La Salle des Contes et des Légendes (Hors RP)

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Ryad Assad
Espion de Rhûn - Vicieux à ses heures perdues
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Lun 27 Aoû - 13:43
Merci Forlong pour tes compliments ^^.

Je suis ravi de voir que nous partageons tout deux une passion pour les bougies Wink. Mais il est vrai que c'est un spectacle dont je ne me lasse pas, et que j'ai malheureusement trop peu l'occasion de contempler à mon goût. Et quand tu dis que ça ouvre l'esprit à des réflexions profondes, je ne peux qu'approuver à 100%. Je pense que ça peut rapprocher de l'état de méditation, ce qui n'est pas désagréable.

Pour en revenir à ton analyse, je pense que tu as raison en ce qui concerne ces fameux sentiments universels. Je dis je pense car j'ai moi-même du mal à décrire ce que j'ai voulu dire ^^. Je crois également que ce que tu dis à propos du masque (sujet que j'affectionne particulièrement) est on ne peut plus vrai, et rejoint la question de personnalité "réelle" évoquée un peu plus haut. Ce que l'on voit est souvent différent de ce qui est, et ce qui est a tendance à être inconstant. Après tout, qui n'a pas l'impression d'avoir une personnalité particulièrement complexe, insaisissable, et pourtant est capable de "comprendre" l'étranger (à l'esprit très facile à cerner) du premier coup d'œil ?

Et pourtant, comme tu le soulignes pertinemment, c'est ce désir de comprendre l'autre qui nous pousse à la compassion, à l'amour et à tous ces sentiments universels.

Enfin merci beaucoup Forlong, car grâce à toi j'ai l'impression de redécouvrir ce texte que j'ai écrit il y a un moment déjà Wink. Je n'ai pas l'habitude de poster mes créations Hors RP (la faute à une grande timidité ^^), mais j'ai vraiment trouvé bénéfique le fait d'avoir un avis extérieur d'une aussi grande qualité Wink.


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Ryad Assad
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Dim 2 Sep - 23:11
Avec l'aval de Forlong, même si ça fait double post ^^.

Il s'agit d'un texte que j'ai posté sur un autre forum de RP, il y a quelques temps déjà. Remarquerez-vous sa particularité ?


___


- Voici ma modeste demeure.
Modeste n’était pas du tout le terme qui aurait convenu, qui aurait pu servir à qualifier l’immense bâtiment qui servait de résidence à cet homme suffisant qu’était Omaro Tada et d’ailleurs modestie était loin d’être le mot idéal qui aurait pu le décrire, lui et ses manières, tant il était fier de sa petite personne : en effet, tout dans son comportement, dans sa manière de parler, d’agir, d’être même, montrait quelle image de lui il se renvoyait, celle d’un homme puissant, ayant le pouvoir, ayant une habitation plus grande que celle des autres, plus imposante, car il devait être plus riche, et plus chanceux que la plupart des gens vivant ici, et parce qu’il avait ce qu’on appelait “un poste” : Gouverneur du Secteur, disait-il avec un ton chargé de fleurs qu’il se jetait à lui-même, sans même prendre la peine de considérer un tant soit peu sa situation qui était loin d’être celle qu’il se figurait : certes, il avait un manoir, et de belle facture, haut d’au moins vingt bons mètres qui s’élevait sur quatre étages et possédant plus de quarante pièces, certes il avait une centaine de serviteurs chargés d’exécuter ses ordres à la lettre quels qu’ils soient et cela à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, et bien sûr qu’il disposait d’un pouvoir qui lui donnait autorité sur toute personne vivant ou passant dans ce secteur : soldats ou civils sans distinction de grade, d’âge ou de sexe, et il était aussi vrai qu’il possédait une grande collection de manuscrits anciens, trouvés lors de fouilles qu’il avait fait mener, de bijoux précieux, qu’il avait fait confectionner pour le plaisir de ses yeux, d’armes magnifiques, forgées pour assouvir sa soif de beauté et de richesse, de mobilier “d’époque”, qui paraient ses galeries de tableaux de maîtres qu’il avait commandé pour montrer à toutes et à tous qu’il pouvait, car ce qui l’intéressait ce n’était pas tant l’art que le pouvoir, le pouvoir de dominer, et contrôler, de donner des ordres, et de savoir qu’ils allaient être respectés à la lettre : c’était cela qui lui plaisait plus que tout, et qu’il adorait, et tout cet étalage de richesses, c’était un moyen de se conforter dans cette idée, car il se croyait probablement né pour gouverner, et il ne cessait d’exposer ce qu’il ne manquait pas de qualifier comme un “don de la nature” et qu’il exposait à tous, alors qu’en vérité, il avait probablement été placé là, car il fallait quelqu’un pour ce poste, et qu’à cet instant précis il devait être la seule personne capable de l’occuper, ce qui ne constituait donc pas une preuve de sa valeur réelle, car comme le dit l’adage : à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, et justement, c’était cela qui semblait lui manquer, la gloire, car malgré sa prétendue noblesse, malgré sa prétendue sagesse, et sa prétendue domination sur les autres, il restait un être humain semblable aux autres, et peut-être même inférieur à ses frères, car il était petit, il était maigrichon, il n’avait guère de muscle, il n’avait guère de poids, et il n’avait que sa grande bouche pour parler, et son gros porte monnaie pour l’appuyer, ce qui ne constituait pas en soi une véritable force en ce monde, car il était évident en cette époque troublée, que la valeur d’un homme était prouvée sur le champ d’honneur, à l’aide de la lame de son épée, et par le sang qu’il faisait couler sur le sol, car les marchands, s’ils étaient riches, puissants, et qu’ils avaient de grandes propriétés, leur compétences de négociant ne servaient pas à grand chose, ou du moins, pas autant que les compétences d’un ninja, d’un mercenaire, d’un soldat, d’un officier ou d’un commandant, et en l’occurrence, il n’avait jamais fait ses preuves sur le champ d’honneur, se bornant à gérer les affaires d’une cité paisible, et passant ses journées à donner des consignes que n’importe qui aurait pu appliquer sans qu’il eut été besoin que quelqu’un les précise, ce qu’il faisait avec un grand sérieux, comme si la tâche d’ordonner à ce que les entraînements se fassent exclusivement avec des armes factices était quelque chose d’absolument exceptionnel, de terriblement phénoménal, de magnifiquement incommensurable pour qu’il puisse s’en vanter, et s’afficher partout en clamant haut et fort que ces décisions étaient le fruit de sa volonté et de sa réflexion personnelle, comme s’il se considérait purement et simplement supérieur à tous les autres individus de la société, comme s’il les considérait comme incapables de réfléchir par eux-même, incapables d’avoir une idée, d’avoir un éclair de génie, et pire : d’avoir une opinion, ce qui devait sans doute être pour lui la plus sotte des choses, car il devait sans nul doute se croire le seul être doté d’un cerveau, et assez intelligent pour contrôler, gouverner, diriger, mandater et penser, et c’était sans aucun doute cette prétention qui lui avait permis d’obtenir un poste aussi haut, car fier de son pouvoir, il ne cherchait en aucune manière à en obtenir un supérieur, et de fait, il ne représentait pas un danger pour ceux qui l’avaient placé là : ses talents importaient peu, c’étaient ses officiers qui faisaient tout le travail, sa qualité de chef importait peu : il se prétendait trop occupé pour que qui que ce soit ait affaire à lui assez longtemps pour le détester, et ses soit-disant gardiens, ses serviteurs, ses hommes de main et ses gardes du corps étaient en vérité là pour le surveiller, et pour réprimer tout comportement un peu déplacé, qui pourrait évoluer vers un intérêt pour un pouvoir plus grand, que de doute manière il n’aurait jamais, car malgré tout ce qu’il croyait, il n’était rien, et il ne serait jamais rien, mais comme le dit l’adage : au royaume des aveugles, les borgnes sont rois, et ce n’était rien de le dire, tant la réalité était proche de cette image, car il était un ver de terre, élevé au rang de roi certes, mais bel et bien un ver.


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Voronwë Amnel
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- -: Elfe
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Dim 2 Sep - 23:14
Un nouveau membre qui fait ça fiche? Non, il meurt aussitôt!^^

Alors que le tonnerre grondait haut dans le ciel,
Et que les arbres pourtant tenaces périssaient,
Tout les volatils peinaient à battre des ailes,
Ainsi la nuit conquit cette grande forêt.

Épouse de Forgeron, elle agonisait,
Se sacrifiant pour protéger son nourrisson,
Afin de sauver son enfant elle se mourrait,
C’est en le regardant qu’elle pleura dira-t-on.

« Je me meurt, nomme le avant que je parte »,
Le forgeron choisi un nom tout en pleurant,
« Mon amour, Thoron, ton fils je te présente »,
L’enfant n’oubliera pas son regard envoutant.

L’horloge tourna, les années s’envolèrent,
Le gambin grandit, d’abord marcha, puis courra,
Il souleva vite une arme, feintant la guerre,
Ignorant que sa vie ne serait que combat.

Il le regardait heureux, lui, fier de son père,
Qui quittait l’armée pour vivre des temps de paix,
Le jeune se jura de vivre cet enfer,
Malgré le regard de sa mère qui le hantait.

De longues années plus tard, il était enfin prêt,
Prêt pour se battre aux cotés de ses frères,
Il devint capitaine, étant le plus doué,
A peine sortit de l’enfance, une nouvelle ère.

Cavalier hors pair, soldat invaincu, un dieu,
Voilà comment tout ses soldats le qualifiés,
Ils avaient tous confiance en lui, en tout lieux,
Aussi bien que même en enfer ils le suivraient.

Cependant l’effrayante guerre arriva,
Telle une vague déferlant sur le monde,
Voyant les monstres, Thoron à la guerre alla,
Il répondit à la menace avec force.

Mais leur courage et ardeur furent détruit,
Thoron perdit beaucoup trop d‘amis et d‘hommes,
Comment trouver la foi quand même les rois fuient,
Jusque enfin arriva la fin de l’automne.

Et c’est l’épée à la main que périt Thoron,
A genoux, vaincu, il voyait pour l’ultime fois,
La lueur du sublime soleil qui rayonne,
Bientôt on entendit plus sa glorieuse voix.

Adieu immortelle lumière qui me vit naitre,
Adieu, qui me vit grandir, grand peuple des elfes,
Mortel, non plus jamais je ne pourrais l’être,
Je suis dès lors nu dans les vastes ténèbres.
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Sirion Ibn-Lahad
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Dim 2 Sep - 23:17
À mon tour d'y aller de mon petit écrit. Voici une nouvelle de type thriller policier ou ce que vous voulez du genre. Ecrit durant une soirée d'errance sur le pc. Certaines scènes peuvent choquer le jeune public Smile

***
Pas de fumée sans feu.


Ses paupières étaient bien trop lourdes. Une faible lumière venant de derrière lui éclairait la toute petite pièce dans laquelle il se trouvait. Un courant d'air glacé vînt caresser son torse. L'effort qu'il devait faire pour garder les yeux ouverts était trop intense et il s'endormit de nouveau.

***
Adam écrasa sa cigarette consumée sous le talon de sa chaussure et releva le col de son manteau. La pluie s'abattait inlassablement sur les quais de Bordeaux tandis que le commissaire Nigel scrutait sa ville, seul, comme il aimait l'être. Cela faisait maintenant trois jours qu'il n'avait pas fermé l'œil. Et pour cause, sa dernière enquête l'obsédait à chaque instant du jour et de la nuit. À tel point que sa petite amie avait quitté son appartement la veille. Mais Adam devait l'admettre, c'était mieux ainsi.
Depuis près d'un mois, les forces de police étaient sur le pied de guerre. Aucune émeute à surveiller, ni de trafic à démanteler. Cette fois-ci, il s'agissait d'un individu ; une personne, une seule qui avait peu à peu transformé Adam Nigel et ses hommes mais également la population de la ville. Cet individu faisait couler autant d'encre que de sang et cela ne semblait guère près de s'arrêter. À ce jour, huit victimes avaient été découvertes, chacune dans des conditions plus terrifiantes les unes que les autres.
La première, un maître-nageur, avait été attachée à un poids par les pieds au fond de la Garonne, les mains liées dans le dos et complètement nue. Chose encore plus troublante, la tête de la victime se trouvait à moins de dix centimètres de la surface de l'eau, rendant la noyade encore plus abominable. Le second mort était un dompteur de fauves, il fut retrouvé dans la cage de ses bêtes à moitié dévoré, ligoté aux barreaux et bâillonné, encore une fois nu.
Très vite, les enquêteurs s'étaient rendus compte de l'évidence. Le meurtrier tuait ses victimes dans leur propre élément. Les cadavres suivants furent tous retrouvés suivant le même mode opératoire : victime entièrement nue, mains et pieds attachés et mort en lien avec la profession de la personne.
Les médias lui avaient rapidement donnés un surnom des plus évocateurs : le Bourreau. Il n'y avait toutefois aucune preuve concluante qu'il s'agissait là d'un homme et non d'une femme. Certaines hypothèses émettaient même l'idée d'un "groupe" et non d'un tueur solitaire mais Adam n'y croyait pas vraiment.
Il sortit de sa poche son paquet de clopes déjà bien entamé et alluma sa quarantième-et-unième cigarette de la journée. Mais pouvait-on parler de journée alors que le commissaire Nigel ne dormait plus ? Il se demandait parfois s'il n'était pas en train de devenir cinglé. Tous ces morts, dans quel but ? Encore un fou perturbé par une enfance difficile ? Ou un jeune étudiant désireux d'imiter un quelconque tueur issu d'une série américaine ? L'individu -quel qu'il soit- passionnait profondément Adam, autant qu'il l'effrayait. En réalité, un profond malaise s'était installé dans l'esprit du fonctionnaire de police depuis la découverte du dernier crime en date du Bourreau. Adam croyait avoir tout vu en matière de mise en scène morbide mais ça...
Les policiers avaient retrouvé Mme Planchard, femme du boucher dans la chambre froide de leur magasin. Nue, accrochée par l'entre-jambe à un croc tel un porc, les mains ligotées et éventrée du nombril à la gorge. Devant ce massacre, même le médecin-légiste n'avait pu retenir un haut-le-cœur. Le mari, lui, était encore vivant mais attaché à la carcasse d'un bœuf dans la même pièce, bouche bâillonnée et yeux bandés. Il avait assisté à toute la scène sans pouvoir faire le moindre geste, ni faire quoique ce soit, entendant simplement les supplices de sa femme du début à la fin.
L'image du corps mutilé frappa de plein fouet le commissaire. Il se pencha en avant au bord des quais, vomissant le peu de nourriture qu'il avait réussi à avaler le matin.
Les journaux régionaux parlaient du Bourreau midis et soirs, pas un jour sans que quelqu'un en parle. La peur était palpable dans toute la ville et une panique même de petite ampleur était envisagée si les morts continuaient à s'accumuler. La veille, le maire avait enjoint Adam Nigel, en tant que jeune commissaire de police de Bordeaux, à passer au journal du soir pour faire un communiqué sur l'enquête et inviter chaque citoyen à la prudence. Adam avait accepté non sans émettre quelques doutes sur l'efficacité d'un tel message, mais il l'avait fait. Au fil de son discours télévisuel, Nigel s'était peu à peu désinhibé de sa peur de l'écran pour finir par ses mots :
- ... sans pour autant céder à la panique mais méfiez-vous des inconnus, plus que jamais. L'homme ou la femme coupable de ces actes terribles peut se cacher partout, il est très certainement une personne en apparence tout à fait normal. Il ou elle est sans doute comme vous et moi, a peut-être un chien, arrose ses plantes vertes et regarde la télé. C'est pourq...
En un instant, un frisson parcourut l'échine du commissaire. La télévision, son communiqué. Mais il se reprit.
- ... C'est pourquoi, je vous invite à la plus grande prudence. Merci.
Mais le mal était fait, le chasseur s'était montré à sa proie.
Sa cigarette consumée jusqu'au filtre, il s'en débarrassa rapidement dans la Garonne. La pluie avait cessé. Le mauvais temps avait rendu désert les quais, l'odeur du goudron humide arriva jusqu'aux narines d'Adam. Il lui fallait avancer dans son enquête, trouver des pistes. L'interrogatoire du boucher n'avait rien donné, hormis peut-être la confirmation qu'il s'agissait bien d'un homme. Le boucher -de forte corpulence- avait été préalablement assommé d'un seul coup de poing au niveau de la tempe. Leur homme était très bien préparé. Maniaque, sans doute sportif, instruit et d'une grande intelligence.
La fumée de cigarette l'envahit tout d'un coup, l'odeur de tabac enivrant son esprit et ses sens, avant qu'il ne se souvienne qu'il avait jeté sa cigarette dans le fleuve...

***
Ses paupières étaient bien trop lourdes. Le courant d'air se fit plus pressent sur sa peau. Adam finit par ouvrir complètement les yeux. La source de lumière éclairant la pièce se trouvait toujours derrière lui, laissant dessiner sur le mur lui faisant face sa propre silhouette assise sur une chaise de bois. Il voulut se lever, sans en être capable. Ses mains étaient liées au dossier en bois et ses jambes aux pieds de la chaise. Son corps nu suait abondamment ou peut-être était-ce de l'eau sur son corps ? Une étrange odeur brûlait les narines du commissaire. S'était-il endormi sur les quais ? Était-il dans un cauchemar ? Ses insomnies l'avaient peut-être quittées mais si c'était pour vivre un tel songe, rester éveillé n'était sans doute pas plus mal.
Un bruit de porte qu'on ouvre se fit entendre derrière Adam. Le policier se surprit à trembler, son souffle était devenu irrégulier et un nuage de vapeur s'échappait de sa bouche. L'air froid avait envahi la petite pièce. Des pas rapprochaient quelqu'un de Nigel et le commissaire put distinctement voir une deuxième ombre apparaître aux côtés de la sienne. Une respiration froide résonna à l'oreille du prisonnier, l'inconnu posa sa main gantée dans les cheveux trempés du commissaire et alors il brisa le silence de peur.
- Monsieur Nigel, enchanté.
La voix était sombre et forte, claire et précise, tel un acteur jouant sur les planches.
- Je dois avouer que vous n'étiez pas dans mes projets ou du moins, pour l'instant.
Se redressant, l'homme passa de l'autre côté de la tête d'Adam. Il posa cette fois-ci ces deux mains sur ses épaules dénudés.
- J'ai adoré ce moment à la télévision, lorsque vous compreniez... lorsque vous sentiez... mon regard se poser sur vous. Vous saviez que j'étais là, quelque part à vous observer à travers ce petit écran. Cette courte hésitation. J'en ai presque joui tant cet instant était fort ! Et vous voilà aujourd'hui, entre les mains de celui que ces crétins de journalistes si utiles ont baptisé le Bourreau. Quelle triste histoire n'est-ce pas ?
Adam était complètement perdu, cet homme était terrifiant. Il en avait presque la nausée, l'odeur oppressante de tout à l'heure était toujours là et il faillit bien tourner de l'œil mais se força à prononcer quelques mots pour gagner du temps. Mais pour quoi ? Il se le demandait.
- Si utiles, à quoi ? demanda-t-il.
- À mon pouvoir. Je pensais qu'un grand officier de police comme vous l'aurait compris. Sans les médias, qui aurai-je effrayé ? Les policiers ? Les familles des victimes ? Non, ce n'est rien. Tous les jours, des jeunes meurent sur la route sans que personne n'en parle vraiment. Les masses ! Voilà ce que je veux ! Un véritable jeu de dominos ! J'adore les dominos, pas vous ? Les hommes sont exactement identiques. Poussez-en un et les autres s'effondrent d'eux-mêmes. C'est si jouissif de voir ces foules apeurées à la simple prononciation d'un nom. Qui m'a donné un nom ? Qui parle de mon œuvre ? Qui entretient le mythe ? Le Bourreau ou les médias ? On en viendrait presque à se demander qui est le tueur, n'est-il pas vrai Monsieur Nigel ?
À nouveau, les yeux d'Adam devinrent lourds et il crut s'effondrer lorsque son vis-à-vis lui donna une claque sur la joue.
- Parlons de vous à présent, commissaire. Vous avez l'air usé, fatigué. Est-ce moi la cause de tout ceci ? J'en suis désolé.
L'homme marchait sans discontinuer de gauche à droite derrière Adam, d'un pas lent et terrible.
- Je vous ai observé durant des heures. Quarantaine, gros fumeur, insomniaque, sans doute alcoolique à vos heures perdues au bureau. Qu'avez-vous pensé de mon approche ? Subtile l'odeur du tabac, n'est-ce pas ? Comme quoi parfois, on lit des chose vraies, dans votre cas : fumer tue.
Cette ultime phrase du tueur fut reçue comme un jugement dernier par Adam. Il allait donc le tuer lui aussi ? Il voyait déjà d'ici ses collègues le découvrir dans quelques jours. Quelle fin.
Mais tandis que la confusion étreignait Adam Nigel, le Bourreau passa pour la première fois devant sa proie. L'homme était habillé d'une veste en cuir simple, d'un jean et de chaussures de marches. Son visage caché par une cagoule laissait simplement entrevoir sa bouche et ses yeux clairs. Il avait en main le paquet de cigarettes d'Adam et ce dernier eut peur de ce qu'il comprenait.
- Voilà ! C'est ça ! dit le tueur en pointant du doigt le visage de Nigel. C'est ça ! Ce regard ! Illuminé ! Vous avez compris ! Il en est toujours ainsi. Les hommes ne comprennent que trop tard leurs mauvaises actions et les conséquences de leurs actes. À chaque fois, ils ont eu ce regard. Quel instant magnifique.
De sa main libre, il saisit le briquet d'Adam et l'alluma. Il le porta ensuite à sa bouche où l'une des cigarettes du commissaire reposait. Le Bourreau aspira une grande bouffée avant de laisser s'échapper un nuage de fumée à travers sa cagoule.
- Pardonnez pour l'odeur désagréable mais je n'avais que de la vodka pour vous asperger entièrement.
Les nerfs d'Adam lâchèrent à ces mots cinglants. Ses muscles se relâchèrent et il pleura.
- Pourquoi ?! Pourquoi tuer ! Pourquoi cette violence ! hurla de toutes ses forces Adam.
Les doigts propulsèrent la cigarette en train de se consumer en direction du corps imbibé d'alcool de Nigel. Et avec calme, un sourire aux lèvres, le Bourreau de répondre :
- Parce que c'est bon.




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Keylia Lissindi
Archer Elfe
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Dim 16 Sep - 13:46
Que de belles créations! Ça fait vraiment plaisir à voir! Et Ryad tu ne m'avais pas dit que tu écrivais hors RP! Je découvre encore une autre de tes facettes, j'ai vraiment adorer, je trouve cette rubrique vraiment TOP. Et ah oui! Gros gros coups de coeur pour le poème qu'à poster Voronwë Amnel, les larmes aux yeux, des frissons! Très agréable à lire il m'as vraiment prise aux tripes, j'ai adorer!

Voici maintenant le temps de vous présenter ma fiction (sur le seigneur des anneaux Wink) que j'écrit avec l'aide d'une de mes plus proches amies! Je vous préviens il y aura beaucoup de chapitres ^^ mais voilà cela m’intéresse d'autant plus de la poster ici que tout le monde fait des critiques constructives et j'en ai besoin! Parce que je n'ai personne pour juger mes écrits ^^ Alors voilà:

Et si ils étaient 11?

Chapitre 1 :

Fondcombe, Eregion, Terre du Milieu

Aujourd’hui une belle journée s’était levée sur l’Eregion. Fondcombe ne faisait pas exception bien sûr ! La belle cité d’Elrond scintillait de mille feux, à l’intérieur toute la population commençait à s’agiter car cette après-midi un grand conseil était prévu qui réunissait les grands chefs de toutes les contrées de la Terre du Milieu. Déjà les premiers rois, les premiers chefs arrivaient sur leurs montures, et était accueillis par le grand Elrond...

A quelque kilomètre de là, Eregion, Terre du Milieu

Un petit sentier sort de Fondcombe et relit la cité à l’extérieur de sa vallée enjouée. C’est en poursuivant ce sentier sur quelques kilomètres que l’on arrive devant une coquette maison, faite de bois et de pierres, cette petite maison possède un petit jardin où pousse plusieurs légumes et toutes sortes de fleurs. Ici habite une jeune Elfe avec sa maman. La mère se nomme Leynia, elle a long passé derrière elle, elle a gagné sa vie en tant qu’archer Elfe et elle a légué ce don à sa fille. Sa fille elle se nomme Keylia, elle est blonde aux yeux bleues, elle est grande, son teint est de porcelaine, ses lèvres sont légèrement rosées, et ses oreilles pointues ressortent bien à travers sa belle chevelure dorée. Elle ne laisse néanmoins pas souvent ses cheveux lâchées, elle préfère nettement les attaché en un chignon déstructuré. Aujourd’hui elle a décidé d’aller à Fondcombe pour voir le rassemblement des dirigeants et elle espère y trouver sa meilleure amie, c’est donc toute guillerette qu’elle sort de sa petite maison en disant au revoir à sa mère, et c’est toujours aussi joyeuse qu’elle parcoure les quelques kilomètres qui la sépare de la cité du célèbre Elrond.

Lothlorien, Terre du Milieu

- Pourquoi veux-tu absolument aller là-bas ?
- Parce que c’est une réunion importante père, et puis je vais y retrouver Keylia.
- Oui d’accord mais tu n’as jamais voyagé aussi loin toute seule !
- Père tout ira bien, soyez assuré que je serai des plus prudentes !


A l’orée de la forêt de Lorien, une jeune Elfe discutait avec son père de son voyage jusqu’en Eregion dans la demeure d’Elrond. Elle s’appelait Norathia. Elle avait une belle chevelure noire de jais et des yeux vert émeraude qui pétillait lorsqu’elle parlait de voyager au dehors de son pays natal. Elle était déjà en selle sur sa belle jument prête à partir à l’aventure. Son père lui céda finalement ce voyage en lui recommandant mille fois d’être prudente, Norathia sourit et se mit en route pour Fondcombe un grand sourire victorieux sur les lèvres. Elle décida de passer par le col de Caradhras, elle y passa sans encombre et galopa tout ce qu’elle pouvait, elle fit quelques petites pauses mais ne s’attarda jamais elle voulait être à l’heure, elle continua sa route encore et encore. Elle arriva finalement à Fondcombe le jour même ou commençait les arrivés des rois et des chefs ou encore des représentants de chaque Etats de la Terre du Milieu. Elle se fit discrète, et déposa sa belle jument aux bons soins des palefreniers aux écuries. Elle y laissa aussi tout son attirail de voyage et partit explorer la belle cité de Fondcombe à pied vêtu de ses bottes, son pantalon et sa cape de voyage.

Fondcombe était une cité magnifique et nombreux étaient les visiteurs qui venait la contempler, nombreux était ceux qui désiraient fouler les belles dalles de cette ville, et nombreux était ceux qui s’attardait à se balader sous les belles arcades gravées de motifs singulier. Norathia ne faisait pas exception, elle se dirigea vers une rangée d’arcades blanches, elle y marcha doucement laissant ses pensées vagabonder regardant les arbres, les fleurs et tout ce qui poussait joyeusement autour du chemin qu’elle suivait. Norathia s’attarda sur banc, elle y prit place doucement avec toute la grâce que ses origines elfiques lui procurait.

PDV, Aragorn :

Frodon était sortis d’affaire, il avait besoin de repos mais il était hors de danger. Une fois rassuré par Elrond lui-même je sortis un peu prendre l’air, j’empruntai un chemin que je connaissais bien pour y avoir gambadé de nombreuse fois lorsque j’étais petit. Tous ces souvenirs me montaient d’eux-mêmes à la tête et un sourire se dessina sur mes lèvres. Je portai mon regard au loin et je fus étonné de voir une silhouette assise sur un banc. D’ordinaire personne ne venait ici, alors ce fut tout naturellement que j’arrivai derrière la silhouette en silence. Un Elfe. Ses oreilles pointues ressortaient de ses cheveux noirs, je m’approchai jusqu’à pouvoir sentir son parfum avant de parler.

- Belle journée pour une ballade n’est-ce pas ?, dis-je
L’Elfe se retourna pour identifier son interlocuteur. C’était une Dame. Elle avait de beaux yeux verts elle esquissa un petit sourire timide avant de reprendre sa place initiale.
- Très belle journée, effectivement, répondit-elle
- Habitez-vous ici ? Etes-vous de la famille d’Elrond ?, demandais-je curieux de savoir ce qu’une femme fabriquait ici
- Non et non, elle se leva et se retourna lentement vers moi, je suis ici pour le conseil d’Elrond. Je m’appelle Norathia et je suis l’ambassadrice de Celeborn et Galadrielle du royaume de Lorien.


Fin PDV : Aragorn


Dernière édition par Keylia Lissindi le Lun 17 Sep - 19:04, édité 1 fois
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Hadhod Croix-de-Fer
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Lun 17 Sep - 16:26
C'est assez dur de revisiter les passages des œuvres de Tolkien, c'est d'ailleurs pour ça que nous ne le faisons pas en RP, mais étant donné que ce sujet est destiné à des créations totalement libres, tu as très bien fait. C'est justement l'occasion de tenter le coup. Wink

Je ne sais pas pourquoi, mais lors de ma lecture j'ai ressenti une impression agréable de légèreté dans le texte qui m'a presque fait oublié le contexte sombre et critique de l'époque où l'histoire prend place, comme un rayon de soleil au milieu des nuages. Peut-être est-ce dû à ces deux jeunes femmes/filles elfes qui vont sans doute (ou peut-être) se rencontrer dans les prochains épisodes... Je ne sais pas si cet effet est voulu de ta part, mais en tout cas c'est comme ça que je l'ai ressenti.

Pour l'instant le décor est juste planté, car avec deux ou trois trames narratives il n'y a pas beaucoup de place pour étoffer chacune d'entre elles en un seul post, on attend donc la suite avec impatience. Le passage au point de vue d'Aragorn m'a surpris, mais après tout, pourquoi pas !

Avec une grande interrogation : dans quelle mesure la présence de Norathia au Conseil d'Elrond va-t-elle modifier son déroulement et ses décisions ? Car j'imagine qu'au fond c'est un peu l'idée de ton histoire : intégrer une personne de plus dans les discussions ? D'où le titre. Si c'est bien cela, les fameux "12" seraient Elrond, Gandalf, Frodo, Bilbo, Glorfindel, Erestor, Galdor, Legolas, Glóin, Gimli, Boromir et Norathia, c'est bien cela ?

Juste une dernière petite remarque pour la route... je ne suis pas sûr que Fondcombe appartienne vraiment à l'Eregion. Normalement Eregion a pour frontière justement la rivière Bruinen qui passe vers la Maison d'Elrond, donc techniquement c'est peut-être pas faux mais personnellement je la voyais plus se situer dans le Rhudaur... Mais ce n'est qu'un détail. Mr.Red

En tous cas c'est plaisant à lire, au plaisir de voir la suite ! thumleft




The Half Cop
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Keylia Lissindi
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Lun 17 Sep - 17:11
C'est super gentil! J'apprécie vraiment tes critiques. L'effet de légèreté est rechercher, j'écris toujours comme cela en générale, même dans mes RP. Ensuite tu as faux sur les douze et je viens, en te lisant, de me rendre compte de ma faute de frappe ^^ En réalité ils seront 11 je vais aller changer ça out de suite, pardonne moi ^^ Quant au frontière de l'Eregion je possède une carte mais les frontières ne sont pas très clair, de ce fait j'ai eu du mal à déterminer dans lequel des deux se situait Fondcombe ^^ Mais merci de me le faire remarquer, j'en prends bonne note Wink Encore merci d'avoir lu Smile
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Hadhod Croix-de-Fer
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Lun 17 Sep - 19:00
Keylia a écrit:
Ensuite tu as faux sur les douze et je viens, en te lisant, de me rendre
compte de ma faute de frappe ^^ En réalité ils seront 11 je vais aller
changer ça out de suite
Ah, au temps pour moi alors, je croyais que les 12 représentaient les 11 noms qui apparaissent dans le conseil d'Elrond dans le livre, auxquels s'ajoutait Norathia. Ça concordait si bien que je me suis emballé trop vite en conjectures ! Mr.Red




The Half Cop
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Keylia Lissindi
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Sam 22 Sep - 13:53
Me voici de retour avec la suite! Le chapitre 2 Wink En espérant que vous apprécierez!

Chapitre 2 :

Keylia était arrivé dans l’enceinte de la cité de Fondcombe, elle alla de suite aux écuries, pour y trouver l'étalon de Norathia. Un sentiment de joie l’envahit, une bouffée de bonheur, qui la fit immédiatement revenir à son enfance, au jour où elle avait rencontré Norathia. Un sourire étira ses fines lèvres.

-Elle est arrivée !, dit-elle pour elle-même avant de sortir des écuries

La jeune Elfe se rua hors du bâtiment et arpenta tous les chemins de détente qui existait dans la belle Imaldris. Durant le dernier, son estomac se contracta et si son amie était déjà en plein conseil ? Ou si ce n’était pas elle qui était venu mais quelqu’un d’autre ? Toutes ces questions lui tournaient dans la tête lorsqu’elle entendit une voix au loin.

-Non et non, je suis ici pour le conseil d’Elrond. Je m’appelle Norathia et je suis l’ambassadrice de Celeborn et Galadrielle du royaume de Lorien.

C’était la voix de Norathia elle en était sûr ! Elle accéléra le pas pour la trouver en compagnie d’un homme brun à l’air un peu choqué, bouche bée par ce que venait de lui dire la jeune Elfe. Keylia s’avança prudemment de peur d’interrompre quelque discussion politique urgente. Norathia tourna doucement la tête et son visage s’éclaircit en apercevant Keylia, un sourire apparut sur les visages des deux femmes Elfes, Norathia couru à la rencontre de son amie, elles s’enlacèrent un moment en guise de bonjour puis elles s’écartèrent.

-Tu n’aurais pas grandi ?, demanda Norathia
-Si un peu...
-Traîtresse ! Ca a toujours était moi la plus grande !, râla Norathia en riant


Keylia arborait le plus grand sourire victorieux qu’il y eut jamais existé. Pendant ce temps l’Homme qui avait parlé à Norathia regardait la scène. Il trouvait cela vraiment très touchant et décida donc de laisser les jeunes femmes tranquilles. Il eut un dernier regard pour elles et se dit que les Elfes de Lorien n’avaient rien perdu de leur charme d’antan.

-Tu viens pour le conseil ?, demanda Keylia
-Oui, je dois y représenter la parole de Galadrielle et Celeborn. Veux-tu bien m’y accompagner, ça va commencer, dit Norathia
-Bien sûr !, dit Keylia en souriant


Les deux jeunes femmes Elfes prirent le chemin inverse de celui qu’elle avait emprunté au début, elles arrivèrent sur une grande place puis Norathia prit le relai, elle savait très bien où elle allait, les jeunes femmes empruntèrent un long couloir, au milieu de celui-ci Norathia se tourna vers Keylia et lui dit qu’elle devait y aller. Le mur était ouvert en une arcade et à travers l’on pouvait voir des sièges disposait en cercle non fermé autour d’un grand guéridon planté dans le sol. En face de celui-ci de l’autre côté des nombreux sièges se dressait une sorte de trône, le siège d’Elrond, président du conseil. Le petit rond était éclairé de beaux rayons d’un soleil de fin de journée, dorée, ce qui donnait un aspect authentique et magique à la scène, Keylia regarda Norathia s’installer, elle lui sourit et ressortit du bâtiment.

POV : Norathia :

Je laissai Keylia repartir, pour ma part je filai à ma place, je me mis assise et attendit le début du conseil. Et c’est extrêmement surprise que j’aperçu l’homme du banc. Il arriva très à l’aise et prit place dans les sièges en face des miens, dos au couloir.

-Etrangers venus de terres lointaines amis de toujours, vous vous êtes rassembler ici à fin de répondre à la menace du Mordor, la Terre du Milieu est au bord de la destruction, nul ne peut y échapper, vous vous unirez ou vous serez vaincus, chaque race est lié à ce destin à ce sort commun. Montrez leur l’anneau, Frodon., dit Elrond

Le dit Frodon se leva, il marcha doucement et déposa l’anneau au milieu du guéridon puis il retourna à sa place. « C’est donc de ça que tout le monde a peur » pensais-je, l’anneau faisait penser à une bague de mariage en or et non à l’arme la plus destructrice de tous les temps. Un homme se leva, arrachant tout le monde à sa contemplation personnelle de l’anneau.

-Lors d’un rêve j’ai vu à l’est le ciel s’assombrir mais à l’ouest une pâle lueur persistait et une voix s’écriait « votre fin et proche », tout en parlant l’homme s’avançait en direction du guéridon, je n’aimais pas beaucoup ça mais elle ne dit rien, le fléau d’Isildur à était retrouver. Le fléau d’Isildur…

Alors l’homme avait atteint le guéridon et tendit la main vers l’anneau, je voulus me lever mais Gandalf et Elrond, que je connais bien tous les deux, me devancèrent.

-Boromir !, cria Elrond

On entendit au même moment une grosse voix sourde et rauque parler dans une langue rustre que je ne puis identifier. Alors le ciel s’assombrit le soleil disparu, les nuages se faisaient noirs, épais et menaçant tandis que Gandalf se levait. Je ne pouvais pas croire que cette voix venait de lui. Elrond était resté debout, et Boromir reculait vers son siège. La voix se fit plus intense, plus grave, ses paroles se répercutait sur les murs, je dus prendre une grande inspiration et fermer les yeux un moment. Un sentiment d’oppression m’envahit et lorsque je rouvris les yeux je compris que tout le monde l’avait ressenti. Boromir se rassit alors que Gandalf levait la main vers le ciel et finissait ses horribles paroles, alors le soleil refit surface et l’atmosphère s’adoucit.

-Jamais de mots n’ont été prononcé dans cette langue ici à Imladris, fit remarquer Elrond
-Je n’implore pas votre pardon maître Elrond, car le parler noir du Mordor peut déjà être entendu dans toutes les régions ouest, l’anneau est totalement maléfique, acheva Gandalf
Pendant ce temps Elrond s’était rassis et à ce moment Gandalf alla pour se rassoir. Et Gandalf avait absolument raison, je ne savais que faire mais en tout cas j’approuvais totalement Gandalf.
-Cet anneau est un don, un don fait aux ennemis du Mordor, Pourquoi ne pas s’en servir ?


« Parce qu’on ne désire pas mourir », pensais-je

-Depuis longtemps mon père, l’Intendant du Gondor, a tenu à distance les forces du Mordor, c’est grâce au sang de notre peuple que vos terres sont encore en sécurité

« Bah voyons, en Lorien on en aurait fait autant si nous avions était à leur place, pour qui se prend-il ? »

-Donner au Gondor l’arme de notre ennemi et laissez-nous l’utiliser contre lui !

« Et voilà comme toujours, tout pour eux et nous on fait quoi là-dedans ? Je ne suis pas d’accord ! »
Je voulus encore une fois me lever et je fus encore une fois devancé par l’homme du banc.

-On ne peut le contrôler, aucun d’entre nous ne le peut.
-Enfin des paroles censées !, dis-je à voix basse
-L’anneau unique ne répond qu’a Sauron il n’as pas d’autre maître, continua l’homme du banc
-Et qu’est-ce qu’un Rôdeur connait à ces choses-là ?, demanda Boromir visiblement vexé que le bel homme du banc aie raison.
-Ce n’est pas un simple Rôdeur., déclara un Elfe blond en se levant de son siège, c’est Aragorn fils d’Arathorn, vous lui devez serment d’allégeance.
-Aragorn, le descendant d’Isildur…, murmura Boromir
-Et l’héritier du trône du Gondor, rajouta L’Elfe blond
-Asseyez-vous Legolas, dit Aragorn
-Le Gondor n’as pas de roi, il n’en n’as pas besoin, répliqua Boromir en allant s’assoir
-Aragorn a raison, nous ne pouvons l’utiliser, dit Gandalf
-Vous n’avez pas le choix, l’anneau doit être détruit, dit Elrond
-Qu’attendons-nous pour le faire, dit un Nain en se levant je sentis que ça allait mal se passer, il brandit sa hache et assena un coup sur l’anneau, sa hache explosa en mille morceaux
-Si cela était aussi facile, un conseil n’aurais pas était nécessaire et ce serai fait depuis longtemps, dis-je en lançant un regard noir au Nain
-L’anneau ne peut être détruit, Gimli fils de Gloïn, par aucun moyen en notre possession. L’anneau a été forgé dans les flammes de la montagne du destin, il n’y a que là qu’il puisse être détruit. Il faut l’emporter dans les profondeurs du Mordor et le jeter dans l’abîme flamboyant d’où il est apparu autrefois, déclara Elrond, l’un de vous, doit le faire
-On n’entre pas si facilement en Mordor ses portes noires ne sont pas garder que par des Orques, en ces lieux il y a un mal qui ne dort jamais et le grand œil est toujours attentif, c’est une terre dévastée et stérile recouverte de braises, de cendre et de poussière, l’air que l’on y respire n’est que vapeur empoisonnées même 10 000 hommes n’en viendrait pas à bout ce n’est que folie, dit Boromir
-N’avez-vous pas entendu ce que le seigneur Elrond a dit, l’anneau doit être détruit, dit Legolas
-Et je suppose que vous croyez être celui qui va le faire, dit Gimli
-Si nous échouons qu’arriveras-t-il ? que ce passeras-t-il quand Sauron récupérera son anneau ?, dit Boromir
-J’aimerai mieux mourir plutôt que de voir cet anneau dans les mains d’un Elfe !, cria Gimli


Ce fut le chaos ensuite et je dois dire que j’y aie bien participé, non mais de quel droit dit il cela ! Les Elfes se disputèrent avec les Nains, puis avec les Hommes, puis les Hommes avec les Nains, ensuite Gandalf rejoins la foule qui s’était levée et lui aussi exposa son point de vue, tout le monde parlait ou criait, on ne s’entendait plus, les menaces fusait sans destinataire, la haine envers une race se déversait alors qu’elle n’avait rien demandé.

-Je vais le faire !
Je me retournais, cherchant la voix qui avait prononcé ces 4 mots si importants et mes yeux tombèrent sur un Hobbits, Frodon, celui qui avait amené l’anneau.
-Je vais le faire !, dit-il plus fort pour se faire entendre parmi les cris, les insultes et autres, je vais porter l’anneau en Mordor. Bien que… Je ne connaisse pas le moyen…
-Je vais vous aider à porter ce fardeau Frodon Saquet, aussi longtemps que vous aurez à le porter, dit Gandalf en se mettant au côté du semi homme
-Si par ma vie ou ma mort, je peux vous protéger, je le ferai. Mon épée est vôtre, Dit Aragorn en mettant genoux à terre devant Frodon
-Et mon arc est vôtre, enchérit Legolas en se mettant lui aussi aux côté de Frodon
-Et ma hache !, enchaîna Gimli en rejoignant la troupe
-Vous avez notre destin à tous entre les mains petit homme et si tel est la volonté du conseil le Gondor se joindra à vous, dit Boromir


A ce moment je fus prise d’une émotion indescriptible, autant de personne pour aider ce Hobbits. C’était un magnifique esprit de solidarité, je fus prise d’un élan de compassion pour ce que aurait à endurer ce pauvre semi homme, ma voix sortit de ma bouche presque malgré moi.

-Autant de compagnons, autant de gens prêt à tout pour vous, je ne puis cacher ma joie face à tant de solidarité, et je ne puis rester là à vous dire bonne chance, si vous voulez de ma présence alors je serai à vos côtés, dis-je au Hobbits en inclinant respectueusement la tête
-Le contraire m’aurait étonné, dit Gandalf à mi-voix en me souriant


Je lui rendis son sourire et me plaça à son côté. Lorsque tout à coup quelqu’un sortit des buissons derrière et se précipita au côté de Frodon, c’était lui aussi un semi homme.

-Hé ! Monsieur Frodon n’ira nulle part sans moi !, dit-il
-Non en effet il n’est guère possible de vous séparer et cela même lorsqu’il est convoqué à un conseil secret et vous non, déclara Elrond
-Oh nous venons aussi !


Deux autres Hobbits venaient de rejoindre le groupe en courant et un des deux prit la parole.

-Il faudrait nous renvoyer chez nous attachés dans un sac pour nous en empêcher !
-Quoi qu’il en soit vous avez besoin de gens intelligents pour ce genre de… mission… Quête… Chose.
-Bon alors ça te met hors course Pippin !, répliqua le premier qui avait parlé
-10 Compagnons, qu’il en soit ainsi, vous formerez la Communauté de l’anneau !, déclara Elrond
-Chouette ! Où est-ce qu’on va ?, demanda le dénommé Pippin


Je ne pus tout simplement pas retenir un sourire à cette remarque...

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Calion Palantir
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Lun 11 Mar - 13:01
Durant mes 4 heures de DS bac blanc de philosophie (j'ai écrit après avoir terminé mon DS), j'ai écrit un petit quelque chose. Rien de bien poétique, rien de bien passionnant mais pourquoi pas le faire partager ? Sachez que j'ai écrit ça au gré de mon inspiration et de mes sentiments du moment. C'est merdique j'approuve.

Qu'en est-il de la folie ? Elle me berce. Des visions lugubres au plus beau des rêves je marche. Mutilé, moqué, vaincu. Que fais-je encore en vie ? Je ne suis plus apte à tout ça. Je suis épuisé. Oui épuisé. Ce n'est pas de la fatigue mais un sentiment, le sentiment d'être persécuté pour rien car au fond, l'ai-je vraiment mérité ? Je souffre mais je ne suis pas malade, mon esprit est embrumé pourtant la fièvre ne m'atteint pas. Je suis juste fatigué. Fatigué de tout ça.

Ils sont là ceux qui me font vivre. Ils me poussent sans le savoir. Je reste pour eux. Ma famille et ma deuxième famille. Des gens formidables avec qui l'ont passe des moments formidables. Ils ne sont plus les camarades de jeu du début, ils sont devenus bien plus. Pensant être un poids, un "boulet", ils m'ont allégé. Comment ? Leur simple présence suffit. Merci. Merci d'être là quand tout va mal.

Sans cesse je me raccroche à elle aussi. J'enrage et je me hais pour cela. Je n'arrive pas à passer à autre chose. Ma nostalgie m'anime, elle me fait pleurer. je n'ai pas honte.
C'est juste que ... Je l'aime. Je t'aime.

Au secours.




Dernière édition par Calion Palantir le Lun 11 Mar - 19:50, édité 1 fois
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Ryad Assad
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Lun 11 Mar - 14:50
A peine majeur, et déjà lancé sur les chemins de la philosophie de la vie !

J'aime bien, à titre personnel, ce genre de textes. C'est nu, ce sont simplement des mots qui trahissent le fil des pensées, et c'est souvent plus percutant que quelque chose de plus travaillé. En tous cas, moi, ça me touche.

Pas facile de faire un commentaire beaucoup plus long, car ce ne sont pas des sentiments que l'on "veut montrer", mais des choses que l'on montre malgré soi. Simplement, ça me parle, comme ça doit parler à d'autres ici, et c'est l'essentiel.

C'est bon d'avoir partagé ça avec nous, en espérant que ça aide les gens à trouver les mots pour habiller leurs émotions.

Du coup ce serait davantage un "merci" qu'un "bravo".

A très bientôt !

Ryad


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"Il n'y a pas pire tyrannie que celle qui se cache sous l'étendard de la Justice"

Spoiler:
 
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Calion Palantir
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Lun 11 Mar - 19:51
Le deuxième paragraphe concerne MT si tu n'as pas compris (j'en doute bien entendu mais tu n'as pas fais la remarque donc ... ^^)

Désolé pour ce post inutile j'en conviens.

EDIT Ryad : notre deuxième famille Wink.


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Aldarion
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Mar 12 Mar - 23:24
Bon... Comme je ne l'ai pas encore fait, je me décide à poster ici un petit quelque chose qui n'est pas fantastique.
Il s'agit d'une nouvelle écrite dans le cadre d'un concours de nouvelles policières... j'ai pas gagné mais j'étais dans les 13 finalistes. Faut dire aussi que je m'y suis pris un peu à la dernière minute ( deux jours avant je crois) et que ça s'en ressent.
Bref, c'est loin d'être parfait mais ça montre une autre facette de mon écriture Wink




Un appel au suivant.

« Tout croire est d'un imbécile, Tout nier est d'un sot. »
Charles NODIER



Sebastian tira vigoureusement sur son frein à main puis, engagea une vitesse. Il saisit un petit sac en papier sur le siège passager. Il jeta un œil dans son rétroviseur et, quand il fut certain que la rue était vide, il sortit enfin pour s'engouffrer dans l'hôtel. On lui avait appris à travailler seul, sans aucun support des autres services, pourtant, il trouvait la situation pesante et était un peu nerveux.

Il grimpa rapidement les deux volées d'escalier qui menaient à l'étage où se trouvait sa chambre. Avant d'y pénétrer, il se pencha en avant et jeta un œil au bas de la porte. Depuis peu, il avait pris l'habitude de fixer par deux morceaux de scotch un de ses cheveux à travers l'ouverture de la porte. Il était donc impossible de pénétrer dans sa chambre sans le casser. Rassuré, il introduisit sa carte dans le petit appareil. La petite lumière vira au vert et le petit déclic caractéristique se fit entendre.

Directement, il se dirigea vers les rideaux qu'il ferma avant de vérifier rapidement qu'aucun micro n'avait été déposé dans la pièce. On aurait pu prendre ces attitudes pour de la paranoïa, mais Sebastian connaissait trop bien les risques du métier que pour laisser la moindre place au hasard.
Après avoir fait ses petites vérifications, il s'assit au petit bureau de la chambre et sortit son ordinateur portable de son sac. Il l'alluma, entra son mot de passe avant d'ouvrir un fichier texte intitulé « Faits ». À nouveau, l'ordinateur réclama un mot de passe qu'il connaissait et qu'il introduisit sans plus attendre.

Citation :
FAITS : Mort de cause inconnue.
Corps dans le bois Saint-Jacques. Angleur, Liège.
Griffures sur tout le corps.
Poussière dans les cheveux.
PIECES A CONVICTION : Téléphone.
Sac à dos : dictionnaire, enveloppe, notes de cours.
DEDUCTIONS : Meurtre.
Corps traîné à travers le bois.
Meurtre dans une maison abandonnée.

Il avait pris ses notes directement après la découverte du corps. Il avait été, comme souvent, le premier sur les lieux du crime. C'était donc lui qui avait pris soin de récupérer personnellement les pièces à conviction. Encore une fois, il ne disposait pas de beaucoup d'éléments vraiment concluants. La police judiciaire allait sans doute faire une enquête de proximité, faire une relevé des comptes, voir si la victime avait des ennemis... C'étaient de bonnes méthodes, mais beaucoup trop lente. Passés les deux ou trois premiers jours, le tueur s'installait dans une zone de confort et devenait presque impossible à arrêter. L'Investigation Fédérale avait justement été créer pour contrebalancer ce problème. En effet, on lui avait appris à se concentrer sur de rares éléments clefs pour arriver rapidement à une solution. L'efficacité remplaçait la rigueur. Pourtant, cette méthode ne pouvait être valable qu'en parallèle d'une enquête plus conventionnelle.

Sebastian enfila des gants en latex afin de pouvoir examiner en détails les différents éléments à sa disposition. Il saisit en premier l'enveloppe au format C4. Il aimait les traces écrites qui étaient souvent bien plus explicites que tout le reste. L'enveloppe avait été ouverte, ce qui n'était pas surprenant. Aucune adresse de destination n'était indiquée dessus. C'était une enveloppe à fenêtre et visiblement quelqu'un l'avait déjà vidée de son contenu. Il ne se laissa pas démonter pour autant et la retourna. Au dos était noté ce qui devait être l'adresse de l'envoyeur. Il s'agissait d'un centre de recherche qu'il ne connaissait pas. Il en nota le nom dans son rapport.

En manipulant l'enveloppe il aperçut au fond, un bout de papier. Il le sortit et l'analysa. Il s'agissait d'une feuille blanche avec seulement deux mots rapidement griffonnés à la main : Robert Nodier.

Sans attendre, Sebastian ouvrit son navigateur internet et introduisit dans google les deux mots. Comme il le craignait, il ne reçut aucune réponse vraiment pertinente. Il y avait sur facebook deux personnes répondant à ce nom, mais elles étaient toutes deux étrangères. La piste n'était pas à exclure, mais un tanzanien et un américain faisaient des suspects très peu crédibles. Si le fallait, la police judiciaire reviendrait dessus ultérieurement.

Par pure curiosité, il introduisit uniquement le nom dans son moteur de recherche. Il existait visiblement un écrivain, Charles Nodier, assez connu. Il avait écrit énormément de bouquins très divers. Encore une fois, la piste était beaucoup trop complexes que pour être exploitée par ses soins.

**

Sebastian avait décidé d'aller explorer les environs du bois Saint-Jacques. Il avait repéré deux zones d'habitation principales. D'une part, l'Université de Liège et son domaine qui dominait la colline boisée, d'autre part, Angleur, une petite bourgade de la proche banlieue de Liège. La forte présence de poussière dans les cheveux de la victime le poussait à chercher une maison abandonnée et, de ce fait, Angleur lui avait semblé une meilleure option. Pourtant, il ne comptait pas étendre sa recherche à tout le quartier. Le meurtre, s'il avait été commis dans les environs, avait dû l'être dans une rue très proche du bois pour que le corps puisse être transporté à pied. Si le meurtrier avait dû utiliser sa voiture, il aurait tout autant pu venir de n'importe quel autre endroit de la région et Sebastian n'avait pas le temps de fouiller toutes les maisons abandonnées de la région.

Il débuta sa recherche par une rue composée de corons à l'habitat très concentrés. Il n'y avait pas de maison vide et de toute façon, les accès au bois étaient rares. Il continua donc sa route pour finalement arriver dans une deuxième rue. Il y avait, tout au long de cette deuxième zone, toute une série d'accès aux bois. Cependant, aucune maison ne semblait abandonnée dans le coin et il décida de poursuivre sa route. Il passa plusieurs croisements avant de finalement repérer, à deux pas d'un arrêt de bus, une maison dont les fenêtres étaient recouvertes de peinture blanche. Il ralentit avant de se garer en face. Il descendit de sa voiture et traversa la route.

Il inspecta rapidement la porte de la maison. Il n'y avait aucun nom indiqué sur la sonnette ni rien d'autre qui puisse indiquer que quelqu'un y avait habité récemment. Un policier normal aurait sans doute requis un mandat avant de faire une perquisition. Sebastian lui n'était absolument pas persuadé du bien-fondé de cette démarche, il perdrait du temps sans aucune garantie de résultat. Il n'entrerait pas dans cette maison.

Pourtant, il n'avait pas encore fini. Il s'approcha de la maison voisine et sonna. Il ne reçut aucune réponse malgré une deuxième tentative. Il tenta alors chez l'autre voisin sans plus de succès. Il fouilla alors une poche de son imperméable et en ressortit deux petits cartons. Il griffonna quelques mots au dos ainsi que son numéro avant de les glisser dans chacune des boites aux lettres. Il allait repartir quand il aperçut une jeune fille qui entrait dans la maison voisine de la maison mitoyenne. Il arbora son sourire le plus engageant et s'approcha d'elle.


« Bonjour mademoiselle. Je suis le Capitaine Sebastian Enko de l'Investigation Fédérale. Je voudrais vous poser quelques petites questions... »

Instinctivement, la jeune fille eût un mouvement de recul. Cependant, elle s'arrêta sur le pas de la porte, ce que Sebastian prit pour une marque d'accord encourageante, elle allait répondre.

« Vos voisins ne sont pas là ? Ils travaillent ? »

Elle hésita encore un instant avant de répondre.

« Le voisin est parti, il a déménagé. Le nouveau propriétaire n'emménage pas avant quelques semaines, mais il y a souvent des ouvriers qui viennent faire des travaux. »
La piste semblait se refroidir.

« Vous n'avez rien remarqué de suspect dans la rue la nuit passée ? »

Elle réfléchit puis répondit avec assurance.

« Non non... Rien d'anormal pourquoi ?
- Je mène une enquête et j'aurais aimé savoir s'il s'était passé quelque chose dans la maison abandonnée. Voici ma carte, si vous, ou un membre de votre famille, se souvient de quelque chose, prévenez-moi. »

Il lui tendit sa carte en souriant et fit volte face pour retourner à sa voiture. Il allait rentrer à l'hôtel bredouille. Il ne lui restait plus qu'à approfondir un peu la piste du courrier envoyé par le centre de recherche.

Sur le chemin du retour, son téléphone se mit à vibrer. Cependant, trop occupés par sa conduite, il ne répondit pas.

**
De retour dans sa chambre, il alluma son ordinateur et saisit son téléphone dans sa poche. Il l'y laissait le moins souvent possible. Il se rappela alors le coup de fil manqué et voulût vérifier ça. Pourtant, à sa surprise, l'écran n'indiquait aucun appel manqué.


Son regard dévia alors vers le sac en papier dans lequel il avait transporté les pièces à conviction pendant toutes ses recherches. Était-il possible que le téléphone de la victime soit resté allumé ? Sans prendre la peine d'enfiler ses gants, il fouilla le sac et en ressortit l'appareil qui n'était de fait pas éteint. L'écran indiquait d'ailleurs un appel manqué. Plein d'espoir, il composa rapidement le numéro de la boite vocale.

« Bonjour. Vous avez un nouveau message et un message écouté. »

Un sourire apparut inconsciemment sur son visage. Il tenait une piste.

« Nouveau message. Aujourd'hui à quinze heure cinquante-deux. Salut Victor... Où est-ce que tu es passé ? Tu réponds plus mec.»

Sebastian déchanta. Il n'apprenait rien de nouveau hormis le prénom de la victime. Il allait raccrocher quand la voix automatique de la boîte vocale s'éleva à nouveau.

« Message écouté. Hier à neuf heure vingt-deux. Bonjour Victor. John Maynard du Cyclotron. Vous venez toujours tout à l'heure pour qu'on puisse un peu voir comment tout ça évolue ? Rappelez-moi.»

Le deuxième message était beaucoup plus intéressant. Le nom de Cyclotron lui était familier et il s'apprêtait à vérifier sur le net quand son téléphone personnel sonna sur le petit bureau. Il décrocha directement.

« Capitaine Enko, Investigation Fédérale...
- Inspecteur Rassenfosse ici. Vous en avez encore fait de belles... Il faut que vous arrêtiez d'importuner les gens avec vos questions. »

Sebastian souffla bruyamment. C'était déjà la troisième fois que Rassenfosse lui téléphonait depuis le début de son enquête.

« Écoutez inspecteur... Je ne sais pas combien de fois je vais avoir à vous le répéter... En tant que membre de l'Investigation Fédérale, je n'ai aucun compte à vous rendre. Si vous ne comprenez pas ça, achetez vous un bon dictionnaire... »

Il s'arrêta net. Il venait d'avoir une intuition géniale.

« Soyez raisonnable ! Dites-moi au moins où vous êtes Victor.. »

Il ne prit même pas la peine de répondre et lui raccrocha au nez. Il se rua sur le petit sac en papier et en sortit, tout excité, le dictionnaire. Il sourit à pleines dents. Frénétiquement, il entreprit d'en tourner les pages jusqu'à arriver à la lettre « N » des noms propres.
Il continua alors jusqu'à « New York »... « Nobel »... « Nobile »... « Nodier .» Il y était. Et comme il s'y attendait, il venait de trouver quelque chose.

En effet, en haut de la page, dans le Robert de poche de Victor, étaient écrites quelques lettres sans véritable sens : ttcs44 histoire. Cela ne lui disait absolument rien et, comme il le faisait toujours dans ces cas-là, il se résolut à chercher dans google un quelconque sens à cette succession de caractères. Le premier lien qui s'afficha paraissait inadapté. Il cliqua néanmoins dessus et tomba sur une vidéo qui retraçait l'histoire du Standard de Liège, le club de la région. Ce n'était de toute évidence pas ce qu'il cherchait. Il ouvrit un nouvel onglet et lança une nouvelle recherche. Méthodiquement il se mit à éplucher les résultats quand, soudain, son sang se glaçât. Il venait d'entendre distinctement, en bande-son de la vidéo, son prénom. Il retourna sur la page et relançât le petit film pour en avoir le cœur net.

« Come to a strange place, we'll talk over old times, we never spied. Somebody called me Sebastian. Somebode called me Sebastian. »

Il n'avait donc pas rêvé. Il n'était pas parfait bilingue, mais il était persuadé que le reste de la chanson n'avait pas beaucoup d'importance. Quelqu'un l'avait appelé Sebastian... Et ce quelqu'un c'était le meurtrier de Victor qui lui adressait un message. D'une manière ou d'une autre, il savait qu'on allait lui confier l'affaire. Sans doute s'était-il même arrangé pour qu'on la lui donne.

Alors qu'il tentait de reprendre ses esprits, son téléphone sonna à nouveau. Il s'assura rapidement qu'il ne s'agissait pas de Rassenfosse puis il décrocha.
« Capitaine Enko, Investigation Fédérale.
- Ah ! Vous répondez... »

La voix lui était étrangement familière, pourtant le numéro n'était pas dans son répertoire.

« John Maynard du Cyclotron à l'appareil. L'inspecteur Rassenfosse m'a donné votre nouveau numéro... »

Sebastian raccrocha directement. Tout s'éclairait désormais dans son esprit. Maynard était la dernière personne à avoir sonné... Celui sans doute qui lui avait tendu un piège. Maintenant, avec la complicité de Rassenfosse, il tentait de le piéger à son tour. Malgré tout, Sebastian n'arrivait pas à comprendre les motivations de cet homme.

Décidé à en savoir plus, il introduisit les mots John Maynard dans son moteur de recherche. Une série de résultats apparurent. Plusieurs pages d'informations sur un certain John Maynard Keynes, un économiste célèbre, s'affichèrent. Ce n'était pas ce qu'il cherchait. Il ajouta alors le terme Cyclotron et obtint enfin des résultats plus pertinents. Il sélectionna le premier qui le dirigeait vers le site de présentation du centre de recherche.

John MAYNARD : Docteur en Psychiatrie à l'Université de Liège, spécialiste de la question de la schizophrénie étudiée du point de vue des rythmes du sommeil.

Le Cyclotron semblait être un centre de recherche universitaire qui s'intéressait de près au sommeil. Sebastian n'avait jamais eu un bon feeling avec tout ce qui touchait à la psychiatrie ou à la psychologie. L'idée d'avoir un psychiatre meurtrier et psychopathe à ses trousses ne lui rendait pas la discipline plus sympathique. Il n'avait toujours pas les motivations précises de Maynard, mais il devinait que la victime lui avait servi de cobaye lors d'une expérience qui avait mal tournée. Il devait être, lui-même, le prochain testeur. Maynard était le suspect idéal. Le Cyclotron était localisé dans un bâtiment de l'Université et il avait donc un accès rapide au bois. Sebastian n'allait pas attendre sagement qu'on vienne lui ouvrir le crâne dans son sommeil. Il allait arrêter Maynard avant qu'il ne puisse tenter quoi que ce soit.

Cependant, il voulait laisser une trace, une piste au suivant, à celui qui devrait enquêter sur sa mort si le psychiatre finissait par atteindre son but. Il saisit le dictionnaire et se rendit directement à la lettre « K » des noms propres et souligna « John Maynard » dans la présentation de Keynes. Il attrapa le premier bout de papier qui traînait sur son bureau et y inscrit le nom de « Robert Kessel », le nom juste au-dessus de Keynes dans le dictionnaire. Il glissa le papier dans l'enveloppe qu'il rangea dans son petit sac en papier. Il reprenait à son compte les techniques de dissimulation de Maynard, elles avaient prouvé leur efficacité.

**
Sebastian avait rarement conduit aussi vite de sa vie. Il avait quitté la ville et s'était dirigé vers la route qui montait vers le domaine universitaire. Sur le trajet, son téléphone avait sonné plusieurs fois. Rassenfosse et Maynard cherchaient à le joindre, il restât bien entendu sourd à leurs appels. Il allait encore devoir changer de numéro.

Il atteint le domaine universitaire en quelques minutes et se dirigea directement vers le B30, le bâtiment où se trouvait le centre de recherche. Il n'eut aucun mal à trouver une place de parking. Il retira la batterie du téléphone de Victor et en retira la carte SIM. Il y glissa une nouvelle carte. Il en avait toujours en réserve. Il ouvrit sa fenêtre et balançât la carte victime dehors. Il déposa alors son ancien téléphone dans le sac en papier tandis qu'il glissait celui de Victor dans lequel était sa nouvelle carte dans sa poche.

Il pénétra le bâtiment en trombe et se dirigea directement vers les bureaux. Il se dirigea vers le premier étudiant qu'il pût croiser et l'accosta sans ménagement.

« Où se trouve le bureau du Docteur Maynard ? »

L'étudiant parut surpris, mais devant le ton de Sebastian, il ne tergiversa pas.

« Par là, première porte à gauche après le bureau du Professeur Enko. »

Sebastian ne releva même pas l'homonymie et se lançât à toute vitesse dans la direction indiquée.

« Professeur S. Enko, Schizophrénie clinique. »

Il continua encore un peu.

« Professeur J. Maynard, Schizophrénie et cycles du sommeil. »
Il poussa la porte sans aucune douceur. Maynard l'attendait, un sourire sur le visage.

« Bonjour Victor... Comment vous sentez-vous ? Le produit a bien marché ? Vous avez moins d'hallucinations... »

Sebastian le pointa du doigt, tremblotant. Maynard semblait décidé à nier. Il tentait de l'amadouer, mais il n'allait pas se laisser faire.

« Cessez ce petit jeu Docteur ! Vous ne m'amusez pas... Au nom de l'Investigation Fédérale je vous arrête pour meurtre. »

Maynard marqua un temps d'arrêt sans pour autant se laisser démonter.

« L'Investigation Fédérale ? Cessez donc de déraisonner, nous sommes en Belgique ici... On dirait bien que vous recommencez. Bien, on va vous trouver un autre médecin que vous ne prendrez pas pour un meurtrier. Que pensez-vous du docteur Farèse ? Vous l'avez déjà rencontrée non ? »

Sebastian avait mal à la tête. Il sentait que Maynard tentait de le duper, il n'arrivait plus vraiment à se concentrer. Il devait sortir, prendre l'air. En titubant, il fit volte face et se dirigea vers la porte de sortie, vers l'extérieur. Il passa à côté de sa voiture et se mît à courir tout droit vers les bois.

**

John gara la voiture dans le parking de l'hôtel. Il venait d'inspecter la scène de crime et avait récolté les quelques objets intéressants. Le reste serait du ressort des flics locaux. Il avait toujours été habitué à bosser seul. C'était la règle de l'Investigation Fédérale : seul et sans soutien.

Il se tourna et saisit un petit sac en papier sur le siège passager. C'était dedans qu'étaient les preuves qu'il venait de récolter. Dedans, une enveloppe C4 apparemment vide. Il l'ouvrit néanmoins et trouva un carton d'invitation à une conférence. Au dos, un nom était griffonné : « Robert Kessel ». Il devrait chercher ça sur le net. C'est alors que son téléphone vibra. Il le chercha dans sa poche avant de se rendre compte qu'il était totalement silencieux. Son regard dévia sur le sac en papier. Il plongea sa main et en ressortit le téléphone de la victime. Il décrocha directement.

« Capitaine John Maynard, Investigation Fédérale. »

Il avait été trop lent et ne reçut d'autre réponse que la tonalité automatique. Le mobile vibra à niveau, lui signifiant qu'il avait reçu un message sur la boite vocale. Il en composa immédiatement le numéro.

« Bonjour. Vous avez un nouveau message et un message écouté. Nouveau message. Aujourd'hui dix heure cinq. Victor, tu deviens quoi ? »

Rien de fort intéressant. Il reposa le téléphone lorsqu'il réalisa que la voix n'avait pas cessé.


« ... écouté. Hier dix-huit heure trente. Bonjour Victor, ici le Docteur Farèse... N'oubliez pas notre rendez-vous ce soir. »


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Erco Skaline
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- -: Rohirrim, descendant d'Eaden
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- -:

Mer 13 Mar - 9:24
Alors j'ai bien aimé lire ta nouvelle. La lecture est facile, et la narration est vraiment bien. L'histoire et l'intrigue tiennent vraiment bien la route (j'ai pas été vérifié, mais je suppose que c'est juste Wink ) et franchement à la fin j'étais surpris. On sait pas quoi penser sur Sébastien, et avec a fin ou c'est John l'inspecteur c'est troublant. On sait plus trop quoi penser.... Si Sébastien est victor et John (triple personnalité), ou si tous la nouvelle se passe dans la tête de victor qui se prend pour Sébastien, et à la fin je comprends pas.

Bref elle est vraiment, et à la fin on est troublé.

Elle me fait penser à Shutter Island, t'y a pensé en l'écrivant?

En tous cas jolie travail.
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Aldarion
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- -: Dunadan
- -: L'age ou l'on est fougeux mais déjà sage
- -:

Mer 13 Mar - 16:21
'Tention au spoiler Very Happy

Oui j'ai pensé à SI mais aussi à un film comme Memento Wink


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Mardil
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- -: Humain
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- -:

Jeu 4 Juil - 12:32
Allez c'est mon tour. Un peu comme Ryad j'ai plsusieurs petits textes que je n'osais pas trop poster ici (grand timide^^).
Mais bon il faut sauter le pas alors j'ai choisi un des plus soft (certains ne conviendraient pas au forum je pense...)

J'avais écrit ça il y a quelques années, à l'époque où j'écrivais beaucoup plus qu'aujourd'hui. Comme la plupart de mes textes, ça avait été fait en un jet donc c'est probablement pas loin d'être parfait mais c'est sûrement plus intéréssant ainsi...
Je vous laisse donc avec ce petit texte très court^^

.....................

Le calme règne dans ce grand salon, qui a vu passé tant de générations de notre famille. Dehors l’aube se lève et les premiers rayons du soleil éclairent la pièce d’une lumière pâle, faible lueur maladive, combattant avec peine les ombres tenaces. La poussière voltige tranquillement entre les meubles anciens, chargés d’une histoire qui ne m’a jamais vraiment appartenue, moi le fils honni, héritier d’un nom que jamais je ne transmettrai.

Je profite des derniers instants de calme avant la tempête. D’ici quelques heures, le salon sera rempli par tous ces gens, des illustres inconnus pour la plupart, venus satisfaire une envie hypocrite. Ils m’assureront de leur sympathie, je serrerai des mains avides, embrasserai des visages envieux et ferai tout pour dissimuler mes sentiments.

Tu es installé à ta place habituelle, sur le divan, en plein centre de la pièce. Tu t’arranges ainsi pour être le centre d’attention en toutes circonstances. Souvent tu t’assoupis ici même, ne remontant que rarement dans cette pièce austère et froide qui te sert de chambre.

Ce n’est pas la première fois que je descends au petit matin et que je te trouve ainsi, quelques minutes avant ton réveil. Je sais déjà que je vais passer doucement près de toi et aller préparer ton petit déjeuner. Je le poserai sur la table devant toi, sans bruit pour ne pas te réveiller, et je remonterai dans ma chambre me recoucher. Je ne parviendrais pas à me rendormir avant d’être certain que tu as quitté la maison.

Alors seulement je me lèverai et me préparerai pour l’école. Comme d’habitude, je resterai seul, assis au fond de la salle. Je n’ai jamais été capable de me faire des amis. Les professeurs ne font pas attention à moi e les murs du collège semblent se resserrer autour de moi un peu plus chaque jour.

Je rentrerai dans cette maison vide et préparerai le repas du soir. Nous n’échangerons pas un mot durant celui-ci et, dans un rituel immuable, je déposerai un baiser sur ta joue creuse avant de monter me coucher. Si tu n’y réponds pas, je pourrais m’endormir en essayant de me convaincre que les choses se passeront toujours ainsi. Et si, à ton tour tu m’embrasses, alors j’attendrais, immobile, ta venue.

Je me réfugierai dans un monde plus beau que celui dans lequel je suis forcé de vivre et je tenterai d’oublier. Oublier la peur et la douleur. Oublier les blessures, aussi bien celles de mon corps que celles, plus insidieuses encore, de mon esprit. Oublier la honte d’être ton fils et de savoir qu’un père n’est pas censé se comporter ainsi avec son enfant.

Mais, en ce sinistre matin d’hiver, je ne peux plus me résoudre à l’oubli. La douleur irradiant mon corps est trop forte et la peur trop importante. Je me suis approché de toi sans bruit et, profitant de ton sommeil, je peux te regarder sans trembler. Je contemple ce visage sévère, devant lequel je baisse les yeux si souvent, ces mains immenses, dispensant coups et caresses durant ces nuits si sombres durant lesquelles le temps semble s’étirer à l’infini.

Alors ces larmes si longtemps contenues coulent enfin sur mon visage. Ton image, brouillée par ce flot ininterrompu qui s’écoule de mes yeux, semble se dissiper devant moi. Car, vois-tu, malgré tout ce que tu as fait, je continue de t’aimer papa.
Et seule cette pensée traverse mon esprit en boucle alors que je laisse tomber lourdement sur le plancher le couteau de cuisine tâché de sang.
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Esméralda Läenia
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~ GRIMOIRE ~
- -: Elfe
- -: Inconnu
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Jeu 8 Jan - 20:22
Allez, je me lance. C'est totalement sorti de mon imagination débordante.
Bonne lecture ! Very Happy

La légende des cinq Éléments

Il y a très longtemps de cela, cinq frères et sœurs s’étaient installés dans un vide noir, personne ne sait d’où ils venaient avant, ils s’étaient installés là car ils aimaient tout cet espace où rien ne régnait.
Mais le plus jeune, appelé Cincë mais plus connu sous le nom du Cinquième Élément, s’ennuyait, il jouait avec sa sœur Agualia, l’Eau, de temps à autre, mais elle préférait la solitude aux jeux et son frère et ses deux autres sœurs étaient trop âgés par rapport à lui pour s’intéresser à ses jeux.
Il se créa donc une multitude d’amis qu’il nomma étoiles, son frère et ses sœurs le félicitèrent et l’aînée, Tiarine, la Terre, charmée par l’idée du cadet décida de l’imiter. Elle créa donc Aëlmira et cinq autres planètes.
Mais son autre frère, Färn, le Feu, agacé par la réussite de Tiarine enflamma les cinq planètes autour desquelles Aëlmira tournait, sa grande sœur était justement sur cette dernière a essayer désespérément de faire pousser des plantes. Au moment où Färn enflamma ses planètes, les plantes acceptèrent enfin de sortir de terre.
Ravie, Tiarine courut voir son frère qui cherchait désespérément une excuse quelconque pour justifier le fait que les planètes qu’elle avait créées brûlaient. Aussi fut-il très surpris quand sa sœur se jeta à son cou en le couvrant de remerciements. Elle lui expliqua que les planètes enflammées permettaient aux plantes de  pousser... et lui, lui avoua qu’il avait volontairement fait brûler ses planètes, elle lui pardonna immédiatement en lui faisant promettre de ne jamais faire brûler Aëlmira. Il le promit.
Tiarine essaya ensuite de créer des animaux, mais ils moururent tous, car, sans air, ils ne pouvaient pas respirer. Elle demanda donc de l’aide à sa sœur Ilana, l’Air. Tout marcha correctement pendant une journée, pas plus. Tiarine appela Agualia pour les aider, après quelques hésitations, elle accepta, elle s’installa donc sous forme de pluie, de rivière, de mers et de lacs sur Aëlmira.
Pour n’oublier personne, elle proposa également à son frère cadet de s’installer avec eux sur Aëlmira et de faire briller ses étoiles la nuit afin de mieux les admirer, Cincë, qui regardait Aëlmira depuis longtemps en rêvant de la visiter, sauta sur l’occasion.
Tiarine, Agualia et Ilana créèrent ensuite respectivement toutes sortes d’animaux terrestres, de poissons et d’oiseaux et, voyant que Färn aurait lui aussi aimé avoir des animaux le représentant, Ilana fabriqua avec lui les dragons et les phénix.
Seul Cincë resta pendant un long moment en dehors de ces créations. Mais au bout d’un certain temps, Tiarine vit bien qu’il était triste, elle créa donc des ligases* avec son aide et celle d’Ilana (il créa aussi les dïms* par la suite).
Tout alla pour le mieux durant une lune*, le jour Aëlmira tournait autour d’une de ses lunes qui l’éclairait et la nuit, Cincë faisait briller ses étoiles. A la fin de cette année, ils se réunirent tous afin de parler des problèmes que chacun d’entre eux avaient pu remarquer.
Il n’y en avait qu’un. Ils trouvaient tous qu’il manquait quelque chose, des êtres pour veiller sur le monde qu’ils avaient créé. Encore une fois, ce fut Tiarine qui trouva.
La nuit, dans le plus grand secret, elle fabriqua les premiers elfes qu’elle nomma nymphes, autrement dit : les elfes de la terre (ou des bois, selon les appellations). Elle les présenta le lendemain à ses frères et sœurs, ils lui valurent de nombreuses félicitations.
Tous décidèrent de l’imiter : Färn créa les elfes des sables, Ilana créa les sylphides (les elfes de l’air), Agualia, les naïades (les elfes de l’eau) et pour Cincë, ce fut un peu particulier, il créa les hauts elfes, mais certains mirent au monde des elfes gris : les plus puissants guérisseurs elfiques. Quand son frère et ses sœurs le virent, ils lui demandèrent ce qui ce passait. Mais il n’en savait rien. Après avoir réfléchit, ils conclurent que c’était totalement impossible de les enlever puisque n’importe quel haut elfe pouvait avoir un elfe gris.
Mais les ennuis de Cincë ne s’arrêtèrent pas là. Quelques temps plus tard, il tomba malade, personne ne sut pourquoi mais la seule façon de le sauver était pour lui de confier son pouvoir à un haut elfe ou à un elfe gris, avec son accord bien sûr, cela ne fut pas très compliqué de trouver un volontaire, en fait il n’avait que l’embarras du choix.
Cincë fut rapidement sauvé : mais la Maladie* laissa des séquelles et créa une nouvelle race elfique : les elfes blancs, ils ressemblent physiquement aux hauts elfes mais leurs pouvoirs sont différents et leur cœur est sombre. Un peu plut tard, les quatre autres tombèrent malade à leur tour mais ils réussirent à trouver un volontaire trop rapidement pour que la Maladie ne crée d’autres races.
Et, depuis cet incident, tout ce passa pour le mieux sur Aëlmira. Mais les éléments se promirent une nouvelle réunion à une date connue d’eux seuls.

Alors, petites explication pour les mots ''étoilés'' :

- Ligases : Ancêtres des licornes et des pégases, ils ont des ailes et une corne (je précise que sur Aëlmira, les pégases et les licornes ne sont pas forcément blancs, c'est pareil pour eux). C'est une espèce en voie de disparition (et oui il y en a là-bas aussi Crying or Very sad ).

- Dïms : Animaux n'ayant pas de forme propre, ils peuvent prendre l'apparence de n'importe quel animal existant, normal ou magique. C'est aussi une espèce en voie de disparition (hélas Crying or Very sad ).

- Lunes : Le temps est compté en lunes là-bas. Attention, une lune ne vaut pas un, mais dix ans.

- La Maladie : La maladie des éléments est en fait la seule chose capable de les détruire. Sur Aëlmira, elle est aussi appelée la Nuit Totale, mais elle porte beaucoup d'autres noms : le chaos, le mal... je pense que vous pourrez trouver ses autres noms tous seuls.



Voilà, voilà, j'espère que vous avez aimé (si vous avez lu bien sûr, je ne force personne). Smile
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Eirien
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Jeu 15 Jan - 22:08
J'aime les contes et les légendes, des motifs les plus simples aux grandes sagas. "Les contes des collines vertes", ce sont des contes pour les enfants des Hommes, des Hobbits, des Nains et des autres...

Les contes des collines vertes

Le conte qui suit est raconté en Anfalas, près de 300 ans après l'avènement du Quatrième Âge.

Les deux petits frères

On raconte qu'au-delà des Montagnes Blanches vivaient deux guerriers invincibles, hauts de la moitié de la taille d'un Homme, et deux fois plus vaillants.
On raconte qu'ils venaient d'une contrée gardée secrète, un pays d'abondance et de paix, entouré d'une épaisse forêt enchantée par les Elfes.
Cela se passait il y a des centaines d'années. Les créatures les plus ignobles de la Terre du Milieu marchaient alors au grand jour et semaient la désolation à travers le monde. Certaines chevauchaient même des dragons !

Les deux guerriers quittèrent un jour leur pays pour aller combattre ces chevaucheurs de grands vers, ils avaient soif de gloire et d'aventure.
Aucun obstacle ne put les arrêter, ni la forêt enchantée, ni la rivière en crue, ni même la chaine de montagnes qui se dressa devant eux. Des géants de pierre leur interdire de passer les cols, alors ils traversèrent la montagne par dessous, par les anciennes Caves des Nains.

Ils disparurent alors un temps du monde et réapparurent à l'air libre aux portes de l'Isengard, à la Trouée du Rohan. Mais le séjour souterrain, loin de la lumière, avait semé les graines de la discorde entre eux, et bientôt ils se séparèrent.

Le premier guerrier prêta allégeance au Roi du Rohan, tandis que le second se rangea sous la bannière de Minas Tirith. C'était une époque de guerre, et une grande bataille eu lieu au pied de la Tour de Garde.
Le premier frère, car ils étaient frères, combattit un dragon et tua son cavalier. Le second, trouvant son parent mourant, le hissa sur son dos et le porta à travers tout le Pelennor jusqu'au Roi qui le soigna et le sauva.

Mais l'histoire ne s'achève pas là, car le second frère s'illustra dans une autre bataille, en terrassant à lui seul une armée d'immondes Trolls.
Dragon pour Trolls, les deux guerriers se réconcilièrent et ne se quittèrent plus.

Ce n'est pas la seule histoire qu'on entend dans les veillées à propos de ces deux petits Hommes. Il y a plus merveilleux encore, et peut-être même plus de vérités dans ce qui vient.

D'aucuns disent que ces deux guerriers n'étaient pas des Hommes, mais des Periannath, des Semi-Hommes. Cette race vivait dans le Nord, dans une contrée verdoyante dont les frontières étaient gardées par des veilleurs redoutables. Mais quelle aventure pouvait promettre ce pays paisible à ces soldats audacieux ? Ils se mirent donc en quête d'exploits à accomplir.

Ils traversèrent d'abord une forêt enchantée, vieille et sombre. Ils y perdirent leurs poneys et leurs bagages, mais ni leur vie ni leur courage. Faisant halte dans l'auberge de l'autre côté de la forêt, ils rencontrèrent un homme qui se lamentait. C'était un roi sans royaume, un seigneur sans peuple, un marcheur égaré. Les deux frères lui jurèrent qu'ils l'aideraient à reconquérir son trône. C'est à dire que ce n'était pas n'importe quel trône, rien d'autre que celui du Gondor et de l'Arnor réunis !

Ils poursuivirent leur route à trois. D'autres compagnons se joignirent à eux, et leur nombre atteignait une dizaine lorsqu'une chaine de montagnes embrumées barra l'horizon. Ils ne purent franchir les Cols, l'Hiver était venu avec les Neiges et les tempêtes, et ils descendirent dans les anciennes Mines des Nains.
Ce qu'ils y firent et ce qu'il y virent, nul ne le sait plus. Mais on raconte que les montagnes se mirent à fumer et à trembler avant de les recracher de l'autre côté.

La compagnie entra alors dans le Bois d'Or, forêt périlleuse s'il en est. Tous n'en réchappèrent pas, et la compagnie fut dispersée.
Celui qui se disait roi retrouva la trace des Semi-Hommes dans les prairies du Rohan et la suivit. Les deux frères, ne perdant pas une occasion de mettre à l'épreuve leur bravoure, abattirent un magicien et s'emparèrent de sa Tour.
Rejoints par l'homme, ils lui demandèrent si c'était là son royaume. Ce n'était pas son royaume.

Ils partirent combattre les ignobles créatures des ténèbres qui assaillaient une forteresse plus au sud, sur les contreforts des Montagnes Blanches. À eux trois, ils mirent l'immonde armée en déroute, et les frères demandèrent à nouveau à l'homme si c'était là son royaume. Ce n'était pas son royaume.

Alors ils chevauchèrent à l'ombre des Montagnes Blanches, par les combes obscures et les chemins interdits, et arrivèrent devant la Cité Blanche. Là, les Semi-Hommes abattirent un dragon et son cavalier, et rétablir le Grand Roi sur son trône. Ce Grand Roi, vous connaissez son nom. C'est Aragorn, qui grandit chez les Elfes avant d'errer sans but à travers les Terres du Milieu.
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Forlong
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Jeu 15 Jan - 22:41
Ca me plait beaucoup parce que tu évoques un thème qui me tient à coeur, c'est à dire la manière dont l'histoire est déformée et modifiée par les rumeurs, le temps, la distance Smile

Je t'invite (si ça t'intéresse) à jeter un coup d'oeil au dernier WCH où j'ai posté un article qui parle exactement de ça: http://jeuderoles.forumactif.com/t5915-wch-n8-oktober-fest-dition

Good job Wink



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Lithildren Valbeön
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Sam 17 Jan - 20:48
Aucun rapport avec MT, SdA, ou une oeuvre quelconque de Tolkien... Mais j'aime les poèmes, et c'est à vous de deviner le thème (par MP ou ici, comme vous le souhaitez). Ah, pour le thème. Le thème apparent n'est pas le bon ! Je compte aussi écrire un texte bientôt.

Fleur Empoisonnée

Patience
Une ombre sur la terre allongée
Prie dans le cruel silence
Que la faute soit pardonnée.

Long et silencieux cri
D'une douleur vers les étoiles
Se dresse et se languit
Mais jamais n'atteint la toile

Ornée d'un diamant
La mer d'onyx s'étend
De l'horizon vers l'avant
Mouchetée de perles d'antan.

Les yeux emplis d'espoir
Doucement je me soulève
Pour une dernière fois te voir
Afin de signer la trêve

Que mon âme longtemps a espéré
Trouver suite aux coups et la douleur
Mais toujours a vu s'effondrer
Dans l'océan de peur et pleurs.

Folie
Que d'attendre de ce monde
Un quelconque retour de vie
Et je quitte ce lieu immonde.

Mortel
Est le poison de tes mots
Le mensonge des querelles
Laissant une trace de crocs.

Dans la tombe j'emporte
La fleur empoisonnée
Dont l'ultime coup que tu portes
A percé la bulle de mon humanité.

Vers le ciel mon vide corps
S'envole transparent et léger
Libérée de ton coeur fort
Je ne subis plus tes pêchés

Et c'est sans contrainte et regret
Que ce monde abject je quitte
Vers la mer d'onyx voilée
Et c'est toi que je quitte.
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Mardil
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~ GRIMOIRE ~
- -: Humain
- -: 24 ans
- -:

Jeu 22 Jan - 14:40
Salut à tous. Un court texte qui m'est venu hier soir et que j'ai écrit dans la foulée. Rien à voir avec Tolkien mais j'espère que ça vous plaira. Petite dédicace à Nath, ce texte va promouvoir un peu le culte Nathanaïque (qui je le rappelle milite pour plus de sexe sur le forum^^). Pour lecteur averti uniquement^^


Edit Fofo': Je le mets sous spoiler, car effectivement le contenu peut choquer. Attention au futur, prenons en compte que le forum est pour les mineurs aussi bien que pour les majeurs, et que même ces derniers peuvent trouver certains propos dérangeants.

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Lithildren Valbeön
Cavalière libre
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Ven 6 Fév - 9:39
Les erreurs de termes, etc etc sont faites exprès. J'ai écrit cela il y a un moment, et mon cher Elendüril n'a pas daigné me donner un avis. (Hein mon petit ?!) Quoi qu'il en soit, enjoy !

Dernières pensées

Il n'est de mots en elfe, nain ou dans toute autre langue pour décrire ses sensations. Son coeur battait au rythme du silence, son souffle formait un nuage gris-blanc près de ses lèvres vermeilles. L'ombre avançait anonymement dans la noirceur de la nuit, aussi noire que son passé. Elle chancelait, bien que ses pas soient rapides.
Au sommet d'une colline, l'ombre s'effondra sur les genoux, levant son visage blafard vers le ciel, et poussa une longue plainte. Son faible cri résonna à peine dans les landes du Riddermark. Qui l'entendrait ? Les rocs, l'herbe, la poussière, le vent. L'ombre baissa, dépitée, son visage de linceul vers la plaine s'étendant à ses pieds, et son esprit projeta devant ses yeux voilés des images, imagina des sons collés dans sa tête...

Elle vit une famille unie, sous le signe du bonheur. Après la victoire du roi Théoden au Gouffre de Helm, la bière coulait à flots. Les Rohirrims étaient rentrés au bercail, dans leurs famille. Elle avait un mari Rohirrim, et des faux jumeaux. Elle pleurait de joie, du bonheur de tenir de nouveau dans ses bras son mari exilé.

Elle vit une dispute, violente. Elle entendit la vaisselle se briser, les cris déchaînés, les coups qui pleuvaient. Sans blessures, elle sentit la violence, le sang et les os brisés. Elle pleurait sans hoqueter, elle criait sans bruit, elle gémissait sans son. Seule un faible couinement parvenait à franchir le seuil de ses lèvres gonflées et coupées, ensanglantées. Ses yeux ne voyaient plus que les pieds de Rohirrims alertés par le bruit, ses oreilles n'entandaient plus que le bruit des lames s'entrechoquant et un homme à l'agonie. Ce gémissement était celui de son mari.

Elle vit une fête. Une grandiose. A Minas Tirith. On couronnait le nouveau Roi Aragorn après la fin de la Grande Guerre. Elle ne souriait pas, cachée derrière les elfes de Fondcombe qui étaient restés, accompagnant Arwen et Elrond. Son corps et son coeur étient brisés, gonflés d'une soif de vengeance, et d'une infinie tristesse. Elle quitta le lieu avant d'avoir à s'incliner. Sa douleur était immense, autant dans son âme que dans son ventre.

Elle se souvint de la douleur, de cris, de larmes, d'exclamations faussement joyeuses. Un nouveau bébé. De son mari mort, avant le couronnement du Roi. Elle ne permettrait pas qu'il vive. Elle attendit d'être assez forte pour le laisser mourir dans la neige. Elle alla recueillir le corps gelé et le réchauffa, pour faire croire à une faiblesse cardiaque du bébé. Elle poussa de faux cris de désespoir, mais ne ressentait rien en elle.

Et... Elle se souvint de son fils. Il était grand, et si beau ! Mais... il tenait un couteau dans les mains, larmes sur les joues, la haine dans le coeur et le visage. il cria, l'accusant d'un crime dont elle ne se souvint pas... Peut-être le bébé ? Elle s'entendit tenter une défense maladroite, puis vit le visage de son fils près d'elle. Elle baissa les yeux et vit le poignard dans son abdomen, puis elle ne vit que le sang. Elle quitta la maison, titubant et courut.

Son esprit cessa de projeter les images de sa vie, et lui donnèrent à voir le paysage noir, froid, désolé de la plaine. Ce paysage était aussi noire et cruel que sa vie. La fraîcheur nocturne pénétrait ses minces habits, gelant sa peau, glaçant ses os, paralysant ses muscles. Pourtant... c'était l'été. Il ne faisait pas froid, mais elle ressentait le gel glacial d'une rosée d'hiver, ou d'un minuit hivernal. Elle baissa de nouveau les yeux vers son ventre et regarda brièvement ses mains noires de sang chaud souillé par la haine et la mort.
Elle émit une nouvelle plainte silencieuse, son cri n'attendrait même pas les âmes étoilées parcourant le ciel de ses ancêtres. Elle savait sa fin proche et tardive, et se demandait si elle rejoindrait les âmes perverties ou les repentis de dernière seconde. Il lui sembla que le monde tournait autour d'elle, et en se relevant, ses jambes refusèrent de supporter plus longtemps le poids de la vie. Elle roula au bas de la colline et sa tête heurta, dans un bruit d'os brisé, une pierre tranchante. Elle n'eut pas le temps de prier pour le repentir de son âme, qui voyagea aussitôt vers les ténèbres de la terre, pour rejoindre les catins de Sauron.
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Elendüril
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Ven 6 Fév - 16:52
hey Lili souviens toi, nous en avons parlé sur la CB, texte sympathique à relire pour ma part.
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Ven 27 Fév - 3:32
Yop les amis Wink

Aujourd'hui je viens vers vous avec quelque chose d'un peu différent: ma traduction d'un poème polonais que j'aime beaucoup, avec un petit commentaire par la suite.

Vieux Prométhée
         
           de Zbigniew Herbert


Le vieux Prométhée
Rédige ses mémoirs.
Il essaye d’y expliquer
La place du héros dans le système de la nécessité,
Relier les concepts contradictoires
De l'existence et du destin…

Le feu crépite joyeusement dans la cheminée,
Sa femme s’affaire dans la cuisine-une fille exaltée,
Qui ne put lui donner un fils, mais se rassure en se disant,
Qu’elle passera quand-même dans l’Histoire.
La préparation pour un dîner auquel doivent venir
Le pasteur local et l’apothicaire
L’ami le plus proche à présent
De Prométhée.

Le feu crépite dans la cheminée,
Sur le mur un aigle empaillé et une lettre de remerciement du tyran du Caucase,
Qui grâce à l’invention de Prométhée
Put brûler une cité rebelle.

Prométhée rit doucement.
C’est à présent la seule façon
D’exprimer son désaccord avec le monde.



Prométhée est peut-être le personnage le plus héroïque de la mythologie grecque. Là où Achille ou Jason recherchent la gloire et l'immortalité, Prométhée se sacrifie pour l'humanité, pour lui donner le feu interdit par les dieux; il est le défenseur ultime des hommes, semblable dans certains aspects au Christ. Pour cela, les dieux le punissent en l'enchaînant à un rocher, où tous les jours son foie est dévoré par un aigle, et repousse pendant la nuit. Il finit par être sauvé par Hercule.

Ce poème parle de sa vieillesse. Le vieux Prométhée n'est plus un homme d'action, il réfléchit, essaye d'exprimer ce qui a motivé ses actes. Le feu, ce don ultime à l'humanité, l'objet de sa quête et de son sacrifice, est devenu banal, apprivoisé, un joyeux feu de cheminée. Ou pire encore, une arme de destruction pour les tyrans de ce monde, ces derniers semblant être les seuls à apprécier l'acte héroïque de Prométhée. Prométhée est marié, mais sa femme est incapable elle aussi de comprendre son sacrifice, c'est la célébrité qui l'attire. Ses seuls amis sont le pasteur et l'apothicaire du village, les personnages stéréotypés de la société rurale anglaise, sortis tout droit des romans d'Agatha Christie. Qui exécutent un travail altruiste et précieux, mais dépourvu de gloire, de dramatisme.

L'aigle qui jadis fut son plus grand cauchemar, sa punition, son pire ennemi, est à présent un trophée empaillé, ridicule, pathétique. Il ne représente plus aucun danger, mais le mal continue d'exister, car l'humanité abuse du don de Prométhée, s'avérant tout aussi imparfaite et vicieuse que le panthéon des dieux grecs.

Prométhée ne meurt pas héroïquement. Sa tragédie est qu'il survit assez longtemps pour voir son oeuvre, son sacrifice, dénaturés et réduits à néant par les humains. Il devient amer, l'ironie et l'auto-dérision devenant la seule façon de résister au mal qui lui reste.


Voilà ^^ j'aime particulièrement ce poème parce que je suis fasciné par la mythologie, mais aussi parce que cette vision du héros amer et déçu a beaucoup de parallèles dans l'histoire, notamment celle des grandes révolutions.

Bien sûr, ceci est une interprétation personnelle, vous avez peut-être compris ce texte différemment Wink



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Ryad Assad
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Ven 27 Fév - 8:17
Comme je te le disais hier, c'est vraiment un poème de très grande qualité, et sa force tient en effet à ce qu'il peut être compris de bien des façons.

Ton interprétation est vraiment extrêmement intéressante, et peut-être fondée sur une meilleure compréhension des tenants et des aboutissants de la création du poème, qui prend place dans un cadre de pensée que tu connais sans doute mieux que beaucoup d'entre nous ici langue.

A titre personnel, je vois dans la femme qui ne peut donner un fils une allégorie de la République, de la démocratie, des valeurs associées à la victoire, ou de tout autre chose pour laquelle des gens ont pu se battre si on prend ce poème dans un cadre très large. Son incapacité à donner un fils à Prométhée est, selon mon interprétation première, l'échec "primordial" dans les tragédies grecques, c'est-à-dire l'incapacité d'un individu à perpétuer son nom, à s'offrir une descendance. Là, je le comprends comme l'échec des valeurs démocratiques, de la paix, toussa, à capitaliser sur l'héroïsme de Prométhée, qui apporte le feu, la lumière, la sagesse dans un sens imagé. En gros, Prométhée s'est battu pour apporter quelque chose au monde, et sur ses vieux jours, il constate qu'il n'a pas de descendance, pas d'héritier capable de reprendre le flambeau.

On peut voir de nombreux parallèles historiques, naturellement. Par exemple, les pères de l'Europe qui n'ont pas nécessairement vu leurs efforts en faveur d'une unité du continent européen été poursuivis par les générations suivantes (qui s'en réclament pourtant toujours).

Le fait qu'elle se rassure en se disant qu'elle "passera quand même dans l'histoire", dès lors, m'apparaît comme l'expression de ces valeurs qui un jour ont été de véritables combats : la liberté, la démocratie, etc..., et qui s'inscrivent peu à peu dans le passé, dans l'histoire, dans un musée, au point de se satisfaire d'avoir existé, sans vraiment se tourner vers le futur. On est satisfait de la liberté gagnée par des héros comme Prométhée, et on l'entretient dans l'histoire, mais sans forcément faire davantage pour la faire vivre.

En ce qui concerne le dîner, j'y vois une métaphore de la fin de vie, à laquelle sont conviés le pasteur (qui accorde le dernier sacrement) et l'apothicaire, "l'ami le plus proche", qui incarne la vieillesse et la maladie. Là, je vois plutôt la souffrance d'un vieux héros qui attend sagement l'heure dernière, avec comme seuls compagnons sa foi et son corps malade. Effectivement, cela dit, le pasteur et l'apothicaire sont des figures peu importantes par rapport au héros, et cela renforce l'idée de l'abandon et du dénuement. Ce n'est pas un personnage qui peut bénéficier du faste de funérailles publiques, ou qui peut être accompagné par les meilleurs docteurs. C'est un peu la décadence lente mais inévitable des idéaux, que seule peut revitaliser l'existence d'un héritier.

En ce qui concerne l'aigle, j'ai tendance à le voir naturellement comme une représentation symbolique du nazisme, et du fameux aigle du IIIe Reich. Partant de ça, on pourrait le prendre en effet comme le trophée d'une Europe qui a réussi à se débarrasser d'un des principaux maux du début du XXe siècle, en empaillant cet aigle, en détruisant les fondements du nazisme. Mais au final, pour quoi ? Pour partager l'Europe en deux, et en laisser une moitié au "tyran du Caucase". La victoire de Prométhée, ici contre l'aigle qui est empaillé, cet aigle qui lui dévorait chaque jour le foie comme les idées antisémites dévoraient le foie de l'Europe, ouvre la voie à un autre ennemi que le vieux Prométhée n'a plus la force de combattre. Sans héritier, sans successeurs pour poursuivre son action, il est donc au seuil de la mort, incapable de faire autre chose que de sourire.

Comme je te disais, je trouve ce poème vraiment dérangeant, perturbant. On ne voit pas de fin heureuse, et peut-être n'y en a-t-il tout simplement pas. Peut-être est-ce le destin de la vie de voir les choses retomber inlassablement dans le chaos. Toutefois, la porte ouverte par le poème est, à mon sens, de dire que chacun peut remporter une victoire, mais qu'un héros seul ne peut rien faire. La destinée du héros est d'apprendre à vaincre, de vaincre, puis de transmettre comment vaincre. Privé de cette dernière possibilité au soir de sa vie, Prométhée est rongé par la vieillesse et par un sentiment d'échec, car il n'a pas pu transmettre, pas pu faire germer dans l'esprit d'un autre ce qui l'a animé. Sa victoire reste donc dérisoire, comme un filet qui essaierait de changer le cours d'un fleuve.

Là, je reviens à un point que j'avais déjà évoqué avec toi, celui de la mort en héros. On se rend compte qu'il n'y a pas de vie héroïque, et que dans l'idéal, un héros ne peut véritablement survivre à la quête qu'il entreprend. Un peu comme Achille, qui recherche la mort au combat et la gloire associée, car il est incapable de vivre une vie simple et naturelle (sa brutalité hors champ de bataille n'étant pas conçue comme normale), et qui trouve sa véritable place, sa véritable fonction, sa raison d'être, uniquement dans la guerre. Ici, Prométhée survit à sa victoire assez longtemps pour voir la fleur faner.

C'est vraiment une triste fin je trouve, pour un héros qui a voulu apporter le feu aux Hommes en bravant les dieux, tout comme certains penseurs ont voulu apporter les Lumières en s'opposant à Dieu. Le parallèle peut être fait à toutes les époques avec de menues variations, avec naturellement une résonance particulièrement au XVIIIe siècle où Dieu était religieux, mais aussi au XIXe siècle où Dieu était mécanique pour ne pas dire systémique, et enfin au XXe siècle où Dieu était idéologique.

J'y ajoute peut-être (sans doute, en fait) mon interprétation personnelle, mais je pense que ce poème véhicule l'idée d'une lutte à perpétuer continuellement contre les instruments de domination totale. En fait, sans forcément remettre en question les cadres (on voit qu'il en appelle tout de même au pasteur, ou bien à l'apothicaire qui représente une certaine forme de croyance en la médecine), il y a l'idée d'une nécessité de remettre en cause l'ordre établi, pour penser librement. Prométhée n'a pas bouleversé le panthéon grec de l'époque, mais en défiant les dieux et en apportant le feu à l'Humanité, il a éclairé les mortels, et leur a permis de s'élever. Après Prométhée, la Grèce n'en révérait pas moins les figures du divin, ne croyait pas moins en deux, mais était capable de décider par elle-même.

Les Lumières n'ont pas non plus éradiqué la notion de divin, et oublier que nombre de penseurs de la liberté individuelle étaient déistes serait une erreur intellectuelle. Toutefois, ils ont lutté activement contre la pensée "totale" (même si le terme est hautement anachronique), celle d'une société où un Dieu serait imposé aux gens, au point de gouverner leur vie. Ce n'est pas tant la guerre à Dieu que la guerre à un monde régi par Dieu. C'est un peu l'idée que je retrouve dans la dernière strophe, où il n'exprime pas tant son désaccord avec des tyrans (qu'il ne nomme d'ailleurs jamais vraiment, mais que l'on devine facilement en fonction du contexte) qu'avec le monde qui les institue et qui leur permet de prendre corps.

J'en reviens donc au début, où notre vieux Prométhée se penche sur sa vie pour essayer d'en comprendre le sens. Cette idée de relier l'existence et le destin, à mon sens, est vraiment difficile à cerner. Je pense que les interprétations sont multiples, et que curieusement, c'est là que siège une grande partie de la compréhension du poème. Compréhension qui m'échappe hélas langue.

A fleur de peau, je dirais que je le perçois comme la lutte assez classique du personnage mythologique cherchant à échapper aux desseins des dieux. Ca rejoint un peu ce que je disais plus haut, sur la lutte contre la société totale, mais je ne sais pas si cette interprétation est celle qui sous-tend le texte, ou si je ne ne fais que plaquer l'interprétation historique sur ces mots. Cela étant, je le lis comme l'aveu qu'en vérité, destin et existence ne sont pas des concepts opposés, ni même complémentaires, mais bien une seule et même idée. Dans la notion de destin, on trouve l'idée d'une pensée extérieure ou d'un ordre extérieur qui impose sa volonté sur un individu ou un groupe. L'existence est plus intrinsèque, plus intérieure, plus humaine au sens où elle ne serait pas issue d'une force supérieure à lui.

Dès lors, cela tendrait à montrer qu'il n'y a pas d'opposition entre l'existence (libre, indépendante et responsable) contre un destin (enchaîné, déterminé et gouverné par d'autres). Ce n'est pas explicite dans le poème, mais je pense humblement que la réponse du poète se trouve ici dans un entre-deux, peut-être une forme d'acceptation de ce que nous ne sommes jamais vraiment libres de nos choix, jamais vraiment indépendants ou responsables. Nous sommes toujours influencés par notre environnement, nos proches, nos amis, nos rencontres, notre famille. Toutefois, nous ne sommes pas non plus déterminés, et nous avons quelque part le pouvoir de lutter contre ce qui nous entrave, contre ce qui nous apparaît extérieur et intolérable. Alors, nous devenons des héros, pour nous-mêmes ou pour les autres. Des héros qui, comme si tel était leur destin, sont voués à vaincre ou à périr. Plus certainement, à vaincre et à périr.

Quoi qu'il en soit, je trouve ce poème vraiment extrêmement intéressant, pour ne pas dire "puissant". On sent se dégager une force des mots de l'auteur, et je regrette de ne pas pouvoir parler polonais pour en comprendre la portée exacte.

Merci encore de ce partage, c'est vraiment enrichissant ^^.


Membre des Orange Brothers aka The Bad Cop

"Il n'y a pas pire tyrannie que celle qui se cache sous l'étendard de la Justice"

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