Un rendez vous avec le destin

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Gallen Mortensen
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Gallen Mortensen

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Un rendez vous avec le destin EmptyVen 13 Mar 2015 - 15:14
Le vent gonfla comme souvent la cape d'hermine du vice roi du Rohan. Calmement il descendit les escaliers escarpés mais décorés du haut de la cité blanche. Il arriva enfin dans ses appartements. Vides... Aelyn devait encore être dans la maison des guérisons. la jeune femme pouvait rapidement perdre le sens du temps lorsqu'elle était auprès de collègues à parler de tisanes, onguents et autres recettes de grand mère. Cette dernière remarque arrache un sourire fugace à Gallen. Cette absence surtout faciliterait la suite des évènements .Gallen se versa une bière naine dans la choppe ouvragée représentant les flammes en hommage aux passeurs des étoiles. Il fixait par la large baie la cité qui grouillait à ses pieds. Minas thirith n'était pas Edoras, elle semblait ne jamais dormir, le bruit était incessant. Le vice roi devait bien se l'avouer : ;les plaines du Riddermark lui manquaient. Il termina lentement le breuvage amer . Puis comme piqué par une abeille il se dirigea vers un de ses coffres de voyage. Il l'ouvrit et sortit avec précaution l'armure ouvragée de Vice roi du Rohan , il l'étala sur le large lit. Son regard s'arrêta sur la magnifique armure. Il reconnut aussi la main d'Eothain qui avait à des endroits stratégiques renforcé les protections pour empêcher les aspérités même minimes d'agresser la peau de Gallen. Elle était étincelante.

Avec calme, Gallen revêtit son armure, il se regard dans la glace. l'absence d'Eothain l'attristait il aurait aimé lui parlait, mais pas cette fois....

Puis Gallen empoigna Kaya , il la fixa à son tour. Avec sa pierre à aiguiser, lentement il s'occupa d'elle. Enfin satisfait , il se regarda de nouveau dans le miroir et logea son casque sous son bras gauche. Puis il quitta ses appartements sans un dernier regard. Gallen avança le regard enflammé. Il descendit vers les portes de la ville . Devant lui chacun s'écartait. le vice roi n'avait cure de l'interdiction de ne pas porter d'armes . Il avançait ni rapidement, ni lentement, il avançait imperturbable. Gallen souhaitait presque qu'on le stoppa mais rien ne survint. Il sentit les regards surpris voire craintifs qui coulaient sur lui. Il arriva enfin aux portes, nul ne l'vait arrêter ni même n'avait osé l'interpeller. Était ce son statut , son regard de fer qui avait imposé un tel respect à son égard. Gallen ne se posa même pas la question.

Il regarda derrière lui, et vit l'imposante Cité s'élever à ses pieds, il apercevait même en miniature l'antique arbre Blanc.

Puis il fixa l'horizon, il découvrit des amas de tentes aux couleurs disparates. Il entendit le bruit caractéristique des campements, il l'avait tellement perçu lors de ses différentes campagnes militaires. Devant lui se dressaient les délégations du Sud , interdites d'entrer dans la capitale du Gondor mais qui dans un intérêt ou une nécessité diplomatique avait assisté au mariage de Tar Aldarion Bientôt elle repartiraient vers leurs lointaines contrées mais avant ...

Le vice roi aperçut l'étendard qu'il recherchait , celui du Rhun. Gallen avança d'un pas décidé. Il entra dans le campement sans un regard , les yeux enflammés. Nul ne l'arrêtèrent de nouveau. il entendit cette fois des murmures sur son passage et les regards étaient cette fois franchement féroces. Mais ces remarques glissèrent sur le vice roi comme l'eau se retient de la plage. Il déambula un certain temps , toujours soumis au regards incrédules. Il le vit enfin, il lui tournait le dos, plongé dans une quelconque conversation.

Rokh dut sentir son regard car au ralenti il se retourna . Gallen crut apercevoir une esquisse de sourire sur le visage lisse de sa Némésis.

Sans accélérer Gallen avança vers Rokh. Puis il se rappela. Un soldat passa près de lui. Gallen le stoppa du plat de la main et s'empara de son bouclier. Le guerrier du Sud s'interposa mais recula devant le regard bleu acier de l'occidental. Et de plus il regarda Rokh qui eut juste un geste de la tête rapide. Le guerrier fustigea Gallen du regard mais recula.

Sans un regard pour cet insecte Mortensen continua son chemin. Arrivé à quelques mètres de Rokh, il lança le bouclier à ses pieds

Il dit simplement


"J'ai trouvé un bouclier Rokh"


Puis il avala sa salive et poursuivit de sa voix de stentor

"Moi Gallen Mortensen je te provoque en duel Rokh. Au crépuscule tu salueras la mort de ma part"


Curieusement Gallen n'avait pas énoncé ses titres, il voulait juste ce duel d'homme à homme
Stoïque Gallen attendait la réponse de son futur adversaire, les pieds campés dans la terre du Gondor.

Mais ce qui étonnait Gallen c'est qu'il avait envie de disserter avec ce guerrier avant de le tuer. Décidément des liens étranges s'étaient tissés entre eux un peu comme ceux avec la splendide Shiva.

Le rohirrim découvrait de drôles de réactions de sa part et certaines le surprenaient d'autres commençaient à l'interroger voire à l'inquiéter.


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Ryad Assad
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Un rendez vous avec le destin EmptyLun 16 Mar 2015 - 2:24
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++ … Naturellement, nous devrons assurer la sécurité de Sa Majesté jusqu'au retour au pays. Il semblerait que nous ayons réussi à déjouer toute tentative malveillante à son endroit, mais nous ne saurions être trop prudents d'ici la fin de ce mariage. Je pense que ces barbares pourraient tout à fait tenter quelque chose. Rokh, je compte sur toi pour continuer à organiser la protection du périmètre, en relation avec les gardes du Gondor. Décidément, heureusement que tu parles bien leur langue. ++

L'intéressé hocha la tête pesamment :

++ Je m'en chargerai, Melkor en soit témoin. ++

++ Parfait. Je te laisse choisir comment déployer les hommes, j'ai foi en ton jugement. Je pense que… Mais qui est cet homme ? ++

Rokh se retourna, et chercha des yeux ce qui avait attiré l'attention de son supérieur. En vérité, il n'eût pas à regarder bien longtemps, car un individu concentrait l'ensemble de l'attention des soldats présents, dont aucun n'avait encore désiré tirer l'épée pour le défier, mais dont tous avaient entendu parler. Le Vice-Roi Mortensen, représentant de la délégation Rohirrim. Il était facile de l'identifier, grâce à l'armure d’apparat qu'il portait, aux armes de son royaume, et surtout à la noblesse de son attitude. Parmi les compagnons de Rokh, pas un n'avait pu échapper à l'histoire de son glorieux duel avec le Maréchal devenu entre-temps deuxième personnage le plus puissant du Rohan, et accessoirement meilleur bretteur parmi eux. L'arrogance du jeune guerrier n'avait pas disparue, et il avait à de nombreuses reprises annoncé qu'il avait réussi à prendre sa revanche, mais qu'il avait épargné ledit combattant car il souhaitait pouvoir l'affronter dans de nobles conditions. Sans nul doute qu'il n'avait pas prévu, en dépit de l'endroit où il se trouvait, d'avoir l'occasion de parler au Vice-Roi, et encore moins de lui proposer un duel. Toutefois, en le voyant arriver ainsi, plein de détermination, Rokh comprit qu'il aurait sa belle, et qu'il pourrait enfin démontrer sa supériorité sur ce champion du Riddermark.

Cela lui tira un sourire de satisfaction. Il fit signe à son compagnon de le laisser passer, surpris de voir le Vice-Roi s'emparer ainsi d'un bouclier, pour le jeter à ses pieds. Toutefois, tout prit un sens nouveau quand il ouvrit la bouche, pour le provoquer en duel. Rokh n'avait pas oublié les paroles qu'il avait prononcées, et il était heureux de voir qu'elles étaient également restées gravées dans la mémoire de son adversaire, bien que six longs mois eussent passé. Aucun des deux n'était pleinement satisfait de la façon dont leur affrontement s'était terminé, et s'ils étaient tous deux heureux d'avoir eu la vie sauve, et ils ne pouvaient pas s'empêcher de désirer plus que de raison vérifier lequel des deux prendrait la vie de l'autre en premier.

Face à ce défi, à ce gant jeté en plein milieu du campement des Rhûniens, il était impossible que Rokh refusât. Ses officiers n'auraient pas compris, ses subalternes n'auraient pas accepté, et sa Reine n'aurait tout simplement pas pardonné qu'il se ridiculisât devant un Occidental. C'était l'honneur de tout son royaume qui était en jeu, et la provocation du Vice-Roi, qui pouvaient être offerte comme une affaire entre deux hommes, était en réalité une provocation entre deux Etats qui s'ils n'étaient pas en guerre, s'opposaient tout de même sur de nombreux points. Le contentieux historique entre les Rohirrim et les Rhûnedain était ancien, mais toujours vivace dans la mémoire des monarques. Lyra de Rhûn ne supporterait pas de voir un de ses valeureux guerriers refuser un duel face à un adversaire qu'elle considérait comme méprisable et indigne. Elle prendrait en revanche un plaisir incroyable à voir Rokh piétiner le visage de Mortensen, à le voir remporter une victoire éclatante qui démontrerait à tous que les Orientaux étaient naturellement supérieurs.

Ouvrant les bras en signe d'impuissance, Rokh répondit d'une voix calme, avec un commun impeccable bien que son accent parût un peu plus prononcé que six mois auparavant, après son long séjour à Aldburg :

- Pas au crépuscule, Gallen Mortensen. Demain à l'aube, tu trouveras la place d'honneur que tu mérites au côté de tes ancêtres.

Le guerrier afficha un sourire. Choisir le moment du duel n'était pas un véritable avantage, mais il lui donnait au moins l'impression de ne pas céder un pouce de terrain à son adversaire. Toutefois, beau joueur, il ajouta :

- Je te laisse le choix du lieu. Les plaines du Pelennor sont grandes et je suis persuadé que nous pourrons trouver un endroit convenable.

C'était vrai. Certes, il y avait foule autour de la Cité Blanche, mais en s'éloignant un peu ils pourraient trouver un endroit tout à fait approprié pour livrer bataille. Il était cependant évident que ce duel très politique attirerait des regards. Rokh était prêt à parier que sa Reine insisterait pour assister, ce qui impliquait que sa garde rapprochée et les hauts dignitaires du Rhûn viendraient également. Les compagnons du Lieutenant feraient également le déplacement, pour lui apporter leur soutien, et surtout pour le voir massacrer son impétueux adversaire. Du côté de Gallen, aucune autorité plus haute que lui n'était présente au Gondor, mais il était certain que sa compagne Aelyn, ses proches et amis viendraient pour assister au duel. Il n'y aurait sans doute pas davantage de personnes, car le lieu n'était pas propice à une foule importante, et le délai très court ne permettrait sans doute pas à quiconque de s'organiser. En outre, c'était un duel très privé entre deux hommes, et aucun des deux ne paraissait vouloir le rendre public.

Rokh jeta un œil à ses compagnons, qui le soutenaient largement. Très peu parlaient un commun parfait, et ils ne comprenaient pas tout de la conversation, mais ils devinaient ce qu'ils ne pouvaient entendre formellement. Leur frère était en train de tenir tête à ce Vice-Roi audacieux, et il représentait fièrement les couleurs de son royaume. Parfaitement à l'aise dans ce rôle, le jeune guerrier annonça :

- Marchons, je crois que nous avons des choses à nous dire.

Et en effet, ils avaient du temps à rattraper. Le Rhûnadan éprouvait l'impression bizarre d'avoir enfin trouvé quelqu'un qui le comprenait. Gallen Mortensen était un peu son double, son reflet occidental, pétri de valeurs lâches et immorales, mais tout de même. Jamais il n'avait rencontré un homme de l'Ouest qui lui fût à ce point semblable, et qui lui eût à ce point fait douter de ses propres capacités martiales. Après son retour compliqué au Rhûn, et son séjour de quelques semaines dans l'avant-poste, il avait regagné le royaume où il avait retrouvé sa place avec les honneurs. Toutefois, il n'avait jamais vraiment cessé de penser à son adversaire qui, des centaines de lieues à l'Ouest, l'avait poussé aux portes de la mort. Alors qu'ils s'affrontaient avec un acharnement titanesque, il lui était apparu qu'il y avait comme un lien très fort entre eux, que seule Kaya ou Varvad pouvaient rompre.

Marchant l'un à côté de l'autre, curieux duo que cet homme en armure du Rohan et ce guerrier en armure du Rhûn, ils s'éloignèrent du campement oriental, et se mirent à déambuler entre les tentes, quittant d'un pas léger les environs de Minas Tirith, pour partir à la recherche d'un endroit propice à leur combat. Au départ, nul ne prit la parole. Non pas qu'ils n'eussent rien à dire, mais il était simplement difficile de mettre des mots sur ce qu'ils éprouvaient, sur le fort lien qui les unissait alors que tout dans leur passé les destinait à se haïr. Rokh finit par rompre ce silence gênant, essayant de cacher son manque d'assurance derrière un faciès froid et maîtrisé :

- Vous avez l'air en forme. Vos blessures se sont remises ?

La question pouvait paraître déplacée, pour ne pas dire stupide étant donné qu'il était à l'origine desdites blessures. Toutefois, de sa part, on ne pouvait pas vraiment y voir une provocation gratuite. Il s'inquiétait sincèrement de savoir quel était l'état physique d'un homme qu'il entendait tuer le lendemain, car il souhaitait affronter Gallen au maximum de ses capacités. Vaincre un adversaire diminué ne lui apporterait aucune satisfaction. Puis, enchaînant sur des choses plus anodines qui, curieusement, lui venaient assez naturellement, il lança :

- Qu'avez-vous fait ces six derniers mois, Maré… Vice-Roi ? Je suppose que vous avez passé du temps avec la guérisseuse, Aeryn… non, Aelyn. J'ai cru comprendre qu'elle était ici avec vous.

Il était étonnant d'entendre Rokh prendre des nouvelles de la vie de Gallen, comme un vieil ami l'aurait fait très naturellement. Pourtant, de quoi d'autre pouvaient-ils parler sinon de choses anodines ? Evoquer leur duel du lendemain n'aurait fait que précipiter les choses, et ils auraient bien assez de temps pour y réfléchir, pour s'y préparer mentalement. Mais avant cela, ils devaient exorciser certaines choses, comme si en apprenant à se connaître en quelques phrases, en quelques questions, ils ouvraient des portes restées closes trop longtemps. A chaque question, le Vice-Roi répondait, et incitait ainsi Rokh à poursuivre, ne souhaitant pas que leur conversation s'arrêtât si tôt. Il attendit que son interlocuteur terminât, avant de demander encore :

- Comment allez-vous, vous ? Depuis la mort de Farma, je veux dire. Je suppose que son décès vous attriste toujours.

Cette question était peut-être la plus délicate, mais peut-être aussi que Rokh était le seul à qui Gallen pouvait se confier librement, le seul qui ne le jugerait pas sur ce que contenait son cœur, qui ne se moquerait pas de sa faiblesse. Car pour l'Oriental, la seule chose qui comptait était la puissance de son bras, la violence de ses coups et la droiture de son âme. Du reste, il se fichait éperdument, et constituait donc une oreille des plus neutres. Conscient toutefois qu'il avait peut-être été trop loin, face aux hésitations du Vice-Roi, il préféra s'arrêter là, et lui laisser dont il avait besoin pour réfléchir, pour chercher les bons mots, pour formuler les bonnes phrases.

Rokh était là quand Farma avait sombré, il l'avait vue alors que Gallen était prisonnier dans les geôles de Vieille-Tombe. Il l'avait soutenue quand son époux était au loin, et qu'elle maudissait son absence. Il était là encore quand elle avait sauté de cette fenêtre, avalée par le vide, brisée sur les pavés. Il avait tout vu, il avait tout entendu, et dans un sens il était peut-être le mieux placé pour comprendre la souffrance du Vice-Roi. Sans avoir la prétention de jamais devenir son ami, sans même désirer qu'ils se rapprochassent ainsi, il avait envie d'en savoir davantage sur cet homme qui avait réussi à le faire vaciller, sur cet homme qui avait changé tant de choses dans sa façon de voir le monde, dans sa façon d'être. Dans un sens, il avait même envie de l'aider à aller mieux, si cela pouvait l'aider à combattre plus efficacement, et à se révéler un adversaire plus redoutable.

Car il n'oubliait pas que la finalité de leur conversation était leur duel, que l'aboutissement de leur relation était la mort de l'un des deux, et que l'objectif principal de leur marche était de trouver un lieu adéquat pour livrer bataille. Ils étaient sortis depuis quelques minutes de la forêt de tentes, et ils retrouvaient peu à peu le calme et la sérénité des plaines du Pelennor, vaste étendue parcourue de champs que rien ne venait troubler. Au milieu de ce nulle part, de ce rien, de ce vide, ils n'étaient plus des soldats en armure, ils n'étaient plus des ennemis mortels. Pour quelques minutes, quelques heures, ils étaient deux guerriers, vieux dans l'âme, qui échangeaient par-delà leurs différences par delà leurs obédiences. Et, pour l'un comme pour l'autre, cela les aidait à trouver la paix. Il n'y avait plus de « hier », et les souvenirs de leurs affrontements passés s'estompaient progressivement, emportés à l'instar de tous leurs souvenirs. Il n'y avait pas de « demain », et la perspective du duel à venir était lointaine, comme une ombre balayée par le soleil radieux qui brillait sur le Gondor. Il n'y aviat qu'un « maintenant », qu'un « ici », où ils pouvaient se confier librement, pour la première et sans doute la dernière fois de leur vie...


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"Il n'y a pas pire tyrannie que celle qui se cache sous l'étendard de la Justice"
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Un rendez vous avec le destin EmptySam 21 Mar 2015 - 13:25
Gallen accepta d'un signe de tête rapide la proposition de l'heure du dueL.

Il murmura juste

"Qu'il en soit ainsi !!"

Il fixa les regard courroucés qu'il remarqua . Il se redressa d'autant plus, presque pour provoquer ces guerriers aux regards ténébreux.

Il suivit donc Rokh en recherche d'un lieu propice à leur futur combat. Il faut bien l'avouer Gallen aimait cette sensation d'être au centre de l'attention et de sentir la frustration de ces ennemis potentiels.

Le rohirrim fut surpris des questions du Rhuniens, il ne sentit aucune animosité et il faut transporté il y a 6 mois lors de leurs brèves mais franches conversations. De plus, depuis son accession au rang de Vice roi il avait peu d'oreilles attentives et beaucoup de "conseillers"  étaient des profiteurs ou des vils flatteurs. Il avait certes son Aelyn mais il y avait des sujets qu'il ne pouvait pas aborder avec elle dont celui de Farma. Sirion s'était éloigné, empêtré dans sa rage de vengeance et plongé dans les affres de l'espionnage. Etelion était dans la comté . Restait Erco mais la position de son ami en tant qu’ambassadeur ne simplifiait pas les relations, et Erco était un rohirrim comme lui, un guerrier mais il n'avait pas toujours la vision disons romantique et nostalgiques des anciennes valeurs.

Gallen eut un sourire fugace suite à la première question du rhunien.

"Pas d'inquiétude Guerrier, j'ai réussi à jouter avec Erco Skaline, dont tu as sûrement entendu parler. donc oui mon bras est assez puissant pour te vaincre "

Puis il découvrit un endroit suffisamment plat, Gallen commença à retirer les petites pierres pour empêcher des glissades intempestives. Il regarda un bref instant la cité blanche au loin, sa splendeur d’albâtre le subjugua de nouveau.

Puis il s'accroupit et prit un peu de terre dans sa main droite et la laisa glisser. Oui le lieu était parfait.

Il se releva lentement et déclara simplement

"Ce sera ici ", Rien de plus. C'est ici qu'il rencontrerait de nouveau la gloire ou mourrait de la main de Rokh.

Gallen ferma un instant les yeux, il sentit le vent des champ de Pélennor qui semblait répondre à celui des plaines du Riddermark. Cela le rassura.


Il fixa de ses yeux bleus cobalt, le regard d'ébène de son futur adversaire.

"Farma sera toujours ici et là", il montra de sa main droite et son front

"Mais étonnamment j'aime plus que tout Aelyn qui est ma compagne dorénavant. je ne pensais pas que l'on pouvait aimé 2 femmes dans une vie et bien je me trompais . Je les aime différemment, amis j'aime Aelyn, cela j'en suis certain. je sais que cela te semble idiot Guerrier voire incompréhensible ; même  une faiblesse n'est ce pas ?"

Gallen sourit rapidement puis poursuivit

"Mais tu te trompes, là réside ma force. Cela me permt de voir la beauté de ce monde, un coucher de soleil , un flocon de neige. En revanche j'en suis sûr nous nous rejoignons , après un combat tout est plus magnifique il n'y a pas de mot précis dans la langue,je suis certain que chez toi vous avez un terme . Nous nous rejoignons sur ce point c'est certain Rokh"

Puis il ménagea une brève pause et poursuivit

"Je ne t'ai jamais remercié pour ce que tu as fait. Donc je le fais en ce jour qui est peut être mon dernier. Je te remercie guerrier"

Et étonnamment Gallen avança sa main vers l' homme de l'est.


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Dernière édition par Gallen Mortensen le Dim 22 Mar 2015 - 13:26, édité 1 fois
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Ryad Assad
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Un rendez vous avec le destin EmptyDim 22 Mar 2015 - 4:12
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Rokh et Gallen marchaient d'un pas tranquille, sans se presser. On aurait dit qu'aucun d'entre eux n'était réellement pressé d'atteindre l'endroit où ils allaient livrer leur dernier combat. Le destin les avait réunis si souvent par la force des choses que, pour une fois qu'ils avaient le temps de savourer une conversation en gardant les armes au fourreau, ils ne paraissaient pas désireux de l'abréger. L'Oriental afficha un léger sourire en entendant la réponse du Vice-Roi à sa première question. Ainsi donc, il s'était frotté à Erco Skaline ? Le Rhûnadan ne le connaissait pas personnellement, bien entendu, mais on discutait au sein de sa compagnie, et son nom avait déjà été mentionné. Certains, qui avaient voyagé à l'Ouest pour y livrer bataille, disaient qu'il était un vétéran de nombreuses guerres. C'était suffisant pour qu'il fût considéré par Rokh comme un adversaire digne de ce nom, car en effet les combattants médiocres ne survivaient pas aux grandes batailles de ce temps pour voir leurs noms murmurés avec un certain respect. Ils étaient en général moqués pour avoir fui ou oubliés parce qu'ils se cachaient pour échapper à la honte de leur désertion. Erco Skaline, de toute évidence, n'était pas de ces hommes.

- J'en ai entendu parler, oui. J'ai cru comprendre qu'on avait perçu des bruits d'épée s'entrechoquant non loin de vos appartements… J'espérais bien que tu t'entraînerais avant de venir ici.

C'était pique pour pique, mais les deux hommes conservaient le sourire. Ils se moquaient gentiment l'un de l'autre, comme s'ils étaient sur le point de faire une banale course à cheval. Quiconque serait passé par là et aurait capté des bribes de leur conversation aurait cru à une amitié franche et sincère, que rien ne pouvait défaire. Pourtant, dès le lendemain matin, ils s'affronteraient à mort avec une violence inouïe. Ils se jetteraient l'un sur l'autre comme deux créatures de cauchemar, et l'un d'entre eux demeurerait étendu dans la poussière, baignant dans son propre sang. Mortensen s'arrêta bientôt, et avisa un endroit qui lui paraissait approprié. D'un œil critique, Rokh l'observa retirer les pierres qui pourraient éventuellement gêner leur duel, sans trouver rien à redire sur ce choix. Ils étaient au milieu de nulle part, au milieu de tout. De là où ils se trouvaient, ils auraient pour témoin la glorieuse Minas Tirith qui se dressait comme un phare immaculé à l'horizon, et le ciel d'un bleu pur qui serait leur dernière vision au moment où ils quitteraient ce monde.

Le guerrier baissa la tête, revenant à son interlocuteur. Il ne s'attendait pas véritablement à avoir une réponse, mais il était heureux de voir que le Vice-Roi avait accepté de lui parler. C'était curieusement important, sans qu'il pût expliquer pourquoi. Les paroles de ce dernier étaient sincères, et montraient tout à la fois à quel point ils étaient proches et distants, à quel point ils se comprenaient et s'intriguaient l'un l'autre. Ils ne pourraient jamais se dire réellement amis, mais indéniablement ils étaient liés. Liés par une réalité qui dépassait tout ce que leurs allégeances et leurs serments respectifs les obligeaient à croire. Ils étaient liés par la guerre qu'ils ne fuyaient pas mais qu'ils avaient épousés. Ils étaient liés par la mort qu'ils bravaient plus que de raison. Ils étaient liés par le sang, non pas celui qui coulait dans leurs veines, mais celui qu'ils avaient fait couler au cours de leur vie. Jamais ils ne trouveraient le repos après avoir tué autant, mais ils mourraient avec la satisfaction d'avoir toujours fait face, de n'avoir jamais cédé un pouce de terrain face à l'adversité.

Rokh écoutait attentivement le Vice-Roi, comprenant peut-être mieux qu'il ne le pensait où il voulait en venir. La beauté du monde… Oui, il commençait à y goûter lui-aussi. Peut-être pas de la façon dont l'espérait ou dont le voyait le Rohirrim, mais c'était déjà un début. Son séjour à Aldburg l'avait changé en profondeur, sans remettre en cause qui il était. Il avait évolué vers un stade supérieur, que l'on ne pouvait pas qualifier de meilleur ou de pire. Il était différent, certes, plus fort assurément, mais de là à savoir s'il s'était rapproché de son idéal du bien ou l'inverse, c'était difficile à déterminer. Il ne savait même plus exactement ce qui était souhaitable ou non, et en dépit de toutes ses convictions sur la guerre, la vie et la mort, il n'en demeurait pas moins perdu sur toutes les autres choses de la vie, toutes ces choses qu'il avait découvertes dans les froides et hostiles terres du Rohan.

Alors, quand le Vice-Roi tendit sa main pour le remercier, Rokh n'hésita pas un seul instant. Il se tourna face à son vis-à-vis, son alter ego, et lui rendit sa poignée avec une sincérité indéniable. Ses traits toujours sérieux s'adoucirent pendant un bref instant, et il parut pour une fois faire ses vingt et quelques années. A ce moment-là, on se disait toujours que sa vie était un beau gâchis ou une belle réussite, question de point de vue. On pouvait saluer sa maîtrise incroyable, sa grande qualité de bretteur et ses réussites militaires, autant que l'on pouvait déplorer l'absence de chaleur humaine dans son existence, et le destin tragique auquel il était promis. Il n'y avait aucune chance qu'il fût un jour un véritable homme libre, libéré de ses obligations et de ses démons intérieurs qui le tiraient toujours vers le champ de bataille. Il serait toujours appelé vers les métiers de l'épée, jusqu'à ce qu'il pérît par elle. Peut-être dès le lendemain, sous les coups du Vice-Roi, peut-être dans une semaine, un mois ou un an… Chaque jour de sa vie était mis en balance, et il risquait en permanence d'être envoyé au front, de périr dans la gloire pour rejoindre ses ancêtres sans honte. Mais que valait une vie qui pouvait s'interrompre à chaque instant, et dont on ne profitait pas pour soi ? Rokh, sans lâcher la main du Rohirrim, le regarda droit dans les yeux et lança :

- C'est moi qui te remercie, Gallen.

Appeler le Vice-Roi du Rohan par son prénom était une première pour l'Oriental, mais cela lui était venu très naturellement. Il n'avait pas vraiment réfléchi, et avait parlé avec le cœur. Cela faisait longtemps. Il haussa les épaules soudainement, comme s'il rejetait le poids des chaînes du passé, pour se permettre le temps de quelques heures d'être parfaitement sincère avec quelqu'un. La vérité lui ferait peut-être du bien, le soulagerait peut-être de ses craintes :

- Ce n'est pas une faiblesse que d'aimer quelqu'un. Pas pour toi, en tout cas… Quand je suis rentré au Rhûn, je… eh bien… je suis retourné voir mes parents. Je voulais voir si moi aussi je pouvais trouver quelqu'un à aimer… Si cela pouvait me rendre plus fort…

On sentait une pointe d'amertume dans sa voix, mais son visage était parfaitement neutre, son expression contrôlée à merveille :

- Je ne me souvenais même pas du visage de ma mère… Je crois que j'ai été content de la revoir. Soulagé, même. Mais je n'ai pas cet amour que d'autres peuvent ressentir. Je tiens à elle, mais je n'ai pas senti cette force m'envahir… Depuis lors, j'attends de trouver quelqu'un que je pourrais aimer assez pour être capable de me surpasser.

Rokh détourna un instant le regard. C'était la première fois de son existence qu'il abordait cette question avec quelqu'un, et cela ne faisait que le rendre d'autant plus gêné. Sa jeunesse apparente prenait des proportions incroyables, à mesure que l'on se rendait compte à quel point, privée de la guerre, sa vie était vide de sens. Il était comme un nouveau-né, qui n'avait exploré qu'une seule des milliers de voies possibles pour un enfant. Jamais il n'avait pas pu jouer, s'amuser, rire, danser ou chanter. Il aurait peut-être fait un bon peintre, un bon musicien, ou un bon cuisiner. Il aurait pu devenir maréchal-ferrant, ou bien apothicaire, collectionner des bibelots ou prendre du plaisir à lire un livre. Nul ne saurait jamais ce qu'il adviendrait de ces possibles, avalés par l'épée qui pendait à son côté, et par tout ce qu'elle impliquait.

- Mais je crois… Je crois que ce jour n'arrivera jamais…

Il n'en dit pas davantage, et se ferma assez subitement. Sa main quitta celle du Vice-Roi, et le sortilège qui les avait poussés à se confier l'un à l'autre se dissipa rapidement, éclatant comme une bulle silencieuse autour d'eux, leur faisant prendre conscience du monde qui continuait d'avancer. Le bruit du vent sur la plaine, apaisant, permit à Rokh de conserver sa sérénité. Il changea habilement de sujet, et rebondit sur ce que disait Mortensen à propos du combat :

- Nous avons bien un mot, mais je ne suis pas sûr de le traduire correctement. On l'utilise… On l'utilise parfois quand une femme enceinte met son enfant au monde. Au moment précis où la douleur cesse, et où l'enfant lui est présenté. Je ne sais quel est le mot dans votre langue pour exprimer cela… C'est ce terme que nous employons. Car oui, tout est plus beau après un combat, comme après avoir accouché. Inspirer de l'air est comme boire de l'eau par une forte chaleur, chaque mouvement paraît fluide et plein de sens.

Rokh plongea un instant dans ses souvenirs. Il avait livré de nombreux duels dans sa vie, et l'impression qu'il décrivait n'avait jamais disparu, jamais perdu en intensité. Chaque duel était unique, intime et crucial. Même face au dernier des mécréants, il devait faire preuve d'une concentration de tous les instants, car un coup chanceux pouvait toujours arriver. L'histoire regorgeait d'exemples d'hommes trop sûrs d'eux, trop confiants en leurs capacités, qui avaient baissé leur garde et qui avaient finalement été vaincus par un adversaire moins bon, moins intelligent, tout simplement inférieur, mais qui avait eu l'intelligence de profiter d'une ouverture, peut-être la seule et la plus infime, pour remporter la victoire. Dans cet état de concentration extrême, il n'existait rien sinon l'adversaire, et l'environnement immédiat n'était qu'une donnée, qu'un paramètre à prendre en compte sans qu'il fût réellement possible d'en discerner les détails. Alors, en sortant de cet état d'esprit, on retrouvait naturellement la saveur des choses. On percevait comme jamais la caresse du soleil sur la peau, le souffle du vent dans les cheveux. On retrouvait l'apaisement de l'âme, et le plaisir de ces milliers de petite choses auxquelles nul ne prêterait attention en temps normal.

C'était cette sensation que les deux guerriers décrivaient, qui n'était pas si loin de celle qu'éprouve l'artisan fier mais rompu après avoir travaillé d'arrache-pied pour achever une œuvre superbe. Lui aussi souffrait, et parfois son corps gardait les traces de son dur labeur. Toutefois, la splendeur de ce qu'il créait lui redonnait le sourire, et le calme retrouvé, il pouvait contempler le fruit de son travail avec la satisfaction d'y avoir mis un terme. Il y avait dans la guerre une forme d'accomplissement personnel que Rokh se plaisait à trouver, une forme de paix de l'âme qui contrastait avec la furie destructrice qu'il pouvait déchaîner lorsqu'il déversait ses coups sur l'ennemi. La conversation qu'il partageait avec le Vice-Roi en était un parfait exemple. Il inspira profondément, et regarda autour de lui. La plaine s'étendait, vaste et plane, dans toutes les directions. Il aurait adoré pouvoir chevaucher vers l'Est, retrouver les terres verdoyantes de son île natale, s'allonger au pied d'un arbre pour regarder le soleil succéder à la lune, contempler les étoiles dans un ciel sans nuages, laisser le bruit des vagues apaiser son âme. Mais il avait encore quelque chose à faire avant…

- Rentrons, veux-tu ? J'ai peur qu'on commence à s'inquiéter de ne pas nous voir revenir. Notre Reine m'en voudrait de créer un incident diplomatique durant le mariage…

Il sourit brièvement, en emboîtant le pas au Vice-Roi, alors que chaque pas les rapprochait un peu plus du monde réel, de leurs devoirs et de leur destin. Plus ils se rapprochaient, plus il sentait le poids de son armure aux armes du Rhûn, et celui du regard de Melkor penché au-dessus de lui. Ils avaient franchi le point de non-retour désormais, et rien ne viendrait se dresser entre ces deux combattants qui s'ils marchaient côte à côte actuellement, se retrouveraient bien assez tôt face à face.


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Gallen Mortensen
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Un rendez vous avec le destin EmptyMer 1 Avr 2015 - 21:38
Gallen répondit à la poignée de main franche de Rokh.Il écouta les paroles de Rokh avec attention. Il fut surpris d'entendre son prénom dans la bouche de Rokh. Il laissa le guerrier discourir.Définitivement le rohirrim se sentait presque frère de sa némésis.

Il acquiesça d'un signe de tête à la demande de Rokh de retourner vers le campement de la délégation rhunienne.

Il marchait de nouveau cote à cote

Gallen posa une question au guerrier

"Je suis sûr que toi aussi cela t'agace que l'on te demande pourquoi tu combats, n'est ce pas.... Rokh ?"

Gallen eut du mal à prononcer le prénom de l'oriental.

Tout en écoutant la réponse de Rokh il poursuivit en marchant, scrutant le profil d'aigle du rhunien

"Moi je répond, je suis né, je suis guerrier"


Puis ils arrivèrent enfin. Toujours ces regards farouches noirs comme l'ébène.

Gallen fixa de nouveau la cité blanche. Puis il déclara

"En bon rohirrim je t'attendrai près des chevaux. A l'heure du duel nous nous retrouverons à l'endroit prévu"

Le vice roi s'assit près des chevaux parqués. Le rohirrim les regarda d'un oeil expert, il étaient moins haut au garrot que les chevaux rohirrim mais il remarqua leur entretien impeccable. Décidément ce peuple étrange était bien plus proche des rohirrim que le Vice roi ne le pensait.

En réalité, Gallen ne désirait pas voir Aelyn, avant son duel. Elle pouvait être capable de le retirer et cela était inenvisageable.

Le champion du Rohan s'installa contre une pierre confortablement ; il sortit une pierre aiguisée et commença à s'occuper de sa meilleure et plus vieille maie: Kaya.

Il entra dans sa bulle, son duel avait déjà commencé en fait.


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Ryad Assad
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Un rendez vous avec le destin EmptyVen 3 Avr 2015 - 22:45
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Rokh esquissa un sourire en entendant la question de Gallen. Il était amusant de voir qu'en dépit de tout ce qui pouvait les séparer, les mêmes choses les ennuyaient. Existait-il donc un esprit de guerrier qui transcendait les pays, les races et les peuples ? Peut-être, après tout. Peut-être qu'ils partageaient, à travers la guerre, plus de choses qu'à travers la paix ou le commerce. Cette pensée étonna quelque peu le Rhûnadan, qui n'avait jamais réfléchi à la chose. Oh, certes, il s'était déjà demandé à quoi pouvait penser les hommes de l'Ouest, particulièrement parce qu'il ne comprenait pas leur philosophie du combat. Mais jamais il ne s'était dit qu'ils pouvaient, d'une manière ou d'une autre, se ressembler, avoir des points communs. Il les percevait trop différents, trop éloignés de ses propres conceptions, à tel point qu'il lui était parfois difficile de concevoir qu'ils appartenaient à la même race des Hommes. Gallen, toutefois, était différent. Il était si proche de lui, si proche de ce qu'il pouvait ressentir, qu'on aurait presque pu se demander, en les voyant tous les deux, pourquoi ils en arrivaient à se battre. Et à cette question, Rokh n'avait naturellement aucune réponse :

- Oui, je trouve ça… agaçant. Vivre, c'est combattre, dès le premier jour. Dès le premier cri que nous poussons, nous reconnaissons que ce monde est hostile et qu'il nous faut l'affronter pour y faire notre place. Je crois… je suis sûr que la guerre est la forme la plus raffinée et la plus sophistiquée que nous ayons de vivre. En allant au bord du précipice qu'est la mort, nous comprenons mieux que jamais qui nous sommes. Lâche ou brave, faible ou fort…

Son regard glissa lentement vers Gallen, qui l'écoutait avec une attention soutenue, comme s'il cherchait lui aussi à le comprendre, comme si lui aussi, en dépit de tout ce qui pouvait les éloigner, tendait sa main dans sa direction. Le plus jeune poursuivit :

- Mon ennemi, c'est la mort elle-même. C'est elle que j'affronte à chaque duel, tout en sachant qu'elle finira par l'emporter. Certains préfèrent la fuir… pas moi. Alors quand on me demande pourquoi je combats, je n'ai aucune justification : je suis déjà mort. Et toi, que réponds-tu ?

Les paroles du Vice-Roi laissèrent Rokh pensif. « Je suis né, je suis guerrier ». Il ne comprenait pas. Cette perception était à la fois très proche de ce qu'il définissait, il le sentait, mais il y avait un gouffre par-delà lequel il ne pouvait pas aller. Leurs deux conceptions de la guerre étaient parallèles, mais jamais elles ne se rejoindraient. Lui se battait parce qu'il était en vie, parce qu'il était né et qu'il y avait dédié son existence. Rokh se battait parce qu'il était mort, et qu'il ne pouvait décemment rien faire d'autre. Quelque part, ils étaient tous les deux comme maudits, condamnés à être prisonniers des champs de bataille qui les appelaient comme ces créatures marines qui ensorcelaient les navigateurs de leur voix suave. Ils étaient arrivés au terme de leur promenade, et déjà les tentes du Rhûn se dressaient devant eux, sang et or, magnifiques. Les gardes se levèrent, et scrutèrent Gallen d'un regard acéré, peu amène. Il paraissait s'en ficher éperdument.

Gallen et Rokh se firent face un instant. Ils étaient de nouveau dans leurs rôles. Le premier, Vice-Roi du Rohan, champion des Peuples Libres, héros d'Aldburg et vétéran de nombreuses batailles, défendrait son honneur et celui de tout l'Ouest à la pointe de son épée Kaya. Le second, lieutenant des Cataphractes du Rhûn, champion de Lyra pour l'occasion, défendrait l'honneur de Sa Majesté, de ses ancêtres et de tous les Orientaux. Ils se rendirent cruellement compte que leurs armures n'arboraient pas le même blason, que leur langue n'était pas la même, et que leurs valeurs étaient différentes. Ils obéissaient à des seigneurs opposés, à des peuples ennemis depuis des temps immémoriaux. Avaient-ils besoin d'une raison pour combattre demain ?

Existait-il seulement une raison ?

Rokh leva fièrement le menton, et répondit avec sécheresse, comme s'il voulait conforter son rôle d'ennemi, de Némésis :

- Qu'il en soit ainsi. Melkor choisira son champion demain.

Sur ces mots, il se retourna avec sa raideur caractéristique et prit la direction de la tente de sa Reine, qui souhaiterait probablement le voir avant le duel. Il n'avait pas reçu de convocation expresse, mais elle lui tiendrait rigueur de ne pas venir l'informer personnellement de la décision qui avait été prise. Après cela, il se rendrait dans sa tente privée, où il se retrouverait seul avec lui-même. Il s'occuperait de préparer et de consacrer armes et armure, selon les rituels de son île natale, afin de placer ce duel sous les meilleurs auspices. Et demain, sa lame trouverait enfin le chemin de la gorge du Vice-Roi, il s'en fit le serment.

Il s'immobilisa bientôt devant la tente la plus imposante du camp rhûnien, et s'annonça auprès du garde qui le connaissait, et qui le laissa naturellement entrer. Rokh pénétra à l'intérieur, où régnait une atmosphère feutrée. On sentait que des encens avaient brûlé, mais en si faible quantité que l'air était respirable. La fraîcheur à l'intérieur était bienvenue, et Rokh se laissa aller une seconde à apprécier le froid sur ses joues. Puis, sur une invitation d'un des courtisans de la Reine, il s'avança et se plaça à la périphérie d'un cercle virtuel dans lequel ne se tenaient que la garde très rapprochée de Sa Majesté Lyra. Celle-ci, vêtue d'une tunique simple mais d'une rare élégance, avait pris place sur son trône. Elle leva la tête vers le lieutenant, et ses yeux s'étrécirent, comme si elle le scrutait. Elle avait des yeux félins qui le transpercèrent, et il soutint son examen sans sciller, ce qui n'était pas un mince exploit pour les Rhûnedain qui vouaient presque un culte à leur suzeraine. D'un geste élégant, elle lui dit :

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++ Approche, Rokh. ++

Il s'exécuta, et pénétra dans le cercle, posant un genou au sol en signe de soumission. Sa tête baissée ne regardait que le sol, et il savait que si elle l'avait voulu, elle aurait pu demander à ses gardes de le mettre à mort sur-le-champ. Telle était l'autorité de Lyra, qui avait droit de vie ou de mort sur tous ses sujets. Magnanime, elle n'en fit rien, et lui dit d'une voix douce :

++ Relève-toi, et raconte-moi. ++

Encore une fois, il obéit et se tint devant elle, droit comme un i. Il était probable que pendant qu'il allait reconnaître le terrain avec Gallen, elle avait entendu des rumeurs, voire même un rapport, au sujet de la proposition de duel qu'il avait acceptée. Il n'aurait de toute façon pas pu la décliner, car son honneur lui commandait de relever tous les défis qui lui étaient lancés. Toutefois, ce n'était pas un duel ordinaire. Il n'affrontait pas un de ses compatriotes un peu zélés qui lui aurait imposé un affrontement épique : il se battait contre un étranger, qui de surcroît était Vice-Roi. Cela rendait ce combat particulièrement délicat, et Rokh était conscient que son geste pouvait mériter réprimande et sanction. Il argumenterait son choix, naturellement, mais il comprendrait qu'elle le lui reprochât. Calmement, il commença :

++ Le Vice-Roi Mortensen m'a défié en duel, Votre Majesté. C'est l'homme que j'ai affronté lorsque je me trouvais au Rohan, et il désire prendre sa revanche. Sans votre consentement, j'ai accepté sa proposition, et nous nous battrons demain dans la matinée. ++

Lyra demeura immobile, écoutant avec attention. Elle paraissait voir à travers lui, mais il était incapable de dire si elle était satisfaite ou en colère, sur le point de l'applaudir ou de le frapper. Elle bougea légèrement sur son trône, le laissant finir son explication sans l'interrompre, avant de finir par répondre :

++ Tu l'as affronté par le passé… Tu l'as vaincu… Et pourtant, il est toujours en vie. ++

Elle n'avait pas formulé de question, mais elle s'interrompit, si bien que Rokh se sentit obligé de lui fournir une explication. Il essaya de ne pas se laisser gagner par ses émotions, mais il voulait lui dire qu'il n'était pas un lâche ou un couard, qu'il n'avait pas eu peur d'éliminer le Vice-Roi. Personne n'était là pour attester de son duel, mais il était évident que du point de vue des Rhûnedain, il paraissait avoir réussi à s'échapper des prisons du Rohan en affrontant un ennemi qui était toujours là. Aurait-il menti ? Aurait-il acheté sa liberté contre des secrets qu'il aurait révélés ? Tous les doutes étaient permis désormais, et Rokh savait quelles accusations à peine formulées Lyra soulevait en si peu de mots. Il réagit :

++ Votre Majesté, le Vice-Roi est également champion du Rohan. C'est un des hommes les plus forts qu'il m'ait été donné d'affronter et… (il sentit les regards des soldats plonger dans le sien, presque condescendants) et je n'ai pas épargné sa vie par bonté d'âme. Je voulais le vaincre dans un duel honorable, mais je l'ai affronté alors qu'il se remettait de ses blessures. Une victoire contre lui n'aurait rien signifié alors. ++

Elle parut accepter son propos, ou à tout le moins ne pas le rejeter en bloc, car elle se contenta de lui demander :

++ Et que signifiera-t-elle demain ? ++

Il inspira profondément :

++ Demain, je tuerai cet Occidental, et je démontrerai à tous les présents la supériorité du Rhûn sur les royaumes de l'Ouest. Je porterai les couleurs de Votre Majesté, et je combattrai en Votre nom, si bien que je ne connaîtrai pas la défaite face à lui. Mon cœur et ma lame seront éternellement à votre service, Melkor en soit témoin. ++

Lyra sourit légèrement et décroisa ses jambes, avant de se lever, royale. Elle leva sa main sur lui, et il posa instantanément le genou au sol, de nouveau parfaitement soumis à sa volonté. Elle demeura ainsi un instant, avant de prendre la parole d'une voix puissante :

++ Rokh Visuni, demain tu représenteras les couleurs de ta Reine, et tu seras son champion. Sois à la hauteur de l'honneur qui t'es fait. Ramène-moi la tête du Vice-Roi du Rohan, ou trouve la mort. Aucune autre alternative ne t'es offerte. ++

++ Bien, Votre Majesté ! ++

Elle sourit :

++ Va maintenant ! Que Melkor guide ta lame ! ++

Il se leva, s'inclina du buste, avant de quitter la tente royale. Le visage de Lyra exprimait toute la satisfaction qu'elle éprouvait à l'idée de voir le Vice-Roi Mortensen être décapité pour son plus grand plaisir. Elle connaissait Rokh, et avant cette entrevue elle avait demandé conseil à ses gardes, qui lui avaient dit qu'il était un jeune guerrier ambitieux et très talentueux. Elle aurait pu faire preuve de prudence et de mesure, mais elle ne jouait pas avec sa vie. Elle engageait celle d'un de ses soldats, qui pouvait lui rapporter gros. Si Rokh parvenait à éliminer le deuxième personnage du Rohan, en plein milieu des terres du Gondor, le tout sous couvert de légalité, son royaume en ressortirait auréolé d'un prestige immense. La nouvelle se répandrait comme une traînée de poudre, et on raconterait partout comme les hommes du Rhûn avaient éliminé le chef d'une des délégations occidentales. En cas de défaite, elle perdrait certes un bon soldat, mais pas assez bon pour avoir su s'imposer. Finalement, toute cette affaire était parfaite. Absolument parfaite.


~ ~ ~ ~


L'aire de duel était splendide. Rokh avait averti ses compagnons d'armes, qui s'étaient levés de bonne heure pour venir préparer l'espace où aurait lieu le combat. Ils avaient cassé de simples morceaux de bois, les avaient plantés dans le sol, et les avaient reliés par des cordes pour délimiter une arène de fortune. Peu après, des Rohirrim étaient arrivés pour prendre possession des lieux eux aussi. Les deux groupes s'étaient dévisagés, non sans une certaine tension, mais il n'y avait pas eu le moindre problème. Chaque camp était si confiant dans son propre champion qu'il n'y avait pas de raison de distribuer des coups avant. Le duel viendrait consacrer un vainqueur que chacun voyait frappé de son propre blason. Céder à la colère aurait été une marque de faiblesse intolérable. Les Rohirrim arrivèrent les uns après les autres, montés pour la plupart sur de magnifiques destriers. Les nobles s'étaient parés de leurs plus beaux atours, pour voir leur Vice-Roi infliger une belle correction à un Oriental. Ceux qui venaient d'Aldburg n'affichaient pas une confiance excessive, conscients que le duel serait âpre, mais ils croyaient dur comme fer dans leur champion.

Les Rhûnedain arrivèrent peu après, en grande pompe. Lyra en personne avait fait le déplacement, montée sur un cheval caparaçonné de pourpre. Elle était escortée par sa garde personnelle, des soldats disciplinés en armure d'aparat qui dégageaient une grande prestance. Derrière elle venaient les courtisans et les nobles du royaume, qui l'avaient suivie. Les Orientaux étaient certes moins nombreux que les Rohirrim, mais aucun des groupes ne se sentait particulièrement à l'aise de voir les autres si proches. Les deux peuples s'étaient affrontés des siècles auparavant, et ils se vouaient une haine ancestrale qu'ils allaient devoir mettre temporairement de côté pour assister pacifiquement à ce combat d'une extrême violence. Personne n'avait envie de créer un incident diplomatique, mais la tension était réellement palpable. Les hommes aux cheveux blonds parlaient dans leur langue, ceux de l'Est communiquaient en rhûnien, et il n'y avait aucun mélange. Si l'objectif du mariage avait été de rapprocher les peuples, on pouvait dire qu'il n'arriverait pas à apporter une entente et une symbiose merveilleuse. Les faire tenir à moins de dix mètres les uns des autres était déjà un bel exploit.

Les nobles s'installèrent confortablement, au premier rang, tandis que les soldats prenaient place derrière et autour d'eux, afin de les protéger des étrangers d'en-face, qui étaient forcément des scélérats prompts à la trahison. Il n'y avait aucune confiance entre les deux groupes, mais chacun était prudent, de sorte à ne pas être celui qui donnerait le premier coup. Il y avait trop en jeu. Beaucoup trop. Lyra prit place sur un fauteuil confortable qui avait été apporté par deux esclaves, qui demeurèrent agenouillés à ses côtés, prêts à répondre à ses moindre désirs. La servitude des deux hommes lui attira des regards dégoûtés de la part de certains Rohirrim, qui commentèrent dans leur propre langue. Elle les défia d'un sourire tranquille, profitant de la douce chaleur qui régnait sur les plaines du Pelennor.

Les deux groupes étaient arrivés en avance, et ils attendaient à présent leurs champions. Ce fut le Vice-Roi qui arriva en premier. Juchée sur son cheval, sa silhouette se découpa à l'horizon. Il n'était pas seul, accompagné par certains de ses compagnons, peut-être des amis ou des écuyers, nul ne pouvait le dire de là où ils se trouvaient. Parmi la délégation du Rohan, une jeune femme se mit à courir dans sa direction, suivie de près par un chevalier qui paraissait lui servir de garde du corps. Lyra regarda ses hommes, mais aucun d'entre eux ne paraissait avoir une réponse à lui offrir. C'était peut-être une coutume du Rohan, ou bien elle avait quelque chose de très important à lui dire. Qui pouvait savoir. La Reine se tourna vers l'officier qui se tenait à ses côtés, et lui demanda :

++ Va-t-il arriver bientôt, Rokh ? J'ai hâte de voir ce duel démarrer… et finir. ++

++ Je l'ignore, Votre Majesté. Il est jeune, et désireux de vous impressionner. Je pense qu'il saura faire une entrée remarquée. ++

Elle sourit. Elle trouvait amusant de voir ses soldats redoubler d'ardeur pour lui plaire, pour essayer d'obtenir ses faveurs et son attention. Ils étaient comme des courtisans, à la différence qu'ils servaient ses intérêts à elle. Ils se battaient en son nom, pour sa gloire, pour son prestige. Ils étaient prêts à mourir, même. Comment aurait-elle pu ne pas être sensible à cela ?

++ Vous avez raison, je suppose. Peut-être essaie-t-il aussi de déstabiliser son adversaire en l'impatientant… ++

++ C'est une possibilité, Votre Majesté. Nous serons rapidement fixés, je suis sûr qu'il arrivera bientôt. ++

Lyra hocha la tête, et reporta son attention sur la silhouette du cavalier, rejointe finalement par la femme et son garde du corps. Ils étaient encore loin, mais elle pouvait voir qu'ils discutaient. Elle aurait tué pour savoir de quoi ils discutaient.


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Gallen Mortensen
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Un rendez vous avec le destin EmptyMer 8 Avr 2015 - 15:34
Gallen était plongé dans l'inspection de sa plus vieille amie Kaya. Il passa la nuit à l'observer. Il entendit les feux du campement s'allumer, le rohirrim sentit la chaleur des foyers l'atteindre. Il plongea de temps en temps son regard acéré dans les feux incandescents. Il ne leva jamais le regard contre les guerriers qui passaient devant lui mais aucun ne le provoqua. Il semblait d'une certaine manière l'accepter comme on accepte un chien ou un enfant. Gallen eut la surprise de voir une femme aux atours somptueux lui amener un plat chaud il reconnut les armoiries de la reine Lyra. Le rohirrim prit hâtivement le bol et remercia d'un signe de tête la femme qui déjà se dirigerait vers la plus imposante des tentes du campement. Gallen se rassit donc contre la pierre. Son contact froid le rassure presque. il trempe ses lèvres dans le breuvage, celui-ci est épicé mais le goût loin d'être désagréable. d'un regard circulaire, le vice roi observe le campement qui se prépare à la nuit. Ce qui surprend le Vice roi est la quiétude des lieux , lui qui a passé sa vie dans sa vie dans des campement de guerriers est surpris. Chacun sait ce qu'il doit faire c'est le cas chez les rohirrim mais il semblerait que les rhuniens le réalisent avec un sens raffinement développé, oui c'est cela le raffinement. décidément Gallen découvre un peuple bien plus complexe et moins sauvage que les rumeurs qui courent sur son compte.

Gallen regarde ensuite le ciel sombre, il aperçoit Minas Thirith au loin tel un écrin étincelant. Puis le bruit des chevaux derrière lui le berce et le vice roi s'endort , les images de ces duels précédents en mémoire , mais à son grand étonnement un beau visages bordé de boucles blondes s'impose à lui: Aelyn.


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Gallen se réveille presque en sursaut. L'aube arrive. Quelques guerriers lui lancent des regards sombres mais rien de plus. Gallen s'harnache , il est prêt au combat. Il frotte son casque au panache blanc pour que les rayons du soleil naissant le fasse briller. Le rohirrim laisse ses yeux s'habituer à la luminosité en observant les jeux de couleurs sur les façades d'albâtre de la capitale du Gondor. Puis il a la surprise de voir sortir une troupe par la porte principale de la ville. Immédiatement il reconnait l'étendard : Le Rohan.... Gallen s'avance vers la délégation de son pays natal. il découvre alors les principaux seigneurs du Rohan venus pour le mariage. Ils arborent tous les armoiries ancestraux des dresseurs de chevaux. Gallen les accueille d'un sourire franc, bien que le champion du Rohan se demande comment l'annonce du duel ait pu transpirer dans les murs de Minas Thirith, pourvu qu'Aelyn l'ignore.

A leur tête le seigneur Eokar , un vieux guerrier Seigneur du Nord du Rohan, que le Vice roi respecte profondément. Le vieux guerrier à la barbe grise et aux épaules larges scrute du haut de sa monture le jeune Vice Roi et de sa voix digne d'une tempête l'interpelle

"Majesté, un rohirrim ne peut pas se battre seul, son peuple se doit d'être là". Puis il descend de son destrier avec maestria malgré son âge avancé.

Le champion du Rohan acquiesce d'un signe de tête rapide. Puis Eokar hurla

"Amenez le "

Et un jeune page se fraie un chemin et Gallen découvre Lars harnaché prêt à aller à la bataille, la selle du roi Folcyne sur son dos puissant.

Eokar commente uniquement

"Un rohirim doit venir sur un lieu de duel à cheval"


Puis il s'approche de Gallen et lui dit en souriant

"Tuez le , pour le Rohan, majesté"

Gallen découvre alors le lieu de son duel qui a été préparé dans la nuit par les rhuniens. Les 2 camps se mettent de chaque cpté. Le vice roi ressent le tension dans l'air. Il doit utiliser cette atmosphère pour se libérer, il calme sa respiration ferme un instant les yeux . Oui il est prêt , son regard est enflammé et il monte sur Lars , le jeune page lui transmet son casque. Gallen eut un pincement au cœur il aurait aimé que Eothain son jeune écuyer soit là pour ce combat mais c'est ainsi.

Gallen attendit patiemment, il plongeait comme toujours dans sa bulle. Puis la reine Lyra arriva avec sa suite. Mortensen fut surpris il ne pensait pas qu'elle était si belle, et d'un tel charisme. Au tout cas son autorité ne faisait aucun doute. Gallen comprit alors que Rokh combattrait pour sa reine et sa contrée. Une raison de plus pour le battre mais Gallen n'avait aucune raison de reculer

Le vice roi talonna Lars , lorsqu'il entendit du brouhaha à quelques dizaines de mètres de lui. Et il la vit, son regard bleu cobalt, rencontra son regard vert émeraude. par les valars elle était d'une beauté à couper le souffle. Puis le regard de Galllen s'assombrit

"Mais ce sont des ecchymoses sur ton cou Aelyn ??"

Et il se tourna vers le compagnon d'Aelyn qui n'était autre qu'Erco Skaline. L'ambassadeur avait encore les séquelles de son combat de la veille

"Erco tu m'avais promis de la protéger par les valars !!"

Le ton de Gallen était sévère, il poursuivit

"Et c'est ce que tu as fait mon ami apparemment mais qui sont ces chiens ,"

Erco leva les mains d'impuissance puis ses yeux gris délavés se portèrent sur l' arène du futur combat, il prononça alors

"Tu n'es pas obligé de faire cela Gallen , tu es un des plus grand guerrier que je n'ai jamais vu, tu n'as rien à prouver !!"

Seul Erco pouvait parlé ainsi au Vice roi. D'ailleurs Gallen constata une crispation parmi les rohirrim présents; comment l'ambassadeur pouvait s'adresser ainsi au Vice roi .....

Gallen répondit calmement à son ami

"C'est ainsi, je suis ainsi, Erco tu le sais. En revanche je serai honoré que tu sois mon témoin , mon Ami"

Erco scruta un instant le leiu du duel, les yeux dans le vague et réponduit enfin

"Je désapprouve Gallen, mais au nom de notre amitié , j'accepte d'être ton témoin "

Puis enfin Gallen fixa Aelyn et il découvrit ce qu'il craignait : son appréhension, son amour et sa colère mais c'est sa peur de le perdre qui lui renvoyait sa propre peur de la perdre qui lui fichait la frousse, il la fixa donc...

Il la trouva plus belle que tout et il attendit car Aelyn était une Dame du Rohan, et une Dame du Rohan parle lorsqu'elle le doit tout comme Dame Eowyn et Dame Aelyn était de cette trempeà n'en pas douter ce n'était pas la compagne du Vice roi du Rohan pour rien.


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Un rendez vous avec le destin EmptyJeu 9 Avr 2015 - 14:58
Inutile de dire qu'Aelyn avait très mal dormi après ça. Gallen n'était pas rentré de la nuit et, en toute honnêteté, la jeune femme ne s'attendait pas à ce qu'il le fasse. Son sommeil alors n'avait été que sporadique, cauchemars entrecoupé d'insomnies pendant lesquelles elle tendait l'oreille, guettant un bruit de pas familier ou au contraire une rythme de marche inconnu. Parfois son ouïe lui jouait des tours dans le noir et elle croyait de nouveau entendre le battement sourd de la démarche de ses assaillants de la veille. Parfois c'était ses yeux, imaginant dans les ombres des silhouettes menaçantes aux yeux brillants de soif de sang. Pour la toute première fois depuis qu'elle n'était plus une enfant, la bougie brûla toute la nuit à son chevet.

Au matin elle ne se serait pas sentit plus épuisée si elle avait veillé un malade deux jours et deux nuits durant. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas été si fatiguée. Pour ne rien gâcher, elle se sentait presque aussi mal que la veille et n'était certainement pas pressée de remettre les pieds dehors. Elle se retourna dans le lit pour n'y trouver qu'une place vide et froide. De frustration, elle enfonça son poing dans l'oreiller de Gallen et s'extirpa des draps comme une furie. L'impuissance et l'inquiétude qu'elle avait ressentit la veille, lorsqu'on lui avait annoncé que son compagnon était de nouveau allé défier Rokh, la submergèrent de nouveau. Cet idiot avec sa fierté et son ego mal placé ! Voilà où il était alors qu'elle était agonisante entre les mains d'assassins inconnus et qu'elle avait si terriblement besoin de lui ! Il était en train de marchander sa mort avec l'un des rares hommes assez puissants pour le terrasser. Elle lui en voulait tellement pour ça... Qu'il parte en guerre, elle pouvait accepter, elle était rohirrim après tout, d'une famille de guerrier tout autant. La bataille était le sang qui coulait dans les veines des Eorlingas mais ça, ce duel, ça n'avait rien à voir. C'était une chose qu'elle ne pouvait pas comprendre. Un long soupire s'échappa de ses lèvres. Elle ne pouvait rien faire à présent que les dés étaient jetés, rien qui ne soit en son pouvoir à présent. Elle se devait pourtant d'être là.
La jeune femme mit plus longtemps que d'habitude à se préparer, enfiler sa robe, se coiffer et se maquiller. Malgré l'importance du combat et de l'échéance qui approchait, elle tremblait de terreur à l'idée de sortir en pleine rue. les souvenirs de la veille était bien trop vifs. Dans le miroir, elle ne pouvait que constater les dégâts : son cou entièrement encerclé d'ecchymoses allant du jaune délavé au bleu brunâtre que le décolleté de sa robe ne pouvait certainement pas cacher et ses bras couvert d'hématomes sous les manches en soie blanche presque transparente. Le résultat n'était pas bien joli. Sans compter que sa gorge la faisait encore souffrir lorsqu'elle prit sur elle d'avaler un morceau de pain et de boire son infusion matinale.

Quand finalement Aelyn débarra la porte de la chambre, elle trouva Erco, qui depuis la veille était resté fidèle à son poste. Elle ne lui avait toujours pas adressé la parole et s'en sentit profondément honteuse.

« - Veuillez pardonner mon attitude Seigneur Erco, vous m'avez sauvé la vie et je n'ai même pas pris la peine de vous remercier. J'ai une dette envers vous désormais dont je compte bien m'acquitter le jour venu. » elle laissa échapper un long soupire avant de reprendre « - Il est temps d'y aller maintenant. Merci de rester à mes côtés. »

A la sortie de la ville sa jument Híril et le destrier d'Erco les attendaient ainsi qu'une petite garde rapprochée. Le groupe traversa les Champs de Pelennor jusqu'au lieu désigné du duel.
Les hésitations d'Aelyn avaient retardées leur départ, beaucoup de spectateurs étaient arrivés et Gallen et son escorte avaient déjà presque atteint l'arène improvisée. La jeune femme eut soudain peur que la foule de piétons ne l'empêche d'atteindre son compagnon avant qu'il ne rentre dans la lice. Aussitôt elle sauta à terre, poussant sans ménagement ceux qui se tenaient sur son chemin, courant jusqu'au groupe de rohirrim, Erco sur ses talons. Mais une fois en face de Gallen, essoufflée de sa course, elle se figea, mille scénarios et possibilités de ce qu'elle voulait dire ou faire lui traversèrent l'esprit sans qu'elle ne parvienne à en choisir une. Elle eut d'ailleurs à peine conscience du dialogue entre les deux hommes et encore moins de l'horreur et de la colère qui traversèrent les yeux de son compagnon en découvrant les stigmates de son agression dont il n'avait aucune idée.

Finalement Aelyn posa une main sur l'épaule d'Erco et l'incita à faire un pas sur le côté. Ainsi, elle se trouvait juste à côté de Gallen, levant les yeux pour pouvoir voir le visage du cavalier. Une fureur pure maintenant s'empara d'elle. Elle mourrait d'envie de... Brusquement, elle leva le bras gauche, agrippant la cuirasse qui recouvrait son compagnon au plus haut qu'elle pouvait atteindre et tira brusquement vers elle. Elle avait mis toute sa force dans ce geste au point de manquer de désarçonner Gallen. Puis quand enfin le visage de son compagnon fut à porté de main, une gifle retentissante claqua l'air. Sa paume droite rencontra la joue tendue avec toute la force de sa colère et de sa peur réunies. Elle siffla en sentant la douleur du choc sur ses doigts. Un silence de mort s'était abattu parmi les rohirrim présents. Si l'opposition amicale d'Erco avait arrondie quelques yeux, haussée quelques sourcils et crispée quelques épaules, ce n'était rien comparé à la stupéfaction que son geste venait de provoquer. Aucun d'entre eux ne semblait vraiment savoir comment réagir à ce revirement de situation jamais vu. D'ordinaire lever la main sur le vice-roi était un crime qui menait droit au geôle. Même Gallen ne semblait pas s'être attendu à ça. Elle resserra sa prise sur la cuirasse pour l'empêcher de se redresser. Elle ne pleurait pas, elle ne criait pas, elle ne tremblait pas, elle n'était que colère. Il était là le caractère flamboyant des femmes rohirrim, héritage d'Eowyn à toutes les dames du Riddermark, qu'Aelyn masquait si bien derrière la douceur de ses gestes quotidiens. Sa voix était mesurée et seuls les plus proches pouvaient en saisir les mots, Erco le premier. Entre son visage rouge de rage, son cou portant les stigmates pourpre et jaunâtre de sa lutte de la veille et ses cheveux gonflés par sa course effrénée pour arriver à temps, elle se disait qu'elle devait sans doute être plus effrayante que belle à cet instant.

« - Espèce de... Comment oses-tu ?! Comment oses-tu risquer aussi stupidement ta vie pour  un combat que tu as déjà livré par deux fois ? Alors que ton peuple a besoin de toi ?! Tu es le Vice-roi, bon sang ! Il y a des gens - tous ceux qui foulent les terres du Riddermark et au-delà - qui comptent sur toi tous les jours, pour que tu les protèges, que tu prennes les bonnes décisions pour eux et pour leur avenir. Notre Roi compte sur toi ! Que leur arrivera-t-il si tu tombes ?! Qui veillera sur eux comme tu le fais si tu meurs ?! »

Sa main droite était maintenant fermement agrippée sur le genou de Gallen tandis que l'autre maintenait toujours la cuirasse avec force, comme si elle allait le perdre à jamais si elle desserrait ne serait-ce qu'une seule seconde sa prise. A partir de là sa voix monta légèrement dans les aiguës. Elle perdit un peu de sa fermeté, trembla presque imperceptiblement.

« - Tu as pensé à ce que ça ferait à Eofyr ? Il t'admire tant... Et Eogast ? Tu es comme un père pour eux !... Et ce pauvre Eothain qui s'en voudra toujours de ne pas avoir été à tes côtés... Et tu as pensé à ce que ça me ferait à moi... à moi et au bébé ?! »

Voilà, c'était lâché ! C'était sorti comme ça ! Ce n'était pas comme ça qu'elle avait prévu de lui annoncer. Ce n'était pas comme ça qu'elle aurait voulu que ça se passe. Cela faisait presque deux mois qu'elle se demandait comment elle allait pouvoir lui présenter la nouvelle et craignait sa réaction. Mais voilà, elle avait laissé son secret s'échapper au pire des moments. Elle se mordit la lèvre en prenant conscience des mots qu'elle avait laissés passer.
Eokar, Erco et un autre cavalier furent les seuls suffisamment près du couple pour entendre cette révélation et leurs réactions auraient sans doute pu être comique en d'autres situations. Mais la situation était loin, très loin d'être comique. Sans laisser à Gallen le temps de reprendre ses esprits ni de digérer la nouvelle, aussi brusquement qu'elle l'avait giflé, Aelyn l'attira de nouveau à elle dans un baiser aussi passionné que désespéré avant de le repousser de toute la force de ses bras pour le remettre d'aplomb sur sa selle et tourna le dos.

« - Si tu meurs ici Gallen Mortensen, je m'assurerais qu'on te laissera pourrir sur place jusqu'à ce que tes os blanchissent, c'est clair ? Alors tu vas te battre de toutes tes forces et prouver une bonne fois pour toute, à toutes les nations réunies, que personne ne vaut un rohirrim l'épée à la main, qu'ils sont toujours et seront à jamais les adversaires les plus redoutés de la Terre du Milieu aussi longtemps qu'il sera donné à notre peuple de fouler ces terres... Tu as intérêt à rester vivant et à me revenir ! »

Mais derrière la menace désespérée, c'était surtout une supplique qu'aucun mot ne pouvait exprimer "Pitié, je t'en pris, je t'en supplie, ne meurs pas ! Reste en vie ! J'ai besoin de toi ! Ne m'abandonne pas ! N'y va pas ! Pitié, je t'aime !" Tous ces mots qu'elle n'avait pas le droit de dire maintenant qu'il avait engagé sa parole dans le combat à venir. Il n'y avait plus de retour en arrière et tout ce qu'elle pourrait lui dire, comme six mois auparavant, ne pourrait rien y changer.

Elle rejeta mentalement les larmes qui menaçaient de submerger ses yeux et se dressa bien droite. En quelques gestes, l'ancienne guérisseuse remit de l'ordre dans sa chevelure et retrouva toute sa contenance. A tant avoir parlé, elle sentait sa gorge la tirailler. Elle n'avait que faire que l'on voit les marques sur son cou, elles étaient la preuve qu'elle n'était pas aussi aisée à tuer que ses ennemis voulaient bien le croire, que les rohirrim avaient la peau dure et qu'on ne les mettait pas à terre si facilement. Elles étaient la preuve que Gallen gagnerait quoi qu'il arrive.
Un jeune garçon lui approcha Híril qu'elle avait abandonné un peu plus loin derrière la foule. Sans un mot, elle enfourcha la jument baie d'un mouvement gracieux et dépassa rapidement l'escorte de Gallen. Et c'est ainsi qu'elle avança, tête haute, jusqu'à l'arène, se dirigeant à la place d'honneur parmi les nobles rohirrim, n'hésitant pas même à défier du regard la grande reine Lyra en personne qui lui lançait une œillade curieuse juste en face. Après tout elle était la compagne du Vice-roi, et le Champion allait mettre sa vie en jeu dans cette arène, alors la jeune femme ne pouvait s'autoriser rien de moins que la même prestance qu'une reine. Et, contrairement à cette dernière qui s'était faite apporter un siège, Aelyn resta à cheval. Certains orientaux la regardaient avec mépris et agacement, semblaient même croire qu'elle faisait ça à dessein pour garder la tête plus haute que celle de la dirigeante du Rhûn. Ce que personne ne pouvait voir en revanche c'était que seule la certitude que Gallen en ressortira vainqueur la maintenait droite sur sa selle alors qu'elle tremblait de l'intérieur.



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Ryad Assad
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Un rendez vous avec le destin EmptyMar 14 Avr 2015 - 0:28
Un rendez vous avec le destin Lyra10

Le sourire de Lyra s'élargit perceptiblement au moment où elle comprit quelle était la nature des relations entre le champion du Rohan, Gallen Mortensen, et cette femme qui venait de courir vers lui. Ainsi donc c'était son épouse ! Une épouse qu'il n'avait pas pris soin de prévenir, et qui se faisait un sang d'encre pour son mari, à en juger par la violence de la gifle qu'elle venait de lui adresser. La souveraine du Rhûn regarda son officier en levant les sourcils, interloquée par les coutumes de ce peuple : était-il courant pour les gens de l'Ouest de se donner en spectacle ainsi ? Etait-il commun qu'ils s'abaissassent à se chamailler comme des enfants quand venait l'heure de faire preuve de courage et de bravoure ? Les hommes autour d'elle paraissaient ne pas comprendre davantage, mais leurs yeux exprimaient tout à la fois leur mépris et la confiance qu'ils plaçaient en leur propre représentant, le jeune et téméraire lieutenant que Mortensen était venu provoquer en duel. Si cette femme réagissait ainsi, si elle le frappait avant de se pendre à son cou, c'était qu'elle avait peur. Si elle avait peur, c'était forcément parce qu'elle savait que Rokh allait remporter la victoire. L'équation était simple, pour ne pas dire limpide. Dans les rangs des Orientaux, la confiance était à son maximum, tandis que chez les Rohirrim on pouvait lire quelques signes de malaise. Ces hommes étaient décidément bien peu impressionnants, et les soldats de la Reine de l'Est rentreraient au pays en contant ce qu'ils avaient vu, en expliquant à qui voudrait l'entendre qu'au-delà de l'Anduin se trouvaient des peuples lâches et couards qui craignaient de voir la mort s'approcher. Pendant un instant, Lyra crut sincèrement qu'il allait faire demi-tour, qu'il allait renoncer purement et simplement au combat qu'il avait lui-même déclenché, et qu'il allait se couvrir de honte et d'infamie pour demeurer auprès de celle qu'il aimait. Elle n'aurait pas désapprouvé, et se serait assurée que chacun à Minas Tirith eût connaissance de l'événement. Le Vice-Roi ne lui donna pas l'occasion de répandre rumeurs et ragots à qui voulait l'entendre, car en dépit de tout, il s'avança finalement au centre de l'arène de duel, honorant au moins sa parole. Elle acquiesça sagement de la tête, le fixant droit dans les yeux, alors qu'il lui rendait son regard.

Leur échange fut long et d'une intensité sans pareille. Il l'observait, plein de surprise, s'étonnant comme la plupart de ses compagnons de se trouver face à une femme qui gouvernait seule. Elle leva le fièrement le menton, soutenant son examen sans sourciller, paraissant même se délecter de ce qu'il l'observât ainsi. Elle était du genre à apprécier être le centre de l'attention, et elle savait qu'elle ne laissait pas le guerrier indifférente. A son sujet, il devait avoir mille questions, et elle en avait tout autant à son service. Elle le suivit alors qu'il mettait pied à terre souplement, et le détailla alors qu'il s'emparait du bouclier qu'il utiliserait pour ce combat. Son écuyer se retira en tenant son fier destrier par la bride, tandis que Gallen demeurait seul au milieu de l'aire de duel dont il prenait possession tranquillement, sans se presser, sans se soucier des regards qui étaient fixés sur lui. Il semblait déjà dans son monde, incapable de se préoccuper d'autre chose que de son duel à venir. Son épouse le dévorait des yeux, morte d'anxiété. Lyra réussit à capter le regard de cette dernière, et elle lui adressa un clin d'œil ainsi qu'un sourire entendu. Entre femmes, il n'y avait pas de pitié. Pendant ce temps, les secondes s’égrenaient au dehors de la bulle de concentration que le Rohirrim avait érigée autour de lui. Les nuages défilaient dans le ciel à une lenteur affligeante, et les spectateurs du combat à venir avaient tout le loisir d'admirer leur forme et leur course, tandis qu'ils s'interrogeaient peu à peu sur l'adversaire du Vice-Roi. Sincèrement impatiente, Lyra se tourna vers son officier :

- Pensez-vous qu'il lui faudra encore longtemps ? Il est déjà en retard…

L'intéressé leva le nez, et regarda à l'horizon, vers la Cité Blanche. Son regard ne capta d'abord rien, avant de repérer un léger nuage de poussière et quelques silhouettes qui allaient bon train, droit dans leur direction. Il fallait avoir de bons yeux pour les voir, et beaucoup des spectateurs n'avaient pas encore repéré cette présence. Il se contenta de répondre :

- Il est ici, Votre Majesté. Et très déterminé apparemment.

Peu à peu, on prit conscience que des Rhûnedain étaient en train d'approcher. Venant depuis Minas Tirith, un groupe de cavaliers chevauchait à bride abattue, leurs montures poussées au maximum. Leur galop était puissant, à en faire trembler le sol, et ils se rapprochaient vite. Très vite. Les hommes étaient étincelants, et leurs armures rutilantes lançaient des reflets dorés qui ressemblaient à des éclairs flamboyants. Ils étaient encore loin, bien que l'écho de leur cavalcade les fît paraître proches, mais il semblait bien qu'un cavalier se tenait en avant des autres, peut-être trente ou quarante mètres devant ses compagnons qui donnaient de la voix pour faire aller leurs chevaux plus vite. Les Rhûnedain qui entouraient Lyra se redressèrent, surpris de voir tant des leurs escorter Rokh, alors qu'ils avaient reçu pour consigne de rester en nombre pour garder le camp. Mais leurs sourires, dissimulés par le turban qui cachait leur visage, montrait toute la joie qu'ils avaient à voir une telle démonstration de force. Ils se délectaient de voir les Rohirrim – descendus de selle pour observer le combat – s'inquiéter de ce qui ressemblait fort à une charge de cavalerie lourde. Un groupe de Cataphractes lancé à pleine vitesse était toujours un spectacle exceptionnel, et bien que les chevaux ne fussent protégés de fer en l'occurrence, ils n'en demeuraient pas moins impressionnants. Cette fois, la terre s'était mise à trembler perceptiblement, et quiconque aurait regardé au sol aurait vu les pierres les plus fines tressauter sur place, comme soudainement animées d'une vie propre. Mais tout le monde avait les yeux rivés sur le cavalier de tête, qui ne ralentissait toujours pas.

Arrivé à une cinquantaine de mètres, alors que les détails de sa fine silhouette engoncée dans une armure de guerre apparaissaient plus clairement, ce dernier dégaina son épée, et se dressa bien haut sur sa selle. Il fut alors clair pour tout le monde qu'il n'allait pas s'arrêter à temps, et les Rohirrim s'éloignèrent prestement de sa route de peur d'être renversés, lançant des cris d'alerte. Certains durent plonger au sol, mais le cavalier ne semblait pas se soucier d'eux. Il fonçait droit sur le Vice-Roi, et son épée s'abattit en sifflant dans l'air. Gallen Mortensen dévia de justesse le coup qui sinon aurait été fatal, mais il fut projeté sur le côté par la puissance du cheval lancé à toute vitesse. Ce dernier s'arrêta quelques mètres plus loin, éreinté et en sueur, mais son cavalier n'était déjà plus sur son dos. Ayant mis pied à terre avec une agilité rare, ce dernier se retourna et se jeta en courant vers le Vice-Roi, frappant encore et encore, forçant ce dernier à parer. Les lames s'entrechoquaient en jetant des étincelles, attestant de la violence de ce duel qui n'était certainement pas une passe d'armes amicale. Toutefois, il y avait quelque chose de curieux… Ces coups manquaient de puissance, même s'ils étaient paradoxalement plus précis. Ils forçaient le Rohirrim à s'employer pour ne pas être pris en défaut, mais ils ne le mettaient pas en grande difficulté pour autant. Ce n'était pas le duel d'endurance et de force auquel Gallen s'était préparé. Rokh aurait-il revu sa stratégie ?

Il n'eut pas le temps d'obtenir une réponse à sa question que déjà le reste de la cavalerie rhûnienne prenait place dans l'aire de duel, séparant les deux lutteurs, sous les cris et les harangues des deux camps qui ne comprenaient plus rien. Ce fut soudainement la cohue la plus indescriptible, alors que les Rohirrim se regroupaient et dégainaient leurs armes, protégeant les personnalités les plus importantes. Gallen fut très rapidement entouré par ses combattants les plus fidèles qui, arme au poing, le mirent au centre d'un cercle défensif, faisant face au bloc des Orientaux. Ces derniers n'étaient pas en reste, et dès que les choses avaient commencé à dégénérer, les soldats s'étaient rassemblés autour de Lyra en une masse compacte, boucliers dressés, prêts à tout faire pour évacuer prestement leur souveraine de la zone troublée. Les autres, les cavaliers qui suivaient celui que tout le monde avait identifié comme étant l'agresseur du Vice-Roi, s'étaient regroupés autour de lui, et étaient descendus de selle pour l'entourer et retenir son bras. De toute évidence, il paraissait déchaîné, comme fou, et il hurlait des choses en rhûnien que les Rohirrim ne pouvaient pas comprendre. Quatre hommes vinrent s'emparer de ses bras, tandis que deux autres le raisonnaient en barrant le passage de leur corps, pour l'empêcher de se jeter vers Mortensen.

La tension était à son comble, mais par miracle il n'y avait encore eu aucun blessé ! Lyra, quant à elle, était dans une colère noire, car elle ne comprenait absolument rien à ce qu'il se produisait sous ses yeux. Le spectacle que donnaient ses troupes était inadmissible, et elle se sentait humiliée par cette perte de sang-froid intolérable. Elle s'occuperait de punir les responsables en temps et en heure, quand elle aurait achevé d'évaluer la situation. Par pour l'heure, les choses qu'elle entendait, criées par-dessus le vacarme des armes et des montures, n'avait aucun sens pour elle. Elle ne voulait pas croire à ce qu'elle entendait répété encore et encore en rhûnien. Comment était-ce possible? Elle poussa fermement ses officiers qui lui barraient la route, et sans se soucier de leurs tentatives pour la retenir, s'avança au milieu de l'aire de duel d'un pas royal. Sa voix, que personne encore n'avait entendu parmi les hommes de l'Ouest, claqua comme un fouet, et ramena le calme comme par enchantement. Elle dressa la main droite, et ses hommes qui s'acharnaient à ériger un rempart de leurs corps entre les deux duellistes tombèrent instantanément à genoux, pleins de honte. En temps normal, elle aurait savouré ce pouvoir contenu au creux de sa paume, mais elle n'était plus d'humeur à s'amuser facilement. Cinglante, elle prit la parole :

++ Qu'est-ce que ceci ? ++ Lança-t-elle en rhûnien. ++ J'ai entendu des choses troublantes. Que l'on m'explique ! ++

Le cavalier qui avait chargé Gallen Mortensen se releva et répondit d'une voix où perçaient une tristesse et une colère infinies. Il s'agissait d'une voix de femme, à n'en pas douter, et cette fois il n'y avait plus le moindre doute possible. Il ne s'agissait pas de Rokh, quoi qu'ils eussent pu croire, et la chape de mystère s'épaississait d'autant plus que cette information était révélée à chacun. Des murmures s'élevèrent dans les deux camps, surtout chez les Rohirrim qui ne comprenaient pas l'exposé que faisait cette femme habillée comme un guerrier, qui s'était jetée férocement sur le Vice-Roi. Lyra l'écouta avec attention, dans un silence assourdissant uniquement rompu par cette voix qui monologuait. On percevait distinctement des larmes dans ce ton fébrile quoique fier, et ce en dépit de la barrière de la langue. Une fois qu'elle eût terminé, la Reine de l'Est s'avança vers elle, et posa une main sur son épaule. Elle lui murmura quelques mots, et la cavalière tomba à genoux, face contre terre, dans une position de soumission évidente. Lyra ne lui accorda qu'un bref coup d'œil, avant de se tourner vers Gallen. Elle lui adressa un regard indéchiffrable, et s'avança vers lui.

Les Rohirrim continuaient de protéger leur chef, mais face à une femme, reine de surcroît, ils étaient partagés, ne sachant pas trop s'ils devaient la voir comme une menace à part entière, ou s'ils devaient respecter son statut royal et la laisser approcher. Ce fut finalement le Vice-Roi qui leur ordonna de ne rien faire, conscient que des explications devaient être données à tout ceci. Il devait savoir pourquoi son duel n'avait pas lieu, pourquoi Rokh n'était pas présent, pourquoi il y avait tant d'animosité dans les regards des Rhûnedain qui le dévisageaient à présent avec dégoût. Lyra se fraya un chemin jusqu'à lui et Aelyn, qui se tenait aux côtés de son compagnon, accrochée à lui. Elle jeta un regard glacial mais dénué de méchanceté sur le couple, et déclara d'une voix très agréable à l'oreille, dans un commun où perçaient des accents exotiques :

- Vice-Roi Gallen Mortensen… Madame… Veuillez m'accompagner, s'il-vous-plaît, il nous faut tirer cette affaire au clair. Je peux empêcher mes hommes de commettre une folie si je leur apporte la justice qu'ils demandent. Pour cela, vous devez répondre des accusations qui portent sur vous.

Elle perçut un brin de surprise dans les yeux du Vice-Roi. Elle nota cette information dans un coin de sa tête, et comprit qu'il allait formuler une question. Elle ne lui laissa pas le temps de l'exprimer à haute voix qu'elle déclarait :

- Rokh est mort, Vice-Roi.

La nouvelle tomba lourdement, et personne ne trouva quoi répondre. Des regards furent échangés, on se mit à murmurer, mais quoi dire face à une telle révélation, face à un tel scandale ? Incrédulité, stupeur, colère même. Les réactions étaient aussi diverses que contenues, les visages se contentant d'afficher une moue crispée, les mains se contentant de caresser fébrilement le manche d'une épée. Lyra marqua une pause, longue, observant la réaction de Mortensen. A quoi pensait-il en cet instant ? Elle n'en avait aucune idée, mais il était certain que la nouvelle l'affectait. Dans quelle mesure, elle n'aurait su le dire :

- On vous désigne comme son meurtrier, et beaucoup réclament votre tête. Maintenant suivez-moi je vous prie… A moins que vous ne préfériez déclencher une guerre.

Il y avait du sarcasme dans son ton, mais Lyra ne souriait pas le moins du monde. Son visage était fermé, et elle était d'une gravité extrême. Elle s'éloigna du couple, pour expliquer la suite des événements à ses hommes, qui paraissaient comme sous le choc, incapables de réagir. Pour beaucoup, la culpabilité du Vice-Roi tombait sous le sens, et leurs regards témoignaient de leur envie de se faire justice eux-mêmes. On lui fit tout de même amener un cheval, sur lequel elle monta, imitée par sa garde personnelle, une demi-douzaine de guerriers surentraînés. Elle se tourna vers le gros de la troupe et leur lança :

++ Je ferai décapiter ceux qui tireront l'épée contre les hommes du Rohan sans en avoir reçu l'ordre de ma part. Ne leur parlez pas, ne les regardez pas, et laissez votre Reine seule juge des décisions à prendre. Yah! ++

Elle talonna sa monture, et prit la direction de Minas Tirith, suivie par ses hommes qui formaient un cortège impressionnant de rigueur militaire autour de leur souveraine. Elle se laissa rejoindre par le Vice-Roi et sa compagne, qui avaient retrouvé leurs montures respectives, et qui vinrent se placer auprès de Lyra, au milieu des soldats du Rhûn. Ils devaient être mal à l'aise ainsi escortés, mais ils ne pouvaient décemment pas demander à être protégés par un contingent du Rohan. Cela n'aurait fait qu'aggraver la situation, en exacerbant des tensions déjà vives entre les deux peuples. La seule présence du Vice-Roi obligeait les Rhûnedain à un effort de volonté prodigieux pour ne pas céder à leurs pulsions, alors il valait mieux qu'il fût seul et coopératif. Avant toute chose, Gallen devait prouver son innocence, s'il voulait éviter qu'on conflit armé n'éclatât. Il n'était pas en position de fixer des conditions et de demander un traitement de faveur. Au contraire, toutes les marques de bonne volonté joueraient en sa faveur. Ils chevauchèrent ainsi, sans un mot, à une allure modérée, jusqu'à la tente personnelle de Lyra qui se dressait fièrement au milieu du camp oriental. Rapidement, peut-être afin de ne pas être vus de trop de soldats, ils furent introduits sans chaleur par des gardes qui les regardaient d'un air agressif.

A l'intérieur, ce ne fut pas l'ambiance feutrée et la pénombre agréable qui les frappa, pas plus que les décorations sublimes, les meubles luxueux ou le trône doré serti de pierres précieuses. Ils ne s'attardèrent pas un instant sur les hommes qui veillaient dans tous les coins de la pièce, l'œil vif et la lance en main, pas plus qu'ils ne virent les esclaves qui s'affairaient à nettoyer et à remettre de l'ordre dans l'espace royal. Dans cet univers aux tons rouges et noirs, ce qui capta immédiatement leur attention fut le linceul immaculé qui recouvrait un corps étendu sur le sol. Lyra, Gallen et Aelyn s'approchèrent en silence, chacun gardant pour lui ses pensées. La Reine avait la tête de pleine de questions, incapable de savoir à laquelle elle devait accorder le plus d'importance. Devait-elle chercher le coupable, ou bien mettre à profit l'incident pour mettre la pression sur le Gondor, et exiger une juste réparation ? Etait-il préférable de ménager le Rohan, au risque de s'attirer les foudres de certains de ses hommes, ou bien valait-il mieux conforter sa position auprès de ses soldats, et risquer une guerre avec les dresseurs de chevaux ? Ses calculs politiciens prenaient bien peu en compte la perte de Rokh, qui après tout n'était qu'un pion parmi les milliers qu'elle avait à sa disposition. Il semblait en être tout autrement pour le Vice-Roi et sa compagne, qui paraissaient tous les deux souffrir de ce décès.

Lyra se pencha et releva le linceul, fronçant les sourcils devant le spectacle macabre. S'il demeurait des questions quant à la colère de la combattante du Rhûn qui avait agressé Gallen, elles venaient de s'évanouir dans la seconde. La fin qu'avait trouvée Rokh était indigne d'un combattant de son talent... Le visage du guerrier avait été atrocement mutilé, probablement à coup de pied et de pierres, au point qu'il était méconnaissable, guère plus qu'un tas de chair sanguinolentes. Il aurait fallu être prodigieusement doué pour distinguer des traits humains, ses yeux ou son nez. On s'était acharné sur lui de manière inhumaine… La Reine, qui ne paraissait pas plus incommodée que ça par la vision pourtant répugnante, tira un peu plus le linceul, pour découvrir le corps du guerrier. Il ne portait qu'une cuirasse légère, percée encore et encore par des coups de poignard qui attestaient de la violence de son trépas. Deux trous un peu différents indiquaient qu'on lui avait également tiré des carreaux d'arbalète, qui s'étaient fichés profondément dans son torse et son abdomen. Il avait dû souffrir le martyr. Lyra expliqua alors :

- Il est arrivé dans le camp traîné deux mètres derrière son cheval. On l'a reconnu grâce à ses mains…

Elle s'empara de son poignet, et leva sa main couverte de coupures probablement dues au fait qu'il avait été traîné par un cheval lancé au galop. On y voyait distinctement des traces fines et régulières, gravées parallèlement dans sa chair. Une de ces traces renvoyait à celle que Gallen avait au creux de sa paume, lorsque Rokh et lui avaient prêté serment de s'affronter dans la cour d'Aldburg. Nul doute possible, il s'agissait bien de la Némésis du Vice-Roi. Lyra rabattit le linceul sur le vaillant guerrier, et se redressa, fixant tour à tour les deux Rohirrim. Ils paraissaient à court de mots.

- Il avait un message sur lui. C'était écrit : « voici le sort des traîtres ». Pourquoi écrire cela ?

La question était à double sens, et on pouvait la comprendre soit comme une interrogation de pure forme lancée à personne en particulier, soit une véritable question adressée spécifiquement au Vice-Roi. Lyra ne se donna pas la peine de préciser, préférant jouer sur l'ambiguïté. Elle se rapprocha de son trône, et prit place avec majesté, croisant ses longues jambes élégantes. Elle venait d'ouvrir un procès non officiel, dont les conséquences seraient terribles si le Rohirrim ne prouvait pas son innocence. Les preuves étaient minces, mais la violence de ce meurtre n'en exigeait pas davantage. Gallen avait provoqué Rokh en duel, et le lendemain matin celui-ci était retrouvé mort, atrocement mutilé, comme s'il y avait des motifs très personnels à cette mise à mort. La courtoisie régnait encore, mais ils ne devaient pas en douter : ils étaient aux portes de la guerre. Lyra demanda :

- Je suppose que vous avez un alibi, Vice-Roi. Quelqu'un qui peut confirmer que vous n'étiez pas aux abords de notre camp hier soir. Racontez-moi à quoi vous avez passé votre soirée, et surtout où vous l'avez passée... Vice-Reine, je suppose que vous pouvez confirmer la présence de votre époux à vos côtés. N'est-ce pas ?

Le regard de serpent de Lyra était braqué sur Aelyn, cherchant à percer son armure, observant le moindre détail pour le tourner à son avantage. Ses yeux s'attardèrent un instant sur le cou de la jeune femme, et les marques violacées qui apparaissaient clairement. Elle reprit :

- Ces marques sur votre cou sont récentes, on dirait. Elles n'ont pas été faites plus tard qu'hier, je gage. C'est quelque chose qui aurait rendu n'importe quel mari fou de colère. Une colère capable de pousser au meurtre. Est-ce Rokh qui vous a fait cela ? Avez-vous demandé au Vice-Roi de vous venger ? Avez-vous demandé au Vice-Roi de mettre à mort Rokh ?

Les questions de Lyra faisaient office de démonstration, et elle n'était qu'à un pas d'aboutir à une conclusion qui incriminerait totalement et définitivement Gallen. Elle s'arrêta un instant, savourant la situation, mais refusant d'être celle qui allait pousser à la guerre. Elle préférait de loin obtenir une confession de leur part, afin d'être certaine de se prémunir contre toute plainte par la suite. Elle était curieuse de savoir ce qu'ils allaient dire pour se dépêtrer de ce mauvais pas, impatiente d'établir leur culpabilité et de retourner ce meurtre odieux et horrible en une arme politique dont elle n'allait pas hésiter à faire usage.


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Gallen Mortensen
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Un rendez vous avec le destin EmptyMer 29 Avr 2015 - 13:02
La puissance de la gifle surprit le Vice roi, il faut bien l'avouer. Mais la réaction de son Aelyn était tellement logique. Par les valars, en colère elle était d'un charme fou, Gallen avait presque envie de stopper sa diatribe d'un baiser passionné et de rire à gorge déployée ensuite. Mais ce n'était pas ce genre de situation. Le poids du protocole enchâssait les jeunes gens, et Gallen devait combattre mais Aelyn ne pouvait pas le comprendre. Puis l'annonce tomba telle la foudre: un enfant. Gallen ouvrit la bouche mais aucun son ne sortit. D'ailleurs Aelyn ne lui donna d'ailleurs pas l'occasion. Puis elle l'embrassa comme il le désirait : fougueusement, il lui rendit son baiser. Et digne comme Eowyn elle partit la tête haute rejoindre la délégation rohirrim. Gallen resta un instant estomaqué . Puis il admira la grâce et la force de sa compagne. En fait Aelyn lui avait donné une nouvelle raison de vaincre, il devait vivre pour se faire pardonner et ... un enfant , jamais il ne s'était posé cette question. L'image de Farma s'imposa un bref instant, il balaya mentalement ses égarements et pour se rassurer, joua au fier à bras

il lança à la cantonade

"Ah les Dames du Rohan "

Des rires crispés répondirent à la boutade

Gallen fixa les yeux gris d'Erco et ajouta d'un ton apparemment taquin

"je ne peux pas te laisser seul avec Aelyn, elle serait insupportable"


Mais le regard du Vice roi trahissait une forme de désarroi. Erco acquiesça simplement d'un signe de tête rapide. Oui il s'occuperait du mieux possible d'Aelyn en cas de malheur.

Gallen prit une longue aspiration puis il talonna Lars. Erco en tant que temoin avança à pieds à ses cotés. Le vice roi sentit le stress de l'écuyer à ses cotés, Gallen lui sourit. Arrivés au centre de l'arène improvisée, Gallen descendit avec souplesse et remit les rennes de son étalon au jeune écuyer. Il lui sourit à nouveau. Il fixa alors Erco il se saluèrent d'un signe de tête respectueux et l'ancien comte d'Esgaroth rejoint Aelyn parmi la délégation rohirim. Gallen observe la reine du Rhun, au delà de la beauté froide de cette souveraine, c'est son emprise sur ses hommes qui surprend le Vice roi.

Le champion du Rohan ose un regard furtif vers Aelyn . Par les valars qu'elle est belle. Puis Gallen ferme un long instant les yeux. il laisse un mur invisible se construire autour de lui. Sa perception du monde environnant augmente, le vent est plus fort, la lumière plus forte, le ciel plus bleu. Le rohirrim est déjà dans son duel. Au contraire du public Mortensen est incapable de se rendre compte de la durée étonnante de l'attente. Puis il les voit puis ressent la cavalcade presque désespérée. Il reconnait au fur et à mesure les armures identiques de celles de Rokh. Ainsi il veut faire une entrée fracassante. Gallen a un sourire fugace, il est néanmoins déçu , il avait envisagé une entrée en matière plus raffinée. Mais peu importe...

Et Gallen comprend un peu tard que le cavalier de tête ne s'arrêtera pas. Avec précipitation le champion du Rohan sort Kaya. Le choc des lames est puissant . C'était une attaque pour tuer. Déséquilibré Gallen s'affaisse , il effectue une roulade pour de redresser. Avant qu'il ait pu comprendre cet assaut surprenant, son adversaire est sur lui. Et il ne prend pas de gant. Gallen est obligé de se mettre en défense. Une dizaine de passe oblige le rohirrim à reculer. La surprise passée, le vice roi bloque les attaques furieuses de son assaillant. Il campe sur ses appuis. Jamais Rokh n'a fait preuve d'une telle précipitation. Gallen ne comprend pas , cette stratégie est suicidaire contre lui. D'ailleurs Gallen commence à prendre l'avantage, un véritable mur de lame se dresse contre son adversaire qui commence à son tour à reculer. il n'est pas acculé mais à ce rythme il ne tiendra pas longtemps. Et un autre élément interpelle Gallen , la puissance des coups est inférieure aux duels antérieures, Rokh a t-il décidé de ne pas se mettre à fond au début de leur combat. Etrange , pourtant la manière de bouger est identique mais quelque chose est différent... Puis c'est un maelstrom qui s'empare de l'arène, les deux délégations se retrouvent au milieu du terrain , séparant maintenant les deux combattants. Eokar est à coté de son vice roi l'épée dégainée, vociférant, ordonnant aux gardes de protéger Gallen. Inquiet , le champion du Rohan cherche du regard Aelyn qui est juste à coté protégé par Erco armé lui aussi d'Amdir. Mais lui est calme attendant en guerrier expérimenté la suite des événements.... Gallen sourit de nouveau à Aelyn pour la rassurer. Encore plongé dans le regard Emeraude de sa compagne, il entend la voix mélodieuse mais ferme, habituée d'être obéie de la reine Lyra. A sa stupéfaction, les soldats rhuniens se mettent à genoux. Interloqué d'un signe de la main il ordonne à ses hommes de rester calmes. Et Gallen découvre que c'est une femme qu'il a combattue. Un échange apparemment tendu démarre entre la reine et la jeune femme. Et la sentence tombe : Rokh est mort. Gallen reste un instant interdit, son regard croise de nouveau celui d'Aelyn. Puis il hurle

"Stop , pas de vagues, je vais régler cela avec La reine Lyra, aucun d'entre vous n'intervient"

Eokar s'interpose, Gallen d'un ton sans réplique séchement

"C'est un ordre, retournez à la cité blanche"


et il ajoute

"j'irai avec Dame Aelyn "

Il a besoin de se retrouver avec Aelyn et surtout après son agression il veut plus laisser seule
"Amenez nos chevaux"

Malgré l'étonnement le jeune écuyer amène les 2 montures. Gallen avant de suivre la délégation orientale indique à Erco

"Si nous ne revenons pas, déclenche les enfers mon ami. Informe la cité de ce qui se passe."

Erco répondit juste

"Je n'aime pas cela Gallen, je viens avec toi !!"


Gallen répondit juste

"Pas cette fois mon ami, c'est le vice roi qui doit y aller. Toi couvre mes arrières. Et prépare une bière fraiche"

Gallen faisait de l'humour mais il avait peur il doit bien l'avouer, pas de mourir mais peur pour Aelyn pour son pays en cas de conflit.

Aelyn était plongée dans un mutisme inquiétant. Lors du court trajet vers la tente de Lyra , Gallen réussit à se rapprocher de sa compagne à lui prendre la main et à lui glisser

"Tout ira bien mon amour"

Ils arrivèrent à destination. ils furent introduits sans ménagement dans les appartement de la reine. Et Gallen découvrit le corps de sa némesis. Il en fut troublé. Aelyn put remarquer le tremblement de ses mains

Puis l'interrogatoire commença

Lyra pensait qu'il avait tué Rokh. si le situation n'était pas aussi grave il en aurait hurlé de rire. Il caressa rapidement la main gauche d'Aelyn et lui sourit fugacement de nouveau et avança

Sa voix de stentor se répercuta dans l'enceinte

"Je me présente Gallen Mortensen, Vice roi du Rohan , champion du Rohan. En effet dans mon pays lorsque l'on accuse une femme et un homme, on se présente et l'accusé fait de même"

Gallen sentit l'air crépité

"Reine Lyra, je n'ai pas d'alibi et je n'ai pas à vous en donner. Et ceci pour plusieurs raisons. Tout d'abord je suis Vice roi du Rohan et cela justifie mon silence sur mes faits et gestes. En revanche reine Lyra vous avez fait de ce duel un événement politique, vous croyez vraiment qu'en tant que vice roi de ma contrée j'aurai pris le risque de bafouer l'honneur rohirrim.

Ensuite je suis champion du Rohan, garant des valeurs du Rohan et le meurtre n'en fait pas partie

Ensuite je suis le compagnon de dame Aelyn ici présente. En effet elle porte des traces de strangulation mais si vous connaissez un minimum Rokh ce dont je ne doute pas , vous savez qu'il est ... était incapable de tels agissement. Au passage accusez encore une fois ma compagne et votre garde d'élite ne suffira pas à m'empêcher de vous trancher la gorge. Ce n'est pas une menace c'est un fait Majesté. Scrutez leurs regards il le savent tous

Ensuite je suis un rohirrim et un rohirrim n'humilie pas son ennemi

Enfin car je suis un guerrier et que je pleure en cet instant la mort indigne d'un autre guerrier et qu'à contrario je passerai par le fil de l'épée ceux ou celui qui m'a empêché de prendre ma revanche contre cet homme que je respectais en tant que personne et guerrier

Voilà pourquoi majesté je n'ai pas tué Rokh, ni ma compagne . Vous êtes intelligente, vous savez lire au travers des paroles et juger les femmes et les hommes, vous savez que mes paroles portent le sceau de la vérité. Si vous voulez transformer ce drame en acte politique , les enfers s'empareront de vous Reine Lyra sachez le"

Gallen recula de quelques pas , fustigeant du regard les gardes prêts à en découdre. Le vice roi aurait préféré ce genre de confrontation , mais il commençait à percevoir les exigences politiciennes de son rang. Il ajouta juste vers la femme qu'il avait combattue

"C'est donc vous! Je sais que vous ne voulez pas l'entendre en ces instants mais vous avez compté pour lui"


Le vice roi savait que la femme allait réagir mais cela faisait écho à sa dernière conversation avec Rokh, cette femme était la raison principale de son changement en plus de son voyage à Aldburg. Gallen vigilant se tenait près d'Aelyn , prêt à vendre chèrement sa vie.






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Aelyn
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Un rendez vous avec le destin EmptyDim 10 Mai 2015 - 20:16
"Tout ira bien mon amour" avait murmurer Gallen en glissant sa main dans la sienne alors qu'ils chevauchaient à la suite de la reine.

Honnêtement, Aelyn n'en était pas si sûre. Elle se repassait en boucle les évènements sans parvenir à leur donner de sens. L'attente d'abord, incroyablement longue , avant le duel avait commencé à agiter la jeune femme. Sans vraiment comprendre pourquoi, elle savait déjà que quelque chose n'allait pas. Vraiment, ça ne ressemblait pas au Rokh qu'elle avait connu, précis et ponctuel comme la course du soleil.
Puis il y avait eu la charge des cavaliers du Rhûn, l'attaque surprise puis la seconde d'après, tout le monde était dans l'arène. Erko l'avait fait descendre de cheval pour l'empêcher de faire une cible facile et puis tout sombra dans un chaos indescriptible. Il y avait des cris, le crissements des armes, les deux langues qui hurlaient et s'interrogeaient par dessus la cohue...
Incroyablement, il ne fallut qu'un mot de la Reine Lyra pour que tous les orientaux mettent genoux à terre et que tout s'arrête. Cette femme rayonnait l'autorité et semblait furieuse.
Une seule explication, qui tomba comme un couperet : Rokh était mort... Mort... Pas seulement mort, mais assassiné et tous accusaient Gallen, réclamant sa tête. Tout ça n'avait aucun sens ! Aelyn s'était frayé un chemin jusqu'à son compagnon au milieu de l'arène, entouré de rohirrim, l'épée à la main et prêts à en découdre. Pour le peuple des chevaux, l'attitude des hommes du Rhûn était déshonorante et méritait châtiment. Mais en entendant la nouvelle et l'accusation, tous s'étaient tendus, les rohirrim s'étaient agité, à la fois soucieux et suspicieux. La jeune femme avait serré le bras de Gallen à s'en briser les doigts, les sourcils froncés, inquiète.

Désormais, le couple des dirigeants du Riddermark chevauchaient à la suite de la Reine, entourés de regards haineux et d'une tension telle qu'elle épaississait l'air tout autour d'eux. Alors, contrairement à ce que Gallen lui assurait, Aelyn n'avait pas vraiment la sensation que "tout irait bien". Muée par un instinct de protection millénaire, elle serra sa main contre son ventre. Au milieu de ces étrangers, elle ne pouvait compter que sur Gallen pour la protéger si les choses venaient à mal tourner... et d'aussi bon guerrier qu'il soit, il ne tiendrait pas longtemps face à tout un campement d'adversaires et de soldats d'élite. Il devait bien y avoir un moyen de les tirer d'affaire et éclaircir cette histoire !

Dans la tente de Lyra, grande et richement décorée, il y avait une présence à chaque pan de tissu, des soldats qui entouraient la pièce et des esclaves qui la parcouraient, affairés. Les couleurs étaient lourdes, du rouge sanguin et du noir charbon qui donnaient l'impression à la jeune rohirrim d'étouffer dès l'instant où la tente se referma dans son dos, prise au piège dans le repère d'une araignée géante, puissante et intelligente.
Et à un bord de la tente, à même le sol et seulement recouvert d'un linceul blanc, la forme caractéristique d'un corps. Elle échangea un regard avec Gallen et le sentit trembler quand Lyra découvrit le mort. La jeune femme laissa échapper une aspiration choquée. L'homme étendu là n'avait plus rien en commun avec Rokh, il était méconnaissable, son visage à peine humain. Si la souveraine ne leur avait pas montré clairement la preuve formelle de son identité, le corps aurait pu appartenir à n'importe qui. Elle serra un instant la main de Gallen dans la sienne. Quelle horreur ! On ne l'avait pas juste assassiné, on s'était acharné sur lui. Un frisson d'horreur et de dégoût lui remonta violement l'échine, et elle ne fut pas fâchée quand enfin Lyra recouvrit la dépouille.

Puis s'en suivit les questions. Assise sur son trône, Lyra se posait en juge et jury, les dominant de toute sa prestance et sa majesté. En réponse, la fureur enflammait l'air autour du Vice-Roi et ses paroles grondaient. Il dressa immédiatement un rempart contre Lyra et s'opposa à toute tentative de se laisser accuser. L'accusation était grave et déshonorante. Pour l'ancien maréchal, c'était une véritable insulte, et il n'avait pas vraiment l'intention de coopérer.

Aelyn ne put s'empêcher d'afficher une petite grimace blessée quand Gallen se sentit obligé de contredire Lyra sur le fait qu'elle était seulement sa compagne et non pas la Vice-Reine. Bizarrement, le fait que quelqu'un, fusse-t-elle la Reine du Rhûn, lui donne la crédibilité qu'elle aurait eu par le mariage éveillait chez elle un sentiment de fierté et de force qu'elle avait apprécié. Néanmoins elle écouta les paroles de Gallen sans l'interrompre. Mais, plus il parlait, plus elle craignait qu'il n'aille trop loin. Ils étaient tout les deux sur une fine pellicule de glace prête à céder au moindre faux pas. Lyra n'attendait qu'une occasion pour les jeter à bas... Pourtant, si la reine qui leur faisait face avait véritablement voulu faire de cette tragédie un acte politique, elle ne se serait sans doute pas dérangée à les interroger, non ? Aelyn était persuadée que la vérité lui importait plus que l'occasion de déshonorer Gallen, mais qu'elle se contenterait bien de ce lot de consolation s'ils ne mettaient pas rapidement la main sur le vrai coupable. La jeune femme jeta un nouveau coup d'œil au corps recouvert d'un drap. Si ce n'était pour Lyra ou le Riddermark, au moins pour Rokh qui méritait justice.

Quand son compagnon eut fini de parler, formant un bouclier devant elle après avoir quasiment provoqué un mouvement brusque de tous les gardes de la pièce par ses menaces, Aelyn lui enserra le poignet de ses doigts fins pour attirer son attention et fit un imperceptible "non" de la tête. Il s'était préparé à un duel et visiblement était encore trop dans le feu de l'action pour maitriser son ton et faire preuve de plus de diplomatie. Elle ne souhaitait pour rien au monde s'attirer l'ire de la souveraine étrangère. Pas quand tant était en jeu.

« - Gallen, je suis assez grande pour me défendre seule des accusations portées contre moi. » lui répondit-elle gentiment et très calmement, en lui caressant le dos de la main de son pouce pour le calmer.

Elle lui adressa un sourire rassurant puis, finalement, elle le contourna tranquillement et s'approcha à quelque mètres de la reine. Les gardes se tendirent. Dans un pays où les femmes pouvaient se révéler bien plus fatales que les hommes, ils ne comptaient sans doute pas prendre de risque. L'ancienne guérisseuse s'inclina avec élégance devant elle et s'humecta les lèvres avant de parler, cherchant soigneusement ses mots. Contrairement à Gallen, son métier à elle était de rester posée dans les situations stressantes et de toujours chercher la meilleure solution dans le calme. Les évènements qui l'avaient frappés la veille la faisaient grandement relativiser la situation, ce n'étaient pas quelques gardes sur les nerfs qui allaient l'impressionner.

« - Majesté, je crains que cette affaire ne soit qu'un terrible malentendu. Je ne pourrais même pas parler de coup monté car, avec tout le respect que j'ai pour vous et les vôtres, je ne vois rien qui accuse les miens dans tous les faits que vous nous avez présentés. »

Elle sentait le regard inquisiteur de la souveraine sur elle mais son silence lui donnait l'autorisation de continuer. Ce qu'elle fit immédiatement, d'une voix sûre et maîtrisée.

« - Je ne vous mentirais pas en affirmant que Gallen était avec moi cette nuit, il devait se concentrer sur le duel à venir et éviter que j'en ai vent, mais sachez que si j'avais le moindre doute sur le fait qu'il ait pu trahir les valeurs rohirrim d'une quelconque façon ou qu'il se soit déshonoré par le meurtre, alors ne me tiendrais pas ici à ses côtés devant vous. Notre peuple est droit et fier, ceux qui s'abaissent à de telles ignominies ne valent pas mieux que des chiens enragés à nos yeux. Pourquoi Gallen serait-il allé le défier publiquement au point que la moitié de la Cité et de toutes les délégations en soient averties pour aller finalement le... massacrer dans une ruelle sombre ou je ne sais quoi ? En admettant même qu'il aurait voulu se débarrasser de Rokh malgré tout, pourquoi attirer l'attention sur lui avant, sachant qu'il serait alors le premier accusé ? Vous êtes une femme intelligente, Reine Lyra, qui a su prendre et conserver le trône, régner sur son peuple... et je suis sûre que, comme moi, vous ne pouvez pas voir la logique d'une telle accusation. »

La jeune femme fit une pause pour passer ses doigts sur son cou tuméfié.

« - Quant à ces marques... J'aurais pu prendre ombrage de votre accusation, car vous remettez en question mon intégrité et mon honneur, mais il est légitime que vous cherchiez des réponses... Vous avez vu juste, hier des hommes ont attenté à ma vie. J'ignore qui étaient mes agresseurs mais ils étaient plusieurs, des assassins et non des guerriers. J'ai côtoyé Rokh de nombreux mois, il aurait eu toutes les occasions du monde de se débarrasser de moi bien avant. Et je peux vous assurer que Rokh ne figurerait pas même en dernier sur la liste de suspects de cet acte. Pas plus que Gallen, il ne se serait abaissé à un tel déshonneur. » Elle jeta un nouveau regard par dessus son épaule vers la dépouille de Rokh avant de revenir poser ses yeux sur la reine. « Je n'avais aucun grief contre Rokh, bien au contraire, je lui devais beaucoup... »

Soudain elle songea à quelque chose. Une chose que Lyra avait dite et qui lui revenait brusquement en mémoire.

« - "Voici le sort des traîtres"... Je crains qu'il ne faille chercher le coupable parmi votre propre peuple Majesté, car Rokh n'était pas un rohirrim, pourquoi alors un rohirrim l'aurait-il qualifié de traitre ? Un traitre ne peut trahir que sa propre patrie... sinon ce n'est pas un traitre, ce n'est qu'un ennemi... »

Elle allait ajouter autre chose puis sembla se raviser, jeta un coup d'œil aux gardes présents puis à Gallen, prit une longue inspiration, et reprit une dernière fois.

« - Reine Lyra, les miens comme les vôtres auront bien plus à gagner de chercher la vérité ensemble qu'à s'accuser l'un l'autre, pour le bien de nos pays respectifs. Un conflit basé sur des conclusions trop hâtives ne profiterait à personne. Et... il y a d'autres choses qui ne me paraissent vraiment étranges... si vous permettez ? »

Prudemment, elle s'approcha du linceul du Rokh, vérifia que personne n'allait l'en empêcher et souleva de nouveau le draps... Pauvre homme. Machinalement, elle marmonna une prière funéraire rohirrim, lui souhaitant d'atteindre le hall de ses ancêtres auréolé de gloire et riche du récit de ses batailles.
Elle n'avait encore jamais pratiqué d'autopsie mais Elwyn lui en avait déjà parlé. Finalement cela revenait à ausculter un patient sans avoir à le guérir après. Et, pour être véritablement honnête, Aelyn était plutôt mal à l'aise avec ce concept mais, en mémoire de ce qu'avait fait Rokh pour eux et pour éviter le pire à Gallen, elle se devait d'essayer.
La jeune femme se mordilla la lèvre inférieure et se pencha sur le cadavre, passant ses mains au dessus de chaque blessure sans les toucher. En parcourant simplement cet inventaire, elle pouvait presque retracer précisément chaque coup qu'il avait reçu et avec quelle force. La plupart avaient été porté ante mortem. Une personne normale serait rapidement tombée dans l'inconscience sous un tel traitement, mais elle savait que l'entrainement martial lui avait donné une tolérance à la douleur bien supérieure. Il avait dû souffrir atrocement longtemps. Par les Méaras, elle espérait qu'il était déjà passé quand on l'avait attaché à ce cheval.
Elle jeta un regard plein de détresse en direction de Gallen qui se raffermit sous un masque de profonde détermination.

« - Il... »

Sa voix vacilla légèrement avant de reprendre, plus professionnelle, tout en gardant ses yeux sur son compagnon, comme pour faire son rapport qu'à lui seul. Pour se donner le courage de continuer à parler surtout. C'était comme si ses mots prenaient vie devant ses yeux et qu'elle devenait témoin du trépas du guerrier. Elle comprenait maintenant pourquoi sa tante disait que c'était une chose atroce à faire.

« - Je pense que c'est la perte de sang qui l'a tué ou un choc plus violent à la tête... Aucune des blessures de son torse n'était faite pour tuer... sur le coup... Il a dû horriblement souffrir, Gallen... Ces marques, ce sont clairement des coups de poignard très violents, ou un stylet peut-être. Et ici, il a touché le foie. C'est une blessure qui saigne énormément et une hémorragie difficile à juguler sans opération. Même sans les autres blessures, il serait mort rapidement sans soin immédiat. Quant à ces marques-là... ça ressemble à des blessures de flèches mais je ne connais aucune flèche qui font ce genre de forme de blessure ni qui pénètre avec une telle puissance... A moins que... oui, c'est la seule explication, c'est une arbalète qui a fait ça. Je n'ai jamais vu de blessures faites par des carreaux d'arbalète mais ça doit forcément ressembler à ça, ça cadre parfaitement, j'en suis certaine !... »

Puis elle porta son regard vers ce qu'il restait du visage de l'oriental, ou plutôt la charpie humaine qu'il était devenu. Du sang séché, un morceau d'œil écrasé, des orbites vides, une arête nasale à peine reconnaissable et beaucoup, beaucoup trop de sang pour que ça lui ait été infligé après sa mort. Ce n'était pas un homme que Rokh avait dû affronter, mais bel et bien une meute de monstres, sanguinaires et sans scrupules.

« - Les rohirrim n'utilisent pas d'arbalètes. Nous sommes des cavaliers et c'est une arme peu pratique à utiliser et à recharger à cheval. D'autant qu'elle s'adapte très mal à nos stratégies de combat »

Cette fois, elle s'adressait bien à la reine, même si elle ne la regardait pas directement, toujours penchée sur la dépouille.



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Ryad Assad
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Un rendez vous avec le destin EmptyVen 22 Mai 2015 - 14:26
Un rendez vous avec le destin Lyra10

Lyra fronça les sourcils. Ce sale occidental, Vice-Roi de son Etat, ne se prenait visiblement pas pour un moins que rien. Il ne faisait pas même preuve de la moindre once d'humilité, alors que les accusations qui étaient proférées à son encontre étaient sérieuses et pouvaient conduire leurs deux pays à la guerre. Etait-il fou ? Essayait-il de lui montrer qu'il ne la respectait pas, qu'il n'avait pas la moindre considération pour le grand royaume oriental ? La jeune femme savait que les hommes de l'Ouest n'avaient que mépris pour les femmes, qu'ils considéraient comme tout juste bonnes à faire des enfants. Il ne devait pas supporter qu'une femme fût là, à l'accuser et à le toiser. Il croyait encore qu'il se trouvait chez lui, sur ses terres rustres et sauvages, et qu'il pouvait dominer son interlocutrice parce qu'il avait les chausses pleines. Un sourire empli d'une suffisance terrible fleurit sur le visage de la Reine de l'Est, révélant ses dents impeccables. Elle n'allait certainement pas se laisser marcher sur les pieds par ce guerrier sans manières, qui n'était même pas roi. Tout au plus un remplaçant zélé qui pensait pouvoir traiter avec les puissants de ce monde. Elle ne lui céderait pas un pouce de terrain. Jamais. Jamais. Sa voix claqua dans l'air, en écho à celle de Gallen Mortensen, à qui elle n'avait rien à envier en matière d'aura. Il était certes viril et impressionnant, mais derrière son aspect plus fluet, elle dissimulait un esprit en acier trempé. Il ne parviendrait pas à la faire plier, car elle représentait l'ensemble de son royaume. Ce n'était pas un duel de volonté, c'était un duel politique, et aucun d'entre eux ne pouvait reculer. Répondant à sa première critique, ses mots tranchèrent l'air aussi sûrement qu'une lame :

- Et dans mon pays, nul n'ignore l'identité d'un souverain. C'est plein de honte et de déférence qu'un homme répond des accusations qui lui sont portées. Je suppose que ces coutumes sont trop barbares pour vous, cela dit…

L'ironie de son ton glissa comme de l'eau sur le Vice-Roi, qui paraissait ne pas être homme habitué à la diplomatie. Elle l'avait supposé dès le premier coup d’œil, mais elle s'en rendait compte totalement désormais. Mortensen était un guerrier, un homme plus habitué à manier l'épée qu'à faire preuve de diplomatie. Il agissait avec la même fougue que lorsqu'il combattait, et il ne s'embarrassait pas de détails. Dans son esprit, la victoire valait mieux que toute autre considération, et il ne mettait pas en perspective l'importance de cette conversation. Il ne comprenait pas que pour gagner, il lui faudrait accepter de renoncer à la victoire totale qu'il désirait. Lyra, qui voyait son manque d'expérience comme un danger, décida de monter elle-même en intensité. Il souhaitait la défier ? Il allait voir qu'elle n'était pas femme à se laisser abattre par une grosse voix et un regard appuyé. Elle en avait vu de dures, elle avait dû mater les nobles de son royaume, elle avait dû s'imposer à la tête d'un pays plongé dans une situation difficile, elle avait dû faire face à une guerre civile. Elle écraserait ce nouvel obstacle sous sa botte, avec l'élégance qui la caractérisait toujours.

- J'ai fait de ce duel un événement politique ? Ha ! Comment osez-vous m'accuser ainsi, Vice-Roi ? Vous êtes celui qui êtes venu défier Rokh publiquement, comme pour venir insulter notre peuple tout entier ! Que croyiez-vous donc ? Que venir arpenter notre camp en méprisant mes hommes était un signe diplomatique ? Que défier publiquement un de mes lieutenants était une bonne façon de rapprocher nos deux peuples ? Allons, vous êtes le seul responsable de tout ceci, et vous ne tromperez personne ! Votre condescendance est répugnante, vous qui vous pensez supérieur et intouchable. Auriez-vous été aussi enclin à accepter que je ne réponde pas à pareilles accusations, si les rôles avaient été inversés ?

Lyra venait d'égaliser, quelque part. Elle n'avait pas répondu à Gallen sur la question de l'honneur, et lui concédait au moins cela. Il était le champion du Rohan, et même si elle avait voulu essayer de le démontrer de toutes les façons possibles et imaginables, elle n'aurait jamais réussi à ruser suffisamment pour prouver qu'il était malhonnête et couard. Pas lui. Cependant, il ne pouvait pas nier que son attitude était contre-productive. En cherchant à la faire plier, il ne faisait que l'arc-bouter sur ses positions, car en tant que Reine, Lyra ne pouvait décemment laisser le meurtre d'un des siens impunis. Premièrement, elle n'en avait pas envie, et elle estimait qu'un tel outrage devait être réparé d'une façon ou d'une autre. Ensuite, ses hommes ne l'auraient pas accepté, et elle était persuadée que si elle ne réglait pas la solution de manière ferme, certains de ses soldats iraient exercer un droit de vengeance qu'ils estimaient légitime. Les Rohirrim en subiraient les conséquences, les deux camps seraient à couteaux tirés, et ce serait la guerre. Même Lyra trouvait qu'une telle extrémité était dangereuse… Enfin, si elle ne montrait pas de l'efficacité dans la gestion de cette crise, ce seraient ses conseillers qui le lui feraient payer cher. Ils l'accuseraient de manquer de poigne, et trouveraient bien un moyen de se débarrasser d'elle. Elle aurait les mains libres tant qu'elle réussirait à leur inspirer plus de crainte que de dégoût. Quand cela aurait changé, ils la remplaceraient par quelqu'un de parfaitement belliqueux, et cette fois la guerre serait inévitable.

Lyra haussa les sourcils, en écoutant le Vice-Roi poursuivre son plaidoyer, sans paraître comprendre qu'il allait clairement loin. Trop loin. Avant même de s'en rendre compte, elle s'était levée, et ses hommes comprirent quel message il y avait derrière ce simple geste. Ils ne parlaient pas tous un Commun impeccable, et ils n'avaient peut-être pas entendu, mais la Reine, elle, avait bien compris que Mortensen venait de la menacer. Le fou ! Quittant son trône, elle fit ce que probablement aucun monarque – et a fortiori aucune femme – n'aurait fait à sa place. Elle s'avança droit vers le Vice-Roi, à qui elle rendait une bonne tête et une bonne vingtaine de kilos. Elle s'immobilisa à un pas seulement du cadavre de Rokh, qui se trouvait entre eux deux, et elle le défia du regard avec une animosité qu'elle n'essayait même plus de cacher. Ses gardes, perplexes, ne savaient trop comment réagir. Ils n'avaient pas encore adopté d'attitude menaçante, mais ils étaient prêts à intervenir. Si Lyra posait la main sur le manche de son arme, ils tueraient sans hésiter les deux Rohirrim. Gallen avait beau être un combattant d'exception, et il avait beau mépriser ouvertement les hommes qui l'entouraient, il savait qu'il ne sortirait pas vivant d'un affrontement en si nette infériorité numérique. Et surtout, Aelyn n'y survivrait pas. Lyra, dont la voix n'était que rage et colère, tonna :

- Ma garde d'élite ne s'interposera pas, Vice-Roi, car je n'aurai pas besoin d'elle pour vous faire ravaler vos paroles à la pointe de mon sabre ! Ce n'est pas un objet d'apparat que je porte à la hanche, et si vous voulez que je prenne la place de Rokh, sachez que j'y suis toute disposée. Mais ne me menacez plus jamais, Vice-Roi, ou bien je jure devant Melkor que le sang coulera ! Si vous tenez à ce que nos deux peuples entrent en guerre aujourd'hui, continuez à me braver. Mais vous serez seul responsable des conséquences !

La Reine était transfigurée, et elle avait laissé tomber le masque condescendant qu'elle portait d'ordinaire. Cette fois, elle était paradoxalement plus impressionnante et plus effrayante qu'auparavant, quand elle jouait encore son rôle de monarque distinguée. La voir en colère était stupéfiant, et elle paraissait sur le point d'enjamber le cadavre de Rokh pour coller son poing dans la figure de Gallen. La seule chose qui l'en empêcha fut le changement de ton soudain du Vice-Roi. Avait-il été sensible à ses paroles, et avait-il fini par comprendre que son comportement n'amènerait que plus de ténèbres et plus de violence ? Avait-il soudainement reconnu en elle non pas une femme impressionnable, mais bien un adversaire politique et militaire à sa hauteur ? Ou bien était-ce simplement qu'il n'avait plus envie de jouer à ce petit jeu ? Difficile à dire. Quoi qu'il en fût, il parut s'apaiser tout à coup, et ses paroles se firent plus raisonnables, plus tranquilles. Lyra laissa retomber la tempête qui soufflait en elle, et ses yeux parurent retrouver une apparence normale, cessant enfin de jeter des éclairs. Elle se détendit perceptiblement, sans abandonner toutefois sa posture méfiante. Elle laissa le Vice-Roi poursuivre jusqu'au bout, avant de lui répondre avec une froideur rare :

- Vous n'êtes pas aussi vertueux que vous voulez bien le croire, Vice-Roi. Vous avez peut-être été un homme pur, mais vous n'êtes plus l'incarnation du bien tel que vous me l'avez décrit. Rokh est mort le lendemain de votre provocation en duel. « Un rohirrim n'humilie pas son ennemi » : ne croyez-vous pas qu'en venant le défier comme vous l'avez fait, vous avez pu porter son nom aux oreilles de ses assassins ? Rokh était un homme d'honneur, et venir le défier devant ses compagnons était une humiliation à laquelle il ne pouvait rester insensible. Pourtant, vous auriez pu faire autrement. Vous le savez… Quoi qu'il arrive, vous avez une part de responsabilité dans sa disparition.

Lyra recula également, et la tension parut s'atténuer tout d'un coup. Chacun se mit à mieux respirer dans la pièce, mais ils avaient besoin de quelques secondes pour tous reprendre leurs esprits, pour tous se calmer. Les mots avaient peut-être dépassé la pensée, ou au moins avaient exprimé des pensées qui n'étaient pas exprimables en l'état. Peut-être parlaient-ils sous le coup de l'émotion, d'une fierté mal placée que Lyra et Gallen partageaient équitablement. Aucun d'entre eux n'avait souhaité céder de terrain, et ils avaient bataillé ferme au bord du précipice, au risque de jeter leurs deux pays dans une confrontation sans précédent. Rares étaient les gens qui tenaient à la Reine de l'Est, toutefois, et une fois que sa rage eût disparu, elle sut apprécier le courage du Vice-Roi, qui ne s'était pas abaissé devant elle. A voir son regard, elle devinait qu'il ne s'attendait pas non plus à la voir réagir ainsi. Il détourna les yeux, et porta son attention sur une personne qui venait de rentrer dans la pièce : la combattante qui s'était jetée sur lui pour essayer de le tuer. Elle avait dû entendre les cris, et n'avait pas pu résister à l'envie de venir constater de ses propres yeux. Son regard s'arrêta sur le linceul qui recouvrait Rokh, et elle frémit. Les paroles de Gallen la ramenèrent à la réalité, et elle lui jeta un regard acide, avant de s'adresser à Lyra en Rhûnien. La Reine lui répondit calmement, et elles eurent un échange assez bref. Ce fut Lyra qui répondit enfin, comme si elle traduisait :

- Iran aimait Rokh, Vice-Roi. Mais pas comme vous l'imaginez. Elle était comme sa sœur aînée, et elle a pris soin de lui à son retour. Son décès l'attriste bien plus que chacun d'entre nous ici.

Les regards de la Reine et des deux Rohirrim glissèrent vers celui de la jeune femme, nommée Iran. Elle avait les yeux brillants de larmes, et elle paraissait en effet particulièrement éprouvée par la présence du corps de Rokh, si proche. Alors que d'ordinaire, les Rhûnedain étaient suffisamment disciplinés pour ne pas laisser leurs émotions prendre le dessus, elle avait fait la démonstration de leur humanité de manière spectaculaire. Elle paraissait s'en vouloir quelque peu, mais ses raisons étaient pures. Profitant de l'accalmie, et à la plus grande surprise de son époux visiblement, ce fut la femme du Rohan qui prit la parole. Lyra posa son attention sur elle, et sut apprécier son sens du consensus. Elle n'était pas moins déterminée que son mari, mais elle avait une façon de présenter les choses qui était moins brutale. Elle avait au moins le mérite de reconnaître que leur situation était dramatique, et qu'il valait mieux prendre quelques pincettes avec une femme qui pouvait les mettre à mort sans autre forme de procès. Elle la laissa donc généreusement développer ses arguments, et lorsqu'elle acheva la première partie de son exposé, Lyra réagit avec une sérénité retrouvée :

- Peu m'importent les raisons, Vice-Reine. Nos deux peuples n'ont jamais réussi à se comprendre malgré de nombreux siècles, et je ne cherche pas à comprendre les motifs qui ont pu pousser votre époux à commettre un tel acte. Vous y voyez un meurtre horrible, mais pour Rokh c'est bien davantage. Il n'a pas eu le droit à la fin que tout guerrier recherche, et il a été atrocement mutilé. Croyez-vous que son esprit trouvera le chemin du repos après cela ? Vous comprenez peut-être enfin pourquoi il nous importe tant de savoir quel est le nom du coupable.

La Vice-Reine parut accepter cet argument, et elle semblait de toute évidence comprendre que pour Lyra comme pour le Rhûn, trouver un coupable ou à tout le moins trouver des réponses était une préoccupation centrale. Elle reprit donc son argumentaire, qui était peut-être moins enflammé que le discours de son mari, mais qui était paradoxalement plus efficace. Lui avait préparé le terrain en jouant la carte de la brutalité, et elle apaisait la situation comme un baume, faisant passer les arguments que le guerrier n'avait pas été en mesure d'imposer. Ce curieux duo fonctionnait bien, et Lyra sentait que sa position devenait de moins en moins tenable. Ce Gallen, qu'elle ne connaissait que de réputation, paraissait être un homme trop irréprochable pour qu'elle pût s'attaquer à lui aussi frontalement, mais elle était certaine de ce qu'elle avait vu et elle ne regrettait pas ce qu'elle lui avait dit. Il se drapait dans l'honneur et la vertu, mais il était souillé de l'intérieur. Son âme était noircie, et il n'était pas aussi noble qu'il voulait bien le prétendre. Revenant à la Dame du Rohan, Lyra répondit :

- Vous dites que vous devez beaucoup à Rokh, et il a passé du temps dans votre pays, à tel point que d'aucuns le croyaient mort. Son retour a été une surprise et un choc. Certains se sont demandés s'il n'avait pas troqué sa liberté contre une nouvelle allégeance…

Iran, la guerrière du Rhûn, fit un pas dans la direction de sa souveraine avec l'intention de dire quelque chose, probablement pour défendre la réputation de Rokh, qui ne pouvait plus malheureusement parler pour lui-même. Cependant, la Reine l'arrêta net et ne prononça qu'un seul mot qui fit tomber la femme en armure à genoux, prosternée face contre terre. Cette capacité qu'avait Lyra à dominer son peuple était aussi impressionnante que dérangeante, mais cela répondait de toute évidence à des coutumes locales implantées depuis très longtemps. Sans paraître trouver l'interruption anormale, elle reprit :

- « Voici le sort des traîtres »… il pourrait tout aussi bien s'agir d'un des vôtres, qui n'aurait pas apprécié de le reconnaître parmi son peuple. Sur ce point, Vice-Reine, je ne peux être certaine de rien, et je préfère ne pas m'avancer. J'ai choisi Rokh car j'avais confiance en lui, mais cette histoire prend des proportions trop importantes pour que je puisse rien laisser au hasard.

L'argument de la Reine de l'Est était difficile à entendre, mais il n'était en définitive que celui de la raison. Personne à part les deux Rohirrim ne savait ce qu'il s'était produit à Aldburg, et beaucoup avaient soupçonné Rokh d'avoir retourné sa veste au cours de son séjour. Il avait juré que non, et il avait réussi à convaincre jusqu'à sa souveraine. Toutefois, les événements qui venaient de se produire étaient graves, du point de vue de la sécurité de Lyra elle-même. Si un de ses hommes, non pas un membre de sa garde personnelle mais tout de même un membre de sa délégation, était en intelligence avec des individus qui lui souhaitaient du mal, elle ne pouvait pas laisser passer l'opportunité de découvrir qui étaient ces opposants à son pouvoir hégémonique. Cependant, elle était aussi disposée à découvrir la vérité que les deux Occidentaux qui lui faisaient face, et elle ne souhaitait pas véritablement les accabler pour le simple plaisir de les accabler. Leur défense était solide, et son accusation était fondée sur des éléments flous. Ils n'avaient pas craqué comme elle l'espérait, elle allait devoir récupérer la situation d'une autre façon. Levant la main pour inviter la Dame du Rohan à procéder à l'examen du cadavre qu'elle sollicitait, elle s'approcha du corps en suivant la réflexion de cette femme aux cheveux dorés.

Iran, qui s'était relevée en sentant que l'injonction de sa suzeraine prenait fin, détourna le regard en voyant le cadavre de Rokh de nouveau exposé. Elle était de toute évidence trop endurcie pour rendre son repas, mais elle avait clairement la nausée rien que de voir le traitement atroce qui avait été infligé à ce valeureux guerrier. Ses poings se serrèrent de rage, et son regard d'un noir de jais plongea dans celui de Gallen, comme pour lui souhaiter de ne pas être le responsable de cet acte odieux et criminel. Elle était aveuglée par sa rage, et si la tension était retombée entre Lyra et le Vice-Roi, elle-même cherchait désespérément quelqu'un à condamner pour cette cruauté barbare. Rokh était un homme qui n'était pas consensuel, qui pouvait énerver par bien des aspects, mais il ne méritait certainement pas une mort pareille. Pas même le dernier des mécréants ne méritait d'être traité ainsi, et celui qui avait commis cet acte serait châtié par Melkor lui-même, si elle ne le trouvait pas avant. Son menton tremblait légèrement, signe de son trouble, mais elle était farouche et fière. Quand un de ses compagnons vint pour la prendre par l'épaule, et lui faire détourner le regard, elle se dégagea sans ménagement en lui répondant sèchement dans sa langue natale. Elle revint un instant à Gallen, comme pour le défier de se moquer, avant de baisser la tête et d'essayer de comprendre ce qu'il s'était passé.

Lyra laissa l'exposé d'Aelyn se poursuivre, écoutant très attentivement son expertise, et comprenant par ailleurs que la jeune femme disposait d'une solide formation de guérisseuse pour être capable de tirer de telles conclusions. Elle avait dû voir de nombreuses blessures auparavant pour parler avec une telle assurance et une telle confiance. Cela lui donnait un certain crédit que la Reine de l'Est n'était pas prête à remettre en cause. Son récit permettait de comprendre dans une certaine mesure quelle fin avait trouvé le vaillant guerrier, et ses paroles n'aidèrent pas à apaiser la fureur contenue de Lyra. Non seulement Rokh avait été massacré, mais en plus on l'avait tué à l'aide de poignards et de carreaux d'arbalètes. Plusieurs impacts signifiait plusieurs tireurs. Ainsi donc, il n'avait pas péri dans un duel honorable, mais bien pris en traître par une bande de sicaires qui avaient accompli leur basse besogne, et l'avaient saigné comme un animal promis à l'abattoir. Il n'y avait décidément rien de pardonnable à ce geste, et le malaise se mit à courir chez les Rhûnedain, qui n'avaient qu'une envie : partir en quête de vengeance. Il valait mieux ne pas les laisser chercher le coupable eux-mêmes…

- Vos stratégies de combat… marmonna Lyra en regardant pensivement le corps de Rokh. Nous n'utilisons pas non plus les arbalètes, Vice-Reine, et votre démonstration innocente de fait nos deux peuples. De nouvelles questions sont posées, désormais, et des réponses doivent y être apportées.

Elle se tourna vers Gallen, qui après tout représentait l'autorité supérieure de son royaume, et lui lança :

- Le Rhûn et le Rohan ont longtemps été ennemis, Vice-Roi, mais ironiquement, nous devons aujourd'hui travailler ensemble pour trouver les responsables de cet assassinat. Je tiendrai mes hommes tranquilles, et je vous garantis que nulle vendetta ne sera lancée tant que nous serons ici. En revanche, vous devez trouver le coupable, et rendre la justice. J'aurais bien assumé cette tâche moi-même, mais vos peuples haïssent et méprisent tellement le nôtre que j'aurais été empêchée dans mon entreprise. Si vous êtes vraiment un homme d'honneur, et si vous voulez rendre hommage à Rokh, alors occupez-vous de cette affaire. Si vous ne le faites pas pour lui, faites-le au moins pour préserver la paix de votre royaume.

Elle marqua une pause lourde de sens, laissant la menace implicite les pénétrer tous les deux. Le Rohan avait été considérablement affaibli par la guerre civile, et même si les prétentions de Lyra à leur déclarer la guerre étaient pure bravade, il n'était pas dans l'intérêt des Occidentaux de trop la provoquer. Les rares fois où les Orientaux avaient quitté leurs terres lointaines, ils avaient apporté mort et destruction, au point qu'on en avait parlé pendant des siècles. Ce mariage était l'occasion de promouvoir la paix, et même s'il était évident qu'ils ne seraient jamais alliés, ils devaient faire un effort pour ne pas ruiner ceux du Royaume Réunifié. Laissant ses interlocuteurs prendre la mesure de ce qu'elle venait de leur dire, elle se tourna vers la guerrière qui se trouvait à ses côtés. Elles eurent un bref échange en rhûnien, avant que la militaire hochât la tête, et partît précipitamment de la tente royale non sans saluer respectueusement sa souveraine. Devant l'incompréhension des deux Rohirrim, cette dernière s'expliqua :

- Iran ira avec vous. Elle vous sera utile, plus que vous pouvez l'imaginer. Je ne connais personne qui veuille retrouver les véritables coupables autant qu'elle.

Dans une envolée de capes aux senteurs épicées, Lyra se retourna et prit de nouveau place sur son trône massif, au milieu de ses esclaves. Elle leva la main, et congédia ses deux « invités », en leur souhaitant bonne chance. Aelyn et Gallen n'avaient plus qu'à suivre la direction que leur indiquait du bras le garde qui s'était rapproché d'eux. Leur entrevue avec la Reine Lyra était terminée, mais les choses sérieuses ne faisaient que commencer…


~ ~ ~ ~


Le couple avait rejoint la délégation du Rohan, et avait dû répondre aux questions pressantes de leur entourage, qui cherchait des réponses. Chacun était prêt à en découdre avec ces Orientaux, car la tension était montée parmi ceux qui étaient restés au niveau de l'aire de duel. Les deux délégations étaient rentrées sans s'adresser la parole, dans un silence pesant. Pendant un moment, on aurait pu croire qu'une guerre allait se déclencher au milieu des Champs du Pelennor. Fort heureusement, les ordres du Vice-Roi et de la Reine de l'Est avaient été respectés à la lettre, et personne n'avait tiré l'épée. Après avoir pu prendre un peu de repos, Gallen et Aelyn se retrouvèrent plongés au milieu de leurs obligations respectives, qui les forcèrent à donner des ordres pour s'assurer que tout irait pour le mieux. Mais dans un coin de la tête, ils conservaient les paroles de Lyra en mémoire. On vint finalement les trouver, un peu moins de deux heures après la fin de leur entrevue avec les Rhûnedain, pour leur annoncer qu'ils avaient de la visite. Un messager passa la tête dans la tente, et souffla :

- Seigneur, quelqu'un demande à vous voir. Elle insiste pour que vous veniez immédiatement.

Ce « elle » ne pouvait être qu'une seule personne, et lorsque Gallen et Aelyn sortirent à la rencontre de l'inconnue, ils ne furent pas surpris de trouver en face d'eux la guerrière qui s'était attaquée au Vice-Roi, et qui était chargée de les accompagner. Son apparence, toutefois, était très différente. Elle avait troqué son uniforme régulier de l'armée de Rhûn, son armure lourde dorée, pour se parer d'une tunique de cuir sombre rehaussée de rouge sombre. Ses bras étaient nus, mais elle portait sur ses épaules une cape en fourrure qui devait être plus traditionnelle que destinée à la protéger du froid – il régnait en effet une douce chaleur sur le Gondor, après le Rude Hiver qui avait sévi. Plus surprenant encore, elle avait décidé d'arborer des peintures de guerre, probablement spécifiques à sa tribu, dont une barrait son visage d'une joue à l'autre. Un long trait de peinture rouge qui, encore fallait-il l'espérer, n'était pas du sang. Cela lui donnait un air particulièrement féroce que renforçait encore ses innombrables tatouages. Son bras droit en était couvert, et on aurait dit des incantations mystiques qui se déployaient ensuite en une série de motifs complexes au niveau de son biceps, et remontaient jusqu'à son épaule, disparaissant sous sa tunique. Qui aurait pu dire jusqu'où ses entrelacs complexes s'étendaient ?

Un rendez vous avec le destin Femme_11

La jeune femme n'avait pas posé le pied par terre, et avait pénétré le camp des Rohirrim à cheval, attirant immanquablement l'attention sur elle. Une douzaine d'hommes l'entourait pour l'empêcher de faire quelque folie, et elle faisait aller sa monture en cercle au milieu d'eux, pour dissimuler son impatience. Seule face à autant d'hommes armés, elle n'avait toutefois d'yeux que pour le couple qui venait de quitter sa tente, et qui s'approchait d'elle. Elle raffermit sa prise sur son cheval, plus petit que ceux des hommes du Rohan, afin de leur faire face :

- Vice-Roi ! Attendez-vous donc que la piste disparaisse avant de vous mettre en chasse ? Allons, avant que la nuit tombe et que les rats ne nous échappent ! Vice-Roi !

Son appel était presque un défi, et tous les regards se tournèrent vers Gallen et Aelyn, attendant leur réponse.


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