Sur les pavés de la rébellion

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Lithildren Valbeön
Cavalière libre
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Lithildren Valbeön

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Sur les pavés de la rébellion EmptySam 8 Aoû 2020 - 15:51
[HRP] Suite de Sous l'oeil d'Oromë [/HRP]

- Objectif secondaire ou non, Lithildren, votre destin est aujourd’hui lié à celui des personnes présentes dans cette pièce. Avoir un autre but, une autre mission, ne vous empêchera pas d’agir de manière juste ni de soutenir Neige, Réland et le Professeur dans leur quête. Savez-vous qu’Aragorn et Boromir devaient accompagner le Porteur de l’Anneau seulement tant que son chemin était le leur, jusqu’à Minas Tirith ? Gimli et Legolas quant à eux, pensaient suivre la Communauté que jusqu’aux cols des Monts Brumeux. Pourtant, comme vous le savez, ils ont tous oeuvré ensemble jusqu’à la fin pour vaincre les ténèbres.

Evidemment, ce n'était pas vraiment comme si l'Elfe avait le choix. Elle s'était coincée toute seule ici en s'embarquant dans une quête dont elle n'avait pas voulu. La mort de Sadron était regrettable mais elle se demandait si elle aurait dû écouter les paroles d'un vieillard mourant. Après tout, il n'aurait jamais su si elle avait accomplit ou non son voeu. Ce n'était pas comme si elle était surveillée par les fantômes de près. Ou si ? Le doute s'insinua dans son esprit mais elle chassa sa pensée. Comparer cette entreprise à la Confrérie de l'Anneau, quelle basse attaque. Mais comme toujours, les Elfes ne sont pas volontaires à part un être plus courageux que les autres. A quoi servent les Elfes à part faire baver les Hommes ?! Rien. Ils se terrent et...-

- Oui...aujourd’hui nous avons besoin de votre aide pour vaincre ceux qui pourrissent l’Arbre Blanc de l’intérieur, mais sachez que nous ne tournons pas le dos à nos alliés ni à nos amis. Une fois que l’Arbre aura retrouvé sa pureté, nous vous aiderons à trouver celui que vous cherchez et réparer le mal qui vous a été fait.

Neige interrompit involontairement son fil de pensées. Comme si ils pouvait retrouver Oropher. Elle n'avait aucune trace ni même d'indices. Il pourrait très bien être en train de pourrir dans les ruines d'Ost-in-Edhil, avoir été capturé et torturé par Gier... Tous les scénarios étaient envisageables mais aucun n'était satisfaisant pour Lithildren. Et, quand bien même, ellene pouvait rien y faire pour l'heure. Alors autant se concentrer sur la tâche immédiate qui était de tu...- trouver et interroger Rhydon.

- La trahison est punissable de mort. Rhydon devrait être ramené en justice et condamné par une cour martiale. Malheureusement, à l’heure actuelle nous ne pouvons faire confiance à aucun tribunal, ni même espérer ramasser des preuves suffisantes pour prouver la culpabilité du directeur. Vous avez donc raison, Lithildren. Dans ces moments sombres, nous devons devenir nous-mêmes des instruments de la justice.

L'Elfe acquiesça. Elle aurait voulu se dire "évidemment ai-je raison" mais elle n'avait pas le goût de se vanter. Et puis, ce n'était pas tant d'avoir raison que de faire appel à sa raison. Nallus et Neige eurent un échange visuel silencieux. L'universitaire ne devait pas être à l'aise avec la situation mais, de toute évidence, ils n'avaient plus le choix. Lithildren avait des... "projets" pour Rhydon. La mort est trop douce pour les gens comme lui. Il faut parfois faire preuve d'imagination.

La réunion terminée, Lithildren se leva et partit, l'air grave. Elle n'avait plus en tête que son objectif. Rhydon. Elle avait besoin d'un bouc émissaire là de suite et sa rage allait se porter sur cet homme jusqu'à ce qu'elle le voit se vider de son sang. Et elle n'admettrait jamais qu'on le lui dise, elle devrait le voir elle-même. Tout un projet éveillant en elle les souvenirs du Rhûn. Elle ne pourrait pas nier que c'est de là que certains instincts sanguins lui venaient. Depuis sa fuite d'Imladris, les événements n'avaient pas tout à fait été tendres avec elle ni Oropher. Étaient-ce les Valar qui la punissaient ? Peu importait finalement, ils n'intervenaient que quand cela leur arrangeait. Où étaient-ils quand elle se faisait humilier, enfermée dans sa cage ? Où étaient-ils quand elle était dans les geôles du Rhûn ? Nulle part. Elle voulait continuer de les prier mais elle n'avait parfois plus la ferveur pour. Elle ne devait que compter sur ses talents acquis par la sueur et le sang.

Contre toute attente, Lithildren dormit très bien cette nuit-là. Elle imaginait la façon dont Rhydon allait souffrir puis pensait aux douceurs qu'elle et Oropher pourraient partager lors de leurs retrouvailles. Puis son esprit revenait sans cesse à Imladris. Elle ne pourrait pas y retourner avant d'avoir achevé sa mission à Minas Tirith. Devait-elle payer avant ou après retrouver Oropher ? C'était déjà un miracle qu'un contingent d'Elfes ne lui était pas encore tombé dessus entre la cité et la capitale humaine. Ou était-ce une question de temps ? Vu la difficulté qu'elle avait eu à passer les portes, elle doutait qu'un quelconque elfe puisse la suivre. Cela lui arracha un sourire en coin. Finalement, l'enfer pouvait avoir des coins de paradis. Lithildren savait pertinemment qu'elle devait se reposer et, malgré un très bon sommeil, elle sentait le poids des responsabilités peser sur ses épaules au réveil. Tant de gens comptaient sur elle comme si elle était leur sainte sauveuse. Les humains ne comprendraient donc jamais qu'elle n'était rien de ce qu'ils attendaient d'elle ? La majorité de ses succès ou faits d'armes étaient le fruit du hasard.



Mais le jour se levait et les événements allaient bientôt prendre une toute autre tournure.

Voir les habits de guérisseuses engendrait un sentiment contraire chez l'Elfe. Elle se réjouissait que leurs porteuses initiales acceptent de les prêter et en même temps elle se sentait mal à l'aise de se faire passer pour ce qu'elle n'était pas. Même si, au final, tout le monde lui forçait d'endosser ce genre de rôles... Elle se contenta de soupirer et enfila les robes par-dessus sa tenue. Pas d'arc ni d'épée, juste deux dagues pour se défendre. Une en "évidence" à sa ceinture, sous les robes de guérisseuse, et l'autre dans sa botte. La lame était recouverte d'un tissu assez léger pour ne pas tenir trop chaud et assez épais pour ne pas se déchirer au premier mouvement regrettable. Lithildren parvint à cacher ses oreilles grâce à la coiffe. Elle se sentait ridicule.

- Tenez, si jamais vous décidez de vous bander les yeux et passer pour une aveugle. Cependant la coiffe devrait suffire pour cacher votre regard aux passants.

Lithildren prit le tissu. Elle regarda au travers. Trop épais, pensa-t-elle. Avec sa dague à la hanche, elle râcla le tissu pour en réduire l'épaisseur de manière satisfaisante pour voir au travers sans qu'on ne voit la couleur de ses yeux. Elle demanda plusieurs fois à Neige de confirmer et arriva à un résultat relativement satisfaisant. Si la coiffe cachait déjà bien assez son regard, cela devrait aller. Elle garda le tissu cependant, juste au cas-où. Au pire, elle figerait son regard. L'avantage d'une iris argentée était que la couleur était assez proche de celle des gens aveugles. Elle n'aurait que peu de mal à se faire passer pour une femme voyant très peu ou pas du tout. Une fois complètement prête, elle hocha de la tête pour montrer qu'elle était prête.

Sortir dehors ainsi fit se tendre l'Elfe qui suivait très docilement les deux humains. Elle ne prêta d'ailleurs aucune attention aux égards de Réland. Elle l'avait sauvé mais entre lui et Neige blessée, ils faisaient plus des boulets qu'autre chose. Bon, certes, sans eux elle ne pourrait absolument pas avancer dans cette épopée en ville mais tout de même... Si elle devait se battre pour trois, ils n'allaient pas aller bien loin. En plus Réland collait tellement Neige que cela en devenait gênant. Qu'il l'embrasse une bonne fois pour toutes, se prenne une claque ou non, et ainsi l'affaire était réglée ! Mais cette affection tendue unilatérale agaçait l'Elfe. En plus d'être un mauvais plan. Si l'un des deux se faisait capturer ou tuer, l'autre serait (peut-être ?) prêt à donner des informations en échange. Réland, surtout. Lithildren se disait qu'il ferait un bon traître si Neige venait à se faire capturer. Peu importait, l'Elfe l'abattrait sur place et sans remords, quitte à se faire haïr par Neige. Les intérêts de la mission avant tout.

- Le seul problème avec ce plan ce que les Maisons de Guérison sont dans le Haut de la Cité et le Peregrin au Premier Cercle...j’espère que personne ne s’intéressera à notre trajectoire...

Lithildren ne jugea même pas nécessaire de répondre. Les guérisseuses n'étaient-elles pas censées apporter aide et réconfort à tous ? Non ? Elle l'ignorait mais supposait. Si cela était le cas, alors cela importait peu où qu'ils aillent. Normalement. Et heureusement que cet imbécile de Réland n'apportait pas la poisse, au vu du trajet sans accrocs ! Bon sang.

-Auriez-vous quelques pièces pour un malheureux vétéran, sœurette ?

Lithildren avait une envie irrépressible de le repousser mais elle se para d'un sourire compatissant.

- Tenez, mon brave.

Elle mit la main à sa bourse sans regarder le miséreux, fixant un point unique dans le vague. Elle sortit deux pièces de son salaire de Tharbad. Elle tâtonna sa manche, prit une main de l'homme et déposa les deux pièces dans la paume pour la refermer sur elle-même.

- Soyez fort et la lumière brillera de nouveau.

Elle offrit un sourire et continua sa route. Elle attendit d'être éloignée pour prendre un air renfrogné. Nallus se tourna vers les trois combattants.

- Est-ce que vous pensez qu’on devrait entrer à l’auberge dans ces vêtements ? Sous quel prétexte des guérisseuses se rendraient-elles dans une taverne du Premier Cercle ? Ou devrions nous trouver un endroit discret pour nous changer avant d’atteindre le Peregrin ?

Lithildren regarda autour.

- Si on abandonne les vêtements, il serait probable que quelqu'un les vole en les découvrant. Les miséreux n'ont aucune pitié et les rumeurs vont très vite. Cela dit, si des guérisseuses n'ont pas de raison d'entrer dans ce genre d'établissements... Nous pourrions toujours prétexter qu'un proche de celui qu'on recherche est blessé ou malade afin de ne pas rester longtemps à l'intérieur. Neige, vous êtes la plus apte à décider de l'approche. Je ne connais ni l'homme en question ni les lieux. Mais ne perdons pas de temps en paroles inutiles. Il faut de l'efficacité et du rapide sans trop risquer du sang.

Quoi de mieux que se décharger de la responsabilité, pour une fois ? L'Elfe n'avait pas tort non plus, il fallait l'admettre : pourquoi lui demander à ELLE qui ne connaît ni la ville ni celui qu'ils cherchaient la façon de procéder ? C'était stupide. Déjà qu'on lui demandait de planifier la suite des opérations... Quelle situation absurde. Qu'ils prennent un peu en mains leur destin, ces imbéciles !
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Sur les pavés de la rébellion EmptyDim 20 Sep 2020 - 0:01
-Exact, il ne faut surtout par rester piqués là, sinon on va se faire découvrir. – Une note d’irritation se laissait entendre dans la voix de Neige. C’était inhabituel pour la Capitaine de l’Arbre Blanc, généralement si froide et dépourvue de toute émotion. Etait-ce parce qu’elle n’avait pas l’habitude de devoir partir en mission avec un groupe aussi hétérogène et composé à moitié de civils ? Ou peut-être que sa blessure encore très récente se faisait ressentir. – Chaque changement de tenue et chaque pause représente un risque d’attirer l’attention des soldats qui sont nombreux ici, nous sommes après tout près de la muraille extérieure de la Cité. Nous allons tenter d’entrer dans l’auberge dans nos déguisements, et comme Lithildren le dit, prétendre qu’un compagnon du chevalier est malade. Espérons juste qu’il jouera le jeu...


C’était sans doute une sage décision, car peu de temps après, ils virent une patrouille avancer dans leur direction. Alors que Nallus commençait à paniquer, Réland leur indiqua une grande bâtisse sur leur gauche. Le Pérégrin ! Le petit groupe traversa le seuil de l’établissement, disparaissant ainsi de la vue des soldats. Ils mirent un moment avant de s’habituer à la pénombre et pouvoir discerner les détails de la pièce. Le Pérégrin était rempli et bruyant, mais il ne s’agissait pas d’un ce ces établissements lugubres et dangereux que l’on pouvait trouver dans les ruelles de Minas Tirith. Une auberge qui portait le nom d’un hobbit devait après tout se caractériser par son aspect accueillant et chaleureux. Le Pérégrin était souvent le premier arrêt pour les voyageurs arrivant dans la Cité Blanche.

Neige pointa discrètement du doigt une table à laquelle se trouvait un homme solitaire aux cheveux longs. Il portait un tabard jaune orné d’un dragon rouge, et sirotait une coupe de vin, pensif.

Sur les pavés de la rébellion Felian10

Ils s’approchèrent de lui jusqu’à ce qu’il lève les yeux, surpris de voir quatre guérisseuses devant lui.

-Sir, nous avons reçu votre message sur votre compagnon malade. Nous sommes venues aussi vite que possible. Où se trouve le malade ?


-Mon compagnon.. ? Je..

Le regard perplexe du chevalier se tourna vers le petit objet que Neige avait dissimulé dans la paume de sa main, afin que seul lui puisse l’apercevoir. Il s’agissait d’une broche en forme de l’Arbre Blanc. Il leva à nouveau les yeux, toujours autant surpris, avant de reconnaitre le visage de Neige sous la coiffe.

-Euh oui, vous pouvez me suivre dans ma chambre...le blessé...le malade s’y trouve.


Le chevalier se leva et invita les quatre aventuriers à le suivre d’un geste de la main. La scène ne passa pas inaperçue, et quelqu’un fit une remarque salace sur ce que l’homme allait faire avec quatre guérisseuses dans sa chambre, ce qui suscita une vague de rires. Félian, rouge écarlate, ne répondit pas à la provocation et disparut dans l’escalier menant à l’étage du Pérégrin.
Lorsqu’ils se retrouvèrent dans sa chambre, il se tourna vers Neige, visiblement énervé :

-Capitaine Neige, qu’est ce que vous faites-là ? C’est quoi ces tenues, et cette histoire de compagnon malade ?! Mais qu’est-ce que...

Le chevalier resta bouche bée lorsqu’il vit Nallus et Réland enlever leurs coiffes.

-Félian...excusez-nous pour cette ruse étrange mais l’heure est grave et nous sommes en danger. Le temps presse alors je vais être très directe. Une fois de plus, une menace invisible met le Gondor en péril. Malheureusement, détruire la Couronne de Fer n’a pas suffit pour débarasser le royaume de la corruption. Plusieurs sources sûres, dont le professeur Nallus ici-présent ont confirmé une vérité terrible. Le Général Cartogan n’est pas l’homme qu’il prétend être, et compte utiliser son influence ainsi que la présence de ses soldats dans la Cité Blanche à ses propres fins et pour prendre contrôle du royaume. Qui plus est, il est soutenu par le Directeur de l’Arbre Blanc Lord Rhydon, qui mène une purge dans les services et les soumet entièrement à l’autorité de l’armée, et donc du Général. Le Professeur Nallus a été emprisonné à cause de cette découverte; la même raison pour laquelle l’ancienne Tête de l’Arbre Blanc a choisi de s’exiler. Les limiers de Rhydon sont à nos trousses, il souhaite nous éliminer avant que le secret ne soit dévoilé. Nous ne savons pas à qui faire confiance, hormis quelques fidèles et...et vous. Félian, le Cor Brisé a combattu vaillament contre la Couronne de Fer dans les plaines du Rohan, dans le port de Pélargir et sur les terres lointaines de Rhûn. Si Cartogan et Rhydon ne sont pas arrêtés, cela aura été en vain. Dans le meilleur des cas, le Gondor deviendra un royaume sous dictature militaire, sans aucun contrepoids à la toute-puissance du Général. Dans le pire...chaque opposant de Cartogan sera éliminé, et qui sait dans quelle guerre inutile le Royaume sera attiré. Nous avons besoin d’alliés pour arrêter Rhydon et Cartogan. Je ne sais pas encore si nous pouvons trouver un tribunal honnête qui les jugera de manière juste, même si je pense que l’Intendant Alcide d’Illicis est un homme de confiance. Ce que je sais c’est que Rhydon et Cartogan ne se soumettront pas volontairement à un jugement. Nous sommes venus demander l’aide du Cor Brisé.


Félian faisait partie des Chevaliers du Cor Brisé les plus raisonnables ce qui, en plus de ses talents de bretteur, lui avait valu une place dans l’entourage proche d’Eradan ainsi que le commandement du groupe des chevaliers envoyé pour éliminer les restants de la Couronne de Fer à Pelargir.

-Par la barbe d’Elessar ! Je n’ai jamais aimé la décision de Cartogan d’interdire le port d’armes à Minas Tirith et d’y installer une garnison permanente aussi importante, mais de là à dire qu’il s’agit d’un traître...Si c’est vrai, le Gondor est réellement en danger. Mais sans vouloir remettre en cause la véracité de vos paroles, Capitaine Neige, est-ce que vous avez des preuves... ? Qu’est-ce que vous avez découvert sur Lord Rhydon et sur le Général qui les qualifierait des traîtres ?
Neige se tourna vers Lithildren. La Capitaine de l’Arbre Blanc ainsi que Réland ne seraient pas les mieux placés pour rassurer le chevalier, il y avait un rapport beaucoup trop direct entre eux et Lord Rhydon. Les elfes après tout étaient reconnus pour leur sagesse et honnêteté.


Les paroles de Lithildren furent apparemment suffisantes pour convaincre Félian. Il se redressa, une étincelle dans les yeux.

-Il n’y a pas de temps à perdre. Je pars avant la fin de la matinée en direction des collines d’Emyn Arnen pour prévenir Eradan de la situation. La décision lui appartient mais le connaissant il ne refusera pas son aide au Gondor. Néanmoins, je ne suis pas certain qu’il approuvera de vos méthodes, cela reste à voir. Si tout se passe comme prévu, nous serons de retour à Minas Tirith dans quelques jours. Tâchez de rester à l’abri du danger jusqu’à là. Bien qu’il y ait une chose que vous pourriez faire pendant ce temps-là. Avec mes compagnons nous pourrons rentrer dans la Cité Blanche, mais nous serons obligés de laisser nos armes à la Grande Porte. Sans armes, nous ne pourrons pas arrêter Lord Rhydon ni le Général, alors que la ville grouille de soldats. Allez à la Maison des Compagnons et trouvez un des forgerons ; il s’appelle Cadrach. Dites lui que le Cor Brisé sonne à l’aide et qu’il faut des lames pour défendre le royaume. Il vous donnera les armes dont nous aurons besoin. Dites-moi juste le point de rendez-vous pour quand je serai de retour.

Une fois le point de rendez-vous convenu, Félian se mit à préparer ses affaires pour le voyage qui l’attendait. A peine une demi-heure s’écoula avant qu’il ne soit prêt pour le départ. Le charismatique chevalier leur souhaita bonne chance et partit dans la direction des écuries.

-Vous aviez raison, Neige, ces hommes du Cor Brisé sont assez incroyables – Nallus se gratta le menton, pensif - Tout abandonner d’un instant à l’autre pour partir en mission périlleuse. Si les chevaliers que Félian nous ramènera seront pareils que lui, nous aurons peut-être une chance face au général ! Mais en attendant, nous avons quelques jours pour nous préparer, et surtout rester à l’abri des hommes de Lord Rhydon. Quelle est la prochaine étape ?

Ce fut Réland qui prit la parole, tout en regardant par la fenêtre de la chambre de Félian.

-Professeur Nallus, vous aviez parlé d’un faussaire incarcéré et retrouvé mort pendant votre séjour en prison...Kaj Olson. Ce nom est connu de l’Arbre Blanc, nous avions un dossier sur lui suite à l’histoire de la tentative de cambriolage au trésor royal. Son atelier se trouve dans le Premier Cercle de la Cité, pas loin d’ici. Si vous pensez qu’il peut y avoir un lien entre le faussaire et Cartogan alors nous devrions enquêter. D’après ce que Félian nous a dit, Eradan tiendra peut-être à ramener le général devant un tribunal ; si c’est le cas, nous allons avoir besoin de quelque chose de concret contre lui.


Neige acquiesça, et regarda autour d’elle pour vérifier si Nallus ou Lithildren avaient quelque chose à rajouter.

-Il ne reste plus qu’à sortir du Pérégrin...Eviter la porte principale serait la meilleure option, mais je ne sais pas si c’est possible.

Le sens de l’observation de la Capitaine était clairement affaibli par sa blessure ; elle avait besoin de toute son énergie pour jouer son rôle et rester debout.

Lorsqu’ils se retrouvèrent dehors, Réland les mena à travers les rues de plus en plus remplies de la Cité. Bientôt, ils s’enfonçèrent dans le réseau des galeries abritées creusées à l’intérieur du Mindolluin. Il faisait plus frais ici, et seules les quelques ouvertures taillées dans la roche lassaient passer la lumière du jour.

-C’est ici je crois...

Réland s’arrêta devant une porte qui ne payait pas de mine. Il n’y avait pas d’enseigne ni de vitrine, juste un symbole gravé dans le mur, représentant deux plumes identiques côte-à-côte. Vérifiant qu’il n’y avait personne dans les alentours, le second de Neige crocheta discrètement la porte. Ils pénètrerent dans l’habitation, et Nallus referma la porte derrière eux. Ils se retrouvèrent soudainement plongé dans l’obscurité totale. La sueur perla le front du professeur, qui ne se sentait clairement pas à l’aise dans ces conditions qui lui rappelaient un peu trop la prison de Minas Tirith. Neige chuchota :

-Lithildren, vous pouvez voir dans le noir, non ? Trouvez-nous une lampe à huile ou une torche...

Alors que le petit groupe restait près de la porte, l’elfe fut obligée de s’enfoncer plus profondément dans l’atelier étrange creusé dans la montagne. Etonnement, elle ne trouva aucune torche ni lampe près de l’entrée, et dut traverser une deuxième porte avant de se retrouver dans une autre pièce. Elle y vit une bougie éteinte dans un bougeoir en métal. Un autre objet attira son attention, il s’agissait d’un livre ouvert, ou plutôt un cahier des notes rempli d’écriture chaotique et de croquis étranges.

Sur les pavés de la rébellion Livren10

Avant qu’elle ne puisse se pencher dessus, Lithildren entendit un bruit, comme le grincement du parquet sous une paire de bottes. Le bruit venait du fond de la pièce, donc de la direction opposée par rapport à celle de ses compagnons. Un choix s’offrait à l’elfe mais elle n’avait qu’un instant pour se décider. Se cacher ? Appeler ses compagnons à l’aide ? S’attaquer au personnage mystérieux dans le noir ? Signaler sa présence.. ?


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Lithildren Valbeön
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Sur les pavés de la rébellion EmptyLun 21 Sep 2020 - 16:27
[HRP] Je vais revenir un peu à mes débuts il y a ce qu'il me semble être une éternité et (re)tester l'écriture à la première personne. J'espère que ça va vous plaire à lire ! [/HRP]

L'agacement ne va mener à rien, pensais-je en levant brièvement les yeux au ciel. Neige n'avait rien de mieux à faire que grogner comme un chiot blessé et se lamenter sur le sort de sa patrie. Le patriotisme humain m'était une notion toujours aussi étrangère - à qui la faute ? Enfin, me plaindre mentalement de son attitude n'allait aider aucune de nous deux. Puisqu'elle avait prit la décision que nous restions tous dans nos robes de guérisseuses, et qu'une patrouille approchait, nous nous éloignâmes de notre point d'arrêt vers notre destination. Un instant et Réland indiqua la bâtisse discrètement.

Un pas à l'intérieur et les effluves de bière et de crasse me prirent les narines. J'avais certes l'habitude de ces odeurs - enfin plus que d'autres de ma race - mais je ne les aimais guère pour autant. Une pensée me traversa l'esprit : comment les Hommes pouvaient-ils supporter ces odeurs nauséabondes et amères ? Rien que l'odeur de l'alcool me donnait la nausée et aurait pu me faire tourner l'esprit si je n'en avais pas l'habitude. C'était comme si la sensation de l'hydromel était dans ma gorge, mon estomac, alors que je n'avais rien bu. Une sensation très désagréable, évidemment. A une table à l'écart se trouvait notre... "cible" et Neige le pointa d'un geste de tête. En approchant, il ne me sembla pas si différent du Commandant Mevan, quoi que plus fin peut-être ? Peu importait, tous les Hommes se ressemblaient plus ou moins mais se détachaient de par leur attitude et... Ah non. Tous les mêmes.

Mais quelle surprise, il fit les grands yeux en voyant quatre guérisseuses s'approcher !

- Sir, nous avons reçu votre message sur votre compagnon malade. Nous sommes venues aussi vite que possible. Où se trouve le malade ?

Choqué, oui, allez, un effort. Je vis Neige faire un mouvement dans sa robe et montrer sa paume discrètement sur le côté. Cela explique le revirement comportementale de l'individu.

- Euh oui, vous pouvez me suivre dans ma chambre...le blessé...le malade s’y trouve.

Sont-ils tous aussi pauvres d'esprit et sans imagination ? Les Elfes ne sont certes pas habitués à mentir ou cacher des choses - parce que cela ne sert à rien - mais ont-ils tout de même l'esprit plus vif. Cela devait l'une des rares choses qui me manquaient : une conversation intelligente et barbante remplie de phrases poétiques et métaphoriques. Une pensée plus tard et je me reprenais : non cela ne me manquait pas du tout. Je ne connaissais que le langage des épées et du sang, pas celui des poèmes bêtes sur les saisons qui passent et le temps figé pour nous autres immortels. Quelle vie ennuyeuse doivent-ils avoir, cloîtrés dans leurs murs... Enfin, déjà mieux que d'être piégée dans une ville de pestiférés - dans tous les sens du terme - et de complotistes... Je ne voulais que retrouver mon aimé, au départ, pas sauver un Royaume.... Est-ce que les Humains sont-ils si faibles qu'ils pensent que les Elfes peuvent absolument tout régler ? Tss. Si les Elfes ne se battent pas et ne se mêlent d'aucun conflits, c'est parce qu'ils passent plus de temps à chanter qu'à faire des enfants pour avoir une armée assez nombreuse pour éviter les massacres dans leurs rangs. Mais bon. On ne peut rien changer à ces êtres qui ne voient pas plus loin que leurs villes et vallées. La réalité leur échappe complètement. Ils sont comme des adolescents qui refusent de grandir.

A force de penser j'en venais à manquer le début de l'échange entre Neige et Réland. Oups ?

- terres lointaines de Rhûn. Si Cartogan et Rhydon ne sont pas arrêtés, cela aura été en vain. Dans le meilleur des cas, le Gondor deviendra un royaume sous dictature militaire, sans aucun contrepoids à la toute-puissance du Général. Dans le pire...chaque opposant de Cartogan sera éliminé, et qui sait dans quelle guerre inutile le Royaume sera attiré. Nous avons besoin d’alliés pour arrêter Rhydon et Cartogan. Je ne sais pas encore si nous pouvons trouver un tribunal honnête qui les jugera de manière juste, même si je pense que l’Intendant Alcide d’Illicis est un homme de confiance. Ce que je sais c’est que Rhydon et Cartogan ne se soumettront pas volontairement à un jugement. Nous sommes venus demander l’aide du Cor Brisé.

Ah. Très bien. Qui est cet Intendant ? Non pas que les affaires humaines des deux derniers siècles me sont inconnues mais... Je me rends compte à cet instant que je suis une pauvre inculte concernant les affaires humains. Au fond, est-ce que cela a une grande importance pour moi ? Tout bien réfléchit, non, pas vraiment. Felian se passa une main dans les cheveux, interloqué, comme pour essayer d'éclaircir toutes les nouvelles.

- Par la barbe d’Elessar ! Je n’ai jamais aimé la décision de Cartogan d’interdire le port d’armes à Minas Tirith et d’y installer une garnison permanente aussi importante, mais de là à dire qu’il s’agit d’un traître...Si c’est vrai, le Gondor est réellement en danger. Mais sans vouloir remettre en cause la véracité de vos paroles, Capitaine Neige, est-ce que vous avez des preuves... ? Qu’est-ce que vous avez découvert sur Lord Rhydon et sur le Général qui les qualifierait des traîtres ?

Je regardai l'homme. Jusque là, il n'y avait rien qui aurait pu indiquer mon origine. Et comme j'apprécie l'attente à ce niveau-là, je me redressai à peine. J'avais le dos appuyé contre un mur et les bras croisés, coiffe toujours en place. Moi, me donner un air ? Pas du tout, voyons.

- Je pourrai vous apporter plusieurs éléments, comme la lettre d'un ami du Professeur Nallus qui affirme que Cartogan est un traître. Ou bien encore l'emprisonnement dudit professeur ici présent dans les prisons de Minas Tirith. Ou encore un certain Gier qui a un lien obscur avec la Fraternité de Yavannamirë et détient actuellement mon aimé. Je pourrais également vous parler de Lord Rhydon que j'ai entendu comploter avec un de ses chiens partit il y a quelques jours assassiner le Commandant Chance Mevan. Sans parler de l'assassinat d'un homme dans les géôles de la ville, dont l'auteure est une femme liée au dit Gier et portant un masque cachant son visage. Je pourrais vous raconter les horreurs des ruines elfiques dans les plaines, les kidnappings et meurtres auxquels j'ai été confrontés.

Prise dans l'émotion je me décollais du mur et abaissais ma capuche. Le fameux Felian eut un mouvement de surprise en tombant sur mes yeux d'argent et oreilles légèrement pointues. Je sais, je ressemble à un cadavre ou une aveugle. Peu importe.

- En réalité, entre les preuves intangibles, les mots entendus et les lettres de gens hors de la Cité, nous n'avons rien. Et sans l'aide que vous pourriez nous apporter, selon Neige, nous n'irons pas bien loin. Je me fiche que vous croyiez, j'ai simplement besoin d'avoir Rhydon, ses aveux et des preuves tangibles ou non. Son sang et sa mort me suffiront. Pour l'instant.

Il n'en fallut pas plus et j'en fus intérieurement surprise. Il gonfla un peu le torse, les yeux brillants.

- Il n’y a pas de temps à perdre. Je pars avant la fin de la matinée en direction des collines d’Emyn Arnen pour prévenir Eradan de la situation. La décision lui appartient mais le connaissant il ne refusera pas son aide au Gondor. Néanmoins, je ne suis pas certain qu’il approuvera de vos méthodes, cela reste à voir. Si tout se passe comme prévu, nous serons de retour à Minas Tirith dans quelques jours. Tâchez de rester à l’abri du danger jusqu’à là. Bien qu’il y ait une chose que vous pourriez faire pendant ce temps-là. Avec mes compagnons nous pourrons rentrer dans la Cité Blanche, mais nous serons obligés de laisser nos armes à la Grande Porte. Sans armes, nous ne pourrons pas arrêter Lord Rhydon ni le Général, alors que la ville grouille de soldats. Allez à la Maison des Compagnons et trouvez un des forgerons ; il s’appelle Cadrach. Dites lui que le Cor Brisé sonne à l’aide et qu’il faut des lames pour défendre le royaume. Il vous donnera les armes dont nous aurons besoin. Dites-moi juste le point de rendez-vous pour quand je serai de retour.

Eh bien, nous avançons. Neige et lui discutèrent du point de rendez-vous final avant qu'il ne parte. Mais pas nous. Nallus avait l'air... ravi ? Ou simplement admiratif, pensif. Peut-être. Je ne voyais vraiment pas pourquoi.

- Vous aviez raison, Neige, ces hommes du Cor Brisé sont assez incroyables. Tout abandonner d’un instant à l’autre pour partir en mission périlleuse. Si les chevaliers que Félian nous ramènera seront pareils que lui, nous aurons peut-être une chance face au général ! Mais en attendant, nous avons quelques jours pour nous préparer, et surtout rester à l’abri des hommes de Lord Rhydon. Quelle est la prochaine étape ?
- Professeur Nallus, vous aviez parlé d’un faussaire incarcéré et retrouvé mort pendant votre séjour en prison...Kaj Olson. Ce nom est connu de l’Arbre Blanc, nous avions un dossier sur lui suite à l’histoire de la tentative de cambriolage au trésor royal. Son atelier se trouve dans le Premier Cercle de la Cité, pas loin d’ici. Si vous pensez qu’il peut y avoir un lien entre le faussaire et Cartogan alors nous devrions enquêter. D’après ce que Félian nous a dit, Eradan tiendra peut-être à ramener le général devant un tribunal ; si c’est le cas, nous allons avoir besoin de quelque chose de concret contre lui.

J'ai le droit de penser entre chaque paroles, oui ? Même plus la place de penser quelque chose ! Enfin, penser c'est bien mais agir, c'est mieux. Et à force de trop penser je (re)deviens trop elfique. Donc pourquoi je me plains ? J'apprécie penser et ruminer des choses hautaines à propos de l'imbécilité humaine, qu'y a-t-il de mal à cela ? Rien, que je sache. Neige tourna le regard vers moi mais j'haussai simplement les épaules. Que devais-je ajouter ? Je préfère les enfoirés morts que vivants. Un tribunal ne sert à rien quand la justice n'est pas impartiale : et je suis absolument certaine que toutes les instances de la haute société sont corrompues jusqu'à la moelle. La seule chose qui me chiffonne de plus en plus sont les conséquences. Même si Cartogan est un menteur et usurpateur, il tente d'apporter une certaine stabilité dans Minas Tirith, non ? Je ne suis pas experte en affaires politiques et royales mais il faudra s'assurer de trouver un remplaçant adéquat. Auquel cas... Disons que vendre les agents de l'Arbre Blanc ne me pose pas plus de soucis que cela. Les preuves sont idéales, oui, mais si la disparition de Cartogan au pouvoir signifie plus de ruines que sa présence, alors finalement que vaut-il mieux ? La question reste entière et j'y songa en replaçant ma coiffe. Je suis ailleurs, assez pour suivre bêtement les autres à la sortie.

Je ne retrouve un semblant de contrôle sur mon corps que lorsque nous nous arrêtons devant un bâtiment... ne jugeons pas les endroits humains. Sinon je comparerai tout à la beauté des bâtisses elfiques alors ne débattons pas sur le sujet. Et, comme à s'y attendre : pas de lumière.

- Lithildren, vous pouvez voir dans le noir, non ? Trouvez-nous une lampe à huile ou une torche...

Parfois je préfèrerais être aveugle. Oui je peux voir, mais en ai-je vraiment envie ?! Ce n'est pas comme si j'avais le choix alors autant y aller. Je perçois mieux que les autres dans l'obscurité et les odeurs de vieux et renfermé mêlées à celle de l'humidité me rappellent un peu trop mon séjour dans les geôles de... Urgh. Ne pas y penser, ne pas y penser. Une porte après et je vit mon but : un bougeoir dans un support métallique. Alors que j'en approchais à pas feutrés, je discernai un livre - enfin à peu près - dans un coin de mon champ de vision. J'allai me pencher dessus plus sérieusement lorsque le sol craqua à l'autre bout de la pièce. J'avais la porte d'un côté, le bruit de l'autre et un livre devant moi. Je m'arrêtai de bouger. Puis, lentement et en gardant un équilibre parfait et les sens complètement en alerte, je saisit la dague que j'avais gardée à la ceinture. Lentement, je me tournais vers le bruit que j'avais entendu et me jetai en avant.

Dague ce que je supposai être la gorge, je marmonnai de manière claire ceci :

- Un seul mouvement et je vous égorge sur place sans aucune forme de procès ni remords.

Crédible ?
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Sur les pavés de la rébellion EmptyDim 25 Oct 2020 - 0:27
S’attendant sans doute à un adversaire de la taille d’un homme, Lithildren avait visé un peu trop haut avec sa dague, la lame froide se posant contre la joue du mystérieux intrus. Intrus.. ? Non, ce terme correspondait mieux à l’elfe et à ses compagnons qui, après tout, avaient penetré dans l’atelier de manière complètement illégale. Le mouvement de Lithildren avait réussi à surprendre et terrifier sa cible, mais cette dernière ne semblait pas avoir saisi le sens de ses paroles. En effet, le personnage mystérieux hurla et recula instinctivement, en faisant tomber quelques ustensiles posés sur une étagère derrière lui.

En entendant le bruit, Réland et Neige se précipitèrent à leur tour dans l’atelier. Leurs yeux avaient eu le temps de s’habituer un peu au noir pendant qu’ils attendaient Lithildren, mais pas assez pour naviguer de manière fluide à travers les deux pièces. L’Agent de l’Arbre Blanc jura à travers les dents lorsqu’ils se cogna le genou contre le coin d’une table. Neige réussit à trouver le bougeoir en métal. Le grincement caractéristique d’une pierre à feu sur une lame en acier se fit entendre, suivi de quelques étincelles, et enfin d’un faible aura de lumière lorsque la mèche se teignit de pourpre, puis s'enflamma.

Ils purent alors découvrir la scène suivante : Lithildren avait réussi à maintenir son emprise sur le personnage qui s’était avéré être une femme. Elle était de taille moyenne et plutôt fine. Ses yeux étaient un peu plus grands que ce qui était dicté par les standards de beauté classique, et ses traits un peu trop anguleux, mais il s’agissait d’un de ces visages que certains qualifieraient de captivant. La peau de la femme était pâle, c’était flagrant dans la faible lumière de la bougie ; comme si elle passait la plupart de son temps sous Mont Mindolluin, loin de la lumière du jour. Ses vêtements étaient de bonne facture et dénotaient un style bien défini, accentué par son couvre-chef excentrique, mais ils semblaient être taillés pour la facilité de mouvement plus que pour l’esthétique.

Sur les pavés de la rébellion Sonja_10



Pour l’instant, ses yeux étaient grand ouverts, ses pupilles dilatées par la peur.

-Qui êtes vous ?!

-Vous avez une dague sous la gorge et vous êtes seule face à quatre. Nous allons poser les questions. Que faites vous dans l’obscurité, dans l’atelier d’un faussaire condamné ?

-Vous pouvez dire à votre Lord Rhydon d’aller se gratter. C’est vous les vrais criminels !

-Notre Lord Rhydon... ? Vous vous méprenez. Nous n’avons rien à voir avec cet homme. Bien au contraire...

-Alors qu’est-ce que vous faites dans mon atelier?!

-Votre.. ?

Réland indiqua délicatement à Lithildren qu’elle pouvait retirer sa dague et prit la femme sous le bras, en l’escortant jusqu’à une chaise où il lui demanda de s’asseoir. Il échangea un regard silencieux avec Neige, et décida de jouer à jeu découvert.

-Nous savons que le faussaire Kaj Olson a été emprisonné puis tué par Rhydon car il savait quelque chose de compromettant sur lui et peut-être même sur son commandant. Nous savons que Rhydon est coupable de plusieurs crimes, mais nous manquons de preuves. Peut-être que celles-ci se trouvent ici, si les sbires de Rhydon ne les ont pas encore dérobées. Ou peut-être que vous êtes justement ici pour ça, pour détruire les preuves restantes ? C’est quoi ces balivernes que vous racontez à propos de cet atelier, comment pourrait-il être le votre ?


-Alors vous voulez faire chuter Rhydon.. ? Hmm...peut-être que nous ne sommes pas des ennemis après tout. Je m’appelle Sonja Kol, et je suis la véritable faussaire et propriétaire de cet atelier. L’homme qui a été emprisonné et...-la femme déglutit et baissa le regard sans finir sa phrase, puis reprit-il travaillait pour moi. Les clients que mon genre d’occupation attire sont souvent des personnages peu recommandables qui n’hésiteraient pas à profiter d’une femme. Et comme vous avez pu le constater – elle lança un regard nerveux à Lithildren en se frottant la gorge – les affrontements physiques ne sont pas mon point fort. C’était son rôle. De faire semblant d’être le faussaire, de négocier avec les clients. D’empêcher que les éventuels ennuis n’arrivent jusqu’à moi. Mais l’atelier...c’est mon royaume à moi.

Nallus, qui était resté silencieux jusqu’à là, se gratta le menton et murmura, pensif : -Sonja Kol...Kaj...Olson...

Neige quant à elle regarda la femme, sceptique, et demanda froidement :

-C’est une bien belle histoire mais qu’est-ce qui prouve que vous ne venez pas de l’inventer ?


Sonja sourit pour la première fois depuis le début, avec une étincelle de malice dans les yeux.

-Cette broche – dit-elle en indiquant le laisser-passer de l’Arbre Blanc que Neige avait accroché discrètement à la robe de guérisseuse lorsqu’ils s’étaient enfoncés dans les passages sous le mont Mindolluin. – il y en a que quelques-unes des comme ça au monde, taillées dans un matériau bien plus rare encore que le mithril. Le bois d’un arbre de la lignée de Nimloth. Plus précisément celui qui a été déposé à Rath Dinen la dernière année du Troisième Age. Un symbole qui ouvre beaucoup de portes...rare, mais pas inimitable.  

La main de Sonja trouva un bout de charbon sur la table à côté d’elle, et sous les regards des aventuriers elle dessina quelques traits sur le bois de la table. Un dessin qui imitait parfaitement la broche, sur une échelle agrandie, apparut devant leurs yeux.

-Pour commencer, il faut bien choisir ses outils. Les artisans de Minas Tirith utilisent depuis des décennies des outils de sculpture en provenance d’Ithilien. C’est loin d’être les meilleurs de la Terre du Milieu, après tout le Gondor n’est pas réputé pour son travail du bois...mais c’est ceux qui ont très vraisemblablement servi pour façonner votre broche. Ensuite, le matériau. Pour imiter le bois d’un Arbre Blanc, le mieux serait un peuplier tremble, comme ceux que l’on trouve dans la Vallée de la Racine Noire. Un bois relativement facile à façonner, dont la couleur et la texture se rapprochent du Nimloth. Mais pas assez. Une fois taillé, pour le blanchir davantage il faudrait le plonger dans une solution de saumure ayant subi un processus alchimique particulier...mais avant de blanchir le bois il faudra le vieillir. Votre broche, elle est faite avec le bois d’un arbre mort depuis quelques centaines d’années. Il résiste très bien, mais ne ressemble pas à un bois de peuplier fraîchement coupé. La méthode la plus simple serait de plonger de la paille de fer dans du vinaigre afin de créer une réaction d’oxydation, et l’appliquer sur le bois.  Et voilà, le tour est joué. En trois jours environ, je vous la fais votre broche, pour un prix approprié.

Le professeur Nallus frappa dans ses mains avec excitation, visiblement impressionné par le monologue. Neige et Réland, bien que beaucoup plus calmes que l’universitaire, n’étaient eux-aussi pas restés indifférents face au savoir-faire de la femme.

-Si vous êtes la véritable propriétaire de cet atelier alors dites nous. Pourquoi l’homme qui vous servait de couverture a été emprisonné ? Disposez-vous de quelque chose qui pourrait incriminer Rhydon ?


Avant que Sonja ne puisse répondre, Neige leva le bras. Un faible bruit de plusieurs pas et des voix se fit entendre. Une fois de plus, Lithildren fut envoyée en éclaireur, étant le plus capable à se déplacer furtivement dans le noir. Lorsqu’elle s’approcha de la porte extérieure de l’atelier, elle put entendre une voix masculine rauque :

-Ils sont partis par ici, sergent...je suis un vétéran, vous savez, et la manière dont elles se déplaçaient... j’ai tout de suite vu que ce n’était pas des guérisseuses.

Lithildren put reconnaître la voix vaguement familière. Il s’agissait du mendiant à qui elle avait donné quelques pièces une poignée d’heures plus tôt.

-Vous êtes certain que c’est cet endroit là ? Bon...voici votre récompense, partez maintenant.

L’elfe n’eut que quelques brefs instants pour rejoindre ses compagnons dans l’autre pièce et les avertir. Réland fut le premier à réagir :

-Merde, on aurait du changer de vêtements ! Trop tard maintenant. Sonja, est-ce qu’il y a une autre sortie ?

-Oui...mon identité ne serait pas restée secrète longtemps si j’entrais et quittais l’atelier tous les jours par l’entrée principale.

-Bien. Guidez les autres vers l’autre sortie. Je vais distraire les soldats pendant ce temps-là pour vous permettre de partir inaperçus.

-Hors de question ! C’est pas le moment de faire des sacrifices inutiles Réland !

-Capitaine. Soyez raisonnable.– Etonnemment, cette fois-ci c’était Réland qui semblait garder le sang froid contrairement à sa supérieure hiérarchique. – Vous voulez vraiment affronter une patrouille de soldats du Gondor en pleine Cité Blanche ? Ou bien fuir ? Vous êtes blessée, et le Professeur a passé l’âge des courses-poursuites. Vous devez protéger Sonja, c’est peut-être notre seule chance d’avoir des preuves tangibles contre Rhydon et Cartogan.


Neige n’avait pas d’argument valable pour opposer les paroles de l’agent. Ce dernier tira la robe de guérisseuse, restant juste en pantalon et dévoilant aux trois femmes et au professeur son torse nu et sa musculature impressionnante. Il leur fit un clin d’oeil et dit :

-Rendez-vous au Sanctuaire demain.

Puis il se retourna et se dirigea vers l’autre pièce d’un pas rapide. Ils purent entendre la porte s’ouvrir avec force, et le bruit des pas rapides sur les pavés, accompagnés des exclamations des soldats qui semblaient s’être lancés à la poursuite de Réland.

-Par ici, vite. Et prenez le journal ! – s’exclama Sonja en s’adressant à Lithildren qui était la plus proche du cahier des notes.

La faussaire les guida dans le noir quasi-total vers un passage dissimulé qui semblait s’enfonçer encore plus dans la montagne. Ils marchèrent pendant quelques minutes tendues, s’attendant à chaque instant à entendre les soldats derrière eux. Même lorsqu’ils se retrouvèrent dehors, ils étaient toujours dans les galeries sous la Cité, plongées dans la pénombre permanente. Il était facile de se perdre dans ce labyrinthe de ruelles étroites mais Sonja semblait connaître son chemin. Elle les guida jusqu’à un lieu qui semblait être une planque plutôt que son habitation réelle. Il y avait une table, un sommier, une grande vasque remplie d’eau et quelques lampes à huile, mais pas de fenêtres.

Le professeur, clairement épuisé par cette journée éprouvante physiquement et nerveusement, se roula dans un coin et sembla s’endormir très rapidement. Même Neige semblait dépourvue de toute force, sans doute affectée lourdement par sa blessure, mais peut-être aussi sécouée par la décision de Réland. Elle s’assit par terre et tira sa coiffe de guérisseuse sur les yeux. Elle s’assoupit ou se perdit dans ses pensées.

Rester ici pendant quelques heures était sans doute une bonne idée, pour éviter de croiser la patrouille qui les cherchait peut-être. C’était l’occasion pour Lithildren de poser des questions à la faussaire si elle le souhaitait.

Mais lorsque le jour se leverait, ce qui n’était d’ailleurs pas une chose facile à établir dans cette planque dépourvue de fenêtres, il lui faudrait prendre une décision sur les prochaines actions. Elle pouvait retourner au Sanctuaire pour y retrouver Réland, s’il avait réussi à s’échapper aux soldats. Ou bien faire ce que le chevalier Félian avait suggéré : trouver le forgeron Cadrach à la Maison des Compagnons pour lui demander de préparer des armes pour les Chevaliers du Cor Brisé...




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Sur les pavés de la rébellion EmptyDim 25 Oct 2020 - 10:28
Le hurlement me fit manquer de bondir en arrière et lui trancher la gorge. Une voix de femme et de terreur. Me serais-je trompée ? Mais en cas de doute je restai la dague appuyée sur la joue, de crainte que le cri n'alerte quelqu'un d'indésirable. Cela dit, dans le feu de l'action, je préfère menacer qu'être menacée. Je cligne rapidement des yeux, plusieurs fois, alors que Réland et Neige se précipitaient à l'intérieur. Il leur fallut un moment - et un grognement dû à un coin de table ayant rencontré un homme - avant qu'un bougeoir ne soit allumé. Lithildren plissa légèrement les yeux, la luminosité soudaine bien que faible sembla agressive dans une pièce aussi sombre et où elle voyait relativement bien. Elle découvrit les traits anguleux et peu communs de cette femme qu'elle avait agressée.

- Qui êtes vous ?!
- Vous avez une dague sous la gorge et vous êtes seule face à quatre. Nous allons poser les questions. Que faites vous dans l’obscurité, dans l’atelier d’un faussaire condamné ?
- Vous pouvez dire à votre Lord Rhydon d’aller se gratter. C’est vous les vrais criminels !
- Notre Lord Rhydon... ? Vous vous méprenez. Nous n’avons rien à voir avec cet homme. Bien au contraire...
- Votre.. ?

La situation levait plus de question qu'elle n'en résolvait et Lithildren n'eut pas besoin d'attendre la directive de Réland pour baisser son arme. Pour qui se prenait-il, lui ? Son chef et supérieur ? Pfeuh, abruti. Je rangeai ma dague et reculai, autant ne pas se montrer plus effrayante, d'autant que cette dame n'avait pour l'instant pas encore conscience que j'étais une Elfe. J'apprécie le mystère. La surprise des gens quand ils voient les oreilles pointues, comme si ça ouvrait un monde de générosité et noblesse… Ou comment se faire aduler pour une simple paire d'oreilles. Je ne serais jamais allée aussi loin si elle avait été humaine. Toutes les portes s'ouvraient face à elle en même temps que les dagues et flèches pleuvaient dans son dos. Une Elfe qui se mêle des affaires humaines est le seul moyen pour les comploteurs et criminels de perdre la face. Enfin. Toute cette situation m'agaçait tout de même. Les humains ne savaient vraiment pas vivre sans les Elfes, quand apprendraient-ils ? L'humanité faiblissait de par sa mortalité et sa cupidité, pendant que l'empire des Elfes tombait petit à petit parce que trop bêtes et avec une reproduction aussi rapide que leur vie était longue. Je soupirai, ruminant sa condition dans son coin.

- Nous savons que le faussaire Kaj Olson a été emprisonné puis tué par Rhydon car il savait quelque chose de compromettant sur lui et peut-être même sur son commandant. Nous savons que Rhydon est coupable de plusieurs crimes, mais nous manquons de preuves. Peut-être que celles-ci se trouvent ici, si les sbires de Rhydon ne les ont pas encore dérobées. Ou peut-être que vous êtes justement ici pour ça, pour détruire les preuves restantes ? C’est quoi ces balivernes que vous racontez à propos de cet atelier, comment pourrait-il être le votre ?

Une petite idée me venait mais comment lui, agent de l'Arbre Blanc, pouvait ne pas s'en douter ?

- Alors vous voulez faire chuter Rhydon.. ? Hmm...peut-être que nous ne sommes pas des ennemis après tout. Je m’appelle Sonja Kol, et je suis la véritable faussaire et propriétaire de cet atelier. L’homme qui a été emprisonné et...-la femme déglutit et baissa le regard sans finir sa phrase, puis reprit-il travaillait pour moi. Les clients que mon genre d’occupation attire sont souvent des personnages peu recommandables qui n’hésiteraient pas à profiter d’une femme. Et comme vous avez pu le constater les affrontements physiques ne sont pas mon point fort. C’était son rôle. De faire semblant d’être le faussaire, de négocier avec les clients. D’empêcher que les éventuels ennuis n’arrivent jusqu’à moi. Mais l’atelier...c’est mon royaume à moi.

J'ai connu, ça. C'était courant dans le Rhûn, pendant mon incarcération. Les vendeurs illégaux utilisaient des faux noms et des médiateurs pour les transactions. Ca permettait d'être plus discret et de se faire un nom sans pour autant se dévoiler au grand jour, et en plus avec de nombreuses rumeurs à la porte faisant frémir les simples gens. J'avais été parmi ces fameuses marchandises. Rendez-vous compte, une Elfe ! Certains avaient payé cher ne serait-ce que pour me voir emprisonnée au Rhûn. Une vraie attraction de foire. Je ne me souvenais plus du riche à qui j'avais été vendue ou rapportée mais j'étais certaine qu'il avait un faux nom foireux pour cacher ses activités. La même chose devait être courante partout, non ?

- C’est une bien belle histoire mais qu’est-ce qui prouve que vous ne venez pas de l’inventer ?

Question pertinente mais qui ne fit pas flancher la fameuse Sonja Kol. Neige se méfiait de tout et tout le monde, et cela était bien normal. Mais je savais lire dans les yeux plus que quiconque. La terreur de cette femme était réelle face à moi et sa voix tremblait légèrement. Elle était troublée par la dague qui avait manqué de l'égorger et n'avait pas hésité à cracher sur Rhydon au risque de mourir, car visiblement l'homme en question était aussi puissant et influent que Cartogan. Je croyais la femme étrange mais la question piquait ma curiosité. Comment une faussaire allait-elle prouver son identité ? L'air remplit de malice de Sonja Kol me tira un sourire en coin.

- Cette broche, il y en a que quelques-unes des comme ça au monde, taillées dans un matériau bien plus rare encore que le mithril. Le bois d’un arbre de la lignée de Nimloth. Plus précisément celui qui a été déposé à Rath Dinen la dernière année du Troisième Age. Un symbole qui ouvre beaucoup de portes...rare, mais pas inimitable. Pour commencer, il faut bien choisir ses outils. Les artisans de Minas Tirith utilisent depuis des décennies des outils de sculpture en provenance d’Ithilien. C’est loin d’être les meilleurs de la Terre du Milieu, après tout le Gondor n’est pas réputé pour son travail du bois...mais c’est ceux qui ont très vraisemblablement servi pour façonner votre broche. Ensuite, le matériau. Pour imiter le bois d’un Arbre Blanc, le mieux serait un peuplier tremble, comme ceux que l’on trouve dans la Vallée de la Racine Noire. Un bois relativement facile à façonner, dont la couleur et la texture se rapprochent du Nimloth. Mais pas assez. Une fois taillé, pour le blanchir davantage il faudrait le plonger dans une solution de saumure ayant subi un processus alchimique particulier...mais avant de blanchir le bois il faudra le vieillir. Votre broche, elle est faite avec le bois d’un arbre mort depuis quelques centaines d’années. Il résiste très bien, mais ne ressemble pas à un bois de peuplier fraîchement coupé. La méthode la plus simple serait de plonger de la paille de fer dans du vinaigre afin de créer une réaction d’oxydation, et l’appliquer sur le bois. Et voilà, le tour est joué. En trois jours environ, je vous la fais votre broche, pour un prix approprié.

Pendant que Nallus applaudissait, je dû reconnaître que le savoir de cette femme était assez épatant. Fabriquer de fausses broches n'était pas si difficile et seule une faussaire de sa trempe pouvait reconnaître un vrai et un faux. Elle allait être plus qu'utile, sans compter les informations qu'elle pouvait détenir. Elle devait non seulement rester en vie mais aussi les aider et visiblement était prête à cette entreprise, espérons-le. Cela n'allait pas être de tout repos, ni pour elle ni pour moi.

- Si vous êtes la véritable propriétaire de cet atelier alors dites nous. Pourquoi l’homme qui vous servait de couverture a été emprisonné ? Disposez-vous de quelque chose qui pourrait incriminer Rhydon ?

Sonja Kol allait répondre mais Neige l'interrompit. J'avais entendu aussi. Sans même qu'on me le demande j'étais déjà partie écouter à la porte en silence. Les mots étaient un peu étouffés mais clairs : Ils sont partis par ici, sergent...je suis un vétéran, vous savez, et la manière dont elles se déplaçaient... j’ai tout de suite vu que ce n’était pas des guérisseuses.

L'enfoiré. Pfeuh, c'est ça que de faire semblait d'être une guérisseuse et agréable. Eh bien, si j'avais eu le temps pour ça je l'aurais égorgé sur place. Putain de mendiant. Ou espion. Peu importait j'aurais apprécié faire couler son sang mais je n'avais pas le temps pour ça. Je rejoignis mes compagnons et leur dit ce que j'avais entendu - et par qui. Réland fut le premier à réagir, pour une fois.

- Merde, on aurait du changer de vêtements ! Trop tard maintenant. Sonja, est-ce qu’il y a une autre sortie ?

Non, tu crois ? Ne rien dire, j'ai suivi le mouvement donc je ne suis pas meilleure. En tout cas je n'attendis pas pour me débarrasser de ces robes stupides. Pas la peine de nous faire passer plus longtemps pour des guérisseuses, la garde devait être au courant et des gens qui marchent nerveusement sont encore plus suspicieux quand habillés comme des guérisseuses. Heureusement que j'avais gardé une partie de mon équipement de base, mmh. Je respirais enfin, cela dit, parce qu'il faisait vraiment chaud sous ces trucs.

- Oui...mon identité ne serait pas restée secrète longtemps si j’entrais et quittais l’atelier tous les jours par l’entrée principale.
- Bien. Guidez les autres vers l’autre sortie. Je vais distraire les soldats pendant ce temps-là pour vous permettre de partir inaperçus.
- Hors de question ! C’est pas le moment de faire des sacrifices inutiles Réland !
- Capitaine. Soyez raisonnable. Vous voulez vraiment affronter une patrouille de soldats du Gondor en pleine Cité Blanche ? Ou bien fuir ? Vous êtes blessée, et le Professeur a passé l’âge des courses-poursuites. Vous devez protéger Sonja, c’est peut-être notre seule chance d’avoir des preuves tangibles contre Rhydon et Cartogan.

Je ne jugeai pas son commentaire. Je trouvais ça à la fois bravement stupide et stupidement brave. Il allait certainement finir mort ou emprisonné et peu importait son sort. Il avait raison sur un point : Neige était blessée, Nallus trop vieux et Sonja était devenue une aide incontournable dans la suite des événements. Je préférais me concentrer sur la survie d'une informatrice que d'un soldat. Et au pire il se ferait torturer mais ne dirait rien. Je m'approchai de lui et saisit son avant-bras dans un salut typique des soldats humains.

- Tâchez de mourir avant de donner une information à l'ennemi. Dans le meilleur des cas, tâchez de mourir avant d'être capturé, dis-je à voix basse pour seul lui entende. Je savais bien qu'il allait y rester. Enfin je m'en persuadais en silence. Il tentait de rester brave face à une fin probable mais je tenais à lui signifier quel était son devoir envers sa propre cause. Je le lâchai sans autre forme de cérémonie et me retournai.

Je saisit le livre que Sonja Kol m'indiquait et partait en dernière, vérifiant bien que Neige et Nallus suivaient la faussaire. Je me saisissais également de ma robe de guérisseuse, laissant celle de Réland par terre. Je vérifiai que le sol n'indique pas trop notre chemin de départ puis suivait les autres. Le chemin dans les galeries sembla durer une éternité. J'essayais de ne pas faire de sentiments. Cette scène entre Neige et Réland me renvoyait celle que j'avais vécu dans les galeries avec Oropher. Il m'avait embrassée et m'avait ordonné de fuir, restant comme appât. Cette faute l'avait mené soit à la mort, soit la capture, soit pire et peut-être avait-il été ensorcelé et obéissait désormais à son ennemi personnel. Quelle que soit la vérité, j'allais retrouver mon aimé, dussé-je y laisser la vie moi-même. Une fois arrivés dans la planque de Sonja Kol, Nallus alla s'endormir en boule dans un coin et Neige... fit son affaire. Qu'elle dorme, pleure ou déprime, je n'avais pas envie de m'en mêler.

Peu importait j'avais une occasion trop belle à ne pas manquer. La chance d'être une Elfe me permettait de me passer de sommeil pour cette fois, ou de simplement m'assoupir quelques dizaines de minutes sans trop de conséquences. Mais je devais profiter du savoir de cette femme. Je me tint près d'elle, son livre avec moi, et la regardai.

- J'ai besoin de savoir des choses, Sonja Kol ou peu importe votre vrai ou faux nom. J'ai des questions dont vous seule pourriez avoir des réponses. Je pris une pause légère, fermant les yeux une seconde. Avez-vous entendu parler d'une femme masquée, emprisonnée il y a peu puis libérée ? C'est elle qui a tué votre... figure "publique". De même, connaîtriez-vous un homme qui se fait appeler "Gier" ? Un sorcier, de ce que j'en crois. Que savez-vous sur Rhydon, enfin plus précisément que savais votre associé sur lui ? Que savez-vous sur Cartogan ? Que contient ce livre que vous m'avez demandée de prendre ? Et enfin ma dernière question : avez-vous entendu parler d'un Elfe appelé Oropher, voyageant en mauvaise compagnie ? Dites-moi tout.

J'écoutai avec avidité tout ce que la femme avait à me dire, sans l'interrompre ou éventuellement en posant une question pour préciser un propos (où, quand, comment, avec qui...) si le besoin s'en faisait sentir. Lorsque j'eus la réponse à mes questions, satisfaisantes ou non, j'allai me reposer quelques instants. Mes choix étaient déjà faits.

Aller retrouver Réland serait une perte de temps. Si Neige et Nallus voulaient absolument y retourner, grand bien leur fasse. Mais je ne pouvais pas me permettre de laisser Neige y aller. Eventuellement le professeur Nallus mais sans escorte il se ferait capturer de nouveau. Alors le choix était simple : le groupe allait partir à la rencontre du forgeron Cadrach. Je ne connaissais pas la Cité aussi bien qu'un professeur érudit, qu'une agent de l'Arbre Blanc et une faussaire réunis. Ils étaient tous les trois sous ma protection mais je ne pouvais pas garantir leur survie à tous. Ni même garantir ma propre survie. Mais le choix était fait et c'était vers la Maison des Compagnons que nous allions nous diriger.
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