Négociations glacées...

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Burfëa
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Mer 2 Mai 2012 - 18:41
(Forlong, topic ouvert. Poste lorsque tu en auras le temps.)

Malgré qu'il eût quitté depuis quelques temps déjà les Montagnes Blanches, la neige ne cessait pas pour autant de suivre notre elfe. Enveloppé de son grand manteau noir, une capuche ramenée sur son visage, il avançait aisément. Depuis peu, il avait rappelé à lui son compagnon équin. Un long voyage dans les Montagnes, mais dont la suite s'était produite sans incident, après qu'il ait dérobé à Ulf son bracelet. Il n'en avait pas entendu de nouvelle, dans les villages qu'il avait traversé. Son opération était donc un succès, les cauchemars avaient fait leur effet. Durant le voyage, Burfëa en avait conclu ce qui s'imposait; manipuler ainsi son ombre était extrêmement pratique. Ainsi avait-il maintenu son sortilège pour toute la durée du voyage. Les champs étaient totalement recouverts, les récoltes perdues. Véritablement, c'était navrant pour tous les paysans, qui n'avaient pas tenu compte des avertissements de la nature. S'ils avaient écouté les murmures du monde, ils auraient su ce qui les attendait. Mais les hommes semblaient à Burfëa lourdauds, sourds au parler de leur environnement, trop occupés à se bâtir des maisons de pierre toujours plus hautes et plus "belles". Mais ces maisons n'égalaient pas la splendeur des œuvres Naines ou Elfes. Le travail des humains était grossier, presque vulgaire. C'était bien ce que pensait l'elfe, en entrant dans Lossarnach. Les maisons tentaient d'égaler celles de la capitale, visitée une fois par l'elfe, Minas Tirith. Rien à voir, hélas. Car les murs blancs de la Tour de Garde avaient été bâtis par les grands Numénoréens, non des descendants lointains qui n'avaient plus accès à ce savoir.

Une bonne étoile veillait véritablement sur notre atypique héros. Sa chance, plus que tout talent ou toute astuce, l'avait sorti de situations plus que délicates. Aujourd'hui, la discrétion était parfaite pour lui; car tous étaient engoncés dans d'épais habits, gris, noirs, bleus parfois, pourpres même. Au milieu de cette foule qui se mouvait tel un flot dans les rues de la cité, le personnage eut tôt fait de se glisser, sans un bruit, avançant sans être vu, sans être senti. On aurait guère plus remarqué un courant frais. La discrétion des elfes était légendaire, et les légendes ne jamais. Et la luminosité ambiante empêchait son ombre modifiée de disparaître sous la Soleil ou la Lune. Une aubaine, qui lui économisait de l'énergie. Sa vue cinq fois supérieure à celle d'un homme lui permit de repérer en très peu de temps ce qu'il cherchait; en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire, il était devant une grande maison. Dans un style qui se démarquait des autres maisons. Certes, un humain l'aurait trouvée un rien plus jolie que les autres, sans savoir précisément pourquoi. Mais les yeux d'elfes de Burfëa ne s'y trompaient pas; la pierre avait été taillée par une main experte, et le verre des fenêtres était de très haute qualité. C'était sa destination. Devant la porte, cinq molosses montaient la garde. L'elfe, entré dans la cour, sourit dans les brumes de son esprit. Il pourrait en tuer deux, en paralyser un. Après quoi, les deux autres lui tomberaient dessus. Il forçait sa monture à garder un pas régulier, malgré ses pensées simultanées. Ses yeux inspectaient d'un même coup toute la cour. L'allée était dégagée de toute neige, ce qui révélait que le possesseur de ce palace avait les moyens de payer quelqu'un pour dégager le chemin, mais surtout pouvait se l'offrir comme un luxe, un petit bonus qui ne grévait pas son budget.

Le cavalier et sa monture de nuit s'arrêtèrent sur le pas de la porte. Descendant de son cheval, l'elfe poussa d'une main la porte, et entra. L'intérieur était richement décoré, et avec goût. Sans se laisser démonter de quelque manière, l'elfe se tourna vers la présence qu'il sentait. Vers un homme à l'air hautain, sûr de lui. Bien que son visage fut parcouru de rides, c'étaient des rides d'expérience, et ses cheveux, à peine gris par endroit, lui donnaient vingt ans de moins. Il devait avoir, quoi? Soixante ans? L'ombre qu'était Burfëa fut en un instant auprès du bourgeois. Une aura glacial émanait de l'elfe. Nullement menaçante. Mais l'on aurait dit qu'une fenêtre était ouverte, laissant entrer le froid extérieur.


- Asthrabal, si je ne m'abuse...? Mae govannen. Nous avons à parler affaires, je crois...

Asthrabal, habitué à traiter avec des personnes de tous les milieux, devait sans doute avoir déjà croisé des personnes portant de tels manteaux...Mais si semblables à Burfëa, non.
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Forlong
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Lun 7 Mai 2012 - 2:30
La vallée fertile de Lossarnach était à présent recouverte de neige, et le souvenir des longs jours d'été, des champs de blé dorés et de récoltes de vigne semblaient pâles et fades. Le vent glacial soufflait dans les rues de Lossarnach, et ceux qui pouvaient se le permettre restaient enfermés dans leurs maisons; la fumée s'élevait de nombreuses cheminées dans la ville, ses nuages noirs se mélangeant à la poudre blanche tombant du ciel.

L'intérieur des Caves d'Or, lui, était chaud. Les murs et les fenêtres étaient d'excellente qualité, barrant le chemin au vent, et un feu puissant brûlait dans grande cheminée élégante se trouvant dans un coin de la pièce. Il ne faisait pas froid...jusqu'à ce que Burfëa n'y fasse son apparence.

Les vêtements d'Asthrabal montraient son goût et sa richesse. Il s'appuyait sur une canne de bois précieux décorée d'argent. 'S'appuyait' n'était peut être pas le bon terme; l'homme se tenait droit, entouré d'une aura de noblesse. La canne était un signe de statut et de richesse, plutôt que l'appui d'un vieillard.

Le regard du Bourgeois était perçant, intelligent, calculateur...cet homme avait réussi à rassembler une collection unique d'artefacts et atteint une fortune légendaire grâce à ses propres capacités. Ce genre de personnes ne laissait rien à la chance.

Il ne semblait point inquiet en vue de la présence d'un personnage aussi sinistre que l'elfe encapuchonné dans sa résidence. Sa marchandise unique attirait tout type de client, et Asthrabal ne se souciait pas de trop de ce qui touchait à l'aspect moral de ses ventes; le fait que certains de ses artefacts étaient apparus dans les mains des ennemis des Peuples Libres au cours des années ne le concernait aucunement...tant que les pièces d'or et les pierres précieuses continuaient à remplir ses coffres.

Le Bourgeois s'assura cependant d'un mouvement presque imperceptible de la tête que ses hommes étaient là et prêts à agir. Quatre d'eux, tous armés d'arbalètes, sans parler des glaives pendant à leurs ceintures, étaient éparpillés dans la grande salle, attentifs à tout danger potentiel. Asthrabal croyait à la magie. Elle concernait une grande partie de sa marchandise. Mais aucun mage n'était capable d'éviter quatre carreaux d'arbalète. Qui plus est, cinq autres gardes attendaient à l'entrée de la bâtisse.

Le marchand se sentait donc parfaitement en sécurité lorsqu'il dit:

-Salutations, voyageur...je suis en effet Asthrabal. Parler affaires...voilà qui est une excellente idée. Qu'est ce qui vous emmène ici? Cherchez vous une armure du Premier Age? Un bijou digne d'un roi des anciens temps? Une lame capable de percer la peau d'un troll?

D'un geste élégant, il invita l'elfe à s'asseoir dans un des grands fauteuils confortables, prenant place en face de lui. Le Bourgeois lui servit une coupe de vin, qu'un connaisseur reconnaitrait en tant que breuvage très ancien et très rare provenant de Belfalas. Encore un signe de sa richesse légendaire...



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Burfëa
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Mar 8 Mai 2012 - 20:11
L'elfe était si froid dans sa manière d'agir que l'on eût dit qu'il était mort. Mort intérieurement, pourrit peut être par les arts qu'il tentait de manier, comme beaucoup d'autres avant lui. Le marchand était confiant. Trop confiant peut être. Arrogant? C'était une des caractéristique ressortant chez tout humain. Sa confiance provenait sans doute de toute la garde qui l'entourait, tous ces hommes de main prêts à intervenir au moindre problème.
Au moins n'était-il pas impoli, et répondit-il courtoisement à son potentiel client, l'interrogeant sur l'objet de sa visite. Il ignorait donc, et n'avait aucun soupçon; c'était bon. Burfëa avait donc un véritable coup d'avance sur l'humain, mais celui-ci n'en savait rien, bien sûr.

L'elfe effleura des doigts la coupe de vin, avant de ne la soulever, la portant dans sa main squelettique et pâle. Il pouvait après tout garder le vin si près de lui. Ce dernier ne ferait que vieillir, indéfiniment, jusqu'à disparaître. Pour le confortable fauteuil dans lequel il était assis...Eh bien Asthrabal n'aurait qu'à le faire réparer, après tout. Un instant, notre sorcier hésita à aller droit au but, au bracelet de mithril de Ulf. Mais l'impatience n'était guère bonne; il devait tester son interlocuteur. Les charmes que déployait ce dernier n'avaient hélas pas beaucoup d'effet, sur un esprit froid, expérimenté et calculateur comme celui du premier né.

Le bourgeois n'était donc pas étonné de marchander avec des personnes telles qu'un sorcier? N'avait-il cure de ce qui pouvait arriver, lorsqu'une arme était entre les mauvaises mains? Un instant, les paroles de Swan résonnèrent dans l'esprit du personnage. "Ce monde est pourri de l'intérieur"...Le sort lui donnait raison.

Burfëa sourit de manière imperceptible
.

- Non, pas des épées, ni des armures. Je ne suis pas un terrible guerrier, comme vous l'espéreriez...Mais j'ai avec moi certaines choses...Qui pourraient vous intéresser grandement...Des choses que vous convoitez depuis longtemps, je le crois.
Toutefois...Auparavant...Disposez vous dans votre magnifique boutique de...Grimoires ayant trait aux arts sombres?
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Mer 30 Mai 2012 - 18:42
Des choses que vous convoitez depuis longtemps...
Un frisson d'excitation parcourut le dos du marchand, mais aucun muscle de son visage ne bougea, son souffle resta calme, ses yeux sans expression. L'art du marchandage, des négociations, était son élément, et il n'avait jamais rencontré quelqu'un qui pourrait l'y égaler. Vendre, acheter, échanger, ce jeu plus subtil et complexe que les négociations politiques entre les grands de ce monde était sa plus grande passion. Il savait que dans sa demeure, entouré de ses marchandises et de ses gardes du corps, tout le monde devait jouer selon ses règles.

Asthrabal but une gorgée du breuvage couteux, se délectant avec paresse. Il finit par dire:

-Grimoires concernant les arts sombres?-Il fit semblant de réfléchir un instant, bien qu'il connaissait par coeur chaque objet dans sa collection.

Ce genre de choses est interdit par le Haut Roi, depuis la chute de Sauron...le Bourgeois fit virevolter le vin dans son verre en l'agitant légèrement, observant les vagues se formant sur la surface du liquide somptueux. Mais nous savons tous les deux que les rois de ce monde ne sont pas là pour dicter les lois de la marchandise, n'est ce pas?

Malheureusement, je ne dispose pas de ce genre de choses. Ces grimoires sont rares et dangereux à obtenir. J'en avais un seul dans ma collection, mais je crains que ce dernier ne soit vendu il y a bien longtemps...

Il soupira, comme s'il en était navré, puis rajouta:

-Quel est votre offre alors, maitre elfe?



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Dim 3 Juin 2012 - 13:17
Asthrabal était stoïque, affichant une mine parfaitement calme, et pourtant se montrant d’une insolente paresse, buvant tranquillement le vin dont il était si fier. Entre les doigts de Burfëa le verre fin commençait à s’user. Pour preuve, alors que Asthrabal achevait ses paroles, une grande fissure apparut sur le contenant, sans un bruit. Le liquide rouge commença à s’en écouler, trempant les mains de l’elfe comme du sang. Mais l’immortel ne prêta aucune attention à cet élément. Le vin, au contact direct de sa peau, disparaissait avant même d’atteindre sa manche.
La réflexion dans l’esprit du personnage était une part primordiale de toute négociation. Et chaque mot employé par son interlocuteur appuyait toujours plus ses intuitions.


- Chaque objet que vous détenez ici est rare et dangereux à obtenir. Sorti de l’antre de Trolls, des gorges de l’Ephel Duath, des entrailles de Arda, même arrachés sur le corps d’un dragon, je n’en doute pas. Si je vous fournissais une motivation, peut être que vos recherches en seraient accélérées, je gage…
Voici donc une…Mise en bouche…Vous n’êtes pas le seul à détenir des objets rares. Et il en va de même pour les informations. Là n’est pas la question…

Voici ce que je vous propose…Vous me livrerez pour l’heure une cape…Une cape permettant de se fondre parfaitement dans le paysage…De disparaître. Vous ferez quelques recherches, naturellement, sur les grimoires…Et en échange…


L’elfe reposa sur la table le verre, qui était fêlé à présent de part en part et vide de tout liquide, et plongea sa main dans son manteau, pour en ressortir un petit bracelet. Le bracelet était incrusté par endroits de pierre précieuse, et la lumière ondulait à sa surface comme sur de l’eau, jouant avec des reflets tantôt d’argent, tantôt d’or, tantôt de lumière.
Le bracelet d’Ulf, fait de mithril.
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Lun 18 Juin 2012 - 20:44
Si Asthrabal remarqua la fissure sur le verre de l'elfe, et il était douteux qu'un détail de ce genre échappe à son regard attentif, il ne fit aucun commentaire à ce sujet.

Le Bourgeois écouta attentivement le discours de son interlocuteur, mais resta silencieux jusqu'au moment où Burfëa sortit le bracelet. Le regard du marchand resta figé un long moment sur l'objet. Ses yeux experts l'étudièrent avec intérêt. Il s'agissait bien de mithril, il reconnaitrait le métal précieux les yeux bandés...et la taille du bracelet, ainsi que la configuration particulière des pierres précieuses ne laissaient aucun doute qu'il avait devant lui un des artefacts qu'il convoitait depuis longtemps.

Sa voix était parfaitement calme, lorsqu'il répondit enfin:

-Un joli bijou que vous avez là...et vous en semblez parfaitement conscient. Je suis un marchand, pas un espion. Cependant je connais certains hommes qui se spécialisent dans ce genre de services.

Asthrabal posa lentement son verre sur la table, et prit en main un bout de papier couteux ainsi qu'une plume de pan qu'il plongea dans un encrier contenant du liquide doré. Il se mit à écrire quelques phrases d'une main élégante, et acheva sa lettre par une signature extravagante. Il la tendit alors à l'elfe.

Citation :
Il me faut des informations sur des manuscrits concernant les Arts Obscurs. Le tarif habituel s'appliquera, avec une prime en jeu si les manuscrits sont acquis.
Asthrabal


-Mes hommes travaillent dans la Cité Blanche. Ils s'occuperont de ces...recherches, et je me chargerai du payement. Tout se fera de façon anonyme, et je vous contacterai lorsque nous aurons des résultats.

Vous me donnerez le bracelet maintenant en échange de la cape, et mes hommes travailleront pour vous au sujet de vos manuscrits. C'est la seule concession que je vous ferai, voyageur, et sachez que ma générosité est sans limites, la cape en question est d'une grande valeur. Acceptez donc, ou quittez ce lieu...



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Mer 27 Juin 2012 - 15:16
Burfëa sourit intérieurement. Les gestes lents de l'homme en face trahissaient une impatience dissimulée pourtant habilement. Lorsque notre elfe prit le manuscrit, il remarqua que les doigts du marchand, à son insu, tremblaient de manière imperceptible. Un humain ne l'eut pas remarqué...Mais un immortel, si. Le marché était équitable. Après tout, ce que la Couronne de Fer désirait à la base dans cet échange était simplement une cape...Et Burfëa était parvenu à obtenir des recherches sur quelques manuscrits de sorcellerie de la part de son interlocuteur. Il avait quelque part su marchander, d'une main de maître avec une personne réputée inflexible. Sans empressement, il conclut

- Vous êtes dur en affaires. À la hauteur de votre réputation après tout. Très bien. Cet échange est convenable. Ce bracelet, vous êtes conscient autant que moi de sa valeur, je gage. Il est à vous...Mais respectez bien votre part...Ce serait ternir toute votre respectable réputation que de ne pas fournir pleine satisfaction à l'un de vos client, n'est-ce pas?

Le sorcier ne fit pas mine de se lever, avant de n'avoir sorti son grand grimoire de sorcellerie. Asthrabal, de son oeil expert, y reconnaîtrait sans doute le signe du terrible Sauron. Ses gardes, eux, n'y verraient qu'un oeil rouge, nimbé de flammes, sans paupières et à la pupille fine, comme un trait de ténèbres au milieu d'un enfer brûlant. Effleurant le cuir ensorcelé, il glissa le papier donné par le marchand dans l'ouvrage magique, qui disparut ensuite à nouveau sous sa cape.

- J'ai moi-même ce message...Mais j'imagine que vous le donnerez en premier lieu à vos hommes...Maintenant, dites moi donc comment nous entrerons en contact, et comment vous me livrerez les informations...
Et naturellement, tout paiement réclame récompense. N'oubliez pas la cape...
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Lun 9 Juil 2012 - 0:11
Asthrabal répondit à l'elfe, tout aussi calme:

-Je dois avouer que vous n'êtes pas un représentant habituel de votre peuple non plus, maitre elfe...vous marchandez comme un nain, pardonnez moi la comparaison.

Aucun sourire n'apparut sur ses lèvres, mais ses yeux brillèrent avec ironie en prononçant ces paroles. Il devint cependant plus sérieux lorsqu'il continua:

-Tout marchand, et surtout un qui souhaite attirer une clientèle du monde entier doit faire attention à sa réputation. Après tout, une réputation se construit pendant des longues années, mais un instant suffit pour la détruire. J'honorerai notre accord, maitre elfe.

Il suivit le grimoire du regard; les sortilèges et secrets obscurs qu'il contenait ne l'intéressaient point. Le Bourgeois jugeait les objets par leur beauté, leur ancienneté, leur rareté...pas par leur utilité. Il caressa cependant de façon presque imperceptible un des anneaux qui ornaient ses doigts...il ne s'agissait pas là d'un simple bijou, certains disaient qu'il avait le pouvoir de rompre les sortilèges...une rumeur qui ne devait pas être confirmée aujourd'hui.

-Il existe une auberge, à la croisée des routes qui relient Lossarnach, Minas Tirith, et Pelargir. Lorsque mes hommes auront fini leurs recherches, dans deux ou trois semaines, un message sera laissé chez le tavernier. Vous le demanderez, en prononçant les paroles 'le silence est d'or'.

Asthrabal se leva lentement mais avec grâce, pour disparaitre aussitôt dans une autre pièce, derrière un rideau de soie. Ses gardes restèrent sur place, gardant un oeil attentif sur Burfëa. Lorsqu'il réapparut enfin, le Bourgeois avait une longue cape enroulée dans la main. Le tissu semblait presque liquide, noir, ondulant d'une manière qui ne permettait pas de distinguer sa forme exacte. Il était froid et délicat au toucher. Le marchand posa la cape sur la table, en attendant le bracelet. Il était temps de conclure ce marché.





"Il y a plusieurs anneaux magiques en ce monde Bilbo Sacquet. Et aucun ne doit etre utilisé à la légère"-Gandalf



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Ryad Assad
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Dim 2 Sep 2012 - 0:08
Une pluie diluvienne s'était abattue sur Minas Tirith, conséquence d'une évolution positive de la météo. L'air s'était un peu radouci, et les flocons de neige s'étaient transformés en un torrent d'eau. De quoi tirer un rictus invisible du reste du monde à Nesrine, qui s'efforçait de dissimuler les tremblements de son corps transi de froid. Le voile qui dissimulait la moitié inférieure de son visage s'agitait au rythme de sa respiration saccadée, et seule la cape épaisse qu'elle portait autour de ses frêles épaules, ainsi que l'abri relatif que leur fournissait le coin de toit sous lequel ils se trouvaient, l'empêchaient d'être totalement trempée. En même temps, originaire du Harad, elle avait bien du mal à s'acclimater aux terres de ce qui correspondait au Nord, pour elle. Mais bizarrement, elle avait l'impression qu'elle n'était pas la seule.

Chassant de ses pensées le temps horrible qui semblait lui en vouloir personnellement, elle se concentra sur ce qui allait suivre, tout en en frottant distraitement ses mains l'une contre l'autre, dans un vain espoir de les réchauffer. La mission était un succès, si on pouvait dire ça. En tous cas, le parchemin avait été récupéré, et c'était l'essentiel. Nul ne l'avait ouvert, c'était encore mieux, et ils étaient vivants tous les deux, ce qui était un bonus agréable. Avec un soupir de résignation, la jeune femme décida de se décoller du mur sur lequel elle était adossée pour marcher quelque peu. Elle avait les jambes engourdies, certes, mais les tremblements qu'elle éprouvait n'étaient pas seulement dus au froid.

Ses yeux d'un bleu profond scrutaient les ténèbres qui s'abattaient pesamment sur la Cité Blanche, en quête de leur mystérieux contact, qui leur avait donné rendez-vous pour leur remettre leur paiement, et les libérer de leur contrat. Nesrine était toujours nerveuse à ce moment-là des opérations. Elle savait que plus un employeur était riche et puissant, et plus il avait les moyens de se débarrasser d'un ou deux pions, pour faire disparaître toute trace. C'est pourquoi elle gardait une main à portée de ses dagues. En cas de soucis, elle les sortirait à la vitesse de l'éclair, et advienne que pourra. Son acolyte était quelques mètres plus loin, scrutant lui aussi la pénombre, mais dans une autre direction. Ils étaient peu désireux de se faire surprendre, et pas bien pressés de mourir bêtement.

Un sifflement bref retentit, et Nesrine se retourna. L'homme arrivait. Elle le maudit intérieurement, et rabattit davantage la capuche sur son visage, avant de se jeter sous les torrents d'eau qui tombaient du ciel. Le sol était boueux, et elle avait les pieds trempés. Quel plaisir. Elle était pressée de terminer tout ça, de récupérer son paiement, et d'aller se coucher. Elle manquait cruellement de sommeil, et son comportement s'en ressentait. L'intermédiaire s'arrêta à bonne distance, et d'une voix de conspirateur il lâcha :

- Vous l'avez ?

Nesrine était à cran, et elle avait l'intention d'en terminer rapidement, quitte à ne pas se montrer très courtoise :

- Bien sûr qu'on l'a ! On ne vous aurait pas contacté, sinon. Dépêchez-vous de nous payer, prenez votre truc, et fichez-le-camp. J'ai froid.

L'homme qui lui faisait face eut un sourire froid. Il ouvrit son manteau, et glissa une main à l'intérieur. Sous sa cape, Nesrine empoigna fermement sa dague, prête à tout. Mais il n'y avait aucune raison de s'inquiéter. Le négociateur sortit simplement deux bourses pleines d'or, qu'il leur remit sans un mot. Puis il tendit la main, et la jeune femme consentit non sans un certain soulagement à lui remettre le paquet. Il le fit disparaître dans les replis de son manteau, et sans rien ajouter, tourna les talons. Le tout avait duré moins d'une minute. Nesrine se dépêcha d'oublier tout cela, et fila chercher une chambre dans une auberge luxueuse, où elle pourrait prendre un peu de repos avant de continuer sa quête. Elle avait toujours une personne à tuer...

~~~

Dans une pièce richement décorée, qui n'avait sans doute rien à envier aux plus belles salles du palais des rois de Gondor, se tenait le célèbre Asthrabal, confortablement installé dans un fauteuil qui valait sans doute plus que tout un quartier de Minas Tirith. C'était un homme direct et franc, et il attendait de ses subordonnés la même efficacité discrète, sans emphase inutile, sans perte de temps préjudiciable. C'est la raison pour laquelle lorsqu'il entra, le jeune négociateur ne se vautra pas aux pieds de son employeur, la bouche remplie de compliments :

- Monsieur, lâcha-t-il à la fois en guise de salut et d'entrée en matière. J'ai le parchemin que vous m'avez demandé de rapporter. En excellent état, d'après mes observations. J'ai payé comme il se doit le couple de mercenaires qui a effectué la mission, mais j'ai fait en sorte qu'ils en sachent assez peu. Personne ne peut remonter jusqu'à vous.

Asthabral ne réagit pas. Il attendit un moment, avant de finalement répondre :

- Très bien. Posez ça là, et contactez notre ami elfe. Dites-lui que nous avons trouvé ce qu'il cherchait.

Le négociateur s'inclina légèrement :

- Ce sera fait, monsieur.


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"Il n'y a pas pire tyrannie que celle qui se cache sous l'étendard de la Justice"

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Burfëa
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Mar 30 Oct 2012 - 12:29
Burfëa, suite à son entrevue, s’était levé puis avait disparu de la pièce. Après son départ, le froid s’était levé, l’âtre reprenant sa splendeur et sa chaleur. L’elfe, la cape en main, la passa immédiatement aux épaules. Il n’en avait guère besoin pour l’heure, mais il la préférait ainsi, utile pour le peu de temps où elle resterait entre ses mains que simplement fourrée dans l’une des multiples poches de son ample bure d’obscurité. Les négociations avaient duré, et l’elfe sentait que la lune était à présent haut dans le ciel, bien que par le temps qu’il fit, un temps polaire, l’on ne pu observer les astres, donc donner une heure précise. Le ciel était teinté d’un léger rose qui s’étendait sur tout son masque de nuages. La neige tombait en de nombreux et épais flocons, à peine visibles dans la nuit gelée. Engoncé de sa cape d’ombre, Burfëa semblait peu à peu se fondre aux ténèbres, son élément. Il était temps de retourner vers la Couronne de Fer.


L’elfe avançait à présent seul dans les landes sauvages. La neige jusqu’aux chevilles, il progressait pourtant rapidement. Le froid n’avait que peu d’emprise sur lui, et ce n’était guère plus que transformer sa respiration en nuage de vapeur. Les yeux de notre personnage, d’une acuité sans pareil, distinguaient des traces de pas multiples. Malgré cet hiver glacé, il y avait toujours des gens pour voyager. Des personnes comme lui peut être, en quête de rédemption ? Notre immortel ralentit doucement sa marche. Dans le silence sauvage, le seul bruit de la neige crissant sous ses pieds semblait un tonnerre, mais ses oreilles entendaient à présent un ouragan ; non loin, le grondement d’un torrent. Oui, l’une des nombreuses ramifications qui irait se jeter à l’anduin puis la grande mer. Malgré les nombreux gels, l’eau coulait toujours, vive et menaçante sous une couche de glace précaire. Traverser maintenant aurait été risqué, un pari dangereux…À moins de ne renforcer la glace plus encore. Pour cela, il faudrait faire chuter encore la température. L’elfe sourit faiblement. C’était une possibilité, en effet. Il sortit sa main droite de sous ses épaisseurs d’étoffes noires et s’avança vers le bord du courant, prenant bien garde à ne pas glisser. Là, il sortit enfin son épais grimoire, et se mit à feuilleter les pages. L’ouvrage était incomplet, car de nombreuses pages avaient été pillées. Celles qui restaient étaient toutefois en parfait état, le temps ayant passé sur le livre avec guère plus d’effet qu’un ruisseau contre du granit. Les sortilèges présentés étaient uniquement ou presque de l’ordre du mental. C’était notamment le principal talent de l’elfe pour cette raison ; ces pages, il les avait étudiées encore et encore, tournant chaque phrase, chaque mot en un nouveau sens à chacune de ses lectures et les enrichissant de ses propres expériences. Ce livre était comme un habit que chacun portait, et qui s’accommodait à la personnalité du porteur pour lui faire lire des choses différentes. Néanmoins, il ne faisait nul doute que c’était un ouvrage maléfique. Burfëa n’avait d’autre choix que la plongée dans les ténèbres pour pouvoir revenir à la lumière crépusculaire qu’il recherchait. Ses doigts s’arrêtèrent sur une page. Une aura de froid. Parcourant la page des yeux, il en mémorisa les incantations. Après les avoir récitées plusieurs fois dans sa tête, il rangea son livre sous son manteau, avec grand soin. L’effet du sortilège durerait longtemps, nul doute. Car il ne connaissait guère le contre-sort. Ce n’était pas grave. Avec ce froid, peu de personnes s’en apercevraient. Il se racla la gorge, puis d’une voix assurée entama son chant. Sa voix était claire et mélodieuse, mais semblait lointaine à présent. L’on eût dit qu’elle provenait du sol, des profondeurs, d’une étrange légèreté mais d’une profondeur caverneuse. L’air s’agita, alors que les flocons commençaient à tourbillonner autour de Burfëa. Il poursuivait ses formules mystiques, avec une concentration qui était presque transe.Les flocons et la pellicule de neige à ses pieds reculèrent alors qu’il se taisait, dévoilant le sol nu. Ses yeux virent alors parfaitement la terre se fissurer sous un froid nouveau. Sur la roche, des fleurs de givre éclosaient. Notre personnage avait réussi son sort. Mû par une assurance nouvelle, il se remit à marcher, posant le pied sur la glace qui s’était formée en surface du fleuve. Sans hésitation, il avança. L’eau, à l’approche de sa présence, gelait en profondeur. Il traversait le fleuve. Bientôt, il arriva de l’autre côté de la large étendue d’eau. Un véritable succès. Burfëa ramena sa capuche sur son visage puis sourit. Froidement.


******

Le palais de Pelargir…Ce palais qu’il avait aidé à prendre. La Couronne de Fer avait ainsi pu s’établir à un port, position stratégique avantageuse s’il en était. Celui qui donnait ses missions à Burfëa, Swan, avait pris le poste de gouverneur. La cité, sous la direction de la Couronne de Fer, s’était refermée sur elle-même. La garde aurait sans doute arrêté notre elfe à vue, de part son accoutrement peu…Amenant. Mais la cape d’ombre dont il était vêtu lui permettait de se fondre dans les ombres. Et la discrétion des elfes n’est plus à prouver. Sans que personne ne s’en soit aperçu donc, Burfëa passa les portes, traversa tout le port, et arriva au palais, laissant derrière lui un souffle glacial, un baiser de givre mortel. Les gardes ressentirent très nettement la baisse soudaine de température.

- Fait pas chaud hein ? Dit l’un d’eux en riant
- Ah ça non ! Ce maudit hiver qui n’en finit pas…


Profitant de l’engourdissement des gardes et de sa discrétion décuplée, l’elfe passa derrière eux sans être remarqué, et il ouvrit même les portes du palais sans un bruit, entrant. Là, il se redressa de toute sa hauteur. La salle du trône. Au fond, un homme portant une ombre de moustache observait dans sa direction. Notre ombre s’avança dans la lumière d’un pas calme et uni, et ôta de son dos la cape noire de dissimulation, qui ondula entre ses doigts, liquide et insaisissable. Un froid polaire avait envahi la pièce.


- Voici ce que vous m’aviez demandé, Swan,
dit Burfëa d’une voix posée et froide.

******


Il pleuvait certes à Lossarnach. Mais à l’approche d’un personnage engoncé d’un noir manteau, la pluie se fit neige, et la boue gela instantanément. Deux yeux qui brûlaient d’une étrange énergie se fixèrent sur les gardes, qui déjà familiers, ne s’interposèrent pas. Le personnage pénétra dans la riche habitation, familière. L’âtre était toujours là, mais à l’entrée de l’être, il fut soufflé et s’éteint immédiatement. Burfëa n’émit pas même un sourire. Son visage n’était pas visible, dans l’ombre de sa capuche.


- J’ai reçu votre message…Asthrabal.





Note: La partie entre étoiles pourrait être intégrée dans un autre topic, celui où se trouve normalement Swan. Si, pour des raisons pratiques, vous souhaitez poursuivre en parallèle les deux discussions, je n'y vois aucune objection.
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Forlong
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Sam 24 Nov 2012 - 22:02



Swan était plongé dans la lecture d'un parchemin, assis de manière nonchalante sur le trône du gouverneur. Lorsqu'il remarqua la silhouette de Burfëa, il leva les yeux, sa main se posant immédiatement sur le rasoir. Ceci dit il ne paraissait ni surpris, ni particulièrement inquiet. Il enfila lentement des fins gants de cuir sur ses doigts, sans quitter l'elfe des yeux. Le lieutenant de l'Ordre finit par dire:

-Vous pourriez diminuer un peu le drame de vos entrées, maitre elfe...il fait assez froid comme ça, et avec le prix de bois de nous jours...Ceci dit, je suis content de voir que vous avez accompli votre mission. Toujours aussi efficace, vous pourriez aller loin...si vous aviez un sens d'humour un peu plus développé. A mon tour de respecter ma partie du contrat, je suppose. Comme je vous ai dit, l'Ordre dispose de quelques ouvrages qui pourraient vous intéresser. Cependant ils le sont pas ici, et même s'ils l'étaient, je doute que vous ayez la capacité de les déchiffrer entièrement. Si vous voulez approfondir votre magie, vous irez vers l'Est, là où vos sortilèges de froid vous serviront peut être davantage. C'est à Blankanimad, au Rhûn, que vous rencontrerez celui qui vous enseignera la sorcellerie. Vous vous rendrez au quartier des commerçants, chez le boucher Bashaar. Vous vous présenterez en Noir-Parler, et il vous guidera vers la personne que vous recherchez. Ceci dit, je vous conseille de faire attention...Sous le règne de reine Lyra, les elfes ne sont pas les bienvenus au Rhûn, et les fanatiques melkorites parcourent le royaume, prêts à égorger n'importe quel représentant de cette race. Ce ne sera pas un voyage facile...


Le lieutenant de la Couronne de Fer se tût, avec un sourire léger sur les lèvres. L'opportunité de rencontrer un véritable maitre de la magie noire était une chance rare pour Burfëa, et l'accès aux grimoires était une perspective tentante. Cependant Swan avait ses propres motifs derrière l'offre. Un sorcier parcourant librement les royaumes de l'Ouest pouvait être aussi dangereux qu'utile; il serait un atout plus sûr sous la tutelle de quelqu'un capable de le contrôler.

***

Comme à son habitude, Asthrabal était entouré de gardes, discrets mais armés jusqu'aux dents. Il fronça ses sourcils lorsque le feu de cheminée s'éteignit, et regarda Burfëa sans sympathie. Le Bourgeois claqua des doigts, et deux serviteurs entrèrent dans la pièce luxueuse, se vouant à la tâche difficile de rallumer le feu. Le marchand répondit alors:

-Tant mieux...tant mieux. J'ai effectivement ce qu'il vous faut, Asthrabal paye toujours ses dettes.


Ses doigts recouverts de bijoux se posèrent sur un tube rouge contenant un parchemin. Il le tendit dans la direction de Burfëa, sans l'inviter à s'asseoir, et ne lui offrant aucun rafraîchissement.

-Je suis sûr que vous trouverez le contenu de ce parchemin satisfaisant. Ceci termine notre contrat, et ici nos chemins se séparent...à moins que vous ayez quelque chose d'autre à me demander.

Lorsque Burfëa ouvrit le tube, il put y découvrir un parchemin en très bon état, décrivant deux sortilèges différents. Le premier servait à enrager les animaux et les inciter à attaquer tout être vivant dans leur entourage. Une note annonçait cependant que les effets de ce sort étaient limités, par la taille de l'animal ainsi que sa fidélité à son maître. Le deuxième sort cependant, était pratiquement illisible. La page était recouverte de symboles étranges, que Burfëa ne connaissait pas. Il pouvait s'agir d'une langue orientale, du langage d'Angmar, ou d'un autre alphabet mystérieux...'Je doute que vous ayez la capacité de les déchiffrer entièrement....' Les paroles calmes de Swan résonnèrent dans les pensées de l'elfe.



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Burfëa
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- -:
- -:

Sam 15 Déc 2012 - 23:24
Burfëa ne sourit à aucune des remarques de Swan. Néanmoins, la récompense pour sa mission lui semblait tout à fait correcte. Le barbier avait parfaitement raison. Bien que les pouvoirs de l'elfe n'aient cessé d'augmenter pour quelque raison, il n'était qu'aux prémices de son évolution et de toutes les connaissances qui pouvaient être engrangées. L'elfe restait glacial. La corruption des ombres s'étendaient dans tout son être, il ne le savait que trop bien...Pourtant, il n'était pas le premier à s'essayer aux arts sombres...Pourquoi être le seul à ressentir pareils désordres, ces vides qui éveillaient en lui d'étranges phénomènes? Pourquoi le temps avait-il choisi d'augmenter sa course autour d'un immortel qui n'en ressentait guère les effets? Le monde n'était-il déjà pas assez éphémère? Les Valars avaient-ils décidé d'un pareil châtiment pour sa hardiesse? Le Noldor avait vu bien des choses. Beaucoup d'hommes s'étaient succédés alors que lui poursuivait son existence. Sous ses yeux, des générations humaines s'étaient éteintes. Son rapport au temps était particulier. Finalement, tout ce qui avait une véritable valeur...Etait-ce ce qui était capable de perdurer pour l'éternité? Toujours les humains ont cherché les plaisirs éphémères, parallèles à leur propre existence. Mais les elfes...N'ont pas de telles considérations. Preuve en est, les oeuvres les plus reconnues sont celles des elfes...Encore que, dans cet Âge, bien des humains aient sans doute oublié l'existence de cette race à présent pratiquement éteinte en Terres du Milieux.

Notre elfe garda le silence pendant la longue tirade de Swan, retenant tout ce qui pouvait lui être potentiellement utile. Après un salut, il se retourna et s'en fut. Pourquoi discuter plus longtemps, alors qu'il avait tout ce qu'il désirait? Nul besoin de cela. Il était fatigué de la rhétorique de Swan, qui justifierait toujours les actes de la Couronne de Fer. Des idéaux...Burfëa était un être sans attache. Il ne suivait pas la Couronne de Fer...Il utilisait seulement cet ordre pour acquérir ce qu'il désirait. Bien sûr, tôt ou tard, Ils tenteraient de le retenir. S'il partait, peut être même voudraient-ils l'abattre? Mais l'organisation était, tôt ou tard, vouée à disparaître, avant ou après avoir conquis la Terre du Milieu de l'extrême Harad jusqu'aux landes d'Etten.
Tout en songeant à tout cela, il disparu dans la nuit, sous son épais suaire noir.

***

En lisant le parchemin, la curiosité de Burfëa fut piquée au vif par ces lettres qui lui étaient inconnues, ces symboles qui ne s'assemblaient ni ne prenaient aucune signification dans son esprit. Il observait chaque signe, chaque courbe aussi disgracieuse fut-elle avec fascination. Il tint longuement le parchemin entre ses mains, l'observant dans toute sa longueur, comme si ses yeux allaient soudainement remarquer un détail qu'il n'aurait pas vu avant. Mais non. L'écrit ne révèlerait pas entièrement son secret aujourd'hui. Attiser la rage des bêtes...Cela n'était que mineur, en comparaison au reste, Burfëa n'en doutait pas.

Toutefois, l'étude du premier sort pouvait s'avérer bien utile; influencer les animaux et bêtes était un premier pas après tout. Refermant le parchemin relié de rouge et le rangeant dans sa cape, il se tourna vers l'homme devant lui, Asthrabal.


- Que les étoiles brillent toujours au-dessus de vous Asthrabal. Vos compétences vous amèneront encore bien des affaires et des objets passionnants. Mais souffrez qu'un jour on vous propose un marché inconvenant pour vous. Vous y laisseriez sinon bien plus que toute votre collection.


L'elfe sortit alors, jetant un dernier oeil aux gardes. Et alors qu'il partait la température redevint normale. Le personnage se tourna vers l'Est. Là où son futur apprentissage l'attendait.
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