Au croisement on a toujours le choix [PV Eliah]

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Eliah Tandoril
Dame de compagnie
Eliah Tandoril

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Au croisement on a toujours le choix [PV Eliah] - Page 2 EmptyDim 26 Jan 2014 - 16:57
La jeune femme n'aimait pas abandonner, mais il lui fallait avouer que ce soir, malgré l'éclat de l'astre lunaire, Rokh n'était pas encore prêt à lui conter son histoire. Son entière histoire. Pas seulement pourquoi il pensait que telle chose ou telle chose était bien, mais lui révéler ce qui lui semblait si douloureux. Il était parfois préférable de laisser certains sujets pour plus tard et elle était disposé à lui accorder cette faveur. Après tout, il n'avait pas plus poser de question sur elle, cela signifiait peut-être qu'elle lui importait peu finalement. Et ce n'était pas étonnant, après tout Rokh ne cachait pas ses pensées à l'égard des rohirrims. Il ne les gardait point dans son coeur, les considérant comme des êtres inférieurs. Alors une femme rohirrim...
Que pouvait-elle bien représenter à ses yeux à part un poids ? Une chose fragile qu'il devait surveiller avec ennui. Elle comprit qu'il avait des idées bien conçues sur ce qu'il devait être, sur ce qu'il devait être et elle ne le ferait pas changer d'avis. Pas ce soir.

Le guerrier qu'il était, parlait de destin. “D'un sombre destin” pensa-t-elle alors. Pour la jeune femme quelque peu naïve peut-être, même le plus mauvais pouvait être changé. On ne naissait pas mauvais, on le devenait et alors il n'y avait rien qui puisse empêcher le mauvais d'être bon ou de jouer un rôle positif dans une histoire. Mais la jeune femme ne releva pas, le laissant expliquer à sa façon, d'argumenter ses propres décisions et ses propres croyances. Elle ne pouvait que respecter ses dires, tenter de les comprendre même si elle ne l'acceptait guère. Eliah était têtue quelque part et même si sur le moment son humeur fut mise à rude épreuve, elle pensait que plus tard elle pourrait essayer de nouveau. A un autre moment, d'une autre manière, mais à force d'acharnement elle espérait avoir des résultats. Mais quelque part dans le son de sa voix, elle le sentait las...
Personne ne le regretterait avait-il dit. Elle aurait aimé lui répondre qu'elle, elle le regretterait, mais cela paraitrait hérésie pour Rokh. Le fait qu'elle puisse avoir une certaine affection pour lui alors qu'elle ne le connaissait pas ou que très peu et qu'ils venaient de deux mondes différents... mais surtout parce que tous ici le traitait comme un étranger, un bon à rien, un ennemi. Pourquoi serait-elle différentes des autres ?

La brune l'avait bien compris et elle se demanda ce que cela faisait de se retrouver au pays de Rhûn, face à des hommes inconnus et qui vous portait une haine inexplicable et inconsidérée. Elle aurait peur, elle n'aurait pas confiance, elle serait sur ses gardes. C'est ce qu'il faisait et son éducation violente de guerrier ne pouvait que commander à son instinct de se protéger. Se protéger non seulement physiquement, mais aussi moralement. La fierté n'était pas au centre de ses préoccupations, mais elle doutait qu'il ne se laisse aller à pleurer comme un enfant quand il en avait envie. Il voulait qu'elle le voit comme une machine de guerre, une bête féroce, un homme sans pitié et indigne de son amitié. Il dépeignait de lui de nombreux côtés sombres, dans le but de la mettre face à la vérité. Mais elle ne comptait pas se laisser impressionner.

“Quoi que vous en disiez, vous n'êtes pas une bête féroce. Même si vous en avez l'air ...” dit-elle d'un air taquin. “Et sachez que je n'ai pas peur de vous Rokh. Vivre jusqu'à trente ans dites-vous ... J'espère bien aussi vivre jusque là et bien au-delà ! J'ai l'impression avoir quelque chose à accomplir bien que je ne sache pas de quoi il s'agit”.

Elle fit une pause un moment et hésita, puis avec une étrange lueur dans les yeux, elle parla dans un souffle, doucement, avec lenteur.

“Vous aviez raison tout à l'heure. Si un jour je le devais, si cela était réellement nécessaire, je n'hésiterai pas à tuer. Si j'en éprouverai du plaisir, aucunement ! Mais de la satisfaction, peut-être”.

Pourquoi elle se sentait le besoin de lui dire cela, elle ne le savait pas. Mais c'était fait à présent et au fond cela n'avait plus d'importance à présent. L'air frais et la marche avait revigoré la jeune femme. Elle se sentait mieux, plus vivante et le coeur rempli d'un désir d'aventure de nouveau. Elle eu soudainement envie de sauter et de courir, de se rouler dans la neige, se laisser tomber dans la poudreuse et regarder le ciel jusqu'à être transit de froid. Elle l'aurait peut-être fait si elle n'avait pas senti le regard inquisiteur de Rokh sur elle. Alors elle continua à marcher tranquillement.
Finalement elle avait hâte de commencer son travail pour dame Farma et de découvrir qui elle était réellement. La petite paysanne avait écouté avec attention les révélations inattendues que Rokh lui avait fait. Les choses se mélangeaient dans la tête de la jeune femme, la pitié du Maréchal ou tout autre sentiment tordu, les souffrances de Farma, sa perte, son caractère, le retour du Maréchal, le combat final. Elle n'arrivait pas à y croire et n'arrivait pas à comprendre. Les hommes et leur façon étrange de penser !
Quoi qu'ils en disent les femmes avaient les idées plus claires et beaucoup plus sensées !

Au moins, il l'avait rassuré sur son état de santé et étrangement, la jeune femme se sentit plus paisible, plus légère. Elle avait au moins fait quelque chose de bien et si cela devait être la seule, elle pouvait en être fière, sentiment amplifié par le compliment du jeune homme. Puis il parla d'armure, chose qu'elle n'écouta d'une oreille, mais il prononça le mot “nain” et cela attira toute son attention. Les yeux marrons glacés de la jeune femme devinrent rond de curiosité. Les nains, les elfes et tellement d'autres créatures vivant en Terre du Milieu mais dont elle n'avait seulement vu qu'au travers de ses rêves de liberté. Les deux jeunes gens discutaient à présent sans trop d'appréhension, mais Snow lui avait perçu autre chose. Eliah pensait qu'il avait déniché un rat ou une quelconque bestiole qui devait se terrer dans un coin de rue, mais au regard de son compagnon, elle sentit que quelque chose n'allait pas.

Avant même qu'elle ne comprenne ce qui se passe, Rokh se trouvait devant elle, comme une armure vivante, ou plutôt le mur d'un château fort. Il était immense et impressionnant et un frisson parcourut sur corps. Sa position était telle que la jeune femme n'apercevait pas ce qui se passait dans son champ de vision immédiat. Que se passait-il donc ? Y avait-il quelqu'un ?
C'est ce que semblait croire son protecteur qui demanda d'une voix autoritaire auprès du potentiel nouveau venu. Eliah vit l'épée sortir de son fourreau, tout aussi impressionnante que son maître et la jeune femme elle même saisit sa petite dague sertie. Elle décida de rester pour le moment à l'abri, mais elle refusait de partir en courant. Elle n'abandonnerait pas Rokh ou même Snow. Prise d'une soudaine curiosité, la jeune femme se pencha un peu sur le côté, exposant son joli minois au regard ennemi. Un homme venait de se dévoiler des ténèbres. Au début elle crut qu'il s'agissait d'un simple mendiant ou d'un vieil homme perdu, mais au fur et à mesure qu'il se rapprochait de la lumière, elle remarqua plusieurs détails troublant.

Il portait une longue cape, usée par le temps et les voyages et une capuche sur les cheveux. Il n'avait pas d'armure, mais ses vêtements n'étaient pas ceux d'un simple paysan bien que d'où elle était et dans sa position, elle n'arrivait pas à voir les détails. Il y avait également quelque chose dans sa démarche d'étrange. Tout d'un coup, elle entendit son nom et sursauta. La jeune femme était captivé par le nouveau venu et toute à sa contemplation elle avait oublié que Rokh était toujours là, Varvad à la main et que ce nouveau venu pouvait être un ennemi dangereux.
Mais contre toute attente, elle fit un pas sur la droite, se révélant ainsi à l'ennemi qui sembla se figer quelques secondes. Puis tout arriva trop vite pour que la demoiselle ne puisse faire quoi que ce soit. Sa curiosité allait peut-être la perdre. A peine avait-elle comprit que l'homme était en fait un soldat, certainement venu pour tuer Rokh et pourquoi pas elle par la même occasion que l'éclat d'une lame refléta et l'aveugle l'espace d'un instant. La cape du nouveau venu tomba à terre et la lame de son épée alla rencontre celle de Varvad. Le combat était lancé et Rokh même blessé n'était pas en reste. Il n'était pas dominé et l'homme bien qu'en bonne forme paraissait fatigué et épuisé. Rokh était légèrement plus grand que lui, mais le soldat était très large et ses coups précis. Il était un bon combattant et sa lame était de qualité.

Ses longs cheveux blonds étaient attachés en une demi-queue laissant son visage libre et sa vision dégageait. Les deux hommes s'acharnaient à présent l'un sur l'autre et Eliah était restée plantée là, comme si elle avait été transformée en pierre. Elle regardait le combat se dérouler sous ses yeux, sans pouvoir parler, ni crier, ni même faire un pas de côté pour se mettre à l'abri des épées. Snow aboyait comme un fou, semblant encourager Rokh dans son combat. La tête de la jeune femme lui tournait et elle eut des nausées. Depuis que la cape de l'étranger était tombée à terre, elle était restée figée. Ses beaux yeux bleus azur avaient rencontrés ceux d'Eliah une fraction de seconde, se révélant au marron glacé dont les reflets s'accentuaient avec la lueur lunaire. Elle devait arrêter ce massacre, elle devait se ressaisir et faire quelque chose et vite !
Sortant d'une sorte de transe, la jeune femme revint enfin à elle quand le bruit du combat se rapprocha d'elle. Elle sentit le regard de Rokh sur elle, plein de rage et de reproche. Il voulait qu'elle fuit, qu'elle le laisse s'occuper de ça, seul.

Quand au rohirrim qui les avait attaqué, il paraissait vouloir se rapprocher de la jeune femme alors que Rokh souhaitait s'éloigner, voulant la protéger. Mais la lame du guerrier s'échappa et frôla le bras gauche de la jeune femme, déchirant le tissu. La brune sentit quelque chose de chaud s'écouler le long de son bras et elle plaqua sa main sur son bras pour empêcher que le filet de sang ne se répande sur tout son manteau. Elle retrouva enfin sa voix, ne comprenant pas se qui se passait. Pourquoi cette attaque ? Pourquoi cette façon de faire ?
Les yeux bleus eux aussi étaient posés sur Eliah, comme si chaque mouvement d'épée était donné en raison de sa présence, comme si le combat se faisait pour elle.

“NON NON NON ! Stop arrêtez !”

Mais aucun des deux hommes ne semblait vouloir cesser le combat. Tenant toujours sa dague dans ses mains, elle s'élança, dans l'espoir de s'interposer entre les deux hommes. Elle risquait là sa vie, car l'une ou l'autre des épées pouvaient bien venir lui trancher la gorge volontairement ou pas. Mais le mouvement qu'elle avait fait fut capté par les deux hommes qui devaient garder un oeil sur elle. Le blond contre toute attente baissa la garde de son épée en reculant vivement pour échapper à Varvad et d'une main habile, il se saisit du poignet de la jeune femme. Il avait jeté son épée à terre et sortit un long poignard de sa ceinture. D'une main, il maintenait la jeune femme fermement dans ses bras, une main sur sa bouche pour l'empêcher de hurler et de l'autre son poignard vain se glisser sur le cou tendu et dénudée de la douce Eliah. Une soudaine peur passa dans le regard de la jeune femme, une incompréhension intense, une douleur furieuse. Elle suppliait Rokh mentalement de partir, de fuir, de la laisser, de ne pas se laisser faire ou désarmer. Mais elle le connaissait assez à présent pour savoir que sa mission présente était de protéger Eliah. Et qu'il était peu probable qu'il l'abandonne à cet homme. Des larmes lui montèrent aux yeux alors qu'elle se débattait comme une furie pour échapper aux mains puissantes qui la retenaient.

Mais rien n'y faisait. Et plus elle bougeait, plus elle sentait la lame froide sur sa peau et son coeur battait plus vite dans sa poitrine. Son sang bouillonnait autant que ses neuronnes qui essayaient de relier les éléments entre eux. Tout cela était un complot, un piège, ou peu importe son nom, mais ce n'était pas loyal, si tout du moins en temps de guerre, les choses pouvaient l'être. Bientôt, la jeune femme fut vidée de toute son énergie alors que les bras la serraient plus fort encore pour l'empêcher de se débattre. Son ravisseur n'avait encore rien dit, il attendait patiemment que sa petite victime se calme, qu'elle perde ses forces. Et il espérait secrètement que celle-ci perde connaissance car les choses seraient alors bien plus faciles pour lui. Enfin le moment qu'il attendait arriva. Eliah était à présent épuisée et des larmes chaudes roulaient sur ses joues. Des larmes de rage, d'impuissance. C'est le moment qu'il choisit pour parler. Et il s'adressa à Rokh.

“Lâchez votre épée. Je ne sais pas ce que cette petite représente pour vous, mais soit. Si vous ne coopérez pas, elle aura la gorge tranchée. Et si vos souvenirs sont bons, nous nous sommes déjà rencontrés et vous savez de quoi je suis capable...”

A ces mots, Eliah se débattit faiblement, en vain. L'étreinte sur son abdomen lui coupait le souffle et son bras blessé lui faisait mal. Elle ne voyait pas le visage de l'ennemi et ne pouvait donc pas voir le grand sourire sur ses lèvres et la lueur dans ses yeux mais elle sentait son souffle dans ses cheveux et la chaleur de son corps. Elle aurait aimé pouvoir s'effondrer, se laisser aller, mais rien n'était perdu. Rokh était toujours là, debout devant elle et Snow avait cessé d'aboyer comme s'il comprenait la gravité de la situation. Mais la position de la jeune femme la rendait malade. Elle se maudissait d'avoir été aussi imprudente bien qu'elle ne comprenait toujours pas la raison de toute cette mascarade. Que voulait-il ?

“ALLONS ! Poser cette arme ou prononcez-vous avez clarté. Dois-je tuer la fille ?” railla la voix, avec malice.

“J'aimerai bien finir toute cette histoire et rentrer boire une bonne bière pour me réchauffer le corps.”

Eliah dans une dernière tentative se mit à gigoter dans tout les sens et à donner des coups de pieds qui malheureusement ne frappaient que le vide...
Rokh paraissait en proie à un combat intérieur et son corps entier semblait trembler de rage.
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Ryad Assad
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Au croisement on a toujours le choix [PV Eliah] - Page 2 EmptyJeu 30 Jan 2014 - 21:07
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Pure comme l'argent, froide que la glace, la lame du rohirrim s'éleva dans les airs en reflétant la pâle lueur des étoiles et de la Lune. Elle décrivit une courbe harmonieuse, et dans un bruissement de cape, elle obliqua brusquement, prenant la direction de la gorge tendue de l'oriental. Rokh la regarda faire avec une forme de fascination morbide. Il avait l'impression que le temps passait au ralenti, et il pouvait presque sentir l'adrénaline gorger ses muscles, son cœur se mettre à battre plus vite et plus fort dans sa poitrine. Il se sentait incroyablement vivant. Plus que jamais. Il avait voulu protéger Eliah, parce qu'il avait identifié l'individu inconnu comme une menace potentielle, mais désormais ce n'était plus une menace à qui il faisait face : c'était un défi personnel. Ses yeux s'agrandirent alors que son regard devenait fou, mais son visage ne trahissait aucune autre expression, comme s'il était absent de son propre corps. Dans sa tête, les pensées parasites avaient disparu, laissant place à une seule volonté, un seul désir, un seul objectif.

*TUER*

La bête sauvage qui sommeillait en lui, et que tous les occidentaux qu'il croisait essayaient de museler, se réveilla soudainement. D'un revers rageur, il repoussa l'épée de son adversaire, et marcha sur lui tel un titan déchaîné. Ses pas lourds résonnaient dans la rue, ses bottes crissaient sur la neige, et inlassablement il progressait. Il avait désormais complètement oublié Eliah, et ses yeux qui ne cillaient pas étaient braqués sur le rohirrim, qui revenait à la charge. Ce dernier semblait ne pas accorder autant d'importance qu'il l'aurait fallu à ce combat, et ses yeux allaient régulièrement regarder sur sa gauche, juste derrière Rokh. L'oriental, ne le voyait pas vraiment, et n'aurait de toute façon pas détourner son attention pour ce qui ressemblait à s'y méprendre à un subterfuge. Au lieu de quoi, il poussa son adversaire, fit monter la pression, en attaquant de manière brutale et précise. Le rohirrim bloquait, et se déplaçait latéralement, tandis que son adversaire suivait son mouvement, tournant autour de lui pour toujours le garder en ligne de mire. Le Rhûnien tenait son arme à deux mains, comme il n'avait pas de bouclier, et il assénait des coups sourds sur le fer de son ennemi, qui parait péniblement. Les blessures de Rokh semblaient n'avoir aucune incidence sur ses capacités, et il attaquait avec la fureur d'un démon. Il était agité de tremblements nerveux, et il évacuait le trop plein d'énergie dans la violence de la bataille, alors qu'une voix qu'il était le seul à entendre l'exhortait à plonger son épée dans le cœur de son adversaire, à le découper, le massacrer.

*TUER*

L'entièreté de son univers était concentrée autour du rohirrim, qui tenta une contre-attaque. Il ne voyait que lui, que sa lame acérée tentant de filer vers son torse. Il était obnubilé par elle, accaparé par sa trajectoire, hanté par la perfection du geste qu'il voulait réaliser. Il n'avait même pas pensé à bouger que déjà son corps avait réagi, et au moment où il envisageait une riposte, le tintement sonore de l'acier sur l'acier se faisait entendre. Son esprit conscient était passé au second plan, et il réalisait les choses avec un temps de retard. Au premier plan, c'était son inconscient qui occupait l'espace. Sa mémoire corporelle, les réflexes acquis par des heures et des heures d'entraînement, prenaient le dessus sur la logique, la raison et l'intellect. C'était la raison pour laquelle ses yeux étaient vides, inexpressifs, comme morts. Oui, il agissait comme un mort parmi les vivants. Etait-ce cela qu'il voulait dire quand il avait annoncé à Eliah qu'il avait été créé pour mourir sur un champ de bataille ? Quand on le voyait ainsi, on ne pouvait pas en douter... Il tuerait ou mourrait, il en était ainsi.

*TUER*

A côté de lui, il y eut un cri soudain qu'il ne considéra pas un seul instant. Ce n'était pas une menace, et même si c'en était une, il était persuadé de pouvoir la gérer sans la moindre difficulté. Pour l'heure, il devait remporter ce duel, détruire son adversaire, l'anéantir. Il capta un mouvement sur sa droite, et focalisa une partie de son attention dessus. Il était tellement obsédé par son combat qu'il ne s'intéressa qu'à une seule chose : est-ce que la créature qui avançait vers eux avait une arme ? Dès lors qu'il obtînt confirmation que ce n'était pas le cas, il reporta toute son attention sur son ennemi qui de son côté paraissait considérer plus longuement cette distraction inattendue. Saisissant là une opportunité dorée, le guerrier oriental fondit sur sa proie, et abattit sa lame au niveau de son épaule, découpant l'omoplate, déchirant la chair jusqu'à la cage thoracique, traversant ses poumons, avant de ressortir dans un bruit exquis. Il sentait la résistance vaine de la peau et des muscles sous l'acier affûté de Varvad, voyait le sang d'un rouge sombre jaillir devant lui comme une fontaine, et se répandre sur le sol en larges tâches inégales. Il captait la lueur de stupéfaction dans les yeux de son opposant, qui se mêlait peu à peu d'une douleur indicible, qui lui nouait la gorge et le tétanisait. Et puis il voyait la compréhension passer fugitivement dans ses yeux, alors qu'il se rendait compte que sa fin était arrivée. Il admettait alors son infériorité, et partait rejoindre ses ancêtres en rapportant le nom de celui qui l'avait expédié parmi les défunts, lui assurant une gloire éternelle.

*TUER*

Il avait vécu cette scène cent fois, mille fois, dix mille fois ! Il savait à quoi elle ressemblerait, il savait comment les choses allaient se passer. Il ne s'attendait simplement pas à ce qu'il rompît l'engagement. La lame de Rokh trancha l'air à une vitesse faramineuse, en produisant un bruit strident dans l'air, alors qu'elle passait à quelques centimètres du corps du rohirrim, qui avait eu le temps de se décaler. Il y avait laissé son épée, cependant, et il était désormais une cible facile. L'oriental poussa un cri de guerre de l'Est, et brandit bien haut sa lame, prêt à l'abattre de toutes ses forces sur le crâne de celui qui avait osé le défier, du misérable qui lui avait tenu tête, du mécréant qui avait eu le cran de le provoquer en duel. Ses yeux vides ne laissaient aucune place au doute : oui, oui il allait frapper, et anéantir tout ce qui se trouvait devant lui, indifféremment : homme, armure de cuir, cotte de mailles, femme...

*TUER !*

Un cri soudain fit revenir Rokh à la réalité, et il interrompit son geste alors que son sabre se trouvait à moins de cinq centimètres de la gorge d'Eliah. Elle tremblait perceptiblement, comme si elle était animée d'une vie propre, comme un serpent qui aurait eu une envie irrépressible de mordre mais qui n'en aurait pas été capable. Le visage du guerrier se figea un instant, tandis que ses yeux inexpressifs se posaient sur Eliah, les sourcils froncés. Et puis, comme s'ils retrouvaient peu à peu des couleurs, et qu'une âme émergeait de dessous un tapis d'ombres, ils retrouvèrent conscience du monde dans son ensemble. Le Rhûnadan serra fermement les mâchoires, et gronda :

- Eliah !

Ca avait été sa première réaction : la colère. Il ne savait même pas après quoi il était en colère, d'ailleurs. Etait-ce parce que la jeune femme qu'il était censé protéger - même s'il avait légèrement oublié sa présence, emporté dans l'euphorie du duel -, venait de se jeter dans la gueule du loup, et était désormais retenue prisonnière, une lame glissée sous le menton ? Etait-ce parce qu'il enrageait de ne pas avoir pu porter le coup fatal comme il l'entendait, comme il le prévoyait, comme il le désirait ? Assurément, ces deux sentiments tumultueux bouillonnaient en lui, et il ne pouvait pas se défaire de la rage qu'il éprouvait en cet instant. Il s'en attribua une part, pestant après sa propre incompétence, et son incapacité à venir à bout rapidement de cet adversaire. Il fustigea la lâcheté de cet homme, qui osait se servir de quelqu'un d'autre pour se protéger, dès lors qu'il avait compris qu'il était dominé. Il en voulait à la terre entière, et n'avait pour seule alliée que Varvad, sa fidèle lame qui paraissait assoiffée, déterminée à boire le sang de quelqu'un ce soir : ennemi ou ami, coupable ou innocent.

La jeune femme se débattait vainement, car l'inconnu la tenait trop bien pour la laisser s'échapper. Il n'avait pas intérêt à le faire, d'ailleurs, car Rokh n'avait toujours pas baissé sa lame. Au moindre signe de relâchement, Varvad fondrait jusqu'à sa gorge, et lui ferait payer son affront. Le rohirrim se déplaça légèrement sur le côté, de sorte à bloquer l'angle d'une attaque de taille, mais l'oriental modifia sa position en conséquence, et pendant quelques secondes, ils se tournèrent autour, très lentement. La tension était palpable entre les deux hommes, et Eliah était prise au milieu de ce déferlement, promise à la mort s'ils n'y prenaient pas garde. Finalement, la jeune femme tomba à bout de forces, et elle cessa de gesticuler, ce qui valait mieux pour elle de toute façon. Rokh était un guerrier, et il n'était pas habitué à parler dans ce genre de situations. Il sentit au fond de lui-même que c'était le moment de dire quelque chose, pourtant, de lâcher une phrase rassurante, quelque chose pour l'aider à tenir bon. Mais rien ne lui vint. Il aurait pu lui lancer un regard assuré, pour essayer d'entretenir en elle la flamme de l'espoir, mais il était incapable de regarder autre chose que l'homme qui la retenait, d'analyser ses mouvements, d'observer sa démarche. Jusqu'à présent, il n'y avait aucune faille dans sa prise, et il pourrait quoi qu'il arrivât trancher la gorge de la jeune femme avant qu'il n'eût le temps d'intervenir.

- Je ne vous connais pas, répondit Rokh sans réfléchir.

Il avait écouté d'une oreille très distraite ce que le guerrier lui avait dit, réfléchissant plutôt à ses options. Il se fichait pour l'heure de savoir s'ils étaient vieux ennemis, ou s'il avait une rancœur personnelle contre lui. Il ne voulait pas entendre une quelconque histoire sur un membre de sa famille qu'il aurait tué, ou un proche qu'il aurait écrasé sous les sabots de son cheval. Tout ce qui importait pour l'heure, c'était de savoir comment passer outre Eliah pour lui porter un coup fatal. Ses options étaient limitées. Seule la tête était atteignable, mais il pouvait rapidement se réfugier derrière la jeune femme s'il le souhaitait. Il faudrait se montrer vif, mais ce n'était pas une garantie de succès. Si l'attaque n'était pas mortelle, il aurait encore le temps de tuer sa prisonnière. Et si elle l'était, il faudrait à l'oriental des réflexes aiguisés pour s'emparer du poignet de l'homme et l'empêcher de blesser gravement la dame de compagnie. Le Rhûnadan estimait qu'Eliah avait de bonnes chances de survivre, même s'il était possible qu'elle conservât une cicatrice, s'il ne se montrait pas assez rapide pour bloquer le poignet de l'inconnu. Il lui fallait juste une ouverture pour frapper. Juste une. Il en était là de ses réflexions quand le guerrier reprit la parole, venant le perturber. Rokh n'était pas homme à manier les mots, et il ne savait pas quoi répondre. Tout ce qu'il avait en tête lui paraissait inutile, une véritable perte de temps. Négocier ne faisait pas partie de ses compétences, et on ne l'engageait en général pas pour ça. Il était utilisé comme un bélier face à une porte. Braqué dans la bonne direction, il frappait jusqu'à fracasser tout ce qui se trouvait devant lui. Une fois la porte broyée, il perdait toute utilité. La subtilité était quelque chose qu'il n'avait pas en réserve, hélas.

- Si elle meurt, c'est moi qui vous tue.

Comme ça au moins, les choses étaient claires. Il était certain qu'au moindre geste suspect, Eliah verrait sa gorge tranchée. En revanche, c'était une solution extrême que le rohirrim ne pouvait pas utiliser à la légère. S'il éliminait la jeune femme, il n'avait aucune chance d'en réchapper en vie. Et visiblement, il avait un problème avec Rokh, et il s'arrangerait pour ne pas mourir avant d'avoir obtenu sa vengeance, quel qu'en fût le motif. L'oriental bouillonnait intérieurement, et il enrageait de ne pas pouvoir libérer ses pulsions violentes, qui le rongeaient de l'intérieur. S'il avait pu, il aurait passé ses nerfs sur la première personne venue. Il détestait ce genre de situations, où il ne pouvait pas se laisser aller, et combattre dignement. Par Melkor que cette situation était déplaisante !

Combien de secondes ou de minutes passèrent ainsi ? Combien de temps restèrent-ils plantés là, dans le froid polaire de la nuit, face à face, immobiles, en attendant que l'autre fît un mouvement inapproprié. Rokh, malgré la douleur dans son bras, avait refusé d'abaisser sa lame, qui tremblait de plus en plus désormais. Il serrait les dents pour endiguer la douleur, et attendait la fameuse ouverture qui viendrait bien à un moment donné. Il devait être prêt. Mais avant que le sort eût décidé lequel des deux allait craquer en premier, des bruits de pas se firent entendre. Les deux hommes tendirent l'oreille, mais ne bougèrent pas. Ils savaient qu'ils ne le pouvaient pas, sans quoi ils devraient de nouveau livrer bataille. Le rohirrim ne bougea pas d'un centimètre, et Rokh non plus. Et pourtant, la situation venait de changer radicalement.

- Qui va là ? Bas les armes ! Bas les armes, j'ai dit !

Une patrouille de la garde. Il ne manquait plus que ça. Douze hommes venaient de surgir, et de se déployer en arc de cercle derrière Rokh. Il faisait nuit, et peut-être ne voyaient-ils pas bien ce qu'il se passait. Peut-être ne voyaient-ils pas qu'Eliah était retenue prisonnière par un homme. Ou peut-être qu'ils étaient trop concentrés sur le Chien de Farma, dont le physique unique dans la forteresse était parfaitement reconnaissable. Ils connaissaient sa réputation, et ils le trouvaient dehors en train de livrer un duel. Leur esprit n'avait pas besoin de faire beaucoup plus de chemin pour arriver à une conclusion qu'ils estimaient valable. Mais ce fut l'inconnu qui prit la parole, d'une voix forte et claire, audible par tous :

- Je suis des vôtres, je suis également un soldat ! Capitaine, je vous donne l'ordre d'arrêter cet homme sur-le-champ ! Je m'occupe de cette femme !

Les soldats hésitèrent, et se tournèrent vers leur capitaine. Celui-ci, qui gardait l'œil braqué sur Rokh, accorda un peu d'attention à celui qui se disait soldat du Rohan. Afin de prouver ses dires, il se décala légèrement sur le côté, révélant à tous la présence d'un cheval d'un blanc immaculé sur sa livrée sinople. L'ouverture ! Le Rhûnadan se jeta en avant sans attendre, prêt à porter le coup décisif. Il avait à peine noté la présence des douze sentinelles, et avait escompté que leur présence lui fournirait l'opportunité tant attendue. Pour une fois, ils avaient fait du bon travail. Mais au moment où il allait frapper, une forêt de lames se dressa devant lui, et son sabre rencontra les épées des guerriers, qui n'en menaient pas large de devoir l'affronter. Il jura dans sa propre langue, et faillit se jeter à l'attaque des hommes qui lui barraient la route, mais ils se saisirent de lui fermement, et le ramenèrent à la réalité. Non pas qu'il aurait été incapable de les neutraliser s'il l'avait voulu - même si douze guerriers auraient facilement pu lui porter au moins un coup fatal -, mais il savait que son objectif était tout autre. Eliah était aux mains de cet individu, et lui-même était totalement cerné.

- Attendez, ce n'est pas...

- Ta gueule ! Répliqua un des gardes en lui adressant un coup de poing en pleine joue.

Un goût de sang envahit la bouche de l'oriental, alors que sa tête était rejetée en arrière sous la force de l'impact. Il cligna des yeux, et endigua la douleur derrière les barrières de sa volonté redoutable :

- C'est lui qui...

- Tu vas la fermer, sale Chien !? Lança un autre en le frappant derrière la tête avec le pommeau de son épée.

Rokh tomba à genoux, et s'il était totalement désorienté, sonné, avec des étoiles devant les yeux, il avait encore en ligne de mire son adversaire, dont il capta le sourire. Alors, incapable de rien dire, il tenta de le charger, même s'il devait pour ce faire passer au travers d'une muraille humaine. Les gardes se saisirent de lui, et le repoussèrent au milieu d'un cercle qu'ils avaient formé. Certains avaient des bâtons, utilisés en général pour mater des hommes sans les tuer. Ils les dégainèrent, et commencèrent à frapper le guerrier à terre, sans merci :

- Tiens ! Prends ça sale oriental ! Criait l'un. Ça c'est pour nos frères que t'as tués ! Lançait l'autre. Espèce de barbare ! Renchérissait un troisième. Toi et les tiens méritez de crever ! Crachait un quatrième. Regardez comme il se tort, on dirait vraiment un chien ! Chantait un cinquième.

Rokh, qui tentait tant bien que mal de se protéger des coups, vit du coin de l'œil son adversaire s'éloigner prestement avec Eliah. Ils disparurent rapidement dans une rue perpendiculaire, et échappèrent complètement à sa vision. Le guerrier ferma les yeux, espérant qu'un de ces hommes finirait par apprendre à viser, pour l'assommer définitivement...


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"Il n'y a pas pire tyrannie que celle qui se cache sous l'étendard de la Justice"
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Eliah Tandoril
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Eliah Tandoril

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Au croisement on a toujours le choix [PV Eliah] - Page 2 EmptyLun 3 Fév 2014 - 16:50

Au croisement on a toujours le choix [PV Eliah] - Page 2 Oemir10

Le temps était aussi froid que sur le plus haut col de Caradhras. Ici, en Rohan, où les terres avaient toujours été fructueuses et prospères, où l'hiver avait été toujours été doux et clément, ici où l'herbe ne disparaissait presque jamais. Et pourtant, cet hiver là n'avait rien de naturel, comme poussé par une force maléfique à s'insinuer sur les moindre parcelles de terres, elle prenait aussi bien les hommes, les animaux et toute chose vivante. Et c'était par ce temps infâme que l'ennemi avait décidé de se battre, par ce temps terrible qu'ils avaient décidé de venir détruire tout ce qu'ils pouvaient, poussé par une force malveillante. Le combat avait été rude, Aldburg pratiquement détruit mais pourtant, ils avaient réussi à mettre l'ennemi en déroute. Oemir était l'un des nombreux hommes qui avaient accompagné le Maréchal Mortensen dans la bataille et l'un de ceux qui avaient échappé à la mort. Non pas sans blessures bien entendu, non pas sans perte et sans séquelles car nombre de ses compagnons d'armes étaient tombés. Et ils avaient pu capturer certains hommes dont ce géant de muscles du Rhûn qui n'était qu'une bête sanguinaire, une brute sans pitié, un monstre tout simplement. Ils lui avaient tiré quelques informations puis le Maréchal l'avait prit. Ce qu'il avait fait de lui, Oemir ne le savait. Il espérait bien qu'il soit jeté dans une cellule puante pour le restant de ses jours ou mieux encore, qu'il le tue sans plus de cérémonie.

Mais Oemir n'avait pas assisté réellement à tout ce qui s'était passé par la suite, car il avait été envoyé en mission par son capitaine aussitôt la bataille terminée, ou presque. Il était bon cavalier et son cheval Légaroth, était noble, d'une des meilleures races du Rohan et son pas était léger et rapide. Il devait aller quérir quelques informations aux frontières et revenir un peu plus tard à Aldburg. Il lui avait été permis également de prendre deux jours de repos pour soigner ses blessures. Et c'est ce qu'il fit sans tarder car même si pour lui il ne s'agissait que d'égratignures, il n'en était pas moins dangereux de laisser une blessure sans soins. C'est donc avec le coeur léger qu'il s'en était allé, retournant ainsi dans son petit bourg non loin d'Edoras après plusieurs jours de chevauchés. Oemir était un grand gaillard qui devait avoir trente cinq ans. Il était de forte carrure avec des épaules si larges qu'elles paraissaient trop grandes pour lui. Il avait les cheveux blonds caractéristiques des rohirrim et des yeux bleus si clairs qu'ils reflétaient souvent comme un miroir les choses alentours. Il était d'un bon tempérament, gentil, fidèle et loyal et il aimait plus que tout sa famille. Mais il n'en était pas moins un redoutable guerrier. Il n'avait pas de femme et pas d'enfant au grand damne de sa mère qui ne cessait de lui rappeler qu'il était en âge de fonder une famille. Mais il répondait toujours en souriant qu'il avait déjà une famille et que pour le moment cela lui suffisait !

Oemir était à présent las et épuisé et il était heureux à la pensée de retrouver son chez soi, mais aussi de voir le joli minois de sa petite perle, de sa raison de vivre. Sa petite soeur qui n'était plus si petite que ça à vrai dire. Elle aussi serait bientôt en âge de se marier mais il répugnait à penser à cette idée. Il avait supplié son père de ne pas lui donner à un idiot sans cervelle et sans manière. Elle était bien trop belle et trop bien éduquée pour un fils de paysan. Oemir pensait pouvoir facilement la marier à un noble d'une ville voisine ou à un chevalier gradé, mais ses parents n'en démordaient pas. Elle ne partirait pas d'ici. Il s'était disputé de nombreuses fois avec eux et avait finalement préféré quitter la maison plutôt que d'assister à des choses pareilles. Mais il connaissait le caractère de la petite brune et si elle était d'apparence fragile, elle n'en avait pas moins un caractère bien trempé et savait ce qu'elle voulait. Le chevalier arriva chez lui un soir au couché du soleil. L'endroit paraissait étrangement désolé et il ne vit personne au loin au dehors comme il s'y attendait. Pourtant si Lothir son cadet n'était plus à la maisonnée, il étaient six personnes encore à y vivre. Le rohirrim mit pied a terre et déchargea son cheval qui alla docilement rejoindre le vieux Honnest à l'écurie, ou ce qui ressemblait le plus à une écurie, une vieille étable à vrai dire avec de la paille et assez grand pour contenir trois chevaux. Il poussa la porte de la maison, défaisant dans le même temps son armure, car il avait besoin d'un bon bain chaud. Mais aucun cri de joie hystérique ne l’accueillit dans la maison où régnait un silence de mort.

Sur son coeur tomba alors une ombre et une douleur indescriptible. Il ne savait pas ce qui se passait ici, mais il ne se passait rien de bon. Où était Eliah ? Pourquoi n'avait-elle pas déjà accourut à lui pour se jeter à son cou... l'idée que son père lui avait déjà trouvé un époux l'accabla et il dut serrer les dents pour ne pas hurler. Bientôt sa mère arriva dans le salon telle une ombre, comme si elle n'avait rien entendu. Elle pensait certainement qu'il s'agissait de son mari qui rentrait du travail, car en voyant son fils, son regard s'éclaira et c'est elle qui vint se jeter dans ses bras. Des larmes chaudes lui coulaient sur le visage, éprouvant un peu plus le pauvre Oemir qui sentait que quelque chose s'était passé, mais qui n'était au courant de rien. La repoussant un peu plus brutalement qu'il ne l'aurait voulu, il laissa tomber casque et armure par terre avant de la prendre par les épaules.

“Où est Eliah ? Où sont les autres et que s'est-il passé ? Raconte moi tout ! En détail...”

Talaïr venait de terminer son récit et le visage d'Oemir était sombre et fermé quand les autres hommes de la famille firent leur irruption au salon. L'aîné de la famille était perdu dans ses pensées. Si son frère Lothir avait trouvé le départ d'Eliah sans danger et qu'il pensait la ramener aussi facilement, Oemir lui, savait qu'il se passait des choses en Rohan qui pourraient rendre cette tâche plus ardu qu'il ne le pensait. Oemir et son frère Lothir avait toujours été en compétition, ils ne se détestaient pas certes, mais il n'y avait pas entre eux, un amour fraternel comme ils en avaient pour les autres. Qui plus est, ils s'étaient  toujours battu pour avoir la préférence de la princesse.
Tous dans la maisonnée semblaient abattus et tristes, épuisés. Ils savaient qu'Eliah était partie de son propre chef, ils savaient que Lothir l'avait aperçu car il était venu les prévenir aussitôt qu'il avait rencontré la jeune femme, mais ils avaient aussi apprit qu'elle avait un don pour se mettre dans les ennuis. Oemir se mit à maudire intérieurement son jeune frère qui n'avait pas été capable de récupérer une jeune femme, qui l'avait laissé partir. Mais il savait au fonds de lui ne pas avoir eu tout les détails, car son frère ne les auraient pas raconté à ses parents, pas à sa mère, pour ne pas l'effrayer. Il sonda le regard de son père, mais celui-ci ne semblait pas en savoir d'avantage. Il décida donc de rester seulement une nuit et de partir dès le lendemain pour chercher des informations.
Il avait hésité à aller trouver Lothir, mais c'était trop dangereux. Personne ne savait ce qui se passait réellement à Edoras en ce moment et il était important pour lui de ne pas trop s'en approcher pour le moment. Mais si Eliah s'était rendu la bas ...

Oemir se reposa donc une nuit et reprit la route aussitôt le matin levé. Il chevaucha comme prévu jusqu'aux frontières pour quérir les informations nécessaires et il reprit la route d'Aldburg. Il avait un peu d'avance mais il en profita pour passer par les plaines et les villages près d'Edoras afin de chercher des informations. Il trouva bientôt un groupe de voyageurs qui lui apprirent qu'une ferme non loin de là avait été entièrement brûlée par des hommes et qu'il n'en restait plus que quelques vestiges. Il prit le temps d'aller jeter un oeil, mais il ne trouva la rien qui puisse le mettre sur une piste. Tout avait entièrement brûlé et la neige avait recouvert les cendres noires, faisant une boue grise ci et là, où le soleil avait tapé un peu trop fort. Un peu plus loin, un petit  tertre avait été élevé et des fleurs fanées trônaient là, en souvenir d'un être aimé et perdu. L'homme se détourna et reparti au galop un sentiment de peine intense dans le coeur. Il avait besoin que ce froid cesse et que de bonnes choses arrivent. Les combats rongeaient votre coeur et faisait devenir sombre. Il n'était plus très loin d'Aldburg quand il rencontra un homme, encapuchonné qui clopinait dans la neige et qui semblait vouloir échapper à un quelconque ennemi. Il sauta de cheval et l'attrapa par la manche alors qu'il tentait s’éclipser envahit par la peur à la vue du chevalier.

Cet homme ne lui inspirait pas confiance et il l'aurait traité de voleur bien volontiers s'il avait été en service et qu'il cherchait à appliquer la loi du royaume mais ce n'était pas le cas pour le moment et il avait juste besoin d'informations. L'homme venait d'Aldburg, il ne voulut pas dire ce qu'il fuyait, mais il avait eu récemment le nez cassé à ce que pouvait en juger Oemir. Il demanda alors des nouvelles de la ville et du Maréchal si possible mais ce que lui raconta l'homme bon gré mal gré n'était rien face à ce qu'il lui apprit ensuite de manière totalement hasardeuse. Il avait la langue bien plus pendu qu'il n'y paraissait et avait besoin de cracher son venin. Il parla d'un homme, grand, fort et étranger qui l'avait injustement attaqué (Oemir doutait sérieusement sur le côté injuste de la chose) et il avait faillit le tuer. Seule la bonté d'une belle dame aux longs cheveux bruns avec un visage d'ange et des yeux de miel l'avait sauvé. Mais alors que l'homme fier de lui s'apprêtait à partir, il fut saisit par le col et soulevé du sol. Ses pieds battaient l'air pitoyablement alors qu'Oemir posait un regard sombre et menaçant sur lui.

“Cette femme, parle moi d'elle ... Décris-la moi.”

“Mais je l'ai déjà fait mon seigneur elle était très belle, fort désirable et ...”

Il dut s'interrompre car il venait de recevoir un coup dans les côtes et fut projeté à terre avec violence.

“Décris-la moi mieux que ça et surveille ton langage ou tu ne pourras plus jamais te servir de ta langue !”

Gémissant de douleur il supplia le chevalier de cesser et lui promis de tout lui dire sur la belle dame d'Aldburg s'il le laissait partir sans encombre. Oemir haucha la tête et il apprit avec une joie et une horreur non dissimulée tout ce que l'homme lui racontait. Si cette femme n'était pas Eliah, il était prêt à se jeter dans l'Entalluve pour ne plus jamais en sortir et cet homme ... Cette description lui avait donné des frissons dans le dos, elle lui avait donné des douleurs à l'estomac et son corps tout entier tremblait de rage et de crainte. Mais ce ne pouvait ... le Maréchal s'était emparé de lui ... Comment pouvait-il se trouver avec sa petite soeur ?
Il osa poser la question à l'homme qui vit la une occasion de se venger. L'air désespéré, il se jeta aux pieds d'Oemir et se mit à sangloter.

“Sorcellerie mon seigneur ! Sorcellerie ! Cet homme la tient sous son joug, il l'a prise avec lui et Dieu seul sait ce qu'il va faire de cette pauvre petite créature si fragile...”

S'en était trop pour Oemir. Il remonta sur son cheval Légaroth et partit au galop aussi vite qu'il le put, le coeur en peine. Il n'avait plus qu'une obsession, la jeune femme aux yeux ambrés. Quand il rencontra Eliah et Rokh se baladant dans la nuit, il trainait dans les rues d'Aldburg depuis un moment déjà. Il avait cherché rue par rue et quand il entendit le doux son fluet de sa voix, il crut qu'il allait défaillir. Il n'avait plus de doute, c'était bien elle et l'homme qui l'accompagnait était bien le monstre qui avait massacré ses camarades. C'est ainsi que se fourvoyant, il avait pensé Eliah ensorcelée par Rokh et qu'il l'avait combattu essayant de sauver sa soeur. Mais s'il l'avait pu, il aurait planté volontiers son épée dans la gorge de cet homme.
Étrangement, il avait paru à Oemir que l'étranger voulait protéger sa soeur, il en joua donc à son avantage.

Eliah avait aussi mal à la tête que si elle allait exploser dans la minute. Son bras lui faisait mal et elle avait toujours beaucoup de mal à respirer. Elle était prise dans un tourbillon de sentiments, de ressentiments qui lui brouillaient la vue et les sens. Rokh avait continué à se battre jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'Eliah était prise au piège. Varvad s'était arrêté juste à temps, juste à temps pour ne pas lui trancher la gorge d'un trait et son coeur s'était mis à battre encore plus fort. La situation était dans l'impasse, car Oemir n'en démordrait pas et Rokh ... que dire de Rokh ...
sa fierté ne lui permettait pas d'écouter les revendications d'Oemir, il le tuerait pour sauver Eliah, ou il mourrait. Du moins c'est ce qu'elle pensait ...
La jeune femme était à bout de souffle et l'immobilité et le froid lui donnait envie de dormir. Bientôt malgré elle, malgré la situation horrible, ses paupières devinrent lourdes et elle lutta contre le sommeil. Les deux hommes s'étudiaient, se détaillaient et cherchaient la faille. Eliah aurait voulut pouvoir crier, juste rétablir l'équilibre, il lui suffisait d'un mot, d'une parole pour que tout cela s'arrête. Elle était irritée de ne pouvoir faire quoi que ce soit, d'être à la merci d'un homme qu'elle idolâtrait tant et de ne savoir pourquoi !

C'est alors perdue dans ses pensées, qu'elle entendit des cliquetis et des voix d'hommes. Plusieurs hommes s'étaient approchés bien qu'elle ne put distinguer combien à l'instant et les choses se précipitèrent et la situation changea du tout au tout. Oemir parla d'un ton autoritaire et elle comprit que les hommes armés étaient des gardes. Comment il les connaissait, elle n'en savait rien, toujours était-il qu'ils obéirent à son frère et qu'il s'approchèrent de Rokh pour pour l'intercepter, non sans violences. Eliah poussa un cri de rage et de désespoir étouffé par la barrière de chair et elle ne vit plus rien, n'entendant que les insultes déplacés que pouvaient jeter les gardes avec toute la rage qu'ils avaient gardé en eux. Qui était Oemir pour leur donner ainsi des ordres ? Pourquoi ne les avaient-ils pas arrêté tout les deux ?
Le sort de Rokh lui faisait mal au coeur et elle espérait qu'il tiendrait le coup. Pas qu'elle doute de sa force, mais il était encore blessé quoi qu'il en dise. Oemir l'avait trainé un peu plus loin ne desserrant pas son étreinte puis avant de la lâcher il lui murmura à l'oreille : “Ne crie pas !” avant de laisser  échapper toute la pression qu'il avait mis sur Eliah.

Ses muscles se détendirent et il respira enfin normalement. Eliah ne cria pas, mais elle était aussi blanche qu'un linge. Son regard était embué de larmes et il eut mal au coeur de la voir ainsi. La jeune femme qui était épuisée tomba à genoux et se mit à sangloter la tête dans ses mains. Oemir se baissa et voulut la prendre dans ses bras et la rassurer mais elle le repoussa avec rage et avec plus de puissance qu'il ne l'aurait cru. Quand ses beaux yeux ambrés le fixèrent, il tressaillit. Il pouvait y lire une telle rage, un tel désespoir. Sans crier gare, elle se leva et se jeta sur Oemir, frappant avec  ses poings chaque partie du corps qui était à sa portée. Il portait son armure et elle souffrit plus que lui, mais cela lui fit du bien de se défouler ainsi. Oemir paraissait choqué et ne se défendit même pas, encaissant les coups. Puis il lui prit doucement les poignets pour qu'elle cesse de se faire du mal à elle même.

“Eliah ...”

“Je te DÉTESTE ! Pourquoi as-tu fais ça ? Je ne comprends rien à tout ça ! Tu m'as blessé ! Tu m'as ... tu m'as kidnappé, tu as failli m'étouffer et à cause de toi Rokh est peut-être mort à l'heure qu'il est.”

La jeune femme poussa un immense cri de rage et se releva d'un bond telle une furie. Elle dominait Oemir de toute sa hauteur, car il était resté assis par terre ne comprenant pas. Le sortilège devait être toujours actif sur sa soeur, sinon elle ne réagirait pas de la sorte ...

“Réponds au moins quand je te parle Oemir Tandoril ! Qu'est ce qui t'es passé par la tête ? Il n'avait rien fait et moi non plus ! C'est parce que je suis partie de la maison ? Je ne rentrerai pas avec toi ! Je te déteste ! Je te déteste ! Comment tu as pu faire ça !”

Eliah ne se calmait pas et elle voyait bien qu'Oemir n'en menait pas large. Visiblement, lui non plus ne comprenait rien et semblait désorienté. Mais c'est tout de même lui qui prit les devant afin de mettre les choses au clair. Elle était trop en colère pour lui expliquer quoi que ce soit avant qu'il ne ce soit excuser. Et elle perdait du temps alors que Rokh était en danger.

“Eliah tu étais en danger, je voulais te sauver. Je t'assure que je ne t'ai jamais voulu aucun mal... tu sais à quel point je t'aime.”

“Est ce que j'avais l'air en danger ? On se baladait simplement ! Rokh est ... c'est... mon ami ! Et il ne m'a jamais fait de mal !” s'époumona-t-elle.

Oemir fit des yeux ronds et finit par laisser tomber :

“Il ne t'a pas jeté de sort alors ?”

“De ... quoi !? Un sort ? Mais ou as-tu ...”

Et Oemir lui raconta tout se qui s'était passé, tout ce qu'il avait apprit et il comprit combien il s'était fourvoyé et combien il s'était fait avoir par ce sale mendiant. Une fois Eliah calmée elle put elle aussi raconter des bribes de sa propre histoire, mais elle était trop longue pour être racontée en totalité ce soir. A son tour, Oemir fut rassuré mais il avait la parfaite conviction que sa soeur ne lui pardonnerait pas de si tôt. Elle ne le regardait même pas ... quand les explications furent faites, bien qu'il y avait encore bon nombres de choses à raconter et à mettre au clair, Eliah bondit en avant et attrapa la bride de Légaroth et caressa son museau, enfonçant sa tête dans sa crinière.

“Allons retrouver Rokh à présent. Si tu veux te faire pardonner, tu as intérêt à m'aider à le trouver, sain et sauf !”

La jolie brune tremblait de la tête aux pieds mais elle n'aurait su dire si cela était à cause du froid, des émotions, ou de la peur. Quoi qu'il en soit, elle monta sur le cheval suivit d'Oemir qui lui promit  de tout faire pour réparer ses erreurs. Ils retournèrent là où les gardes avaient intercepté l'oriental, mais évidemment ils étaient partis. La jeune femme était en proie à une grande détresse. C'était étrange, mais elle se sentait responsable de lui et de sa sécurité. Étrange paradoxe effectivement ...

“S'il lui arrive quelque chose, Farma me fera tuer. Ou le Maréchal ... ou les deux ! Oh Oemir pourquoi es-tu venu tout gâcher ...”

Oemir ne répondit pas, car il était courroucé et blessé dans son amour propre. Il n'avait déjà que trop entendu parlé de ce Rokh, cet être ignoble que sa soeur avait prit étrangement en adoration. Il avait très certainement du lui raconter des choses, des mensonges pour qu'elle ait toute sa tête et qu'elle puisse tenir à lui. Alors que lui, son propre frère, elle l'avait détesté par sa faute.
Non Oemir n'aimait pas Rokh, il ne l'aimait pas parce qu'il avait tué bien trop de ses amis, il ne l'aimait pas car c'était un étranger, mais à présent il le haïssait car il avait réussi à toucher à la chose la plus précieuse dans la vie d'Oemir, le coeur d'Eliah. Et cela le rendait complètement fou. Mais il ne dit rien, car il avait fauté et que sa petite soeur avait raison. Il n'aurait pas du réagir ainsi, cela ressemblait plus à Lothir. D'ailleurs Eliah avait faillit lui faire la remarque, pour le blesser sans aucun doute mais elle s'était retenu a à temps, se rappelant à qui elle avait à faire, se rappelant peut-être, le peu d'amour qu'elle avait encore pour son frère en cet instant.

Puis contre toute attente, la jeune femme se laissa tomber sur le torse de son frère, ferma les yeux et elle s'endormit aussitôt, blottie dans ses bras. Le vent frais sur ses joues avait fini par avoir raison d'elle et elle se sentait bien trop fatiguée. La demoiselle avait toutes les raisons du monde de le détester en cet instant et elle lui en voulait énormément, bien sûr. Mais ce visage familier et aimé, ce visage ci en particulier lui donnait tout d'un coup un sentiment d'extrême sécurité et de calme. Et elle était si fatiguée... Après tout il avait attaqué sur un malentendu et si elle n'était pas aussi clémente, rien de cela ne serait arrivé. Rokh avait raison au fonds, il y avait des moments ou utiliser son épée avait du bon. Elle allait devoir à réfléchir à cela très longuement et à tête reposée.
Elle pensait fermer les yeux quelques secondes. Oui juste le temps du trajet. Mais elle sombra dans un profond sommeil.

Oemir se sentit revivre de nouveau. L'espace d'un instant, il eut dans l'idée de l'amener loin de cette ville, loin de lui, mais elle lui faisait confiance. La trahir maintenant c'était la perdre à jamais et il n'était pas assez fort pour cela, même si la garder près de lui ici signifiait la mettre en danger.
Au lieu de cela, Oemir se dirigea vers le seul endroit où les gardes avaient pu amener Rokh s'ils n'avaient pas décidé de l'achever. Les geôles d'Aldburg, près de la maison du Maréchal.
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Ryad Assad
Espion de Rhûn - Vicieux à ses heures perdues
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Au croisement on a toujours le choix [PV Eliah] - Page 2 EmptyVen 7 Fév 2014 - 19:41
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Rokh se réveilla avec la sensation désagréable d'avoir été piétiné par un troupeau de buffles ou de taureaux. Sa tête lui faisait atrocement mal, et il mit un moment à trouver la force de se redresser. Il lui fallut encore quelques secondes pour réussir à se stabiliser, et à maintenir son équilibre. Ses oreilles bourdonnaient, et il se sentait nauséeux. Toutefois, il n'était pas du genre à se laisser aller et à se plaindre. Non. Il était un guerrier, forgé dans les flammes de la guerre, et il avait vu des horreurs bien pires qu'une bande de gardes en colère. Lui avait déjà pataugé dans le sang, enduré des blessures terribles dont son corps gardait encore les cicatrices. En comparaison de ce à quoi il avait survécu, ce n'étaient que des piqures de moustiques, qui avaient eu raison de lui grâce à leur nombre. Il força sur ses bras pour se relever, et secoua la tête. Ses cheveux bruns détachés volèrent autour de lui, et tombèrent devant son visage. D'ordinaire, il avait l'air plus propre sur lui, ce qui faisait ressortir la fierté et l'orgueil sur ses traits. Mais en l'occurrence, il ressemblait plutôt à une bête sauvage, enfermée dans une cage aux épais barreaux, rongeant son frein dans l'attente d'un exutoire à sa colère. Il se mit à marcher de long en large, encore sous le coup de l'excitation et de la frustration, se contenant juste assez pour ne pas se jeter férocement sur les tiges de métal qui le séparaient de l'extérieur. Il marcha ainsi de longues heures, jusqu'à ce que la fatigue le poussât à s'allonger. Mais même alors, sa poitrine se soulevait à un rythme trop rapide pour être normal, et il ne désirait qu'une seule chose : quitter cet endroit, retrouver l'inconnu qui avait lâchement fui leur combat, et l'écraser impitoyablement.


~~~~


Lorsqu'Oemir arriva devant les gardes qui tenaient l'entrée des geôles, il se heurta à un problème de taille. Les hommes qui se trouvaient là n'avaient pas vraiment envie de le laisser passer, car leur vie était en jeu. En effet, certains des prisonniers qui se trouvaient dans les cachots de la forteresse rohirrim étaient des hommes très dangereux, d'anciens serviteurs d'Hogorwen dont la loyauté allait à ce mystérieux Ordre auquel appartenait Rokh. Ce n'étaient pas des Pies, mais ils refusaient de reconnaître la légitimité du Maréchal et du Roi Fendor. Ils n'étaient qu'une poignée de fanatiques, des hommes perdus qui se raccrochaient vainement à l'espoir que l'OCF viendrait les sauver d'un emprisonnement auquel rien ne viendrait mettre fin. Or, avec la guerre civile, les rôles de chacun n'étaient pas clairs, et se présenter avec les armes du Rohan sur la poitrine n'était pas suffisant pour voir toutes les portes s'ouvrir devant soi. Après tout, les loyalistes aussi disaient se battre pour le Rohan, et s'ils avaient suivi Hogorwen, c'était uniquement dans l'espoir de chasser de leurs pays les rebelles qui s'opposaient au roi légitime.

Oemir essaya tant qu'il put, mais les gardes demeurèrent inflexibles. Certes, ils avaient bien accueilli un prisonnier récemment, mais ils n'étaient pas autorisés à laisser quiconque pénétrer dans les geôles à la nuit tombée sans une autorisation expresse de Dame Farma. Les ordres étaient clairs comme du cristal, il en allait de la sécurité du plus grand nombre :

- Revenez demain. Dans la journée, il y aura suffisamment d'hommes pour vous accompagner. Mais je risque ma tête si je vous laisse entrer ici, vous comprenez ?

Les gardes n'étaient pas de mauvais bougres, et ils faisaient simplement leur travail en attendant désespérément la fin de leur quart. La nuit était glaciale, et ils étaient obligés de rester debout sans bouger, observant une ville totalement endormie. Ils étaient épuisés, et ils demandaient juste à ce qu'on ne leur forçât pas la main. Si ce prisonnier était d'une importance capitale, alors ils pouvaient très bien aller réveiller Farma, mais puisque ce n'était pas le cas, alors ils devraient faire preuve de patience, et revenir avec les premiers rayons du soleil, qui auraient dissipé la froideur de la nuit. C'est ainsi qu'ils repartirent, à la recherche d'un endroit où passer la nuit.


~~~~


Le jour n'était pas encore levé que Rokh était déjà debout, attendant de pouvoir parler à quelqu'un.  Il avait entendu des pas dans l'escalier qui descendait vers les cellules, et il espérait bien pouvoir faire entendre sa voix. Il attendit donc que l'homme qui approchait se présentât devant lui. Un officier à la longue barbe poivre et sel fit son apparition. Ses sourcils broussailleux formaient un V contrarié, et il avait la main perceptiblement posée sur son épée. Il était flanqué de deux hommes qui essayaient de ne pas paraître effrayés par le guerrier qui se trouvait pourtant derrière les barreaux, dans l'impossibilité d'agir. L'homme s'avança franchement, et Rokh l'imita, jusqu'à ce qu'ils se trouvassent à moins d'un mètre l'un de l'autre :

- J'ai cru comprendre que vous aviez attaqué des hommes de la garde, oriental. Qu'est-ce qui vous a pris ?

Rokh fronça les sourcils. Enfin un homme qui ne l'appelait pas "chien". Etrange. Que voulait-il obtenir de lui pour lui parler ainsi ? Le prisonnier répondit d'une voix ferme et cassante :

- Vos hommes se sont trompés, officier. Ils m'ont arrêté moi, alors que c'est l'autre individu qui était coupable.

Le rohirrim parut surpris, et il se retourna vers ses deux gardes, en leur lançant un regard particulièrement sévère, que l'on pouvait traduire par "De quel autre individu parle-t-il ?". Ils se regardèrent, penauds, avant que l'un d'entre eux prît la parole, un peu gêné :

- Il y avait bien un homme, capitaine. Un des nôtres, monsieur. Il nous a ordonné d'arrêter le Chien, et à ce moment-là il l'a attaqué. Nous avons dû nous y mettre à douze pour le maîtriser.

L'oriental serra les dents. A douze pour le maîtriser ? C'était plutôt qu'aucun d'entre eux n'aurait voulu rater l'occasion de pouvoir se défouler sur lui, et lui donner une bonne correction. Si le guerrier n'avait pas été dans cette situation, il aurait probablement insulté copieusement le garde, pour le forcer à admettre la vérité. Mais il y avait plus important pour l'heure, et il ne tenait pas à perdre de temps avec des gens qui n'en valaient pas la peine. Le capitaine, quant à lui, semblait ne pas apprécier cette omission de taille, et il se mit à expliquer brusquement à son subalterne que ce genre d'informations pouvait être capitale. Rokh en profita pour l'interrompre :

- Officier, j'ignore qui est cet homme, mais je sais qu'il retient la dame de compagnie de votre suzeraine. Si je planifiais de tuer Dame Farma, je m'arrangerais pour faire emprisonner son garde du corps, et pour obtenir des informations de la part d'une de ses proches. Pas vous ?

Le capitaine sembla accuser le coup, et admettre qu'il y avait du vrai dans ces paroles. Il n'était pas dans ses habitudes de prendre de telles décisions, mais il en avait et le pouvoir et le devoir, aussi ordonna-t-il d'une  voix forte :

- Qu'on libère cet homme, et qu'on lui rende ses effets. Quant à vous, arrangez-vous pour que la garde des appartements de Dame Farma soit doublée ! Exécution !

L'intéressé s'élança sans tarder dans les escaliers, tandis que l'autre ouvrait la porte qui maintenait Rokh prisonnier. L'oriental sortit sans se faire prier, et récupéra Varvad avec un certain soulagement. Il se sentait toujours beaucoup plus à l'aise lorsque sa précieuse lame était à son côté. Quel que fût le danger, il savait qu'il pouvait y faire face dignement. Mais il était bien le seul à avoir l'air satisfait dans la pièce, car le capitaine semblait inquiet quant à la suite des événements. Il distribuait ses ordres, et il conduisit Rokh à l'extérieur des geôles, jusque dans son petit bureau. Là, il demanda des informations sur l'individu mystérieux. On leur apprit qu'il était passé peu après que l'oriental eût été amené, accompagné d'une jeune femme qui semblait inconsciente ou endormie. Il avait déclaré vouloir revenir le lendemain matin. Ils avaient de la chance, le soleil n'était pas encore levé : cela leur donnait une opportunité.

- Je vais le traquer, officier. Vu son état et celui de la femme qui l'accompagne, il a dû vouloir passer la nuit au chaud, à l'abri. Sa prisonnière a une maison pas très loin, et c'est par là que je vais commencer : il y a des chances qu'il se soit retranché là-bas.

- Ce serait stupide, lâcha le capitaine.

- Certes, mais il n'a pas à s'inquiéter de moi. Je suis censé être inconscient et prisonnier. Il n'a rien à craindre pour l'heure.

- En effet, c'est un raisonnement valable, oriental. Je vous affecte quatre hommes. Ils vous aideront à l'appréhender. Souvenez-vous qu'il n'a probablement pas commandité cet assassinat, et qu'il nous le faudrait vivant pour en tirer quelque chose.

Rokh hocha la tête sans rien ajouter. La pensée d'être accompagné par des soldats de Farma ne lui plaisait pas vraiment, et il savait que ce n'était pas uniquement pour l'aider dans sa mission - qu'il aurait très bien pu réussir seul. Non, le capitaine était prudent, et préférait faire accompagner son prisonnier, au cas où celui-ci aurait menti. L'oriental ne pouvait pas vraiment protester, car il savait que c'était déjà une chance pour lui d'être en vie et de pouvoir agir plus ou moins librement. Il n'était que sous son propre commandement, et la présence de ces soldats n'était qu'un moindre mal, au final. Attachant ses cheveux derrière son crâne pour dégager son champ de vision, il s'empara de son sabre et adressa un regard entendu au capitaine. Il lui ramènerait son prisonnier en vie si possible... mais ils n'avaient rien convenu quant aux blessures éventuelles qu'il pouvait lui infliger.

Rokh prit la tête du petit détachement, et ils pressèrent le pas alors que le jour commençait à pointer à l'horizon. Le guerrier n'avait pas vraiment dormi depuis une éternité, mais il sentait la vie pulser dans ses veines comme jamais. La guerre, la fatigue physique et nerveuse qui le rendait douloureusement conscient de tout ce qui l'entourait, tout cela faisait partie de son quotidien. Il avait l'impression d'avoir été dorloté pendant trop longtemps, de s'être reposé sur les autres, et d'avoir paressé. Désormais, il se sentait en vie, en forme, et incroyablement déterminé. A chaque fois qu'il repartait au combat, au devant du danger, il avait l'impression de revivre... pour mieux mourir par la suite.


~~~~


Les cinq hommes s'étaient déployés autour de la maison d'Eliah, mais Rokh leur avait commandé de ne pas intervenir, de ne pas attaquer, et de le laisser faire. Il avait un compte personnel à régler, et il ne laisserait personne interférer. Il avait vu de la lumière dès qu'ils s'étaient approchés, et il avait compris que son intuition était juste. Le ravisseur de la jeune femme s'était bien rendu chez elle, et s'était même payé le luxe de raviver le feu qui brûlait désormais joyeusement. Il ne craignait de toute évidence aucune attaque, et n'avait même pas pris la peine de monter la garde. L'oriental avait décidé de ne pas intervenir immédiatement, préférant s'assurer qu'il y avait bien quelqu'un à l'intérieur. Il craignait un piège, et s'il estimait que son ennemi était imprudent et trop confiant, il préférait ne pas se jeter dans un traquenard grossier. Si personne ne se trouvait là, et qu'il était accueilli par un dispositif conçu pour le tuer, il mourrait de manière honteuse, et deviendrait la risée de ses ancêtres quand il les rejoindrait dans l'au-delà.

Ils attendirent donc patiemment, observant les fenêtres avec attention, tandis que derrière eux le soleil se levait tranquillement, dispensant un peu de chaleur aux hommes qui tremblaient de la tête aux pieds, et qui soufflaient vainement sur leurs doigts pour les réchauffer. Rokh était gelé, et il essayait de combattre la morsure du froid grâce à son exceptionnelle volonté, qui brûlait dans son cœur comme un immense brasier. Ils étaient sur le point de craquer physiquement et nerveusement, quand soudain ils le virent. Ce n'était rien de plus qu'une ombre fugace, qui était passée devant la fenêtre pendant l'espace d'une seconde, mais il n'y avait pas de toute possible : l'endroit n'était pas vide. Rokh quitta son emplacement, et s'avança vers la maison d'un pas déterminé. Les hommes le suivirent en dégainant leurs épées, le visage fermé. Ils ne savaient pas ce qu'ils allaient rencontrer à l'intérieur, mais ils étaient prêts au pire.

D'un coup de pied, l'oriental arracha la porte de ses gonds, et pénétra à l'intérieur avec l'attitude d'un fauve lâché au milieu d'un poulailler. Son regard passa indifféremment sur les chaises, la table, Eliah, la commode, le buffet, puis s'arrêta sur l'inconnu. Celui-ci s'était levé, le regard profondément surpris pour ne pas dire inquiet. Il avait la main sur son arme, et Rokh interpréta cela comme une menace à laquelle il répondit en proportion. Pour garantir le succès de sa mission - qui consistait après tout à ramener l'inconnu en vie -, il avait préféré garder Varvad  au fourreau, et ne pas être tenté de le décapiter dans un grand élan de violence zélée. L'homme, peut-être surpris de voir un guerrier armé s'avancer vers lui les mains vides, hésita un bref instant. Un instant que Rokh mit à profit pour l'attaquer aussi férocement qu'un tigre. Un coup de poing dans le flanc, un coup de genou dans l'estomac, et le rohirrim était déjà plié en deux. Poussant son avantage, l'oriental le souleva de terre, et le plaqua brutalement contre la table, qui craqua sous leurs poids combinés. Ils se retrouvèrent à terre, mais Rokh avait toujours l'ascendant. Il frappa deux fois à la tête pour dissuader l'inconnu de se relever, éclatant sa lèvre dans un grand éclat de sang écarlate.

Rokh, déchaîné, était insensible aux mouvements autour de lui. Les cris, les supplications, les appels, tout cela glissait sur lui comme le vent sur son armure sombre, et il s'acharnait encore et toujours sur son adversaire gisant, frappant avec une fureur vengeresse, et la ferme intention de lui faire payer sa lâcheté, et l'attaque sur Eliah. L'oriental, dont les coups de poing portés sur le torse du rohirrim semblaient passer outre la cotte de mailles, sentit tout à coup ses bras être retenus par des mains fermes. Il se débattit, le visage déformé par la rage, mais fut relevé par quatre hommes qui l'empêchaient d'achever son travail macabre. En face, l'inconnu se redressait, un peu sonné.

-  Lâchez-moi ! Lâchez-moi par Melkor ! Tonna le guerrier.

- Attendez ! Ecoutez-la ! Elle doit vous dire quelque chose !

Rokh tourna la tête dans la direction d'Eliah, et lui jeta un regard d'une noirceur et d'une cruauté extrêmes. Il s'était légèrement calmé, mais si elle ne trouvait rien de suffisamment convaincant, il était certain qu'il se débarrasserait des gardes qui l'entravaient, et qu'il achèverait l'inconnu qui se relevait péniblement en essuyant le sang qui lui coulait du visage.


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Eliah Tandoril
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Le froid ambiant venait lui mordre le nez et les joues et ne pouvait rivaliser ce soir, avec la chaleur du corps contre lequel elle s’était assoupie. Le léger trottinement du cheval qui gardait la même cadence, droite, gauche, droite, gauche, la berçait et elle ne put ouvrir les yeux à temps et plongea dans le sommeil tout au long du trajet qui la menait elle et Oemir aux geôles de la ville. Elle ne vit n’y n’entendit ce qui se passa entre son frère et les gardes, non plus le refus de ceux-ci de les laisser passer avant l’arrivée du matin. Aussi lorsque le cheval s’ébroua à la vue d’une petite chose agitée qui jappait près de ses sabots, la belle aux bois dormant se réveilla fort de mauvaise humeur. Par pur réflexe elle laissa échapper un « Snow tais-toi donc un peu » peu convainquant et ensommeillé avant de se rendre compte où elle était et se remémorer ce qui s’était passé avant qu’elle ne s’assoupisse. Oemir quant à lui avait su maîtriser le cheval, malgré le petit chien fort irrité, qu’on avait oublié au détour du chemin. Il sautait à présent autour du cheval, la queue battant l’air et aboyant de temps à autre pour attirer l’attention de sa maîtresse qui était fort haut perchée et en compagnie d’un homme qu’il ne connaissait pas. Ce n’était pas le même que la dernière fois mais il lui faisait tout aussi peur. L'homme devina avec amusement que cette petite bestiole agaçante était le chien de sa soeur. Elle avait donc en si peu de temps réussi à se faire son petit bout de chemin dans ce monde austère. Il la trouva tout d'un coup étonnante.

Eliah se redressa et Oemir pensa en son fort intérieur qu’il aurait mieux vallut pour lui qu’elle dorme jusqu’au petit matin. C’est pourquoi avant qu’elle ne parle et ne commence à rouspéter, il lui raconta ce qui s’était passé dans les moindre détails et pourquoi ils allaient dans la direction opposée des geôles. L'homme lui conta la réticence des gardes et le fait que Rokh était en sécurité pour cette nuit (bien qu'enfermée comme un prisonnier mais cela il ne le dit pas) et qu'ils pourraient le voir au matin. Il voulait absolument rassurer la demoiselle qui semblait très tendue. Il fut soulagé de voir que le visage de la jeune femme s’éclaira sur l'instant. Au moins elle avait l’air d’être moins énervée contre lui et peut-être aurait-il droit à un sourire avant que le jour ne se lève. Mais il devait faire attention à ses paroles pour ne pas la blesser ou pire, l'irriter. Il aurait aimé lui dire à quel point ce Rokh comme elle l’appelait si fièrement, était un homme ignoble et sans aucun scrupule. Comment il pourrait l’égorger pendant son sommeil s’il était assez payé pour ça, comment il pouvait tuer n’importe qui, sans en éprouver le moindre remord d’ailleurs. Mais il sentait qu’elle n’était pas prête à l’écouter, pas prête à entendre. Pas encore. Il choisirait le bon moment … pour l’instant il voulait un endroit ou se reposer, car il était épuisé.

Et quelle ne fut pas sa surprise d’apprendre que sa petite sœur avait une maison à Aldburg. Elle était à peine arrivée à Aldburg, elle ne connaissait personne, elle n'avait pas d'argent et elle avait déjà un endroit où vivre ? Elle ne vivait pas chez quelqu'un comme l'homme le pensa d'abord, non, elle avait sa propre maison...  La surprise fut si grande qu’il faillit tomber de son cheval. Elle n’était pas si fragile et en danger qu’il ne le pensait finalement. Etait-ce de la chance ou elle qui était douée pour amadouer les gens, quoi qu’il en soit, elle ne se débrouillait pas si mal. Heureux d'avoir un endroit où passer la nuit, il fit presser le pas à son cheval et ils arrivèrent bientôt à la petite maison enclavée entre deux autres maisons de même types. Elle possédait une petite grange, ce qui signifiait que c'était une maison assez confortable. Il était d'autant plus étonné et se demandait bien ce que sa soeur allait encore lui annoncer.
Eliah était fière de pouvoir montrer à son frère sa maisonnée. Certes elle ne l’avait pas gagnée à la sueur de son front, mais cela montrait quelque part qu’elle pouvait se débrouiller sans être maternée. Elle sentait bien qu’il avait envie de tout savoir, qu’elle lui raconte ce qui s’était passé depuis le début de son voyage, mais elle n’était pas d’humeur ce soir. La seule chose qui éclairait son cœur était l’hypothèse que Rokh se portait bien et qu’elle pourrait s’en assurer dès le lendemain. Dans un silence pesant, la jeune femme cherchait de quoi préparer à manger alors que son frère ravivait les flammes dans l’âtre. Son cheval s’était réfugié avec bonheur auprès de Maveli qui l’avait accueilli dans sa grange avec plaisir et ils devaient certainement discuter de toutes leurs mésaventures ensemble. Snow quant à lui était allé s’allonger au pied de l’escalier et dormait déjà à point fermé. Eliah s’affaira à la cuisine pendant qu’Oemir était allé se débarbouiller un peu. Il avait voyagé longtemps sans se reposer et il était arrivé de nombreuses choses ce soir. Ce n’est seulement lorsqu’il revint qu’elle lui accorda un regard et un demi sourire.

“Tu devrais manger tant que c’est encore chaud ! je pense que tu devrais aimer même si c'est peu de choses”

"Je ne doute pas que ça le soit. Eliah. Mais comment es-tu arrivé à Aldburg, dans cette maison ... Tout ça est incroyable. Les parents sont inquiets ils..."


"Je sais Oemir, je sais. Mais je ne souhaite pas rentrer, s'il te plait, ne m'y oblige pas. Si je rentre je ne serais jamais heureuse, même si j'aime être auprès de vous. Et je te raconterai toute l'histoire, mais, plus tard. Moi aussi j'ai des questions, il y a des choses que je ne comprends pas. Ni toi, ni Lothir n'avez parlé d'une guerre et..." commença t-elle, mais elle fut coupée par son frère.

"Non en effet, nous ne voulions pas vous alerter outre mesure. Mais ne me parle pas de Lothir. Cet idiot ferait mieux de se remettre les idées en place avant que je le fasse pour lui..." gronda Oemir le regard noir. Il ne manquait plus que ça qu'elle se mette à parler de son cadet. Et il n'était pas d'humeur à entendre ça, à entendre parler de son frère qui se trompait de camp, qui combattait pour les traitres, qui refusait d'ouvrir les yeux...
Oui il y avait énormément de choses à dire et la nuit était à présent trop courte pour commencer à en parler et lui même était épuisé. Il n'avait qu'une envie, c'était de s'étendre et de pouvoir se reposer quelques heures. Il exposa sa requête à sa soeur et la jeune femme le mena à sa chambre, lui indiquant par la même occasion la salle de bain. Avant de le quitter, Eliah contre toute attente compte tenu des circonstances, se leva sur la pointe des pieds et lui posa un baiser sur la joue. Auprès de lui, elle redevenait la petite fille qu'elle était, la petite fille protégée et toujours en sécurité et elle se sentait troublée. Elle avait du mal à résister à sa douceur et elle se retenait pour ne pas lui sauter dans les bras et pleurer tout son saoule. Mais elle n'avait pas oublié ce qui s'était passé ce soir et la jeune femme devait garder la tête froide. Elle le laissa donc aller se coucher et elle même retourna à la cuisine, un peu perdue. Elle avait besoin d'un moment pour digérer les évènements de la soirée. Décidémment, le destin ne voulait pas la laisser tranquille, pas encore. Ce que cela présageait pour le futur, elle ne le savait pas, mais cela lui faisait peur.

Elle était elle aussi épuisée, mais elle n'arriverait pas à dormir. Et il était hors de question qu'elle monte dans la chambre de Rokh, qui était toujours la sienne jusqu'à ce qu'il retourne auprès de Farma. Et ce soir, elle se sentait extrêmement coupable de ce qui lui était arrivé, raison de plus pour ne pas s'approprier le peu de chose qu'il restait encore de lui dans cette maison. Elle resta donc un moment assise sur sa chaise perdue dans ses pensées, puis le sommeil la rattrapa et elle finit par s'assoupir sur la table.

La brune se réveilla au petit matin, le soleil venait à peine de percer à travers les nuages. Elle avait une couverture sur les épaules et du feu brûlait dans l'âtre. Une délicieuse odeur de sucre caramélisé s'élevait douce, dans la cuisine. La demoiselle n'ouvrit pas encore les yeux, elle avait l'impression d'être rentrée chez elle et que sa journée serait faite de balade en forêt ou à travers les champs avec son vieux cheval. Mais elle n'était pas dans son lit au chaud mais sur une chaise, la tête appuyée sur une table de bois et son dos le lui rappela de la manière la plus cruelle. Elle se releva doucement, s'étira et s'enveloppa dans sa couverture. Elle se rapprocha d'Oemir qui préparait le petit déjeuner. Du gruot sans aucun doute avec du miel ou quelque chose de similaire qu'il y avait rajouté. Un petit sourire apparut sur ses lèvres, mais elle ne lui montra pas. Cette scène avait quelque chose de si familier ... Et pourtant elle devait briser ce moment pour revenir à leurs affaires.


“Pouvons-nous retourner là-bas très tôt le matin ? J'aimerai règler cette histoire rapidement, tout cela me perturbe.”

Oemir bien qu'irrité par ce soudain et rapide retour à la réalité, aqcuiesca et tout deux se mirent à table afin de se rassasier avant de repartir vers Rokh. Après une bonne nuit de sommeil, Oemir avait bien réfléchit et il se dit qu'il se devait de parler à Eliah. La mettre en garde, la protéger du danger auquel elle était soumise. Car s'il lui arrivait quoi que ce soit, alors qu'il aurait pu l'éviter il s'en voudrait toute sa vie.

“Eliah... Connais-tu vraiment cet homme ? Ce Rokh comme tu l'appelles ? Car je l'ai combattu lors de la bataille d'Aldburg et je peux t'assurer qu'il est loin d'être quelqu'un de bien. Il a tué d'inombrables hommes. Selon moi, il paraît plutôt un monstre qu'un homme. Il est cruel et...”

Eliah posa sa cuillère et posa un regard noir sur Oemir qui cessa immédiatement sa complainte. Elle ne voulait pas entendre ça, elle savait ce qu'il allait dire, ce qu'il voulait lui raconter et elle savait ce qu'il pensait. Mais elle savait aussi ce que Rokh lui avait raconté, les détails et les mystères. Elle le coupa donc de manière assez brusque et fit la sourde oreille à ses mises en gardes contre celui qu'elle considérait au moins comme son ami à présent.


“Stop, il suffit. Tu n'as pas besoin de me dire tout cela ! Je sais qui il est et ce qu'il fait. Il ne m'a pas ménagé par ses récits et il ne m'a pas menti sur sa nature pour que je pense du bien de lui, comme tu penses le croire. Je le juge... en connaissance de cause.” dit la jeune femme l'air déterminée, bien qu'au fond, elle doutait quelque peu sur le fait qu'elle le jugeait en connaissance de cause, mais elle ne le laissa pas parraitre. Pourquoi elle n'arrivait pas à détester Rokh, pourquoi elle essayait de le comprendre plutôt que de le catégoriser comme toutes les autres personnes, cela elle ne pouvait l'expliquer, mais c'était comme ça. Il était étrange, il avait des façons à lui de voir la vie, mais elle n'arrivait pas à penser qu'il puisse être un véritable monstre qu'il faille condamner sans aucun procés. Il avait du bon en lui, elle en était persuadée. Et il avait du souffrir aussi, bien qu'elle ne sache pas de quelle façon. Mais elle avait dans l'idée de le découvrir.
Quant à Oemir, son regard s'assombrit. Il savait que sa soeur estimait cet homme, mais il ne pensait pas qu'elle ne le laisserait même pas parler, se justifier. Puis un souvenir ou deux lui vinrent et il se rappela que cette drôle de petite fille avait toujours eut un don particulier pour amadouer les animaux sauvages. Oui voilà ce qu'était ce Rokh pour lui, un animal sauvage qui devait être dompter. Et s'il ne tenait qu'à lui, il emprunterait des méthodes bien différentes que celles de sa soeur pour le mater. Mais voilà, il tenait beaucoup trop à elle pour la contrarier.

La jolie brune mangeait son petit déjeuner du bout des lèvres, le coeur battant. Sa tête lui faisait mal et elle avait l'estomac noué à présent. Toute cette situation lui paraissait fort compliquée et elle savait pertinemment qu'il serait impossible de se débarasser d'Oemir à présent. Il resterait ici tant qu'il le pourrait et chaque jour il essayera de la convaincre de rentrer, ce qu'elle n'était pas prête à faire. Il essayerait également de lui mettre en tête que Rokh était dangereux et mauvais. Mais après tout, il ne tenait qu'à elle de lui prouver le contraire !

Le soleil s'était levé à présent, pourtant une ombre flottait dans l'air et le coeur d'Eliah était lourd, comme prit d'une étrange sensation. Elle crut voir quelque chose bouger au dehors et tourna vivement la tête vers la petite fenêtre, mais elle ne vit rien. Elle devait avoir rêvé, ou quelque chose était passé rapidement sans s'arrêter, pourtant elle se sentait mal à l'aise. Mais alors qu'elle s'apprêtait de nouveau à se perdre dans ses sombres pensées, se disant qu'elle devenait parano, Snow se réveilla en sursaut et se mit à aboyer. Eliah détourna la tête quelques secondes de la porte pour voir ce qui arrivait au petit chien, le temps qu'il fallut à Rokh pour défoncer la porte, pénétrer dans la petite maison et se jeter comme une tempête dévastatrice sur Oemir, qui surprit n'eut pas le réflexe nécessaire de dégainer son épée. Eliah eut tout juste le temps de s'éloigner de la table, renversant sa chaise en hurlant de surprise et de terreur que l'oriental avait plaqué le rohirrim sur la table qui s'éffondra sous le choc. Rokh était comme possédé par un démon et il était poussé par quelques forces invisibles qui décuplaient ses coups et la lueur dans ses yeux donna des frissons à Eliah. Elle resta là quelques secondes, sans pouvoir dire quoi que ce soit, pétrifiée et incapable de trouver une solution pour l'arrêter. Ses minces forces ne pouvaient rien contre Rokh en tant normal alors en ce moment, il aurait prit ses coups pour des piqures de moustiques. Même Oemir qui était de forte carrure n'en menait pas large sous cet assaut furieux. Il avait de larges épaules, il était bien battit et robuste. Il était fort et adroit, mais aux yeux d'Eliah, Rokh était tellement plus ... gros...
Cette vision la remplit de panique et des larmes lui piquaient les yeux. Le froid avait envahit la pièce et il lui fallut quelques secondes avant de se rendre compte que des soldats se tenaient là, l'air hagard, ne sachant que faire devant tant de violence et de fureur. Les yeux ronds, elle hurla :


“Mais faites quelque chose ! Il va le tuer ! Il va le tuer ! C'est un mal entendu, tout ça est un mal entendu ! C'est un homme du Maréchal ! Faites quelque chose ! Je jure que je vous ferai pendre s'il lui arrive quelque chose !” elle porta de nouveau son regard sur la scène et elle défaillit, se laissant tomber à terre.


“Rokh je vous en prie ! Tout ça est un malentendu, il ne m'a fait aucun mal, arrêtez ! Laissez-le !” Elle avait dans un ultime effort donné de la voix et autant d'intensité possible mais il ne l'entendait pas, l'homme de Rhûn était perdu dans une sorte de transe terrible et plus rien ne semblait compter, plus rien ne l'attaignait. Alors qu'Oemir commençait à faiblir et qu'il encaissait plus de coups qu'il n'en donnait, Eliah prise d'un drôle de sentiment se saisit de son petit poignard par réflexe. Elle se releva, tremblante, se demandant si elle aurait le courage de frapper pour stopper ce désastre. Mais elle n'eut pas à se décider car c'est à ce moment que les soldats choisirent leur moment pour intervenir. Après tout; ceux-là avaient reçu des ordres et s'il y avait un mort, leur responsabilité pourrait être mise en cause. Et les menaces de la jeune dame de compagnie de Farma les fit réagir. La situation les dépassait, mais ils devaient l'arrêter. Rokh paraissait incontrolable mais à plusieurs ils réussirent à le maîtriser et Eliah aida Oemir à se relever. Il avait du sang sur le visage, ses mains étaient couvertes de bleus et cela devait être la même chose pour le reste de son corps mais il semblait aller bien. Elle avait rangé le petit poignard dans son étui, bien à l'abri sous sa ceinture et fut prise d'horreur d'avoir pensé à l'utiliser mais ce n'était pas le moment de penser à cela.
Le rohirrim meurtri eut un petit sourire ironique et regarda Rokh dans les yeux. Etait-il revenu à lui ? Quoi qu'il en soit ses pulsions meurtrières s'étaient montrées au grand jour et cela lui plaisait grandement même s'il en avait fait les frais. Il posa une main ferme mais douloureuse sur l'épaule de sa soeur et dit avec dédain.

“Maintenant tu peux constater par toi même Eliah. Cet homme est un monstre, rien d'autre. Il ne t'avait jamais révélé son vrai visage c'est tout. C'est fait à présent. Regarde le, cette rage, ce regard, cette violence...”

Il resta un moment debout à le regarder, à essayer de comprendre la situation, puis il attrapa une chaise et la tira, s'asseyant en grimaçant avec l'aide d'Eliah. Il devait avoir une ou deux côtes cassées que cela ne l'étonnerait guère. Il regarda l'homme toujours tenu par les soldats et il attendit que la situation se dénoue. C'est Eliah qui fit le premier pas et qui vint se placer entre Rokh et Oemir. Elle avait le visage fermé, tiré et la tête baissée. Elle avait pour la première fois eu peur de Rokh. Elle comprenait son comportement et elle ne pouvait le blâmer la-dessus. Oemir se trompait s'il pensait qu'elle s'offusquerait qu'il s'en soit prit à son frère. Après tout Rokh n'était pas au courant de l'affaire et il croyait bien faire. Non ce qui lui avait fait peur, c'était le regard du guerrier, ce regard meurtrier, assoifé de vengeance, de sang et de mort. Ce regard cruel lui avait donné froid dans le dos et elle n'avait pas encore réussit à le chasser de son esprit.
Elle regardait à présent les pieds du géant qui semblait s'être calmé à présent à son plus grand soulagement. Elle leva un visage humide mais dur, impassible et plongea ses yeux dans ceux de Rokh. Elle prit la parole d'une petite voix de souris, à peine audible.


“Cet homme se nomme Oemir et c'est le plus âgé de mes frères. Il pensait que j'étais sous l'emprise d'une quelconque magie et il s'est mit en tête de me sauver de toi, alors que toi tu faisais peut être la même chose de ton côté. Toute cette situation n'est qu'un immense malentendu. Je crois qu'il y a peut-être d'autres explications à donner, mais pour le moment je crois que tous le monde a besoin de repos et de se calmer.”

Elle se doutait que Rokh devait avoir reçu des coups et qui plus est elle connaissait ses blessures. Mais les paroles de son frères et le comportement de Rokh l'avaient fortement ébranlés. Elle ne savait plus que penser et n'avait plus la force de réfléchir. Ou plutôt, si, elle savait mais elle ne voulait pas le penser. Elle ne voulait pas admettre qu'elle avait pu se tromper et que Rokh était en fait imprévisible et dangereux. Elle se tourna ensuite ensuite vers les soldats, jugeant que le danger était passé.


“Pouvez-vous nous laisser à présent ? Je vous remercie d'être intervenu mais je pense que nous allons pouvoir nous débrouiller seuls à présent. Je viendrai trouver Dame Farma demain et nous mettrons tout cela au clair, mais pour le moment, pouvez-vous nous laisser ?”

Elle ne savait pas si Rokh voulait rester ou non, elle l'aurait voulu, mais après tout ce qui venait de se passer, aurait-il vraiment envie de se retrouver dans la même pièce qu'Oemir qui le méprisait ou qu'elle qui doutait de lui. Elle fit courir son regard sur la cuisine et constata qu'il n'en restait plus grand chose. La porte pendait lamentablement sur ses gonds, laissant pénétrer le froid, la table était en milles morceaux et il ne restait plus que deux chaises. Le feu faiblissait de plus en plus et elle prit conscience que Snow avait disparu. Il avait du se cacher quelque part ou s'enfuir. Eliah posa un regard fatigué au dehors et elle se dit qu'elle pourrait faire la même chose. S'en aller, s'enfuir une fois encore, partir, se perdre, ne plus jamais revenir. Mais ce n'était pas la solution. Elle alla chercher un mouchoir mouillé qu'elle tendit à Oemir ainsi qu'un verre de vin chaud. Elle en prépara également un pour elle et un troisième pour Rokh, s'il décidait de rester. La jeune femme ne savait que dire, ou que faire, sans blesser l'un ou l'autre des deux hommes. Elle se sentait las et cette scène l'avait éprouvée. Ayant bu son vin chaud, elle laissa échapper soudain :


“Je vais me coucher, je suis épuisée. Je vous serais gré pendant mon absence de ne plus rien briser dans cette maison et d'éviter de vous entretuer. Ou je risque de réellement me fâcher”

Sans attendre de réponse, Eliah alla dans sa chambre, s'écroula sur son lit et sombra dans un profond sommeil, sans rêve. Le sort de la maison, d'Oemir, de Rokh ou d'elle même pouvait bien attendre un peu. Elle n'y tenait plus, elle ne pouvait pas tenir sans un peu de repos et de réflexion...
Dès qu'elle eut le dos tourné, la tension fut à son comble dans la pièce et elle aurait pu être coupée au couteau. Oemir s'était un peu débarbouillé même si le petit chiffon n'avait pas réellement suffit à tout nettoyer et était à présent couvert de sang. Il souffrait mais ne dit rien dit. Il comprenait que la jeune femme fut ébranlée et il ne voulait pas qu'elle ne le soit encore plus. Il s'occuperait de ses blessures un peu plus tard. Il but le vin chaud qui le revigora et posa ses yeux sur l'étranger qui était toujours là, menace implicite dans l'encadrement de la porte. Il espérait qu'il parte et qu'il le laisse tranquille, qu'il laisse Eliah tranquille, mais il ne pouvait pas le lui demander ouvertement. Quoi qu'il en soit, il devait briser le silence s'il ne voulait pas que la situation se termine encore sous une pluie de coups de poings. Le jour venait à peine de se lever et ils avaient déjà fait de nombreux dégâts.

“Vous... allez rester ici ? Nous sommes partis du mauvais pied tout les deux. Je ne peux pas vous dire que je vous apprécierai un jour, mais si Eliah vous est précieuse vous pouvez peut-être à réparer vos dégâts. Faisons une trêve voulez-vous ?”

Il montra la porte et la table d'un signe de la main et sourit. Il y avait quelque chose dans son comportement d'un peu arrogant et si on ne le connaissait pas, on pourrait le croire imbus de sa personne et méchant, mais il n'en était rien. Il avait plutôt l'habitude de ne pas juger les personnes attivement et de ne pas chercher des embrouilles pour rien.
Néanmoins, pour une ou plusieurs raisons, il n'aimait pas Rokh et c'était un fait.
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Ryad Assad
Espion de Rhûn - Vicieux à ses heures perdues
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Au croisement on a toujours le choix [PV Eliah] - Page 2 EmptyDim 23 Fév 2014 - 0:01
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Les explications d'Eliah laissèrent Rokh totalement déboussolé. Il ne comprenait rien à la situation absurde qui se jouait sous ses yeux encore enragés, et il avait l'impression qu'une vague de doute au moins aussi puissante que la vague de colère qui l'animait venait de lui arriver en plein visage, le figeant net. Son frère ? Cet occidental était son frère ? L'oriental fronça les sourcils en regardant la jeune femme avec une sévérité absolue. Il ne comprenait pas. Il ne comprenait rien ! Des dizaines de questions se bousculaient dans son esprit d'ordinaire peu enclin à ce genre de frivolités. Il n'était pas homme à s'interroger pour rien, et il était plutôt du genre à agir selon son instinct, ou selon les ordres qu'on lui donnait. Ici, il était totalement perdu. Ce rohirrim avait capturé Eliah, et s'était débrouillé pour le faire atterrir derrière les barreaux. Son attitude ressemblait en tout point à celle d'un malfrat, d'un brigand, d'un assassin venu pour éliminer Farma. Peut-être les coutumes d'ici étaient-elles différentes de celles de l'Est, mais il ne semblait pas au garde du corps avoir jamais entendu parler de pareille façon de se comporter envers ceux de son sang. Cela expliquait, toutefois, beaucoup de choses : pourquoi il s'était emporté quand il avait vu qu'Eliah était avec lui, et pourquoi elle le défendait à présent qu'il avait perdu l'avantage, et qu'il était sur le point d'être vaincu. Mais cela ne justifiait en rien son comportement, et n'expliquait pas la situation.

Rokh voulut se dégager de l'emprise des soldats qui le retenaient toujours, mais ils raffermirent leur prise, afin d'être sûrs de ne pas le laisser filer. Il n'insista pas, certain qu'ils n'hésiteraient pas à faire usage de la force contre lui s'il allait trop loin. Ils avaient dû recevoir des ordres stricts, et s'ils étaient officiellement à ses côtés pour l'escorter, nul ici ne pouvait douter que leur véritable objectif était de surveiller l'instable garde du corps de la souveraine d'Aldburg, qui pouvait à tout moment se transformer en un redoutable guerrier capable de tuer n'importe qui. Toutefois, bien que bridée dans son expression physique, la colère de Rokh n'avait pas disparu pour autant. Il bouillonnait intérieurement, car perdu et incapable de trouver une réponse appropriée. Avec une sauvagerie que la dame de compagnie ne lui connaissait pas, il aboya :

- Me calmer !? Un malentendu !? C'est votre seule excuse !?

Rokh ressemblait, en cet instant précis, à un véritable fou furieux. Ses yeux noirs lançaient des éclairs meurtriers, qui étaient directement adressés à Eliah pour l'instant, mais qui se braquèrent bien vite vers Oemir, le frère de cette dernière. Il fulminait, incapable de contrôler le sentiment confus qui naissait au fond de lui. Il s'en voulait d'avoir réagi de manière impétueuse, dans un sens, car cela l'avait fait paraître ridicule. Mais d'un autre côté - et c'était cette version qui l'emportait -, il avait l'impression désagréable d'avoir été piégé, d'avoir été mené en bateau par ces deux occidentaux. Il avait cru pendant un temps avoir trouvé quelqu'un qui pouvait peut-être le comprendre, ou en tout cas qui faisait l'effort de ne pas le rejeter. Désormais, il la voyait telle qu'elle était véritablement : une femme de l'Ouest, avec une famille et des proches. Une personne dont le sang du Rohan coulait dans ses veines. Le même sang qui coulait sur le visage de son aîné. Un sang qui, bien qu'il coulât sur les jointures rougies du guerrier oriental, ne ferait jamais partie de lui, et le maintiendrait toujours à l'écart, où qu'il allât.

Etait-ce de la tristesse qu'il éprouvait en cet instant ? Il n'aurait su le dire. Il avait un goût amer dans la bouche, l'impression d'avoir été abandonné par quelqu'un qui avait juré de se tenir à ses côtés. Dans un sens, c'était le cas. Eliah, de là où il se tenait, venait de faire le choix de protéger son frère plutôt que l'étranger, le barbare, l'oriental. Un choix que la logique lui commandait d'accepter, de reconnaître comme et juste et naturel. Seule sa fierté démesurée l'empêchait de s'excuser pitoyablement pour son comportement, et de tendre une main franche et amicale à Oemir pour faire la paix. La paix... quelle idée saugrenue ! La paix avec un occidental ? Que Melkor les emporte !

Mais en dépit du sentiment de colère qu'il éprouvait intérieurement, la rage meurtrière, l'ivresse guerrière qui s'étaient emparées de lui plus tôt avaient totalement disparues. Il était accablé, bien qu'il tentât de le cacher derrière l'air le plus méprisant et le plus abject que son visage pût supporter. Il ressemblait au plus arrogant et au plus suffisant des guerriers de l'Est, imbu de sa propre personne et de sa propre force. Il les toisait tous, comme s'ils étaient tous des esclaves dépendants de sa bonne volonté. Mais en réalité, il n'y avait qu'un seul esclave ici, et il était présentement retenu par les bras puissants des gardes qui le serraient toujours fermement. L'orgueil était sa seule arme... son seul bouclier, pour être précis. Le dernier rempart qui protégeait son âme terrifiée de la noirceur du désespoir et de l'isolement.

Eliah considéra - à raison, d'ailleurs - que Rokh était redevenu calme, et qu'il n'était plus utile de le maintenir ainsi entravé. Comme si ses mots avaient été prononcés par Dame Farma elle-même, elle congédia les gardes avec une majesté qui n'aurait jamais dû exister chez une fille de paysan. Mais en l'occurrence, ce n'était pas à cela qu'elle ressemblait. Bien que visiblement bouleversée, elle avait l'air noble, le menton fier et le regard franc. Sa tenue, prêtée par la suzeraine de la forteresse, soulignait la prestance nouvelle qui était la sienne. Elle ressemblait vraiment à une fille de roi, à une de ces aristocrates élevée dans une bonne famille, consciente de sa supériorité naturelle sur la roture qu'elle regardait avec distance. Rokh appartenait à la caste des guerriers non nobles. Il s'était élevé aussi haut que le lui avait permis sa naissance, mais il n'aurait jamais de sang bleu dans les veines, et il ne pourrait jamais se prévaloir d'un quelconque titre. Pour sa part, en cet instant précis, Eliah méritait vraiment le titre de Dame.

Les soldats exécutèrent ses ordres, et quittèrent la pièce les uns après les autres, dubitatifs. Ils devaient se demander à quoi ils avaient bien pu assister. La scène ressemblait à une violente scène de ménage, et pourtant on leur avait dit qu'il s'agissait d'une mission capitale pour la sécurité de leur protectrice. Ils rentreraient et ne manqueraient pas de se plaindre auprès de leur officier. Mais ce n'était pas cela qui préoccupait Rokh, pour l'heure. Désormais qu'il était libéré de ses entraves, il pouvait agir librement, et son regard était braqué sur celui d'Oemir, ne le lâchant pas une seconde. La seule chose qui le retenait de passer à l'attaque de nouveau, c'était la présence d'Eliah qui bougeait machinalement, presque sans se rendre compte de leur présence. Elle avait perdu de son éclat quand les soldats étaient partis, comme si elle avait tombé les masques une fois qu'ils avaient eu franchi le seuil. En leur absence, elle n'était plus obligée de jouer le rôle de la femme forte, et elle pouvait se laisser aller à l'épuisement nerveux. En effet, il y avait de quoi être à bout de nerfs, et la seule vision de la porte arrachée de ses gonds, de la table brisée, du mobilier renversé, aurait donné le vertige à n'importe qui. Avoir assisté au spectacle d'une rare violence de deux hommes se battant comme des chiens, jusqu'au sang, n'arrangeait pas les choses. Rokh avait fait une entrée pour le moins fracassante, et de toute évidence il n'avait pas brisé que des meubles. Il y avait quelque chose dans le regard de la jeune femme qui s'était cassé, et bien qu'il commençât à en prendre conscience, il était incapable de déterminer de quoi il s'agissait.

Cela ne rendait pas le guerrier du Rhûn plus compatissant pour autant, et il ne changea pas d'un iota son expression faciale ou son attitude, mais l'envie difficilement répressible d'aller achever ce qu'il avait commencé avec Oemir. Eliah apporta d'ailleurs à ce dernier un mouchoir imbibé pour lui permettre d'essuyer son visage maculé de sang. Le tissu prit rapidement une couleur rouge, et il apparut bientôt qu'il ne serait pas capable de tout endiguer à lui seul. Sans un mot, les laissant dans un silence à couper au couteau, la jeune femme leur servit du vin chaud. Elle tendit le verre à son frère, laissa la coupe destinée au Rhûnadan un peu plus loin. Par crainte ? Il s'en fichait, à vrai dire. Il ne bougea pas plus qu'avant, et laissa Eliah terminer son verre, et leur annoncer qu'elle allait se coucher. Elle les quitta sur une menace à peine voilée, qui aurait pu paraître ridicule comptes-tenus de leur maîtrise respective des arts du combat, mais qui ne tira à aucun des deux hommes un semblant de sourire. Elle gravit l'escalier, et les laissa tous les deux. Face à face.

Un moment de silence s'installa, mais fut bientôt rompu par le Rohirrim, qui parla d'une voix qu'il voulait apaisante. Il essayait de se montrer amical, ou au moins de vouloir pacifier les relations. Mais Rokh voyait bien dans ses yeux - ou tout du moins il croyait voir - la fourberie latente, le plaisir pervers de celui qui sait avoir remporté une victoire en ramenant de son côté la jeune femme. Il voulait savourer, il voulait humilier encore un peu plus le cavalier de l'Est... celui-ci ne lui ferait pas ce plaisir. Ses traits s'assombrirent, alors qu'il prenait la parole d'une voix forte et claire. Les mots qu'il prononçait résonnaient dans la pièce, et ressemblaient à une incantation mystique, prononcée dans une langue qu'Oemir ne parlait pas, et ne comprenait pas. Mais les mots étaient secs et froids, le ton dur et cassant. Il y avait de la violence dans ces paroles, et si le rohirrim prêtait attention à ce que son interlocuteur disait, il pouvait peut-être entendre, de temps à autre, le mot "Melkor" revenir. Car oui, c'était bien Melkor que le cavalier était en train d'invoquer. Ce n'était pas une malédiction digne d'un prêtre du temple Sharaman, mais ses propos lui auraient valu une provocation en duel là d'où il venait.

Il continua ainsi pendant un moment, savourant le contact avec sa langue natale, avant de repasser à contrecœur dans le Commun pour terminer son propos :

- ... Que les sables du désert vous emportent, que les hyènes vous déchirent et que les Araw vous piétinent ! Puissiez-vous crier grâce cent fois avant que Melkor ne vienne s'emparer de votre âme, et vous tourmenter comme le mérite le lâche que vous êtes.

Sur ces mots, il tourna les talons avec toute la dignité dont il était capable, et franchit le seuil de la porte, disparaissant dans les ténèbres de la nuit, laissant Oemir seul au milieu de la pièce, avec ses pensées. Rokh marcha d'un bon pas droit devant lui, insensible à tout ce qui n'était pas lui, ruminant sa frustration et sa rage, planifiant sa vengeance avant de se convaincre que cette attitude peu honorable ne lui apporterait rien. Il s'arrêta toutefois bientôt, alors qu'à l'instar d'un feu que l'on n'alimente plus, sa fureur achevait de s'éteindre. Il se retrouva donc seul, au milieu des rues de la forteresse d'Eomer, totalement livré à lui-même. Un soudain vertige le prit, et il dut s'appuyer sur un mur pour ne pas tomber. La douleur, physique et mentale, était difficile à supporter, mais il tiendrait bon. Il tiendrait bon. Levant les yeux vers le ciel étoilé, il se rendit compte avec un soupçon d'amertume que même la Lune était accompagnée. Ces milliers de points lumineux lui fournissaient une compagnie que même les nuages les plus noirs ne pouvaient pas faire disparaître entièrement. Les étoiles étaient toujours là, quelque part, et elles s'éclairaient lorsque l'obscurité s'abattait sur le monde. Une chape de noirceur s'était abattue sur l'univers du guerrier du Rhûn, mais aucune petite lumière ne s'était allumée pour lui prêter main-forte. Il était seul au monde. Un frisson qui n'était pas dû au froid s'empara de lui, et son visage se crispa pour étouffer un sanglot, unique et fugace. Il inspira profondément, pour se redonner une contenance. Tenir bon. Tenir bon. C'était ce qu'il devait faire. D'un pas lourd et lent, alors que le soleil se levait, il prit la direction de la forteresse.

Esclave sans chaînes, prisonnier sans barreaux, homme sans espoir.


Membre des Orange Brothers aka The Bad Cop

"Il n'y a pas pire tyrannie que celle qui se cache sous l'étendard de la Justice"
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Au croisement on a toujours le choix [PV Eliah] - Page 2 Oemir10

Un orage avait éclaté et les éclairs zébraient le ciel en milliers de gouttes de lumière. Les roulements de tambour étaient à présent à leur paroxysme, ébrouant les sens et les déterminations, voulant déstabiliser l'ennemi et renforcer la marche des soldats. Des hommes par milliers se déversaient sur la plaine du Riddermark, des hommes habillés de sombres et d'autres habillé de rouges avec des étendards qui flottaient au vent derrière eux. Lorsque les deux armées se rencontrèrent, l'orage gronda de plus belle, comme si le ciel savait qu'il allait se produire un massacre. Le sang coulait sur l'herbe verte. Un éclair jaillit soudainement du ciel et éclata sur les rochers ou se tenait les yeux curieux qui se fixaient sur la scène. Un cri rententit, puis un murmure.

“Rokh”

Eliah se releva de son lit, le coeur battant. Après tout ce qui s'était passé son subconscient faisait des siennes et son sommeil avait été très agité. Mais elle ne savait pas combien de temps elle avait dormi, cela aurait pu être quelques heures ou plusieurs jours. Elle n'avait plus aucune notion du temps et de la perception. Elle était épuisée, mais pas physiquement, non c'était son esprit qui était tourmenté. Le ciel était noir au dehors, noir et couvert, sans étoile, sans lumière obstrué de nuages. L'orage avait-il réellement éclaté ce soir ou cela était entièrement tiré de l'imagination troublé de la jeune femme, elle ne pourrait le dire. Le matin ne semblait pas vouloir se lever alors qu'elle ne retrouvait pas le sommeil. Elle décida donc de se lever et d'aller dans la maison silencieuse, afin de tenter de deviner ce qui s'était passé après son départ. Si elle ne craignait pas qu'il y ait eu une nouvelle bagarre, elle n'osait imaginer les échanges qu'avaient pu avoir Rokh et Oemir. Elle avait espéré éviter les soucis en ne les réglant pas immédiatement, mais ce n'était que repousser les problèmes à plus tard et elle se demandait si cela n'était pas pire. Elle alla se passer de l'eau fraîche sur le visage puis se rendit à la cuisine. La petite pièce reflétait encore la scène du jour, ou de la veille en fonction du temps qui était passé. La table était toujours là où elle l'avait laissé, brisée en milles morceaux, témoin de la violence de l'altercation qu'il y avait eu un peu plus tôt, les débris avaient tous été rassemblés là au milieu de la pièce. En revanche, la porte, elle, avait retrouvé sa place sur ses gonds, de manière quelque peu chancelante et précaire, mais au moins elle protégeait plus ou moins des visiteurs indésirables. Elle eut tout d'un coup un fol espoir qui emplit son coeur en voyant la porte réparée et relevant sa robe, elle se mit à courir en haut des escaliers, jusqu'à la petite chambre sous les toits.

Elle poussa doucement la porte de la chambre de Rokh, ou du moins celle qui lui était attribuée durant son séjour chez elle, se disant qu'il était certainement aller se coucher et qu'ils pourraient s'expliquer très bientôt. Elle vit une forme massive dans le lit et elle retint sa respiration, marchant à pas de loup jusqu'au lit. Il ne la détestait pas après tout s'il était resté, il avait comprit qu'elle n'avait pas eu d'autre choix, qu'elle avait elle aussi était surprise par tout ce qui s'était passé...
Mais quand elle se pencha doucement sur la forme endormie, elle se rendit compte qu'il ne s'agissait pas de l'oriental, avec ses cheveux bruns et sa peau délicatement colorée. L'homme qui était là était aussi bien moins volumineux. Elle eut du mal à reconnaître Oemir sur l'instant, dans le noir, avec son esprit embrouillé, mais quand il bougea, ses cheveux blonds tombèrent sur son visage et elle n'eut plus aucun doute. Il ne s'agissait pas de Rokh.

Elle sortit de la pièce comme un fantôme, laissant son frère se reposer. Il avait l'air épuisé et il semblait souffrir d'un quelconque mal. Mais rien de grave avait-elle jugée. Certainement quelques blessures dues aux coups de Rokh. Mais elle devinait que son estime avait du être blessée bien plus que son corps. La jeune femme erra un moment dans la maison sans vraiment savoir ce qu'elle faisait, puis elle alla s'asseoir sur le tapis près du feu qui s'était éteind depuis longtemps, mais il restait encore quelques braises rougeoyantes qu'elle tenta de raviver avec du petit bois. Elle était perdue dans ses pensées, repensant au regard de Rokh. Cette folie bestiale qui s'était emparée de lui, cette envie de blesser ou pire, de tuer. Puis elle repensa aux paroles d'Oemir.

Le feu prit tout d'un coup dans la cheminée, l'éblouissant dans le noir et elle se rassit, remontant ses genoux, qu'elle entoura de ses bras. Elle posa sa tête sur ses genoux et ferma les yeux. Quand elle allait mal, elle se mettait souvent dans cette position. Même seule, elle se sentait ainsi rassurée et en sécurité. Oemir avait-il raison ? Rokh serait-il un homme sans âme et sans conscience ?
Aussitôt après s'être posé cette question, la jeune femme s'en voulut immédiatement. Non elle n'avait pas le droit de le juger en raison de son comportement, parce qu'il s'était emporté une seule fois, parce qu'il avait perdu le contrôle. Tout cela était aussi de sa faute quelque part, et celle d'Oemir en grande partie. S'il ne s'était pas comporté de cette manière, Rokh ne se serait jamais senti menacé et il n'aurait pas réagit ainsi. Et quelque part, ne voulait-il pas la protéger ? Il croyait qu'elle était prisonnière, il était revenu la chercher, il était prêt à se battre pour elle, du moins c'est ce qu'elle espérait au fond d'elle...

Le coeur de la brune devint lourd de chagrin. Elle se souvenait que lorsque les gardes le tenait toujours et qu'elle lui expliquait la situation, elle avait vu dans son regard de l'incompréhension et elle aurait tellement aimé lui expliquer, lui dire que tout ceci n'était pas contre lui. Elle avait aussi vu de la fureur dans son regard, il était en colère évidemment, il avait eu l'impression d'être tombé dans un piège. Alors elle se sentit subitement complètement anéhantie. Elle qui avait tout fait pour se rapprocher de lui, pour obtenir sa confiance, elle qui avait essayé de le comprendre, de ne pas le juger, elle avait échoué, elle avait tout gâché et elle s'était retrouvée à faire la même chose que ces autres qu'il haïssait. Eliah défaillit. Pour cela elle s'en voulait énormément. La jolie brune devait à tout prix se rattraper.

Mais elle devait se rendre à l'évidence, il était parti à présent et elle ne savait pas comment, où, quand, elle allait pouvoir le rencontrer. Elle n'avait d'ailleurs aucune idée de comment il réagirait en la voyant ou s'il avait juste envie de la voir. Il avait l'air si enervé et les dernières paroles qu'il avait prononcé à son égard étaient restées dans sa mémoire. Il avait mentionnait des excuses. Des excuses... Eliah était-elle tenu de s'excuser auprès de Rokh ? Mais après tout, qu'avait-elle fait de mal elle ? Un élan d'arrogance s'empara d'elle. La demoiselle ne pensait pas à devoir s'excuser, car elle n'avait rien fait de mal après tout, n'est ce pas ? Peut-être pas ...
La jeune femme était en plein doute et après plusieurs minutes ou heures de réflexion, elle finit par se décider sur deux choses. D'abord, qu'elle n'arrivait pas à en vouloir à Rokh malgré tout ce qui s'était passé, malgré son comportement brutal qui l'avait fait peur sur le moment. Oui la lueur dans son regard l'avait fait douter, il avait brisé un voile, mais à présent elle pouvait mieux comprendre ce qu'il lui avait raconté. Non, il ne s'était jamais caché, il ne lui avait pas menti, il lui avait parlé de manière honnête. C'était tout simplement elle qui n'avait pas compris l'ampleur de la chose, c'était elle qui n'avait pas voulu écouter. La jeune femme soupira. A présent elle comprenait, mais cela ne changeait rien. Il n'avait rien d'un monstre ou d'un animal, sauf si on était son ennemi.

Ce dont elle décida aussi, c'était qu'Oemir devrait présenter ses excuses à Rokh et elle y veillerait personnellement. Cela serait compliqué de le convaincre, mais elle y mettrait toute son âme et tout son coeur. Elle lui devait au moins cela. Après avoir convenu de cela, elle se releva en entreprit de nettoyer un peu les lieux, afin d'effacer cette horrible scène de sa tête. Tout allait bien, du moins personne n'avait été très sérieusement blessée mais elle ne voulait plus se souvenir de ce genre de choses. Il semblait qu'elle doive prendre les choses en main afin que sa vie se passe bien, et c'est ce qu'elle allait faire. Elle refusait de laisser les autres diriger sa vie, s'en était trop, la jeune femme avait subit trop de situation, elle allait à présent les vivre. Demain elle retournerait auprès de Dame Farma et elle règlerait toute cette histoire !

* * * * * *

Oemir avait gagné une bataille, mais certainement pas la guerre. Il avait perdu la face devant l'oriental, il n'avait pas eu physiquement le dessus, mais la prochaine fois qu'il s'affronterait, ce serait de manière loyale et il ne se laisserait pas faire aussi facilement. Qui plus est, le fait que sa soeur  se range de son côté l'avait fait jubilé. S'il pouvait la détourner de cette homme, il n'hésiterait pas. C'était pour son bien, pour sa propre protection. Quelque part il savait très bien qu'il se mentait à lui même. Il savait qu'il préférait qu'elle s'éloigne parce que lui même n'aimait pas Rokh, mais il était dangereux et cela, il le savait.

Alors quand le Rhûnien le maudit, il ne dit rien. Il se contenta de hausser un sourcil jusqu'à ce qu'il termine. Non il n'allait pas rentrer dans son jeu, car il avait déjà gagné. Il comprit que l'oriental n'allait pas rester l'aider et cela le rendait fou de joie. Il allait se débarrasser de cette vermine bien plus facilement qu'il ne le pensait. Une fois qu'il eut terminé, il tourna les talons pour sortir, mais avant qu'il ne quitte la maison, Oemir le héla.

“Hey, l'oriental ... Ne crois pas que tout ça est terminé. Je donnerai ma vie pour Eliah. Ne t'approche pas d'elle.”

Une fois Rokh parti, il essaya de panser ses blessures puis il remis la porte en place du mieux qu'il pouvait. Il faisait de plus en plus froid et les nuages s'amassaient au-dessus de la ville. Ses côtes lui faisaient affreusement mal et il dut très vite monter se coucher. Il devrait avoir une conversation sérieuse avec Eliah et elle devrait l'écouter quoi qu'elle dise. Elle était jeune et naïve et elle ne savait pas ce qu'elle faisait. Du moins c'était son avis !
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