La Salle des Contes et des Légendes (Hors RP)

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Forlong
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Mer 14 Avr 2010 - 22:16
Chers citoyens de Minas Tirith Smile

Je vous annonce la création d'un nouveau sujet assez particulier sur notre forum.
Dans ce sujet, chaque membre, coloré ou pas (nous ne sommes pas racistes voyons Surprised ) peut poster ses créations, et discuter, donner son avis, critiquer (de façon constructive), les créations des autres membres.

Que veux je dire par création? Alors là, tout et n'importe quoi!
Je vous invite à poster ici vos nouvelles, poèmes, chansons, photos, dessins, peintures, créations graphiques de toute sorte, essais, et toute autre chose qui peut vous venir à l'idée Wink

Comme ca nous apprendrons à encore mieux nous connaitre, et voir sans aucun doute des choses intéressantes (beaucoup de gens talentueux et intelligents sur MT langue ), et à recevoir des avis utiles sur nos propres créations!

A vous, chers membres!

PS: Je participerai naturellement aussi Smile



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Erco Skaline
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Mer 14 Avr 2010 - 22:52
Très bonne idée, j'adore!!! Smile

Je vais du reste inaugurer par une nouvelle de science-fiction.
Sur ce bonne lecture Wink
La fuite


Nous sommes en 2050, tout contact physique est interdit par la loi qui permet de tuer par injection de poison toutes personnes l’enfreignant, car ces contacts ont été jugés inutiles et surtout ils retardaient le développement économique et technologique. Grâce à cette loi, la société a beaucoup évolué en quelques dizaines d’années de sorte que maintenant les voitures polluantes n’existent plus et ne font pour seul bruit un petit bourdonnement. On a pu aller sur mars grâce à des navettes spatiales. Les frontières sont oubliées pour laisser un libre-échange entre les pays et les continents. Mais un seul problème : les personnes sont malheureuses car dans cette nouvelle société seul le travail compte et la plupart les plaisirs n’existent plus. Cette loi fut mise en service en 2010 à paris, dans le Louvre même.

Si nous nous éloignons un peu du Louvre, nous pouvons voir un immeuble où habite la famille de Jimmy, ado âgé de seize ans, les cheveux bruns clairs mi-long. Il était dans sa chambre en train de regarder un film holographique, quand la sonnerie d’entrée retentit à travers l’appartement. Il se leva et allait sortir de sa chambre, mais le sasse d’entrée s’ouvrit avec un sifflement, il préféra rester sur place, sur le palier de sa chambre, curieux de savoir qui venait chez lui à cette heure. C’est en entendant son nom, Jimmy, et le mot Chambre qu’il se dit que cela devait le concerner. En apercevant l’uniforme d’un agent gouvernemental, il comprit que sa plus grande crainte venait de se réaliser. Le jeune homme poussé par la force de la jeunesse s’élança et enjamba la fenêtre qui bordait le côté nord de sa chambre. Il se retrouva sur l’escalier de service en fer tout rouillé par le temps. Il le dévala en quelques secondes, il lui sembla entendre un cri venant de son étage, certainement l’agent du gouvernement. Jimmy arriva au pied de son immeuble tout essoufflé, mais il n’y fit pas attention et repartit vers l’appartement de Kassandra, sa copine qu’il avait embrassée le matin même. Il accéléra à la pensée de sa bien aimé, il traversa des ruelles en poussant les piétons se faisant insulter de tout les noms mais il les ignora.
Il arriva enfin devant l’immeuble ou vivait Kassandra ou il découvrit pour son plus grand malheur une voiture arborant le signe du gouvernement. Le fugitif tomba par terre et se culpabilisa de n’avoir même pas réussi à arriver avant cette maudite voiture. Son regard azur resta fixé sur la porte de l’immeuble jusqu’à ce qu’apparaisse un homme portant un costume noir accompagné d’un jeune fille de son âge. Elle portait un T-shirt bleu et un jeans, ses cheveux étaient noirs et fins. C’était kassandra !

A la vue de cette personne, que Jimmy aimait le plus au monde, il se propulsa en avant poussé par l’amour et le désespoir. Le jeune homme heurta l’agent gouvernemental de plein fouet, le faisant tombé à la renverse sous le choc. Jimmy se releva un instant après et saisissant le bras de kassandra, l’entraîna avec lui pour une fuite…

Les deux fugitifs entendirent le bourdonnement, une voiture venait de démarrer. Ils pensèrent en même temps à la même chose : Nous sommes poursuivis par une voiture gouvernementale! Ils poussèrent leur limite au-delà de leur entendement. Les deux amoureux se regardaient de temps en temps avec un regard empli d’amour mais aussi beaucoup de terreur. C’est après avoir zigzaguer dans plusieurs ruelles éclairée faiblement par des lampadaires à pile solaire, qu’ils n’entendirent plus le bourdonnement du véhicule. Alors seulement ils s’arrêtèrent pour reprendre leur souffle. Aucun des deux jeunes fugitifs n’osaient parler de peur qu’on ne les entendent. Mais la peur et l’incertitude forcèrent Kassandra à briser ce silence éprouvant avec un murmure :
-Tu crois qu’on les a semés ?
-Je ne sais pas. Mais j’espère, allez viens il faut partir
.
-Pour aller ou ? Nous sommes recherché dans le monde entier !
Cette réplique sèche asséna un coup dur qui rappelait à Jimmy la triste réalité. Alors il tenta de la rassurer, mais sa voix resta guère convaincante :
-On se trouvera bien un coin tranquille.
Son amie allait répliquer, mais un sifflement retendit, brisant définitivement le silence. Les yeux de kassandra se révulsèrent puis son corps tomba dans les bras de son ami qui la rattrapa et sentit dans son dos un liquide chaud, du sang ! Il cria avec une voix remplie de tristesse mais aussi de rage :
-NON.
Il l’étreignit une dernière fois et l’étendit avec douceur sur le sol. Il passa ses doigts sur les lèvres du corps inerte de Kassandra et déjà ce corps prenait une couleur blanche, une couleur mortuaire. Il se releva avec les yeux dilatés, ses artères palpitantes, son rythme cardiaque bien au-dessus de son habitude.
Jimmy vit un escalier de secours qu’il emprunta sans hésiter une seule seconde. Il gravit quatre à quatre les marches. Le fugitif aperçu un homme se pencher sur le cadavre de Kassandra, il avait dans une main, la gauche, un fusil laser. Jimmy du détourner son regard pour ne pas s’effondrer de tristesse.
Il arriva enfin en haut des marches, mort de fatigue et de chagrin. Ses poumons le faisaient souffrir, sa tête le tapait au rythme de son cœur, il lui semblait qu’il n’arrivait plus à respirer. Quant à son regard, il se perdait dans l’immensité du ciel étoilé où devait voler des navettes spatiales conduites par des hommes aussi malheureux que lui.
Jimmy imagina Dieu le regardant avec un sourire, riant de sa malchance. C’est la voix froide du tueur de Kassandra qui fit revenir le jeune homme désespéré à la réalité :

-Tu es fini ! Tu es bloqué ! tu as perdu tous ceux que tu aimais !

Entendre ces affirmations causaient chez Jimmy une vive envie de tuer la personne qui les avait dites, mais ne pouvant le faire, il se contenta de répliqué :

-J’ai joué et j’ai perdu. Mais je ne regrette rien.

Puis Jimmy saisissant son courage à deux mains, s’élança, au grand étonnement de l’homme, dans le vide pour une chute de dix étages.
Pour Jimmy, cette chute libre dura une éternité durant laquelle il se posa les questions suivantes :
Qu’est-ce la mort ? Pourquoi avoir interdit les contacts physiques ? pourquoi est-ce qu’il fallait qu’il enfreigne cette maudite loi ? Qu’est-ce que l’amour ? Est-ce que sa vaut la même de mourir pour ce sentiment ?

Pendant qu’il pensait, les yeux de Jimmy voyaient le sol se rapprocher, il sentit son estomac remonter par la vitesse de la chute. En passant devant un étage,il vit un couple entrain de s’enlacer. Il vit un ascenseur monté, il contenait deux agents du gouvernement. Jimmy voulu crier pour prévenir le couple vu plus haut, mais aucun cri ne sortit de sa bouche. Des larmes apparurent au coin de ses yeux. Puis il perdit de vue le couple et l’ascenseur. Ses yeux rencontrèrent ceux d’une fillette qui n’arrivait pas à dormir, il lui sourit avant de continuer sa descende vers la mort. Il aperçu brièvement des enfants regardant un film holographique, Jimmy imagina leur bonheur, il aurait voulu s’arrêter et aller leur parler mais il ne pouvait stopper sa chute…

Le sol se rapprochait toujours plus, mais il ne craignait pas le choc entre lui et la terre car il pensait qu’à une seule et unique chose : il allait rejoindre Kassandra…
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Forlong
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Mer 14 Avr 2010 - 23:04
Merci pour ta participation Erco Smile

J'ai lu ta nouvelle; elle est fort intéressante. Une réflexion sur ce que notre monde va, ou peut devenir, dans une société de plus en plus scientifique et cynique. Nouvelle très triste, mais plutôt captivante.

Après, des infos plus profondes sur certains aspects des personnages ou du gouvernement auraient pu rendre l'histoire encore plus intéressante, mais elle aurait pu perdre sa caractéristique principale d'une nouvelle; càd la longueur limitée.

Je ne sais pas ce qui t'a inspiré pour l'écrire, mais ca a une certaine ressemblance au 1984 de George Orwell et au film Equilibrium.

Je recommande d'ailleurs ce film de tout mon coeur à toi Erco, et tous les autres membres Wink



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Rômrhun
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Jeu 15 Avr 2010 - 17:01
J'adore cette idée, je crois que je vais m'y mettre aussi!

J'aime beaucoup ton histoire Erco, comme dit Forlong, elle est captivante, une fois démarrée, on veut savoir la fin! Et je trouve la chute très bien décrite, en fait, je peux parfaitement me la représenter, ce qui est très important à mes yeux dans une lecture!

Voila voila j'ai déjà une petite idée d'histoire à raconter, je vais m'attaquer à ça et la poster je sais pas trop quand!

EDIT : Bon bah l'inspiration est venue vite, et sans vraiment savoir pourquoi je suis parti sur un poème (c'était pas vraiment mon intention au départ et je sais pas si ça fait aussi bien passer les descriptions que je le voulais mais c'est venu comme ça...) Alors voila :



Le calme… Tout était si calme…
La fraicheur de la brise sur son visage, les miroitements des rayons du soleil à travers les feuillages,
Les murmures de la vie de la forêt, le clapotement de l’eau qui passait tout près,
Rien ne lui faisait plus plaisir qu’être assis sous un arbre et lire.
Et pourtant, plus grand encore fut son bonheur, quand son fils arriva, accompagné de sa sœur,
Ses deux enfants chéris, suivis de la femme de sa vie.
Sa douce et lui menaient une vie tranquille, à l’abri des mesquins et des esprits les plus vils.
Ils s’étaient isolés, préférant calme et tranquillité,
Mais ces instants n’étaient plus, ils les avaient à jamais perdus.


S’arrachant à sa torpeur, il retourna à l’horreur.
Perdu dans ses pensées, il avait un instant oublié
Où il se trouvait, et se qui se passait.
Autour de lui, le fracas, les hurlements et l’effroi.
Les cris des hommes agonisants donnaient place aux râles des mourants.
Le sol était rouge, le ciel était noir, et l’air, empli de désespoir.
L’homme près de lui s’affaissa lourdement, un trait sombre lui traversant le flanc.
Il ne ressentait que la peur, l’angoisse et le malheur,
Ne pouvant plus réfléchir, ne sachant à quoi se retenir.
Il avait l’impression de sombrer dans un gouffre béant où tout était condamné.


Tout allait au ralenti, le temps, l’espace, les gestes de ses ennemis.
Qui étaient ces gens, pourquoi se battaient-ils ?
Avaient-ils comme lui totalement perdu le fil ?
Il ne comprenait où son bonheur se trouvait,
Comment il avait été arraché des bras de sa bien-aimée,
Pour se retrouver au milieu d’un carnage, qui semblait durer depuis déjà des âges.


Puis un éclair, et soudain la lumière.
Le blanc était partout, et tout devint flou.
Le monde se figea pendant un instant, sans qu’il ne sache ce qui se passait vraiment.
Tout s’était arrêté, et il se sentait flotter,
Dans un monde illusoire où il venait de choir.
Des nuages vaporeux lui embrumaient l’esprit,
Le baignant complètement dans un rêve incompris.


Soudain il ressentit comme un dernier bouleversement,
Et de la lumière, il passa au néant.
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Forlong
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Jeu 15 Avr 2010 - 19:12
Je vois que le sujet n'est pas sans succès! Merci pour ta participation Rom! Smile

Super poème d'ailleurs! Il me plait surtout par ses contrastes; en commençant la lecture je sentais presque les rayons du soleil et la fraîcheur de la brise, et la rupture soudaine avec la scène de carnage fut fort surprenante langue
Mais ce qui me plait le plus c'est la description de la mort, le "rêve incompris"...belle expression Smile

Félicitations en tout cas; n'hésitez pas à continuer à poster vos créations et remarques sur celles des autres Wink



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Rômrhun
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Jeu 15 Avr 2010 - 19:42
Mdr, j'ai aucun mérite pour cette expression, j'ai cherché dans un dictionnaire des rimes un truc qui allait avec esprit, et incompris c'est le seul mot qui collait dans la phrase lol! En tout cas j'ai pris du plaisir à écrire ça, et j'encourage vraiment tout le monde à s'y mettre!
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Forlong
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Ven 16 Avr 2010 - 23:20
Bon, vu que comme Romrom m'a dit hier sur le chat, beaucoup de membres maitrisent l'anglais, je vais me permettre de poster une nouvelle que j'ai écrit dans cette langue ^^ De cette façon on continue l'idée de Rad' pour le poisson d'avril Rolling Eyes
Merci à ceux qui auront le courage de gaspiller quelques minutes de leur vie pour la lire Mr.Red

Citation :





The Tavern

The heavy door of the tavern opened suddenly, its hinges which haven’t seen oil for several generations, letting out a terrifying squeak, accompanied by the angry protests of the cat which chose this place for a nap.
The tavern keeper, a fat , middle aged man, whose beard had an irregular shape, as if he stopped in the middle of a shave, let out a few angry words: “Close that door man, it’s freezing outsi...”
The words died on his lips and his hand, holding a dirty rag, stopped in the air as the light of the fireplace glistened on the polished armours of the two men who entered the room. Both were big and broad shouldered. Their complex, expensive armours covered their torsos, legs, and left arms. Hilts of thin swords could be seen at their sides, the blades slid in the black leather of the scabbards. Each one held in his right hand a nasty weapon; a halberd. Their dresses were completed by high, black leather boots, capes and extravagant hats.

They were the landsknechts, soldiers of the senate. One of them said, in a voice hard as steel: “Two beers man. An’ they better be good. We didn’t come ‘ere to drink your cat’s piss.”
The tavern keeper looked at the soldiers for a moment, then threw the old rag (which looked as if eaten and returned by the previously mentioned cat) away, and took two relatively clean wooden mugs from the shelf behind him. He filled them with an amber coloured liquid poured from a little barrel.
The soldiers took the mugs, having previously positioned their halberds safely against the wall, and drank.
The seconds passed slowly for the tavern keeper while he watched them drink, his eyes wide open. Then one of the landsknechts put his mug down, wiped the foam from his impressive moustache, and threw a silver coin in the direction of the keeper, saying: “Ain’t the worst I tasted, gotta admit. Keep the change.”
“Well , thank you my lords! You’re without doubt the most generous of all; may the grace of the gods shine upon you, may the...”
“Shut up now. You ain’t getting no more anyway.” Said the soldier with a look of boredom on his face.

The tavern keeper obeyed, shutting his mouth immediately, and went back to his previous activity, which consisted of making a mug even dirtier with a stinky rag. The silver coin had disappeared in one his pockets. The other landsknecht put his own mug on the table, and said: “Well, we didn’t come here for a drink, eh mate!”
His companion nodded, a wild grin under his moustache, and in a studied, fluent movement, they both drew their thin swords.

They turned towards a dark haired man sitting in the corner of the room. One of the man’s hands was holding a glass of wine, the other one was under the table.
“You are under arrest for contraband.” Said the soldier, his voice heavy with authority. “You will now stand up and accompany us. Resistance is useless.”

The event was observed with moderate interest by several clients of the tavern. Arrests were not uncommon, and few tried to resist the landsknechts. Actually, nobody who was sober and sane of spirit resisted the landsknechts. The city guards performed usual arrests, putting in jail thieves, hookers, drunkards, cheaters and other common scum. But when it came to more serious criminals, the soldiers of the Senate entered in action. They were feared in the city, and not without reason. The mixture of long and severe training, the best equipment, discipline and stamina, made them rather unpleasant adversaries. No one should resist the landsknechts. And nobody
thought that this dark haired smuggler would. Including the soldiers themselves. The tall, dark haired man looked at the soldier, finished his wine, and said: “In one aspect, sir, you are most certainly right. I am going to stand up.”

In a catlike movement, he jumped to his feet, holding in his hands a weapon previously dissimulated under the table; a crossbow. A weapon forbidden by the law. One of the landsknechts threw himself towards the tall man, but he never got there. The bolt from the deadly weapon cut the air with an ominous whistle, and pierced the soldier’s armour, getting deep inside his chest. The other soldier mumbled a curse under his moustache, and, sword in hand, approached the man who killed his companion. The smuggler threw the now useless crossbow aside, and drew his own sword.

The blades glistened in the warm light and crossed with a metallic sound; a deadly dance began between the two swordsmen.
Moving swiftly, trying to find a weak point in the opponent’s defences, they turned around the room. The other customers had moved to the corners of the tavern, watching the duel while sipping their drinks. No one called for help, no one tried to bring aid to neither the soldier nor the smuggler. The dark haired man’s sword went in the direction of the landsknecht’s shoulder, but the soldier used his armoured left forearm to stop the blade. Although a grimace of pain went through his face at the shock, he still managed to push the smuggler away. The duel continued...the heavy breaths of the two swordsmen, light glistening on sword and armour, quick steps on the
wooden floor, the sound of steel clashing against steel.

Then, in a fluent motion, the smuggler’s sword aimed at the soldier’s leg changed direction, and, before it could be stopped, went through the landsknecht’s hat and skull cutting silk and flesh. The soldier fell on the wooden floor, dead or badly injured.
The dark haired man caught his breath, and said: “A hat, my friend, may be beautiful, but certainly doesn’t have the qualities of a good helmet.”

He then wiped his blade on the cape of his fallen opponent, and put it back in the scabbard. He picked up the crossbow from the table, and carefully hid it in a leather bag, which he put on his back. He threw a critical glance on the half devastated room; the blood, the bodies, the mugs and chairs on the floor. A silver coin flew in the direction of the tavern keeper, along with a few words: “Sorry for the mess, man...but they started it.”

In several quick steps, he moved towards the door. Without stopping, he gave the halberds standing against the wall a push which made them fall on the floor with a loud thud.
The wooden door opened and closed, and then he was gone, vanishing into the cold night like a dream, leaving as the only evidence of his former presence here, a silver coin and two bodies on the floor. Minutes passed. The only sound in the tavern was the angry meowing of the cat.

The tavern keeper looked at the bodies, mugs on the floor, the broken chairs, and cursed. “Who’s gonna clean all that?!”
Getting as the only response to his words an unidentified sound from his cat, he took a short knife from his pocket, and approached one of the landsknechts. He quickly cut off the purse hanging from the soldier’s belt, and shook it. It jingled cheerfully, promising a satisfying content. None of the clients made a remark upon the theft.
“Well, I ain’t getting no more of it anyway, says ya? Looks like you’re the one who had to shut up in the end, eh?!” The tavern keeper asked the dead body. No answer. Good. With a feeling of superiority and a pocket full of coins, he walked towards the door. The world wasn’t so bad after all...The landsknecht with the injured head let out a weak moan of pain.
“Dammit, you live” Thought the tavern keeper. “It’s better if I call the guard”. He took a bell from the table, and went out of the tavern, into the street. He shivered in the cold, then rang the bell, and shouted: “Guards! Guards! I got an injured man in here!”

His voice apparently woke a neighbour, because a shoe flew in his general direction from an open window, accompanied by several original curses. But a patrol of the city heard him shouting too. Soon enough, five armed men approached the tavern keeper, and went inside to listen to his story, and take the injured landsknecht to a physician. The body of his companion was taken too, but the blood on the floor and the shattered chairs remained. “So much trouble”, thought the tavern keeper, when he spat on a mug and began to rub it with his familiar rag.
The only good thing was his pocket full of silver coins...





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Rômrhun
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Sam 17 Avr 2010 - 0:02
Et bah, j'ai bien fait de te dire de poster même si c'était de l'anglais! Vraiment sympa! Je sais pas si c'est voulu, mais avec la langue et la compréhension que j'en ai, j'ai eu l'impression d'un duel entre gentlemen vraiment plaisant, d'autant plus que le vainqueur est vraiment mystérieux. Tu as écrit d'autres histoires sur lui? Parce qu'elles seraient très intéressantes je pense! Enfin bref, trop bien ton histoire Wink
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Silence
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Sam 17 Avr 2010 - 0:15
Rapide mini commentaire pour toi Fofo :
un peu trop moderne dans les dialogues familiers des personnages, j'ai du mal à attacher ça à l'univers proposé. Of course, cet humble avis n'engage que moi Smile
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Sirion Ibn-Lahad
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Sam 17 Avr 2010 - 20:40
La bonne blague Forlong ! Allez envoie la version française maintenant hein ?

Sérieusement, je me pencherai dessus lorsque j'aurai vraiment le temps de m'appliquer à comprendre. La langue de Shakespeare n'est pas vraiment mon amie

Romrhun, Erco, beaux boulots !




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Forlong
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Dim 18 Avr 2010 - 20:22
Merci pour vos commentaires Smile Et l'effort mis dans la lecture Wink (à part toi Sirion tongue )
Effectivement, Rôm', le personnage du contrebandier est censé être plutôt mystérieux ^^ Il y a le contraste entre son éloquence et langage élégants et ses talents de bretteur, et son métier douteux et le fait qu'il utilise une arbalète qui n'est pas la plus noble des armes langue
Les landsknechts quant à eux sont aussi des fins bretteurs, mais sous leur équipement couteux, un peu des brutes quand même ^^

Pour Silence, je crois que je vois ce que tu veux dire ^^ Mais si je ne me trompe pas tu associes la langue des landsknechts à un slang de rappeurs, tandis que moi je l'associe plutôt par exemple au langage utilisé par les pirates dans l'Ile aux trésors de Stevenson langue Quant au langage élégant du contrebandier, nous sommes dans une sorte d'univers de Renaissance, donc ca peut être déjà un peu plus civilisé que le Moyen Age.

Pour Sirion; je pourrais la traduire en français mais je ne sais pas si elle garderait le même ton, ce qui pourrait gâcher son charme... (Vous me direz, Quel Charme? :P )

Bon, sur ce j'invite les autres à continuer à poster leurs créations Smile Vous pouvez continuer sur la même lignée, mais n'oubliez pas que les domaines de la musique et de l'art sont aussi touchées par ce sujet!



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Silence
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Mar 20 Avr 2010 - 0:08
Hail Isengard !!!



ps : Je ne sais pas si j'aurais le courage pour continuer cette illustration, à l'origine cette image devait servir d'aperçu, la colo n'est pas dutout finalisée, mais je suis rapidement à bout de patience avec ça... Surtout que ca fait facilement deux ans que j'ai plus fait une illustration aussi aboutie dirons nous.


pps :
L'idée initiale c'était de faire une illus délirante avec Balak derrière le perso et une pile de cadavres aux pieds des deux personnages, avec certains visages reconnaissables... Enfin, surtout un, celui de Forlong Very Happy (Private joke sur la chatbox du forum avec les personnes concernées ^^)
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Forlong
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Mar 20 Avr 2010 - 20:11
Gna gna gna ^^ Je vois ca...A bas Isengard.

En tout cas félicitations pour l'image, elle est superbe; surtout l'Orthanc, les flammes, la lune derrière les nuages...Juste un truc qui me déplait: les jambes du personnage...déjà j'ai l'impression qu'elles sont trop courtes par rapport au reste du corps, et les bottes ont une forme un peu bizarre ^^

Mais en tout cas l'image est superbe, chapeau Smile



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Mer 21 Avr 2010 - 8:57
J'ai cette tendance à faire mes personnages toujours plus court vers le bas, bizzarement on me dit parfois que j'ai des influences mangas ou je ne sais quelles autres balivernes injurieuses ! Very Happy Pour les bottes, j'ai bien peur que ce soit l'echec de la mise en relief avec la lumière... Sinon, merci Smile
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Dim 2 Mai 2010 - 22:38
'Soir tout le monde Wink
Je voulais juste vous rappeler l'existence de ce sujet ^^
J'invite tous ceux qui n'ont pas encore partagé leurs créations de toute sorte avec nous, et ceux qui l'ont déjà fait, à participer à ce sujet Smile
On vous attend Very Happy



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Jeu 9 Aoû 2012 - 10:25
Voilà ce sujet est tombé dans l'oublie, alors je le relance avec une "nouvelle" que j'ai écrite. Elle n'a jamais de fin en soit, donc peut-être que je publierais un bout dans quelques semaines. Enfin bref en gros, elle est peut-être un peu spécial, vous me redirez après l'avoir lu Smile

La forêt


Je scrutai avec la plus grande attention la route à travers la vitre. Le temps était fade, gris. Les montagnes perdues au milieu d’un océan blanc opaque, je ne pouvais pas apercevoir leurs sommets. Le bus était quasiment vide. Une veille dame assise à l’arrière semblait dormir comme ceux de son âge. Ses lèvres tremblaient par moments. Son veston à carreaux se fondait presque avec les sièges, eux aussi carrelées de bleu et de rouge. Ces deux couleurs devenues ternes donnaient une affreuse impression d’être revenu d’une vingtaine d’année en arrière. Les borts étaient carrément usés jusqu’à la corde. Plus ou moins en face de moi, sous une sorte de lampe à qui il manquait une ampoule, il y avait un jeune homme, la vingtaine. Son tin blanchâtre présumait une nuit agitée et bien remplie. Un sac à dos douteux était posé à côté de lui d’où émanait une odeur douceâtre. Je ne pouvais pas voir ses cheveux à cause du bonnet noir qui lui recouvrait la tête. Lui aussi était assoupi. Dans un coin, caché par un vieux distributeur de billet tout écaillé, un homme, accompagné par un terrier, avait le regard perdu. L’inconnu armé d’un anorak bleu foncé, dont le capuchon lui tombait jusqu’au nez, semblait se préparer à sortir. Ses mains gantées de cuir tenaient fermement une laisse de gros tissu. Son compagnon à quatre pattes aux oreilles tombantes et aux regards fuyant me fit pitié. Il n’osait lever ses yeux plus de deux secondes et quand il le fessait, je pouvais nettement voir la peur…
Détourant mon attention de ce duo qui m’infligeait encore plus de tristesse, je jetai un coup d’œil une nouvelle fois dehors. Je remarquai alors qu’il neigeait à gros flocon. Ils me passaient à côté, certain s’écrasait contre la vitre. Ils tombaient de façon aléatoire et pourtant ils ressemblaient à des danseurs virevoltant au gré des vents. Leur chute était si lente et en même temps si rapide. Un instant il volait, un autre il avait déjà rejoint une quantité de ses semblables où il disparaissait à jamais. On jurerait assister à un ballet unique que l’on ne reverra jamais. Les danseurs ne montaient sur scène qu’une fois, puis ils ne revenaient jamais. La gloire ne leur était accordée que durant une courte descente, quand elle leur était donnée. Tristement appelé à une fin douce, je ne me rappellerais jamais de ces flocons, tellement ils étaient nombreux. Mais au fond de moi je savais qu’ils étaient aussi vivants que n’importe qui. Même plus….
Un crissement de pneu me réveilla de mes pensés. Je relevai ma tête qui avait basculé de côté. Je vis trouble pendant un bref moment. Le sursaut avait réveillé en moins des instincts primaires. M’étant à moitié lever, les muscles bandés et les sens en éveillent. Je me rendis vite compte que ce n’était rien. Le conducteur avait oublié un arrêt et l’homme de la vingtaine s’était levé et s’était précipité pour rappeler l’arrêt. Le chauffeur avait campé sur ses freins, bloquant les roues d’un coup.
Toujours mes sens en alerte, je me fis le commentaire qu’une tel manœuvre pouvait être dangereuse par un tel temps. Il suffisait d’une simple plaque de verglas pour voir ce bus roulé et roulé, tourné et tourné, cousant notre mort à tous. Tout pouvait changer si vite, sans prévenir. Apparaître en fracas et repartir entourer de lamentation.
L’homme sortit remerciant le conducteur de ses réflexes. Personnellement, j’aurais plutôt parlé de son incompétence, mais ce n’était pas mon rôle et j’avais d’autre chose en tête. M’engueulé avec un pauvre chauffeur de bus n’était pas mon but. Si encore on aurait été en plein été, le soleil tapant et les oiseux chantant, pourquoi pas. La chaleur de cet astre lumineux m’aurait encouragé….Mais là c’était tout le contraire. Il faisait froid, le soleil se cachait derrière son manteau blanc, par moments il jetait un œil dehors pour voir si son heure était arrivée…Il pourra bientôt revenir, encore quelque temps.
Le transport s’ébranla en même temps que le claquement des portes se fermant. L’air glacial avait eu le temps de s’engouffrer et fit planer durant de brèves minutes un air frais accompagné par une odeur de chêne. Humant ce doux parfum, je me souvenais de mon enfance. Je faisais les scouts, je passais mes week-ends en forêt, je trouvais ça très drôle, mais avec l’âge mes anciens jeux évoluèrent. Traquer le renard ou le petit rongeur ne fût plus mon activité favorite, même si on peut dire que je n’ai fait que changer de proie. La nature de chacun est encrée au fond de leur esprit et de leur cœur. Nulle thérapie, nulle médicalisation ne peut l’altérer. On peut éventuellement ralentir, ou la rendre moins dominante, mais jamais la faire disparaître. Beaucoup ont essayé, dont moi, mais jamais cela n’a abouti. Certain n’abandonne pas et continue inlassablement des traitements pour changer leur nature la plus profonde….Mais en vain.
Les vibrations du bus me bercèrent peu à peu. La tête ballante, je fixai devant moi le siège. Il était commun, des milliers comme lui avait vu le jour. Tous identique. Même couleur, même texture, même composant, même files. Crée par des machines à la précision mécanique, ces chaises avaient quelque chose de terrifiant. C’étaient des clones à leur sortie d’usine. La question était ou s’arrêtera l’homme dans sa recherche de rentabilité ?... Faudrait-il qu’il essaie de cloner l’homme pour en faire un être doué d’une intelligence innée et d’une croissance rapide pour l’amener à l’âge adulte en moins de temps. La sélection du sexe pourrait rendre encore plus terribles les différents entre pays. Jusqu’à maintenant le nombre de soldat dépendait du nombre d’homme dans l’armée…Mais si l’on pouvait créer nous-même en choisissant sexe, compétence intellectuelle et physiques, ainsi que leurs idées, les guerres pourraient être fourni en combattant de manière permanente, enlevant toute la contrainte du recrutement. Des combattants fidèles, suivant à la lettre les ordres sans réfléchir et dénuée de moral. Cette idée était terrifiante. La seule chose qui me rassurait c’était le temps, car même si ces sièges étaient identiques à leur sortie d’usine, le temps laissa son empreinte sur eux, et les a rendus uniques dans un certain sens…Nul ne peut lutter face à une chose si puissante et indomptable que les années, les siècles et les millénaires. Rien ne leur survit, même les plus grands empires se sont brisés au final, pour donner naissance à un autre ordre, qui s’effondrera à son tour. La vie est un cercle infini composé de début et de fin régit par une seule unité : le temps !
Pris dans mes réflexions, je ne vis pas l’heure passée, j’aurais pu voyager une semaine, comme une heure, je n’aurais pas vu de différence. Les pensées et les rêves sont le meilleur moyen d’ignorer le temps. Ils sont les seuls qui offrent la possibilité à n’importe qui de se retrouver à des kilomètres de sa position réels, et à des années lumières de son temps. Qui n’a jamais rêvé de se retrouver embarqué dans une aventure au fin fond de la galaxie dans une ère futuriste ou moyenâgeuse, ou même les deux ? Être son propre héros ? N’avoir rien comme entrave à part sa volonté ? Pouvoir dire non, oui à tout sans rien redevoir? Être un hors-la-loi connu de tous, mais protéger par les démunis qui vous voient comme sauveur. Le « robin des bois » de leur propre monde. Ou toute autre rêve fou…

Sans réfléchir je me levai, et j’allai appuyer sur le bouton « stop ». Je ne savais pas ou le bus allait s’arrêter, mais je savais qu’il allait s’arrêter. Peut-être dans cinq minutes, peut-être dans dix….Seul le conducteur savait.
Je m’en fichais. Je voulais juste marcher.
Les flocons tombaient toujours. Ils étaient beaux, libres. Je les enviais d’être aussi insouciant. Ils avaient une vie courte, si on pouvait appeler ça une vie. En fin de compte, une vie c’est quoi ? Un bref trajet de bus…. Oui, un trajet sur une route qu’on suit jusqu’à atteindre un cul de sac où on s’écrase comme ces flocons. Après on n’est plus rien. Un instant avant on était quelque chose, celui d’après plus rien. C’est ça qu’on appelle la vie. Un allé simple vers une destination inconnue.

Le bus s’arrêta soudainement et ouvrit ses portes sur un nouveau chemin. Je m’engouffrai dans l’inconnu, un inconnu blanc et froid. Mes pieds s’enfoncèrent dans une fine couche de neige. Je les compressai, et ils prenaient la forme de mes semelles. Je fis encore quelques pas, chancelant presque telle une flamme soumise à un vent du Nord. M’arrêtant net, je levai les yeux au ciel. De beaux nuages me passaient au-dessus. Même gris, ils m’apparaissaient comme un rayon de soleil, fugace et lent à la fois. Ils prennent la forme qu’ils veulent, passent suivant les courants. Je voulais les suivre, mais c’était impossible. L’homme, avec sa morale, ses principes, ses choix, ne peut pas, ou refuse, de se laisser porter par la chance, par le hasard. Quand tu le fais, les autres te regardent de haut et te traitent de moutons parce que tu prends aucune décision. Mais n’est-ce pas une décision de se laisser aller dans l’inconnu ? On choisit de suivre son instinct, de faire ce qu’on ne comprend pas forcément. Notre corps, notre inconscient sait mieux que quiconque ce dont on a besoin, l’écouter est sans doute la meilleure chose à faire. Où cela nous mène ? On s’en fiche, ça n’a pas une réelle importance car quand on y pense, on finit tous au même endroit, on finit tous par mourir…
Je déambulai au bord d’une route enneigée, je pensai à tous et à rien. Mon esprit était totalement libre. Il sautait de sujet en sujet sans même y chercher le moindre rapport entre eux. C’était ça la liberté. J’avançai droit devant moi.
Il ne neigeait de plus belle. J’avançai encore, et encore. C’était mes pas qui me guidaient. Le froid mordait mon visage et ne s’en lassait pas le moins du monde. D’un geste de la main, je me pinçai le nez comme pour faire partir cette morsure, mais elle restait. Elle ne voulait pas partir. Elle refusait. Après un moment je m’abandonnai à ce froid, pour essayer d’oublier je me mis à penser. Encore penser. C’était la chose la plus simple au monde, on s’y adonne dés qu’on a un moment de tranquillité. Seul ou pas, on pense. On n’y échappe pas, même quand on le voudrait. C’est même surtout quand on aimerait arrêter que c’est impossible. Alors on lutte, on tente de se changer les idées. Ce n’est qu’une solution temporaire, au final les pensées reprennent le dessus et on est vaincu…C’est un combat sans fin, ou l’on est toujours perdant.
Les pensées sont ce qui fait que l’Homme est supérieure aux animaux, par ce simple fait il se place au-dessus d’eux. Il pense, évalue les risques, s’interroge. Il crée par la pensée des objets qui lui simplifie la vie, qui la rend plus facile. Mais c’est aussi sa plus grande faiblesse….A trop pensé l’Homme se perd dans des méandres qui n’ont ni début ni fin. La pensée humaine n’a aucune limite.
Je m’arrêtai devant une arche de branche marquant le début de la forêt. Elle semblait immense, comme un labyrinthe d’arbres, certain peut-être centenaire ayant vu bien plus de chose que n’importe quel homme. J’étais comme figé devant cette mémoire végétale. Je pouvais suivre la route, ou m’aventurer dans des petits chemins. La route était clairement définie, et même si j’ignorai ou elle pouvait déboucher je savais qu’elle m’amènerait vers un village. La destination serait en quelque sorte sans surprise. Alors que les petits chemins, les sentiers, me mèneraient vers l’inconnu. Un inconnu bien plus tentant, l’espoir d’aventure me disait de les suivre, mais la peur de l’inconnu, celle de se perdre me retenait. J’étais figé devant ce choix. Le connu ou l’inconnu.
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Forlong
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Sam 11 Aoû 2012 - 19:17
Une nouvelle très agréable à la lecture, une fois qu'on se plonge dedans le récit nous entraine, on ne s'ennuie pas.

Ce qui me plait beaucoup c'est la façon d'apprendre de plus en plus sur le personnage au fur de la lecture. On commence par une description de l'environnement, mais sa façon de le percevoir donne déjà quelques idées sur son caractère. Rêveur, philosophe, mais aussi apeuré, dégouté par la civilisation? On se demande si tu t'identifies avec ce personnage.

Je ne sais pas si cette nouvelle est une tentative de raconter une histoire où l'action jouerait un rôle secondaire, ou alors une simple introduction à une aventure inattendue dans ce monde aperçu avec amertume par le protagoniste?

Ma seule critique c'est que ce serait plus agréable de lire ce texte si tu l'avais passé sur un correcteur Wink



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Sombre-Chêne
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Dim 12 Aoû 2012 - 14:09
Bonjour à tous! Ce sujet est une très bonne initiative je trouve! Voilà une petite contribution, j'espère qu'elle vous plaira.

La vie qui trébuche
Le quotidien était là, emmitouflé dans ses douces couvertures, l’œil las, la pensée ailleurs. Il gazouillait entre les rires des enfants, s'étirait avec les touristes fatigués tout en glissant tendrement au travers des doigts entrecroisés d'amants comblés. C'était une soirée habituelle dans cette rue passante, les terrasses étaient parsemées de plagistes indolents, casquettes multicolores vissées sur la tête et lunettes sombres sur les nez rougis par le soleil pour se protéger de ses derniers rayons. A l'entrée des cafés et des restaurants, appuyés avec un ennui contenu contre les murs, les serveurs et cuisiniers attendaient que les minutes s'égrènent et que les clients arrivent. Et toujours, au coin de la Grand' Place les trilles de l'eau de la fontaine rythmaient l'écoulement tranquille et silencieux de la vie. Vous savez, la Vie avec un grand V, celle qui rassemble toutes les solitudes sous son grand étendard blanc en une multitude qui fourmille, la Discrète, la Toute-Puissante, la Grande Oubliée. Elle se cache, ou elle est cachée, derrière un sourire, derrière un regard, derrière un geste, recalée dans une alcôve enfumée de notre mémoire. Et les volutes capricieux la font paraître sous des formes mystérieuses pour chacun.

Aussi les amoureux ne sont pour les passants que des amoureux, qu'un couple charmant évocateur d'envies et de regrets assimilés à l'expérience personnelle. Ils ne sont qu'une image, qu'un symbole rayonnant qui passe, illuminant l'espace d'un instant l'esprit de chacun : tout leur être, toute leur raison d'être à cet instant se résume à leurs doigts entrecroisés. Leur passé et leur avenir n'importent pas. A l'inverse les passants ne sont que le décor obligé d'une soirée estivale pour les amants, des consommateurs anonymes, des familles toutes semblables, une masse où l'individualité disparaît. Les deux seules qui subsistent véritablement, ce sont les leurs. Et l'histoire et la personnalité des restaurateurs s'effacent également pour ceux qui sirotent leur café avec délectation car l'objet de cette seconde adorable, c'est bien le café, la conversation avec l'ami retrouvé et les derniers sursauts du soleil et non la silhouette qui vient rendre la monnaie, simple figurant de la mise en scène. Tout comme, enfin, la conversation est vide de sens pour le serveur.

La Vie était là, bigarrée, resplendissante, éblouissante.

Mais tout à coup, elle commet un faux pas et trébuche sur le pavé chaud. Un homme, sans doute grand père, entouré de sa femme, sa fille, son beau fils (ou l'inverse) et ses deux petits enfant, s'étale par terre les mains sur le cœur, les traits crispés dans un masque de douleur. Dans les cris et l'angoisse, un groupe se forme rapidement autour de lui. Le diagnostic est vite fait, et les secours sont appelés. D'une voix tremblante, on explique. Pendant ce temps quelqu'un fait un massage cardiaque. De loin, impossible de savoir si l'homme est encore conscient, s'il respire encore.
« Papa ! Réveille-toi ! Réveille-toi ! Papa ! »
Angoisse. La peur serre les gorges alors que soudain le soleil se fait agressif.

Les volutes de fumée, dans l’alcôve, sont comme poussées par une violente bourrasque glacée. Le vieil homme devient un homme, les portes s’entrouvrent et laissent voir les richesses ignorées. Cette famille, c'est la mienne. Cet homme, c'est mon père. Eux aussi ont une vie, qui vient de s'écrouler. La mort est là, toute près, à mon chevet, me rappelle tout ce que j'ignore. Là-bas, la fontaine chante encore. Le hasard m'a fait vivre cet instant, m'a fait témoin de ce qui demain, dans les journaux, ne sera qu'un fait-divers, quelques caractères noirs sans âme. Tout prend alors une autre saveur. Le café qui braque sur moi son regard sombre, les fumets qui sortent des cuisines, les mains qui se serrent plus fort. Et eux, là-bas, qui sont-ils ? Et eux ? Et eux ?

Et demain, qu'en restera-t-il ?


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Hadhod Croix-de-Fer
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Mar 21 Aoû 2012 - 18:50
Un petit poème de mon invention sur le thème du Seigneur des Anneaux, même si l'histoire est peu conforme à l’œuvre de Tolkien. Enfin qui sait? Mr. Green


Le Gentil Gobelin

Parfois les gens comme vous croient que je ne suis né
Que dans un tas de boue, espèce de bourbier,
Alors qu'en vérité un père et une mère
M'ont permis d'exister, de fouler cette Terre.

La coutume consiste, chez les gars de ma race
À flairer une piste et faire de tristes farces,
Macabres et méchantes, aux marcheurs imprudents.
Et ça coupe et ça plante, ça mord à pleines dents !

Mais moi je vous le dis, je ne suis pas comme ça,
Mes parents m'ont appris à appliquer les lois
Des peuples respectables et des pays humains.
Je me montre adorable : un gentil gobelin.

Peut-être pas bien beau selon vos conventions,
Crasseux, rugueux de peau, trapu et le dos rond;
Ma noblesse est cachée : jamais je ne tolère
Le moindre mot grossier dans mon vocabulaire.

Ces qualités louables sont plutôt des défauts
Aux yeux de mes semblables qui se rient fort et haut
De mon monde d'amour, de ma sensiblerie
Si bien que tout le jour, solitaire je vis.

Mes vers sont au présent, pourtant je ne suis plus...
Un beau jour de printemps un espoir m'est venu :
Celui de compagnie pour parler avec moi.
J'ai hélé à grands cris cet homme honnête et droit.

Gandalf était son nom, il se tourna vers moi,
Je dis « Mon cœur est bon! » mais il ne me crut pas;
Sa lame telle un hachoir me trancha vite et bien.
Ainsi finit l'histoire du gentil gobelin.


Fin




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Forlong
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Sam 25 Aoû 2012 - 22:41
Désolé pour le temps de réaction les amis, je n'avais pas internet.

Alors, deux créations très agréables à la lecture, ce qui n'est point surprenant, vos pseudos sont depuis longtemps acceptés comme synonymes de RP de qualité sur ce forum Wink

Alors, Sombre-Chêne pour commencer:

Une histoire, ou plutôt une réflexion, sur un thème qui traverse souvent mes pensées. La difficulté de s'imaginer la réalité du monde qui nous entoure, et le choc de la mort quand elle frappe près de nous. Ceci dit, je pense qu'il est intéressant de remarquer que la mort vue à la télé, dans les journaux, à la radio, nous choque beaucoup moins. Nous n'arrivons pas toujours à considérer comme réels les centaines des morts au Moyen Orient ou en Afrique...Un mécanisme de protection peut être? Si nous ressentions chaque mort comme la mort d'un proche, nous deviendrions fous. Stalin, un monstre que je déteste citer, n'avait pourtant pas tort en disant 'la mort d'une personne est une tragédie. La mort d'un million est une statistique.'

Tout ca pour dire que j'ai beaucoup aimé ton récit, et qu'un frisson m'a parcouru le dos en lisant le dernier paragraphe.


Hadhod:

Un récit plus léger dans sa forme, pouvant paraître même un peu grotesque, humoristique, mais sur un problème tout aussi réel que celui abordé par SC. Celui des apparences trompeuses. Le fait que même un personnage sage et bon comme Gandalf puisse condamner une créature à la mort pour ses apparences est surprenant, mais pas faux.

Nous pouvons aussi noter que les gobelins chez Tolkien ne sont pas toujours considérés comme 'maléfiques' de nature. Appréciant la cruauté, agressifs et colériques certes, mais ce sont aussi des ingénieurs, vivant dans une société hiérarchisée, avec des femmes et enfants. Les nains et les gobelins ont formé des alliances plusieurs fois, et Thorin essaye de parlement avec le Grand Gobelin avant que leur conflit ne commence.

Joli petit poème en tout cas!

Il me fait penser au roman récent de Terry Pratchett, Coup de Tabac (Snuff à l'original), sur la découverte par le Commandant Vimaire du bon caractère et des talents des gobelins, une race détestée et persécutée depuis des siècles. Edit Had': Je ne connaissais pas ce roman, pure coïncidence donc. Smile



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Sombre-Chêne
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Dim 26 Aoû 2012 - 22:58
Merci!

Il serait certes impossible de ressentir la mort de toute personne comme si on était personnellement impliqué. Et même "en matière de mort", il faut savoir accepter ce qui peut l'être. Dans ma nouvelle, l'homme, s'il meurt, meurt sans souffrir, avec sa famille autour de lui, et on peut penser qu'il a eu une vie relativement heureuse? Il n'était pas immortel, et si injustice il y a dans la soudaineté de l'événement, dans le fait que d'autres vivront plus longtemps, elle est purement naturelle (je laisse de côté toutes les considérations médicales, sociales, etc qui peuvent entrer en jeu). Des gens meurent, c'est ainsi, et il faut savoir l'accepter. Paradoxalement, quand nous voyons sur nos écrans les corps de civils tués par une guerre qui n'est pas la leur, par la folie d'autres hommes, par la famine, par la maladie, cela parait, comme tu dis, beaucoup moins réel... Toute la difficulté est de savoir trouver la juste mesure de nos sentiments.

J'en profite pour te féliciter moi aussi pour ton poème Had', très réussi, en alexandrins en plus!!


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Hadhod Croix-de-Fer
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Lun 27 Aoû 2012 - 10:50
Merci, SC ! Question atmosphère, je crois qu'on ne peut pas trouver plus dissemblable entre nos deux créations. Et pourtant à la fin elles se rapprochent un peu l'une de l'autre par leur intensité dramatique, même si ce côté est beaucoup plus développé dans ta nouvelle que dans mon poème... J'ai volontairement introduit un dénouement bref pour traduire la brutalité de la chose : des années de bonne conduite réduites à néant, en une seconde, par celui qu'on voit comme un modèle de justice et de bonté.

Et comme je te l'ai dit par MP, merci pour ton commentaire Fo, ton analyse est en plein dans le mille. Wink
Que Gandalf puisse condamner ce bon gobelin peut paraître surprenant, pourtant les Héros des Gens Libres haïssent les créatures des ténèbres non seulement car elles sont méchantes, mais également car elles appartiennent à une race à l'apparence immonde. Je ne suis pas sûr que l'adage « tout ce qui est or ne brille pas » soit écouté en permanence.

Bien sûr, mon poème exagère peut-être. Il est vrai que Gandalf est le premier à conseiller pitié et miséricorde au sujet de Gollum; mais ce dernier était à l'origine un hobbit, or je ne suis pas sûr qu'il ferait la même chose pour un Orc ou un Troll repenti.

Le pire — et je finirai là-dessus — c'est que parfois nous nous comportons un peu de la même façon. Des Dunlendings et des Rohirrim, qui est le méchant? Nous répondons les Dunlendings bien sûr, car le roman nous fait adopter ce point de vue. Mais en regardant bien toute l'histoire et en étant objectif, ma foi ça ne semble pas si évident : lien vers l'article de Tolkiendil. Désolé Gallou ! Mr. Green




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Ryad Assad
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Lun 27 Aoû 2012 - 11:46
Je dois dire que les œuvres postées dans ce sujet sont d'une qualité excellente, tout autant que les commentaires et critiques associés. La pertinence des remarques et la qualité de l'analyse me laissent vraiment pantois, et je tiens à féliciter tout autant les écrivains que les lecteurs Wink.

Je rejoins tout à fait l'avis de Forlong, concernant les deux œuvres précédentes, même si je me permettrais de mettre en lumière un point que j'ai relevé dans l'écrit de Hadhod : le désir d'intégration. Mon impression est qu'au-delà de l'apparence même du "méchant", ce qui est le plus triste dans tout ça, ce sont tous les efforts non reconnus qu'il fait pour s'intégrer, et qui rendent sa mort on ne peut plus tragique et pathétique. Le rejet de ses origines (induisant le rejet par ses origines) le fait se retrouver dans une situation difficile que, hélas, je connais bien. "Enfant de nulle part" pour ainsi dire ^^.

Enfin je suppose que cette interprétation est purement personnelle, et liée à ma sensibilité propre, mais cela atteste au moins d'une chose : de la qualité du texte proposé, et de ses multiples facettes Wink.

Je me permettrais enfin de compléter la réaction de Hadhod à l'aide d'une phrase de ma prof de psychologie : "La personnalité d'Alter n'existe que dans l'esprit d'Ego".

- - -

Maintenant que j'ai endossé le rôle de critique, me voilà prêt à vous soumettre une petite création de ma part, sans réel rapport avec le Seigneur des Anneaux. Écrite au premier jet, l'absence de mise en forme est volontaire. Bonne lecture Wink.


Elle


Elle était absolument magnifique. Aucun mot n’aurait pu décrire son teint, qui semblait blanc lorsque l’observais de loin, mais qui chatoyait d’une multitude de pigments lorsque je m’attachais à la fixer. La grâce et la splendeur qui se dégageaient de tout son être étaient à nulle autre pareille. Lorsque je l’avais découverte pour la toute première fois, j’avais immédiatement succombé à son charme. J’avais sans nul doute été attiré par la beauté discrète qui émanait d’elle. Elle pouvait se trouver là sans qu’on s’aperçoive de sa présence, mais elle était capable de transformer un moment passé en sa douce compagnie en un souvenir précieux. Le genre de souvenirs que l’on chérit et auquel on peut s’accrocher lorsque plus rien ne va. Elle semblait dégager une aura de paix et de bonheur autour d’elle, qui apaisait ma conscience et mon âme. Mais ce qui m’avait sans aucun doute subjugué à ce moment là, c’était sa danse. Car oui, elle dansait. De délicats souffles de vent venaient caresser ses courbes et elle ondulait sur leur rythme, tantôt lent, tantôt rapide. Elle semblait épouser la forme de cet air en mouvement lorsqu’il la frôlait, et paraissait s’animer d’une vie nouvelle, tandis que devant moi se déroulait un spectacle d’un autre monde. A cet instant précis, mon unique vœu était que ce moment durât pour toujours, et que rien ne vienne troubler la paix, l’harmonie et la sérénité qu’irradiait cette simple danse. J’avais en face de moi la tragédie et la comédie, le vrai et le faux, l’amour et la haine. Un tourbillon irréel de sentiments, de chaleur et d’humanité, qui jusqu’alors m’étaient inconnus. Elle se tenait juste devant moi, et pourtant je ne pouvais pas affirmer que je la connaissais. Elle avait l’air si forte, si indomptable, si fière. Et pourtant je savais que ce n’était qu’une illusion. Elle dissimulait bien sa fragilité et sa fugacité, que je devinais derrière sa beauté surnaturelle. Si j’en avais seulement été capable, je l’aurais prise dans mes bras, afin de la mettre en sécurité. J’aurais voulu la préserver de tout ce qui aurait pu la blesser, l’affaiblir. La protéger des tourments du monde, et de ces hommes qui voulaient l’asservir. Mais je savais que rien ne pouvait la priver de ce à quoi elle tenait le plus au monde : la liberté. La liberté d’exister. La liberté de mourir. Cette réalité s’imposa à moi, petit à petit. J’ignorais pourquoi une telle tragédie devait se produire. Je refusais de croire que ces sentiments que je venais à peine de découvrir soient déjà voués à mourir. Et pourtant, je fus contraint de me résoudre à la perdre. Je compris à quel point je me montrais égoïste et futile. Je voulais la conserver pour moi, au moins aussi fort que je désirais empêcher d’autres de s’en emparer. Je ne pouvais rien pour la sauver, et je devais accepter qu’elle me quitte, tout comme j’avais accepté qu’elle se joigne à moi. Avec elle, j’avais beaucoup appris sur moi-même. Je n’étais sans doute pas meilleur, mais au moins comprenais-je maintenant que ce qui jusqu’alors m’avait semblé si naturel n’était en fait qu’un état passager. Chaque instant avait été vécu pleinement, et je ne devais pas regretter quoi que ce fût. Je la regardais donc, ne la quittant pas des yeux alors que ses dernières étincelles de vie finissaient de disparaître. Sa mort fut lente et sans douleur. Sans un bruit. Je tâchai de me montrer digne d’elle, et de faire preuve de dignité devant ce triste spectacle. Même si j’avais essayé de toutes mes forces, rien n’aurait pu changer son destin, aussi fis-je en sorte de l’accepter. Enfin, je fermai les yeux, et tentai de graver dans mon esprit le souvenir de sa beauté immaculée : celle dont j’étais tombé amoureux, celle que j’avais contemplée si longtemps. Puis, lorsque je rouvris mes paupières, je me retrouvai dans les ténèbres. Jamais je n’avais vu flamme de bougie plus belle de toute ma vie. Et je pleurai.


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Gallen Mortensen
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Lun 27 Aoû 2012 - 11:53
Salutations à tous,

Ce petit passage pour indiquer que c'est un vrai plaisir de lire ces nouvelles qui nourrissent notre forum.

Et Oui Had , tu as raison, mais bon c'est Fendor le roi Smile

Au plaisir

Gallen


Edit Orwen: Fendor, roi? Ce morveux? Hah! Absurde...


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Forlong
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Lun 27 Aoû 2012 - 15:11
C'est un plaisir que de voir tant d'oeuvres partagées, et tant de lecteurs intéressés et leurs interprétations originales!

Ryad:

Superbe récit, surtout au niveau de sa fin surprenante! C'est marrant, car en le commençant j'ai pensé à une histoire courte de Jeffrey Archer, qui décrit une situation d'un point de vue féminin; c'est seulement à la fin que l'on s'aperçoit qu'il s'agit en réalité pas d'une humaine mais d'un chat. J'avais pas tort, bien qu'ici, au final il s'agisse d'une flamme et non d'un animal ^^

La lecture était agréable, je te félicite surtout pour le passage sur la danse, ce n'est pas quelque chose de facile à décrire d'une manière qui joue sur l'imagination!

Je suis tout à fait d'accord avec toi sur la beauté d'une flamme solitaire, j'ai toujours trouvé la lumière d'une bougie incroyable, quelque chose qui renforçait les émotions et ouvrait l'esprit à des réflexions profondes.

Il me semble, même si j'ai peut être tort, que ton récit, même s'il parle d'une bougie, vise cependant en partie à découvrir des émotions et pensées plus universelles. J'ai déjà ressenti ce désir de prendre une femme que je ne connaissais pas, ou pas assez, dans mes bras en apercevant sa fragilité sous le masque quotidien de la beauté et de l'assurance.

Merci d'avoir partagé ta création Smile



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