Alors que le lieutenant fuyait à toutes jambes pour se réfugier dans sa douillette garnison -il ne connaissait décidément pas le froid du Nord-, le chevalier s’approcha de Vagrant et le prit à l’épaule. Encore une fois il se montrait chaleureux et complaisant :

- Alors Vagrant, on doit se coltiner les “invités” à des heures improbables ? Ne vous inquiétez pas. Vous m’avez tout l’air d’être quelqu’un d’intelligent et capable, ça veut dire que vous serez bientôt lieutenant voir capitaine. Un talent comme le vôtre ne mérite pas de se gâter à servir la nuit dans des rues pluvieuses.

Esquissant un sourire quelque peu gêné, le jeune homme les menait à travers les couloirs de l’hôtel de ville. Felron s’étonnait toujours de sa capacité à traiter les gens avec gentilesse presque comme des amis alors que quelques minutes plus tard il pouvait les tuer sans autre forme de remords. C’était une forme de chevalerie, de courtoisie qui amenait les gens de bien à traiter avec égards les gens qu’on s’apprêtait à desservir.

Enfin ils arrivèrent dans une sorte de salon. Celui-ci était richement orné quoique d’un goût tout à fait bourgeois. Les boiseries étaient trop riches et surchargées, les coussins trop mous et les tissus trop précieux. Même s’il appréciait les largesses, cette débauche de couleur et de précieux était parfaitement de bien mauvais goûts. Décidément ces parvenus n’avaient pas encore atteint la condition d’un véritable noble. De manière amusante, le soldat voulut interdire au groupe le siège en attendant qu’on les invita à aller plus loin. C’était proprement inadmissible et tout à fait contraire aux règles d’étiquette, d’une voix forte et ne souffrant d’aucune concession, le vieil aristocrate tonna :


- Je suis le Baron d’Edler et j’étais déjà chevalier avant que ta ribaude de mère ne soit mise au monde. Il ferait beau voir qu’un blanc-bec comme toi m’interdise de m’asseoir.

Avec une certaine morgue, l’homme se débarrassa de sa cape extérieure, toute mouillée, pour la placer sur l’accoudoir d’un des sièges et, lui-même, s’y cala confortablement. Ils étaient décidément trop mous. A quoi bon ne pas salir des fauteuils aussi ridicules ? Malgré le manque de coopération évident du chevalier, Vagrant estima certainement qu’il était inutile de perdre son temps et il frappa à la porte. Un étrange petit homme, rondouillard, apparut. Décidément, c’était bien un repaire de bourgeois que Pelargir. On s’étonnait que l’Ordre de la Couronne de Fer ait perdu lorsqu’on voyait ses survivants : des hommes petits, obèses et non de fiers chevaliers. Attendant quelques minutes le retour du petit bonhomme, Felron se désola de l’absence de vin, quel manque de bon goût…

Lorsqu’il revint, le bourgeois demanda seulement au chef du groupe de les rejoindre. C’était une concession regrettable, Felron aurait bien voulu que voir des hommes d’armes l’accompagner. Malheureusement il fallait bien se plier à ses règles et il espérait que ses compagnons auraient la présence d’esprit de le retrouver pour l’aider à tuer le maire et ses conseillers. Lui-même ne doutait qu’il pourrait les occuper suffisamment longtemps voir même les tuer de ses propres mains -mais ce serait difficile s’ils étaient nombreux-. Se levant, il s’approcha de Felian et lui claqua l’épaule :


- Prenez cinq minutes de repos et faites préparer un repas mais il faut tirer cette histoire au clair.

Ainsi il espérait donner une consigne suffisamment claire pour lui laisser le temps de se trouver devant le maire. Tirant la bourse qui pendait à sa ceinture, le baron prit une monnaie d’argent et la plaça dans la main de Vagrant avant de la prendre dans ses mains :

- Mon cher Vagrant, je vous prie de m’excuser des mots un peu durs que j’ai eu à votre encontre. Je vous remercie de nous avoir amener ici, prenez soin de mes compagnons.

S’approchant de son nouvel interlocuteur, il s’inclina légèrement devant lui -ce n’était qu’un bourgeois- et se présenta. Alors qu’on l’invitait à entrer, il rétorqua avec une pointe d’humour qu’il n’était pas l’hôte de ses lieux et qu’il pourrait difficilement trouver son chemin dans ce dédale de couloirs. Suivant le petit homme aux yeux intelligents, il déposait petit à petit des piecettes de cuivre pour aider ses compagnons à le retrouver : une fois sur un fauteuil, l’autre fois sur une commode...  

HRP :
-  Le dépôt des piécettes n’est effectif que si nous avons effectivement quelques couloirs avant d’accéder au maire ou une quelconque autre personne (je ne me vois pas déposer une piécette sur le bureau du maire Very Happy
- Je vous prie de m'excuser pour la confusion que j'ai installé avec Felron ou Ferlon. Il s'agit bien de Felron et non du Fer-Long, je suis vraiment désolé.
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Learamn
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Du sang sur les quais EmptyJeu 9 Avr 2015 - 12:31
La pluie ne cessait de tomber depuis le sombre ciel de la cité portuaire. Attendant qu’on leur ouvre la porte , Learamn et ses hommes étaient détrempés . Le rohirrim considérablement agacé par cette pluie désirait rentrer à l’intérieur du bâtiment le plus rapidement possible , rien que la perspective de se trouver sous un toit qui les protégeraient le ravissait . Toutefois l’officier qui venait d’arriver pour inspecter le groupe de nouveaux venus ne semblait pas presser outre mesure , il prit tout son temps pour scruter chaque arrivant. Learamn soutint son regard affichant une mine neutre et posée , le capitaine avait gagné en maturité ces dernières années , il n’était plus le jeune cavalier inexpérimenté d’Edoras.
Ils restèrent ainsi donc sous la pluie battante pendant plusieurs longues minutes qui semblaient durer des heures. Une fois l’inspection finie les gardes ouvrirent les battants de la porte laissant entrer les infiltrés. Le capitaine réprima un soupir de soulagement , ils avaient réussi leur première étape du plan mais il fallait à présent redoubler de vigilance ; le plus dur restait à venir. Mais alors le garde leur fit signe de s’arrêter et entra dans le premier bâtiment après un petit moment d’attente il en ressortit annonçant au meneur du groupe que le lieutenant désirait le voir. Le rohirrim se dirigea donc vers l’endroit indiqué , une sorte d’austère maison respectant la norme militaire. Le lieutenant assis derrière la table le héla


- Un homme de main d’Hogorwen n’est-ce pas ?

Learamn répondit par l’affirmative bien qu’il ressentait dans l’expression “homme de main” quelque
chose de péjoratif. Pourquoi n’avait -il pas dit “soldat”? ou même “homme”? Malgré ce ressenti le capitaine rohirrim jugea préférable de ne pas froisser l’officier et répondit par un calme “Oui”
Puis le lieutenant le félicita pour la capture de Nathanaël qui semblait être recherché depuis un moment avant d’affirmer que l’Ordre ne tarderait pas à renaître de ses cendres. Cette phrase resta un isntant en suspens dans l’air ; coupez leur une tentacule il en repoussera deux . En coupant la tête de l’Ordre en Rhûn les Peuple libres étaient persuadés d’avoir irrémédiablement ébranlé la sombre organisation ; d’ailleurs la reprise de Fondcombe des mains de Lammâth avait suivi peu de temps après. Etait-il réellement possible que l’Ordre de la Couronne de Fer revienne sur le devant de la scène? En avait il les moyens ? Cachait-il d’autres ressources inconnues? Ou était ce simplement du fanatisme aveugle? Malgré la chute de l’Orchâl de nombreux mystères persistaient et il fallait éclaircir ces zones d’ombres .

Le lieutenant repris affirmant que même si le maire était occupé il se pourrait qu’il accepte de rencontrer des membres du groupe , groupe qui serait divisé par deux . Alors certes c’était ce que le plan avait prévu mais il était bien étrange de voir l’officier leur demander de se séparer , ça aurait dû être à Learamn de le proposer. La situation était étrange et Learamn se jura d’être encore plus prudent et alerte , si un détail du plan ne fonctionnait pas comme prévu toute la mission était compromise et il le savait. L’officier se proposa d’accompagner Ferlon à l’Hôtel de Ville , Learamn resterait donc dans le quartier militaire . Bien , une lame experte ne serait pas de trop. Après avoir informé ces compagnons de cette séparation il observa un moment Ferlon et ses hommes s’éloignait en compagnie du lieutenant sous la pluie battante . Le capitaine rohirrim se retourna , restait avec lui le vaillant Maraloch , Altirchonaveunsteg , Lindal et les deux agents de la Rose Noire. Ils encadraient le pauvre Nethanael bien mal en point et qui devait souffrir le martyr de ses blessures , discrètement Learamn lui adressa une tape pour l’épaule comme pour le soutenir dans sa peine. Mais trève d’états d’âmes , le capitaine , flanqué de deux gardes robustes , arrivaient d’un pas rapide. Il salua Learamn et le félicita pour sa prise ,e n guise de réponse le rohirrim lui adressa un reconnaissant signe de tête. Puis il ordonna à un de ses gardes ainsi qu’à deux hommes de Learamn de mener le prisonnier dans sa cellule tandis que les autres le suivraient dans al salle commune pour être informé de certains points importants. Ainsi il y aurait encore une séparation , non prévue cette fois ; la mission prenait une tournure imprévue mais cela Learamn le savait déjà bien avant de partir ; un plan n’était fait que pour être adapté.
Ce furent les deux agents de la Rose Noire qui accompagnèrent le garde dans les cachots , Learamn faisait confiance en leurs talents de bretteurs pour neutraliser leur ennemi . Learamn et ces trois hommes restants emboîtèrent le pas au sbire de l’Ordre . Ils marchèrent durant quelques minutes puis il les fit entrer dans une vaste salle où une dizaine de marins étaient attablés. Une désagréable odeur d’alcool , de tabac et de sueur régnait tandis que la chaleur étouffante contrastait avec l’orage à l'extérieur. Learamn toussota comme pris à la gorge par cet atmosphère oppressante . Le capitaine les fit s’asseoir à une table et commanda de quoi se désaltérer , Learamn ne toucha que très peu à sa chope , juste assez pour ne pas éveiller de soupçons, il n’avait pas soif et il valait mieux rester averti et alerte dans de tels moments . Le rohirrim se pencha alors en avant et prit la parole

-Mon capitaine , nous avons erré pendant des semaines , des mois mêmes après les déroutes successives de l’Ordre. La situation est critique et il me semble ici que Pelargir soit notre dernier place forte. Je donnerai ma vie pour la cause soyez en certain mais notre destin sera-t-il celui de tenir cette ville jusqu'à ce que la vérité éclate et que le Gondor vienne en faire le siège ou bien y-a t-il un réel espoir de retrouver notre gloire et notre puissance? Pardonnes mon ignorance mais moi et mes hommes avons erré sans sources d’informations , quelles cartes avons nous en main?


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Mardil
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Du sang sur les quais EmptyDim 12 Avr 2015 - 23:44
Du sang sur les quais Eirik11


Eirik avait de plus en plus le sentiment qu’il s’était engagé dans quelque chose qui le dépassait. Fidèle à lui-même, il n’en laissait rien paraître, aussi taciturne qu’à son habitude. Il fut soulagé lorsque Nathanael prît la parole et souligna les faiblesses des plans de Learamn et de Felron. Il était en effet plus simple de se faire passer pour un agent de l’OCF sans pour autant prétendre être originaire du Rohan. Sa connaissance de cette patrie se limitait à la traversée qu’il en avait fait sur le chemin menant à Minas Tirith, autant dire pas grand-chose. D’autant plus qu’il avait passé tout le voyage plongé dans de sombres pensées et que Sighild ne s’était guère montrée plus bavarde que lui.

En revanche, pendant les mois qu’il avait passé sous l’occupation des agents de l’OCF dans son village natal il avait eu tout loisir de les observer et il se dit qu’il ne serait pas très difficile de berner son monde. Avant toute chose car, même si certains étaient authentiquement maléfiques, voire même complétement fous, la plupart étaient des hommes normaux qui s’étaient laissés endoctrinés par les folles promesses de l’Ordre. Et ça il n’aurait aucun mal à le jouer. Lui aussi rêvait d’un monde plus juste pour tous les hommes. Mais étant donné la tournure que prenait cette expédition, il se disait qu’il avait peu de chance de voir un jour ce monde de ses yeux.

Le plan imaginé par Felron fût lui aussi rapidement abandonné. Il comportait beaucoup trop d’inconnues et le temps leur était compté. Il valait mieux s’en tenir à un plan simple, même si les chances de succès n’étaient pas vraiment en leurs faveurs. Lorsque Nathanael se proposa de se faire passer pour leur prisonnier, Eirik se dit intérieurement que c’était là la seule chose à faire puisque son visage était déjà connu dans la cité. Ce n’est que lorsque le vieux chevalier demanda au conteur s’il était sûr de lui que le jeune homme comprît les implications que cela aurait pour Nathanael.

Serait-il capable de frapper un homme innocent, qui plus est un compagnon d’armes, pour la réussite de leur mission ? Il n’en était pas certain mais heureusement pour lui, il n’eût pas à prendre cette décision car le capitaine Learamn et le conteur décidèrent de régler ça entre eux deux. Eirik préférait de loin rester à sa place mais tous ses compagnons se sentaient au plus mal, ne pouvant s’empêcher d’imaginer ce qui devait se passer dans la chambre à l’étage. Felron offrît à tout le monde une tournée générale afin de détendre l’atmosphère mais cela n’eût qu’un effet limité. Aucun d’être eux n’était d’humeur à boire et Eirik moins que les autres.

Premièrement il voulait garder les idées claires et, puisqu’il n’avait pas l’habitude de boire de l’alcool, il préférait éviter de s’embrouiller l’esprit et de ne pas avoir les sens aux aguets. De plus, son père avait toujours été un gros buveur et, s’il ne pouvait blâmer l’alcool comme étant la seule cause de la violence que ce dernier exerçait sur sa famille, il était persuadé que cela avait nettement contribué à éxacerber un penchant naturel à la cruauté déjà présent chez son géniteur. Il se contenta donc de fixer son verre, essayant de faire le vide dans son esprit. Certains de ses camarades l’imitèrent, d’autres semblaient éprouver du réconfort face à cette boisson, d’autres enfin buvait à petites gorgées, semblant apprécier ce verre qui risquait d’être le dernier.

Eirik était de plus en plus morose mais sa volonté se renforçait à mesure que le temps passait. Il était venu jusque dans cette cité puante pour une bonne raison et il ferait son devoir, peu importe le prix qu’il lui en coûterait. Il se promît que chaque blessure qu’il infligerait cette nuit serait un acte de justice pour tout le mal que l’OCF avait infligé à la Terre du Milieu. Et pour réparer l’atroce injustice que représentait la mort de sa sœur.

Lorsque le capitaine et le conteur redescendirent, Eirik ne pût s’empêcher de frémir devant l’état de Nathanael. Il savait bien que les blessures de ce dernier se devaient d’être plus que réalistes s’ils voulaient convaincre les hommes de l’OCF de la véracité de leurs dires. Elles devaient être réelles. Nathanael devait souffrir le martyre mais il ne laissa pas la moindre plainte franchir le seuil de ses lèvres alors qu’ils se mettaient en route vers le centre de la cité.

Le temps s’accordait merveilleusement avec l’humeur morose de l’expédition et Eirik resta derrière Felron tout le long du trajet. Il était satisfait que ce dernier soit à la tête du groupe dont il faisait parti. Le vieux chevalier était de toute évidence un homme intelligent et qui savait prendre des décisions difficiles sous la pression. Il avait également l’air d’un homme juste et c’était là un trait de caractère qui comptait énormément pour le jeune homme.

Leur plan sembla se dérouler comme prévu tout d’abord. Comme ils l’avaient imaginé, leur stratagème eût l’effet escompté et ils furent séparés en deux groupes. Eirik suivit ses compagnons en direction de l’hôtel de ville. Les conseils de Nathanael résonnaient dans son esprit. Le maire serait entouré de ses conseillers et d’hommes d’armes. Leurs ennemis seraient donc bien plus nombreux que ses compagnons et lui et il était probable qu’il se trouverait bien des combattants confirmés dans leurs rangs. Ils n’étaient que six et, sans vouloir se montrer pessimiste, Eirik sentait bien que leurs chances de s’en sortir vivants n’étaient pas très élevées. Tout ce qu’il espérait c’est que leur mission soit couronnée de réussite, peu importe la façon dont elle devait se terminer pour eux.

Il ne tenait pas à mourir en cette froide et humide nuit, dans cette ville inconnue et en compagnie d’étranger mais ce qu’il souhaitait réellement en son cœur, il savait ne pouvoir l’obtenir. Le pardon de ceux qu’il aimait. Pouvoir voir grandir ses frères et sœurs en paix, savoir qu’il était aimé de sa famille et qu’il pouvait rester auprès d’eux. Mais cette chance ne lui serait jamais offerte et rien de ce que la vie ne pouvait lui offrir ne serait jamais comparable à ces yeux à ces bonheurs simples de l’existence. S’il devait donc mourir ce soir, il ferait au moins en sorte que sa fin ait un sens.

Le lieutenant qui les avait accompagnés se retira prestement dès qu’ils arrivèrent devant l’hôtel de ville et les confia aux soins d’un dénommé Vagrant. Ce dernier semblait méfiant et, mêmes les nombreuses tentatives de Felron pour briser la glace, se heurtaient à un mur d’indifférence soigneusement calculé. Alors qu’Eirik pensait que tout semblait se passer pour le mieux, on leur signala que seul Felron serait autorisé à rencontrer le maire. Le jeune homme jeta un bref coup d’œil en direction de ces compagnons mais il comprît rapidement qu’ils ne pouvaient pas y faire grand-chose. Le vieux chevalier continua à jouer le rôle qui lui était échu et fît comprendre aux autres qu’ils devaient lui laisser cinq minutes avant de passer à l’offensive.

Il ne serait pas aisé de le retrouver dans le dédale de couloirs que semblait être l’hôtel de ville mais ils n’avaient d’autres choix que de le laisser se débrouiller seul pour le moment. Il faudrait bien qu’il arrive à occuper le maire et ses conseillers en attendant qu’ils puissent le rejoindre. Dès son départ, Vagrant se plaça devant la porte par laquelle Felron était parti. Eirik se rapprocha de Felian et lui jeta un regard en coin. A eux cinq, il ne serait pas difficile de maîtriser le garde mais cela risquait d’être bruyant et ils ne pouvaient risquer d’alerter tout le bâtiment à moins de vouloir signer leur arrêt de mort dans la minute qui suivrait.

Vagrant restait sus ses gardes et ne lâchait pas les chevaliers des yeux. En revanche il faisait peu de cas de la présence d’Eirik, le considérant probablement comme un jeune blanc bec et donc comme une quantité négligeable. Le jeune homme comptait bien utiliser ce fait à son avantage et il décida de s’approcher de l’homme de main de l’OCF comme s’il voulait faire la conversation. Il se positionna à côté de lui, dos à la porte et le questionna ouvertement sur la façon dont il s’était retrouvé à rejoindre l’Ordre à Pelargir.

Ce dernier lui jeta un regard en coin, comme s’il n’appréciait guère la question du jeune homme qui, loin d’être décontenancé, continua à le bombarder de questions plus ou moins indiscrètes. Vagrant répondait par monosyllabes et ne se donnait pas la peine de le regarder lorsqu’il daignait lui répondre. Bien au contraire il souhaitait lui faire bien comprendre qu’il n’avait pas le moindre intérêt à ses yeux et affectait de l’ignorer, semblant entièrement absorbé par Felian et ses compagnons. C’était ce qu’Eirik avait espéré et il avait déjà sorti son poignard dans sa main gauche, de façon à ce que Vagrant ne puisse pas le repérer mais bien visible pour ses compagnons d’armes.

Il hocha la tête rapidement en direction de ces derniers. Une seule pensée lui traversa l’esprit. Les recommandations de Learamn et de Nathanael. Ne montrer aucune pitié. Vagrant ne devait jamais comprendre ce qui s’était passé. Il n’eût pas même le temps de se rendre compte que la lame d’Eirik s’était enfoncé dans sa gorge sans protection qu’il tomba face contre terre. Le sang imbibait déjà le tapis opulent qui recouvrait le ciel. Eirik ne parvenait pas à détacher le regard du corps sur le sol. Ainsi c’était donc ce qu’on éprouvait en commettant un meurtre. Cela n’avait rien à voir avec les vies prises sur le champ de bataille ni avec la mort de son père. Il avait agi froidement et non sous le coup de la colère.

Il leur fallait maintenant rejoindre Felron au plus vite. Eirik suivit ses compagnons menés par Felian. Il évitait de penser à ce qu’il venait de faire. Il ne savait qu’une seule chose : cela avait été si facile. Il aurait de loin préféré qu’il n’en fût rien. Prendre une vie ne devrait jamais être si simple, qu’importe en soit la raison. Et pourtant il savait au fond de son cœur que s’il survivait à cette nuit, il serait poursuivi par ces démons tout au long de son existence. Car le sang qui recouvrait son poignard était loin d’être le dernier sang qui serait versé dans la cité portuaire ce soir là.
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Ryad Assad
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Du sang sur les quais EmptyDim 3 Mai 2015 - 19:19
HRP : Avec beaucoup (trop !) de retard, voici la suite mes amis. J'ai fait avancer les choses histoire de redonner un peu de vigueur à tout ça, donc voilà, amusez-vous :P

_____

- … et c'est là que je lui ai dit : « Monsieur Félès, le peuple de Pelargir sait que vous êtes un idiot, et je ne fais que porter sa parole ».

Les trois femmes qui encadraient le Maire se mirent à rire. Elle gloussaient comme des poules, rejetant la tête en arrière en riant à gorge déployée. Au sens propre du terme. Ces courtisanes cherchaient les faveurs de leur maître, essayant de lui plaire en tout point. Elles lui apportaient les rafraîchissement qu'il désirait, applaudissaient joyeusement quand il essayait de les impressionner, dansaient pour son petit plaisir quand il leur commandait. Et naturellement, quand l'une d'entre elle retenait particulièrement son attention, elle avait le privilège de passer la nuit avec lui, et de devenir sa protégée pour quelques temps. Elles jouissaient dès lors de son prestige, de sa richesse, de sa protection, jusqu'à ce qu'il se lassât, et qu'il en choisît une autre. Les trois qui se pressaient à ses pieds se battaient pour son attention, mais elles furent toutes trois devancées par deux coups discrets frappés à la porte. Le Maire ajusta ses vêtements, passa une main dans ses cheveux, et lança un « entrez » plein d'assurance. Il savait sa position absolument inexpugnable : personne ne pouvait le menacer. Un homme fit son apparition dans la pièce, laissant seulement pénétrer son buste. C'était un des soldats personnels du Maire, un de ces hommes qui étaient arrivés avec lui à Pelargir, et qui assuraient sa protection en permanence :

- Monsieur, vous avez de la visite. Ils sont des nôtres. Ils attendent dans le vestibule au moment où nous parlons.

- Oh, répondit le Maire pour cacher sa surprise. Je vois... Eh bien, c'est très embarrassant, ils arrivent à une tardive, et… eh bien… Dites à leur chef de venir me voir, que nous puissions nous entretenir quant à la suite à donner. Faites en sorte que les autres aient de quoi manger, qu'ils se reposent.

L'homme hocha la tête, et s'éclipsa en fermant la porte. Il y eut dans le bureau trois longues secondes de silence, avant que le Maire ne fit signe aux filles de sortir. Elles affichèrent une moue quelque peu déçue, mais elles n'osèrent pas protester. En effet, leur maître avait sur le visage une expression qu'il était facile de deviner : il était préoccupé. Il valait mieux, dans ce cas, ne pas se mettre sur sa route, car ses largesses étaient aussi célèbres que ses coups de colère. Les trois courtisanes s'éclipsèrent par une porte dérobée, qui donnait un salon privé où elles attendraient patiemment qu'on vînt les chercher. Dès qu'elles eurent refermé l'huis, le Maire se leva, et ajusta sa tunique du plat de la main. Il avait pris un peu de poids depuis qu'il s'était laissé aller à profiter de la vie luxueuse que sa position lui offrait. Depuis qu'il avait abandonné les longues heures à chevaucher, les missions difficiles et secrètes, il s'était ramolli, et il avait certainement perdu un peu de son talent de bretteur. Toutefois, il était toujours aussi rusé et malin, voire même davantage maintenant qu'il évoluait en permanence dans une arène politique qu'il dominait très largement. Le Conseil des nobles de Pelargir lui était soumis, par un jeu de pressions savamment organisé. L'armée était muselée par la présence de son lieutenant, qui menaçait en permanence l'Amiral. Quant aux troupes du Gondor qui stationnaient dans la ville, ses officiers étaient trop stupides et trop prétentieux pour avoir le temps de se préoccuper de lui. Ils paradaient avec leurs armures rutilantes, et avaient l'impression de contrôler la situation. Les sots. L'homme se tourna vers son bureau, et ouvrit un petit tiroir où se trouvait une clochette qu'il fit tinter. Presque immédiatement, un serviteur entra, les mains croisées dans le dos, attendant les ordres :

- Faites amener une collation, nous avons de la visite.

- Bien, monsieur le Maire.

Ce dernier hocha la tête, satisfait, avant de mettre de l'ordre sur son plan de travail, pour accueillir dignement son compagnon d'armes. Les hommes de l'OCF s'étaient dispersés après que le Quartier Général eût cessé de transmettre ses directives. La nouvelle de la mort de l'Orchâl avait été un véritable coup dur pour l'organisation, qui s'était effondrée sur elle-même comme un vulgaire château de cartes. Partout, les désertions avaient commencé, et personne n'avait été en mesure de prendre le relais de leur chef charismatique. Tout du moins, pas avec la même ampleur. En effet, de petits chefs imposaient leur volonté à leurs hommes, et poursuivaient leurs objectifs propres, sans la cohésion et la cohérence qui avait fait la force de l'Ordre de la Couronne de Fer. Le Maire, installé à Pelargir avec ses hommes, était de ces chefs de guerre qui préféraient continuer dans leur voie plutôt que de s'éclipser dans les ténèbres. Et pour le moment, les choses lui réussissaient bien. Il n'avait pas été démasqué, et personne ne savait qu'il était un ancien ennemi des Peuples Libres. Ses opposants avaient été arrêtés, torturés, éliminés dans la plus grande discrétion. Ceux qui avaient des doutes les gardaient pour eux, et plus personne ne contestait son autorité ici. Il avait de bonnes chances de se faire une vie tout à fait honnête et respectable à Pelargir, jouissant d'une superbe carrière qui ne serait entachée d'aucune faute. Il avait eu du mal à s'installer, et il avait dû faire couler le sang pour occuper ce fauteuil, mais désormais il était déterminé à faire de son mieux pour améliorer la vie des gens de cette superbe ville portuaire.


~ ~ ~ ~


Allongé sur son lit, il était en train de décompresser avec une grosse journée de travail. Il avait mené ses hommes à l'exercice sans faire preuve de retenue à leur égard, et il avait donné de la voix au point d'en avoir mal aux cordes vocales. Cependant, il était content de leurs performances, et il sentait qu'il pourrait rapidement réussir à en faire quelque chose. Les nouveaux arrivés, particulièrement, avaient fait montre d'un zèle à toute épreuve. Bientôt, il pourrait les laisser embarquer sur un navire pour servir d'escorte aux frégates de l'Amirauté, qui croisaient au large des côtes, pour attaquer les navires pirates qui passaient non loin. Il espérait sincèrement qu'ils reviendraient entiers de leur première mission. Ce n'était pas toujours le cas, et ils avaient subi de lourdes pertes récemment, principalement dues au fait qu'ils n'avaient pas les effectifs ou les moyens pour gérer autant de navires qui croisaient au larges des côtes du Gondor. Depuis que les troupes de Taorin s'étaient emparées du Sud du Harondor, le rayon d'action de leurs vaisseaux s'était considérablement déplacé vers le Nord, incluant Pelargir dans leur zone d'influence, qui remontait même jusqu'aux côtes les plus reculées de la Baie de Belfalas… Il faudrait absolument trouver un moyen de remédier à ce problème, très rapidement.

Le Capitaine était tout occupé à ces pensées, quand soudain on vint le déranger pour lui annoncer la venue de visiteurs. L'homme qui était venu le renseigner était un garde de l'Amirauté, un homme du rang sans prétention, qui n'avait aucune idée de la véritable nature de son officier supérieur. Il n'était qu'un garde sans histoires, sans cerveau… typiquement le genre d'hommes que l'on pouvait manipuler contre ses ennemis. Le Capitaine était quelque peu préoccupé par cette visite, et il envoya rapidement un de ses hommes prévenir son lieutenant qu'ils avaient de la visite.

- Mon Capitaine, si vous permettez, c'est le lieutenant lui-même qui nous a dit de venir vous chercher. Il est lui-même parti accompagner une partie de ces voyageurs voir le Maire. Ils ont également ramené un prisonnier. Un certain Nathanael, on dit qu'il est recherché activement.

L'officier haussa les sourcils si haut qu'ils parurent disparaître dans ses cheveux. Nathanael ? L'espion ? Ici ? Il n'en revenait pas. Les pièces s'assemblèrent rapidement dans son esprit, et il comprit l'identité des hommes qui venaient de les rejoindre. Si son lieutenant l'avait contacté personnellement à une heure aussi tardive, c'était que les nouveaux venus étaient des hommes de l'OCF, ou du moins de ce qu'il en restait. Ils avaient réussi à mettre la main sur un ennemi qui avait toujours été une épine dans leur pied. Ce Nathanael s'était révélé insaisissable pendant de longs mois, et ils avaient déployé d'importants moyens pour le capturer, sans succès. Mais maintenant qu'il était dans les geôles, ils s'arrangeraient pour le faire disparaître proprement. Une attaque cardiaque, une mauvaise réaction à la nourriture locale… peu importait la raison, tant qu'il mourait rapidement.

Bondissant sur ses pieds, s'habillant sans tarder, le Capitaine descendit les marches qui le mèneraient là où les visiteurs l'attendaient. Il était flanqué de deux de ses gardes du corps, deux soldats d'élite de l'OCF, qui désormais continuaient de suivre les ordres, rangés sous une autre bannière. L'un d'eux était un elfe, un drôle de type pas antipathique, mais clairement en décalage par rapport aux « simples humains » qui l'accompagnaient. Il respectait la chaîne de commandement, fort heureusement, mais le Capitaine était toujours sceptique à son égard, s'attendant presque à être trahi par le Premier Né au dernier moment. Il y avait quelque chose de dérangeant à voir une créature si parfaite prendre part à des exactions qui pouvaient parfois être considérées comme immorales – quoique nécessaires. Les elfes étaient en général allergiques à la violence, et ils ne faisaient la guerre qu'en dernier recours. Voir l'un des leurs prendre part à des opérations militaires qui parfois visaient des civils, c'était… perturbant. A croire qu'il était soit particulièrement dérangé – derrière son masque de normalité –, soit un traître en puissance qui attendait son heure. Le Capitaine ne lui faisait pas tellement confiance, mais il reconnaissait ses qualités martiales, et il préférait les utiliser au maximum tant qu'il le pouvait.

Ils sortirent donc de la caserne, et traversèrent la cour sous une pluie battante, s'abritant tant bien que mal sous leurs épais manteaux qui ne les protégeaient que sommairement. Le temps était exécrable, et si les orages ne zébraient pas encore le ciel, cela ne saurait tarder. Il faisait lourd, et le Capitaine avait une impression de malaise rien qu'en respirant, comme si le fragile équilibre du ciel allait bientôt se rompre en foudroyant la terre, et qu'un sixième sens l'alertait du danger imminent. Il n'en tint pas compte, et pénétra dans les quartiers militaires, escorté par ses hommes de main qui paraissaient ne pas apprécier d'avoir été traînés ainsi dehors, mais qui gardèrent le silence, conscients qu'il n'y avait rien à gagner à se montrer insolent et insubordonné. Le Capitaine n'était pas réputé pour sa patience, ni pour sa magnanimité… Bien au contraire. En arrivant, la première chose qu'il remarqua fut le prisonnier, enchaîné et salement amoché. Un sourire de satisfaction étira ses traits, et il adressa de sincères félicitations au jeune homme qui paraissait commander le groupe. Celui-ci ne semblait pas venir du Gondor, et il avait un petit accent qui laissait présager des origines rohirrim. Bah, les agents de l'Ordre venaient de partout, et ce n'était pas un problème en soi. Distribuant ses ordres avec un certain empressement, content de pouvoir enfin mettre aux fers ce traître de Nathanael qui leur avait donné tant de fil à retordre, le Capitaine invita les hommes à le suivre pour discuter de la suite des événements.

Laissant le conteur être emmené plus profondément dans l'imposant bâtiment, la compagnie emboîta le pas du Capitaine, et s'élança au dehors, sous la pluie. C'était l'occasion idéale pour se débarrasser de leur ennemi, mais ses gardes du corps l'encadraient efficacement, et au milieu des colonnes d'eau qui tombaient du ciel, ils avaient de grandes chances de rater leur cible, de tuer un des sbires, et de laisser le chef s'échapper. Ils n'avaient pas le droit à l'erreur, et à la nuit qui les environnait ne fournissait pas d'abri qu'aux gens de bien. Menés d'un pas rapide vers le fameux salon, ils entrèrent dans un bâtiment d'aspect plus luxueux, qui correspondait à un bâtiment officiel de l'Amirauté. Deux gardes en armure, qui veillaient devant la porte, saluèrent leur Capitaine avec déférence, avant de leur ouvrir. Enfin au sec, ils purent déposer leurs manteaux, et se mettre à l'aise. L'intérieur était froid et austère, comme un bureau déserté la nuit par les travailleurs qui devaient habiter non loin. On pouvait deviner qu'il y avait une administration civile qui travaillait ici, avec des secrétaires qui se chargeaient de retranscrire les ordres, et de les donner aux estafettes qui partaient ensuite dans la cité. C'était probablement le cœur de l'organisation défensive de la flotte de Pelargir, et ils venaient d'y être introduits sans la moindre difficulté. L'endroit était vaste, mais quasiment désert… A l'exception des trois hommes qui venaient de faire leur apparition, sortant de l'ombre comme des fantômes surgis du néant.

- Ne faites pas attention, ils sont avec nous. Ce sont aussi des rescapés, comme vous.

Des rescapés qui redistribuaient cruellement les cartes. De quatre contre trois, les troupes de Léaramn venaient de passer à quatre contre six.  Altirchonaveunsteg, Linda et Maraloch des Chevaliers du Cor Brisé encadraient le jeune officier du Rohan, qui paraissait réfléchir à la suite. Puisqu'il ne prît pas la décision de tirer l'épée et d'en finir, les autres demeurèrent tranquilles, et le Capitaine continua de parler d'une voix calme, apparemment inconscient de la tension qui habitait ses invités :

- Ce bâtiment est magnifique, n'est-ce pas ? L'avantage, c'est qu'il n'y a personne, sinon moi. J'y ai fait installer une chambre, officiellement sous prétexte d'être là à la première heure. En fait, c'est surtout parce que les lieux sont déserts, et qu'on peut y discuter sans risque d'être écouté. Vous pourriez même crier qu'on ne vous entendrait pas au dehors.

Il rit, mais ses hommes se contentèrent d'un sourire crispé. De toute évidence, il y avait une certaine méfiance. Aucune main n'était ostensiblement posée sur le manche d'une arme, mais on voyait que personne n'était tranquille, et que tout le monde attendait un geste malvenu de la part du groupe d'en-face. Et Nathanael qui n'arrivait toujours pas… Savait-il au moins dans quelle direction ils étaient partis ? Saurait-il retrouver le bâtiment ? Parviendrait-il à se débarrasser des deux gardes à l'entrée ? Et même alors, ils ne seraient qu'à sept contre six, dont un homme durement amoché. Inutile de dire que le duel serait âpre, et que nombre des leurs y laisseraient la vie… sinon tous. Le Capitaine, intarissable, continuait son monologue :

- Je dois vous prévenir que les choses ont changé ici. Depuis la chute de l'Orchâl, nous avons repris les affaires à notre compte. Le Maire de la ville est des nôtres, et il s'assure que le pouvoir civil ne nous ennuie pas. Ces idiots du conseil sont tenus en laisse, et plus personne ne conteste notre autorité. Quant à l'Amiral… il m'est acquis, et il ne tentera rien. Vous voyez, nous avons accompli de belles choses ici, et nous ne tenons pas à ce qu'elles s'effondrent parce que quelques petits cons veulent venir foutre la merde.

Son ton avait radicalement changé, mais son demi-sourire était toujours accroché à son visage. Il invita le groupe de Léaramn à le suivre à travers un long couloir, avant de les faire entrer dans un bureau qui devait être le fameux salon. Les hommes de l'OCF se déployèrent dans la pièce, se plaçant naturellement entre leur chef et ces nouveaux venus à qui ils ne faisaient de toute évidence pas confiance. Le Capitaine, lui, paraissait au-delà de tout ça. Il ouvrit grand les bras, embrassant dans son étreinte intangible les murs décorés de superbes sculptures, les plafonds peints en trompe l'œil, les parquets en échelle. Sa voix s'éleva de nouveau :

- N'est-ce pas magnifique ? Regardez ce que nous avons accompli ! La cité de Pelargir nous a ouvert ses portes, et nous a donné notre chance. L'Ordre nous promettait de changer le monde, d'instaurer un renouveau, mais ce rêve s'est brisé. Nous avons l'opportunité unique de changer les choses, ici même ! Chaque jour, le Maire travaille à améliorer la vie des gens de la cité, et chaque jour je travaille à protéger ses habitants ! Chaque jour on nous salue, on nous serre la main, on nous admire et on nous respecte.

C'était ce respect que l'OCF n'avait jamais réussi à leur fournir. Toujours à ramper dans les coins sombres, toujours à attendre sous la pluie pour une embuscade. Ils étaient des parias à qui on avait donné un but, mais ils n'en demeuraient pas moins exclus de la société. Désormais, ils en faisaient partie, et ils avaient une chance de prouver qu'ils valaient mieux que tous les hommes qu'ils avaient un jour critiqués. Ils avaient l'opportunité de construire un monde meilleur sans avoir à tirer l'épée, sans avoir à faire couler le sang. Certes, ils s'étaient imposés au pouvoir par la violence, et si on apprenait qu'ils avaient commis de tels crimes, ils seraient renversés par la population. C'était précisément pour expier ces crimes qu'ils devaient travailler dur, et agir dans l'intérêt de Pelargir.

- Aujourd'hui… aujourd'hui nous n'avons plus besoin de nous cacher, ni de tuer, ni de faire usage de violence. Nous pouvons suivre notre carrière personnelle, gravir les échelons, et vivre notre destinée ! Me voilà Capitaine, et à ce rythme je pourrais finir Amiral d'ici quelques années. Le Maire a atteint des sommets, mais il pourrait entrer dans l'entourage du Roi, pourquoi pas ? Et vous, que voulez-vous devenir ?

Il se tourna vers chacun de ses invités, et les regarda les uns après les autres droit dans les yeux. Son regard pénétrant était bienveillant, et le ton de sa voix s'était fait doux et complaisant. Il leur tendait la main, et était sur le point de leur faire une offre qu'ils auraient à réfléchir individuellement. Il lisait dans leurs regards qu'ils étaient tous des idéalistes, des hommes prêts à tout sacrifier pour faire triompher la justice en laquelle ils croyaient. Il avait déjà vu cette détermination dans les yeux des soldats de l'OCF, qui recrutait toujours ses fidèles parmi ces âmes mal nées, mais qui désiraient changer le monde. Lassés de la domination sans partage des rois, lassés de l'injustice, de la violence, de la guerre, des meurtres et des vols, ils s'engageaient pour rétablir l'ordre et établir l'Ordre. Ils s'engageaient de toutes leurs forces, et en arrivaient parfois à devenir des fanatiques que rien ne pouvait arrêter sinon la mort. Le Capitaine était curieux de savoir de quelle trempe étaient ceux qui se trouvaient en face de lui :

- Je vous propose de nous rejoindre. Soumettez-vous à nos règles, et vous profiterez de tout ce que nous avons à offrir. Nous vous proposons la réussite individuelle, le pouvoir de changer les choses, vraiment. Si vous êtes prêts à nous suivre, si vous êtes décidés à obéir aux règles qui nous protègent, alors vous êtes les bienvenus. Sinon, rien ne vous empêche de partir. Vous pouvez décider d'aller votre chemin, et de tenter votre chance. Depuis la chute, tout le monde essaie de s'en sortir par ses propres moyens, et vous avez peut-être vos propres rêves à accomplir…

Le Capitaine eut un sourire amical. Effectivement, il croyait sincèrement que chacun pouvait accomplir ses rêves, et se laisser porter par ses propres convictions. Ce qu'il se garda bien de leur dire, c'était que ceux qui décideraient de franchir le seuil de cette porte ne quitteraient jamais Pelargir vivants. Ils en savaient bien trop désormais, et ils représentaient une véritable menace pour le Maire, le Capitaine, et tous les hommes dont ils avaient pu voir le visage. A tout moment, ils risquaient de parler, de révéler les sombres petits secrets auxquels ils avaient été exposés, et c'était un danger auquel les rescapés de l'Ordre ne laisseraient aucune chance. Mais de cela, les aventuriers n'avaient pas conscience, trop occupés à réfléchir à leurs options.

Au moment où le Capitaine terminait son intervention, un bruit sourd se fit entendre dans le bâtiment : celui d'une lourde porte qui se refermait. Quelqu'un venait d'entrer dans le bâtiment officiel, qui pourtant aurait dû être désert à cette heure. Depuis le salon, dont la porte était close, ils ne pouvaient pas voir qui étaient les nouveaux arrivants, mais ils entendaient distinctement le bruit de plusieurs bottes sur un sol pavé. Des pas qui venaient dans leur direction. Qui cela pouvait-il être à une heure pareille ? Etaient-ce Nathanael et les agents de la Rose Noire qui arrivaient en renfort, pour équilibrer les choses ? Ou peut-être des militaires de Pelargir, qui venaient simplement transmettre un message à leur Capitaine, un message qui ne pouvait attendre. L'option la plus effrayante était d'imaginer que Nathanael avait été démasqué, éliminé, et que des renforts venaient mettre à mort le groupe de Léaramn pour étouffer dans l'œuf la tentative d'assassinat. A quatre contre six, leurs chances étaient déjà extrêmement minces, mais si le déséquilibre se creusait, ils étaient condamnés. Condamnés à mourir, c'était certain, mais également condamnés à laisser le Capitaine en vie.

Toutefois, ils avaient désormais une opportunité. Cette arrivée impromptue avait détourné l'attention d'une partie des gardes, et si le Capitaine demeurait intouchable, protégé qu'il était par l'elfe, il était possible de neutraliser quelques adversaires rapidement. Mais certainement que les hommes qui venaient de pénétrer dans le bâtiment entendraient le fracas du combat, et qu'ils arriveraient en vitesse. La décision en revenait entièrement à Léaramn, qui devait faire un pari, et choisir l'audace ou la prudence, un échec presque certain, ou bien gagner du temps encore pour voir venir. Le destin de Pelargir reposait en grande partie sur ses jeunes épaules, et il n'avait pas le droit à l'erreur…


~ ~ ~ ~


Pendant ce temps, dans le bureau du Maire

- Baron d'Edler, quel plaisir de vous rencontrer !

Le Maire s'était levé, un grand sourire affable sur le visage. Avant de détailler le nouvel arrivant, il capta la présence de ses gardes qui se tenaient encore dans l'entrebâillement de la porte. Hanzel, qui était aussi efficace que patibulaire, était là ce soir. C'était un homme de confiance, qui faisait preuve d'une loyauté sans failles, tant qu'il pouvait profiter de menus avantages. Un mercenaire à l'ancienne, comme on n'en faisait plus. Il était un peu plus étrange de voir la présence de Lia, la mystérieuse, à ses côtés. Cette femme était aussi belle que dangereuse, et on ne pouvait pas dire qu'elle entretenait de bonnes relations avec Hanzel, qu'elle avait déjà affronté en duel car il l'avait provoquée. Enigmatique, cette jeune femme était une protégée de ce crétin de Hogorwen, et de toute évidence elle lui était restée fidèle même au-delà de l'aspect politique, car elle avait toujours – à la connaissance du Maire – refusé les avances et les invitations des hommes qui tournaient autour d'elle. Elle était comme ça, et il s'était vite désintéressé d'elle : il préférait les femmes plus charmantes, plus charmeuses, qui ne se dressaient pas contre lui comme un mur de glace. La séduction était un jeu, pas une guerre. Mais bon, ce type de femmes plaisait à certains, qui trouvaient que courir après des yeux qui ne leur souriraient jamais était une activité amusante. Le Maire lança une œillade appuyée aux deux gardes qui se trouvaient dans l'entrée, comme pour dire à des enfants indisciplinés de ne pas faire de bêtises pendant qu'il avait le dos tourné. Il aurait été très fâcheux que deux de ses combattants s'entre-tuassent sur son palier. Revenant à son invité, il lui serra la main chaleureusement, et l'invita à s'asseoir. Son sourire était toujours accroché à son visage, mais ses yeux étaient méfiants, comme ceux d'un serpent.

- Alors, il paraît que vous êtes à la tête d'un groupe des nôtres, et que vous cherchez à obtenir notre protection. C'est bien cela ?

Le Maire ne se montrait nullement agressif, mais il tenait à ce que les choses fussent parfaitement claires. Il était le seul maître à bord, et les hommes qui venaient le trouver à une heure aussi indécente étaient là pour le supplier, pour obtenir une faveur. Ils n'étaient pas en position de faire du chantage, ni même en position de poser des conditions. Les résidus de l'Ordre n'étaient que des brebis égarées, et il était le roi d'une petite monarchie, avec le contrôle indirect sur une véritable armée. Il n'avait jamais trouvé que la menace était une forme acceptable d'argument dans une conversation, et il était plutôt du genre à faire parler les armes avant toute sommation. Le baron avait l'air intelligent, toutefois, et surtout bien éduqué. Ils pouvaient discuter en tant que personnes civilisées. Poli, le Maire écouta son interlocuteur lui narrer par le menu comment ils étaient arrivés là, et quelles péripéties ils avaient traversées. A la conclusion du récit, il réagit :

- Eh bien, c'est une histoire bien triste. La chute a égaré bon nombre des nôtres, mais vous avez traversé des épreuves particulièrement difficiles. Soyez rassurés, vous êtes en sécurité à Pelargir, notre position n'est pas inquiétée. D'ailleurs, pour fêter votre arrivée, que diriez-vous d'un verre de cognac ?

Le Maire se leva, et tout en remplissant d'un odorant spiritueux deux verres en cristal, il expliqua au baron les modalités de leur domination dans la ville. Il ne donna guère trop de détails, se contentant d'expliquer qu'ils avaient la mainmise sur les principales institutions de la ville, mais qu'il leur manquait encore le contrôle sur différents organes qui pourraient leur apporter une plus grande sécurité :

- Des hommes comme vous seraient d'un très grand secours pour dominer le conseil des nobles, Baron. Il vous faudrait simplement vous marier avec une fille de très bonne famille, vous faire accepter comme l'un d'entre eux, et par un jeu de pressions appropriées nous pourrions au bout de quelques années vous mettre à la tête de cette institution décadente. Ceux de Pelargir vouent presque un culte au sang numénoréen, mais nous pouvons contourner ces difficultés, grâce à quelques actions… vigoureuses. Vous pourriez trouver une place tout à fait intéressante dans notre organisation, et vos hommes, placés sous votre commandement, s'intégreraient à la vie de la cité.

Les négociations n'avaient pas débuté officiellement, mais en réalité ils n'avaient jamais cessé de marchander. En demandant du soutien, le Baron cherchait à obtenir quelque chose en échange de son silence et de sa fidélité. Le Maire n'avait fait que renchérir, pour essayer non plus d'avoir un client, mais bien un allié supplémentaire. Il avait déjà réussi à convaincre plusieurs hommes, dont des membres qui n'appartenaient pas à l'Ordre de la Couronne de Fer, mais qui lui étaient totalement  acquis désormais. Les deux nobles qu'il avait d'ailleurs réussi à faire pencher de son côté étaient en ce moment dans son palais, probablement occupés à retranscrire le compte-rendu de leurs observations du conseil. Ces petits délateurs étaient ses yeux et ses oreilles dans l'enceinte de ce cercle très fermé, et ils lui révélaient qui étaient les personnages séditieux, ceux qui s'élevaient publiquement contre lui. Il ne prenait pas de mesures directes, bien conscient que le Maire était théoriquement subordonné à la noblesse, mais il faisait toujours en sorte que son message arrivât à destination, par l'entremise d'un tiers : « ne jouez pas avec moi, ou vous risquez de le regretter ». En substance, c'était ça, mais dit avec des formes. Il restait quelques puissants qui œuvraient en secret contre lui, mais dont il n'arrivait pas encore à découvrir l'identité. Ses espions servaient précisément à cela, et ils finiraient bien par débusquer ceux qui s'opposaient à l'implantation de l'Ordre.

- Alors, Baron, que dites-vous de cette proposition ?


~ ~ ~ ~

Du sang sur les quais Felian10

Felian s'approcha d'Eirik, qui regardait toujours fixement le cadavre de feu Vagrant, de la Couronne de Fer. Le sang s'échappait toujours de sa gorge où béait une plaie propre et nette. Son corps était encore agité de legers spasmes qui s'estomperaient, mais qui s'imprimeraient à jamais dans la mémoire du jeune homme. Le chevalier du Cor Brisé n'avait pas demandé à ses compagnons s'ils avaient déjà pris une vie : à quoi cela aurait-il servi ? Ils étaient tous déterminés à aller jusqu'au bout, et qu'ils fussent des tueurs sans pitié ou bien des novices, ils devraient remplir leur part du travail. Eirik était certes jeune, mais il avait fait son devoir avec les honneurs. Le chef des chevaliers posa une main sur l'épaule du garçon, et le força à détacher son regard de cette vision lugubre. Il n'était jamais bon de ressasser ce genre de choses, sinon elles finissaient par vous détruire. Quand il eût récupéré l'attention du plus jeune membre de la compagnie, il hocha la tête comme pour le féliciter, mais ajouta :

- Prendre une vie n'est jamais anodin, Eirik. Je suis heureux que tu l'aies fait proprement, et rapidement. Même si ces hommes sont nos ennemis, ils ne méritent pas que l'on se prenne à leur jeu. Une mort rapide, c'est tout ce qu'ils méritent que nous leur offrions.

Ces paroles étaient pleines de bon sens, et venaient d'un chevalier particulièrement honorable. Parmi tous les combattants du Cor Brisé, Felian était de ceux qui incarnaient le plus l'idéal chevaleresque des temps anciens : courtois, bien éduqué, pétri de valeurs nobles dans tous les sens du terme, il était un modèle pour ses compagnons qui le suivaient avec ferveur. Lui-même était un fidèle d'Eradan, qui avait prêté serment et qui ne trahirait jamais l'engagement qu'il avait pris auprès de ce jeune guerrier. Conscient que sa présence dans cette expédition faisait de lui le chef naturel de ses pairs, et par extension lui donnait une certaine autorité sur les autres, comme Olrik, il prit sur lui de donner des ordres. Ils avaient peu de temps devant eux, et ils devaient faire vite pour trouver Felron, et éliminer le Maire. D'une voix qui ne souffrait d'aucune discussion, il lança :

- Olrik, descendez barrer la porte du bâtiment, puis venez nous rejoindre. Normalement, il ne devrait pas y avoir de civils dans le Palais, et les servants doivent être couchés. Si vous en croisez un, retenez votre bras. Nous ne sommes pas là pour tuer des innocents. Si par contre vous rencontrez un homme qui n'a rien à faire ici, ou qui vous semble poser trop de questions, éliminez-le sans hésiter. C'est clair ?

L'intéressé hocha la tête. Felian ne l'aimait pas en tant qu'individu, trouvant son comportement négatif, grossier et vulgaire. Toutefois, il avait besoin de lui comme d'un compagnon d'armes, et il savait qu'il pouvait lui faire confiance pour cela. S'il l'avait envoyé à la porte, ce n'était pas pour l'éloigner du gros des combats, mais parce qu'il se doutait que cette brute épaisse serait capable de se faire passer pour un des soldats de l'OCF, alors que Felian et ses compagnons présentaient trop bien ou étaient trop jeunes pour cela. Ils se séparèrent donc, alors que les chevaliers et Eirik retournaient en direction de la porte où avait disparu leur compagnon, Felron. En sortant, ils ne croisèrent pas l'ombre d'un garde, et allèrent donc d'un pas rapide dans le couloir, essayant de concilier empressement et démarche naturelle, ce qui n'était pas une mince affaire. Ils arrivèrent rapidement devant ladite porte, sans avoir croisé personne, ce qui ne les rassurait pas pour autant. Ils savaient que les étages étaient gardés, et s'ils n'avaient pas encore eu à éliminer une quelconque menace, c'était le plus gros se trouvait devant eux, bien regroupé. Ils avaient espéré pouvoir éliminer un par un les sentinelles, dans une discrétion toute relative, mais il leur faudrait faire sans, et probablement foncer dans le tas. Ils étaient des chevaliers après tout, et toute notion de subtilité ou de roublardise leur était inconnue.

- C'est le moment, mes amis. Soyez braves.

Felian dégaina son épée, et posa son front un instant sur la lame. Ses lèvres murmurèrent un nom, « Aliénor », avant qu'il ne revint à sa mission. Ses compagnons avaient fait de même, chacun choisissant le style qui lui plaisait. Le chevalier d'Anfalas était classique, combattant avec une épée qu'il tenait à deux mains, comme il était privé de bouclier. Deux de ses pairs préféraient utiliser une épée et une dague, tandis que le troisième avait opté pour deux épées courtes. Quand Felian se fut assuré qu'ils étaient tous prêts, il frappa quatre fois à la porte comme l'avait fait Vagrant à leur arrivée. Il avait pris soin de mémoriser autant de détails que possible, des petites choses qui pouvaient leur sauver la mise le moment venu. Ils se dissimulèrent le long du mur, et attendirent que l'homme au visage rondouillard arrivât comme il l'avait fait un peu plus tôt. Ils virent la poignée de la porte s'abaisser, le battant d'entrouvrir, et un visage apparaître dans l'entrebâillement. Ne voyant personne, l'homme ouvrit un peu plus, et pencha à l'extérieur. Ce fut cette opportunité que saisit Felian. Sa main se referma sur la gorge du malheureux, étouffant son cri de surprise, avant de le tirer brusquement en avant. Il s'écroula de tout son long, laissant le chemin vers le Maire grand ouvert. Sans un regard pour lui, le chevalier d'Anfalas s'engouffra dans la brèche, conscient que derrière un de ses compagnons allait passer par le fil de son épée le misérable. Pour l'heure, ils devaient accélérer, et se dépêcher de se frayer un chemin jusqu'à leur ennemi, avant que le vacarme des combats n'attirât davantage de gardes. Toutefois, en franchissant la porte qu'ils refermèrent soigneusement derrière eux, ils se rendirent compte qu'ils avaient un problème. Et un problème de taille. Ils avaient imaginé tomber presque immédiatement sur le bureau du Maire, ou au moins sur une porte bien visible qu'ils auraient pu enfoncer sauvagement. Au lieu de quoi, ils se retrouvèrent face à un long couloir qui se séparait en plusieurs, sans la moindre indication. Felian abaissa son épée, et regarda de droite et de gauche, sentant une pointe d'anxiété le gagner. Ils devaient absolument se dépêcher, et les voilà qui se retrouvaient totalement perdus ! Se séparer était hors de question, mais en restant ensemble, quelles chances avaient-ils de trouver la bonne porte ?

- Là, Felian, regarde ! Une pièce de cuivre !

Le chevalier se retourna, et s'approcha rapidement pour l'examiner. Il faisait assez sombre dans le bâtiment, et les torches qui éclairaient à intervalle régulier ne dispersaient pas totalement les zones d'ombre. Ils se rapprochèrent d'un endroit un peu plus lumineux, et le guerrier se prononça, catégorique :

- Bien vu, Garro. Cette pièce n'est pas gondorienne, et elle ne doit pas traîner là par hasard. Sacré Felron, il nous a laissé des indices ! Dépêchons, nous devons le trouver !

La compagnie s'égaya soudain, et ils finirent par trouver quel chemin emprunter. Le couloir était assez large pour qu'ils marchassent à trois de front, ce qui laissait Felian encadré par deux chevaliers, avec Eirik et Garro derrière en soutien. Ils observaient de droite et de gauche, à la recherche d'un objet brillant, qui aurait accroché la lumière des flammes. Les pièces étaient disposées intelligemment, à chaque fois qu'ils en avaient besoin, et Felron avait dû faire montre d'une grande maîtrise pour déposer ces indices tout en continuant à jouer la comédie. Felian marchait d'un bon pas, mais il ne pouvait pas se permettre de courir, pour ne pas louper le prochain petit caillou de ce jeu de piste. Heureusement d'ailleurs qu'il ne courait pas, sinon il serait rentré dans le garde qui déambulait dans les couloirs, et qui venait de débouler d'un embranchement. Tous les hommes s'arrêtèrent au même moment, s'observant pendant une longue seconde comme s'ils n'en revenaient pas de croiser quelqu'un à cette heure. Le garde baissa les yeux vers l'épée que Felian tenait dégainée, et haussa les sourcils de surprise. Avant qu'il eût l'occasion de réagir, de sortir une arme ou de crier à l'aide, le chevalier du Cor Brisé s'était déjà jeté dans sa direction, lui planta sa lame dans le thorax avec violence. Le malheureux s'effondra, mort, mais le bruit de son corps heurtant le sol fut suffisant pour alerter d'autres sentinelles qui patrouillaient non loin.

- En avant ! Lança Felian à ses compagnons, avant de se mettre lui-même à courir.

Il allait bon train, et essayait de repérer les pièces sur son chemin. Au passage, il adressa un redoutable coup de poing à un garde qui venait de surgir sur sa route, et qui n'eut pas le temps de comprendre ce qu'il lui arrivait. Derrière lui, Garro acheva le misérable d'un coup d'épée, sans même avoir à ralentir un seul instant. De toutes parts, il commençait à y avoir de l'agitation dans l'aile du bâtiment, et les chevaliers ne parvinrent pas à atteindre le bureau du Maire avec l'effet de surprise qu'ils espéraient. Quand ils y arrivèrent, une demi-douzaine d'hommes et une femme les attendaient de pied ferme, épées brandies. De toute évidence, ils venaient à peine d'arriver, car ils n'avaient pas eu le temps de se mettre en ordre de bataille, ou bien de se saisir d'armes d'hast qui leur auraient donné un avantage considérable. Felian refusa de ralentir, ses compagnons également, et ils se jetèrent comme des lions sur les hommes de l'Ordre, qui rugirent en retour.

Epée contre épée, ce fut soudainement un chaos indescriptible. Le couloir était trop étroit pour permettre un affrontement organisé, et les coups de pied, de poing, de coude ou de genou étaient paradoxalement plus efficaces que les armes régulières. Felian se retrouva rapidement aux prises avec un adversaire particulièrement coriace, qui tenta de lui planter une dague dans le flanc. Le chevalier bloqua son poignet, et banda ses muscles pour empêcher cette menace de déchirer sa chair. Repoussé par la puissance de son adversaire, le guerrier sentit son dos heurter le mur. Il se servit de cet appui pour retrouver un peu d'énergie, et au lieu de tenter de repousser la dague, il la tira vers lui en s'écartant. La lame se brisa contre le mur, tout comme le nez de son adversaire qu'il écrasa contre la pierre immaculée. Reprenant soudainement l'avantage, il se saisit de son épée à deux mains, et l'abattit à la base du cou du misérable, le tuant dans l'instant. Avant d'avoir eu le temps de savourer sa victoire, Felian fut engagé par un nouvel ennemi. Il était le seul vêtu d'une armure, et son niveau était clairement supérieur à celui de ses compagnons. Lui ne souhaitait pas engager un duel de force, brutal et peu cohérent : il souhaitait surpasser le chevalier d'Anfalas par sa technique et meilleure maîtrise de l'épée. Il voulait prouver qu'il était le meilleur. Fort heureusement, l'homme de Valdoré n'était pas un novice dans ce domaine, et il avait eu l'occasion de s'illustrer au tournoi de Dale. D'abord surpris par la férocité de son opposant, il réussit à le repousser une première fois, pour retrouver son souffle. Les deux combattants donnèrent une seconde de répit – seconde que le chevalier mit à profit pour observer la situation, et constater qu'Eirik était aux prises avec la seule femme du groupe, qui paraissait lui donner du fil à retordre –, avant que Felian ne tentât sa chance : des deux, il était celui qui avait le plus à perdre à attendre, et il devait remporter cette victoire aussi vite que possible. C'était un avantage pour le guerrier en armure, qui semblait prêt à le contrer…


~ ~ ~ ~


Pendant ce temps, dans le bureau du Maire

Les deux hommes étaient levés, et le silence qui les entourait était rompu par le chaos qui se déroulait devant la porte. Un affrontement d'une violence inouïe avait lieu, à en juger par les cris, les hurlements, et le bruit des armes qui s'entrechoquaient. Toutefois, ils avaient chacun leurs propres problèmes à gérer, trop importants pour pouvoir se permettre de penser au sort de leurs compagnons. Sitôt que la situation avait commencé à dégénérer, ils avaient entendu une clé glisser dans la serrure, et condamner la porte du bureau, empêchant les agresseurs de venir s'en prendre au Maire, mais également les renforts de venir aider le Baron. Ce dernier, d'ailleurs, était dans une position terriblement délicate. Il se retrouvait piégé avec un ennemi, obligé de lutter pour sa survie, et pour l'accomplissement de sa mission. Avait-il imaginé que les choses allaient se dérouler ainsi ? Avait-il imaginé que ses compagnons allaient être arrêtés à la porte, obligés de lutter farouchement pour le rejoindre, et qu'il se retrouverait seul à affronter le Maire, son vaillant adversaire ?

Car même si le maître des lieux avait pris du poids, même s'il s'était un peu ramolli avec le faste de sa vie nouvelle, il demeurait un combattant de l'OCF. Il avait un passé de mercenaire, et il avait suivi une formation poussée auprès d'instructeurs impitoyables. Assurément, il était toujours dangereux, et il ne se laisserait pas avoir aussi facilement. En outre, il avait encore un avantage : derrière lui, une porte dérobée lui permettait de filer sans difficulté, contournant le déchaînement de violence devant sa porte principale. Si Felron ne faisait rien pour l'arrêter, il partirait appeler du renfort, et ils n'auraient aucune chance de s'en tirer. Pour éviter cela, il faudrait que les deux combattants arrivent à régler leur petit différend, grâce aux lames qu'ils avaient tirées prestement en comprenant que la situation était critique. Le Maire avait réagi le premier, associant immédiatement la clé dans la serrure à un danger imminent. Et quel pouvait être ce danger sinon des hommes venus pour le tuer ? Son esprit n'avait pas mis longtemps à comprendre que tous les prétendus soldats de l'Ordre étaient en réalité des imposteurs, et que donc le Baron avec qui il discutait courtoisement était un misérable traître. Il avait rapidement ouvert un tiroir de son bureau, en avait tiré une dague, et s'était jeté en avant pour essayer de trancher la gorge du noble.

Ce dernier avait évité en basculant en arrière, et même s'il s'était retrouvé sur le dos, les quatre fers en l'air, il avait réussi à se relever avant que le Maire eût trouvé le temps de faire le tour du bureau. Dans le même mouvement, il avait lui-même dégainé une dague, et s'était mis en garde, prêt au combat. Assurément, les deux hommes devaient avoir un niveau sensiblement égal. Le Baron était plus âgé, mais ce n'était pas un guerrier dans l'âme, et il allait devoir puiser dans ses ressources pour s'en sortir. En face, le Maire avait pour lui un entraînement militaire poussé et la jeunesse, mais son corps n'était plus habitué à ce genre d'exercices, et il risquait d'être un peu moins à l'aise que d'ordinaire. Ce serait un combat âpre, et le vainqueur n'en ressortirait certainement pas indemne… s'il en sortait vivant tout court.

- Vous savez, vous avez fait fort en arrivant jusqu'ici sans vous faire remarquer. Je pensais qu'on avait suffisamment contrôlé votre identité, mais je suppose que c'est l'apanage des organisations secrètes que de ne pas pouvoir poser trop de questions.

Il sourit, mais dans le même temps il se déplaçait de plus en plus vers la porte, son échappatoire. Chaque seconde gagnée était un pas de plus vers une résolution de cette situation, qui lui serait très certainement favorable. Les gardes allaient être prévenus par des serviteurs, et les renforts allaient arriver très bientôt. Il devait simplement tenir, encore un tout petit peu.

- Ecoutez, reprit-il, des gens de votre talent ont votre place parmi nous, je vous l'assure. Votre capacité à tromper votre monde est exceptionnelle, vous venez de me le prouver. Laissez tomber votre arme, et je demanderai à mes hommes de vous épargner quand ils rentreront dans la pièce. C'est votre seule chance de sortir d'ici vivant…

Cette fois, son visage était sérieux, mais c'étaient ses yeux qui souriaient. Un sourire sadique et malsain, qui ne laissait planer aucun doute quant à l'issue de cette négociation. Même si Felron acceptait, il était très peu probable qu'il fût épargné, sauf peut-être pour être torturé afin d'obtenir des informations. Non, décidément, les choses étaient allées trop loin désormais. Mais le temps pressait, et chaque seconde risquait d'être décisive…


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Evart Praven
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Du sang sur les quais EmptyLun 4 Mai 2015 - 2:00
Felron Vortimar de Caherdor

Du sang sur les quais Sans_t13

A mesure qu'ils approchaient du bureau du maire, on pouvait constater que la décoration se faisait de plus en plus luxueuse. Teintures et lambris donnaient une ambiance chaude à défaut d'être chaleureuse. Les couleurs taupe et écarlates étaient presque étouffantes mais surtout d'un mauvais goût certain, on pouvait aimer le luxe sans tomber dans cette ostentation vulgaire. Fort heureusement, Felron n'était pas là pour refaire la décoration de l'hôtel de ville -cela aurait probablement été un travail plus difficile que de tuer le maire-. Enfin il arriva dans une antichambre richement ornementée protégé par deux gardes.

Derrière la lourde porte ouvragée aux motifs d'or, il entra dans le bureau du maire. D'un sens, il était rassuré car leur stratagème avait marché -pour le moment du moins- car le maire se tenait là dans son bureau. Il était évident que le pouvoir l'avait engraissé, bien que plus jeune que lui -de loin-, il était presque obèse. Son visage rond était caractéristique des gens comme lui : un front très large qui dénotait toute son intelligence, des yeux bleus expressifs qui arboraient un air supérieur méfiant, d'épais favoris châtains et une chevelure dégarnie en son centre. Dans l'espoir de dissimuler son surpoids, il portait d'épais manteaux de brocards d'écarlate et or qui ne faisaient que renforcer son aspect massif. D'une voix chaleureuse, il le salua avant de se voir répondre par le vieil homme de la même façon :


- Mon seigneur, c'est un immense honneur d'être reçu par vous. Je ne peux vous exprimer mon immense joie et ma profonde gratitude. Après un long périple, il marqua une pause pour en faire ressortir la gravité, me voilà désormais à Pelargir, dans une cité amie.

Malgré son mauvais goût désormais certain, l'homme était d'une exquise politesse. En effet il avait eu l'élégance de lui préparer une petite collation -deux ou trois morceaux de viande, des légumes et quelques fruits servis dans un grand plat avec un couteau et une petite fourche- et l'invita à s'asseoir dans un des deux fauteuils qui jouxtaient une table basse. Lui-même s'invita dans l'autre fauteuil, de cette façon, il montrait toute l'importance qu'il accordait à Felron en se plaçant presque à égalité avec lui.

D'une voix polie, il invita le vieil homme à raconter l'histoire du groupe. Lorsqu'il était encore en Arnor, il avait aidé la Rose Noire dans sa lutte pour débusquer la Couronne de Fer. Il était donc tout à fait à même d'inventer une histoire crédible et raconta donc la trahison d'un sous-fifre qui, torturé par la Rose Noire, avait avoué la localisation du chef local de l'Ordre. Lorsque les régiments d'Arnor avaient débarqué dans sa ville, Felron n'avait alors eu la vie sauve que grâce à un chariot truqué qui, avec un double-fond, lui avait permit de passer les portes de la ville tandis que ses hommes étaient massacrés. Puis il raconta tout son périple où il rameuta petit à petit les divers membres de son actuel groupe.

Avec toujours autant d'amabilité, le maire compatit à la douleur du vieillard et lui proposa un verre de cognac. Celui-ci était absolument exquis avec un bouquet fruité et un arôme fort comme il aimait. Pendant qu'ils sirotaient tranquillement leur délicieux breuvage, le maire lui expliqua comment il dirigeait la ville. Il lui parla rapidement de l'Amirauté qui était entre ses mains, le Conseil des Nobles qui était sous sa coupe... C'est alors qu'il lui fit une proposition qui paraissait alléchante : lui faire épouser une fille d'une vieille, noble et riche famille de Pelargir et le mettre à la tête du Conseil des Nobles de la ville. En un autre temps, le vieux renard aurait été flatté et aurait certainement accepté ces honneurs. A dire vrai, le maire n'avait pas de chance, il y aurait fait cette proposition dix ans auparavant, il aurait accepté avec plaisir et arrogance mais, maintenant, sa fidélité allait au Roi Tar-Aldarion et à son maître espion Sirion. Prenant un air penseur et une voix mi-hésitante mi intéressée, Felron répondit :


- Votre proposition est excessivement généreuse, messire. Je dois avouer que …

Alors qu'il disait cela, bruits et hurlements apparurent derrière la porte. Tous deux comprirent immédiatement les implications et se levèrent promptement. Il n'avait fallu que quelques pas au maire pour récupérer une lame dans son bureau pendant que le vieux baron sortait son épée. C'est alors que le chef de la Couronne de Fer se jeta sur lui avec une telle violence que Felron dut se jeter au sol pour survivre. Alors que les deux hommes roulaient par terre, ils mirent plusieurs longues secondes à se relever : l'un avait mal aux articulations tandis que l'autre était gêné par son poids.

C'est alors que le maire s'est éloigné de quelques pas pour se mettre en garde. A la manière dont il tenait sa garde et du fait qu'il ne cherchait pas à fuir mais se préparait plutôt au combat, le vieil homme ne doutait pas du passé militaire du maire. C'était à coup sûr un soldat et, il en était sûr, un bon. Lui-même avait été un valeureux chevalier et, malgré son âge, il lui restait de bons restes et la force d'un taureau. Cela allait être un choc violent, l'un avait le désavantage de sa vieillesse et l'autre de son surpoids. C'est alors qu'il commença à négocier et proposa une stupidité à Felron en voulant lui vendre une potentiel survie. D'un ton arrogant, il répondit :


- Je suis prêt à mourir dès que je suis entré dans votre cité mais, je suis désolé, je n'ai pas le temps de discuter.

D'un geste violent, il lança une violente estocade contre le maire qui para cette première attaque. Felron devait adopter une tactique bien particulière, sa vieillesse aidant, il se fatiguait vite. Il devait donc de se ménager en portant des attaques rapides mais d'une grande violence en y mettant toute sa force et toute son habileté. Continuant le combat, il fit quelques moulinets et donna deux à trois coups de taille pour écarter le maire de la porte. Celui-ci recula de trois pas et se jeta sur lui. Il était très vif et donna plusieurs coups violents sur son épée qui mirent Felron en difficulté. Celui-ci recula de plusieurs pas face à l'assaut du maire qui continua à avancer sur lui en le frappant toujours plus rapidement. Lorsqu'il se retrouva contre le mur, le vieillard fit une charge brutale qui repoussa son adversaire de plusieurs mètres.

A nouveau le combat reprit avec une rare violence, les coups d'épées pleuvaient et de nombreux firent mouche. Les deux hommes avaient nombre de coupures aux bras et torse et ils commençaient à perdre du sang. Bien que toujours calme, l'esprit du vieillard s'embrumait petit à petit. Ces coups se faisaient moins précis et moins forts. C'est alors qu'un violent coup dans sa garde fit perdre à Felron son arme qui tomba au sol. Ne voyant plus d’échappatoire, il se rua contre son adversaire avec une violence inouïe. Emporté par sa force, il plaqua le maire contre le mur mais, lors de sa ruée, il avait eu l'occasion de récupérer le couteau qu'on lui avait servi avec la collation et il larda le corps de son adversaire d'une dizaine de coups.

Malheureusement pour lui, les lourds vêtements du maire le protégeait plutôt bien. Malgré le sang qui ruisselait sur la tunique d'or, Felron savait que les blessures n'étaient pas mortelles mais elles affaibliraient son adversaire. C'est alors que celui-ci repoussa violemment le vieil homme qui tomba à terre. Se ruant sur lui, le maire espérait pouvoir en finir en l’embrochant mais Felron eut le temps d'attraper son arme et de parer le coup. Lui-même donna un grand coup de pied au membre de la Couronne de Fer qui le poussa au sol.

Une fois que chacun fut relevé, le combat reprit avec toujours plus de violence. Malgré son surpoids, le maire prenait l'avantage. Il était plein de rage, comme si le fait de s'être fait dupé le poussait à vouloir exterminer complètement le vieux chevalier. Lui-même tenait à la vie et à sa mission mais il avait un coté plus « détaché ». Cela le rendait moins puissant mais, lui, conservait toute sa lucidité. Une lucidité qui lui était peu pratique à l'instant puisque le maire prenait toujours plus l'avantage. Il frappait toujours plus fort et Felron dut parer, parer à nouveau et encore jusqu'à qu'il doive lâcher son arme. Reculant de quelques pas, il put éviter un puissant coup de taille oblique qui meurtrit violemment le vieillard. Celui-ci était désormais contre le mur et n'avait plus d'arme face au maire qui le héla :


- Je vous avais bien dit de vous rendre, vieillard.

C'est alors que l'homme se saisit de son lourd manteau qu'il avait placé en entrant sur l'accoudoir.  Le jetant sur son adversaire, celui-ci répliqua d'une violente estocade à l'aveugle. Protégé par son manteau, la main de Felron s'empara de la lame de son adversaire tandis que l'autre frappa violemment le sternum de son adversaire et le plaqua contre le mur. Lâchant sa prise, il recula de plusieurs pas et rattrapa son arme au sol. Le combat reprit à nouveau mais encore une fois, Felron perdait petit à petit du terrain face à son adversaire toujours plus furieux. L'arrogance et la puissance brillaient dans ses yeux qui exprimaient tout son plaisir à prendre sans cesse plus de terrain face au vieillard.

C'est alors que le combat sembla s'achever. D'un violent coup d'épée, le maire força le baron à laisser tomber son épée sous peine de perdre ses doigts mais le coup suivant frappa le ventre du vieil homme qui tituba. Un nouveau coup de taille fit tomber Felron contre le guéridon sur lequel reposait sa collation. Plaqué au sol, il vit le gros maire se jeter sur lui. La pointe de sa lame plantée contre la table renversée, le membre de l'Ordre tenta d'approcher le fil de son arme contre la gorge du vieil homme. Dans un mouvement désespéré, celui-ci tenta de bloquer de sa main gauche la garde de son adversaire mais, comme elle était arrondie, celle-ci glissa sur la garde et finit sur la lame. Parvenant à trouver une prise, la paume de sa main s'enfonça dans la lame qui se bloqua contre l'os. D'une voix jouissive, le maire lui lâcha :


- Tu gagnes du temps, vieillard mais ne t'inquiète pas, tu vas bientôt mourir.

A mesure qu'il forçait sur la lame, la main du baron glissait et le fil se rapprochait. De sa main libre, il tenta d'asséner plusieurs coups puissants dans le visage du maire qui ne lâche rien. A mesure que la lame se rapprochait, Felron tenta de trouver une arme à proximité. Tâtant le sol, il trouva des fruits, le bord du plat puis la petite fourche. L'attrapant d'une main ferme, il attaqua le maire au visage. Les deux pointes du couvert s'enfoncèrent dans le visage du maire qui lâcha immédiatement son arme et se recula. Pointant son arme de fortune sur son ennemi, Felron s'avança en rampant sur le maire. Celui-ci attrapa sa lame et tenta un coup désespéré qui atterrit sur l'épaule en faisant une petite blessure tandis que le baron fit de même. La fourche s'enfonça profondément dans l'épaule de son ennemi qui hurla encore de douleur tandis que son autre main bloquait maintenant son bras armé. D'une voix grave, il lui déclara :

- Les Peuples Libres vous disent au revoir, Messire.

C'est alors que sa main fourchée s'enfonça à plusieurs reprises dans la tête du maire qui rendit rapidement l'âme. Blessé et fatigué, le chevalier de Cardinaud commença à fouiller le manteau du maire qui était vide. Tachant de récupérer le sien, il l'enroula en le plaqua de sa main gauche sur sa blessure. Se faisant, il espérait arrêter l'hémorragie qui menaçait de le tuer. Se levant péniblement, il se dirigea vers le bureau du maire. Il n'avait pas forcément beaucoup de temps et il devait récupérer autant d'informations que possible. Ouvrant tous les tiroirs, il fouilla et n'hésita pas à les renverser au sol. Examinant le meuble, il cherchait désespérément des papiers de l'Ordre. Si l'un d'entre eux parvenait à sortir vivant de cet enfer, il lui fallait ces papiers. De quoi trouver de nouveaux membres de l'Ordre, de quoi les chasser définitivement du Gondor et, peut-être même, de plus loin. C'était le plus important désormais.

Cherchant désespérément une cachette, Felron remarqua une petit encoche dans la tranche du bureau, tout au centre. Trouvant une prise, il tenta de faire levier de son épée. La première tentative échoua et sa lame vient se planter dans le fauteuil en le coupant légèrement à la jambe. Lors de la deuxième, il parvint à arracher la serrure et fouilla dans les papiers. Il y avait une liste de personnes -peut-être des agents de la Couronne de Fer, à moins que ne ce fût ses maitresses-, de la comptabilité -de la Couronne, espérait-il et non de la sienne propre-... Felron était certain qu'on ne pouvait pas diriger une organisation aussi vaste avec sa seule mémoire et on avait besoin de prendre des notes. Le vieux roublard était même sûr que c'était les seuls exemplaires et que, dans sa paranoïa, le maire était peu enclin à partager ces informations cruciales qu'il avait rangé dans l'endroit le plus sûr, pour lui en tout cas, de Pelargir : son bureau. Rangeant les documents dans la doublure de son pourpoint, il continua de fouiller et trouva une petite bourse. Dedans se trouvait quelques pierres précieuses et quelques pièces d'or. Il glissa la bourse dans sa poche, ce genre de biens pouvaient être utile pour une évasion pour lui ou pour ces compagnons.

Éreinté par le sang perdu et le combat, il décida de s'attaquer à un nouveau meuble. Contre le mur, un secrétaire à abattant, ouvert, promettait lui aussi de multiples informations. Vidant tous les tiroirs, Felron ne trouvait rien d'utile. Absolument rien. Il était prit d'une sorte de rage, de folie morbide et, de son épée, il donna de grands coups dans le secrétaire. Il n'avait absolument pas le temps d'explorer tous les mécanismes secrets du meuble et préférait réduire en charpie les parois pour trouver son bonheur. Multipliant les coups d'une violence inouïe, il parvint à trouver une sorte de tiroir secret où étaient rangée une pile de lettres. Contrairement à sa découverte précédente, c'était probablement moins central dans la gestion au jour le jour de l'Ordre. Probablement plus des plis échangés avec des lieutenants ou, pire, des contacts infiltrés dans l'administration des royaumes. Il n'avait pas le temps de les lire mais c'était tout ce qu'il espérait et il priait Eru que ce ne soit pas de vulgaires lettres d'amour d'une quelconque ambitieuse amante.

Derrière la porte de bois, le bruit des épées se faisait toujours entendre et Felron était bien décidé à essayer de leur venir en aide. Il n'avait jamais laissé tomber des compagnons, même s'il devait pour cela risquer sa vie. S'approchant péniblement de la porte, il commença à frapper la serrure de la pointe de son épée en espérant la voir céder sous ses estocades. Malgré la sophistication certaine de l'objet, ou peut-être à cause d'elle, il était presque certain qu'elle finirait par céder...


Dernière édition par Evart Praven le Mar 2 Juin 2015 - 13:05, édité 1 fois
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Sighild Baldrick
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Du sang sur les quais EmptyMar 5 Mai 2015 - 17:15
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Alors que son rival continuait à la taquiner, Lia vit sortir du bureau du maire le noble qui la logeait:
« Le Maire a décidé de repousser notre entrevue. Il a décidé de se… » il toussa et reprit « reposer. Garde la porte le temps de mon absence, nous resterons au rez de chaussée. »

Et elle le regarda partir, sans penser que cela serait la dernière fois qu’elle le verrait. Les deux guerriers entendirent les rires et les cris remplient de gaieté des « préférées » du Maire.
Un long silence s’installa dans le couloir. Lia avait toujours en elle ce mauvais pressentiment, une partie d’elle sentait un danger imminent arriver mais aucune preuve ne pouvait la conforter dans son idée.
Son regard devint un faible instant mélancolique en repensant à son cher protecteur. Jadis, il lui disait que son intuition était toujours juste : cela l’avait d’ailleurs sauvé plus d’une fois. Mais sera-t-elle sauve à son tour ? La mort l’avait déjà approché de prés, elle lui avait effleuré le visage mais ne s’était pas emparée d’elle. Calme comme à son habitude, la belle contempla sa bague noire et se contenta d’écouter ce qu’il se passait dans la pièce d’à côté.

Tout cela lui donnait la nausée, depuis ce fameux soir où son soit disant époux l’avait... Elle n’éprouvait que du dégoût envers l’acte en lui-même. Personne ne connaissait son passé, du moins, ils étaient désormais tous morts. Hogorwen fut le dernier dans la confidence, et il l’avait comprise.  La simple pensée de son prénom réveilla en elle un sentiment de colère et d’impuissance.
Elle fut sortie de ses pensées lorsqu’un soldat arriva avec un inconnu. Son regard tranchant se posa sur lui : un noble. La porte s’ouvrit et ils purent voir le Maire qui accueillit ce visiteur.
Il regarda ensuite ces guerriers : il connaissait très bien leur différent et pourtant ce duo était l’un des plus redoutables qu’il n’avait jamais vu.

Puis, la porte se referma…Qui aurait-pu croire que ce silence aller bientôt cesser ?
Lia regarda ce soldat, qui était hiérarchiquement inférieur à elle et lui ordonna :
« Fait ta ronde habituelle et que rien ne t’échappe. »



Le soldat s’exécuta sans plus attendre. Au sein de ces troupes, Lia inspirait à la fois de la fascination et de la peur. Hanzel quant à lui fit signe au soldat de s’exécuter.

Alors que ce dernier s’éloigna, la belle parla :
« N’as-tu pas cette impression de calme avant la tempête ? »



« L’Ordre est un ennemi dont beaucoup voudrait se débarrasser Lia. Tu n’as cependant pas tort dans ce que tu dis…il va probablement falloir doubler de vigilance. »

Et le silence s’installa à nouveau entre les deux guerriers mais leur répit ne fut que de courte durée.
Leurs soldats revirent en courant, tâchés de sang mais leurs blessures n’étaient que bénignes.
Sans plus attendre, Lia se retourna vers la porte du Maire et essaya de l’ouvrir : impossible et la porte était bien trop solide pour l’enfoncer.

En se retournant, la belle put voir leurs ennemis arriver. Sortant immédiatement son sabre de son fourreau, elle vit Hanzel courir vers cette troupe de guerriers, épée en main.

Son adversaire fut un petit blondinet, frêle jeune adulte. Que pouvait-il faire là ? Ce n’était pas grave, elle en finirait rapidement avec lui. Plusieurs coups suffirent pour le déstabiliser, pour le faire reculer. Le jeune homme baissa sa garde un instant, il eut en guise de leçon une belle égratignure marquait par le sabre de son adversaire.

Le jeune homme recula, il sentit l’effet du poison sur son bras. Constatant que son poison faisait effet, la belle fixa son adversaire et afficha soudain un sourire des plus sadiques. Ce n’était pas un poison bien fort car sa lame ne pouvait pas supporter n’importe quoi. Mais ce poison était assez efficace pour étourdir quelque peu son adversaire, voire engourdir son membre sur le long terme.
La belle resta sur ses gardes et attendit que son frêle adversaire attaque.
Du sang sur les quais Blackk10

Lia avait encore une fois vu juste. Hanzel prit pour adversaire le premier guerrier sur lequel il tomba : visiblement le chef de la troupe.

Le fer se croisa et ils reculèrent chacun de leur côté. Hanzel en profita pour jeter un bref coup d’œil sur sa rivale, qui semblait s’en sortir sans soucis.

Epée en main, il se mit en garde et leur combat acharné reprit. Ce guerrier était fort, mais pour autant, il ne l’impressionnait pas, au contraire, il ne faisait qu’augmenter son désir de meurtre. Hanzel était un guerrier, tout aussi puissant que Felian et bien qu’ils soient opposés par leurs valeurs et leurs croyances, Hanzel avait le sens du devoir et du combat.

Son adversaire le blessa à quelques endroits du corps, quelques blessures bénignes et une plus prononcée au niveau de la cuisse droite. De son côté, il réussit à le blesser aux jambes également.
Aucun mot ne fut échangé : cela n’était pas dans les habitudes d’Hanzel, il préférait porter des coups nets et précis.

Il était conscient que cette bataille allait être rude, peut-être serait-ce son dernier combat…Mais il ne préférait pas trop y penser : sa famille l’attendait chez lui.
Parant et attaquant son adversaire, Hanzel montra à son adversaire qu’il n’allait pas mourir aussi facilement.

*** Pendant ce temps, dans le bureau du Maire ***


Une femme d’une beauté rare et aux cheveux de feu ferma à clé la porte qui donnait dans le couloir. Il était hors de question que les filles aient à faire à ses barbares.

Elle demanda aux filles de barricader cette porte. Erézeth voyait bien qu'elles avaient peur, pour autant, il fallait qu’elles se protègent de ces guerriers. Qui sait ce qu’ils pourraient leur faire…le Monde était tellement fou.

Marta, pleurait à chaude larmes. Marta, c’était la plus jeune, le Maire l’avait sorti de la misère en échange de ses « services ». Hésitante au début, voire écœurée par ce qu’on lui demandait, elle fut rapidement mise à l’aide par les autres. Malgré tout ce qu’elle avait fait, Marta avait le visage d’une sainte. Ses yeux couleurs noisette pouvaient attendrir plus d’un homme, et c’est sans doute pour cela que le Maire avait repéré la donzelle.

Comme une mère qui rassure sa fille, Erézeth la prit dans ses bras et elle caressa ses cheveux châtain. Puis, elle lui fit signe de rejoindre Améthyste. Améthyste elle, n’était pas plus rassurée, mais la jolie blonde aux yeux bleus ne voulait pas faire peur à Marta.
Une seule solution de survie : le bureau de leur maître, il n’y avait que là qu’elle pouvait fuir par le passage secret.

S’habillant plus modestement, les trois « préférées » étaient maintenant de simples servantes, qui  tenteraient de fuir ces événements abominables. Elles prirent soin de cacher dans leurs poitrines des bourses d’or. Elles couvrirent ensuite leurs atouts d’une épaisse étole.
Posant sa main sur la porte qui donnait dans le bureau du Maire, Erézeth se retourna et dit aux filles :
« Je vais passer en première, vous savez où c’est donc…n’ayez pas peur, si vous devez partir sans moi, courez sans vous retourner. Le Maire nous a déjà montré quel était le bon chemin. Ce qui compte c’est de vivre d’accord. »

Les deux mignonnes hochèrent la tête et Erézeth saisit la seule épée cachée dans la bibliothèque et elle ouvrit la porte dérobée.

Du sang, celui du Maire, de son bienfaiteur et entendit son assassin. A sa vue, une rage s’empara de la femme. Certes, le Maire n’était guère apprécié de tous, mais jamais il ne s’était montré irrespectueux ou violent envers ses « préférées ». Elles avaient toutes beaucoup de respect à son égard, peut-être parce qu’elles n’étaient que de pauvres filles de la campagne et qu’elles n’avaient rien vu du monde extérieur.

L’assassin s’avança vers le petit groupe, il était blessé. Il tendit son épée vers le groupe de femmes. Marta et Améthyste étaient derrière Erézeth, qui se mit immédiatement en garde.

Marta vit alors le corps en sang du Maire. La gamine pâlit d’avantage, elle recula de quelques pas et regarda le corps du Maire, puis son assassin et ainsi de suite. La folie s’empara d’elle, sa main trouva un objet dur plaçait sur l’étagère. Elle le saisit et dans un geste vif l’envoya en pleine figure de l’assassin.

Ce dernier para le coup, mais il ne vit pas le second que lui lança Améthyste qui avait suivi le mouvement. Les deux gamines lui lancèrent tout ce qu’elles pouvaient trouver : statuette, livres, décoration quelconque.

Erézeth restait sur ses gardes pour « couvrir » ses petites. Sous les coups des projectiles, l’homme s’agenouilla, affaibli par les coups et par ses blessures.
Erézeth  se dépêcha : elle fit le tour de cet homme et l’assomma avec le pommeau de son épée.

Leur seul souhait était de survivre, pas de mourir et encore moins de tuer. Elles n’étaient pas faites pour ça.

L’homme demeurait étendu au sol pendant que les trois putains ouvrir, une autre porte dérobée, un passage dont elles seules connaissaient l’origine. Une fois le mur fermé, elles coururent en suivant Erézeth qui connaissait exactement le chemin à prendre.

Et c’est ainsi qu’elles s’échappèrent de cet enfer, qu’elles quittèrent cette vie pour de meilleurs jours…
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Learamn
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Du sang sur les quais EmptyJeu 7 Mai 2015 - 21:39
La situation était des plus délicates , en arrivant dans la grande salle où les avait conviés le Capitaine Learamn put remarquer la présence de trois nouveaux sbires de l’Ordre ; ils étaient désormais en infériorité numérique. Pendant que l’officier parlait le jeune capitaine rohirrim réfléchissait à toute vitesse , il tentait d’analyser la situation le plus rapidement possible. Ils étaient quatres combattants vaillants mais avaient face à eux six gardes émérites de plus la présence d’un elfe dans le camp adverse n’arrangeait pas les choses , le jeune homme n’avait jamais eu l’occasion de croiser le fer avec l’un d’entre eux mais il avait entendu des choses bien inquiétantes au sujet de leur talent d’épéiste. Il adressa une regard furtif à ses compagnons , leur faisant comprendre qu’il fallait encore attendre un peu , ces derniers semblaient tendus , mal à l’aise dans cette position d’infiltrés ; Learamn se doutait bien qu’ils étaient impatients de dégainer mais chaque chose devait se faire en son temps .
Le Capitaine exposait la situation de la cité et de quelle manière l’Ordre la gouvernait si toutefois il s’agissait bien encore de l’OCF . Le Capitaine parlait de cette organisation comme un vestige du passé , il affirmait avoir reconstruit glorieusement sa vie , qu’une nouvelle puissance s’était bâtie ici. L’homme affichait une ambition sans bornes et il proposa aux membres du groupe d’intégrer sa troupe pour réaliser leur rêve .
Mais alors que Learamn s’apprêtait à répondre , désireux de creuser encore un peu plus le fond du problème un bruit sourd se fit entendre , quelqu’un venait d’entrer dans le bâtiment et se dirigeait vers eux . Etait ce Nathanael et les agents de la Rose Noire qui venait leur prêter main forte ou bien des renforts qui auraient eu vent d’une possible attaque à la mairie? Ils le sauraient dans quelques minutes à peine mais à ce moment là il sera trop tard pour faire un choix. Fallait-il entretenir la discussion ou sortir les épées de leur fourreau?
Ils n’en avaient appris que trop peu durant cette brève discussion , où se trouvaient donc les dernières poches de résistance de l’Ordre? Qui représentait encore un autre danger dans la cité? Tant de questions sans réponses mais d’un autre côté la possible arrivée imminente d’autres adversaires poussait à agir au plus vite. Learamn et ses guerriers étaient déjà en infériorité numérique , il était inutile que la situation devienne complètement désespérée.
Le rohirrim hésita durant quelques secondes mais il devait faire un choix , le temps de réflexion était devenu un luxe qu’il ne pouvait se permettre . Il parla d’uen voix légèrement tendue

-Accepter votre offre et pourrit dans cette cité moisie ? Non merci . Voyez vous je suis un voyageur , j’aime la liberté et je n’aimerais pas que l’on me coupe les ailes.
Vous êtes déjà allé en Rhûn? Magnifique pays quoiqu’un peu sombre , moi je suis allé du côté de Vieille Tombe et j’y ai rencontré l’Orchâl dans les catacombes ; étrange non? Ca n’a pas été facile d’en venir à bout mais on a fini par réussir à l’éliminer…. TOUT COMME VOUS!


Sur ces mots Learamn dégaina et plongea sur le capitaine mais une lame se mit en travers de ce chemin , le jeune homme leva les yeux . L’elfe s’était interposé et il comptait bien en découdre , le jeune homme ne pouvait plus reculer devant cet adversaire sûrement plus fort que lui . Derrière lui il entendit Linda , Maraloch et Altirchonaveusteg se mettre en branle et engager le combat avec les autres adversaires , de vaillants combattants que l’on avait envoyé à une mort certaine dans ce guêpier . Learamn dévisagea son adversaire décidé à protéger le capitaine , peut-être que la seule solution était de le mettre en rogne pour lui faire perdre son sang froid et l’éloigner de son objectif , ainsi le capitaine serait accessible tandis que Learamn et l’elfe se battrait . C’était un pari risqué et aux chances de réussites limitées mais y avait il d’autres alternatives , si oui le jeune officier ne les voyait pas .

-Alors Oreilles Pointues , l’air de la forêt commençait à t’ennuyer pour qu’un humain te fasse son homme de main?

C’était tout ce qu’il avait trouvé à dire , ce n’était pas fameux mais il espérait que ça aurait quand même son petit effet. Une fois le combat engagé il allait devoir tenir le plus longtemps possible tout en priant pour que ce soit bien Nathanaël et la Rose Noire qui allait débarquer et non une horde d’ennemis enragés . Il n’y avait rien d’autre à faire , ils étaient face à une impasse et maintenant que le combat était engagé il ne pouvait plus reculer . C’était la mort ou la réussite et à ce petit jeu là la Mort partait avec un avantage.


Du sang sur les quais Learam11
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Mardil
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Du sang sur les quais EmptyVen 15 Mai 2015 - 16:06
Du sang sur les quais Eirik11


Eirik écouta avec attention les paroles de Felian. Des paroles qu’il savait être vraies. Il savait aussi qu’il n’était pas temps de réfléchir à ce qu’il avait fait. Il aurait tout le temps de méditer sur ses actes s’il passait la nuit. Felian était un homme d’honneur et Eirik était tout prêt à suivre ses instructions. Il commençait à se rendre compte du réconfort qu’on pouvait ressentir à simplement suivre les ordres. Tout du moins quand ceux-ci étaient donnés par une personne aussi droite que le chevalier.

Ils s’élancèrent dans le couloir et progressèrent rapidement, aidé par les indices que Felron avait laissés sur sa route. Malheureusement leur présence ne passa pas inaperçue et leurs ennemis ne tardèrent pas à converger vers eux, alertés par le bruit. Pour l’instant, ils arrivaient un à un et il leur était facile de se débarrasser d’eux avant qu’ils ne deviennent un problème.

Ce n’est qu’en arrivant devant ce qui devait être le bureau du maire que les choses se compliquèrent. Six hommes et une femme leur faisait face et le combat s’engagea avant même qu’il ne s’en rendit compte. Il esquiva le premier coup qu’un homme allait lui porter et ce dernier, emporté par son élan heurta de plein fouet Garro qui était juste derrière lui. Il eût à peine le temps de voir Felian se débarrasser de son premier adversaire qu’il se trouva face à face avec la seule femme du groupe.

Il savait qu’il ne devait pas la sous-estimer pour la seule raison qu’elle était une femme. Il avait vu bien des femmes combattre à Fondcombe, du côté des elfes comme de celui de l’OCF. Cependant la force des premiers assauts de la jeune femme le surprit et il recula face à la brutalité dont elle faisait preuve. Il baissa sa garde un moment et en fût récompensé par une égratignure sans gravité sur l’avant-bras. Du moins c’est ce qu’il pensa au premier abord.

Puis il sentit une démangeaison au niveau de sa blessure et comprît que la lame de son adversaire était de toute évidence empoisonnée. Il n’avait aucune idée des conséquences dudit poison. Allait-il mourir dans les minutes qui suivraient ? Sa plaie allait-elle s’infecter ? Le sommeil allait-il le gagner ? La seule chose qu’il vît fût le sourire qui éclaira le visage de son adversaire. Puis le visage de sa sœur apparut devant ses yeux et c’est ce qui le sortit de sa torpeur.

Peu importe le temps qu’il lui restait avant que le poison ne remplît son office, il ferait en sorte de ne pas mourir seul. Si Eirik était jeune, il maniait l’épée depuis son plus jeune âge et il était bien plus redoutable que son apparence ne le laissait penser. Mais surtout il était animé par le sentiment que leur quête était juste et par la vengeance qu’il voulait accomplir face à tous les agents de l’ordre.

C’est ainsi, alors que son adversaire pensait probablement que ce combat était gagné d’avance, qu’il mît un  genou à terre et laissa tomber son épée. Le sourire sur le visage de la jeune femme s’élargit encore et c’est à ce moment là qu’il se releva et chargea de toutes ses forces. Il avait laissé son épée au sol, peu pratique dans ce couloir étroit, et tenait fermement son poignard.

Surprise par cet assaut, elle fût entrainée au sol et forcée de lâcher son sabre. Si son armure était résistante et qu’elle lui permit de ne pas être sonnée par sa chute, elle l’empêchait aussi d’être aussi mobile qu’Eirik. Ce dernier visa l’un des rares endroits sans protection de son adversaire. Son poignard s’enfonça donc profondément au niveau de la cheville droite de la jeune femme, à l’endroit où les deux éléments de son armure faisaient contact. La douleur devait être atroce et surtout la belle risquait fort de boiter quelques mois à cause de la blessure. Enfin si elle réussissait à survivre à cette nuit.

Elle lui balança un coup de poing dévastateur en plein visage et Eirik sentit son propre sang envahir sa bouche. Elle lui avait ouvert la lèvre et sous l’impact il s’était mordu la langue jusqu’au sang. Elle ne chercha pas à le frapper de nouveau mais roula sur le sol hors de son atteinte… et vers son sabre situé non loin. Eirik fît de même et récupéra son épée. Ils étaient de nouveau face à face, arme à la main, mais Eirik vît bien qu’elle pouvait à peine poser le pied par terre. Il sentait également le poison agir de plus en plus et que sa poigne sur son épée diminuait d’instant en instant. Les deux combattants étaient affaiblis mais plus déterminés que jamais. La bataille faisait rage autour d’eux et il n’était pas dit que leur duel ne serait pas perturbé. Cependant, ils se dévisageaient mutuellement et plus rien n’existait pour eux deux à part eux-mêmes et leur affrontement. Eirik mena la seconde offensive et se jeta vers son ennemie, en prenant soin de ne jamais baisser sa garde.
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Nathanael
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Du sang sur les quais EmptyMar 2 Juin 2015 - 10:02
Echappée belle. Nathanael et les deux agents de la Rose Noire sortirent des geôles comme vomis par les entrailles du bâtiment, silhouettes informes aux mains déjà noircies du sang de leurs ennemis. Aussitôt dehors la pluie battante leur cingla le visage, s’insinuant le long de leur nuque et dégoulinant leur long de leur visage. Le sol pavé était couvert d’une épaisse pellicule d’eau rendant toute course impossible sans risquer la chute, le ridicule et la mort sans doute. Les trois hommes marchèrent donc activement pour rejoindre leurs compagnons là où ils les avaient vus pour la dernière fois. « La dernière fois … ». Nathanael ne pouvait s’empêcher de ressasser dans son esprit qu’ils risquaient tous de mourir entre les murs de la cité portuaire. Mourir pour des idées ! Lui et sa volonté de sauver les peuples libres, de faire pérenniser le royaume de Gondor et d’engager sa vie pour sauver des âmes. Il se maudit en l’instant, comme à chaque fois que le danger surpassait sa capacité à l’éviter : « Plus de danse macabre autour des échafauds! Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente ». L’espion répéta en boucle, à part lui, cette inlassable chansonnette que lui avait transmise le prêtre auprès duquel il avait fait son apprentissage. Espion, quelle absurdité ! Il aurait mieux fait de tenir sa langue, de s’asseoir à la bibliothèque de Minas Tirith et d’y moisir comme un rat en attendant son heure comme bibliothécaire royal ou archiviste.

Il en était là de ses pensées lorsqu’ils parvinrent sur la place où se trouvaient peu de temps avant le capitaine, Learamn et leurs compagnons d’infortune. Nathanael freina le pas, resta dans l’ombre avec les Arnoriens et prit le temps de la réflexion. Il n’était pas sûr de la marche à suivre, ni du chemin à prendre. Les deux agents de la Rose Noire semblaient intuitivement l’avoir désigné comme responsable de leur petit groupe et il ne fallait guère espérer une prise d’initiative de leur part. Tête baissée, ils traversèrent la cour intérieure dans l’espoir de trouver un indice, une piste, quoi que ce soit qui leur permettent de retrouver leurs comparses. Par chance ils ne croisèrent personne, la nuit et le déluge faisaient office de remparts naturels contre une rencontre inattendue. Mais il y eut une brèche. Nathanael leva les yeux et croisa ceux, non moins étonnés, du Lieutenant dont les pensées s’éclaircirent brutalement comme s’il voyait enfin la lumière d’un Valar. Ils purent l’entendre distinctement abandonner un : « Par Ulmo qu’est ce que c’est que ce bordel ! » avant de détaler devant eux et de prendre la direction d’un bâtiment sur leur gauche. Comme un seul homme, Nathanael et les agents de la Rose Noire partirent à sa poursuite. Le lapin retournait dans son terrier, et il leur faudrait peu de temps pour en trouver l’entrée et le prendre au piège. Leur course précipitée était rythmée par des glissades désordonnées et des reprises d’équilibre chancelantes, quelques jurons sonnant comme un refrain pour accompagner cette farandole insolite.

Le lieutenant leur échappa en se réfugiant à proximité d’une porte, les laissant aux petits soins avec les deux gardes qui contrôlaient les entrées. Le terrier du lapin n'était autre que la tanière des loups. Leur hôte avait soigneusement laissé pour consigne de les « tuer, de les crever, de les envoyer par delà les mers dans le royaume de Mandos ». Les convenances n’étant plus ce qu’elles étaient et la politesse étant laissée de côté, stratégie et beaux discours devaient céder la place à moins de finesse et à de violents échanges. Les deux gardes sortirent l’épée, tout comme le lieutenant, déterminés plus que jamais à réguler la pandémie qui affectait les quartiers militaires en tuant leurs assiégeants. Des anticorps bien virulents pour un si petit nombre de virus. Le soupir que Nathanael s’apprêtait à pousser fut étouffé au fond de sa poitrine. L’un des gardes lui assena un violent coup de pommeau dans la tempe. L’espion avait mal calculé ses distances et n’avait pas pris la peine de se mettre en retrait des deux agents de la Rose Noire. Le coup lui fit perdre l’équilibre et il tomba à la renverse dans une flaque qui engloutit son honneur et sa fierté. Ses deux hommes d’armes croisaient le fer avec l’autre marin et le lieutenant et il était seul face à une menace rapide et déterminée.

Encore sous le choc, et pris de nausées, Nathanael mis une seconde de trop à reprendre ses esprits. Il vit la lame qui plongeait sur lui au dernier moment, et la roulade qu’il entreprit ne fut pas suffisante pour lui épargner une estafilade le long des côtes. La douleur l’étreignit comme jamais, la peur et la colère envahirent son cœur et comme un animal blessé face aux chasseurs, il entreprit de défendre sa vie malgré le déséquilibre des forces. Il sortit son stylet dissimulé le long de sa cuisse, poussa un grognement sourd tandis que la douleur se faisait plus lancinante et se releva prestement tandis que le garde tentait de lui assener un autre coup. Le ridicule de la situation n’échappa pas à son opposant dont l’épée avait une portée largement supérieure à l’arme de l’espion, plus semblable à un coupe-papier qu’à une flamberge. L’homme le targua d’un sourire mauvais et mesquin. Mais toute moquerie mourut sur ses lèvres, happée par la fougue et le désespoir de Nathanael. L’espion n’avait pas réfléchit longuement, la réflexion lui ayant déjà coûté quelques lambeaux de chair, et il avait sauté comme un diable sur le marin. L’espion avait paré le coup avec son long couteau, sentant vibrer dans tout son corps la contestation de ses muscles et de ses os face à un tel effort, et de sa main libre, avait fracassé le nez de son adversaire. Le sang coulait abondamment sur le torse de l’homme, comme si la pluie elle-même s’était muée en une hémorragie tombée du ciel. Le marin tenta un nouveau coup tout en se tenant le visage d’une main après avoir poussé un hurlement de douleur. Mais c’était peine perdue. La rage du combat avait gagné Nathanael, le cri de guerre de ses ancêtres rohirrims avait envahit son esprit ; le doute et la peur s’étaient mués en une inextinguible soif de vaincre. Nathanael fit reculer son ennemi d’un pas, il plongea une nouvelle fois sur lui et transperça son flanc de son arme, enfonçant son stylet jusqu’à la garde entre les côtes de son adversaire, comme un boucher mettant à mort un porc. Une expiration macabre, et ce fut la fin. La lumière quitta le regard du marin, son épée rebondit sur le sol, et son corps s’effrondra mollement sur les pavés comme une poupée de chiffon.

Les deux agents de la Rose Noire se débattaient toujours avec le lieutenant et son acolyte. Face au renversement de situation, les deux hommes prirent la fuite, et tentèrent une retraite derrière la porte gardée quelques secondes auparavant. Sur leurs talons, Nathanael et les deux Arnoriens parcoururent un long couloir et virent les deux soldats disparaître par une nouvelle entrée. Dans la vaste salle, le capitaine de Pelargir et Learamn purent voir arriver le lieutenant, suivi de près par le garde. Ce dernier s’arrêta brusquement et se plaqua contre le mur, attendant traîtreusement qu’un des hommes franchissent la porte. Learamn poussa un cri pour prévenir ses compagnons, mais ce ne fut pas suffisant, et l’un des agents de la Rose Noire tomba, terrassé d’un coup d’épée dans la poitrine, la surprise encore lisible sur ses traits. Nathanael vit l’homme s’effondrer à ses pieds. Le second agent de la Rose Noire fut prit d’une fureur sans nom et s’engagea dans un affrontement acharné avec le garde. Nathanael profita de la voie libre pour engager le combat avec le lieutenant alors que le capitaine et ses officiers se répartissaient les traîtres restant.

Les morts de part et d’autre n’avaient pas renversé le déséquilibre numérique. Le capitaine et ses hommes étaient huit, alors que les compagnons de Learamn n’étaient que six… mais l’espion montrait des signes de faiblesse, essoufflé par sa course,  brisé par les coups et sa dernière blessure. Seule la rage le maintenait debout alors que son corps lui hurlait de se soumettre et d’en finir. Seule la chance et l’espoir pouvaient changer la donne, il fallait en avoir plus que son ennemi en cette heure.
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Ryad Assad
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Du sang sur les quais EmptyJeu 11 Juin 2015 - 14:46
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Felian inspira profondément. La blessure n'était pas trop grave, mais elle avait tout de même piqué son orgueil. Il n'était pas vaniteux pourtant, mais il ne pouvait tolérer d'être surclassé par un des serviteurs de la Couronne de Fer. Il ne pouvait pas admettre de perdre dans un combat équitable. Le Chevalier du Cor Brisé raffermit sa prise sur son épée, et revint à l'assaut encore plus déterminé, abattant son arme avec force, maîtrise et précision. Son adversaire et lui s'opposaient sur bien des points : ils servaient des causes différentes, et devaient avoir une conception radicalement opposée de l'existence. Là où le premier défendait la liberté et la vertu, le second se battait pour instaurer un ordre tyrannique, au mépris des lois et de la morale. Ils se battaient pour des motifs qui leur étaient personnels, mais qui ne devaient rien avoir de similaire. Ce séide malfaisant tirait probablement l'épée dans le but d'acquérir du pouvoir, du prestige, ou même de l'argent. Il n'était sans doute rien de plus qu'un mercenaire, un tueur au sang froid, habitué à obéir sans poser trop de questions, pour satisfaire ses désirs morbides. Felian, lui, se battait dans l'espoir de retrouver un jour sa petite sœur qui lui avait été enlevée. Elle avait disparu un beau jour, kidnappée par les hommes de la Couronne de Fer, et depuis lors il n'avait eu de cesse de les traquer et de les affronter, dans le but de trouver quelqu'un qui saurait où elle se trouvait.

Toutefois, en dépit de leurs différences, beaucoup de choses les rapprochaient. Ils étaient tous les deux des combattants, et cela se voyait dans leur attitude, dans leur manière de se regarder, de s'analyser. Ils faisaient preuve d'une grande méfiance l'un envers l'autre, et s'ils se battaient avec rage, elle demeurait contenue. S'ils se battaient avec passion, elle demeurait contrôlée. S'ils se battaient avec ardeur, elle demeurait canalisée. Ils ne déchaînaient pas leur furie toute entière, car ils savaient que celui qui se trouvait en face d'eux était un adversaire formidable, redoutable, et que la moindre erreur risquait de leur être fatale. Leur duel était âpre, disputé et indécis. Les coups pleuvaient, chacun répondant à l'autre avec la même intensité, sans céder un pouce de terrain. Chaque pas en arrière impliquait un pas en avant, et ils se retrouvèrent souvent collés l'un à l'autre, séparés à peine par deux lames entrecroisées sur lesquelles ils faisaient pression. Felian savait qu'il n'avait pas le temps de traîner, mais son opposant était si fort qu'il ne pouvait pas en venir à bout en quelques passes. Il devait réfléchir, et surtout ne pas se laisser gagner par l'impatience, ce que son adversaire paraissait attendre. Essayant une frappe d'estoc, son coup fut bloqué, et d'un habile mouvement du poignet le guerrier de la Couronne de Fer riposta, forçant le Chevalier du Cor Brisé à reculer pour éviter de voir sa gorge être ouverte. Son pied trébucha sur un bras étendu là, séparé du corps à qui il appartenait par le fil tranchant d'une épée. En glissant, le guerrier revint un bref instant à la réalité, et son esprit fut envahi par le chaos du champ de bataille. Des cris, des chocs, des mugissements étouffés. C'était la guerre, ici. Depuis combien de temps se battaient-ils ?

Replongeant dans son duel au même moment où il plongeait sur le côté pour éviter la lame de son adversaire, Felian roula sur lui-même. Pour la première fois depuis le début de ce duel, il fut heureux de ne pas porter d'armure, sans quoi il aurait été purement et simplement coincé au sol. Au lieu de quoi, il esquiva une lame qui vint se planter lourdement dans le parquet, et riposta d'un violent coup de talon dans le genou de son adversaire. Celui-ci s'écroula sur le sol en grognant, sans malheureusement lâcher son épée. A terre, les deux combattants continuèrent la lutte. Ils devaient redoubler d'efforts pour éviter les hommes qui se battaient autour d'eux, et qui n'étaient en définitive que des images fugaces qui passaient devant leurs yeux, des couleurs et des sons qui se déplaçaient sans aucune cohérence, sans qu'il le fût possible d'identifier ami ou ennemi. Ils étaient focalisés l'un sur l'autre, et sur rien d'autre. Le guerrier de l'OCF tenta de se relever, mais sa lourde armure l'empêchait de manœuvrer comme il l'entendait, si bien que Felian eut le temps de se jeter sur lui et de le percuter de tout son poids. Ils roulèrent l'un sur l'autre, renversant au passage un combattant dont ils ignoraient l'affiliation, et continuèrent à s'agripper. Dans la mêlée, ils perdirent leur épée, et se retrouvèrent contraints de combattre à mains nues. Malheureusement pour Felian, il se retrouva en-dessous de son opposant, qui commença à lui asséner des coups de poing rendus dévastateurs du fait qu'il portait des gants renforcés. La tempe du guerrier en fit les frais, et elle s'ouvrit subitement en déversant un flot de sang poisseux qui collait ses cheveux.  Profitant de ce qu'il avait réussi à toucher une première fois, le guerrier s'empara d'une dague, et entreprit de la plonger dans le cœur du Chevalier du Cor Brisé. Réagissant promptement, ce dernier parvint à dévier la lame, qui alla glisser le long de ses côtes en s'enfonçant tout de même dans sa solide cuirasse. Le cri de pure souffrance qu'il lança à ce moment-là témoignait à lui seul de la taille de la plaie qu'il venait de recevoir, sans savoir si elle était grave ou non.

Cela l'intéressait-il vraiment ? Il profita de ce que son adversaire était emporté par son élan, totalement focalisé sur ce coup qu'il espérait être le dernier, pour contre-attaquer avec une sauvagerie rare. Ses poings s'élevèrent en même temps, et vinrent frapper simultanément les deux oreilles de l'homme en armure. Puis, contractant tous ses muscles dans un dernier effort, il referma ses mains autour de sa nuque, le tira en avant, et lui asséna un spectaculaire coup de tête en plein dans le nez, lequel s'écrasa douloureusement sous l'impact. Grièvement touché, le misérable était incapable de maintenir sa prise, et Felian trouva à se dégager d'une ruade, récupérant au passage la dague de son adversaire. Il aurait pu s'en servir pour le tuer, mais il fut distrait de son entreprise par l'appel à l'aide d'un de ses compagnons, qui affrontait deux hommes. Privé de son épée, qui gisait quelque part non loin, le chevalier d'Anfalas chargea tout de même, indifférent à ses blessures et à ses chances de l'emporter. Attaquant par surprise cet adversaire qui ne le regardait pas, il plongea sous la garde de son vis-à-vis, et lui transperça le foie, frappant encore et encore jusqu'à sentir le corps de son ennemi être vidé de toutes forces. Alors seulement il le lâcha, le laissant s'écrouler face contre terre. Il n'avait encore jamais tué un homme dans le dos. Jamais.

En regardant autour de lui, Felian remarqua que les pertes étaient terribles des deux côtés. De nombreux corps baignaient dans leur propre sang, qui imbibait les murs. Le décor était chaotique, et la boucherie était d'une rare violence. Même pour un homme de guerre comme le Chevalier du Cor Brisé, c'était beaucoup. Il ne pouvait pas supporter de voir le visage de ses compagnons, figés dans une expression d'ultime souffrance qui resterait gravée dans sa mémoire. Il ne pouvait même pas apprécier de savoir que leurs ennemis étaient en passe d'être vaincus, et qu'ils avaient remporté là une précieuse victoire. Le Maire se trouvait certainement derrière cette porte en bois, laquelle n'était plus défendue. Les assaillants avaient fait merveille, et s'occupaient des derniers résistants qui seraient bientôt mis à mort ou en fuite. Felian, sentant sa propre blessure le tirailler, alla tout de même se jeter contre la porte qui – à sa plus grande surprise – céda sous l'impact. Il se savait capable d'un tel exploit au sommet de sa forme, mais là, après avoir dépensé autant d'énergie pour venir à bout de son adversaire ? Quelqu'un avait dû fragiliser la serrure de l'autre côté. Propulsé à l'intérieur par son propre poids, il peina à se stabiliser, ses yeux s'égarant sur le chaos indescriptible qui régnait à l'intérieur. Felron gisait là, se vidant de son sang, sans qu'il fût possible de dire s'il était vivant ou mort. Ses blessures étaient sérieuses, et la tâche écarlate qui l'entourait ne laissait que peu d'espoir quant à son cas. Toutefois, il avait fait son travail jusqu'au bout, et il avait réussi à se débarrasser du Maire dans un duel qui avait dû être particulièrement âpre. Ce dernier reposait à même le sol lui aussi, atrocement mutilé. Son visage était un masque de chair à vif et de sang en train de sécher. Répugnant. A bout de forces, Felian s'écroula à genoux. Il avait perdu son épée, et ne pouvait compter que sur une misérable dague. Bientôt, les renforts des gardes de la cité arriveraient, les encercleraient et les mettraient à mort. Ils n'avaient aucune chance de s'en tirer en vie. Pourtant, il était satisfait : le Maire éliminé, il avait au moins le sentiment d'avoir accompli sa mission. Derrière lui, les autres combats s'achevaient peu à peu, et les rares survivants ne tarderaient pas à pénétrer dans le bureau pour constater de leurs propres yeux qu'ils en avaient fini, à la fois avec leur sombre tâche, mais aussi avec la vie.


~ ~ ~ ~


Léaramn provoquait son adversaire, mais il savait que ses chances de l'emporter étaient minces. Un Eldar face à lui, vieux de plusieurs centaines d'années, était un adversaire formidable que le jeune capitaine du Rohan ne pourrait pas vaincre facilement. Parler lui faisait gagner un peu de temps, mais le sourire narquois qu'afficha le Premier Né était tout sauf rassurant. Ce dernier attaqua avec une vivacité hors du commun, faisant immédiatement reculer le Rohirrim sur son premier assaut. Il frappait fort, il frappait précisément, et surtout il paraissait ne pas craindre la lame de son adversaire, ce qui était un avantage. Avançant sans se presser, au milieu des combats qui se déroulaient dans la pièce, il écarta d'un revers de sa lame l'épée du cavalier, et d'une passe superbe réussit à le déséquilibrer. Léaramn se retrouva au sol, contraint de ramper sur le dos pour éviter de se retrouver à portée du redoutable Eldar qui lui faisait face. Celui-ci le dominait de toute sa taille, avançant sans se presser, parfaitement confiant dans sa capacité à remporter ce duel. S'il avait un point faible, c'était sans aucun doute cette trop grande confiance en lui, défaut inhérent à sa race lorsqu'ils croisaient des êtres qu'ils considéraient comme inférieurs. Son sourire s'élargit, alors qu'il lançait d'une voix chantante :

- Alors, mortel… On se plaît à ramper devant son maître ? Relève-toi, et montre-moi ce qu'un ver de ton espèce a dans le ventre.

Il cessa d'approcher un instant, laissant Léaramn se remettre sur pied, et se préparer à l'assaut. Il n'avait pas le moindre doute sur l'issue de ce duel, et attendait fermement le jeune capitaine qui n'avait pas d'autre choix de que passer à l'offensive. Le temps leur était compté, et ils ne pouvaient décemment pas perdre de temps à réfléchir…


~ ~ ~ ~


Nathanael était arrivé déjà affaibli au milieu du combat, et si son entrée spectaculaire avait donné une opportunité monstrueuse aux assaillants de forcer le destin, d'équilibrer leur désavantage numérique, il était lui-même en bien mauvaise posture. Le lieutenant avait déjà l'épée à la main, et même s'il fut surpris par la charge de l'espion, il trouva à le réceptionner facilement. Profitant de l'élan de ce dernier, il l'envoya valser contre le lourd bureau qui ne se brisa pas sous l'impact, et se jeta sur cet adversaire apparemment facile. Son épée s'abattit violemment, mais ne rencontra que du vide, l'homme le plus recherché de Pelargir s'étant esquivé pour sauver sa tête et ce qui se trouvait en-dessous. Le lieutenant ne se laissa pas emporter par sa rage, et il ne donna pas l'ombre d'une chance à sa pauvre victime qui, armée d'un misérable stylet, ne pouvait pas faire grand-chose. Il faudrait à l'espion parvenir à trouver une faille dans la garde impeccable de son opposant, qui agitait son arme dangereusement en profitant de son allonge supérieure. Frappant d'estoc pour forcer le malheureux Nathanael à reculer, il l'entraînait peu à peu vers un des murs de la pièce où ce dernier se retrouverait privé de toute retraite. Alors, il n'aurait qu'à l'embrocher comme le porc qu'il était, et il en ressortirait tout auréolé de gloire. Le Maire le récompenserait personnellement pour avoir réussi à mettre fin à cette menace constante qu'ils avaient traquée jour et nuit des mois durant. Le voilà qui se présentait face à eux désormais. C'était une occasion qu'ils ne pouvaient pas laisser passer. Une occasion de s'illustrer que lui-même ne laisserait personne lui prendre.

Autour de Nathanael, les combats continuaient de faire rage : deux de ses compagnons étaient déjà tombés. Deux Chevaliers du Cor Brisé, ordre qui avait payé un lourd tribut dans cet affrontement, et qui avait perdu en cette sanglante soirée de nombreux hommes de valeur. L'un d'entre eux était celui que tout le monde appelait Altir, vieil homme sage, mais dont le corps n'était plus en mesure de tenir la route lors de duels aussi intenses. Il avait succombé trop rapidement, esseulé face à deux adversaires qui l'avaient pris en tenaille. Son expérience du combat lui avait permis d'en blesser un, mais ce faisant l'autre en avait profité pour se glisser sous sa garde, et lui planter une lame en acier entre les côtes. Le malheureux n'avait pas poussé un cri, et s'était effondré en gémissant. Il respirait encore, malgré son poumon perforé, et bien qu'il eût la bouche rapidement ensanglantée, il continuait d'observer les combats. Ses yeux se firent soudain froids et vides, quand son âme quitta définitivement son corps. Il était mort dans l'indifférence la plus totale, chacun était concentré sur son duel en cours. Le pauvre vétéran parlait souvent de la retraite, des choses qu'il aimerait faire quand il serait enfin libéré de ses obligations. Il racontait qu'il adorerait acheter une petite maison, vivre paisiblement et ranger l'épée. Il n'aurait jamais cette chance. La sienne gisait sur le sol, écartée de son corps sans vie par le talon d'un des lutteurs. Il se trouvait que cette arme se trouvait désormais non loin de Nathanael, qui l'apercevrait bientôt du coin de l'œil, s'il pouvait détourner l'attention un instant du lieutenant...


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Learamn
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Du sang sur les quais EmptyJeu 11 Juin 2015 - 16:51
En y réfléchissant , provoquer ouvertement cet elfe n’était finalement pas l’idée la plus brillante du siècle mais au moins Learamn avait pu se lâcher sur cet être méprisable : c’était déjà ça de gagné.  Son adversaire afficha un sourire narquois qui disait toute son assurance. Learamn ne pouvait pas se permettre d’être impressionné par son adversaire et d’être submergé par le doute mais il appréhendait quand même cet affrontement inégal.
L’elfe ne se fit pas prier et engagea le combat avec une attaque fulgurante qui prit de court un Learamn qui para in extremis et qui se vit forcé de reculer. Le coup avait été d’une rapidité et d’une précision extraordinaire , inhumaine était sûrement le mot le plus approprié ; le duel ne s’annonçait pas sous son meilleur jour pour le capitaine rohirrim. Les attaques s’enchaînèrent , forçant toujours Learamn à battre un peu plus en retraire . Reculer … voilà bien ce qui était très déplaisant pour un combattant et cela lui rappelait son affrontement avec Warin où , à force de reculer , Learamn s’était retrouvé acculé . Sans l’intervention salvatrice du maréchal Mortensen , le jeune officier serait sûrement mort.  De son côté l’elfe paraissait serein , nullement inquiété ni pris par l’adrénaline et l’intensité des combats alentours. Son flegme et son abnégation étaient à la fois admirables et inquiétants aux yeux de Learamn , ces êtres ressentaient ils ne seraient ce qu’une once d’émotions humaines? Jusqu’ici le courant n’était jamais vraiment passé entre les rohirrim et les Eldar , il avait eu un dialogue musclé avec une magicienne et voici qu’il se battait avec un autre représentant de leur espèce.

Le capitaine tenta bien une contre-attaque furtive , s’il ne ripostait pas et qu’il se contentait de parer en reculant il perdrait , mais sa tentative se révélé malheureusement infructueuse , l’elfe détourna sa lame avec une facilité déconcertante . Voyait-il à l’avance les manoeuvres du rohirrim ? Le jeune homme était il si lent que ça ? Learamn ne trouvait pas de réponses et il ne comprit pas vraiment comment il se retrouva au sol , sur le dos . D’un superbe coup l’elfe l’avait déstabilisé et fait tomber.  Prenant un air dominant et confiant , l’elfe s’avança , un large sourire sur son visage et invectiva  à son tour son vis-à-vis d’une insupportable voix chantante qui contrastait fortement avec ses propos violents .  Learamn jeta un coup d'oeil furtif aux alentours , tous ses hommes étaient engagés dans des combats souvent en déséquilibre numérique , aucun n'étaient suscpetible de lui venir en aide. Le capitaine aperçut Nathanael qui se battait comme un lion malgré ses blessures et sa fatigue . Suant de son sang qui s'écoulait jusque dans sa barbe, l'espion ne pouvait que susciter l'admiration ; cet homme allait jusqu'au bout de ses ressources.

Il avançait exagérément lentement comme s’il attendait que son adversaire ne se releva , Learamn n’attendit pas une minute de plus et se remit sur ses deux pieds au plus vite. Il était déterminé à faire face à son ennemi , elfe , humain , nain ou crétin peu lui importait ; il avait une mission , celle de libérer la cité; il était à la tête des opérations ; il n’avait pas le droit de se défiler devant quiconque . Le jeune homme ne devait pas trahir la confiance que l’on avait placée en lui , il irait jusqu’au bout et si à la fin du chemin il ne trouverait que la mort , eh bien qu’il en soit ainsi ….
Learamn ne devait pas laisser l’elfe reprendre le contrôle du combat en le laissant attaquer , il fallait qu’il multiplie les assauts et qu’il force son adversaire à revoir sa stratégie d’attaque . Il fonça donc littéralement sur l’elfe , la pointe de son épée devant lui pour forcer son ennemi à effectuer une parade. Effectivement , ce dernier détourna aisément l’arme de Learamn mais à présent ils étaient très proches l’un de l’autre et le rohirrim comptait en profiter. Il commença par un coup de genou dans l’entrejambe , ce n’était pas très chevaleresque mais face à un tel adversaire le capitaine faisait ce qu’il pouvait et laisser tomber les beaux principes , il enchaîna avec un coup de coude au niveau de la mâchoire inférieure. Face à un homme normal c’est deux coups puissants et violents l’auraient sonnées ou au moins courbés de douleur  mais l’elfe semblait juste légèrement surpris . Sans trop réfléchir aux conséquences Learamn décida de l’amener au sol avec lui en lui crochetant une jambe tout en veillant à ne pas tomber sur la menaçante épée adverse. Ils chutèrent donc tous deux , Learamn sur le centre avait un léger avantage de position sur son adversaire mais dans sa chute il avait lâché son épée. Il asséna donc un coup de poing dans l’abdomen de l’elfe mais ce dernier , à l’aide de sa force surhumaine l’Eldar repoussa le pauvre rohirrim qui se retrouva deux mètres plus loin , le souffle coupé . Il avisa l’elfe , toujours au sol , qui prenait tout son temps pour se remettre sur pied .

Le combat était loin d’être fini et ne s’annonçait pas plus facile mais Learamn avait eu le mérite de faire une manoeuvre à laquelle son adversaire se s’attendait sûrement pas.


Le capitaine rohirrim était décidé à envoyer cette créature arrogante et cruelle  aux oreilles pointues de l’autre côté du voile.


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Du sang sur les quais EmptySam 13 Juin 2015 - 14:47
Lanwë, car c'était bien le nom de l'Elfe qu'affrontait Léaramn, se retrouva au sol sans parvenir à cacher sa surprise. Cet humain l'avait déstabilisé, et avait réussi à le mettre en difficulté, ce qui n'était pas un mince exploit. En effet, il était un des soldats d'élite de l'OCF, un combattant expérimenté qui avait déjà eu l'occasion de passer par le fil de l'épée un certain nombre d'adversaires. Outre cela, il appartenait à la race des Eldar, ce qui le poussait assez régulièrement à se considérer comme supérieur aux mortels. Celui-ci venait de lui prouver qu'il valait mieux faire preuve de prudence, tout de même. L'audace de sa race lui avait permis de faire ce que personne de sensé n'aurait songé à faire : charger en droite ligne sur un adversaire supérieur en tout point, au mépris de toute considération pour sa propre vie. Il s'était jeté en avant sans réfléchir, et avait asséné à l'Elfe deux coups vicieux auxquels il ne s'attendait pas du tout. Comment imaginer, d'ailleurs, qu'un combattant allait s'abaisser à une telle infamie pour remporter la victoire ? Il avait senti passer ces attaques en traître, qui l'avaient fait grogner de douleur. Fort heureusement pour lui, le Rohirrim avait perdu son arme en chutant au sol, si bien qu'il n'avait pas pu mettre fin à ce combat dans la seconde, laissant le Premier Né le repousser pour mieux se remettre sur ses pieds. S'il prenait son temps pour cela, ce n'était pas particulièrement parce qu'il était du genre à faire preuve d'un flegme de tous les instants, mais davantage parce qu'il avait été réellement malmené par les deux coups que lui avait assénés le guerrier. Celui dans son entrejambe ne passait pas vraiment, et il avait l'impression d'avoir le ventre coupé en deux, cisaillé par une immense pince en acier, comme celle que les Nains utilisaient pour manipuler leur précieux or. Il lui fallut un peu de temps pour retrouver son souffle, et il se félicita de ce que son visage ne trahissait pas la douleur cuisante qu'il ressentait dans sa virilité. Quant au coup à la mâchoire, il ne lui avait pas éclaté la lèvre, fort heureusement, mais il lui avait fait danser des étoiles devant les yeux pendant un moment. Il avait encore l'impression d'avoir la tête qui sonnait, comme si on avait frappé une cloche à côté de son oreille, et que le bourdonnement ne voulait pas le quitter. Décidément, ce jeune et fougueux combattant était plus dangereux qu'il semblait, et il ne fallait pas plaisanter avec lui.

L'Elfe se releva enfin, essayant d'évacuer la douleur qui vrillait son cerveau, et avisa l'épée du Rohirrim. Dans sa chute, il l'avait laissée tomber, et n'avait pas pu la récupérer. Elle reposait là, sans qu'il eût aucune chance de la récupérer. En dépit de ce désavantage, il se tenait prêt au combat, même s'il devait charger à mains nues. Lanwë sourit en le voyant faire : était-il simplement très courageux, ou incroyablement fou ? Il avait peiné à résister alors qu'il pouvait faire jeu égal, mais imaginer qu'il pouvait avoir ne fût-ce qu'une minuscule chance alors qu'il était aussi nu qu'un ver était particulièrement présomptueux. Son courage méritait d'être salué, cependant, et du pied le Premier Né fit glisser la lame de son ennemi dans sa direction. Léaramn s'en empara sans un mot. Ils appartenaient à deux camps opposés, et ils n'avaient aucune raison de se remercier mutuellement, mais ils étaient aussi et surtout des guerriers. Tuer un homme sans défense n'était ni amusant ni honorable. Ils avaient tout deux passé l'âge de tuer pour le simple plaisir, comme si prendre une vie n'importe comment était un plaisir en soi. Ce devait être l'aboutissement d'un combat, la récompense de la victoire et le châtiment de la défaite. Si l'Elfe avait décidé de rendre son épée à l'humain, ce n'était pas vraiment par bonté d'âme, en réalité, mais parce qu'il souhaitait de tout cœur pouvoir plonger sa lame dans sa poitrine pour lui faire payer l'affront qu'il venait de commettre. Oser le frapper, oser le malmener ainsi, l'humilier même… Tout cela devait être réparé dans le sang. En éliminant un individu qui ne pouvait pas se défendre, il s'attirerait les foudres de ses supérieurs, qui lui reprocheraient de ne pas avoir fait de prisonnier quand il le pouvait. Or il ne souhaitait pas faire de quartiers.

Emporté par une juste colère, l'Eldar se porta en avant en faisant tourner sa lame, l'abattant comme un fouet sur celle de Léaramn. Le Rohirrim sentit l'onde de choc dans tout son bras, et comprit que quelque chose était différent. Plus d'engagement, plus de détermination. Cette fois, Lanwë jetait toutes ses forces dans la bataille, et il ne se contentait plus de jouer. Il frappait pour tuer, et il allait falloir beaucoup de chance et de talent au jeune capitaine pour se sortir de ce mauvais pas, car l'Elfe semblait déchaîné, quoique toujours dans la maîtrise de soi. Il libérait simplement son potentiel, sans même céder à la colère. N'avait-il aucune faiblesse ? Les coups pleuvaient, et le capitaine était obligé de reculer encore et encore, pour ne pas finir embroché. Lanwë maîtrisait sa partition, assénant les coups de taille et d'estoc sans même songer à se protéger. Son arme était plus légère, plus fine et plus équilibrée que celle de son vis-à-vis, ce qui lui donnait un avantage considérable. Il avait le temps de frapper, de revenir et de frapper à nouveau avant que le Rohirrim eût le temps d'esquisser la moindre riposte. Les lames Rohirrim étaient en effet plus larges et plus lourdes, moins efficaces que les prodigieuses lames elfiques qui étaient renommées depuis des milliers d'années pour leur qualité. Recroquevillé, contraint de se défendre en attendant des jours meilleurs, il ne pouvait que dévier les coups les plus dangereux, et essayer d'éviter les autres. Ils se tournaient autour comme un chat jouant avec sa proie, bondissant tantôt pour la surprendre, puis retrouvant une distance plus confortable pour l'asticoter avec son allonge supérieure. Tant leur duel était âpre et engagé, les chocs de leurs armes jetaient des étincelles, littéralement, et par un simple phénomène de saturation, Léaramn versa le premier sang.

La lame de son adversaire enveloppa la sienne, et alla entailler son épaule droite, s'enfonçant sans difficulté dans le défaut d'une cuirasse de toute façon trop légère pour résister à une arme d'aussi belle facture. En effet, les combattants ne portaient pas d'acier, et la moindre griffure risquait de se faire sentir à la fin du duel. Lanwë marqua une pause à l'issue de cette première touche, conscient qu'il avait l'ascendant sur tous les points. Physiquement, il était au-dessus, à peine essouflé quand son vis-à-vis était déjà sur la corde raide. Mentalement, il n'avait rien à craindre, parfaitement confiant dans l'issue de ce duel. Techniquement aussi, il alignait sans peine les passes qu'il avait eu des décennies voire des siècles pour maîtriser. Il était tout simplement un meilleur bretteur. Les Hommes et les Elfes pouvaient rivaliser les uns avec les autres dans certaines situations, car l'expérience du combat dont disposaient les immortels leur donnait parfois un style stéréotypé, prévisible, que les mortels parvenaient à lire et à déjouer. Toutefois, des combattants comme Lanwë étaient tout simplement trop forts, au-dessus du lot. Il dominait de la tête et des épaules le jeune cavalier, sans parvenir pour autant à transpercer sa garde pour de bon. En l'observant attentivement, il était cependant possible de déceler les premières marques de fatigue : il peinait à suivre le rythme, et il allait bientôt craquer. Il fallait insister encore un peu.

Lanwë revint à la charge, martelant la défense du Rohirrim. Il ne se contentait plus de le frapper de sa lame désormais, et à chaque fois qu'il se trouvait à portée, il essayait de se le déséquilibrer en se saisissant de son épaule grâce à sa main libre, ou bien en crochetant ses pieds pour le faire tomber. Léaramn, totalement submergé, fut bousculé par l'épaule du guerrier qui heurta de plein fouet son visage, lui éclatant la lèvre comme un fruit mur. Le coup était plus désagréable que réellement douloureux, mais la perspective d'avoir le goût du sang dans la bouche n'était pas très réjouissante. C'était une gêne supplémentaire, qui pouvait déconcentrer. Profitant de ce moment où il avait l'avantage, l'Eldar trancha de gauche à droite dans un long revers de son épée qui atteignit l'abdomen du guerrier. La lame s'enfonça dans le cuir sans difficulté, et laissa une ligne sanglante sur le ventre du Rohirrim, qui sentit la brûlure de l'acier sur sa chair. La situation devenait critique. Mis à mal par la succession de petites blessures, Léaramn trouva un peu de répit en reculant de nouveau.

L'Elfe avançait toujours, souriant de toutes ses dents :

- Ne te rends pas, s'il-te-plaît. Je n'ai pas envie de devoir t'épargner. Je préférerais largement te tuer, même si tu te tortilles assez pour éviter la blessure fatale à chaque fois. Cela dit, je crois que tu m'as montré tout ce dont tu étais capable. C'est l'heure de la mise à mort.

L'épée elfique partit de haut en bas, dans un violent coup de taille qui aurait fendu le crâne de Léaramn, si celui-ci n'avait pas paré. L'Eldar appuya de toutes ses forces, faisant peu à peu ployer la défense du Rohirrim. La lame n'était plus qu'à quelques centimètres du visage du guerrier, et elle était si tranchante qu'elle ne manquerait pas de le découper s'il cédait un pouce de terrain. Tous leurs muscles étaient contractés, l'un pour mettre un terme à ce duel, l'autre pour le prolonger encore un peu, fût-ce de quelques secondes Ils peinaient, et leurs visages étaient déformés sous l'effort, crispés dans un masque de concentration extrême qui faisait ressortir leur face de guerriers. Leurs grognements se muèrent en cris, destinés à leur donner le sursaut d'énergie pour faire la différence, mais rien n'y faisait, aucun ne pouvait prendre l'avantage sur l'autre. Lanwë profita de ce que la garde de l'humain était totalement ouverte pour poser son pied sur sa poitrine, et le projeter à plusieurs mètres de là, à l'autre bout de la pièce. Il avait espéré que cela suffirait à lui permettre de mettre fin aux jours de son adversaire, mais il fallait croire que celui-ci était chanceux. Le fil aiguisé de l'acier ne trancha que quelques mèches de ses cheveux, qui tombèrent au sol en voletant. Il l'avait échappée belle. Ou pas.

Le coup de pied avait été si puissant qu'il avait repoussé le cavalier jusqu'à une table, qui avait basculé sous son poids. Il s'était retrouvé étendu sur le dos, pour la seconde fois, recouvert de papiers et d'encres en tout genre dont les flacons s'étaient déversés sur lui. L'odeur âcre lui attaqua les narines, tandis qu'il essayait de retrouver son équilibre. Au moins cette fois, il n'avait pas perdu son épée, ce qui était plutôt une bonne nouvelle. La seule, à dire vrai. Lanwë, continuait son inexorable progression, et alors que Léaramn essayait de se mettre hors de sa portée, le guerrier elfique retourna son arme, et la planta sauvagement dans le pied du Rohirrim. Oh, qu'il se délecta de ce coup particulièrement violent, au moment où l'arme s'abattit ! Il y avait mis toutes ses forces, et la douleur qui transperça le capitaine fut absolument terrible. La lame s'enfonça profondément dans sa chair, meurtrissant un organe que l'on oubliait par trop souvent de protéger. Toutefois, le sourire de Lanwë disparut bien rapidement, et se mua en un cri de pure souffrance quand son bras reçut en retour une onde de choc d'une violence insoutenable, allant jusqu'à lui briser le poignet. Emporté dans son combat, il avait sous-estimé un paramètre important : la nature du sol. Ils se trouvaient sur du marbre, une pierre dure qu'il avait frappée avec la pointe de son arme. Celle-ci s'était brisée immédiatement, lui renvoyant toute la force qu'il avait mise dans cet assaut. Le pauvre Léaramn n'était pas en reste, car des éclats d'acier s'étaient fichés dans son pied, le déchirant littéralement de l'intérieur, au point qu'il fut très chanceux de ne pas s'évanouir sur-le-champ.

C'était toutefois sa meilleure chance de l'emporter. L'Elfe était en difficulté, et l'opportunité était parfaite. Seul problème, Léaramn pouvait à peine marcher, et son sang s'écoulait toujours de son pied meurtri. Autre dilemme, l'Eldar était désormais sans arme, et absolument sans défense. Sa mise à mort apparaissait comme une priorité, et on leur avait bien spécifié de ne faire aucun prisonnier, de se débarrasser purement et simplement de tous les ennemis qu'ils trouveraient sur leur route. Ils avaient prêté serment d'aller jusqu'au bout, et de ne pas reculer pour vaincre l'Ordre. Dans le même temps, Lanwë avait rendu son arme à Léaramn, quand celui-ci avait été en difficulté : un geste honorable qui avait sans doute sauvé la vie du jeune capitaine. Faire de même pouvait apparaître comme la moindre des choses, même s'il était évident qu'en laissant une échappatoire à l'Eldar, il remporterait ce duel. La blessure de l'humain était trop grave pour qu'il l'emportât dans un match équitable. Tuer ou être tué, ranger l'honneur au placard, ou bien continuer à défendre les valeurs du Rohan. Les valeurs des Peuples Libres. Le choix appartenait entièrement à Léaramn, désormais, alors que ses compagnons continuaient de mourir autour de lui...


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